L'Oeil du Selen

12 octobre 2010

De la manipulation des masses

Oui, encore un article sur la manipulation, de toute façon, vous commencez à savoir que c'est mon grand dada, depuis que j'ai lancé mon premier blog.

Cet article est essentiellement un ajout de commentaires à cet excellent article - mais à mon goût trop succinct - trouvé sur le site betapolitique.fr, mais qui provient enfin fait de reopen911.info.

http://www.betapolitique.fr/Les-10-Commandements-des-58976.html

Je vais simplement copier l'article ici, et rajouter mes commentaires, de cette couleur.

1/ La stratégie de la distraction


Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

Ces diversions peuvent concerner des sujets futiles comme tout sujet people, ou bien évidemment le sport, mais le but étant réellement de noyer l'information dans un flot de sujets sans importance réelle ou d'importance tout à fait secondaire, je ne peux m'empêcher de penser à tout le battage qui est fait autour de la poussée de l'islam en Europe et en France, sujet dont on nous rebat les oreilles à longueur de temps, alors qu'honnêtement, sommes-nous vraiment agressés, tabassés et envahis par les méchants musulmans ? Rien n'est moins sûr, et c'est en tout cas une très bonne illustration de ce point 1 et du point 6.

On pensera également aux nombreux sujets sur la pluie et le beau temps dans les journaux télévisés du style "oh qu'il fait chaud en été, l'affreuse canicule !" ou "c'est fou comme il fait froid en hiver, déjà 3 jours de suite avec de la neige !". Primordial, n'est-il pas ? Les sujets sur l'état de santé de Johnny ou les faits divers du genre "un enfant est tombé dans un puits" suivent la même logique de diversion par le triste mais hélas anecdotique.

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions


Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

On a ici un vaste domaine d'expérimentation sociale de masse. Inventer des attentats, ou lorsqu'on ne peut pas, en brandir la menace, est la première chose à laquelle je pense. Il suffit de faire monter la sauce en magnifiant le danger réel, en exagérant la menace, en parlant d'attentats imminents, de terrorisme latent, de "degré de vigilance maximum", des mesures qui seront ou ont déjà été prises (et qui permettront d'expliquer a posteriori l'absence de manifestation de danger réel), et ainsi de suite. En général, on jouera en tout cas sur la peur, ou sur l'éternelle insatisfaction des populations pour tout justifier. Il va de soi qu'il ne peut exister une société totalement sécurisée dans laquelle la criminalité serait totalement absente, alors il suffit de choisir un fait-divers, de le monter en épingle, afin de susciter la demande de diminution de liberté de la part de ceux qui la subiront les premiers ensuite.


3/ La stratégie de la dégradation


Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

Je n'ai pas grand chose à ajouter sur ce point, vous avez sans doute entendu parler de l'histoire de la grenouille que l'on plonge dans l'eau froide, et que l'on fait chauffer très doucement. La grenouille s'habituera à cette chaleur et se fera finalement cuire, alors que si on la plongeait directement dans de l'eau bouillante, elle tenterait de s'échapper, de se rebeller...


4/ La stratégie du différé


Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

Là encore, il suffit de jouer sur les sentiments de peur et d'insatisfaction permanente... voir le point 6.



5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge


La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

Non seulement l'effet de suggestion induit ce résultat, mais surtout il faut bien comprendre que le ton infantilisant s'adresse à une partie de la psyché qui existe chez chaque individu, et non pas seulement chez les plus immatures, d'où son efficacité. Cette technique pourra être aussi efficiente chez un père responsable, mature et éduqué que chez une jeune personne un peu "ado attardé", tout simplement parce que cette partie de la psyché existe encore chez ces deux personnes à des degrés différents. L'efficacité pourra donc varier mais existera potentiellement chez tout individu. Ceux qui se croient à l'abri de ces techniques de manipulation sont soit effectivement très avertis de ces techniques, soit très naïfs quant à la manière dont cela fonctionne en fait. Il est simplement dommage que cela soit trop long à développer dans un article de blog, car cela en vaudrait la peine, afin que chacun prenne la mesure réelle de l'efficacité de ces techniques, dont l'on pense à tort qu'elles ne fonctionnent que sur les plus abrutis.


6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion


Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

C'est un point crucial qu'il faut absolument comprendre pleinement. Là encore, cela demanderait beaucoup trop de développements pour un simple article de blog, mais je me dois d'évoquer à ce sujet tous les appels au lynchage qui sont habituellement faits dans les médias. Il suffit pour cela d'appuyer sur le bouton "j'exhibe un odieux criminel/pédophile/pourri/corrompu, et le peuple part au quart de tour.

On peut également faire appel à d'autres sentiments primaires en dehors de la colère et de l'indignation : la pitié ou la compassion envers les victimes, la peur devant l'idée "et si ça m'arrivait, à moi ou à mes enfants ?" et le tour est joué, on a aboli la réflexion, qui s'éteint totalement devant une apparemment légitime indignation qui en fait manipulée et orientée ailleurs que sur les sujets vraiment importants. Vos enfants risquent-ils vraiment d'être violés par un odieux pédophile ? Cela peut sans doute arriver, mais il est plus nettement plus probable qu'ils se retrouvent tout simplement au chômage et/ou incapables de subvenir à correctement à leurs besoins, et qu'en tout cas ils vivent plus tard dans une société ou les libertés seront de plus en plus brimées sous de faux prétextes... Il leur faudra bien du courage alors pour vivre heureux, même s'ils ne subissent pas d'agression...

Puisque je parle de pédophilie, voilà un lien où vous apprendrez peut-être quel est le vrai problème de la criminalité tournant autour de la pédophilie, plutôt que d'en rester aux mensonges habituels des médias. On ne peut nier que c'est un problème réel, mais qui est essentiellement différent de ce que l'on en raconte habituellement : http://eyeswideopen.over-blog.com/article-les-reseaux-de-l-horreur-3h30-56449506.html

Enfin, il est extrêmement important de comprendre que l'appel à l'émotionnel permet également d'implanter des désirs généralement factices dans l'esprit des gens. Il peut par exemple induire de nombreuses idées, comme le fait qu'il est nécessaire de consommer (beaucoup) pour être heureux et "profiter de la vie", ou qu'une vie sociale et/ou sexuelle intenses sont une des clefs de ce bonheur. Même si les gens ne parviennent ensuite pas à assouvir ces désirs, ce n'est pas important. L'important est qu'ils les poursuivent, et même la frustration qu'ils pourront ressentir à ne pas avoir la dernière voiture en vogue, ou quelque chose d'autre de ce genre, ne fera que les rendre un peu plus esclave de la société du "travailler plus pour consommer plus".

Ces mécanismes sont d'autant plus puissants que comme ils court-circuitent effectivement l'analyse rationnel, il devient très difficile de regarder la société avec un oeil critique et de se rendre compte qu'en réalité ce qu'elle nous promet n'est qu'une insatisfaction perpétuelle en même temps que d'être mené par le bout du nez par les appats que l'on nous met sous le nez, car ainsi en va-t-il du fonctionnement de tout désir humain, à moins d'être régulé par une approche spirituelle. Malheureusement le spirituel fait mauvais ménage avec un matérialisme exacerbé tel qu'il l'est dans le monde moderne.


7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise


Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

Ce point peut paraître caricatural, présenté tel quel, pourtant il présente une bonne partie de vérité. Une éducation qui met en avant la nécessité de participer au système social, aussi inique soit-il, est probablement le premier élément de l'abrutissement par une éducation pauvre et dévalorisant la critique. La critique ne doit s'exercer que contre des éléments du système, et ne doit pas s'intéresser au fonctionnement de celui-ci dans son ensemble. Mais pourquoi ? Pour vivre heureux en étant ignorant ? Il est probable qu'en réalité les membres de la société que sont les individus préfèrent inconsciemment cette ignorance, car la connaissance de l'état des choses leur fait peur. Encore un comportement régi par une émotion primaire, qui est abondamment encouragé par la manière dont le système fonctionne, notamment par les médias.

Personnellement, j'en tire la conclusion que vaincre la peur et les autres émotions primaires est réellement la première étape d'une véritable évolution spirituelle, car la sérénité et le sourire de surface que beaucoup de personnes se disant spirituelles affichent n'est qu'un masque à cette peur nécessairement ancrée en eux. Ces mécanismes inconscients empêchent les individus de briser leurs chaînes, car l'accès à une véritable évolution ne peut pas se faire en sautant des étapes, mais au contraire en les affrontant. Tant que l'on maintient les individus dans la peur, il est plus facile de les maintenir dans l'ignorance d'eux-mêmes, des mécanismes profonds de leurs modes de vie, de leur culture, et par-dessous tout de la manière dont le monde moderne est articulé autour de ces notions de manipulation par l'ignorance et les émotions. C'est donc un serpent qui se mord la queue, par conséquent l'ignorance est le 2e point crucial qui permet au monde moderne de continuer à exister tel qu'il est, aussi ignoble et inhumain soit-il derrière les apparences. Le premier point étant le fait de diriger l'attention vers des sujets anecdotiques afin de susciter les aspects "primaux" de l'être humain : la peur, l'instinct de survie au détriment des autres, etc. Autant de choses qui maintiennent la cohésion du système en défavorisant la solidarité et l'intelligence.


8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité


Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

C'est une approche très courante, notamment encouragée par le marché "artistique", qu'il soit de la musique pour ados abrutis (il n'y a qu'à voir à quel point le rap est passé de mouvement contestataire vers un instrument de conformisme encourageant à l'égoïsme et au profit personnel immédiat), le cinéma (mettre en avant des idées niaises ou sans intérêt à travers des films idiots ou à l'humour plus ou moins beauf), et les artistes "institutionnels" en général, c'est à dire ceux que l'on voit à la télé faire la promotion d'oeuvres de divertissement dont la seule vertu sera de détourner pour un instant l'esprit des gens de la souffrance confuse qu'ils ressentent dans leur existence vers un état de béatitude et d'amusement momentané. Je ne dis pas qu'il faut affronter la souffrance en permanence, non il faut savoir s'en détacher, mais aussi l'affronter sans quoi l'on vit dans une fuite permanente. La bêtise devient alors un refuge si confortable...

Comme exemple de la promotion de bêtise, de l'illettrisme et de la médiocrité, je n'ai encore pas trouvé "mieux" que ça : http://www.youtube.com/watch?v=Cjrh4nka6dU


Je ne sais pas vous, mais perso, ça me révulse de voir ainsi vanté l'absence d'effort intellectuel ou simplement dans la communication.


9/ Remplacer la révolte par la culpabilité


Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !…

Ce sera notamment le cas des chômeurs, parfait exemple de personnes que l'on contraint à se culpabiliser de ne pas être capables de réussir leur vie (rappelez-vous, l'injonction à imiter des comportements et à suivre les désirs imposés par la suggestion omniprésente dans les médias que je dénonçais au point 6 concernant les émotions). Mais cela pourra concerner des tas d'autres choses, comme le fait de vivre seul, de n'avoir pas une vie sociale abondante, de ne pas occuper son temps de tas d'activités plus ou moins futiles, d'être trop ceci ou trop cela, bref de n'être jamais parfait, afin de déclencher ce sentiment d'insatisfaction permanente dont j'ai déjà parlé.


10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes


Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

En résumé, si tu ne veux plus être l'esclave d'un système qui se sert des moindres astuces psychologiques ou comportementales pour maintenir les personnes dans un état littéralement animal de soumission, connais-toi toi-même, ou assume ton état de soumission...

Personnellement, je ne me présente absolument pas comme un activiste, je tiens à le préciser. Je considère que l'activisme, qu'il soit politique ou autre, participe justement de ces mécanismes de diversion dont il a été question dans cet article.

Je me définis plutôt comme une personne en chemin spirituel, donc inaboutie et probablement jamais aboutie, car la perfection n'est qu'une vue de l'esprit, une chimère, mais toujours assez lucide pour réaliser que la société maintient les gens dans un rêve éveillé qui les empêche d'accéder à des sphères de conscience qui attiserait leur intelligence et leur connaissance d'eux-mêmes, plutôt que de favoriser l'ignorance et l'inconscience, qui sont indubitablement des choses qui font énormément de tort et de mal.

Que puis-je dire d'autre à part "ouvrez les yeux avec moi, et essayons de nous élever un peu au-dessus du marasme et de la comédie humaine" ?


Source :

 

http://www.reopen911.info/News/2010/09/28/les-dix-strategies-de-manipulation-de-masse/

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08 octobre 2010

Manipuler ou être manipulé

          Bien, mes blogs dorment carrément, mais je voulais vous faire partager cette vidéo, qui est proprement édifiante.

 

Je ne vais pas m’étaler dessus, je pense que cela parle de soi-même, mais comme j’ai toujours eu à cœur de dénoncer les dérives dans le domaine du conditionnement et de l’embrigadement des citoyens, j’estimais que je ne pouvais tout simplement pas laisser passer cette vidéo de l’excellente émission arrêt sur image, désormais écartée de la télé, et reportée sur internet, allez savoir pourquoi…



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12 août 2010

Cavernes, grandes plaines...

La télé ne fait pas toujours que de la merde... La preuve avec ces splendides séries documentaires de la BBC que je voulais vous faire partager.

Il y a question de la beauté de la nature, et même si vous ne maîtrisez pas la langue de Shakespeare, vous avez largement de quoi apprécier les images...

Les vidéos dépassent légèrement le cadre de la page, mais ce ne sont de toute façon que les premières parties de chaque documentaire. Vous pouvez voir l'intégralité sur Youtube.

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21 juillet 2010

Mettre l'esprit en vacances

Salut tout le monde. Ce sont les vacances, mais rien ne s'arrête. Tout est simplement au ralenti.

 

La plupart d'entre vous savent que j'ai créé un nouveau blog un peu différent. Vous pourrez trouver les liens dans la colonne de droite, je viens de remettre tout ça à jour. Mais ce blog ne s'arrête pas. Et après avoir largement alerté mes lecteurs sur les dérives attirantes de la pensée new-age, son simplisme, son jeu sur les rêves que nous pouvons tous avoir, je voulais vous montrer un aspect constructif de ce que l'on peut faire avec les données ésotériques ou autres que généralement le new-age galvaude et marchandise...

 

Nassim Haramein : un physicien excentrique aux intuitions pénétrantes.

 

Dans ce lien, vous découvrirez, si vous en avez le courage (la conférence dure de nombreuses heures, et seules les 5 premières sont traduites en français), un chercheur complètement à l'écart de la pensée scientifique dominante actuelle, et de ses si nombreux biais, de ses freins lorsqu'il s'agit d'avoir le courage de remettre en cause les idées préconçues.

 

Pour vous ouvrir aux théories passionnantes et iconoclastes de Nassim Haramein, il vous faudra du temps et de la patience, de l'esprit scientifique, et beaucoup d'ouverture d'esprit et de jus de fruit pour ne pas entrer en surchauffe.

 

En effet, quoiqu'on puisse en penser, malgré leur grande excentricité, leurs relations avec le mysticisme, les crop circles et autres thèmes d'habitude largement dénaturés, galvaudés et décrédibilisés par les délires new-age, les théories d'Haramein ont une base solide, bien que complètement à contre-courant des thèses conventionnelles. C'est que Nassim Haramein fait preuve d'une grande intuition, d'un courage exemplaire dans la remise en cause des idées les plus communément admises dans l'establishment scientifique. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir la tête sur les épaules et de rester tout à fait logique. On pourra légitimement penser que son approche peut-être tirée par les cheveux, et pourtant si on la suit bien, elle n'est ni plus ni moins délirante que les histoires habituelles que nous racontent les scientifiques reconnus. Elle est simplement différente, et a le mérite de remettre en place quelques idées contestables de la science moderne, et de proposer une manière d'unifier la mécanique quantique avec le reste, ce qu'aucune théorie actuellement reconnue ne permet.

 

Pour vous mettre l'eau à la bouche et vous donner envie d'affronter quand même les nombreuses heures de cette conférence menée avec humour et une grande pédagogie, sachez que pour Haramein, le vide de l'espace est en fait rempli d'énergie, et que la connaissance de la structure du vide pourrait nous apporter des réponses et des solutions, aussi bien en terme spirituel qu'en terme technique. Sachez également que selon Haramein, les pyramides n'ont pas été construites par les égyptiens...

 

L'approche d'Haramein prend en compte une foultitude de données déjà connues, mais souvent écartées des théories officielles, car considérées comme inexploitables à cause de leurs particularités étonnantes. Saviez-vous par exemple qu'à Abydos il existe un temple que les archéologues hésitent à prendre en compte, parce qu'ils ne savent pas quoi faire de la datation qu'en ont donné des géologues ? En effet, ces géologues estiment que ce temple doit avoir au moins 10 000 ans alors qu'il ne devrait pas en avoir plus de 5000... et ce n'est qu'un exemple.

 

Alors si pendant ces vacances, il vous dit de prendre quelques heures de repos devant votre ordinateur, allez... plutôt que de surfer de manière futile comme nous le faisons tous, ayez une pensée pour Nassim Haramein et ses théories... Si vous prenez le temps de vous pencher dessus, et si vous avez l'esprit assez ouvert pour réaliser qu'Haramein a des intuitions tout à fait pénétrantes, pertinentes et courageuses, vous n'aurez pas perdu votre temps.

 

Quoiqu'il en soit, bonnes vacances à toutes, et attendez-vous à ce que mes blogs avancent lentement, mais sûrement, pendant ces semaines de chaleur estivale.

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18 juin 2010

Connaissiez-vous le D.A.R.D. ?

patrick_sebastien

Avez-vous déjà entendu parler du D.A.R.D. ? Il s’agissait d’un mouvement humaniste à tendance révolutionnaire créé en début d’année par l’animateur de télévision très connu, Patrick Sébastien. Ce mouvement se proposait de mobiliser les citoyens autour de toutes sortes de problèmes civiques ou politiques proposés par les adhérents de l’association eux-mêmes, et analysés ensuite par des spécialistes, magistrats ou autres, chargés de les mettre en forme, pour ensuite les soumettre aux politiciens, dans l’objectif des élections présidentielles de 2012, tout à fait dans la même lignée que le pacte écologique de Nicolas Hulot, en 2007.

 

Bien sûr, l’on peut formuler toutes sortes d’objections et de critiques à l’égard de ce mouvement, mais on ne peut nier qu’il s’agit d’une initiative qui n’est pas dépourvue d’intérêt, dans le fond. S’attaquer aux fondements d’un système corrompu, et tenter de contribuer à rendre aux citoyens la place qui est la leur, dans une démocratie où ils sont paradoxalement les oubliés, n’est pas quelque chose que l’on peut critiquer a priori, à moins d’être du côté des puissants et des exploitateurs.

 

Eh bien, le D.A.R.D., c’est fini. Officiellement. Patrick Sébastien en donne l’explication, sur le site en question :

 

http://www.le-dard.com/news/dernier-message-avant-fermeture/

 

Il y a plusieurs choses que l’on peut retenir de ce message, et je me propose d’en souligner des passages, et de les commenter.

 

« Le flot de commentaires haineux, débiles, narcissiques que j’ai pu lire sur le site du DARD, à la suite de la vidéo de fin du rassemblement, de la part de certains (toujours les mêmes), ne peut que me conforter dans ma décision de le dissoudre dans sa forme actuelle.

Je vous laisse tomber ? Ah bon ! Qui a laissé tomber l’autre ? Engagés sur l’honneur à défendre le respect et la dignité, vous n’avez fait que vomir, vous masturber pour décharger du vide. Mon égo ? Je n’ai fait que parler de vous quand chacun parlait de soi. (…) Justiciers, mon cul ! Votre mal être a besoin de responsables, alors il fallait bien se défouler sur quelqu’un. Même pas capables de vous apercevoir que les seuls coupables de vos aigreurs d’âme, c’est vous même. Rongés par la suffisance, le mépris, l’auto compassion, vous vous êtes juste donné l’illusion d’exister. Et je m’y connais en illusions. »

Voilà donc la première partie de l’explication fournie par Patrick Sébastien. Le site aurait été « pourri » par quelques grossiers égocentriques, auxquels il s’en prend. Internet serait donc le mauvais terrain pour un combat ? Il est vrai que sur internet – il suffit d’en fréquenter les sites, forums, groupes pour s’en rendre compte – est le terrain d’expression privilégié de tous les lâches et de tous les frustrés primaires, qui vont déverser sur les autres leur mal de vivre, leurs déceptions, leurs aigreurs, comme le dit très bien l’animateur.

 

Est-ce pour autant une raison suffisante de laisser tomber le combat ? Ce n’est pas ce que semble dire P. Sébastien, ni ce qui semble être son intention véritable, si l’on lit la suite.

 

« Faites grandir l’idée, dans l’ombre, de bouche à oreille. Le moment venu, je sais que nous saurons nous mobiliser. Ne vous inquiétez pas, je vous appellerais. Multipliez-vous et soyez prêts. Le rassemblement était une approche. J’aurais bien sûr souhaité qu’il devienne une force. Je me suis trompé de moyen. C’est ma deuxième erreur. La première était dans le titre du manifeste « une révolte, pas une révolution ».. Je n’ai pas mis « révolte » et « révolution » dans le bon ordre. »

Ici, l’animateur confesse s’être trompé, dans sa manière d’aborder le problème, et de concrétiser son idée. Et il explique en substance que si le mouvement est terminé, dans sa forme officielle, il doit néanmoins continuer de faire son chemin dans les esprits, car au final, on ne révolutionne pas le monde par des moyens officiels ou légaux, mais par les mentalités. Et je pense qu’il a tout à fait raison, et tire probablement la bonne leçon de l’échec de son organisation. De toute façon, pouvait-on réellement croire qu’une approche par la pression électoraliste sur les candidats était la bonne voie ? N’est-il pas nécessaire de rompre également avec l’électoralisme, et d’aller plus loin ? Personnellement, je pense que si.

 

Un peu plus loin, nous avons un passage nettement plus troublant, sur ce qui motiverait la mise à mort du mouvement…

 

« Si j’ai reçu des menaces ? Oui, évidemment. Ont-elles été dissuasives ? Sûrement un peu. C’est le propre des menaces, sinon ça s’appelle des conseils. J’ai aussi une famille et des amis sincères auxquels je tiens, et je ne veux pas leur imposer les séquelles de mon engagement personnel. L’idéalisme est imparfait. Il s’arrête toujours à la sauvegarde de ceux qu’on aime plus que tout. »

Patrick Sébastien ne rechigne pas à admettre qu’il aurait été menacé. Cela rappelle immédiatement l’affaire Coluche… Ai-je besoin d’en dire plus ?

 

Peut-être pensez-vous que c’est lâche de céder aux pressions ? Moi je comprends l’homme qui est confronté à des risques réels, et qui veut protéger son entourage en même temps que lui-même, si c’est bien réel. Au niveau du pouvoir, il existe des gens qui ne reculent devant rien pour couler quelqu’un qui agit à l’encontre de leurs intérêts… Même de détruire la vie et la réputation d’une personne, et je pense qu’il suffit de regarder l’histoire et l’actualité lucidement pour admettre la chose.
L’animateur aurait donc plus ou moins cédé aux pressions, puisqu’il confesse ici que ces menaces auraient pu jouer un rôle dans sa décision.

 

Très franchement, je pense que ça ne peut pas être facile, pour quelqu’un comme lui qui a osé se mettre sous la lumière des projecteurs pour un mouvement idéaliste, et de maintenant devoir fermer boutique pour donner une autre forme à la lutte. On peut avoir le sentiment de trahir la confiance des gens, et être parfaitement conscient de ses responsabilités en temps qu’amuseur public et qu’homme de médias. C’est pourquoi je terminerai cet article en citant un autre passage de son message, qui me semble être le plus frappant de tous. Je ne le commenterai pas, chacun est capable d’en comprendre la portée, de la part d’un homme de télévision.

 

« Pourquoi rejoindre l’ombre ?

Parce que le pouvoir médiatique qui fabrique la lumière est à quatre vingt dix pour cent aux ordres du pouvoir politique. La presse a été ironique ou muette. La radio m’a fait comprendre, éviction à l’appui, qu’il ne fallait pas mélanger les genres. Quant à la télé, elle a d’autres chats à fouetter. Elle est là pour endormir, pas pour réveiller. »

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27 mai 2010

Quelques mots sur Krishnamurti

Loin, et même à l’opposé du confort de la pensée positiviste normative moderne, Krishnamurti (1895-1986) était un homme à part. Il ne se définissait ni comme un philosophe, ni comme un gourou, ni même comme un penseur, et pourtant sa pensée est tout simplement saisissante, dans la monoculture idéologique de notre temps.

 

C’est pourquoi, dans ce court article, je voulais simplement vous encourager à découvrir le personnage et sa manière de voir les choses.

 

Quoiqu’il en dise lui-même, dans sa volonté de « tuer » la pensée, Krishnamurti est le libre penseur type. C’est l’homme qui, en dépit de sa naissance dans un milieu brahmanique (la plus haute caste hindoue), et son rapprochement avec des mouvements occidentaux tels que la société théosophique, décidera de ne s’identifier à aucune de ces mouvances, pour prôner une sorte de quête de liberté qui soit totalement dépouillée d’idées religieuses ou de connotations philosophiques potentiellement sectaires et limitatives.

 

Plus loin que cela, Krishnamurti critiquait également la politique et même l’athéisme, voulant débarrasser totalement l’homme des scories idéologiques de toutes natures, seule voie selon lui pour lui permettre d’accéder entièrement à lui-même, au-delà des conditionnements de toutes natures qui enferment les personnes dans l’illusion d’une individualité.

 

Mais plutôt que de faire de longs discours, je vais simplement laisser la parole à cet esprit brillant et sans concession, en faisant le moins de commentaires possible, et vous laisser rechercher vous-même des ressources sur internet. Vous verrez que cela sera enrichissant.

 

 

« Nous utilisons le mot « raison » non pas dans un sens philosophique avec toutes ses implications ; nous donnons à ce mot le simple sens d’une grande honnêteté dans la pensée, d’un équilibre mental sain, le sens d’un « insight » clair, d’une perception où il n’y a pas de tromperie ou d’auto-illusion. Sans la raison au départ, vous ne pouvez pas aller très loin. Parce ce que sans la raison vous êtes inévitablement conduits vers toutes les formes d’illusions, d’idées fausses, de peurs et tout le reste. Pour comprendre la nature et le sens de la méditation, il est absolument nécessaire de raisonner pas à pas, afin que votre esprit soit affûté, que votre cerveau soit clair, sans la moindre distorsion, sans la moindre pression. Cela ne demande aucune croyance, aucun système ; mais cela nécessite un cerveau qui soit sensible, affûté, clair, qui puisse procéder pas à pas, non de manière illogique, non en sautant des étapes, mais avec rationalité, avec équilibre. »

 

 

Un brillant trait critique de l’état d’esprit positiviste (vous savez que moi, chamanisant, je raisonne beaucoup en terme « d’état d’esprit ») :

 

« L’énergie est hors du temps et ne se mesure pas. Mais nos actions sont mesurables et nous ramenons ainsi cette énergie illimitée dans le cercle étroit du moi, et l’ayant circonscrite nous cherchons alors l’incommensurable. Cette quête fait partie de l’action positive et elle est par conséquent un gaspillage d’énergie psychologique. Il existe ainsi un mouvement sans fin dans les archives du moi.
Pour nous, l’objet de l’éducation, c’est de libérer l’esprit du moi. Comme nous l’avons dit à maintes reprises, notre rôle est de faire éclore une génération nouvelle libérée de cette énergie limitée qu’on appelle le moi.
»

 

 

Sur la notion d’effort et sans doute sur le lâcher-prise :

 

" Tout acte volontaire quelle que soit sa direction est violence.Tout effort est violence. Tout ce que vous faites avec le concours de la pensée pour créer en vous un état de paix utilise la force et, par là même, est violence. Vous tentez d'imposer la paix par la violence. Yoga, méditations, prières, mantras sont des techniques violentes. L'organisme est très paisible. Vous n'avez rien à faire"

 

 

Sur les conditionnements (mon cheval de bataille, dans l’ancienne version de mon blog) :

 

" La culture vous a insufflé ce désir d'être autre chose que ce qu'on est, cette aspiration à être autre, à être meilleur. Voilà le tour que votre héritage tout entier vous a joué.....vous devenez un rouage dans la machine à maintenir la continuité du système. Vous en faites partie intégrante.....

 

Vous êtes dans un état de névrose parce que vous voulez deux choses contradictoires en même temps. D'un côté vous voulez être autre que ce que vous êtes; c'est une nécessité sociale pour pouvoir en faire partie et aider au maintien de la continuité de la structure sociale. Mais d'un autre côté vous ne voulez pas changer. "

 

 

Une petite dernière pour la route, sur le manichéisme et le dualisme :

 

" Tant que vous pratiquez les vertus, vous êtes plongé dans le vice. Ils vont de pair. Si vous avez la chance de vous libérer de cette poursuite de la vertu, de cet idéal à réaliser, alors votre système va aussi se vider du vice. Vous ne serez plus un homme du vice...un tel être qui pratique la douceur, et la gentillesse et qui pratique les vertus est un danger public, une menace "

Posté par Seilenos à 09:23 - Spiritualité - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

18 mai 2010

L'imposture new-age - Conclusion : Y a-t-il du bon, dans le new-age ?

Sans hésiter, la réponse est : OUI !

Bien sûr qu’il y a du bon, dans l’idéologie new-age. Le new-age a le mérite de nous dire que le changement est possible, que nous avons en nous des ressources pour évoluer, nous développer, pour appréhender les choses d’une manière plus positive, et mieux vivre en nous-mêmes. Le new-age a inventé des approches novatrices, dans le domaine de la psychologie, par exemple.

Par contre, en matière spirituelle, le new-age est tout simplement une catastrophe.

Le new-age cultive la confusion de différentes formes spirituelles, et contribuer à faire croire que la spiritualité peut s’aborder comme un supermarché. Il nous promet le bien-être, mais utilise pour cela la tromperie et l’illusion. Son discours est emprunt d’une grande peur de la souffrance qu’il s’empresse de dénier. Le new-age, à l’instar de tous les mouvements de notre époque, refuse de regarder les choses en face, et nous propulse droit en avant dans un gouffre spirituel et humain, dans la joie et la bonne humeur. Le new-age ne manifeste aucune rigueur dans son approche, appauvrissant ainsi toutes les formes spirituelles auxquelles il emprunte des petits bouts sans souci de cohérence.

Le new-age est une idéologie malade de notre époque, dépourvue de sens profond. Le new-age propose des solutions magiques aux maux de notre époque, mais aucune solution concrète pour se débarrasser de l’idéologie dominante et construire de manière raisonnable un système plus adapté aux problèmes qui sont apparus récemment.

En vérité, le new-age est né de la peur compréhensible des horreurs du présent, et en compensation, pour l’adoucir, nous propose un monde tout rose, sans problèmes et sans souffrance, et va carrément jusqu’à nous promettre le paradis sur Terre pour demain. C’est sans issue.

Cela est surtout symptomatique de notre époque. Cela révèle à quel point le malaise est grand, et la nécessité de sortir du système actuel impérieuse.

Mais ce n’est pas avec de la pensée magique que l’on sort de la merde. C’est avec du courage et de l’action concrète. C’est pourquoi je vous le dis, il va falloir se préparer à retrousser nos manches et abandonner ce type d’idéologie, car le new-age n’est tout entier qu’un discours lénifiant qui nous endort en nous promettant le meilleur, en nous promettant que nos rêves deviennent réalité. Voulez-vous vraiment de ces illusions ? Vous sont-elles réellement bénéfiques sur le long terme ou ne feront-elles que vous rendre davantage impuissants ? Dans ce cas, c’est votre choix, mais ce n’est pas le mien.

Merci de m’avoir lu, en espérant vous avoir fait réfléchir, à défaut de vous convaincre. Je ne prétends pas détenir la Vérité, mais pensez-bien que les discours new-age se présentent comme tels, eux !

Posté par Seilenos à 18:21 - Société - Commentaires [4] - Rétroliens [0]

L'imposture new-age - 3/Croyance dans la toute-puissance de l'individu

Le discours new-age ne cesse de répéter que nous sommes tous connectés, que même notre monde est relié à d’autres mondes, et que nous interagissons sans cesse avec ceux-ci. C’est pour mieux se dissimuler le profond individualisme qui est la racine même de cette idéologie. C’est ainsi que, s’étant caché cela à lui-même grâces à des pirouettes mentales, le discours new-age peut berner ses auditeurs en prétendant à l’émergence d’un nouvel-age qui serait celui d’une nouvelle conscience plus « ouverte », plus « reliée » à la totalité du monde existant.

Cependant, lorsque Kiesha nous explique qu’un âge nouveau va arriver, avec nos papa et nos maman des autres mondes qui viendront nous sauver de tout ce que nous avons fait de travers (cassé nos jouets, n’avoir pas su faire nos lacets tous seuls, etc.), elle nous explique que cela passe par le développement de la conscience de chacun. Il s’agit donc bien de se développer individuellement. Et comment ?

Tout d’abord en se convaincant de la réalité de notre toute puissance sur le monde, même si rien ne l’atteste, même si tout démontre le contraire depuis la nuit des temps. Il faut lui faire confiance, vous comprenez, car c’est une « gardienne de la sagesse »… !

Selon elle, mais aussi selon Ghis, et selon la plupart des intervenants qui se glissent dans les couloirs du milieu new-age pour y glorifier leurs ego, il faut croire que notre pensée peut intégralement changer le monde. Il suffit d’y croire. Simple. Il suffit de commencer.

Commençons, alors. Ah mais pardon. Il faut en fait attendre que nos amis surhumains de l’autre monde viennent nous apprendre comment faire (nos lacets) ? J’ai raté une étape, alors… J’avais pourtant bien entendu Kiesha affirmer au moins trois fois de suite qu’il suffisait d’y croire, et que le pouvoir était déjà en nous. D’ailleurs, les êtres de l’autre dimension, dans leur omniscience, ne comprennent pas comment nous n’avons pas trouvé tous seuls. Ah ok. Ils savent tout, sauf ça. Et nous pouvons tout faire par nous même, mais pas sans eux. Ok, c’est logique, en effet. Hum.

Kiesha nous dit aussi que nous sommes « les plus forts d’entre les plus forts », et aussi que nous n’avons aucune limite. Outre le fait que c’est en contradiction avec de nombreuses autres théories spirituelles, qui placent la Terre comme un domaine intermédiaire, cela en dit surtout long sur cette croyance –pourtant non étayée par des faits – en la toute-puissance de l’être humain.

Au-delà de ça, Kiesha nous explique par exemple qu’il ne faut pas trop prêter d’importance à l’avis des autres. Ce n’est pas faux, mais faut-il pour autant n’écouter que soi-même et ses propres visions ? Voilà pour moi une preuve par excellent de l’aveuglement de ces gens, et de leur enfermement dans leurs propres croyances. A partir de là, le danger est grand de fuir dans l’illusion, et je pense d’ailleurs qu’en ce qui la concerne, le cap est déjà passé. Je ne dis pas qu’elle est folle. Je dis simplement que selon toute vraisemblance, et jusqu’à preuve du contraire, c'est-à-dire jusqu’à que ce qu’elle annonce se produise, Kiesha s’est totalement convaincue que ses croyances sont la vérité. Plus dure sera la chute si rien de ce qu’elle annonce ne se produit, car là elle s’est placée dans une impasse terrible, et le danger de tomber ensuite dans un nihilisme pathologique est grand…

Outre cela, Kiesha nous intime de ne pas laisser les autres nous dicter ce qu’est la réalité. Là, je suis totalement d’accord avec elle, et d’ailleurs je ne la laisse pas me dicter sa vision de la réalité, qui me parait totalement illusoire et fuyante. Il est simplement dommage que là aussi, elle tombe dans le « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Car elle essaye précisément de nous dicter sa version.

Un autre élément qui plaide en faveur de l’individualisme, est l’idée qu’il ne faut pas s’accrocher aux autres, car cela ralentit notre développement. D’un certain point de vue, c’est encore tout à fait vrai, indubitable même. Effectivement, si l’on n’écoute plus les autres, on est parfaitement libre de partir dans n’importe quel délire, qui pourra même être néfaste pour soi-même, au bout du compte. Les autres, c’est peut-être l’enfer, mais ils ont un mérite : ils nous fournissent des repères, des idées critiques, et du moment que l’on a soi-même un esprit critique équilibré, cela n’est pas mauvais pour nous que de les écouter, au contraire. On peut prendre en compte les autres, leurs avis, sans pour autant s’emprisonner dans leurs jugements. C’est vraisemblablement lorsque l’on est incapable de faire cette part des choses que l’on aura tendance à fuir exagérément les autres, à ne plus du tout les écouter, car au final notre mental n’est pas équilibré…

La place du rêve

Ceux qui me connaissent bien savent que je laisse dans ma vie une très grande place aux rêves. Je les considère comme partie intégrante de ma vie, et comme nécessaire à la spiritualité. Les rêves nous montrent une sorte d’envers de la médaille sur nous-mêmes. Selon comment nous nous connaissons, ils peuvent nous révéler des aspects inconnus de nous-mêmes, ou nous montrer des aspects connus sous un autre angle. Ils sont donc toujours riches d’enseignements, en plus de nous faire vivre des situations que le vécu ordinaire dans le monde matériel rend impossible.

Il est courant d’entendre de nos jours qu’il faut « vivre ses rêves », « accomplir ses rêves », ou encore des expressions du style « cessez de rêver votre vie, réalisez vos rêves ! ». Ce sont juste des slogans, ils n’ont pas plus de valeur. La preuve est qu’ils sont utilisés en publicité pour vous vendre des produits. Ne me dites pas que vous ne l’aviez jamais remarqué !?!

Ces slogans, on les trouve donc dans la machine consumériste par le biais de la publicité, mais on les retrouve aussi abondamment dans le discours new-age. C’est pour moi l’une des preuves claires de la duplicité de cette idéologie, un élément qui la place exactement sur le même plan que le consumérisme et le libéralisme économique et philosophique.

La particularité, et l’intérêt des rêves, est précisément, et contrairement à ce que prétend la mode actuel, qu’ils sont inaccessibles parce qu’ils nous vivre des espoirs que nous ne serons peut-être jamais en mesure de réaliser, ou nous font revivre des épisodes de notre vécu sous un autre angle, ce qui est rigoureusement impossible dans le monde réel, sauf hypothétiquement dans certaines formes thérapeutiques, mais c’est tout de même différent.

Vouloir réaliser ou vivre ses rêves, c’est soit avoir des rêves d’une pauvreté lamentable, sinon ils ne seraient pas réalisables, soit se condamner à une frustration, une insatisfaction éternelle. Je rêve par exemple de devenir milliardaire et d’avoir les moyens de faire ce que je veux. Le puis-je ? Non. Même si je consacrais toute ma vie à cela, la probabilité est extrêmement élevée que je ne ferais que gâcher ma vie à essayer d’atteindre cet objectif. De plus, il se peut aussi que je gâcherais la vie de nombreuses autres personnes, car on ne devient pas riche sans le faire au détriment des autres. Réaliser ses rêves, c’est donc encore de l’individualisme…

Bref, « vivez vos rêves », ce n’est qu’un slogan, de la propagande, de la publicité. Lorsque quelqu’un vous dit ça, il veut vous vendre du bonheur. Ne le croyez pas, le bonheur ne s’achète pas. Le bonheur peut se vivre sans réaliser ses rêves, mais le bonheur est éphémère, ce n’est pas l’état de fausse plénitude perpétuelle que la société de consommation vous vend. Ce n’est pas non plus se bercer des chimères que vend le new-age, et qui ne font que vous enfoncer dans l’illusion. Pour prendre mon cas, je n’ai jamais réussi à devenir un écrivain reconnu, et n’y réussirai probablement jamais. J’aurais pourtant bien voulu, j’en ai même rêvé longtemps. J’ai rêvé aussi de vivre l’amour à vie avec une fille idéale… Je n’ai pas trouvé. Mais ce n’est pas triste, car en abandonnant ces rêves qui n’étaient pas à ma portée, j’ai pu me consacrer à commencer à vivre une vie en accord avec ce que je suis vraiment, dans un monde qui est parfois hostile, mais parfois accueillant. J’ai pu arrêter de perdre mon temps à poursuivre des chimères. Je ne suis pas encore rendu, non, je gaspille encore largement mon temps, mais je me suis détaché de ces choses qui ne me menaient qu’à la frustration. Je prends désormais les expériences comme elles viennent, j’essaye de saisir le présent et j’arrête de m’accabler de ce que je n’ai pu ou ne pourrai réaliser, puisque de toute façon, ces « rêves » n’étaient même pas les miens. Ils étaient ceux que la société implante dans nos esprits en nous faisant miroiter amour, richesse, santé et bonheur. Il faut savoir accepter n’avoir pas toutes ces choses, car contrairement à ce que prétend Kiesha, le paradis ne va pas nous tomber dans les bras d’ici 2012… Ce qui nous pend au nez, c’est la crise économique, l’explosion des valeurs qui ont jusqu’à présent dirigé le monde, peut-être la destruction des états-nation et peut-être une moins grande sécurité dans ce monde. Ce n’est pas en se berçant d’illusions que l’on se prépare à cela. Par contre, en assumant pleinement nos responsabilités, en acceptant que les rêves ne se vivent que dans une sphère séparée du monde matériel, nous avons pour nous des armes spirituelles et psychiques pour résister, pour affronter les difficultés sans sombrer dans la négativité ou le nihilisme. Les rêves peuvent effectivement nous aider à cela, mais pas si nous croyons qu’il faut les réaliser… Vouloir réaliser ses rêves, c’est soit fuir, soit se complaire dans une médiocrité imposée par le système et finalement encouragée par l’idéologie new-age abêtissante.

C’est tout pour cette fois… Le prochain article sera le dernier. Je tenterai d’y apporter une conclusion en reprenant quelques éléments de la conférence de Kiesha et quelques éléments génériques du mouvement new-age.

Posté par Seilenos à 01:41 - Société - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

16 mai 2010

L’imposture New-Age - 2/ Le nouvel âge n’arrivera jamais

 C’est un titre bien présomptueux, hein ? Oui, il faut savoir frapper les esprits, de temps en temps. J’ai déjà tenté d’expliquer en quoi l’idéologie new-age se situe exactement sur le même plan que l’idéologie libérale, en prônant le même positivisme à la mode. Je vais aller plus loin en tentant de vous expliquer en quoi le new-age est une idéologie irréaliste et irresponsable, tout comme le libéralisme d’ailleurs, et qui ne risque pas d’aboutir à quelque chose de réellement positif un jour.

 

Cela tient essentiellement dans son côté « bisounours » très prononcé, qui fait de cette idéologie une idéologie adolescente, c'est-à-dire immature. Les éléments abondent en ce sens, et pour vous le démontrer, je vais continuer à saisir des points dans la conférence de notre fameuse « gardienne de la sagesse », qui tire son titre d’on ne sait où…

 

Dans sa vidéo, Kiesha nous informe que le paradis va arriver sur Terre, et que c’est en train de se passer. Elle nous informe également que nous avons, « dans le ciel », à la fois dans l’espace et dans l’autre monde, des êtres qui vont arriver sur Terre, cette année, et venir nous débarrasser de tous nos problèmes. Ils feront avancer la science, améliorerons notre espérance de vie, résoudrons nos problèmes écologiques…

 

Tout cela est parfait, et 2010 sera en effet une grande année, comme Kiesha nous l’annonce, car après que tout cela ne se soit absolument pas réalisé, au contraire de ce qu’elle annonce, nous aurons encore plus d’arguments solides pour contrer ce genre de foutaises. Excusez-moi, je suis ouvert à beaucoup de choses, mais il y a quand même des choses dont on peut être à peu près certain qu’elles n’arriveront pas, ne serait-ce que parce qu’on nous les a promis un tel nombre de fois sans qu’elles se produisent, que l’on finit par s’assurer définitivement qu’il s’agit d’un mensonge et de fausses promesses.

 

De plus, il est totalement irresponsable de propager de telles nouvelles et de tels faux espoirs. Mais comme selon Kiesha, la responsabilité incombe aux ancêtres qui lui apporteraient la « Vérité » dans ses visions, alors il est certain qu’elle ne se sent responsable de rien, c’est commode.

 

Faire croire aux gens que les eaux seront nettoyées de toute pollution par la magie des ancêtres ou des extra-terrestres qui veillent sur nous est d’une puérilité et d’une imbécillité à toute épreuve. Cela ne fait qu’encourager les gens à se comporter toujours en irresponsables puisque de toute façon, à l’instar de certaines grandes religions, on leur promet littéralement que toutes leurs fautes seront lavées… De plus, se complaire dans une croyance qui consiste à placer au-dessus de nous des êtres qui savent tout mieux que nous, et viendront nous sauver de toutes nos erreurs démontre incontestablement l’aspect infantile et rétrograde de ces croyances.

 

Comment ça, je ne respecte pas les croyances des autres ? Si ! Je les respecte du moment qu’elles ne mettent pas la planète et la vie en danger, et qu’elles ne déresponsabilisent pas les gens des conséquences de leurs actes, mais il y a des limites à ne pas dépasser, il ne faut pas pousser mémé dans les orties !

 

De plus, cette infantilisation se retrouve dans d’autres points, renforçant encore mes premières observations. D’un côté Kiesha nous affirme que chacun de nous est un Dieu tout-puissant sur le monde (sans nous le démontrer, ce qui tend à prouver qu’il ne s’agit que d’une croyance similaire au sentiment de toute-puissance que tous les enfants éprouvent à certains moments de leur développement), et d’un autre, elle nous dit que d’Ethiopie resurgiront bientôt les anciennes lois pour les êtres humains, alors que dans le même temps, elle nous a bien dit que les lois ne sont qu’humaines, et ne valent rien de plus que cela, et qu’à la limite, elles nous empêchent d’accéder à l’amour qui est en nous. Tout ceci est tellement contradictoire… comment peut-on encore prétendre y trouver du sens ?

 

L’idéalisation et la perversion des religions premières et des peuples premiers

C’est un point capital de l’idéologie new-age que de prétendre à la renaissance des religions premières et à leur essence, alors que cette idéologie procède à un vulgaire recyclage promotionnel pour son propre intérêt, c'est-à-dire pour donner plus de poids à son propre discours.

 

Le plus grave est que ces gens finissent par faire croire à certains peuples indigènes en manque de reconnaissance, comme les amérindiens du nord, des choses fausses sur leurs propres cultures, contribuant activement à la perversion de ces peuples et de leurs spiritualités. En ce sens, je le dis nettement, le new-age participe à l’acculturation et au génocide culturel de ces peuples. C’est une accusation grave, que le format de blog ne me permet pas de développer plus que cela dans cet article, mais croyez-moi, je la maintiens ! Cela pourra éventuellement faire l’objet d’un article séparé.

 

De plus, cette récupération des cultes indigènes conduit à une idée fausse, celle que si l’on s’inspirait du mode de vie des peuples premiers, nous pourrions avoir une vie parfaitement saine, exempte de tout problème. Les peuples premiers étaient donc l’incarnation même de la perfection ? Mais même au-delà de cette question, peut-on réellement appliquer les principes de leurs modes de vie, dans un monde où la population s’est multipliée au cours des derniers siècles et essentiellement concentrée dans des villes et de hauts immeubles dotés d’eau courante et d’électricité ? Bien sûr que non… Il faut aller de l’avant et inventer les moyens qui seront compatibles dans un avenir proche avec nos modes de vie. Il faut également faire évoluer nos modes de vie dans le bon sens, certes, mais ne rêvons, nous ne retournerons pas tous dans les mesas ou dans la savane. Et si nous le faisons, nous en ravagerons les écosystèmes, car nous sommes trop nombreux de toute façon.

 

Voici un article qui fournit quelques arguments supplémentaires sur ce point :

Conditions de vie et écologie

 

J’en cite un passage :

 

« Torben Rick, un archéologue du Smithsonian Institute de Washington (…) cite à l'appui de son affirmation de nombreux exemples de modification volontaire ou non de l'environnement par les populations de la préhistoire : les aborigènes d'Australie ont brûlé des quantités considérables de terres pour se rendre la chasse plus facile ; les indigènes, qui vivaient sur les côtes de Californie il y a des millions d'années, mangeaient des abalones et jetaient en masse les coquilles, ce qui a provoqué la création et l'immobilisation de dunes ; au nord-ouest du Pacifique, à la même époque, les populations locales construisaient des sortes de murs en eau peu profonde qui permettaient une prolifération des palourdes dont ils se nourrissaient.

Déjà, certaines de ces pratiques provoquaient des changements environnementaux qui étaient loin d'être anodins. Par exemple, la population des Channel Islands au large de

la Californie

a massacré les otaries qui étaient leurs concurrentes dans la pêche à l'oursin ; ceux-ci se sont alors multipliés en dévorant les varechs et en rendant le fond marin stérile. »

 

Je vous encourage à aller lire et commencer à abandonner certaines idées reçues sur les peuples premiers. La principale raison de leur faible impact négatif sur l’environnement était avant tout leur faible nombre. Leur éthique éventuelle ne vient qu’en second, et si l’on ne peut nier leur grande connaissance de la nature et leur volonté de vivre généralement en harmonie avec celle-ci, on ne peut nier non plus que l’écologie moderne permet une bien meilleure connaissance de l’imbrication des phénomènes naturels que l’empirisme primitif, même alimenté par les lumières de la pratique chamanique.

 

Le new-age recycle aussi le cliché peace and love

Peace and Love, soyons honnêtes et lucides, c’est surtout un vœu pieux… Le monde, l’humain, ne seront jamais totalement pacifiques et bienveillants. Tout ce qu’on peut faire, c’est cultiver les aspects positifs sans ignorer les aspects négatifs. Le contraire serait naïveté pure. C’est pourtant exactement ce que propose le mouvement new-age, en affirmant par exemple qu’il faut fuir la négativité, et ne regarder que la positivité. Il y a du bon sens là-dedans, mais ne faut-il pas connaître son ennemi ?

Kiesha nous serine que le mental nous pousse à voir les choses en noir et blanc, en terme de bien et de mal. Elle s’empresse d’ajouter, en employant des détours de langage, que le mental est l’incarnation du mal (différence avec les accusations de satanisme, et le pêcher de mauvaise pensée ?), alors que « le cœur » incarnerait le bien, et qu’il suffit d’écouter son cœur pour ne pas se tromper. Ok, mais comment écouter son cœur, et comment savoir que c’est notre « cœur » qui nous parle, et non notre mental qui nous souffle de mauvaises idées ? Le cœur, voilà bien, comme « lumière » et « amour », un mot fourre-tout qui veut tout et rien dire, et qui de ce fait en est totalement galvaudé et pernicieux.

Quant à moi, je propose plutôt de dire qu’il faut équilibrer l’intellect et l’émotionnel pour chacune de nos décisions. J’imagine que c’est ce que voulait dire Kiesha, mais bon, elle a préféré employer les mots creux à la mode dans son milieu : le milieu new-age. De plus, lorsque Kiesha nous affirme que nous avons l’habitude de classer les choses en bien et en mal, que fait-elle de différent en les classant à son tour en positif et en négatif ? N’est-ce pas juste une autre façon de faire exactement la même chose ? Allons, arrêtons de tourner autour du pot et de jouer sur les mots : bien sûr que si, c’est la même chose ! Si ces gens arrêtaient un peu de se regarder le nombril, ils verraient qu’ils commettent exactement les travers qu’ils dénoncent : voir les choses d’une manière manichéenne, et se convaincre eux-mêmes de la véracité de leurs propres discours en usant de leur mental ! Il n’y a rien de plus mental, c'est-à-dire déconnecté du concret et du « bon » que le discours new-age, ce en quoi il a à la fois raison et tort, puisqu’en ayant raison, il se disqualifie de lui-même sans le savoir.

Une autre preuve de cela tient dans le fait que Kiesha reproche à la société de nous imposer sans cesse une façon de voir et de pensée, ce qui est rigoureusement vrai. Mais il est rigoureusement vrai que sa conférence est précisément aussi une façon d’essayer d’imposer aux gens une façon de penser et de se comporter… Où est la différence ? Kiesha prétend elle nous rendre notre libre arbitre en nous disant « il faut, il faut, il faut… », alimentant ainsi l’infantilisation de ses interlocuteurs propre à l’idéologie new-age ? Fadaises, évidemment. Mais fadaises dont elle est elle-même convaincue… Elle nous explique même comment elle fait pour ne pas tenir compte de l’avis de ceux qui lui expliqueraient qu’elle pourrait avoir tort… Comment ne pas voir là une preuve d’un discours auto-convaincant, exactement comme ceux de Ghis envers elle-même, lorsque celle-ci emploie des distorsions logiques pour arriver à démontrer la justesse de son discours ?

En conclusion, à travers sa mentalité bisounours, et un flux incontinent de mots creux (franchement, au bout d’1h15, le discours de Kiesha commence à prendre la tournure d’un véritable lavage de cerveau), le mouvement new-age se berce d’illusions confortables, dont le but n’est que de stopper la peur. La peur qui est elle-même la matrice même de cette idéologie, comme on peut le voir à travers les idées illusoires d’arrêt de la souffrance et de disparition magique de tous les problèmes de

la Terre.

Dans le prochain article, je parlerai plus en détail de l’individualisme qui est propre à l’idéologie new-age, et qui alimente le sentiment de toute puissance infantile dont j’ai déjà parlé ici.

Posté par Seilenos à 02:59 - Société - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

15 mai 2010

L’imposture New-Age - 1/ Le new-age et le libéralisme sont jumeaux

 La première chose qui vient à l’esprit, à propos du terme new-age, ou nouvel-âge, c’est l’avènement d’une nouvelle ère. Une nouvelle époque, qui serait la fin des maux de l’humanité, et le début du paradis sur Terre. Outre le fait que cela n’est pas très original, puisque cela copie certaines théories de ces foutus témoins de Jéhovah, c’est en contradiction avec de nombreuses doctrines païennes ou de religions polythéistes, puisque les thèmes du Ragnarok, du Kali-Yuga, ou d’autres récits du genre, fournissent des exemples totalement opposés à un paradis sur Terre. Pourtant, ces théories new-age ont le culot de prétendre s’inspirer de l’hindouisme, du chamanisme, et d’autres pratiques spirituelles anciennes et primordiales. Tout cela pour se donner de la légitimité.

 

 La vérité est que le new-age vide de son sens toutes ces traditions, en les épurant de tout ce qui les dérange, dedans. Comment procède-t-on, dans le new-age, pour en arriver là ? En appliquant un filtre positiviste sur toute chose. Exactement comme le libéralisme. Car la vérité, c’est que le new-age ne tire pas sa filiation des traditions anciennes, comme « il » essaye de s’en convaincre, mais de la pensée libérale positiviste qui est typiquement l’idéologie qui domine notre époque. Le new-age ne fait donc que se positionner à côté de celui-ci, comme alternative, mais absolument pas comme une avancée par rapport à celui-ci, comme son discours tend toujours à le faire croire.

 

 Vous pensez sûrement que le positivisme est une bonne chose, une sorte d’aboutissement idéal de la pensée humaine, et qu’il n’y a rien de mal à le développer. C’est pourtant une erreur. Le positivisme n’est pas neutre. Il est déni de son opposé, refus de prendre en compte le simple fait que toute médaille a un revers. Il est donc pur aveuglement, refus de voir les choses en face. Dans cette perspective, il n’est pas étonnant que les gens versés dans le new-age ignorent leur ombre, et méconnaissent leur intériorité, leur âme, leur être, et se bercent de douces illusions. Il n’est pas étonnant non plus que le new-age vante la lumière et exclusivement la lumière, et tienne des discours totalement erronés et simplistes, comme je vais essayer de le démontrer, sur le fonctionnement de l’humain, sur ses capacités, sur son avenir…

 

 Prenons la conférence de Kiesha Crowther. De nombreux éléments sont révélateurs à cet égard.

 

Le premier point que je relève est un point d’ensemble, concernant son style d’élocution, et son langage non-verbal, qui nient en eux-mêmes certains de ses arguments. C’est particulièrement difficile à démontrer, et vous devez vous demander ce que je veux dire par là, mais laissez moi essayer.

 

Il me semble tout à fait évident, lorsque je la regarde, que cette personne joue le rôle du sage, comme un acteur le ferait : en essayant de se représenter comment parlerait et comment se comporterait un sage, en s’identifiant à une humilité factice, à une joie factice, à une profondeur factice. Vous trouvez cela convaincant ? Moi pas. Ses expressions sont peu naturelles, sur-jouées, et elle ressent d’emblée le besoin d’expliquer le choix de sa présentation pour en appuyer la crédibilité. Pour quoi faire, si elle est si sincère ? Qui irait lui en vouloir de ne pas se déguiser en fausse amérindienne ? C’est un point suspect, mais je vous accorde que ça ne prouve rien en soi.

 

Mais il y a plus important. A un moment dans la vidéo, Kishea parle de la manière dont nous dispersons notre énergie, par exemple en parlant trop pour dire des choses sans importance. C’est rigoureusement vrai, c’est même un point souvent retrouvé dans la recherche de visions, par exemple : on doit respecter la sobriété pendant toute une période, y compris au niveau de la parole.

 

Pourtant, elle tient pendant 1h25 un discours lénifiant tenant essentiellement sur deux choses : des éléments à peu près invérifiables, et du discours mental à base d’idées dont le but est de convaincre l’interlocuteur, sans qu’il n’y ait de concret derrière pour l’appuyer. Par exemple, je n’ai pas compté le nombre de fois qu’elle dit que nous sommes tous « Le Grand Je Suis » et que nous pouvons juste, comme ça, changer les choses comme nous voulons, rien qu’en… en faisant quoi au fait ? En y croyant ? En espérant ? En appuyant sur un bouton ? Elle ne le dit pas, ne l’explique pas, même si elle prétend de nombreuses fois qu’elle va le faire.

 

En d’autres termes, il ne s’agit que de discours. Où sont les faits ? Dans des apparitions d’ovni non expliquées ? Dans la promesse que de grands secrets nous serons révélés dans les six prochains mois ou d’ici 2012 ? Qu’à cela ne tienne, attendons alors, mais c’est pourtant le contraire de ce qu’elle affirme, puisqu’elle dit que c’est à portée de nos mains, et que nous n’avons même pas besoin d’attendre. Je suppose que l’on repassera, pour l’explication. Et s’il ne se passe rien ni en 2010, ni d’ici 2012, à part d’autres observations d’ovni, comme il y en toujours eu depuis des décennies ? Et bien nous saurons qu’elle se trompait, et peut-être arrêterons-nous de croire à ces salades ? Mais j’en doute… il y a toujours un nouveau grand détenteur ou gardien de la sagesse autoproclamé pour nous prédire la prochaine venue de(s) Dieu(x) sur Terre, ou l’apocalypse. Ça a toujours été ainsi, et n’est pas près de changer… de l’an mil en passant par la chute d’un météorite géant sur la planète à l’occasion de l’éclipse de 2001… on attend toujours.

 

Par ailleurs, la notion de « jouer un rôle » dans notre vie est une idée qui revient constamment dans l’idéologie new-age. Ce sont les premiers à le dénoncer… et les premiers à le faire également. Adopter le rôle d’une grande sage, n’est-ce pas tout simplement d’un orgueil écœurant ? Je n’ai même pas envie d’en dire plus, tellement ça me dépasse. En quoi cette grande sage est-elle différente d’un manager ou d’un coach ? Elle apprend juste aux gens à se débrouiller avec leur mental et leurs émotions qui les torturent. C’est le même rôle, ni plus ni moins, et le vernis pseudo-spirituel avec lequel c’est présenté ne rend pas la chose plus profonde.

 

Mais passons cela.

 

Il y a un certain nombre de points récurrents, dans le discours et l’idéologie new-age, et je les développerai dans mes prochains articles, histoire de rester digeste.

 

Au nombre de ces points, l’on peut compter le côté bisounours prononcé de cette idéologie, qui découle directement de son positivisme forcené et irréaliste. Il y a également l’idéalisation et la perversion des cultes premiers. Enfin il y a la croyance totalement invraisemblable que nous pouvons « changer le monde » avec nos pensées… Pour conclure la série, je reprendrai ce qui me semblent être les écueils du new-age, et vous expliquer comment, personnellement, je verrais une véritable alternative aux modes de vie actuels, à partir de ma propre pratique et de ma propre expérience.

 

A bientôt pour la suite, en espérant quand même ne pas vous avoir déjà découragés. Je pense qu’il est important d’entendre autre chose que le discours new-age de temps en temps, et de savoir regarder en face ce qui cloche, dans cette idéologie qui ne nous fera aucunement sortir des travers de notre temps, bien au contraire.

Posté par Seilenos à 17:16 - Société - Commentaires [1] - Rétroliens [0]