L'Oeil du Selen

23 février 2018

Revue etc. N°35 - Propagandes ordinaires et extraordinaires, infos et réflexions diverses

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°35

 

J'ai du faire une sélection plus drastique que d'habitude sur les liens que je propose dans ce numéro, tant il y a une accélération du Grand Délire général, autour de la géopolitique, de l'écologie ou encore du politiquement correct. Je vais essayer de faire aussi succinct que possible avec ce que j'ai sélectionné.

 

Propagande ordinaire

 

On n'en a pas encore fini avec le « Russia Gate » et on commence à s'apercevoir que la vraie affaire est en fait le « Clinton Gate » que le premier a surtout servi à éclipser. De très nombreux articles apportent un éclairage sur cette affaire qui est sans doute l'une des plus grandes manipulations de l'époque moderne, aussi il m'est difficile de commenter. Je risque donc de livrer les liens un peu en vrac. Je précise que ma position sur cette affaire est que, comme tout l'indique, l'ingérence des russes dans les élections américaines est une fiction inventée par les services secrets et colportée par le camp Clinton, et sert de poste avancé pour de la propagande de guerre antirusse, ni plus ni moins. C'est une affaire extrêmement grave ainsi que profondément loufoque quand on se penche sur les tenants et les aboutissants et sur la manière dont tout cela s'est passé.

 

Voici donc les liens qui concernent de près ou de loin cette affaire au cours des dernières semaines. Comme d'habitude, les textes de dedefensa.org apportent la lumière la plus originale et la plus intéressante, d'après moi.

 

https://francais.rt.com/international/47805-enquete-russe-donald-trump-contre-attaque-panique-washington

 

https://francais.rt.com/international/47812-etats-unis-prets-riposter-avec-arme-nucleaire-meme-cas-attaque-conventionelle

 

https://fr.sott.net/article/31801-Les-enjeux-du-Russiagate-sont-extremes

 

https://www.mondialisation.ca/les-enjeux-du-russiagate-sont-extremes/5622785

 

http://www.dedefensa.org/article/notre-supremacisme-entropique

 

http://www.dedefensa.org/article/a-propos-de-pcg-et-de-poutine

 

http://www.dedefensa.org/article/le-sourire-de-woolsey

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/le-mensonge-competitif.html

 

 

A la lecture de ces textes, on imagine facilement comment tout cela peut tout aussi bien mener à une escalade militaire contre la Russie qu'à l'inverse à une fracture au sein même de l'état américain et de son « deep state », aussi il est impossible d'en prédire quoique ce soit, sinon qu'il n'en surgira qu'une sinistre bêtise.

 

Cet autre texte est éclairant sur la manière dont fonctionne ce type de propagande, et pourquoi elle est réellement utilisée :

 

https://fr.sott.net/article/31842-D-apres-un-historien-une-alerte-rouge-est-utilisee-par-les-elites-tous-les-20-a-30-ans

 

Mais la propagande, c'est bien sûr, toujours et encore la censure, franche ou plus pernicieuse et indirecte, comme ce qui se passe sur Facebook, qui ne sait pas comment ménager la chèvre et le chou – les médias et le public – et demande alors au chou (le public) d'effectuer sa propre censure. Une censure « démocratique », donc :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/facebook-prevoit-de-produire-une-preuve.html

 

Enfin il faut rappeler quelle est la véritable politique « diplomatique » occidentale qui se cache derrière cette offensive rhétorique antirusse, ainsi que derrière les replis de la censure hypocrite qui sévit dans nos contrées dites libres. A savoir, une politique belliciste et d'ingérence perpétuelle :

 

https://www.les-crises.fr/syrieleaks-un-cable-diplomatique-devoile-la-strategie-occidentale-par-richard-labeviere/

 

 

Puis, pour terminer sur la propagande ordinaire, j'ai noté qu'on s'était récemment rengorgé à propos d'une « baisse du chômage » qui serait le fruit de la politique de Hollande et, sans doute, de Macron aussi. Il est alors bon de rappeler, encore une fois, le travail effectué mois après mois sur agoravox par « patdu49 », qui nous révèle encore une fois les vrais chiffres du chômage, édition de décembre :

 

https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/vrais-chiffres-chomage-decembre-200972

 

Une baisse tout à fait fallacieuse et artificielle, donc, comme pratiquement à chaque fois qu'on en annonce une, puisqu'il s'agit en fait d'une nouvelle hausse.

 

 

Quelques infos diverses

 

Quelques infos diverses qui peignent un tableau du monde un peu plus réel que ce qu'essaye de présenter la propagande des médias de masse.

 

Sur l'Arabie saoudite :

 

https://www.les-crises.fr/larabie-saoudite-tente-de-contenir-la-propagation-du-salafisme-ca-ne-marchera-pas/

 

Sur la situation aux USA, et plus particulièrement celle de la population :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/01/oui-mais-quel-prix.html

 

Pays qui laissera Guantanamo ouvert sur un nouveau prétexte, malgré les promesses de l'ancien président, et on continue de se concentrer à taper sur le nouveau, qui n'est pas à l'origine directe de ce décret, preuve qu'il y a une volonté politique clairement orientée dans ce pays et qui ne provient pas de la présidence :

 

https://francais.rt.com/international/47722-camp-guantanamo-restera-ouvert-pourrait

 

Amazon a de moins en moins à envier à Guantanamo, d'ailleurs :

 

https://fr.sott.net/article/31841-Mentalite-concentrationnaire-Amazon-depose-le-brevet-d-un-bracelet-qui-surveille-ses-employes-au-travail

 

 

Trump qui envisage quant à lui d'armer les enseignants pour protéger leurs élèves. Et pourquoi pas les élèves, tant qu'on y est ? Allons jusqu'au bout de la logique, tant il est vrai que les USA, paradis des armes à feu, sont simultanément aussi le paradis des fusillades, allez savoir s'il pourrait y avoir un quelconque lien de cause à effet...

 

https://francais.rt.com/international/48243-trump-envisage-darmer-enseignants-apres-tuerie-floride

 

 

Le pseudo-miracle des cryptomonnaies, prétendument inattaquables, désormais en baisse et victimes d'un nouveau super braquage en ligne :

 

https://francais.rt.com/economie/47614-plateforme-dechange-cryptomonnaies-japonaise-victime-vol-533-millions-dollars

 

Par ailleurs, côté scientifique, on découvre que l'adolescence n'en finit plus, alors n'hésitons pas à changer l'âge du permis de conduire, de la majorité sexuelle et même de la majorité tout court. Pour ce qui est du port des armes à feu, on pourrait envisager en revanche de diminuer l'âge du port d'armes aux USA, tant il est entendu dans la mentalité puritaine contemporaine que les armes sont bien moins à craindre que le sexe, qui lui ne tue pas, mais peut traumatiser « à vie ».

 

https://fr.sott.net/article/31835-L-adolescence-dure-beaucoup-plus-longtemps-que-par-le-passe#comment12391

 

Les scientifiques trouveront de toute façon une parade puisqu'ils peuvent tout, et bientôt modifier les souvenirs humains :

 

https://fr.sott.net/article/31795-Les-scientifiques-pourraient-bientot-etre-capables-de-manipuler-les-souvenirs-dans-le-cerveau-humain

 

Pour terminer sur cette rubrique sur le monde moderne et ses lendemains qui chantent grâce à l'écologie et aux voitures électriques, voyons ce qu'il se passe lorsqu'une de ces voitures a un problème :

 

https://fr.sott.net/article/31890-35-pompiers-5-heures-d-intervention-Ce-qu-il-se-passe-quand-une-Tesla-prend-feu

 

Sans commentaire, en terme d'impact écologique...

 

 

Comment les médias « alternatifs » deviennent des relais de la propagande

 

Cela aurait pu être un article à part entière, mais j'en ai assez d'écrire toujours les mêmes choses sur les hystéries antirusse, ultra-féministe ou pseudo-écologiste. Et aussi, j'ai déjà abondamment critiqué certains des sites dont je me sers moi-même de référence pour mes propres articles. Aussi j'ai décidé de passer rapidement sur ce que j'ai constaté sur le blog les-crises.fr dernièrement, à propos d'une énième série d'articles sur le climat, totalement acquise au credo à la mode.

 

Je ne cache pas mon scepticisme sur ce sujet, bien que je sache parfaitement que cela fasse de moi un hérétique à brûler. Je considère que la vérité n'est jamais aussi simple que les dogmes qu'on nous assène, et qu'il ne faut jamais céder au terrorisme intellectuel.

 

De nombreuses personnes semblent penser comme moi, si on en juge par l'abondance de commentaires sceptiques sur le blog cité, et si j'ai tenu à y consacrer une rubrique, c'est parce que j'ai constaté un abus absolument scandaleux dans les commentaires, où l'un des commentaires sceptiques les plus convaincants a tout simplement été... réécrit par la modération, avec remplacement du lien proposé par le commentateur par un lien soutenant un point de vue contraire à celui du commentateur. Une manipulation de très bas étage que même certains médias dominants hésiteraient à accomplir tant c'est gros, vulgaire et choquant.

 

Aussi, je remets ici le lien vers le graphique proposé par ce commentateur, dont je n'ai pas gardé de screenshot du message, hélas, mais qui essayait en gros simplement de relativiser la portée du réchauffement actuel en le replaçant dans une échelle de temps qui montre qu'il n'a rien d'exceptionnel. Les températures des 10 000 dernières années :

 

http://jonova.s3.amazonaws.com/graphs/lappi/gisp-last-10000-new.png

 

Preuve que je ne suis pas du tout fermé à la discussion ni assis sur des certitudes (je ne suis que sceptique), un lien vers une vidéo qui accrédite la thèse du réchauffement anthropique avec des données rarement mises en avant :

 

Vidéo youtube : La part de l'homme dans le changement climatique MaP#13

 

 

La vidéo est largement critiquable cependant, s'asseyant un peu trop facilement sur les conclusions qu'elle propose, sans tenir compte de bien des données contradictoires avec, notamment, la modélisation et même l'existence de l'effet de serre, point déjà soulevé plusieurs fois sur mon blog. Il convient donc de rester prudent avec ce qui est avancé dans cette vidéo.

 

Rappelons notamment que le réchauffement actuel, s'il est avéré, peut s'expliquer au moins en partie par un réchauffement lent qui provient à la fois de la remontée des températures depuis la dernière glaciation terminée il y a 12 000 ans et, de manière plus probante, depuis la fin du minimum de Maunder, qui se termine au début du 18e siècle, et qui a laissé place depuis à une remontée générale des températures, bien connue des spécialistes, et pourtant toujours passé sous silence. Il est également mentionné dans le graphique plus haut sous le nom de « petit âge glaciaire ».

 

Voilà pour remettre un peu les pendules à l'heure et redresser les mensonges dogmatiques que le blog d'Olivier Berruyer répand, probablement dans le seul but de dorer l'image de cet homme, perpétuellement assis le cul entre deux chaises, entre système et anti-système, et donnant alternativement des gages à l'un et à l'autre. Notons que la quasi totalité des graphiques sur le climat que l'on trouve sur google image proviennent de ce blog qui, on l'a vu, pratique une (dés-)information orientée sur ce sujet, en imposant sa vision qui prétend à un consensus scientifique qui n'existe pas (j'ai également montré que le chiffre de 97% de scientifiques convaincus était un mythe, mais lorsque je l'ai dit sur ce blog, j'ai bien entendu été censuré) et en effaçant les commentaires critiques qui ne lui conviennent pas, surtout lorsqu'ils présentent des arguments convaincants (les autres sont laissés pour ridiculiser leurs auteurs). J'ai tout de même réussi à faire dire dans un article à Olivier Berruyer qu'il fallait du doute dans la science, pour qu'elle fonctionne, bien qu'il prétendait par ailleurs que la science avait pour but d'établir un consensus, ce qui est plutôt l'objectif de la politique... Lorsqu'on parle de consensus scientifique, on parle donc d'une science dévoyée dans laquelle la politique a fait irruption, et l'on sait bien que c'est le cas avec le GIEC, organisme créé par les politiques, pour servir des objectifs politiques. La science n'est, dans tout cela, qu'une caution.

 

En matière d'écologie véritable (l'écologie est une science, mais ce à quoi on assiste généralement est de l'écologisme, c'est à dire une idéologie politique se servant de la science comme outil pour parvenir à ses fins, souvent autoritaires) on pourrait avantageusement s'intéresser au cas de cette écrevisse qui pose un problème bien concret et en même temps assez fascinant :

 

https://fr.sott.net/article/31830-L-ecrevisse-marbree-une-nouvelle-espece-terriblement-invasive-se-reproduit-sans-male

 

Mais n'allons pas l'accuser de détruire l'environnement. On sait que seul l'homme est vraiment le méchant, en matière d'environnement... Ou l'art de se détester en tant qu'espèce pourtant créée par la nature également... Nous ne sommes pas vraiment fondamentalement différents de cette espèce de crustacés, encore faudrait-il l'admettre, mis à part notre capacité de conscience et de « raison », quoique l'on pourrait en débattre...

 

Quelques liens supplémentaires pour explorer ce sujet, dont mon article sur le faux chiffre de 97% de consensus et l'article des crises.fr que j'incrimine pour censure et manipulation des commentaires :

 

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/07/08/34060937.html

 

https://www.les-crises.fr/quand-cousteau-se-plaignait-on-commence-a-me-casser-les-oreilles-avec-cette-histoire-de-co2/#comment-495203

 

https://fr.sott.net/article/31766-C-est-le-noyau-chaud-de-la-Terre-et-non-le-rechauffement-climatique-qui-est-responsable-de-la-fonte-de-la-calotte-glaciaire-du-Groenland

 

 

Quelques réflexions de fond

 

Pour finir ce numéro, je voudrais proposer quelques réflexions de fond qui ont le mérite de nous sortir un peu de l'excitation dans laquelle on maintient les masses sur de plus en plus de sujets, sans pour autant que cela nous rapproche de la moindre solution.

 

Sur la question de la possibilité de l'effondrement du système, cette conférence de Régis Chamagne :

 

Vidéo youtube : Le système peut-il s'effondrer ? Conférence de Régis Chamagne - 02/2018

 

 

Un article extrêmement intéressant de Dmitry Orlov sur les juifs, les russes, lui qui est issu d'une famille de juifs russes. Je conseille à ceux qui ne sont pas familiers de ce sujet :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/les-juifs-russes-en-amerique-et-les.html

 

 

Autre article très intéressant sur la manière dont les services secrets s'imbriquent à la fois avec la société civile et l'armée, pour engendrer l'organisation du monde tel qu'on le connaît. Un impact souvent négligé ou distordu par les plus paranoïaques, mais qui est néanmoins plus sérieux que l'on a tendance à croire, si l'on suit la logique de ce texte qui me semble très pertinent :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/les-services-de-renseignements.html

 

 

Un texte assez caustique de James Howard Kunstler sur les lubies actuelles concernant l'espace et le sauvetage de l'humanité par l'abandon d'une planète pour aller en abîmer une autre (puisque la moindre des choses avant d'aller en coloniser une autre serait d'abord d'apprendre de nos erreurs, plutôt que cette idiote fuite en avant) :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/encore-une-annee-de-pensee-magique.html

 

 

 

Enfin, deux excellents textes de Nicolas Bonnal sur la dystopie actuelle et la manière dont Huxley la voyait venir à grands pas. Je recommande plus particulièrement le texte sur Huxley, et si vous ne deviez lire qu'un des liens proposés dans ce numéro, ce serait pour moi ce dernier.

 

http://www.dedefensa.org/article/comment-internet-et-linformatique-ont-cree-notre-dystopie

 

http://www.dedefensa.org/article/neo-totalitarisme-huxley-fait-le-point-en-1957

 

Je laisse la conclusion de ce numéro à votre sagacité. J'annonce simplement que, et bien qu'à regret car c'est un sujet qui me déplaît énormément, j'écrirai très bientôt encore un article (le dernier j'espère, car ce sujet hystérique devient usant et de plus en plus débile) sur l'agitation autour du genre et du féminisme, qui nous réserve depuis quelques temps des rebondissements consternants plutôt éclairants sur la bêtise abyssale et insondable qu'on peut rencontrer actuellement dans ce microcosme qui tourne en boucle.

 

Bonne lecture à tous et à bientôt.

 

 

Posté par Seilenos à 23:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


05 février 2018

La démarche de curiosité - 6 (Ufologie, divers et commentaire approfondi sur la Grande Manipulation)

Toujours dans l'esprit de cultiver et conjuguer à la fois curiosité, ouverture d'esprit et esprit critique, cette fois-ci je vais me concentrer sur le thème de l'ufologie dans une première partie, avec notamment beaucoup de vidéos, pour ensuite aborder des sujets un peu plus divers dans uns seconde partie. Enfin je commenterai plus profondément un texte, dans une dernière partie. Je rappelle que l'esprit de cette série d'article est avant tout de partager des liens et vidéos que je juge intéressants, trouvés sur le net, partagés sur différents sites et forums que je fréquente, pour présenter au lecteur du blog des liens qui participent à ma réflexion, étant entendu qu'il est plus aisé de partager des liens que des livres ou autres choses plus difficiles à trouver sur internet.

 

Je commence par ce blog, lié à l'un des forums que je fréquente, qui offre depuis déjà quelques années largement de quoi explorer le sujet. Le forum et le blog en question sont orientés sur l'hypothèse extraterrestre, qui est également l'hypothèse dominante en ufologie, même si ce n'est pas celle que je privilégie, il est bon d'avoir cela en tête en le parcourant.

 

http://ovni-extraterrestre.com/

 

Autre site assez général en ufologie, ce wiki sur les « ummites » (ou « oummains ») et tant que j'y suis, le site d'ummo-science qui tous deux répertorient des informations sur les lettres ummites et les ummites eux-mêmes.

 

https://www.ummowiki.fr/index.php/Accueil

 

http://www.ummo-sciences.org/

 

Je n'ai jamais parlé de ce sujet sur le blog, il me semble, alors l faut peut-être que je dise que les ummites sont un supposé canular ufologique de grande ampleur, s'étalant des années 60 à nos jours. C'est justement ce qui est troublant dans ce dossier : la quantité de données et leur qualité bien particulière sont telles qu'on a quand même du mal à se contenter de l'hypothèse du canular pour expliquer un dossier qui dure depuis plus de 50 ans... C'est pourquoi je partage ces liens, malgré mon scepticisme, car les lettres ummites ont inspiré des scientifiques dans leurs recherches depuis tout ce temps, et ont donné des découvertes assez probantes... sans doute trop pour que le canular soit la seule et unique explication dans ce dossier. On navigue donc en pleine incertitude, puisque même ceux qui suivent le sujet assidûment (il existe des mailing lists, des comptes twitter spécialisés sur la question) n'arrivent pas à trancher.

 

Nuréa-TV en avait parlé il y a peu dans cette conférence d'un des spécialistes du sujet :

 

Vidéo youtube : « UMMO : L' Avertissement - La Genèse » (N°1) avec Stone Gardenteapot - NURÉA TV

 

Vidéo youtube : « UMMO : L' Avertissement - La Métaphysique » (N°2) avec Stone Gardenteapot - NURÉA TV

 

 

A signaler également cette autre vidéo toute récente sur la même chaîne :

 

Vidéo youtube : 23/01/18 « OVNIs et Nucléaire » avec Daniel Harran et Fabrice Bonvin - NURÉA TV

 

Et puisque je suis dans les vidéos, je voudrais signaler aussi cette ancienne interview de Pierre Guérin en 8 parties, qui montre notamment qu'il était finalement plus facile de parler ufologie à la télé il y a 40 ans qu'aujourd'hui, comme quoi tout n'avance pas toujours dans le bon sens (on le sait avec mes séries sur la censure et le totalitarisme rampant qui fait en reculer reculer la société et l'intelligence collective, pour ne pas dire plus).

 

Vidéo youtube : Débat avec Pierre Guérin dans « Actuel 2 » (1974) - (1/8)

 

Les 7 autres parties peuvent simplement être trouvées à la suite. Enfin une dernière vidéo à la télé, plus récente, qui fait parler un témoin d'une expérience ufologique bien particulière, et qui ne se fait pas trop maltraiter, même si c'est dans une émission de divertissement, c'est à signaler :

 

Vidéo youtube : Bernard Bidault et les hommes en noir

 

 

Enfin, pour faire la transition avec ma seconde partie, ce lien en anglais (je n'en ai trouvé aucune en français sur ce cas) qui énonce une autre expérience ufologique, vécue par un scientifique ayant obtenu le prix Nobel de chimie en 1993, le docteur Kary Mullis :

 

http://thenightsky.org/mullis.html

 

 

Ce qui m'amène à cet article, celui-ci traduit, parlant de cas de rencontres très étranges en effet :

 

https://fr.sott.net/article/31548-Des-rencontres-tres-etranges-avec-de-mysterieux-et-vraiment-surrealistes-humanoides

 

 

Ici je m'arrête quelques lignes, juste pour dire qu'on pourra moquer autant qu'on veut ce type de récit, on ne peut pas les écarter simplement d'un revers de la main avec son diplôme de zététicien en main. Il y a bien trop de cas étranges et inexpliqués pour se contenter de les ignorer, et le fait que des scientifiques reconnus, dont on ne peut douter de la probité intellectuelle, puissent relater des histoires similaires, plaide en faveur de leur réalité. De là, à chacun de savoir s'il veut considérer les choses et la vie avec honnêteté ou se couper de tout un pan du réel... Personnellement je ne sais pas vivre en étant intellectuellement borgne.

 

Rudolf Steiner parlait d'ailleurs il y a déjà longtemps de créature vivant dans l'ombre ou plutôt dans l'invisible, ayant un impact direct sur nos vies :

 

https://fr.sott.net/article/31799-Le-philosophe-Rudolf-Steiner-parlait-d-etres-surnaturels-qui-se-nourrissent-d-emotions-negatives

 

Une hypothèse qui éclaire d'une singulière lumière les propos d'un Philippe Grasset sur l'état du monde actuel :

 

http://www.dedefensa.org/article/le-diable-est-un-joueur-invetere

 

Et si ce qu'il nomme le Diable – comme je l'avais déjà argumenté dans un article précédent, et comme j'ai pu explorer le sujet dans le dernier roman que j'ai écrit (non publié) – était bien plus qu'une évocation symbolique ou abstraite d'un effet supra-humain et si cela était alors le nom donné à des créatures qui, en effet, résident dans des plans invisibles à nos sens primaires, pouvait avoir un impact sur nos humeurs, nos vies, voire... notre histoire ? Pour moi, la question est loin d'être absurde... Mais je ne suis qu'un auteur de fantastique et de SF, alors...

 

 

Sinon, je crois que j'avais déjà abordé ce sujet précis précédemment, mais il est intéressant de lire cet autre texte à propos de l'expérience vécue par Stéphane Allix qui indique qu'il y a bien, dans notre vécu, des choses assez inattendues qui se produisent et qui, pourtant, semblent chargées de sens, de signification et d'un impact profond sur nos vies (comme peuvent l'être aussi les expériences de NDE, par exemple) :

 

https://www.inrees.com/articles/stephane-allix-lorsque-autre-entretien-chamanisme-memoire-vie-anterieure/

 

 

Puis avant de finir ce nouveau partage de liens et de réflexions, je voudrais citer encore deux liens avant de prendre un peu de temps pour commenter un article que j'ai lu il y a quelques mois et qui m'est revenu à l'esprit. On verra qu'il éclaire encore d'une autre lumière mon propos des deux paragraphes au-dessus.

 

Ces deux liens, donc, tout d'abord une vidéo d'un documentaire passé sur Arte. Si nous ne cultivons pas notre intelligence, donc forcément notre curiosité (cela va ensemble, sinon on s'enferme dans des idées superficielles, étroites ou préconçues, voire les trois à la fois) nous pourrions aggraver un processus déjà en cours, plus particulièrement en occident : nous devenons de plus en plus cons. Le documentaire se concentre bien sûr sur les causes chimiques et physiques, environnementales en somme, mais personnellement, et étant donné que le même phénomène ne semble pas aussi important en Asie, j'ai tendance à penser assez fortement qu'il y a aussi des causes sociétales, civilisationnelles, psychiques, etc. En effet, notre environnement n'est pas que physique, il est aussi psychique. Il faut le dire, et mes derniers articles le pointent d'ailleurs bien : nous baignons, particulièrement en occident dans un dense bain de connerie, d'attitude réactionnaire de pensée-réflexe, de lavage de cerveau par les médias, télés, journaux, etc., et les gens ont beau critiquer cela, il n'y a qu'à voir comment ils s'agitent en masse dès qu'on mentionne une opinion critique sur certains sujets, pour comprendre que les effets de l'abêtissement général ne sont pas qu'une allégorie littéraire, mais bien quelque chose de très concret et finalement... mesurable aussi bien que le taux de pollution chimique dans le corps : il s'agit d'une pollution mentale qui affecte littéralement les capacités des gens à réfléchir, voire plus. Néanmoins, toutes les causes avancées dans le documentaire sont certainement vraies et inquiétantes, et il faudrait encore y ajouter l'invasion des smartphones, gadget débilitant de poche (j'ai le droit d'en parler, j'en possède un et je le laisse autant que possible dans son coin) capable de nous crétiniser un peu plus à chaque instant, notamment en nous coupant du moment présent, des gens qui nous entourent, du monde physique réel (comme je l'observe souvent autour de moi) etc. Et dans tout ça, leurs ondes nocives sont sans doute encore le moindre mal.

 

Vidéo youtube : DEMAIN, TOUS CRÉTINS ? | Documentaire 2017

 

 

Et aussi ce lien, sur un fait qui démontre tout l'intérêt, encore une fois, de ne pas 'enfermer dans des certitudes et des théories toutes faites, puisque le monde s'ingénie constamment à nous indiquer que, décidément, nous ne le connaissons pas, quoique nous croyons à ce sujet :

 

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/quasars-quasar-croissance-ultrarapide-defie-cosmologistes-67319/#xtor=EPR-57-[ALERTE]-20171208

 

Il est toujours bon de regarder la vérité en face : « les scientifiques », cette caste censée détenir la vérité aujourd'hui, au point de faire de la science une quasi-religion de masse, restent interdits face à certains phénomènes qu'ils étaient supposés connaître et avoir circonscrits de leurs théories.Si seulement nous pouvions tous en prendre une leçon d'humilité, au lieu de rabâcher les nouveaux dogmes imposés (le big bang, le réchauffement, etc.).

 

 

-------

 

 

Mais bref, j'en viens à l'article, à mon avis fondamental, que je voulais commenter, et qui éclaire d'après moi d'une lumière intéressante différents points abordés au-dessus aussi bien sur les OVNI, les entités, l'état de la société, la croyance, etc. Il s'agit de celui-ci :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2016/06/la-grande-manipulation-societe-moderne.html

 

Tout d'abord, Ion Culianu est élève de Mircea Eliade qui, comme le dit l'auteur, est un auteur très important dans le domaine de la connaissance des sujets ésotériques et occultes, en tant qu'historien des religions et sans doute même principal spécialiste dans ce domaine, en particulier lorsqu'il s'agit des cultes primaux tels que le chamanisme. Incontournable sur le sujet des rites initiatiques, notamment.

 

Le fait que l'exécuteur testamentaire d'Eliade ait été descendu d'une balle dans la tête est en soi intéressant et intriguant, d'autant plus lorsque c'est après une élocution sur un campus américain...

 

Etant quant à moi à la fois spiritualiste et sceptique, pratiquant du chamanisme et du doute méthodique tout à la fois, je tiens à souligner cette phrase :

 

« Il a mené avec ses élèves diverses sessions magiques, leur a prescrit de rejeter l’incrédulité au sujet des phénomènes étudiés de la magie et de la religion. »

 

L'incrédulité est une chose en effet à distinguer radicalement du doute ou du scepticisme, bien qu'une majorité de « sceptiques » dans le domaine de l'étude zététique des phénomènes paranormaux ou occultes versent presque automatiquement et systématiquement dans l'incrédulité, ce qui démontre leurs a priori sous-jacents incompatibles avec la pratique éclairée du doute méthodique.

 

Par ailleurs, sur la question de l'assassinat de Culianu, que je suis bien sûr incapable de trancher, et certaines allégations de l'article concernant Eliade, et aussi dans le but de mieux connaître l’œuvre et l'univers mental d'Eliade, je recommande l'adaptation cinématographique d'un de ses livres, par Francis Ford Coppola et pourtant trop peu connue, L'homme sans âge.

 

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=108952.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_sans_%C3%A2ge

 

 

Il faut d'ailleurs aussi noter que, comme le personnage principal de cette histoire, Eliade était lui aussi vraisemblablement suivi de près :

 

« Culianu aurait pu être tué pour la politique, mais une politique d’un genre très différent. Pour comprendre à qui nous pourrions nous intéresser en ce qui concerne la mort de Culianu, nous devons nous rappeler un autre événement, cette fois associé à son professeur. C’était un moment où Mircea Eliade, lors de l’écriture des multiples volumes de son Histoire des idées religieuses, a atteint la période décrivant l’apparition de la modernité et le développement religieux de la civilisation occidentale du XVIe siècle à nos jours. À son domicile de Chicago en 1984, un incendie a détruit une grande partie des sources et documents rares de cette période. Ne s’étant jamais remis de cette perte, Eliade est mort deux ans plus tard, sans avoir terminé le dernier travail de sa vie. Cinq ans plus tard, c’est la vie de l’étudiant engagé précisément dans ces problématiques, dont la vie a été écourtée. 

 

Culianu a consacré sa vie à l’histoire religieuse secrète de l’Occident. Il ne fait aucun doute qu’il savait beaucoup de choses, et peut-être a-t-il semblé qu’il en savait trop. (...)»

 

Alors qu'est-ce qui se cache derrière tout ça ? Difficile à dire, mais l'article fournit sa propre piste en explorant la relation la magie et la puissance. La puissance c'est à dire... le pouvoir dans tous les sens de ce terme, et plus particulièrement ici, comment obtenir et conserver le pouvoir par la « magie ». La Grande Manipulation.

 

De par ma propre expérience ainsi que par des échanges avec d'autres pratiquants chamaniques, je ne peux qu'abonder dans le sens de l'idée qui suggère que la magie, et l'érotisme dans la magie, ont plus à voir qu'on ne le croirait avec la société moderne, plus particulièrement en occident. La notion même de pouvoir offre déjà en soi une problématique complexe, au niveau individuel déjà, et collectif ensuite. Observer comment des personnes cherchent à obtenir du pouvoir, ou au contraire à se priver d'un pouvoir qu'elles pourraient obtenir, ou possèdent déjà, est déjà très instructif sur la nature et la dynamique de la société humaine, mais laissons là ce développement qui risquerait d'être bien trop long.

 

« Pour Marsile Ficin autant que pour Bruno, toute la magie est basée sur l’Éros, y compris ce qu’on peut appeler la magie du social ou du politique. En outre, entre la magie et l’attraction érotique, il y a une similitude instrumentale; le magicien, comme un amant, note l’auteur, construit un réseau ou un piège autour d’un objet de son intérêt. L’art de l’amour ou de la séduction est structurellement similaire à la tâche du magicien. »

 

On ne saurait mieux dire. Maintenant, observons la relation de séduction que les politiciens entretiennent avec l'électorat, le fait que beaucoup sont des comédiens, des personnalités télévisuelles ou simplement des personnages télégéniques et photogéniques, et remarquons que la publicité est en soi-même une œuvre de séduction, un piège psychique dressé autour d'un public, et nous obtenons une étrange similitude entre cette description de la magie et la façon dont est organisée notre société : entièrement axée autour de la publicité, et de personnalités artistiques et politiques séductrices.

 

« Bruno met en avant un modèle qui se compose d’individus ou de masses manipulées, et le magicien ou le Grand Manipulateur utilise activement des filets et des pièges, et d’autres outils de liaison. La condition la plus importante, pour l’existence d’un tel système, est la connaissance des désirs humains. Bruno note que le fonctionnement d’un tel plan exige de la subtilité, que la tâche du manipulateur n’est pas directement de l’abrutissement ou de la propagande, mais de créer l’illusion de la satisfaction des besoins et des désirs humains. À cause de cela, il a besoin de connaître et d’anticiper les besoins, les désirs et les attentes de la société. »

 

Que font d'autre la publicité et les partis politiques ? Ils sondent le public, observent leurs réactions et s'ajustent d'année en année, de discours en discours, de média en média, pour perfectionner leur magie, la rendre de plus en plus efficace. Souvenez-vous des publicités des années 40 à 60 que l'on revoit encore maintenant dans diverses rétrospectives, avec leurs slogans grossiers, leurs ficelles évidentes. Comparez-les avec celles d'aujourd'hui, pleines de symboles, de mots tissés, d'images lissées... Comparez le franc-parler, le langage direct d'un De Gaulle (ou d'un Marchais, ou d'un Le Pen) avec les circonvolutions habiles et trompeuses d'un Macron.

 

Mais ceci n'est peut-être que la part émergée et perceptible de l'iceberg. Peut-être y a t-il bien plus, en dessous, car nos rues, nos logements, nos films, nos émissions de télé, nos vitrines, etc., sont pleins d'allusions subtiles qui emmènent certains dans des exégèses grossières et paranoïaques au demeurant sur les illuminati ou les franc-maçons, mais dont l'intuition générale n'est peut-être pas si fausse. Il suffit déjà de constater ceci :

 

« Peter Culianu dit que le système de magie érotique de Bruno vise à permettre à l’outil de contrôler les individus isolés et les masses. «Son présupposé fondamental est qu’un grand outil de manipulation existe – Éros dans le sens le plus général du terme: ce que nous aimons.» »

 

Puisque nous serions – et c'est pour moi acquis – manipulés par ce que nous aimons, inutile de recourir à une symbolique complexe ou à imaginer que tous les artistes sont d'une secte commune (ce serait beaucoup trop compliqué à organisé et à maintenir, alors qu'il suffit que tout le monde soit conditionné par les mêmes symboles, les mêmes croyances et valeurs communes pour qu'elles s'auto-véhiculent). Un exemple de ce genre de confusion est présenté ici :

 

https://francais.rt.com/international/47796-rihanna-fait-partie-illuminati-religieux-opposent-venue-chanteuse-senegal

 

Je reprends mon commentaire :

 

« La manipulation la plus réussie, dit Bruno, est faisable s’il est possible d’allumer un amour de soi manipulé, la philautie, l’égoïsme. Dans l’étude, nous avons trouvé sa description de l’amour comme «la relation la plus exaltée, la plus commune et la plus importante». Dans les formules magiques utilisées dans le livre de Bruno, l’amour est appelé «le grand démon» »

 

Si l'auto-amour, l'égoïsme, le narcissisme maladif est en effet atteint par l'effet d'une manipulation, nous avons là une assez bonne image du résultat de notre société moderne avec la séduction perpétuelle, mise en scène par les politiques, les acteurs et actrices au physique particulièrement séduisant pour le regard, dans les films, à la télé, dans les publicités, etc., ce qui au passage peut expliquer une certaine haine qui resurgit actuellement par effet miroir, de cette caste qui paraît privilégiée parce que bien payée, alors qu'elle est victime première de ce mécanisme, dns bien des cas. Mais je reparlerai de cela plus avant dans un autre article.

 

En attendant, je remarque que Giordano Bruno, lui aussi, résume cette chose complexe par l'expression « grand démon », comme un Philippe Grasset, plus haut, utilise le terme de « Diable » pour exprimer quelque chose qui semble dépasser l'humain dans le monde moderne, par ses effets dans ce monde. Ainsi, comme avec « Dieu », on résume en un terme ce qui échappe en partie au raisonnement, à la raison, même. Car les effets de ces causes semblent, dans leur ampleur à l'échelle de la masse, disproportionnée par rapport à leurs effets apparents à l'échelle individuelle. Or l'on sait que certaines pratiques occultes ont mis en évidence des effets décuplés dés lors qu'ils touchent plus d'un individu, comme par exemple les égrégores, mais on peut extrapoler cette logique à différents mécanismes collectifs tirant leur origine et leur puissance dans l'inconscient. Il est impossible de trancher et de dire qu'ils résultent d'une influence supra-humaine voire extra-humaine, mais on peut au moins s'aventurer à l'envisager.

 

Il faut aussi dire, pour terminer le commentaire de ce passage, à quel point l'amour est un sentiment hautement manipulé par le cinéma et l'art actuel. J'ai mis du temps à le remarquer, tout simplement parce que j'ai baigné dedans depuis tout petit et que cela me semblait naturel, puis la vie m'a forcé à remarquer que l'amour véritable n'a rien à voir avec ce qui est présenté de manière exalté dans les films de mon époque. Une autre indication qu'il y a quelque chose à l'oeuvre, que les artistes (auteurs et réalisateurs, ici) colportent de leur plein gré (je peux le dire puisque dans mes premiers travaux, j'étais le premier à relayer par mimétisme et par envie ce que j'avais constaté depuis mon enfance dans les livres et dans les films).

 

« La conclusion du traité de Giordano Bruno est que tout est manipulable, et que l’amour, comme la force qui imprègne le monde, est le seul outil possible de magie manipulatrice, tandis que l’imagination, et le contrôle de l’imagination à travers des images audio-visuelles, est une forme de pouvoir. »

 

Malheureusement je ne retrouve plus ce morceau de vidéo, mais je me rappelle avoir entendu Macron, à propos de je ne sais plus quel dilemme social, déplorer que telle attitude d'esprit de telle catégorie de population « entravait leur imagination ». Il faut comprendre par là, dans l'esprit d'un personnage rompu à la PNL et autres techniques de coaching, d'ailleurs inspirées de pratiques initiatiques diverses, qu'il n'arrivait par à manipuler l'esprit de certaines catégories de population, parce qu'elles étaient fermées à certaines idées. Intéressant aveu implicite qui n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd quand je l'ai remarqué, et qui s'applique parfaitement à ce que je viens de citer. L'imagination est un pouvoir, pour celui qui peut influer sur le désir d'un autre (ou le sien, même). D'où l'intérêt, non pas d'avoir une imagination trop fertile, mais d'avoir un bon exercice, une bonne maîtrise de sa propre imagination : l'imagination peut être utilisée comme un rempart aussi bien contre les idées reçues que contre les idées imposées... Sinon, on se fait imposer les idées provenues de l'imaginaire d'un autre... comme le fait la pub avec les masses... ou Macron avec la plèbe française trop mal éduquée sur ce plan et du coup, manipulable et manipulée. Car ce n'est pas le manque d'imagination qui ampute le désir des gens d'aller dans une certaine direction, c'est le manque de désir d'aller dans une certaine direction qui la fait refuser. L'erreur bête de Macron étant ici de croire qu'il a à faire à des gens dont l'imagination est bloquée. Faux, elle n'est juste pas stimulée. Par ailleurs, il est difficile de faire croire aux moins idiots que les promesses non tenues depuis des décennies finiront par l'être par quelqu'un qui a juste un sourire plus avenant, comme quoi, heureusement, il y a des limites à cette séduction, lorsqu'elle est trop grossière et trop présomptueuse. Mais il faut se réveiller, car le système continue de perfectionner sa dynamique manipulatoire, et il pourrait trouver la faille, si nous ne développons pas les boucliers adaptés. Je parle d'une sorte d'auto-défense, non seulement intellectuelle mais aussi mentale au sens large (émotionnel, spirituel, psychique, intellectuel, imaginaire).

 

« Il est particulièrement important que, selon Bruno, le manipulateur soit absolument indifférent à toute influence extérieure, et donc à toute forme d’amour, y compris l’amour de la bonté, de la vérité, ou même du mal. »


D'où l'intérêt du pouvoir pour les égocentriques, les pervers, les psychopathes, etc. On ne manipule jamais « positivement », mais toujours pour obtenir un bénéfice (par exemple l'assentiment de l'autre en lui faisant croire que c'est dans son intérêt). Sinon pourquoi se fatiguerait-on ? L'altruisme lui-même a souvent pour but de se concilier autrui, lorsqu'on y regarde de près, et je dis ceci sans excès de cynisme. Il faut seulement être lucide et réaliste pour pouvoir épurer nos propres tendances à manier les autres tout en se le cachant. Question de sagesse.

 

La fin de l'article reprend les explications données pour terminer son raisonnement. Il y est notamment question de la division pour rendre le pouvoir plus efficace et moins attaquable, ainsi que de la question du contrôle remplaçant la soumission stricto-sensu. Vient enfin cette question cruciale :

 

« Est-ce que le monde moderne est vraiment laïque ? »

 

Pour moi, la réponse est dans la question et est bien évidemment négative. Sans rentrer dans les détails, il suffit de voir comment toutes les structures humaines se re-hiérarchisent quasi automatiquement dans un schéma avec meneur et suiveurs, dogmes et tabous, totems et croyances, et de constater comment, en fait de débat argumenté pour établir ou discuter de ces choses, dominent en fait le terrorisme intellectuel et des manipulations plus subtiles à base de biais émotionnels, instinctifs ou intellectuels pour enfermer les croyants dans une attitude de suiveurs qui croient être éclairés, critiques, cultivés, ce qui légitime d'autant plus leur posture dogmatique à l'intérieur de leur institution, pour la plupart, posture en réalité soumise, nécessaire pour exister et se maintenir dans le groupe.

 

Autrement dit, la structure religieuse domine dans presque tous les groupes humains, si ce n'est, en fait, absolument tous.

 

Aussi, je ne peux pas terminer ce commentaire sans noter cela :

 

« La société moderne est une société dans laquelle règne le culte de l’égoïsme et de la gratification sensuelle. Et, oui, l’énergie sexuelle est stimulée, sublimée et manipulée, de telle manière dans la société que celle ci est imprégnée de sensualité et de sexualité, une société qui hurle sur elle-même et établit l’égoïsme comme norme sociale. »

 

Certaines personnes plus observatrices ou plus réceptives à ces stimulus, ou encore plus objectives et plus lucides vis à vis de ceux-ci et de ce que cela suscite en eux, s'en seront forcément rendus compte, et peuvent même apprendre à en jouer (pour s'en distancier, ou de manière plus manipulatrice). Mais pour la majorité, c'est juste le monde normal, et comme ils ne perçoivent pas la racine du mal, ils attribuent les problèmes qu'ils constatent à une lame qui dépasse de la surface comme la pointe de l'iceberg et se focalisent totalement dessus. En disant cela, je pense notamment à certaines manies qui consistent à résumer le problème à la présence de quelques psychopathes au pouvoir, ou encore se focalisent sur le problème de pédophilie, à vrai dire même le féminisme extrême ou le réchauffisme qui simplifient à outrance les problèmes de notre société en ne choisissant d'en voir que la manifestation qui les dérange plus particulièrement (ou qu'on leur a appris à détester plus particulièrement) relèvent dans une certaine mesure de cela. Il n'y a pas ou très rarement de prise de conscience d'un problème dynamique global, qui trouve sa racine dans des techniques manipulatoires de masse, amplifiées globalement par la télé. Alors on peut vouloir plus d'égalité entre les femmes et les hommes, on peut vouloir abolir la tyrannie de la sensualité dans les médias ou, au contraire, vouloir plus de liberté sexuelle, ou bien on peut accuser de tous les maux une caste de dirigeants certes psychopathiques (et ignorer ou renier la part de responsabilité de la masse, se laissant bercer et berner par les divertissements et la propagande) mais le point commun à toutes ces postures idéologiques est qu'elles sont borgnes et impotentes, divisées entre elles, chacune luttant les unes contre les autres. Il n'y a en effet pas de cause commune, car chacun choisit de s'obnubiler d'un problème en particulier, de manière tout à fait irrationnelle, ce qui signe l'empreinte d'un esprit manipulé.

 

Je termine juste par la conclusion de l'article. Chacun décidera pour lui-même s'il peut ou non y avoir quelque chose de supra-humain dans tout cela, à un moment ou un autre de cette dynamique :

 

« Avec raison, la société moderne peut ainsi être appelée la société magique, ou la société du Grand Manipulateur, si nous connectons les positions et les conclusions de Giordano Bruno, les données de la sociologie moderne, et une simple observation ordinaire de la réalité sociale environnante. Est-ce une coïncidence? Peut-être y a-t-il un lien direct entre la situation actuelle et le travail de Giordano Bruno. Peut-être que le travail de Bruno est un symptôme révélateur de la trajectoire générale du mouvement de l’esprit occidental. Le fait est que cette personne, en tant que philosophe et magicien, a toujours attiré l’attention de toutes les organisations occultistes de l’Occident qui, revendiquant la plus haute connaissance, réclament également le pouvoir. »

 

 

Posté par Seilenos à 20:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 janvier 2018

Sortir de la mentalité victimaire de masse

 

Tandis que progresse une certaine idéologie extrémiste fortement imprégnée de puritanisme dans nos pays dits "ouverts et démocratiques", il m'a semblé opportun, suite à la lecture de certains articles et à certains échanges verbaux que j'ai pu avoir récemment, d'aborder de manière plutôt frontale la question d'une certaine mentalité victimaire qui va de paire avec cette tendance.

 

Alors qu'il est devenu un cliché absolu sur certains sites alternatifs de pointer la perversité du pouvoir, ceci est presque toujours fait d'une manière borgne qui occulte plusieurs aspects de la problématique, permettant de se défausser de toutes ses responsabilités sur les détenteurs du pouvoir, tout en évitant d'aller au fond des choses, ce qui permettrait pourtant de se donner une chance de briser la dynamique négative dans laquelle s'enferme la société occidentale, en proie à ses fantômes les plus obsédants, alors même qu'elle essaye de tenir à distance une sorte de retour à un état primordial par une sorte de mythologie moderne établie et défendue par un clergé qui n'est pas moins corrompu que le reste de la société.

 

Je m'engage dans cet article dans un exercice d'équilibriste qui sera bien difficile à tenir, car pour avoir eu certains échanges hors-blog sur certains des points que je vais aborder dans cet article, je suis de plus en plus convaincu que l'ensemble de la société est réellement et profondément intoxiquée par cette bien-pensance et cette mentalité de mouton apeuré et timoré, et que rien ne va s'arranger de sitôt dans ce domaine.

 

L'un des aspects de la problématique que je souhaite aborder est parfaitement illustré par les propos de cet article que je me dois de commenter pour introduire ce que j'ai à dire :

 

https://fr.sott.net/article/31721-La-perversite-comme-modele-de-pouvoir

 

 

Un portrait type, au demeurant assez lacunaire et quelque peu caricatural du pervers nous est d'abord fait.

 

Puis s'ensuit une liste des conséquences sur l'organisation de la sphère dans laquelle agit (agissent) le(s) pervers.

 

Dans le passage suivant, je mets en gras des extraits qui me semblent importants.

 

« Les aspects contractuels permettent au pervers de toujours contrôler, mais également d'assouvir son désir de créer de nouvelles règles, de nouvelles lois, qu'il prendra plaisir à enfreindre, et qu'il sera toujours susceptible de modifier au gré de ses pulsions, en dépit d'une certaine psychorigidité dans la régence, dans l'ordonnancement. (…)

 

La société perverse : Globalement, on y trouve notamment l'omniprésence des contrats dans le cadre de toute interaction sociale, la transcendance de sa justice, et un impérialisme guerrier à connotation culturelle et cultuelle. »

 

Notons donc la notion de contrat et la propension annoncée à enfreindre les règles créées.

 

Dans la conclusion qui énumère les conséquences de cette forme de perversité sur la société, je retiendrai celles-ci :

 

« - une criminalité sans frein à l'image de l'enfermement des puissants dans une jouissance crapuleuse.

- le contrôle des médias.

 

- la "vulnérabilisation" de la majorité de la population.

 

- un désinvestissement de la majorité pour la politique et le fonctionnement de la démocratie.

 

- la généralisation de pathologies telles que la dépression, ou l'hystérie

 

- la surveillance permanente de chaque citoyen

 

- la constitution pléthorique de lois, de règlements afin de contrer l'anomie.

- le renforcement du pouvoir de la police et de l'armée en réaction à l'accroissement de la détresse sociale et de la généralisation de la violence.

 

- une gabegie économique généralisée, voir une dépression.


- l'abolition de valeurs fondamentales telles que l'ordre des générations, les rites d'initiation et d'intégration. »

 

 

Certains points peuvent se discuter et j'ai supprimé les points avec lesquels je suis relativement ou totalement en désaccord, à vous de les retrouver dans l'article original.

 

On a donc une peinture au demeurant assez juste mais surtout assez simpliste et totalement à charge : dans un grand nombre d'articles de ce site et j'en ai déjà parlé, les gens de pouvoir sont décrits comme presque invariablement pervers, puisque le pouvoir concentre la perversion et donc les pervers, ce qui n'est peut-être pas totalement faux mais demeure une généralité qui n'aide pas à y voir clair, quand on remarque que, même dans les systèmes les plus sadiques et les plus pervers, les personnes les plus « normales » et les plus conformes sont mises à contribution pour le fonctionnement du système (voir l'expérience de Milgram sur ce point, notamment). Avec une description aussi monolithique, à laquelle vient s'ajouter cet article (on en trouvera d'autres exemples sur leur site et dans les analyses de mon blog) on aboutit à une vision nécessairement simpliste et déformée qui occulte tout un pan du problème.

 

Il me faut maintenant passer par une digression, avant d'en venir au cœur de mon propos.

 

 

 

 

Mes lecteurs savent que je ne prône pas l'activisme, qui est pour moi l'assurance d'errements sur le plan spirituel et le plus sûr chemin pour renforcer les tares de la société actuelle, mais en revanche une simple attitude lucide et responsable, synonyme de discernement et d'autant de sérénité que possible face aux événements qui secouent la société occidentale actuelle.

 

En suivant ce principe, il est bien entendu que mon propos n'est pas ici d'accuser qui que ce soit, et encore moins de donner des leçons de morale, dans un contexte où, précisément, la morale est détournée et perverti. Je suis en revanche une ligne qui consiste à essayer de dire en toute situation une vérité toute crue là où j'ai largement constaté chez beaucoup de mes contemporains une réponse tout à fait à mon sens inadaptée et néfaste à l'idéologie totalitaire rampante qui est en train de se renforcer. Cette réponse consiste largement à se conformer à l'injonction implicitement faite aux gens à ne pas enfreindre certaines limites, notamment avec des propos qui pourraient flirter avec le « conspirationnisme ». Ainsi, pour avoir constaté cela in vivo, je suis désormais moins surpris que 80% des français se disent favorables à la politique annoncée par Macron à propos des « fake news », qui consiste ni plus ni moins en un retour de la censure.

 

Une version étonnamment efficace de « 1984 » se met en place, avec l'assentiment de beaucoup qui, d'un côté critiquent la montée d'un féminisme extrême et d'une pression mise sur l'humour, et qui, d'un autre côté et d'un même mouvement, pratiquent l'autocensure dès qu'il est question de pousser au bout une certaine pensée qui amène nécessairement des conclusions dérangeantes, nourrie par certaines illusions tenaces à propos du pouvoir et de la justice. Ceci est d'autant plus pervers que cela va de pair avec la critique de la perversion du pouvoir telle qu'on l'a lue dans l'article précédemment cité et commenté.

 

Il faut que je dise certaines choses : la prudence n'est pas synonyme de timidité, et le doute ne doit pas se muer en prétexte pour interrompre une réflexion avant son terme, sous prétexte qu'on manquerait d'éléments. Ce n'est pas qu'on manque d'éléments, c'est qu'on se refuse à les regarder en face, à les considérer franchement dans une réflexion ordonnée et à conduire cette réflexion jusqu'à un terme, probablement parce qu'on préjuge inconsciemment ce terme trop dérangeant. A cette histoire de « bénéfice du doute » que l'on veut bien accorder en toute circonstance et qui à mes yeux s'apparente plus à une forme de paresse intellectuelle dans ce cas, moi je réponds par « l'intime conviction » face à des sujets que j'ai étudiés et sur lesquels, sans aller jusqu'à affirmer des certitudes que j'ai pas, je ne vois pas l'intérêt de pratiquer la demi-mesure. Je ne suis pas un professionnel du droit et des médias, et au delà d'un certain devoir, certes, de prudence et de mesurer mes mots, je ne m'estime pas de devoir de réserve.

 

Ainsi il est intéressant que d'un côté certains mènent une critique de la perversité quasiment inhérente au pouvoir, et plus particulièrement le pouvoir moderne, tandis qu'ils se refusent à mener leur réflexion jusqu'à sa conclusion la plus probable.

 

Ainsi, moi qui ai toujours réticence à aborder des sujets aussi difficiles et chargés comme la mal nommée « pédophilie » (quand on parle en fait dans ces cas presque toujours de pédocriminalité c'est à dire de sadisme, de trafic et de viol, voire de meurtre), j'ai récemment eu un échange sur l'affaire Dutroux où, après qu'on m'ait concédé qu'en effet, la justice et le pouvoir étaient certainement très corrompus d'une manière général, un étrange recul lorsque j'ai affirmé que pour moi, Dutroux, tout coupable qu'il était, avait servi de bouc-émissaire. Et d'argutie en argutie pour tordre mon propos en prétendant que la stratégie du bouc-émissaire ne peut rien à voir avec cette affaire.

 

Je ne veux pas m'engager dans un discours sur cette affaire en particulier, mais juste saisir cette occasion pour justement illustrer mon thème sur la perversion du pouvoir et une certaine forme de complicité plus ou moins passive d'une majorité du peuple dans ce statu quo, précisément préservé dans cette affaire par la condamnation du bouc-émissaire Dutroux qui, et c'est tout ce que je voulais dire, n'était qu'une tête à couper pour permettre à toutes les autres de rester bien en place sur leurs cous.

 

Alors puisqu'il est entendu que les personnes avec qui j'ai eu cet échange sont honnêtes et intéressées par la vérité, du moins je le présume, et que ce n'est ni par paresse ni par lâcheté qu'elles n'ont pas voulu me suivre dans mon propos, malgré les arguments avancés, elles auront alors sans doute beaucoup d'intérêt à lire l'article qui suit et que je ne commente pas. L'essentiel y est dit, et pointe bel et bien vers d'étranges bien qu'à mon sens pas du tout étonnantes complicités dans les hautes sphères du pouvoir, étouffées de bien des manières possibles.

 

https://reseauxpedocriminels.wordpress.com/2015/10/24/laffaire-dutroux-et-le-reseau-de-notables-qui-nexistait-pas/

 

 

 

Où est-ce que je veux en venir ?

 

Venons-en aux faits.

 

Constatons un simple fait : la critique du pouvoir est menée par ceux qui n'ont pas le pouvoir.

 

De là, et si l'on voulait tomber dans le même simplisme que beaucoup trop de ces critiques du pouvoir qui tombent dans une psychologisation assez schématique, on pourrait se borner à en conclure que ce sont des jaloux, point final.

 

Et ce n'est peut-être pas totalement faux, quand je vois comment une majorité, finalement, dénonce le pouvoir tout en se conformant à ses moindres injonctions, ce qui indique un respect assez paradoxal du pouvoir, et un rapport assez ambivalent qui pointe bien vers une certaine forme de jalousie.

 

Mais c'est bien pire que cela. Pour avoir déjà pas mal exploré ce sujet sous son angle principalement psychosociologique (ma vocation ratée, j'imagine), je serais plutôt tenté de chercher une explication à la fois plus complexe et plus profonde, donc efficace et tenace car solidement ancrée, dans des intrications psychologiques, instinctives et émotionnelles qui se tissent à partir des deux bouts de l'ensemble social : d'un côté les dominants, de l'autre les dominés, chacun participant à cette perversité d'ensemble.

 

Cela déborde bien sûr le cadre d'un article de blog pour tenir plutôt du sujet de thèse voire d'ouvrage spécialisé en psychosociologie, mais je voudrais au moins esquisser une peinture de ces deux versants.

 

 

Le versant des dominants

 

Ici, on l'a déjà dit, les analyses ne manquent pas. J'ai souvent dénoncé leur simplisme et leur subjectivisme sur ce blog, et je ne reviendrai pas sur des liens déjà partagés, préférant aller de l'avant et examiner toujours des propos si possible nouveaux, car c'est de la pensée toujours en mouvement, se servant si possible du savoir acquis pour l'améliorer, que devrait surgir un savoir plus pointu, et en la matière je fais avec ce que je trouve (non, ne comptez-pas sur moi pour éplucher de tristes ouvrages universitaires sur ces sujets).

 

Or justement, une idée a refait surface récemment, qui rejoint pas mal certains développements de mon blog, et je l'ai retrouvée dans différents articles. Vous allez voir où je veux en venir. Voici :

 

http://www.dedefensa.org/article/the-shining-city-upon-a-hill

 

« Certes, on constate “ce genre de psychologie” aussi complètement folle, absurde, et l’on s’interroge sur son moteur, sur sa cause profonde. Je crois qu’en donner une explication disons pathologique ne suffit pas, même si l’on trouve là la description mécanique, organique de la chose. Il y a bien plus, il y a une cause fondamentale qui est d’origine symbolique et pleine d’un mysticisme mercantile, qui renvoie aux racines mêmes de la croyance religieuse qui sous-tend toute l’organisation de la vision du monde que l’Amérique porte en elle-même, – et “vision du monde” signifiant “vision d’elle-même”. Les références ne manquent pas, la principale et celle qui résume tout étant la fameuse citation reprise régulièrement par l’un ou l’autre à la moindre occasion, et notamment par Reagan aussi bien lors du discours de son élection en 1980 que dans son discours d’adieu de 1989, sur “The Shining City Upon A Hill”, la citation du sermon de 1630 du Puritain John Winthrop, lui-même reprenant la parabole de Jésus dans “le Sermon sur la Montagne” (Matthieu, 5-14). Ainsi tout est-il dit et l’Amérique, ses corrompus, ses milliardaires, ses gangsters, ses terroristes, ses nettoyeurs ethniques, ses massacreurs universels, ses destructeurs du monde, ses escrocs et ses grigous, ses pirates et ses menteurs, ses bonimenteurs et ses usuriers, ainsi l’Amérique est-elle définitivement fixée dans sa psychologie comme étant une création de Dieu, sans autre instruction et autre incitation que ce lien divin. »

 

Ici, le propos porte plus particulièrement sur « l'Amérique », mais je crois précisément que cette Amérique est un excellent sujet à étudier pour y retrouver les origines de ce mal dont il est question, et qui est défini ici comme ayant une nature religieuse, bien plus que simplement pathologique, que simplement le produit d'un rassemble extraordinaire de cerveaux malades. C'est que pour en arriver au résultat qu'on observe aujourd'hui, il ne suffit pas, en effet, d'une organisation psychique défectueuse : il y faut aussi un genre de corpus de croyances.

 

Ce qu'on voit dans « l'Amérique », Amérique comme phare des « valeurs modernes », on l'observera naturellement dans toutes les autres régions conditionnées à suivre les « valeurs américanistes ».

 

« Peut-on encore s’étonner, dans ce contexte, qu’ils aient le comportement qu’on leur voit ? L’Amérique est cette “cité brillante sur la colline”, c’est la maison de Dieu sur terre. Partout sur terre, les américanistes sont chez eux sans en faire partie le moins du monde, puisque l’Amérique est chose divine et que le monde ne peut que s’américaniser, c’est-à-dire devenir Amérique et ne plus être de ce monde. Ils ne souffrent aucune entrave dans leur action, ce qui justifie pleinement leur indifférence méprisante pour la légalité internationale et le rangement ordonné des relations internationales. »

 

Où l'on retrouve effectivement le mépris des « pervers » désignés plus haut pour les lois qu'ils érigent eux-mêmes, lorsqu'il est question qu'eux s'y conforment : le conformisme, c'est pour les autres, pour ceux qui se soumettent. De là, le passage le plus percutant du texte, sans doute :

 

« L’exceptionnalisme américaniste n’est pas une idéologie, c’est une théologie. Leur singulière demande de concessions aux Russes pour rétablir de bonnes relations, alors qu’ils sont partout sur la défensive et qu’ils vont de déroute en déroute, s’explique évidemment par ceci que la moindre entrave imposée aux États-Unis n’est rien de moins qu’un défi lancé à Dieu et une insulte sacrilège qui Lui est faite. Il en faudra pas mal, de concessions de la part des Russes, comme par exemple de ne plus exister, pour que Dieu leur pardonne leur attitude insensée et permette la reprise de telles relations. (Reprise pour reprise, voici celle du mot de l’ancien chef du renseignement soviétique Chebarchine : « L’Ouest [l’Amérique] veut seulement une chose de la Russie : que la Russie n’existe plus») »

 

 

Quelques jours après, sur le même site, autre auteur, le thème de la théologie refait surface :

 

http://www.dedefensa.org/article/davos-et-la-montee-sinistre-des-manipulateurs-de-symboles

 

« Le développement forcé et forcené de l’informatique depuis deux générations a abouti à la création d’un Etat postmoderne renforcé, plus totalitaire et espionnant que jamais ; et à l’émergence d’une surclasse de manipulateurs de symboles, un nouveau clergé planétaire dont les riches et les plus puissants se réunissent en Suisse pour voir comment contrôler et soumettre le troupeau de viande - pour parler comme William Gibson - qui inquiète par son nombre et sa consommation, l’élite écolo et friquée de la planète perdue. J’avais marqué la distinction dans mon livre sur internet entre les techno-serfs et les techno-lords que le monde virtuel, le monde de la richesse et de l’apparence recréait sur un fond de mysticisme techno et de féodalisme retrouvé. (…)

 

 On distinguera donc une élite cléricale moyenne, (les 20% dont parle Reich qui sont moins maintenant en Europe ou en Amérique, car eux aussi on les remplace par l’externalisation techno et l’automation) et une élite cléricale monstrueuse, celles des dominateurs des symboles, qui aujourd’hui, rappelait un commentateur antisystème, remplacent le Christ, non seulement en tant que classe qui fait le bien, mais qui est le bien en tant que tel. Disons-le nûment :on (c’est ce que font tous vos portails internet matin midi et soir) adorera leurs milliards parce que leurs milliards sont et font le bien, parce que leurs milliards sont Dieu. L’opium distribué sous forme de news russophobes en bandeaux, de jeux vidéo ou de couplets people suffit à calmer presque tout le monde. »

 

Et encore, sur un autre site, et dans un autre thème, ce qui montre que des auteurs différents prennent de plus en plus la mesure religieuse de cette montée de l'hystérie, de la censure, de la pensée toujours plus unique comme l'est « Dieu » :

 

https://www.les-crises.fr/pascal-boniface-et-la-destruction-intellectuelle-massive-par-richard-werly/

 

« «Je suis accusé de ce que je considère comme détestable au plus haut point», prévient-il dès les premières lignes. Avant d’ouvrir le débat: «Comment en est-on arrivé là? Comment un universitaire français peut-il être accusé, en dehors de toute réalité, d’un des plus graves crimes intellectuels

(...)

«Oui, le débat dérape constamment en France dès qu’il est question de l’islam, des musulmans et des juifs», explique l’éminent sociologue dont les grands-parents furent déportés à Auschwitz et y trouvèrent la mort. «Oui, poursuit-il, une violence verbale, particulièrement menaçante, peut s’exercer en France sur quiconque s’autorise à critiquer la politique de l’Etat hébreu. Oui, des acteurs engagés, intellectuels, militants, responsables institutionnels juifs, préfèrent la disqualification de l’adversaire politique au débat argumenté.»

(...)

après la publication de son livre Est-il permis de critiquer Israël?, qui mit le feu aux poudres: «La colère semblait empêcher toute réflexion, raconte-t-il dans Antisémite. (...)

(...)

Cette mécanique du discrédit est fascinante. L’on voit bien comment, aujourd’hui, elle s’est refermée en France sur le débat autour du harcèlement sexuel et des prises de position sur le sujet de certaines femmes célèbres.

(...)

L’anathème l’emporte. Certaines tribunes médiatiques ne sont plus faites pour exprimer un point de vue, mais pour clouer au pilori. »

 

La chose n'est pas clairement dite mais elle transpire à travers le choix du vocabulaire. Crime intellectuel, anathème, pilori... Il s'agit bien de crime contre la pensée, de blasphème, et comment s'étonner que cela surgisse plus particulièrement quand on aborde des thématiques religieuses autour du judaïsme ou de l'islam, puisque le substrat de cette mentalité n'est autre que religieux ?

 

Il y a bien une « élite » qui s'est érigée en néo-clergé de la pensée unique, de la bien-pensance, et qui édicte des lois, des préceptes moraux, tente de gouverner les comportements, y compris dans le domaine des relations, de la sexualité, de la pensée, et qui mène ses croisades physiques comme morales. Cela va beaucoup plus loin que la simple association de malfaiteurs ou que la simple tendance psychopathique : il y a une velléité de contrôler jusqu'aux comportements et jusqu'aux idées.

 

 

Le versant des dominés

 

Ici, nous sommes quasiment en terra incognita. Puisque nous serions dirigés par des fous et des pervers, le compte est soldé, nous n'y sommes pour rien, nous ne sommes que pures victimes.

 

Vraiment ?

 

C'est que pour que les dominants règnent sur des dominés, encore faut-il que ceux-ci se soumettent, ce qui concrètement signifie se conformer aux diktats imposés, aux comportements préconisés, accepter la censure, la manipulation, le désordre, la gabegie, éviter les comportements interdits, éviter les sujets interdits, éviter les accusations qui relèvent de l'anathème : crime contre la pensée, « conspirationnisme ». En somme, à l'heure actuelle, on marche sur des œufs puisqu'on ne sait plus trop si on aura encore le droit d'aborder une femme ou de plaisanter sur les belges ou les « ritals », vue la progression fulgurante de la mentalité censoriale qui s'installe.

 

La question est : pourquoi se soumet-on à une caste que l'on a observée et définie comme « pourrie », « perverse », « psychiquement malade » ?

 

La réponse est : parce qu'on y trouve des avantages.

 

Une réponse plus fine serait sans doute qu'en définitive, nous percevons comme parfaitement légitime une caste dominante qui se définit par la perversité, spécialement si elle se présente comme une autorité néo-cléricale.

 

Et comme nous acceptons le principe d'être dominés par des pervers qui instaurent des règles qu'ils ne respectent pas, nous sommes même prêts à les imiter – pour démontrer sans doute notre soumission dans l'espoir d'abaisser le niveau d'hostilité – en nous infligeant à nous-mêmes de nouvelles contraintes iniques qui ne viennent même pas du pouvoir.

 

Ici, Orlov nous remet un peu les idées en place à propos de la théorie du genre et de l'hystérie qui l'accompagne, hystérie qui, rappelons-le, provient du puritanisme à l'américaine qui, lui-même, est une émanation de principes religieux : nous y revoilà.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/01/lhysterie-du-gender-et-ses-failles.html

 

Ainsi, dénaturer les rapports entre humains, ce qui a toujours été une prérogative des religions, avec leurs exigences au mariage (souvent arrangés historiquement, comme on le sait), revient à la mode sous la pression de l'idéologie puritaine. Et ceci ne vient même pas du pouvoir, qui ne fait qu'accompagner le mouvement comme en Suède, où l'on est en train de mettre en place ce que j'avais récemment évoqué, sans trop croire que cela viendrait si vite, à savoir, des contrats de relation sexuelle (repenser à la notion de contrat soulignée plus haut) :

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/26/la-suede-veut-renforcer-la-legislation-contre-le-viol-par-negligence_5234524_3214.html

 

Une absurdité sans nom, totalement ahurissante mais hélas prévisible, que je ne me fatigue même pas à commenter. J'espère seulement que sa mise en place permettra de détecter les dégâts sociaux énormes que cela risque de causer avant que cela ne se répande trop.

 

Accroître les divisions est bien sûr un objectif de tout gouvernement « machiavélique » qui se respecte et là on peut les applaudir puisque cette hystérie n'a même pas eu besoin d'eux (Weinstein n'a servi que d'allumette dans un hangar déjà plein de fioul qui était prêt à exploser dans le cntexte actuel) pour tourner à une sorte de guerre des sexes parfaitement consternante, mais servant leurs intérêts.

 

 

Bref, les dominés créent eux-mêmes les conditions de leur propre domination, en s'enfermant dans une mentalité victimaire, et en se défaussant de leurs responsabilités sur une caste dominante dont c'est la fonction symbolique.

 

Le cercle vicieux est fermé, et chacun y a sa part de responsabilité, fut-celle de refiler la sienne à d'autres, pour pouvoir ensuite se plaindre impunément de sa condition de dominé, certes bien encouragée par ceux qui se proposent d'endosser ce « fardeau » qui n'est rien de plus que symbolique, et n'engendrera même pas de risques judiciaires, puisque ces gens organisent leur impunité, avec notre assentiment, notre passivité.

 

Tout ceci n'est qu'un constat, bien triste au demeurant, pas une accusation pour accabler les dominés dont je fais partie, mais dont le but est de secouer un peu cette conscience de victimes et de soumis qui m'exaspère, que je constate partout autour de moi avec cette timidité caractéristique à aller sur les terrains interdits par les « dominants », et dans laquelle je ne me reconnais pas.

 

Il y a que cette attitude favorise la domination, nourrit un dualisme et encourage des torts dont on n'accuse que les dominants. Pour sortir des dogmes et de l'idéologie néo-religieuse actuelle et de l'oppression qui pèse sur nous, il ne suffit pas là non plus de décrire le caractère psychopatholgique de ceux qui nous oppressent. Il y faut aussi un travail spirituel de distanciation, de compréhension profonde, qui permette d'arrêter d'alimenter un processus dans lequel nous jouons à part entière un rôle qui nous défavorise tous (car à terme, une société perverse et malade ne profite plus à personne).

 

Il faut dont sortir de ce bête constat victime versus bourreau, cesser de nous définir, de nous déterminer et de nous comporter systématiquement en soumis et en victimes, alors que c'est inapproprié la plupart du temps. Encore faut-il le voir. Être obéissant n'est pas une vertu en soi et en toutes circonstances, même si cela est incontestablement utile à un certain degré d'ordre social. Maintenir l'ordre social d'une société malade et démente, c'est participer à cette démence, non seulement lui donner son assentiment mais y participer, la nourrir, la renforcer.

 

Je ne dis pas qu'il faille provoquer le chaos. Je parle bien d'une attitude qui relève de la spiritualité et de la conscience, ce qui nécessite par exemple de comprendre certains des ressorts de la domination.

 

Par exemple, réfléchir à la notion de punition, notion très simple qui est souvent à la base de la domination, et que, dans nos sociétés, nous assimilons parfois un peu trop facilement à la justice (alors que ce n'est qu'une des options à la disposition de celle-ci et à l'instauration d'une société meilleure, et justement pas toujours la meilleure option).

 

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/punir-une-passion-contemporaine-200487

 

C'est sur cette réflexion en suspens, qui mériterait encore d'être développée (ai-je dit que la posture victimaire était bien sûr précisément celle dont on se sert pour justifier l'hystérie féministe du moment ou encore la condamnation de tout propos polémique portant sur Israël par exemple ? On voit les torts que cette posture peut causer, intellectuellement parlant...)  et qui doit faire son chemin que je vous laisse, non sans rappeler avant cela ce qu'est un « triangle de Karpman ». Un processus psychosociologique assez simple qu'il serait profitable qu'un maximum connaisse, pour déjà éviter certains pièges évidents et courants, certaines divisions dans lesquelles nous glissons trop facilement, et qui rentre parfaitement dans cette réflexion sur la mentalité victimaire, ou la victime a finalement le beau rôle, puisqu'elle peut s'y complaire sans honte ni courage...

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_dramatique

 

Et encore un dernier lien assez savoureux, pour la route, puisqu'on parlait de 1984 et donc de réécriture de l'histoire au nom de "valeurs" parfaitement arbitraires et temporaires :

 

https://www.les-crises.fr/le-totalitarisme-tranquille/

 

 

Posté par Seilenos à 00:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 janvier 2018

Revue etc. N°34 - Censure, ultra-féminisme, guerre contre le rire, pour la pensée unique et politiquement correcte

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°34

 

Toujours dans l'idée de nourrir une lucidité vis à vis du système perverti dans lequel nous vivons et dont nous faisons partie, et donc que nous alimentons (je développerai cette notion dans un article ultérieur), je continue en 2018 ma série sur la propagande et la manipulation de masse. On retrouvera encore dans ce numéro le prolongement de la réflexion sur l'extrémisme féministe ou encore sur la guerre faite à l'humour d'une manière générale, qui préfigurent l'aseptisation grandissante de la société à laquelle nous assisterons probablement dans les prochaines années, par le biais de cette hystérie moraliste et dualiste qui n'en finit plus de s'agiter et de tenter de s'imposer à nous tous, à notre corps défendant. Et il y aura bien sûr divers faits politiques, géopolitiques ou médiatiques qui me semblent intéressants pour éclairer notre époque en ce moment particulier.

 

 

Médias

 

Beaucoup à dire sur le chapitre médiatique, ce mois-ci, plus particulièrement sur le plan de la censure qui, dans le monde libéral et libéré actuel fait un bond en avant dans le top 50 du marché boursiers des valeurs actuelles. Quand on ne peut plus intégralement contrôler l'opinion par des médias de masse qui eux en revanche sont en chute libre, il fallait simplement trouver un moyen de présenter agréablement et de manière acceptable une censure des temps présents, une censure « démocratique », en prétendant par exemple que certaines utilisations de la liberté d'expression se font à l'encontre des « valeurs démocratiques ». C'est notre « Jupiter » qui se pose en défenseur de l'idée, et c'est le site les-crises.fr qui récemment a le plus planché sur ce sujet préoccupant :

 

https://www.les-crises.fr/le-president-jupi-taire-invente-la-censure-liberale-par-jacques-marie-bourget/

 

En nous rappelant notamment le rôle joué dans cette nouvelle censure et cette ingénierie sociale par les néo-médias que sont les géants de l'internet, dans un monde où, précisément, l'information alternative et la contestation s'organisent plus particulièrement sur internet :

 

https://www.les-crises.fr/google-renforce-la-mise-sur-liste-noire-des-sites-web-et-des-journalistes-de-gauche-par-andre-damon/

 

https://www.les-crises.fr/facebook-a-verse-des-millions-aux-medias-francais-la-strategie-vip-vrp-et-ses-effets-par-nicolas-becquet/

 

https://www.les-crises.fr/entre-le-monde-et-facebook-un-beau-conte-de-fake/

 

On mesure le degré d'abrutissement des masses à cette info tirée d'un sondage :

 

https://francais.rt.com/france/47215-sondages-plus-plus-confiants-democratie-francais-loi-anti-fake-news

 

Qui montre que le « combat » contre les médias corrompus est loin d'être gagné, puisqu'il suffit que le président le moins populaire de tous les temps propose une nouvelle censure pour que 80% des gens tombent, apparemment, dans le panneau. Les gens ont vraiment l'amour de leur servitude (et il faudra aussi que j'y revienne dans un prochain article).

 

Rappelons quand même de quels médias l'on parle, pour ce qui est des médias qui ne risquent pas d'être censurés :

 

https://www.les-crises.fr/cnn-a-autorise-du-personnel-militaire-a-travailler-dans-sa-salle-de-redaction-par-julian-borger/

 

Ou encore de quoi parlent ces médias et comment :

 

https://www.les-crises.fr/johnny-et-lirrealite-par-alain-garrigou/

 

Car l'abrutissement des masses, c'est ça. C'est choisir des sujets, monter des faits sans importance réelle en épingle pour mieux en taire d'autres. C'est à ces médias que l'on confie, qui plus est, la lutte contre les fake news, puisqu'on a vu que Le Monde est financé pour cette tâche. On a donc bien une sorte de Ministère de la Vérité qui ne s'avoue pas, à l'intérieur de ce système.

 

Pourtant, certains ont commencé à comprendre ce que sont certains de ces journaux, que je serais tenté d'appeler des journaux d'état, façon pravda à la française, et il est assez intéressant que ce que j'avais écrit il y a 3 ans sur Charlie Hebdo se révèle juste à présent :

 

https://francais.rt.com/entretiens/47079-trois-ans-apres-attentats-que-reste-t-il-esprit-charlie

 

Il faut pourtant dire et répéter que les fake news sont une tare très bien partagée entre médias alternatifs et médias institutionnels, voire assez facilement privilégiés par ces derniers qui auraient pourtant le monopole du « fact checking » comme on dit aussi avec la mode actuelle de reprendre tous les termes et tout le courant de pensée puritain américaniste :

 

https://fr.sott.net/article/31647-Fake-news-et-complotisme-comment-l-Etat-nous-manipule

 

Ce qui fait bien sûr partie de l'hystérie anti-russe actuelle, et d'ailleurs, à ce propos, sur la chaîne RT :

 

https://francais.rt.com/rt-vous-parle/47395-mois-dantenne-pour-rt-france-ce-change-pas-change

 

Je profite de cette rubrique pour relayer encore deux liens qui me semblent assez évocateurs et révélateurs du climat de méfiance et d'hystérie ambiant :

 

https://fr.sott.net/article/31696-Delation-generalisee-Reporty-l-appli-israelienne-testee-a-Nice-fait-polemique

 

https://fr.sputniknews.com/international/201801161034764042-japon-fausse-alerte-missile-nord-coreen/

 

Car n'oublions pas que tout cela s'inscrit dans ce contexte de pression mise autour du terrorisme et de la guerre nucléaire, tout cela sans doute pour alimenter l'abrutissement de la masse et facilité la docilité du troupeau.

 

 

Féminisme ultra et guerre contre l'humour au service de l'aseptisation généralisée de la société occidentale

 

C'est encore un chapitre qui aurait mérité un article à part entière, mais comme je l'ai déjà fait la dernière fois, je passe mon tour cette fois-ci, ne voulant pas me concentrer encore sur cet aspect négatif. Aussi, je me contenterai ici de prolonger la peinture faite dans mon précédent article sur le sujet en citant un certain nombre de liens qui me semblent assez instructifs, que ce soit dans la critique ou dans la présentation de cette dérive qui est l'une des grosses tendances du moment, certainement appelée à jouer une influence majeure dans les années qui viennent, en attendant que tout cela s'effondre enfin, car aucune société ne peut perdurer éternellement dans un tel bain de démence.

 

Pour commencer, il me semble important de mentionner la réaction d'une centaine de femmes (principalement des personnalités) à l'agitation récente autour du hashtag #balancetonporc qui a fait couler beaucoup d'encre, dans ce monde où la société tend à se hiérarchiser de plus en plus autour de cette immense saloperie qu'est twitter qui ne fait que favoriser les mouvements d'humeur et d'une manière générale tout ce qui est superficiel, et monter tout ça en épingle.

 

https://francais.rt.com/france/47144-balancetonporc-deneuve-collectif-femmes-denonce-derive

 

Bien entendu ces femmes ont été vilipendées pour ne pas avoir pris le partie des ultra-féministes hystérisées qui essayent actuellement de faire leur loi partout, au mépris du sens commun le plus basique, ainsi que de certains principes de justice élémentaire. Puisqu'elles ne sont pas avec elles, c'est donc qu'elles sont contre elles, et contre le féminisme en général, c'est bien connu.

 

Une des dernières vidéos de Greg Tabibian me semble très bien éclairer le débat actuel sur ce point :

 

Vidéo youtube : J'SUIS PAS CONTENT ! #129 : Liberté d'importuner, poil au nez ! (La PLS à Brigitte Lahaie)

 

Mais aussi cet article, sur un point de vue plus général, comme toujours très acide et certes pas écrit pour faire plaisir de Nicolas Bonnal :

 

http://www.dedefensa.org/article/nietzsche-et-la-cretinisation-par-la-feminine-attitude

 

« Ce texte est une réponse au trop optimiste Brandon Smith et à son texte sur les hommes et les femmes traduit par Hervé pour lesakerfrancophone.fr. »

 

Je suppose que c'est à cet article que Nicolas Bonnal fait référence :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/01/la-virilite-fera-t-elle-un-retour-en.html

 

Auquel Dmitry Orlov fait aussi écho par sa propre contribution récente :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/01/leffondrement-besoin-de-quelques-hommes.html

 

Je ne suis pas un fervent défenseur des avantages du masculinisme, mais je me dois de constater que dans la guerre qui est menée actuellement contre les hommes dans leur essence même, certaines choses concernant la biologie même (voir Orlov sur ce sujet) sont bonnes à dire, tout comme la crudité de Bonnal ne fait pas de mal non plus à affronter.

 

Par le passé, j'étais plus ardent à défendre l'idée qu'il n'y a pas tant de différence entre hommes et femmes, sans doute juste parce que c'est quelque chose que je ressens fort en moi-même. Aujourd'hui, et avec le niveau d'inversion et de pertes de repères qu'on a atteint, je suis le premier surpris de me retrouver à défendre le point de vue inverse, à savoir qu'il faut tout de même respecter certaines différences qui existent, quasiment irréductibles entre hommes et femmes, et à constater en effet qu'en allant trop loin sur la voie de la destruction des repères de genre, on en vient à déstructurer potentiellement la construction des individus en occident, et ce toujours dans ce monde occidental que je considère justement comme faussement individualiste : en détruisant les limites, il détruit ce par quoi les individus se construisent et s'accomplissent. S'il n'y a plus rien contre quoi on doive mener un effort d'existence, alors il n'y a plus rien qui nous permette de nous construire une identité propre, qui reste un élément indispensable à la santé mentale et à la possibilité d'exister en société : si nous sommes tout à la fois, alors nous ne sommes plus rien.

 

Dans l'article de Bonnal :

 

« Il y a aujourd’hui, presque partout en Europe, une sensibilité et une irritabilité maladives pour la douleur et aussi une intempérance fâcheuse à se plaindre, une efféminisation qui voudrait se parer de religion et de fatras philosophique, pour se donner plus d’éclat — il y a un véritable culte de la douleur. Le manque de virilité de ce qui, dans ces milieux exaltés, est appelé « compassion », saute, je crois, tout de suite aux yeux. — Il faut bannir vigoureusement et radicalement cette nouvelle espèce de mauvais goût, et je désire enfin qu’on se mette autour du cou et sur le cœur l’amulette protectrice du « gai saber », du « gai savoir», pour employer le langage ordinaire. »

 

Il est drôle de constater qu'en effet, cette sensiblerie est ce qui justifie la quasi prévalence de femmes guerrières dans les sommets de la décision militaire américaine, comme cela a déjà été soutenu ici, et ce pour défendre le « We came, we saw he died » d'Hillary Clinton, étrange revers de la médaille totalement dépourvue de cette empathie que l'on prétend féminine, à propos d'un chef d'état Libyen qui avait établi son pays au sommet de l'Afrique en terme de prospérité, pour finir ainsi torturé et décapité par l'action de ces féministes guerrières voulant faire la loi et la morale partout dans le monde. Aussi, quand on me dit que ces femmes masculinisées (puisque n'existant plus en tant que femmes à cause du féminisme, mais répandant tout de même à la fois les tares de la femme et celles de l'homme dans le monde) feront un avenir meilleur pour l'humain, je tousse...

 

Autres passages qui laissent à réfléchir et que je laisse sans commentaires :

 

« À aucune époque le sexe faible n’a été traité avec autant d’égards de la part des hommes qu’à notre époque. C’est une conséquence de notre penchant et de notre goût foncièrement démocratiques, tout comme notre manque de respect pour la vieillesse. Faut-il s’étonner si ces égards ont dégénéré en abus ? »

 

« Tandis qu’elle s’empare ainsi de nouveaux droits, tandis qu’elle s’efforce de devenir « maître » et inscrit le « progrès » de la femme sur son drapeau, elle aboutit au résultat contraire avec une évidence terrible : la femme recule. Depuis la Révolution française l’influence de la femme a diminué dans la mesure où ses droits et ses prétentions ont augmenté… »

 

Je ne citerai pas de passages de l'article d'Orlov, mais j'en recommande comme toujours la lecture attentive. C'est souvent dans ses textes qu'on trouve des idées trop souvent laissées de côté, et il n'hésite pas dans celui-ci à mentionner certains points qui éclairent bien la différence fondamentale entre homme et femme, et une certaine particularité de l'homme à avoir une plus grande diversité génétique que la femme, or l'on sait l'importance de la diversité dans la réussite d'une espèce... à une époque où l'on dénigre l'homme pour son caractère qui serait celui d'un éternel et monolithique pervers agresseur de femmes, portrait dans lequel, j'imagine, bien peu d'hommes ont en fait le loisir de se reconnaître, même si beaucoup l'acceptent par bête culpabilisme. Voir un peu plus loin que le bout de son nez, c'est toujours ce que propose Orlov, et c'est toujours un rafraîchissement pour moi en tout cas.

 

En tout cas, si la femme est un homme comme les autres (et vice versa) alors elle n'a plus rien à lui envier en bêtise.

 

Un autre article extrêmement critique et même assez tranché sur le sujet (pas d'accord avec tout, mais sur le fond oui) :

 

https://fr.sott.net/article/31701-La-masculinite-sur-la-sellette-le-feminisme-et-l-homme-moderne

 

Enfin, pour moi s'inscrivent dans le même contexte la tendance à tout censurer (non seulement les fake news comme on l'a vu plus tôt, mais aussi ce qui est inconvenant du point de vue d'une certaine sensiblerie « efféministe », voire plus haut) et à refuser jusqu'à l'humour :

 

https://francais.rt.com/france/47270-aventures-bamboula-sous-feu-critiques-editions-varly-abandonnent-reedition

 

Désormais on ne peut plus rire sans qu'une cohorte d'abrutis bien-pensants aillent user leurs claviers sur twitter :

 

https://francais.rt.com/france/47487-blague-sur-la-shoah-qui-passe-mal-sur-france2

 

Triste époque où l'humour, la littérature, le cinéma, doivent correspondre à des canons de politiquement correct qui stérilisent de plus en plus la pensée et l'humain. L'humour est la première des manifestations de l'esprit humain, et après les empires religieux puritains qui le bannissent, on vient d'inventer la démocratie opposée à l'humour et à de plus en plus des formes de la liberté d'expression. Car qu'on ne vienne pas me dire que la liberté d'expression des malades mentaux qui n'ont rien de mieux à faire que de manifester leurs humeurs sur twitter soit à mettre en balance avec celle de publier, lire et réfléchir des textes, qu'ils soient une satire enfantine du colonialisme (j'ai de vagues souvenirs de la BD Bamboula, et loin de faire un éloge du racisme, il me semble bien qu'il s'agissait plutôt de se moquer des colons en premier lieu) ou qu'ils soient des pamphlets ouvertement antisémites comme ceux de Céline, que n'importe quel esprit libre et indépendant (mais n'est-ce pas au fond cela qu'on veut annihiler ?) pourra critiquer et prendre avec distance !

 

On constate tout de même que, maintenant, il vous suffit d'être un assez grand nombre de tristes sires postant en meute sur twitter pour faire interdire une publication. Une nouvelle façon, finalement plus efficace, de lancer des fatwas et d' « être Charlie »...

 

Les humoristes pratiquant l'humour noir ou une certaine forme de provocation sont-ils le nec plus ultra de la contestation actuelle ? On aurait presque tendance à le penser tant le simple fait d'aborder certains sujets – et de plus en plus de sujets – quel que soit l'angle choisi (à moins de dire « à mort l'antisémitisme », j'imagine) devient difficile, et finira par devenir une sorte d'acte de courage, voire de témérité lorsqu'on tient à sa carrière.

 

Encore une fois c'est chez Nicolas Bonnal qu'on trouvera des éléments pour affronter cette problématique hystérique et de censure, car il faut bien nommer les choses :

 

http://www.dedefensa.org/article/philippe-muray-face-au-desert-des-barbares

 

« Ce monde est dérisoire, mais il a mis fin à la possibilité de dire à quel point il est dérisoire ; du moins s’y efforce-t-il, et de bons apôtres se demandent aujourd’hui si l’humour n’a pas tout simplement fait son temps, si on a encore besoin de lui, etc. Ce qui n’est d’ailleurs pas si bête, car le rire, le rire en tant qu’art, n’a en Europe que quelques siècles d’existence derrière lui (il commence avec Rabelais), et il est fort possible que le conformisme tout à fait neuf mais d’une puissance inégalée qui lui mène la guerre (tout en semblant le favoriser sous les diverses formes bidons du fun, du déjanté, etc.) ait en fin de compte raison de lui. En attendant, mon objet étant les civilisations occidentales, et particulièrement la française, qui me semble exemplaire par son marasme extrême, par les contradictions qui l’écrasent, et en même temps par cette bonne volonté qu’elle manifeste, cette bonne volonté typiquement et globalement provinciale de s’enfoncer encore plus vite et plus irrémédiablement que les autres dans le suicide moderne, je crois que le rire peut lui apporter un éclairage fracassant. »

 

Dans ce contexte, le rire est en effet d'autant plus nécessaire qu'il y a une tendance à vouloir l'aseptiser, si ce n'est l'interdire. Quand on ne pourra plus rire de rien, car toute forme d'humour sera vu comme une forme d'agression ou de manque de respect, pourra-t-on encore rire, peut-être, du rire lui-même, comme d'une relique dépassée d'un temps où ce spasme simiesque (référence au Nom de la Rose) permettait de se distancier un peu des souffrances de l'existence ? Ne sera-t-il permis que d'être sérieux à propos de tout ? Encore une fois, j'ai été l'un des premiers à dire que l'humour portait en lui une tare : à rire de tout, on ne traite rien, on ne résout rien, on dissout seulement, on prend tellement de distance, on diminue la souffrance et alors le problème demeure. Mais à ne plus pouvoir rire de certaines choses et il ne restera que la souffrance, un sérieux crispé, dur, sec et sans plus de solutions à proposer, en fin de compte que l'austérité et la tristesse. Un sérieux encore plus stérile que le réflexe certes parfois facile du rire.

 

Le rire est nécessaire et voilà qu'on se trouve dans la position de devoir le défendre, alors qu'il est évidemment immortel, propre à la vie et à l'intelligence, indissociable de l'humain, et je plains sincèrement ceux qui ne savent voir que la facette sérieuse des choses au point de vouloir l'imposer aux autres, en véritables ayatollahs de leurs postures idéologiques extrémistes. Des tyrans en attente d'être institués, et qui en attendant profitent de twitter pour vivre leur fantasme de toute-puissance. Des tristes sires, que je vous dis.

 

« Le rire est très exactement ce que l’époque ne peut plus du tout tolérer, encore moins produire, et qu’elle est même en passe de prohiber. «Rire de façon inappropriée», comme on a commencé à dire il y a une dizaine d’années sur les campus américains, est maintenant presque un délit. L’ironie, la dérision, la moquerie, la caricature, l’outrance, la farce, la guignolade, toute la gamme du rire, sont à mes yeux des procédés de description que l’âge de l’industrie de l’éloge ne peut évidemment pas supporter. »

 

Une époque tellement sûre d'elle-même qu'elle a décidé de bannir les bouffons et la bouffonnerie pourtant indispensables à la sanité de la société dans son ensemble.

 

On voit, plus loin dans le texte, le lien que l'on peut établir avec le féminisme et la censure contre le rire :

 

« …il faudrait revoir, réactualiser et corriger tout cela avec le formidable progrès des sciences qui, joint au désarroi général et à l’envie sourde de se débarrasser du fardeau sexuel, est en train de fusionner dans une espèce d’idéologie new age qui n’a même plus besoin de dire son nom. Il y a aujourd’hui un néo-scientisme mystique qui renouvelle tout ce que j’écrivais, à l’époque, sur les danses macabres de l’occultisme et du socialisme. »

 

Il s'agit en fait d'instituer une sorte d'ordre moral assez particulier et tout à fait dément, une sorte de fondamentalisme féministe où le sexe comme le rire sont à considérer comme des archaïsmes bestiaux à faire disparaître, selon le credo de ce qui s'érige comme une sorte de nouvelle religion de masse.

 

D'autres éléments du texte et des passages de Philippe Murray mériteraient d'être cités et débattus, qu'on soit d'accord ou pas d'accord, mais j'ai déjà été assez long, aussi j'en viens à ma dernière partie.

 

 

Divers

 

Pour conclure un peu ce qui a été dit jusque là, je pense que ce texte de Philippe Grasset s'impose, où il nous parle de Dali, et de comment la vision des choses de Dali éclaire notre époque d'un regard nouveau, pas si nouveau en fait :

 

http://www.dedefensa.org/article/nos-temps-dali

 

Un Dali qui, rappelons-le, se jouait de sa société en usant de ses codes pour les détourner et les rejouer en sa faveur. Qui n'hésitait pas à dire ce qu'il pensait des médias, de tous les médias :

 

http://www.ina.fr/video/I12180542

 

Enfin, quelques liens divers, comme ce texte hommage de Philippe Grasset à des contestataires en difficulté :

 

http://www.dedefensa.org/article/leur-bataille-est-la-mienne-et-la-votre

 

Un article sur les vaccins pour prolonger ce qui a déjà été dit sur mon blog à propos de l'obligation vaccinale en particulier (on sait comme obligation et démocratie sont censés former un oxymore, même si on constate décidément que l'un ne va pas sans l'autre) :

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/elements-de-reponse-au-plaidoyer-200500

 

Quelques arguments pour combattre la pensée unique sur le réchauffisme :

 

https://fr.sott.net/article/31649-Les-rechauffistes-disent-que-le-niveau-de-la-mer-augmente-mais-ca-ne-peut-pas-etre-demontre-parce-qu-il-n-y-a-pas-encore-assez-de-donnees-sur-la-deformation-des-fonds-marins

 

Et enfin une info importante sur Mars, pour ceux qui l'auraient ratée, toujours à prendre avec méfiance :

 

https://fr.sott.net/article/31666-Des-scientifiques-ont-decouvert-de-l-eau-pure-en-abondance-sur-Mars

 

Je n'en rajoute pas plus. Je dirais juste pour conclure ce numéro que nous voyons que la censure associée à une idéologie « ultra » font leur chemin dans la société, et que cela n'est pas du tout de bon augure : à surveiller. Bonne journée et bonne continuation à tous tout de même, en n'oubliant pas que s'informer sur l'état du totalitarisme est une chose, mais que l'important est de ne pas s'intoxiquer l'esprit avec cela. Ce qui compte est de s'informer pour rester vigilant, pas de s'informer pour nourrir une obsession ou une névrose (victimaire, à tendance paranoïaque ou que sais-je). Il y a largement la place pour exister et s'accomplir dans le monde actuel, pour peu qu'on se désintoxique de la doxa dominante et rampante, et à mes yeux, c'est tout ce qui compte pour le moment.

 

 

Posté par Seilenos à 13:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 janvier 2018

Revue etc. N°33 - Progression de la censure et de la pensée unique par le biais de bienpensance et de l'antirussisme

 

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°33

 

Toujours dans une démarche de cultiver la lucidité et l'esprit critique sur le monde actuel, je poursuis en 2018 ma série de revue de presse et internet sur l'état de la propagande-système, car il me semble toujours aussi indispensable de demeurer alerte sur les derniers mouvements et tendances en cours dans ce domaine.

 

On observe toujours en ce moment la même tendance à resserrer l'étreinte autour de la liberté d'expression, on l'aura vu notamment autour de l'excitation hystérique grandissante du côté de la mouvance féministe extrême (Tex viré de son émission, habituelles fixations sur des artistes et autres personnalités excentriques qui seraient prétendument représentatifs d'une tendance machisto-patriarcale dans laquelle, pourtant, la majorité ne se reconnaissent pas) ou encore des dernières déclarations de Macron « wannabe président de l'Europe ».

 

Il y a aussi bien sûr les tensions autour de la Syrie, de l'Iran, de la Russie, de la Corée du nord, bref tout ce qu'on pourrait nommer ironiquement comme « bloc non-américaniste ».

 

Ce sont un peu toutes ces choses que je vais tâcher d'illustrer dans ce numéro, et d'autres encore.

 

 

Le renforcement de la censure

 

Le renforcement de la censure est rendu nécessaire pour tenter de défendre encore une ligne globaliste et aveuglément européiste qui est de moins en moins soutenue par l'opinion publique, encore faut-il se rendre à l'évidence. Lorsque vous avez un président qui, tout à la suite, se déclare quasiment président de l'Europe, puis affirme sa volonté de légiférer dans le sens d'une censure favorable au système, cette ligne de défense devient extrêmement claire.

 

https://francais.rt.com/france/46946-lors-ses-voeux-nouvel-an-macron-adresse-directement-concitoyens-europeens-2018-elysee-europe

 

https://francais.rt.com/international/47000-emmanuel-macron-annonce-projet-loi-propagande-fake-news

 

Bien entendu, ce sont précisément les médias russes comme RT qui soulignent ce genre de propos, puisqu'ils savent bien que ce sont eux qui sont implicitement visés par ce genre d'intention, puisque ce sont eux qui ont tendance à tenir des propos peu complaisants envers la logique globaliste agressive qui menace non seulement leur pays, mais aussi leur vision du monde, à laquelle il faudrait donc soustraire les peuples d'occident, car bien trop subversive.

 

Ainsi, la « propagande russe » dérange, mais pas la propagande pro-américaine qui inonde littéralement nos médias et notre pays. De même, on pointe du du doigt les prétendues ingérences russes en taisant du mieux que l'on peut les ingérences américaines. A lire notamment cet article de dedefensa sur ce candidat inéligible à cause de ses antécédents judiciaires et d'un passé plus que douteux, mais néanmoins piloté par Washington pour contrer Poutine. Ici la manœuvre est très facile à lire, toutes les preuves faciles à trouver (contrairement au « dossier » du Russia-gate) mais ça passe comme une lettre à la poste, tout simplement car on n'évoque même pas cela dans nos médias, ou seulement pour parler des éléments qui arrangent le pouvoir atlantiste.

 

http://www.dedefensa.org/article/alexei-navalny-made-in-usa

 

Il est vrai que les USA ont une longue tradition de manipulation politique et notamment dans le terrorisme intellectuel :

 

http://www.dedefensa.org/article/le-mccarthysme-avant-mccarthy

 

Il est vrai aussi que l'atlantisme est désormais bien intégré dans la mentalité européenne et notamment en France :

 

https://www.les-crises.fr/latlantisme-une-passion-francaise-par-guillaume-berlat/#comments

 

A propos du Russia-gate justement, événement géopolitique créé de toute pièce et désormais instrumentalisé pour justifier la censure et un néo-maccarthysme :

 

https://www.les-crises.fr/comment-le-russia-gate-legitime-lusage-de-la-censure-par-joe-lauria/

 

Sur l'ingérence des USA en Iran, et leur implication dans les agitations que subissent ce pays, pour ceux qui en doutent encore :

 

http://www.dedefensa.org/article/anatomie-de-lhypothese-cia-en-iran

 

La mauvaise foi occidentale est si bien installée comme une règle qui ne souffre quasiment aucune exception parmi nos médias que RT s'est senti obligé d'y répondre avec ce texte ironique de Pierre Levy :

 

https://francais.rt.com/opinions/47022-incroyable-mauvaise-foi-rt-qui-inverse-propos-macron

 

Un article de les-crises.fr explique en quoi la censure est le pire moyen de lutter contre ce qu'on nomme les fake news :

 

https://www.les-crises.fr/la-censure-dinternet-est-un-tres-mauvais-moyen-de-lutter-contre-les-fake-news/#comments

 

Encore faudrait-il ajouter que la notion de « fake news » est une invention de novlangue propagandiste exactement similaire à celle de « théorie du complot », qui sont des sortes d'expression-valise dont la seule fonction est de disqualifier ceux qui critiquent le système, souvent sans besoin de prouver le faux affirmé par tous les tenants des « decodex » actuels.

 

 

Rôle et stigmatisation des artistes dans le contexte actuel d'hystérie féministe favorisant la censure

 

Je voudrais pointer ici mon propre article posté hier, pour illustrer ce point qui me semble avoir besoin d'une place toute particulière dans la revue actuelle, mais serait trop long pour la revue elle-même. Aussi je vous renvoie plutôt à mon développement particulier sur ce point pour écourter cette revue :

 

http://seilenos.canalblog.com/archives/2018/01/06/36022173.html

 

 

 

Divers

 

J'ai relevé plusieurs faits méritant d'être soulevés dans cette chronique habituelle des dérives sociétales.

 

En France, ce qui furent des services publics sont incontestablement devenus meilleurs, plus profitables à l'emploi et au pays depuis qu'ils ont été orientés vers une privatisation totale ou partielle, ou vers une approche managériale typique de la société néo-libérale post-moderne :

 

https://francais.rt.com/economie/46495-sncf-annonce-plus-2000-suppressions-emploi-gare-trains

 

J'avais signalé que la SNCF s'orientait de plus en plus vers les bus, ce qui n'a rien à voir avec leur mission originelle, ni avec leur mission de toute façon fondamentale de gérer les chemins de fer de France, et voilà qu'en toute logique, on constate que cette idée servait avant tout un objectif de licenciement. En effet, il suffit d'une seule personne pour s'occuper d'un bus, alors qu'il faut du personnel en gare, des contrôleurs, et autres, pour s'occuper des trains... On voit parfaitement où cela nous mène, et ce que cela produit déjà. Un détail dans le paysage d'un occident en voie de liquidation.

 

Par contre, un autre fait dont j'ai plutôt tendance à me réjouir dans le contexte actuel, puisqu'il va dans le sens de la libre expression et surtout de la libre information :

 

https://francais.rt.com/france/46549-conseil-constitutionnel-depenalise-consultation-sites-terroristes

 

Heureusement que nous avons encore quelques garde-fous comme le conseil constitutionnel, qui fait encore obstacle de temps en temps à une absurdité ou autre non-sens, mais pour combien de temps ?

 

Cela n'empêche pas la société actuelle d'essayer de régir d'autres choses :

 

https://francais.rt.com/international/46526-moins-16-ans-bientot-prives-reseaux-sociaux

 

Bon, on a compris que les mineurs (mais aussi, « les hommes de plus de 30 ans », cf mon dernier article sur l'hystérie féministe et le puritanisme en marche) sont jugés irresponsables, incapables de se déterminer par eux-mêmes, et n'osons même pas aborder la question du « consentement » (on ne leur demande pas leur avis, de toute façon, et on comprend que la perspective de la société occidentale sur les mineurs est que ce sont des victimes par nature, excellente façon de les faire grandir, n'est-ce pas). Ce projet est donc tout à fait dans l'air du temps et favorisera à n'en pas douter l'infantilisation ambiante et le prolongement de la durée de « l'adulescence » puisque ces enfants là n'ont pas de parent responsables (je le concède, dans beaucoup de cas, dans le monde moderne) pour s'occuper d'eux. Un jour, sûrement, comme je le suggère dans mon précédent article, le sexe sera interdit non seulement aux mineurs mais aussi aux majeurs puisque, de toute façon, nous ne savons pas comment il faut manier ce truc extrêmement dangereux et dévastateur qu'est la sexualité. Mieux vaut nous en priver comme on nous privera de médias alternatifs et d'internet tout court (on ne gardera que les « réseaux sociaux » où on développe une pensée en 4 lignes, malgré ce que suggère ce projet de loi : les réseaux sociaux sont l'avenir du contrôle social, mais dans un premier temps, l'école ne devrait pas être mise en concurrence avec ceux-ci, voilà le véritable enjeu qu'il faut y voir, à mon avis, la protection des mineurs étant comme d'habitude un prétexte à la censure).

 

Par contre, la guerre et la destruction au premier degré, on peut continuer, c'est quand même moins grave, d'autant qu'on la confiera aux femmes, comme on l'a vu.

 

Autre fait relevé dans les médias russes qui, décidément, et sans doute au grand regret de ceux qui veulent les interdire, abordent la plupart du temps des questions pertinentes qui demeurent dans l'angle mort de nos médias occidentaux avec leur propagande de guerre constante :

 

https://fr.sott.net/article/31489-Les-pays-du-Maghreb-sont-au-bout-de-leurs-ressources-en-eau

 

Information à la fois anecdotique et importante, tant on sait que la question de l'eau est sous-jacente à bien des problèmes politiques, géopolitiques et militaires qui se profilent. A garder dans un coin de sa tête, donc, car c'est un problème majeur et pourtant presque jamais évoqué dans les guerres actuelles.

 

 

Enfin je termine par trois liens dans une thématique science et médecine, toujours pour alimenter l'esprit critique sur cet aspect lui aussi fondamental des sociétés modernes, dont les problématiques sont souvent tues, disqualifiées ou minimisées dans les médias grand public.

 

Sur les biais dans la recherche :

 

https://fr.sott.net/article/31574-L-influence-de-nos-prejuges-personnels-et-le-conflit-d-interets-dans-la-recherche-scientifique

 

(à souligner ici que, même si sott.net se sert de ce texte pour servir son habituel propre biais pro-tabagisme, les arguments soulignés n'en sont pas moins pertinents, pour la plupart)

 

Sur le cas particulier et attristant, mais pas si anecdotique d'un dentiste qui raconte comment la médecine officielle lui a ravi son fils, jusqu'à favoriser le décès de celui-ci en l'instrumentalisant dans un lutte de pouvoir entre différentes écoles médicales :

 

https://lesmoutonsenrages.fr/2017/12/25/dangers-dune-medecine-autoritaire-un-chirurgien-dentiste-temoigne-de-ce-qui-est-arrive-a-son-fils-kim/#more-108809

 

Enfin, un article qui permet d'aiguiser son esprit critique et de découvrir d'autres arguments sur la question du réchauffement climatique :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/12/le-pouvoir-de-la-refutabilite-adosse-la.html

 

Voilà, j'ai déjà dit beaucoup de choses dans mon précédent article sur la dérive du féminisme extrême, aussi je me contenterai de souhaiter une bonne année aux lecteurs, et de rappeler que tous les faits présentés ici ne doivent pas servir à nourrir une version noire du monde, mais tout au contraire, de se prémunir contre un monde grandement malade, en réfléchissant sur celui-ci, en découvrant des faits, des arguments, afin de participer à la préparation d'une prise de conscience globale des méfaits majeurs de cette société. De ce type de réflexion finissent nécessairement par émerger des idées, peut-être des solutions pour vivre mieux, et éviter de se faire intoxiquer par une propagande sociétale permanente, qui encourage toutes sortes de dérive. Oui, je crois qu'un monde meilleur est possible, même si je ne crois pas à un monde idéal, et que nous pouvons y arriver tous ensemble, à force de découvrir les différents ressorts du totalitarisme et de son lavage de cerveau médiatique permanent qui, lui en revanche, rend réellement les gens malades et fous. Se renseigner et se documenter sur ses aspects sombres, je le prétends, peut aboutir à une meilleure intégrité mentale (même si cela n'aide pas forcément à le renverser ou encore moins à s'y intégrer, dans l'immédiat).

 

 

Posté par Seilenos à 00:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


06 janvier 2018

Vers une aseptisation de l'art, de la sexualité et de la société par le biais du féminisme hollywoodien totalitaire et inverti

 

Des noms fort divers trouvent leur place dans cette rubrique un peu inhabituelle, qui montre à mon sens comment l'on instrumentalise les artistes à diverses fins. Lafesse, Marguerite Yourcenar, Angelina Jolie, Tex, Polanski, Halliday, et d'autres encore, se sont trouvés pris dans le feu de l'hystérie ambiante récente, et il me semble intéressant de faire un arrêt sur image sur ce sujet qui mérite un peu d'attention.

 

Mon sujet est ici autour de la question de l'hystérisation féministe ambiante qui prétend dicter sa loi bien au-dessus des principes élémentaires de liberté d'expression, de liberté artistique, de la présomption d'innocence, et ainsi de suite. Cette lame de fond extrêmement dévastatrice est bien sûr totalement instrumentalisée par le système, au détriment d'un idéal féministe qui serait, lui, tout à fait louable, mais désormais totalement inversé au profit d'un système d'oppression.

 

On sait que tout a commencé avec Weinstein, le producteur hollywoodien détraqué et véreux, comme tant d'autres avant lui, et cela aura rebondi bien des fois sur les têtes d'artistes dont certains ont eu à clamer leur innocence. Ainsi, Charlie Sheen dut porter plainte en diffamation contre celui qui fut vraisemblablement le véritable oppresseur d'une jeune femme agressée à Hollywood, ou encore les éternels rebondissements du cas Polanski, et bien sûr, le cas Tex qui a soulevé l'indignation en France pour une blague connue depuis plus de 50 ans que Coluche faisait en toute impunité dans les années 70/80. Une tempête dans un verre d'eau, mais qui soulève bien des questions.

 

https://francais.rt.com/france/46574-lafesse-denonce-nouvel-ordre-moral-eviction-animateur-tex-france-2

 

Dans un autre registre que celui du féminisme, la mort de Johnny Halliday fut récupérée par les médias jusqu'à l'indécence, avec en prime un absurde débat sur le « souchisme » des fans de Halliday, qui n'est pas sans lien avec la tendance hystérique féministo-anti-raciste qui fait entrer le pays dans un délire absolument consternant depuis un moment.

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/indecence-199645

 

Il est sans doute bon ici de rappeler les propos de bon sens de Marguerite Yourcenar qui nous ramène aux racines d'un véritable féminisme qui, lui, pourrait être respectable et profitable à tous :

 

https://www.ndf.fr/nos-breves/30-11-2017/quand-marguerite-yourcenar-rappelait-quelques-verites-sur-le-feminisme/

 

Surtout quand on observe que ce féminisme est devenu guère plus qu'une maladie mentale obsessive et même guerrière, dans lequel un pion comme Angelina Jolie est utilisé à des fins politiques de l'organisation militaire qu'est l'OTAN lui-même :

 

http://www.dedefensa.org/article/angelina-jolie-comme-secgen-de-lotan

 

Article qui nous instruit utilement à propos des véritables intentions autour du féminisme perverti actuel, et ses fausses prétentions à la paix et à l'harmonie dans un monde matriarcal, et là il me faut recourir à certaines citations tout à fait édifiantes :

 

« Décrivant l’ardente nécessité que l’OTAN devienne une organisation avec comme principale mission de défendre “les droits de la femme” partout où ils sont menacés, bafoués, c’est-à-dire violés pour en venir à l’essentiel, Jolie et Stoltenberg écrivent in fine que pour cette noble cause il ne faut pas hésiter à lancer une guerre, dix guerres, cent guerres, – bref, des guerres... Les quelques lignes ci-après, extraites de la proclamation en question, en donnent l’esprit. (...)

 

En particulier, nous pensons que l'OTAN peut devenir le leader militaire mondial en matière de prévention et de réponse à la violence sexuelle dans les conflits, en tirant parti des forces et des capacités de ses États membres et en travaillant avec ses nombreux pays partenaires.

 

 

Que répondre à ça sinon « si tu veux la guerre, prépare la guerre » ? Bref, une femme de plus, après toutes les marâtres washingtoniennes des différents services d'état à l'armée et à la guerre, qui sert de caution à la « cause » de la guerre. Un nom à ajouter à une liste hélas déjà longue qui enterrera les illusions des idiots croyant encore à un matriarcat idéal et pacifiste.

 

Rappelons tout de même certains faits, eux aussi évoqués dans l'article, à propos des violences sexuelles en temps de guerre :

 

« Ainsi trouvons-nous référencée une étude très intéressante affirmant que 80% des prisonniers politiques masculins dans un certain nombre de conflits principaux de ces dernières année répertoriés sont victimes de violences sexuelles et de viols. »

 

Il serait bien entendu souhaitable que toutes les formes de violences, sexuelles ou non, s'arrêtent, mais en référer à l'OTAN, principal fauteur de guerres des 70 dernières années, vraiment ? Je cite encore un passage :

 

« Le viol et la torture sexuelle sont apparemment monnaie courante en Libye suivant l'invasion appuyée par l'OTAN, qui a vu l'ex-dirigeant Mouammar Kadhafi être sodomisé par une baïonnette avant d'être assassiné par les forces alliées à l'Occident. Stoltenberg et Jolie s'en moquent totalement. Ils ne sont pas là pour prévenir les conflits, mais cherchent plutôt un prétexte pour en créer un. Ainsi, dans une version moderne du “fardeau de l'homme blanc”, ils préconisent la lutte pour le “changement culturel” et “l'égalité des sexes” à travers le canon d'une arme à feu. »

 

Il semble donc acquis désormais que le féminisme est une arme de guerre, voire de destruction massive, et en tout cas instrumentalisé à cette fin. Mais il est un dernier point sur lequel je voudrais insister. Dedefensa parle beaucoup, dernièrement, du « tourbillon sexuel » parti de cette mouvance féministe invertie, liée idéologiquement bien sûr au mouvement LGBTQ, lui aussi totalement instrumentalisé et inverti par le système, loin des objectifs de tolérance de départ.

 

Cette notion de « tourbillon sexuel » véritable agitation hystérique autour d'un domaine de la sexualité (et du genre) très mal intégré par l'humanité occidentale actuelle, perdue dans les concepts de « libération sexuelle » et dans la pornographie compulsive favorisée par internet. Encore une fois, suivant la même logique d'inversion, et puisque l'occident ne sait pas comment intégrer harmonieusement la sexualité humaine au sein de sa société, elle se perd entre des concepts opposés et contradictoires dans ce domaine, ne sachant plus vraiment s'il faut libérer ou réprimer le sexe.

 

Un article des crises.fr cite une préface du Meilleur des mondes par Huxley lui-même. Je reprends le lien et le passage qui m'intéresse pour le commenter :

 

https://www.les-crises.fr/la-censure-dinternet-est-un-tres-mauvais-moyen-de-lutter-contre-les-fake-news/#comments

 

Huxley : « A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s'accroître en compensation. Et le dictateur fera bien d'encourager cette liberté là. Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l'influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort. »

 

 

On a souvent comparé les mérites des travaux de Huxley et de Orwell sur la description d'une dystopie à venir que beaucoup pressentent, à tort ou à raison. Je prétends pour ma part que le grand mérite d'Orwell par rapport à Huxley (qui avait, certes, également très bien cerné certaines choses comme le besoin de narcotisation humain à travers les domaines du divertissement) est de n'avoir pas parlé d'une société future, mais de la société présente telle qu'il la connaissait déjà. Il ne s'est donc pas égaré dans une hypothèse futurologique, mais s'est borné à grossir le trait de la société actuelle, dans une forme de pastiche sombre qui met en lumière des dérives dans lesquelles nous sommes déjà, et de plus en plus : la réécriture continuelle de l'histoire par nos médias, le diktat d'une opinion politique à suivre, la désignation d'un ennemi (qui change tout le temps, mais à qui on donne toujours le même nom), et aussi la constriction du désir humain que l'on enferme et que l'on norme.

 

S'il est vrai que notre société est extrêmement libérale dans le domaine de la pornographie, le fait est que la sexualité est de plus en plus solitaire, morbide, les humains de plus en plus désunis et dysharmonieux, et cela correspond beaucoup plus au constat que fait Orwell qu'aux prédictions que tente de faire Huxley, même si Huxley a pu être plus lucide qu'Orwell sur d'autres points (et notamment sur la mentalité positiviste de notre société actuelle droguée à la télévision et à toutes sortes d'autres choses.

 

Et s'il n'existe actuellement pas de répression sexuelle au sens strict et légal du terme, dans les faits nous observons clairement un mouvement de retour en arrière par rapport à ce que beaucoup considèrent comme les acquis de 68 et des décennies de lutte sociale d'avant et après guerre, ce qui nous rapproche nettement plus de la société d'Orwell que de celle d'Huxley, encore plus avec la tendance actuelle vers la censure.

 

Ce mouvement vers la répression sexuelle est toutefois bel et bien « en marche », et il se remarque principalement autour de deux grandes observations :

 

- L'hystérie actuelle autour de la stigmatisation des artistes

- La tendance nouvelle à vouloir régenter l'acte sexuel lui-même

 

J'ai abondamment parlé de cette hystérie née dans le milieu artistique, lui-même centre d'attraction de la décadence du monde moderne, comme il se doit. J'ai aussi déjà souligné à quel point cette tendance est intégrée par ceux-là même qui voudraient une « société meilleure » et qui croient pouvoir éradiquer certains traits propres à l'humain par le biais d'agitations moralistes, de légiférations voire de purs lynchages médiatiques comme on observe désormais depuis quelques années. A titre d'exemple, je citerais ce lien pour fournir quelque illustration sur ce point :

 

https://francais.rt.com/france/47058-directeur-cinematheque-persiste-signe-dans-sa-defense-des-predateurs-sexuels

 

Déjà, la tendance à désigner comme « prédateur sexuel » quelqu'un qui n'a pas été jugé est assez parlante, même s'il est vrai que Polanski a toujours fui la justice, il faut voir dans quelles circonstances d'acharnement sur sa personne cette décision a été prise. Ce qu'il a fait est certes « mal », mais je souhaite ici me situer hors du champ du manichéisme habituel et, sans prendre la défense d'un ou d'un autre réalisateur ayant pu commettre un viol, rappeler que cela est avant tout affaire de justice et non d'agitation sur un bouc-émissaire désigné à la vindicte populaire pour servir, en somme, de Goldstein sur mesure, dans le domaine sexuel (Goldstein, le bouc-émissaire éternel de 1984, pour ceux qui ne suivent pas).

 

Les arguments du directeur de la cinémathèque sont, je dois hélas le dire, parfaitement recevables, et ce n'est pas parce qu'un artiste a fauté une fois qu'il doit être considéré à vie comme un paria. On a observé le même genre de propos récemment sur des artistes comme Chaplin, Bowie, Sheen, Damon, et bien d'autres avec, toujours, une connotation sexuelle dans le procès médiatique qui leur était fait, souvent post mortem, ce qui n'est pas inintéressant non plus à noter : il est assurément plus facile de s'en prendre à quelqu'un qui n'est plus là pour se défendre, et pouvoir ainsi se laisser aller à sa tendance à condamner agressivement des gens qu'on n'a jamais vu ni connu personnellement, une façon donc d'exprimer sa frustration par procuration, ni plus ni moins.

 

C'est par cette composante puritaine typiquement américaine qui suinte sur la France (ne peut-on pas simplement laisser les agresseurs se faire juger, et laisser la justice faire son travail sereinement ? Polanski était prêt à accepter un procès, avant qu'un rebondissement ne le pousse à fuir la justice) qu'arrive en réalité une répression sexuelle galopante. Les artistes, très souvent des personnes à la personnalité originale, voire excentrique, sont pris à partie pour leur différence, et si un viol ne peut absolument pas être considéré, bien entendu, comme une « liberté sexuelle » à défendre, il faut bien comprendre que ce n'est pas cela qui est visé en fait, mais quelque chose de beaucoup plus large à travers la stigmatisation des artistes : une aseptisation de la société, y compris dans le domaine sexuel et même relationnel, ce qui est le plus sûr moyen d’aggraver les tendances psycho-pathologiques déjà en œuvre de manière sous-jacente dans la décadence occidentale, de la même manière que la censure est le plus sûr moyen d'accentuer la tendance à un complotisme qui peut effectivement avoir une tendance maladive chez beaucoup.

 

En somme : à travers la censure dans les domaines médiatiques et sexuels, c'est une société de malades mentaux que l'on prépare, peut-être car les malades mentaux sont, paradoxalement, plus faciles à contrôler – grâce à la propagande et aux médicaments (et l'on rejoint ici Huxley) – qu'une société de gens sains d'esprit et en pleine possessions de leurs capacités critiques ou de leur liberté en matière sociale, relationnelle ou autre, permettant leur accomplissement et leur épanouissement. Mais ce n'est pas ce qui est désiré par cette société orwellienne et totalitaire moribonde, en voie d'effondrement et de disparition, qui s'attache encore à son pouvoir sur les individus et les populations, au prix de la santé mentale de ces derniers.

 

On croira peut-être que j'exagère et pourtant, l'on trouve déjà des traces très concrètes de cette répression sexuelle en cours, où le sexe sera peut-être remplacé par une version soit totalement aseptisée, soit, par rejet de cette dernière, par une simple abstinence pornographique qui gagne déjà du terrain, sorte de « soma » à la Huxley, qui, pour le coup, créera une servitude d'un genre que celui-ci n'avait pas envisagé et qui, je le répète, est beaucoup plus proche de l'abstinence sexuelle totale décrite par Orwell dans le monde de 1984, où le sexe entre deux individus est interdit et vu comme abject et une perversion absolue. Or les germes de cette perception sont déjà bien présents dans la vision puritaine des choses promues aux USA ou dans la mentalité anglo-saxonne à l'origine.

 

Ces traces, les voici décrites dans cet article de dedefensa :

 

http://www.dedefensa.org/article/maoisation-de-la-revolution-des-femmes

 

Sur la puissance de ce mouvement d'origine féministe extrémiste et inverti, et le court-circuitage de la justice :

 

« Bien sûr, je pense d’abord à cette référence de l’article Jolie-Soltenberg dans le Guardian. En “temps normal” (?), bien qu’inhabituel ce texte n’aurait pas une signification considérable ; dans les temps que nous vivons, il est impératif de porter là-dessus un jugement tout à fait différent, c’est-à-dire un jugement de la possibilité de l’hypothèse extrême envisagée (“Angelina Jolie comme SecGen de l’OTAN”). A côté de cela ou plutôt pour substantiver cette attention que je recommande, il y a le spectacle quotidien de l’extension de la crise, du “tourbillon sexuel”, avec un activisme féministe extraordinairement puissant et efficace. Aux USA, – car c’est bien là qu’une fois de plus dans le domaine de la déconstruction tout se passe, – tous les hommes sont symboliquement et médiatiquement en accusation, derrière la corporation des acteurs et vedettes de la communication qui essuient des attaques ad hominem donnant immédiatement des effets importants. (Parmi les célébrités hollywoodiennes, l’acteur Matt Damon est la dernière cible en date, de ces trois derniers jours.)

Il faut encore être plus précis : ce qui m’attache ici, ce n’est en aucune façon, ni le domaine des revendications de femmes, ni la justesse de leurs revendications, etc., mais bien les recommandations “des femmes” (des accusatrices disant parler au nom des victimes) ; c’est-à-dire que je ne veux pas parler de l’instruction du procès, qui semble déjà faite du côté de l’accusation, mais bien de “la peine” qui suit et applique le verdict de culpabilité d’ores et déjà prononcé par nombre d’entre ces accusatrices. J’ai été alerté en cela par une intervention à une télévision US de Jen (Jennifer) Psaki, qui fut d’abord directrice de la communication de la campagne d’Obama de 2012, puis porte-parole du département d’État jusqu’en 2015, puis directrice de la communication de la Maison-Blanche jusqu’en 2017.

Elle était interrogée il y a quelques jours (moins d’une semaine) dans un débat sur les attaques et dénonciations du harcèlement sexuel contre les femmes. La question était “mais pour condamner [de quelque façon que ce soit] les hommes mis en cause, il faut déterminer que les dénonciations sont fondées, sinon prouvées, n'est-ce pas ?” ; sa réponse fut, en substance : “Non, à partir du moment où il y a dénonciation d’un homme par une femme, il faut condamner”. Bref, le procès est inutile et la parole d’une femme, – même paranoïaque, même maniaco-dépressive, même hallucinée, etc., puisque Psaki n’admet aucune enquête à cet égard, – suffit à condamner celui qu’elle désigne et, comme disait Mitterrand à propos de la presse qui avait attaqué Bérégovoy avant son suicide, à “lâcher les chiens” sur lui. »

 

Sur la culpabilité foncière, originelle et fondamentale de l'homme de sexe masculin :

 

« Foster estime que la plupart “des hommes de plus de trente ans” ont une part de culpabilité dans le scandale Weinstein, dans la mesure où ils fonctionnent tous de la même façon que Weinstein, (...) et, ajoute-t-elle, tout cela même si ces hommes agissent, « j’en suis sûre pour une bonne partie d’entre eux, de façon inconsciente » ; (...) Elle est donc « très intéressé » par ce qui va se passer, c’est-à-dire, le développement du « point de vue des hommes » (elle aurait pu dire : l’aveu de leur culpabilité, même “inconsciente”), et « ce qu’ils envisagent en fait de thérapie [pour se soigner] ». »

 

Un homme serait donc bon à se faire soigner d'office, parce qu'il est un homme. Être de sexe masculin est donc considéré de facto comme une maladie, et si c'est bien le cas, il faudra entériner tôt ou tard qu'être de sexe féminin l'est aussi, puisque l'un est nécessaire à l'autre, et vice versa, pour une reproduction sexuée. On voit que nous entrons donc déjà dans le propos de se débarrasser de la sexualité physique à petits pas, mais cela va devenir beaucoup plus concret dans un autre texte, mais Philippe Grasset de commenter en attendant, pour conclure :

 

« Et alors, il s’avère que l’objet de ma réflexion est l’observation de la naissance d’un monstre fantastique, de ce qui se profile comme l’affirmation d’un totalitarisme féministe d’une extraordinaire facture. Tout y est, de la responsabilité collective et sans appel d’un genre (comme, auparavant, d’une religion, d’une race, d’une classe sociale, etc.), la suggestion de l’autocritique, le conditionnement des cerveaux à l’origine et le “lavage de cerveaux” pour les “hommes de plus de 30 ans” (la thérapie des établissements médicaux de rééducation, par exemple, avec le bon temps revenu de l’opposition traitée comme une maladie psychiatrique qui fonctionnait si bien en URSS). Au bout de cela, l’“Homme Nouveau” nième version, pour le goût des dames. »

 



Nous en venons au point concret que j'ai annoncé plus haut, dans le texte ci-dessous, dont les citations se passent de commentaire après ce que j'ai déjà dit. Il y est question d'une réflexion autour d'un éventuel contrat sexuel passé entre deux personnes avant l'acte, comme aboutissement possible à la crise hystérique actuelle :



http://www.dedefensa.org/article/la-bureaucratie-de-la-passion



« Ainsi le philosophe Žižek, dans un long article pour RT, précise-t-il à quelles conditions bureaucratiques extrêmes pourrait aboutir l’actuel mouvement déclenché par la “crise sexuelle”. Indirectement et peut-être même involontairement, – s’il n’a pas lu le texte, –  il réagit ou répond à la puissante affirmation féministe concernant ce que Jodie Foster désigne comme la nécessaire rééducation (des hommes) pour parvenir à une compréhension et à une opérationnalisation sérieuse du “consentement”, pour faire échec aux harcèlements, contraintes et agressions sexuelles dont les femmes sont les victimes épouvantables de la part des hommes, depuis la nuit des temps.

Le texte de Žižek n’est nullement caricatural même s’il semble l’être. Il examine le problème ainsi posé avec sérieux, mesure, et selon des données objectives que nul ne peut vraiment contester. Tout ce que l’on peut dire de spéculatif à son égard est qu’il fait une projection sur l’avenir, qu’on jugerait en temps normal très audacieuse et lointaine jusqu’à la considérer comme une fiction (science-fiction, ou sociétal-fiction, ou sexe-fiction). Mais si l’on se réfère à la foudroyante rapidité avec laquelle évoluent ces choses des relations entre les deux genres, comme dans tous les autres domaines y compris extra-sexuels, par les temps extrêmement anormaux que nous vivons, et qui courent, et qui courent, – la possibilité évoquée par Žižek pourrait s’avérer assez proche, dans tous les cas sous la forme de propositions pressantes venues de milieux exacerbés...

Lisez le texte, où, pour pousser encore plus vers l’absurde, le philosophe introduit des notions freudiennes pour distinguer la personnalité entre Ego, SuperEgo, Id (pour “identification”, représentant la dimension de désir et de passion par rapport aux normes morales du sujet : « le processus par lequel une personne se transforme, de façon provisoire ou permanente, en assimilant un trait ou un attribut, partiel ou total, d'une autre personne », – et, dans ce cas, le désir pour une autre personne). Et Žižek observe : « Dès lors, pour poser le cas jusqu’à l’absurde, le contrat ne devrait-il pas être signé à la fois par l’Ego, le SuperEgo et l’Id de chacune des parties, de façon à ce que sa complète validité soit établi seulement si les trois parties disent “OUI” ? »



Il est vrai que le texte est, pour le coup, une hypothèse futurologique encore chimérique, mais qui pourrait bien, comme on l'a vu, se concrétiser dans la logique du mouvement hystérique actuelle et de sa prétention à vouloir tout régir, empêcher la spontanéité des hommes, au risque de détruire jusqu'à la possibilité même d'un acte que ces gens là estiment qu'il doit être totalement, absolument et clairement « consenti » par chacun, au mépris de certaines notions biologiques essentielles, jugées probablement répugnantes, comme dans le livre d'Orwell.



Je crois qu'il existe un risque non négligeable de dériver, en fait, vers une fausse libération des mœurs qui ne s'exprimerait que dans le choix « libre » d'un « genre », quitte à en passer par une opération qui est nécessairement castratrice ou stérilisatrice, qui débouche plus ou moins vers une société où le sexe dans son expression animale, essentielle et reproductrice serait banni, donnant raison aux plus cons des idiots qui prétendaient depuis longtemps que l'homosexualité mettait en danger jusqu'à la reproduction humaine globale. Ceci reste bien sûr un pur fantasme de réactionnaire parano à ce jour, mais, finalement, pour combien de temps ? Et outre cela, que penser, de toute façon, d'une société qui, sans aller jusqu'à aucun des extrêmes envisagés dans cet article, tenterait seulement de régir l'acte sexuel et les rapports entre les gens selon une perspective qui se réduit, bien au-delà du respect essentiel que les gens sont censés se devoir réciproquement, à une version extrémiste du politiquement correct ? De toute façon, le contexte actuel est déjà suffisamment délétère et je ne doute pas qu'il cause déjà des dégâts psychologiques considérables, à l'échelle des individus comme à celle des populations. Il est obligatoire que des hommes pourtant non responsables se culpabilisent pour les agissements d'une minorité, et que d'autres se radicalisent au contraire dans leur machisme pour faire obstacle à ce féminisme totalitaire délirant qui s'élève en ce moment. Peut-être n'est-ce qu'une passade sociétale comme on en observe dans une société décadente, une sorte de rebond temporaire de l'histoire pour réagir à certains scandales devenus récurrents, ou peut-être est-ce, comme j'ai tendance à le croire, un mouvement de fond qui engendre lui-même ces propres scandales en montant en épingle des débordements qui sont peut-être très courants dans certains milieux, mais qui s'expliquent avant tout par la mentalité de la société en général (et non pas celle de tous les hommes en particulier, car je ne m'y reconnais absolument pas et me refuse à sombrer dans ces excès de culpabilisme et d'affectivisme), mais qui restent tout de même relativement minoritaires. Et si il est vrai que l'éducation de certains hommes reste à faire en matière de respect des femmes, et plus sûrement d'autrui en général, la prétention de ce féminisme ne peut pas être nommée autrement que totalitaire puisqu'elle réduit les hommes de sexe masculin dans leur ensemble à une tendance infamante, tout en dirigeant la société vers une aseptisation à la fois navrante et ridicule, qui favorisera à tous les niveaux la stérilisation des rapports entre les gens (et pas que sur le plan sexuel). Une société humaine n'a rien à gagner à vouloir régir tous les aspects des relations entre les individus, surtout les plus privés et les plus intimes, et c'est sur ce point qu'il faudra être le plus vigilant.



Posté par Seilenos à 12:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 décembre 2017

Anti-américanisme versus anti-russisme, un match truqué : repenser nos préjugés sur la démocratie et le totalitarisme

 

A l'heure où j'écris, le monde semble toujours divisé en deux. Comment caractériser cette division qui dessine le manichéisme des temps actuels ? Est-ce le pas si traditionnel clivage gauche-droite qui démarque encore la frontière entre deux visions du monde ? On a vu dans des articles passés que ce clivage est largement artificiel, et que ce qui définissait la gauche et la droite a pas mal bougé à travers le temps, depuis la révolution. On a vu aussi qu'il a régulièrement été récupéré et instrumentalisé par des mouvements qui se présentent comme centristes, quand leur identité politique est souvent proche du vide et de la nullité. Si le clivage gauche-droite, qui originellement opposait, en gros, royalistes et populistes, me semble aujourd'hui largement dépassé, ce n'est sans doute pas à lui que nous devrions nous fier pour percevoir la fracture qui marque la séparation entre deux visions du monde assez drastiquement éloignées. N'oublions pas cependant que des visions encore bien différentes existent, hors d'occident, où nous avons toujours tendance à nous sentir au centre du monde, ce qui est de moins en moins le cas.

 

On a évoqué un clivage globalistes-progressistes/conservateurs-traditionnalistes, mais j'ai beau être très méfiant envers ce qu'on nomme aujourd'hui progressisme, je ne me retrouve pas non plus dans la tendance traditionaliste (même si je suis d'accord que préserver au moins certaines traditions est important pour la société).

 

J'ai souvent parlé d'un autre clivage qui serait celui entre une élite de privilégiés (et ceux qui croient y appartenir ou posséder les mêmes intérêts, alors que cette élite représente moins de 0,1% de la population) et le peuple. Cela est sans doute assez schématique, et surtout, beaucoup de gens du peuple ne perçoivent pas ce clivage d'intérêt qui me semble pourtant au centre des choses.

 

Il y a enfin un autre clivage géopolitique plus que social, mais qui se répercute immanquablement dans la sphère sociale, qui lui concerne le monde entier, et qui, lorsqu'on y regarde de plus près, continue d'orienter le monde, et à constituer une base pour les autres clivages que je viens de citer, et qui est tout simplement l'axe USA versus Russie.

 

A bien y regarder, il me semble que cet axe, qui recouvre celui d'une lutte d'influence entre un monde unipolaire centré sur les USA, et un monde davantage multipolaire, où plusieurs acteurs seraient amenés à jouer les premiers rôles (USA, BRICS, etc.) est celui qui domine tous les autres, et ce près de 30 ans après la chute du mur de Berlin.

 

Sans doute que tous les clivages cités existent, et se couvrent les uns les autres en se complexifiant, mais on ne peut pas entrer dans ce genre de détails sans gloser à l'infini, aussi je voudrais dans cet article me concentrer sur ce qui traduit le mieux ce clivage USA/Russie, et qui se manifeste par l'anti-américanisme d'une part, et l'anti-russisme, d'autre part.

 

Ici il faut absolument que je précise que je n'ai aucune prétention à l'objectivité ou à l'arbitrage, car compte tenu des propos que je vais mettre en avant, on serait fondé de me juger a priori comme un arbitre particulièrement partial. Pourtant il faut dire que ce n'est pas par parti pris envers la Russie que je vais m'exprimer ici, mais par cause d'un raz-le-bol général à lire ici et là des propos anti-russes, qui émanent essentiellement d'occidentaux largement intoxiqués par la propagande occidental-américano-anglo-saxonne qui est tout sauf neutre politiquement, et qui pourtant continue de se présenter comme tel, et d'être compris comme tel par une grande partie de la population.

 

Ainsi, qui va nous parler des libertés fondamentales ? Des organisations occidentales, bien évidemment. Qui va nous parler de démocratie, de droits de l'homme, et qui va lancer des guerres en ces noms, et se draper dans sa vertu en ces noms ? Les puissances occidentales, bien entendu, grandes donneuses de leçons devant l'éternel.

 

Nous allons voir ici que dès qu'on adopte un point de vue plus indépendant, ce mur de fumée qui nous fait croire que l'occident est un océan de vertu qui s'épand sur le monde avec la plus grande légitimité du monde, puisque domaine de la liberté, de la démocratie et sans doute de la vertu, ce mur de fumée disparaît assez facilement. Encore faut-il lire et se renseigner avec honnêteté pour cela, encore faut-il comprendre comment l'intoxication et l'enfumage fonctionnent en occident, et en quoi ils ne sont, dans l'absolu, ni meilleur ni pire que ce qu'ils dénoncent ou croient dénoncer, et constituent seulement, dans la plupart des cas de figure, une posture de caution morale pour exercer des exactions qui n'ont rien à envier à celles de ceux qui se situent de l'autre côté du mur idéologique USA/Russie.

 

D'abord, il y a le grand nombre de commentaires rencontrés sur la toile, parfois jusque sur ce blog, à propos des « dictatures communistes », d'où n'émanerait que le mal et le mensonge, quand les médias, la science et la politique de nos pays seraient perçus comme fondamentalement et foncièrement, par essence honnêtes et impartiaux, tout au plus perfectibles car il va de soi que rien n'est jamais parfait (l'excuse toute faite pour un système qui est, en effet, ô combien perfectible !).

 

Ensuite il y a la propagande absolument constante, qui de mon point de vue ne s'arrête à aucune seconde de notre vie car tellement intégrée dans nos esprits, à propos de tout le bon, le bien et le bonheur que recèle la société occidentale, celle qui, désenchantée, techno-centrée, déshumanisée, reine de la dépression et des maladies mentales, de la surproduction, de la pollution, du confort abrutissant, chante elle-même ses louanges à tout bout de champ, en prenant à témoin ses concitoyens à longueur de temps des horreurs que subissent, en revanche, les chinois, les cubains, que sais-je encore, dans ces pays si noirs où l'on ne peut pas presque pas agiter sa langue sans qu'elle ne soit coupée. Jamais un mot sur les tyrannies pétrodollarifères qui sont nos alliés et nos copains de chambrée dans les guerres que nous menons sans relâche, dans des pays où les intérêts miniers, gaziers et géopolitiques autres sont légion. Mais ce n'est pas pour ces raisons que nous y sommes engagés, puisqu'on nous ne le dit pas dans les journaux... propagande et silence vertueux font bon ménage dans nos contrées.

 

Cette idéologie, car c'en est bien une, est tellement ancrée dans les esprits embrigadés sans le savoir des populations occidentales presque totalement conditionnées et enchaînées comme des esclaves à l'idée d'une liberté absolue et pourtant chimérique pour la plupart, que le travail des ONG financées par des lobbies d'intérêt n'en est que facilité, à vrai dire ça passe comme un couteau chauffé au rouge dans du beurre. J'en reçois constamment dans mes courriels, et tout récemment, j'ai été sollicité par une personne que je ne connais que par le prénom pour relayer ce rapport traduit en français, alors voilà, je le fais, par courtoisie, bien que je sois extrêmement dubitatif sur une grande partie de son contenu :

 

https://fr.vpnmentor.com/blog/la-liberte-du-net-en-2017/

 

Suite à la lecture de ce rapport au demeurant assez instructif sur la manière dont sont traités les opposants politiques dans le monde, je remarque qu'il émane de freedomhouse.org, ce que me confirme ma correspondante, et voici le rapport original :

 

https://freedomhouse.org/report/freedom-net/freedom-net-2017

 

Et là je vais avoir beaucoup de mal à considérer ce rapport avec bienveillance, tant les biais pro-occidentaux, et surtout pro-parti démocrate y sont légion. Il s'agit clairement d'un rapport politiquement orienté, et il suffit d'une requête google (vivement que google nous empêche de trouver ce genre d'informations, pour nous donner une vraie raison d'aller voir ailleurs) pour trouver qui finance cette organisation.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Freedom_House

 

« Freedom House est financée par un certain nombre de fondations, incluant la Lynde and Harry Bradley Foundation (en), la Sarah Scaife Foundation (en) et la Soros Foundation. Elle reçoit également un financement du gouvernement des États-Unis par l'intermédiaire du National Endowment for Democracy, de l'USAID, et du département d'État).[5] Environ 75 % de ses revenus proviennent d'allocations fédérales des États-Unis.[4] »

 

 

Le fait que freedom house ait été fondé en 1941, et dans quelle optique, n'a plus guère d'intérêt, même si l'on remarquera que c'est une organisation déjà fondamentalement américaniste fondée entre autre par Roosevelt, dès lors qu'on remarque les lobbies en place actuellement : Soros, le NED, l'USAID... que des lobbies pro-américains et pro-parti démocrate. Preuve est faite de son manque d'indépendance politique, ainsi que, pour ceux qui ont suivi, de son engagement dans un processus de globalisation-américanisation du monde, au profit des milliardaires globalistes et faussement de gauche, intéressés à spéculer sur la misère humaine, comme Soros, l'homme sans scrupule qui spolia les biens de ses congénères juifs en Hongrie en collaborant avec les nazis sous prétexte qu'un autre l'aurait fait à sa place, de toute façon. Un comble pour une organisation qui fut prétendument créée pour lutter contre le nazisme...

 

En ce qui concerne le contenu du rapport lui-même, il suit la logique habituelle de placer quelques mensonges dans beaucoup de vérités. Une personne non avertie n'y verra que la dénonciation des atteintes aux libertés des activistes et militants, là où une personne renseignée s'étranglera en remarquant le manichéisme non-avoué du document, qui épingle à longueur de paragraphes les pays considérés comme dictatures (tous les adversaires de ces lobbies politiques), et en évitant de citer, ou en minimisant fortement les exactions commises dans les pays « vecteurs de démocratie ».

 

Ainsi, une recherche montre que la France n'y est pas du tout citée, quand bien même d'autres organisations plus indépendantes dénoncent son glissement progressif vers une perte des libertés en la rapprochant de...la Chine. Dommage pour un rapport qui prétend parler d'un déclin mondial des libertés autour d'internet. En revanche, la Russie y est pointée 18 fois, la Chine 19 fois, tandis que l'on trouve 8 fois seulement « United States » et toujours pour les mettre en parallèle avec les « manipulations russes », sauf une fois où il est très brièvement question des noirs tués par la police dans ce pays, et de son déclin dans les libertés, histoire de dire qu'on n'est pas totalement partial quand même. Ne pas perdre de vue que ceci est tout de même avant tout un argument de vente du parti démocrate.

 

On aurait vite fait d'en conclure que cette démocratie perfectible règne dans ces USA postmodernes, quand une noire tyrannie régnerait chez les anciennes « dictatures communistes », toujours suspectes de l'être, quand bien même elles conduisent des politiques, certes plus oppressives qu'ailleurs, probablement, en tout cas largement tournée vers le capitalisme. La Chine devient la première puissance économique mondiale, et la Russie est à la tête des BRICS (dont fait aussi partie la Chine), organisation capitaliste concurrente du bloc américaniste.

 

Un rapport totalement orienté politiquement, donc, qui dispense ses recommandations idéologiques et l'habituel message de la supériorité morale américaine au milieu d'exposés des dérives contre les libertés, ce qui permet de mieux faire passer la pilule. Par ailleurs, on se demande d'où l'ONG tire ses sources, puisqu'elle ne fait que s'auto-citer à longueur de paragraphe. On peine à trouver la moindre source scientifique : tout ce qui est affirmé n'est que référence circulaire à d'autres affirmations élaborées par l'organisation elle-même, qui aurait donc toute autorité pour décréter ce qui est bon et pas bon, sans même devoir se référer à des sources de recherches indépendantes. C'est bien simple, elle n'essaye même pas de faire semblant.

 

Par ailleurs il est assez paradoxal que l'article traduit soit signé « Guy Fawkes », du personnage de V pour Vendetta [Note : en fait le masque de Guy Fawkes, révolutionnaire anglais] utilisé par les Anonymous, lorsqu'on sait les dissensions qui existent entre Anonymous et Soros. A-t-on affaire à quelqu'un qui se trompe de bonne foi (j'ai bien saisi qu'il ne s'agit que de poster une traduction française, mais tout de même) en utilisant ce pseudonyme sans trop bien maîtriser le sujet, ou à quelqu'un qui cherche à tromper le public en suggérant que ce rapport est, dans tous ses tenants et aboutissants, validé par les Anonymous ? J'ai déjà mentionné ceci ici, mais un rappel ne fait jamais de mal :

 

https://www.anguillesousroche.com/internet/lelimination-de-george-soros-commence-anonymous-publie-nouvelle-video/

 

Ma conclusion est donc : un rapport politiquement orienté à lire avec précaution. On y trouve des infos utiles et intéressantes, entourées d'intoxications diverses sur Trump, les russes, etc. On a clairement à faire à une antenne propagandiste du parti démocrate essayant de se raccrocher aux branches en désignant l'ennemi, en enfumant le public, et ainsi de suite. On lit par exemple que :

 

« Russia’s online efforts to influence the American election have been well documented, but the United States was hardly alone in this respect. »

 

Dans la version française :

 

« Les efforts en ligne de la Russie pour influencer les élections américaines se sont révélés vrais, mais les États-Unis ne sont pas les seuls dans ce cas. »

 

 

Là encore, je vais devoir passer du temps à rappeler que c'est faux, archi-faux, et que non seulement c'est faux, mais que les services secrets américains se sont ridiculisés en voulant le prouver. On fabrique de fausses preuves, on se fait prendre la main dans le sac et ensuite on noie le poisson en remplaçant le mot « preuves » par le mot « indices ». Puisqu'on ne peut pas prouver, jouer sur les mots. Parler de cybercensure pour mieux faire de la cybermanipulation, voilà où le bât blesse, et c'est grave.

 

Seulement, pour avoir conscience de ce mensonge, il faut souvent vouloir se documenter objectivement, laisser ses idées reçues de côté le temps de ce faire, et montrer quelques efforts dans le sens de la vérité. Se laisser bercer par le mensonge, en l'état actuel, commence à relever d'une paresse coupable, car toutes les infos sont disponibles, bien documentées et surtout bien commentées par ceux qui ont compris qu'au lieu de se focaliser sur la Russie, en se focalisant sur les enjeux et les coulisses du pouvoir aux USA, on en apprenait bien plus, et on comprenait soudain bien plus de choses. Jusqu'à ce que cela change, les USA sont encore largement aux manettes dans le monde, et utilisent leur puissance médiatique (et je ne parle pas de la puissance militaire) pour influencer le reste du monde, propager ses intérêts et son « idéal de vie » façon american dream (dont George Carlin dit qu'il faut être endormi pour y croire... puisque c'est un rêve).

 

Parmi les commentaires et explications que l'on trouve à propos des manipulations américaines à propos des prétendues manipulations russes, où l'on apprend notamment, et c'est cocasse, que la fuite de la supercherie émane d'un bureau démocrate, je citerai en particulier ceux-ci :

 

https://fr.sott.net/article/31545-Les-mensonges-et-les-dissimulations-du-FBI-a-propos-du-dossier-Trump-ont-ete-devoiles-a-l-audience-du-Comite-judiciaire-du-Senat-Silence-mediatique-total

 

https://fr.sott.net/article/31343-En-l-absence-de-preuves-de-collusions-avec-les-Russes-et-de-hacking-le-Congres-americain-les-fabrique

 

https://fr.sott.net/article/31566-Ce-n-etait-pas-la-Russie-mais-bien-le-FBI-et-le-MI-6-qui-ont-voulu-manipuler-les-elections-americaines

 

Je cite également l'un des liens américain, juste pour enfoncer le clou et montrer que cette contestation à propos de ces mensonges grossiers émanent de l'intérieur des USA eux-mêmes, où certains ont bien compris par quel genre de personnes et d'organisations ils étaient gouvernés :

 

https://www.sott.net/article/370592-FBI-Lies-and-Coverups-on-Trump-Dodgy-Dossier-Exposed-at-House-Judiciary-Committee-Hearing-Mainstream-Media-Ignores-It#

 

 

Par contre, et cela aurait pu, et même du être mentionné dans ce rapport, visiblement pas encore assez long, façon roman fleuve, pour être exhaustif, mais il faut trouver cette information dans un média russe, car il est bien évident que les médias américains ne vont pas crier ceci sur les toits :

 

https://francais.rt.com/international/46543-pourquoi-etats-unis-ont-ils-mis-fin-neutralite-net

 

Le pays roi des libertés, pays qui a vu naître internet, détruit donc son principe premier dans le silence et l'indifférence générale. On préfère pointer du doigt à longueur de temps les « dictatures communistes », ce qui donne le sentiment aux captifs des sociétés totalitaires occidentales d'être libres et sous démocratie. Un peu comme la France, « pays des droits de l'homme » basculant dans l'état d'urgence généralisé et institutionnalisé. Si ce ne sont pas des signes du « déclin (euphémisme) occidental... Mais cela ne ralentit pas cet occident de vouloir propager son idéologie en plein échec.

 

La vérité est que les USA, ce pays adoré qui répand sa réputation à grand coup d'hollywoodisme, a basculé dans un néo-maccarthysme, il n'y a pas d'autre mot, et je ne me laisserai pas prendre au jeu de ces ONG qui pratiquent les tournures impersonnelles pour donner l'impression de n'être pas engagées dans des processus propagandistes. C'est que la propagande a, comme on le sait, grandement progressé dans la finesse de ses techniques, depuis son invention par... des penseurs occidentaux, comme on l'a vu également (cf Bernays).

 

https://www.les-crises.fr/apprendre-a-aimer-le-maccarthysme-par-de-robert-parry/

 

On voit que là aussi, les USA sont critiqués de l'intérieur, y compris par d'anciens ministres, d'anciens collaborateurs d'anciens présidents qui, eux, et à la différence des psychopathes actuellement en activité, ont compris ce qui se passait dans leur pays, et qui est bien plus qu'un déclin, bien plus qu'une dérive anti-démocratique.

 

Il y aurait tellement à dire... Je vais laisser ici la parole à Philippe Grasset. Je conseille à ceux qui sont honnêtement et sérieusement intéressés par le sujet de lire l'article qui vient intégralement, et à ceux qui veulent seulement se conforter dans leurs préjugés pro-américains et anti-russes de me foutre la paix s'ils ne le font pas, merci. Tout est dit dans cet article et notamment la manière dont s'est construit, assez arbitrairement et même chaotiquement, une idéologie profondément anti-russe dans les milieux décisionnels américains. Long mais instructif pour les gens qui comprennent l'intérêt de sortir de la partialité aveugle envers un américanisme qui ne cesse de se répandre et d'intoxiquer la planète, et pas seulement l'intoxiquer, mais la mettre en danger.

 

http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-lantirussisme-postmoderne-aux-origines

 

D'autres commentaires d'une grande pertinence, comme toujours, ont été faits sur le même site, et je me dois de les citer pour proposer un panel assez complet des critiques que l'on peut adresser envers l'américanisme, plus particulièrement ce qu'il est devenu à l'époque actuelle.

 

Ici un article d'Orlov, russe résident aux USA, qui connaît les perversions des deux positions et qui néanmoins critique bien davantage la perversion américaniste, et à mon avis à raison :

 

http://www.dedefensa.org/article/trump-jerusalem-vu-par-orlov

 

Ailleurs, Andrew Korybko ajoute, sur un thème proche :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/12/les-jeux-olympiques-et-jerusalem-la.html

 

 

Philippe Grasset qui surenchérit sur le « tourbillon sexuel », cette hystérie puritaine qui colore actuellement les derniers rebondissements de l'Amérique décadente et... surtout du côté démocrate perpétuel donneur de leçons qu'il devrait peut-être appliquer à lui-même (puisqu'à l'origine, ce type d'attaque ciblait plutôt le camp Trump, avant de se retourner, là aussi, contre eux) :

 

http://www.dedefensa.org/article/tourbillon-sexuel

 

Comme note personnelle, je remarque un point à peut-être développer dans un autre article, que c'est le système tel qu'il est qui génère la violence et la prédation, y compris sexuelle, aussi, l'hystérie puritaine actuelle contre les abus sexuels est nulle et non avenue, comme l'est l'écologisme extrémiste : ces mouvements sont pleins de bons sentiments, mais ils sont inaptes à renverser le système qu'ils veulent juste « patcher ». Remplaçons les élites actuelles par des « gens du peuple », et nous aurons, à terme, les mêmes dérives sexuelles et anti-écologiques. Pour résoudre ces problèmes, ou au moins les atténuer, c'est le système qu'il faut renverser, installer un nouvel ordre social vivable et non pas un nouvel ordre moral (ou mondial), dont on a vu ce qu'il donnait au sein des églises, par exemple.

 

On a encore cet article qui nous parle d'une récente anecdote autour d'un discours de Trump, anecdote assez révélatrice du fait que la folie se trouve tout autant du côté du camp Trump que de ses adversaires (sauf que Trump a les clefs du bouton rouge nucléaire pour le moment), ainsi que d'une dérive plus que maccarthyste, mais également orwellienne :

 

http://www.dedefensa.org/article/la-strategie-du-desordre-psycho-rigide

 

Ici, il est bon de s'arrêter une seconde pour rappeler que Orwell aussi bien que Moore et Lloyd, les auteurs de V pour Vendetta, la BD originale, étaient des anglais. Et comme P.K. Dick, qui avait eu à subir personnellement le maccarthysme et qui épinglait son pays, les USA, dans des récits dystopiques, c'est leur pays, l'Angleterre, qu'ils ont choisi pour théâtre de leurs univers dystopiques totalitaires, et pas, disons, la Russie ou l'Allemagne. Et ils l'ont fait en totale connaissance de cause que leurs pays, comme les USA, autre bastion anglo-saxon, porte par excellence les graines d'un totalitarisme basé sur la manipulation de l'information. Dans 1984, la doxa est diffusée par le biais des journaux constamment réécrits, et dans V pour Vendetta, c'est la télévision qui s'en charge. Télévision qui a rongé si profondément le cerveau des occidentaux que cela, déjà en 2010, a pu donner cette expérience, très révélatrice et qui fait froid dans le dos, une révision bien pensée de la fameuse expérience de Milgram, que je recommande vraiment de voir :

 

Vidéo youtube : Les Faux Jeux Télévisés - Le Jeu de la Mort

 

 

C'est que l'occidental est « heureux » de son confort, de ses biens électroniques, de ses écrans plats et autres tablettes, et c'est au nom de ces objets, dont les composants sont captés par prédation militaire, politique ou commerciale dans de plus petits pays qui sont souvent pris en étau entre les USA, la Chine, la Russie ou encore l'UE, et il lui est difficile de comprendre qu'il doit en grande partie ce confort aux guerres qui sont menées au nom de ses « valeurs ». Un cercle vicieux pseudo-moral, où l'idéologie ne sert que de prétexte à la prédation et à l'agression. Le pire étant que cela conduit à propager cette violence que lui ne vit pas, sur ses écrans, à travers ce type de programmes (ici juste une expérimentation, oui, mais qui montre que de tels programmes seraient possibles, en les préparant avec les bonnes mises en condition... rien de tel qu'un occidental pour exercer ce type de violence : il est déjà largement conditionné à se laisser embobiner par des décennies d'abrutissement télévisé, au point que ceux qui ont été pris au piège de ce documentaire ont été surpris de voir ce qu'ils pouvaient accomplir eux-mêmes, en se soumettant aux conditionnements de l'univers télévisuel... simplement car ils n'ont pas conscience à quel point c'est déjà ce qu'ils font chaque jour de leur vie).

 

Mais le texte qui m'a le plus frappé sur dedefensa récemment, sur le sujet que j'aborde était celui-ci, et je cite certains des passages importants en dessous :

 

http://www.dedefensa.org/article/la-terre-brulee-venue-du-ciel

 

« Dans cette époque d’orgie mémorielle et de repentance, le trou noir historique que constitue la dévastation de la Corée du Nord est l’un des cas les plus exceptionnels de suppression d’un événement de cette importance, sans la moindre difficulté dans la mesure où la Guerre de Corée n’a jamais intéressé le public ni vraiment le monde politique aux USA. Les seuls échos qu’on en ait eu viennent de Hollywood et portent sur l’infamie communiste et les troubles psychologiques des soldats US (le fameux “lavage de cerveau”, illustré par le film The Mandchurian Candidate, la solitude des soldats US rentrant de Corée dans Comme un torrent), sur l’héroïsme des pilotes US (Les ponts de Toko-Ri), voire sur l’héroïsme humanitaire (Les Ailes de l’Espérance). Des Nord-Coréens et des bombardements, pas un mot... Il faut donc insister sur ceci : il n’y eut besoin ni de censure, ni de contrainte, non pas pour évacuer les bombardements-massacres de la mémoire, mais simplement pour les empêcher d’y figurer. Cela ne nous intéressait pas, point final. »

 

 

« Ensuite, cette attitude de ne rien dire des pertes adverses, surtout civiles, après avoir abondamment disserté de l’écrasement autorisé des immondes, civils compris, pendant la Deuxième Guerre mondiale, devint systématique dans la communication US. Pour la guerre du Golfe, il a été signalé par des “sources internes” présent sur la scène du crime que le président Bush-père décida brusquement l’arrêt des opérations et la fin de la guerre en voyant, sur CNN qu’on avait branché sur un écran dans la Salle d’Ops’ de la Maison-Blanche, une retransmission d’une attaque très violente effectuée par des avions US contre cette route fameuse filant vers l'Irak, encombrée de convois mêlant civils et militaires fuyant le Koweït dans la déroute et le chaos les plus complets. La vision des pertes et des dégâts considérables occasionnés par ces attaques-massacres parut aussitôt au président extrêmement dommageable pour le statut et la réputation des USA : on peut faire et l’on fait, mais il ne faut surtout pas que l’on voit, encore moins que l’on regarde. Dès l’automne 2002, avant la deuxième attaque contre l’Irak, le Général Frank, qui commandait Central Command et les forces qui allaient être engagées, annonça que la politique officielle du Pentagone était désormais de ne plus effectuer le décompte des pertes civiles dans les conflits. C’est le régime qui est suivi aujourd’hui d’une façon systématique, aveuglant la vérité des pertes effrayantes subies par les populations des divers pays agressés par les USA, essentiellement toujours par voie aérienne. »

 

 

C'est dans ces propos que la stratégie américaniste reprend tout son vrai sens : celui d'une manipulation massive des esprits à travers le monde à travers les machines de guerre médiatiques sur sont les télévisions, les journaux politiquement orientés (et possédés par l'élite qui y répand ses messages et ses intérêts) , et bien sûr, le cinéma américain, si important que, de nos jours, pour la plupart des gens, il n'est de vrai cinéma que l'américain. Le reste est forcément bas de gamme ou juste chiant et « intello », quand bien même on n'a jamais essayé de s'y intéresser, parce que trop conditionné par le cinéma américain, ses couleurs, ses valeurs, son style tapageur, rythmé, addictif.

 

Philippe Grasset remarque aussi dans cet article à quel point les actions militaires américaines peuvent être appuyées par des justifications et une signification bibliques, souvent avancées pour exprimer le côté vécu comme transcendant de la violence américaine :

 

« Le nom de code de la RAF pour la première campagne de raids incendiaire massif sur Hambourg fut “Opération Gomorrhe”. Il s’agissait d’une ville qui avait [pourtant] toujours refusé de donner la majorité au parti nazi. […] Alors, pour ce cas, et tout athée que je sois, je dois invoquer quelque chose qui se rapproche de la référence biblique. Il était important non seulement que le système nazi fût vaincu, mais [que l’Allemagne nazie] fût totalement détruite et détruite sans le moindre sentiment de retenue. »

 

Ici, « sans retenue signifie en fait « sans égard pour les populations civiles », même d'une ville qui ne soutenait pas le nazisme. Philippe Grasset explique et commente :

 

« Le May n’était pas un intellectuel trotskisto-biblique comme Hitchens, mais sans doute n’aurait-il pas démenti cette conception biblique des bombardements s’il l’avait connue. On déduit donc aisément que cette stratégie, cette conception, ce mysticisme et ce symbolisme, etc., sont fortement liés au sentiment de suprémacisme qui n’est pas celui des blancs comme l’on dit en général dans nos temps de si audacieuse pensée, qui n’a aucun rapport avec le colonialisme traditionnel ni même l’esclavage “classique”, – bien des théoriciens progressistes-sociétaux devraient revoir leurs belles théories et des polémistes sociétaux-progressistes leur verve-tendance, – mais plutôt celui des Anglo-Saxons et des américanistes particulièrement, qui ont organisé leur suprémacisme en des actes  bureaucratiques globaux ordonnant l’opérationnalisation essentiellement de l’outil aérien qui est chargé de faire tabula rasa. Ce n’est ni une conquête, ni une annexion, ni une colonisation, c’est tabula rasa, où la terre écorchée vive (“scorched”) où rien ne repousse sinon les produits efficients de l’américanisation lorsque l’heure sera venue... Et l’aviation à cet égard, ou l’USAF, ou le SAC de LeMay, c’est l’instrument de ce suprémacisme, ou si l’on veut “la main de Dieu” qui doit punir tous ceux qui ont failli, les “sauvages”, – qu’ils soient Japonais, Allemands, Nord-Coréens, Vietnamiens, Irakiens, Afghans, et même Français puisqu’on y est (allez demander aux Normands et notamment aux habitants de la ville de Caen ce qu’ils pensent des carpet bombings de l’USAAF pour leur “libération”, à l’été 1944.) »

 

On dit que l'histoire est écrite par les vainqueurs, et en voici une parfaite illustration, mais à ceci il faut ajouter qu'elle continue de l'être longtemps par la suite. Ceux qui croient à la neutralité politique et à la supériorité morale de l'agresseur qu'est l'« Amérique » dans toute guerre qu'elle initie devraient sans doute y réfléchir à deux fois.

 

Rien que dans les posts récents, bien d'autres faits en rapport avec la lutte américanisme versus le reste du monde peuvent être rapportés. Par exemple ce panorama de l'effondrement du patrimoine public, où la Chine fait exception :

 

https://www.marianne.net/economie/les-inegalites-explosent-pendant-que-fond-le-patrimoine-public-des-nations

 

Les bienfaits de la globalisation telle que voulue dans sa version américaniste, où le patrimoine a désormais une valeur négative... sans commentaire, c'est éloquent de déconnexion entre le réel et ce système de pensée.

 

Le démocratisme américaniste en action, où l'on valorise certaines infos par rapport à d'autres, déséquilibrant les rapports en faveur de certains courants idéologiques et politiques, mais on sait déjà que la neutralité n'est pas une valeur très appréciée de l'américanisme :

 

https://fr.sott.net/article/31528-Eric-Schmidt-de-Google-admet-qu-il-y-a-une-censure-politique-des-resultats-du-moteur-de-recherche

 

Ou encore cette anecdote, ô combien révélatrice du fait que les occidentaux, plus particulièrement dans le milieu journalistique, pourtant tenu d'une certaine éthique, ou dans le milieu politique, pourtant censé être bien au fait de l'état du monde et des rapports de force, sont tellement conditionnés à l'américanisme et à l'anti-russisme que ça ne demande aucun effort de leur faire avaler certains canulars :

 

https://www.les-crises.fr/desormais-lespagne-sait-que-puigdemont-est-lagent-russe-cipollino/

 

Il y a également eu celui-ci :

 

https://fr.sott.net/article/31591-Un-canular-ridiculise-l-ambassadrice-des-USA-a-l-ONU-Nikki-Haley-et-montre-a-quel-point-elle-est-ignorante-des-affaires-internationales

 

 

Par ailleurs, j'ai entendu dire assez souvent par des gens qui ont séjourné en Russie que, là-bas, à la télé, on peut assister à des débats violemment contradictoires, chose tout de même bien peu observée en France, où les protagonistes sont – comme dans les émissions de télé-réalité typiquement occidentales – triés sur le volet pour fournir un résultat quasi-scénarisé. On a donc encore une fois beau jeu de dénoncer les manques de libertés en Russie, quand on n'en a qu'une perception biaisée que l'on véhicule à longueur de temps, ce qui ne fait que renforcer les stéréotypes et séparer toujours plus la réalité et la perception que l'on en a, suivant un principe tout à fait orwellien où, pour éviter d'être stigmatisés, de plus en plus se rangent du côté de l'opinion imposée. D'ailleurs cet article de Berruyer mérite lui aussi qu'on y jette un coup d'oeil pour comprendre en fait dans quelle ambiance déséquilibrée et de délation « anti-conspi » on baigne en France (pays dans lequel ne pas avoir une position anti-russe de principe vous classe de facto parmi les « conspis », essayez la même chose avec la position américaniste et on vous considérera avec la plus grande bienveillance, quelqu'un de « normal »... il est bon de relever ce genre de position déséquilibrée semblant pourtant aller de soi). On comprend finalement assez bien que le « journaliste » en question se déclare opposé à un véritable pluralisme qui dépasse de l'alignement des chaînes française sur les chaînes américaines, il n'y a pas d'autre façon de le dire. Si la même chose avait lieu concernant une chaîne américaine, personne ne soulèverait un seul sourcil. Ou peut-être feindrait-on de s'étonner de la présence de journalistes et politiciens ayant une autre vision des choses, puisque, on l'aura compris, on ne leur en accorde pas moralement le droit. Cela va presque plus loin que du maccarthysme, selon les standards de notre époque, à vrai dire. Sous le maccarthysme, une idéologie politique était criminalisée comme « ennemie ». Ici, elle est d'abord considérée comme moralement répréhensible, reste à voir si on finira par entériner cette posture morale dans une loi ou un décret.

 

https://www.les-crises.fr/olivier-tesquet-le-journalisme-delateur-a-telerama/

 

On peut d'ailleurs se demander quels sont, très précisément et très concrètement, les crimes des russes, puisqu'ils sont toujours cités très vaguement pour éviter de rentrer dans les faits. Est-ce simplement d'être russes ? Au moins cela serait clair, dans un pays qui insiste à traiter d'antisémites des contestataires qui prônent une position antisioniste, amalgamant ces deux positions qui ne se confondent pas. Peut-être que si cette accusation de crime par appartenance à a la Russie était énoncée clairement, nous pourrions dire que nos institutions politiques et médiatiques sont tout simplement et basiquement antirusses.

 

Puis, tant que j'y suis, plutôt que de se laisser intoxiquer par un rapport sur les « libertés » (terme ô combien détourné et instrumentalisé, de nos jours), il peut être plus utile de savoir ce qui se dissimule derrière ces libertés, comme par exemple, la liberté de surveiller les internautes afin d'établir leurs profils, notamment en terme de solvabilité, caractéristique ô combien primordiale pour définir un individu, dans la société suivant les préceptes de l'américanisme. Le document ci-dessous en dit long sur ce point, même si je trouve qu'il glisse parfois dans des conclusions rapides et parfois exagérément inquiétantes à mon avis, même si, dans l'ensemble, il en reste au niveau des faits et que cela est à surveiller pour voir jusqu'où cela ira. Ce qui est le plus préoccupant étant ici que la machine jusque là essentiellement utilisée pour étudier les comportements consuméristes s'étend désormais aux banques, assurances, médias, réseaux sociaux, et que la finalité semble être d'influencer de plus en plus l'internaute, non seulement dans sa consommation, mais dans ses actes et ses opinions. Or on a vu que le rapport cité en début d'article tombe lui-même sous le coup de ce danger, en prétendant alerter contre une censure, tout en participant à la manipulation et au contrôle des opinions, y compris dans les élections (et après, on accuse les russes) :

 

https://framablog.org/wp-content/uploads/2017/10/framablog.org-Comment-les-entreprises-surveillent-notre-quotidien.pdf

 

Je pourrais aussi mentionner les tentatives de faire interdire la chaîne de télé RT France avant même son lancement, preuve que tout ce qui est russe est entaché par nature d'être russe (et tout ce qui est russe est « pro-Poutine » voire « agent de Poutine », c'est bien connu, comme si les chaînes américaines ne servaient pas, quant à elles, l'establishment correspondant). L'essentiel est dit ici :

 

https://www.les-crises.fr/rt-bashing-l-angoisse-de-nos-medias-face-a-la-perte-de-leur-monopole-de-la-propagande/

 

Et pour terminer sur un point majeur... les « french leaders » et autres « young leaders », ceux qui sont influencés pour influencer ensuite notre pays et nos choix politiques, ce sont les russes qui ont inventé cette extraordinaire ingérence ? Un simple exemple de ce type d'organisations qui existent à foison, et sous différentes formes, toutes provenant des USA et/ou du monde anglo-saxon et globaliste :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/French-American_Foundation

 

Je cite : « Plus de 400 dirigeants issus du monde de la haute fonction publique, de l’entreprise, des médias, de l’armée et de la recherche ont bénéficié du programme Young leaders depuis sa mise en place en 19815. »

 

Qu'entendrait-on si les russes faisaient le quart du dixième de cela...

 

 

 

Mais cela est infini, et je vais conclure (longuement) ici cet article, en disant que, bien que ne prétendant pas à l'objectivité, et après avoir écrit cet article totalement à charge contre les USA, je n'ai cependant aucun parti pris. Je ne suis pas anti-américain et, au désespoir de beaucoup, ne serai jamais anti-russe. Le besoin de critiquer la politique américaniste est, par contre, pressant, dans un contexte où cette mentalité à la fois branlante et bien trop sûre d'elle-même, menace sempiternellement l'équilibre et la sérénité du monde et en tout cas de bien des pays, et par-delà, des mentalités à travers le monde, et plus particulièrement celle des occidentaux qu'elle intoxique sur une base perpétuelle, à tel point que l'esprit critique de l'occidental moyen est anéanti comme par un tapis de bombes idéologiques.

 

Cette nécessité, je la justifierai par ces citations désormais classiques et emblématiques de la contestation éclairée. Deux de Chomsky, un américain qui se bat intellectuellement contre les abus de la nation à laquelle il appartient :

 

« Je suis citoyen des États-Unis et j’ai une part de responsabilité dans ce que fait mon pays. J’aimerais le voir agir selon des critères moraux respectables. Cela n’a pas grande valeur morale de critiquer les crimes de quelqu’un d’autre – même s’il est nécessaire de le faire, et de dire la vérité. Je n’ai aucune influence sur la politique du Soudan, mais j’en ai, jusqu’à un certain point, sur la politique des États-Unis. » (Noam Chomsky)

 

« La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures. » (Noam Chomsky)

 

Et une d'un français.

 

« le monde renversé où le vrai devient un moment du faux. » (Guy Debord)

 

Et cette citation attribuée à la sagesse tchèque et bien souvent reprise :

 

« Un mensonge répété mille fois devient une vérité. »

 

Ceci est particulièrement juste en occident, où les mensonges n'ont jamais été autant répétés et avec autant d'aplombs qu'ils le sont par et pour des gens qui sont aveuglément conditionnés à la supériorité de la civilisation occidentale. Le mensonge se cache souvent parmi les vérités les plus vertueuses, et si je m'estime heureux de vivre en occident plutôt qu'en Corée du nord ou en Arabie saoudite, ce n'est pas tellement parce que la vie est idéale ici, que parce qu'elle a été pervertie, là-bas, par les excès de la finance, du militarisme, de l'extrémisme politique, dans lesquels l'américanisme (et son corollaire anglo-saxon en général) a toujours joué un rôle majeur, voire premier.

 

Les bases de l'anti-américanisme naissent de cette prise de conscience, qui n'est pas nouvelle en occident, mais dont beaucoup se refusent à envisager le bien-fondé. De l'autre côté, et bien qu'on ne puisse nier que la Russie ou la Chine soient des pays ou des gouvernements éminemment critiquables, ils ont fait un choix distinct de celui de l'américanisme, et ils en avaient parfaitement le droit. Par ailleurs, la base de l'anti-russisme, on l'a vu, repose aujourd'hui essentiellement sur la calomnie. On sait qu'en matière de calomnie, et je terminerai sur cette citation attribuée à Francis Bacon (ou à Beaumarchais, ou à Voltaire, ou à...) :

 

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. »

 

A ceux qui aiment la vérité et repoussent l'embrigadement de ne pas tomber dans ce piège, et d'encourager tout un chacun a davantage d'esprit critique, et à moins de passivité devant la télé et ce qu'ils ne perçoivent pas, dans les médias, comme de la propagande. Et méfiance avec ceux qui utilisent le terme de « fake news » pour mieux en propager à leur tour.

 

Les éléments du totalitarisme sont bien davantage réunis qu'ils ne l'avaient été par le passé, même dans les dictatures communistes que l'on continuera à vilipender dans 100 ans, quand on sera totalement prisonniers idéologiquement d'un système globalisé, uniformisé et sous contrôle... mais je suis optimiste, il devrait s'effondrer avant qu'une telle catastrophe ne survienne entièrement, car la tendance à l'entropie ainsi que diverses résistances humaines et naturelles entravent cette marche forcée vers le contrôle.

 

 

19 décembre 2017

Le chamanisme, une expérience hors du temps : chamanisme, intemporalité et science-fiction (3/3)

 

4) Place du chamane dans le temps et l'espace de l'expérience humaine collective, une incursion par la science-fiction

 

Cette partie est bien sûr celle que j'avais le plus hâte d'écrire, en tant que moi-même auteur de SF et d'anticipation. Non seulement la SF fournit un terrain d'expérimentation pour l'écrivain et pour le chamane, puisqu'elle permet de poser des situations semi-fictives, en les transposant dans un autre univers ou à une autre époque, mais c'est aussi, bien sûr, un procédé de sublimation qui relève déjà de la principale fonction du chamane : la guérison.

 

A titre personnel, j'ai souvent utilisé l'heroic fantasy avec les mêmes ambitions et objectifs que la SF ou que l'anticipation : replacer l'humain dans un cadre qui transcende ou dépasse soit son histoire, soit sa culture, et permet de resituer ses espérances et ses aspirations dans un cadre qui ressemble au conte ou à la fable. Et il m'est apparu que l'érotisme est encore une autre façon de recentrer l'humain, dans un récit où ses pulsions, qu'elles soient franchement exprimées ou au contraire détournées, permettent de le resituer et de montrer comment ses tendances peuvent être utilisées d'une façon profitable à l'humain ou au contraire, perverties, détournées, instrumentalisées contre lui-même, ou encore réprimées. L'humour est encore une façon de sublimer la souffrance, et sans doute que tout l'art humain trouve ses racines dans un domaine primordial.

 

Mais j'ai choisi ici de m'intéresser plus spécifiquement à la SF, parce que d'une part cela prolonge ma réflexion sur l'intemporalité des fonctions du chamanisme (désormais dispersées dans différentes spécialisations humaines, comme le veut l'époque), et surtout parce que c'est le courant qui a, me semble-t-il, le mieux exploré le chamanisme.

 

https://laspirale.org/texte-161-techno-chamanisme-cyber-primitifs.html

 

Cet article permet une première approche du sujet. Avant de se retrouver dans certains courants de la SF, le chamanisme a d'abord été récupéré et re-digéré avec plus ou moins de bonheur par mouvements néo-païens actuels. Je tiens d'abord à dire sur cet article que je me distancie absolument de tout ce qui se rapporte au new age, qui est essentiellement non pas tellement un syncrétisme, mais surtout une manifestation pseudo-spirituelle qui a tous les caractères du consumérisme, que j'ai abondamment critiqué dans les pages de ce blog, déjà. Non pas qu'il n'y ait que du mauvais dans le new age, mais que ce soit d'après moi une porte d'entrée plutôt tendancieuse à une discipline comme le chamanisme, qui mérite autrement plus de respect. Je ne m'attarde donc pas de nouveau sur cette critique, qui est un autre sujet (et chaque lecteur comprendra sans doute à quoi je peux faire référence en lisant le passage sur les « raves », moment de festivité assez puéril, sur l'usage de drogue en usant du chamanisme comme caution pseudo-spirituelle, ou encore le mélange de toutes les anciennes religions du monde en gloubi-boulga imbécile, permettant surtout à une caste de commerçants de prospérer sur le dos d'innocents agrégés en une masse inculte et dépourvue de véritable sens critique).

 

Par contre, l'article introduit ce que je veux aborder sur la SF, et parle aussi de cette tendance prétentieuse hyper-scientiste dont j'ai parlé plus haut.

 

Ainsi donc, William Gibson et Bruce Sterling ont été, de l'avis général, les grands initiateurs du courant cyberpunk qui met en scène ce techno-chamanisme dont il est question par exemple dans ces deux textes :

 

https://tempspresents.com/2016/06/01/techno-paganisme-chamans-stephane-francois/

 

https://www.religion.info/pdf/2016_03_Francois.pdf

 

La présentation faite dans le premier article peut paraître à son tour puérile, pourtant lorsqu'on y pense, cette prise de conscience émergente d'un nouvel ordre mondial (pour résumer la problématique à cette expression) n'est-elle pas précisément la manifestation la plus probante de cette connexion entre les internautes ? Certes, il y a beaucoup de tendances contradictoires, certes, beaucoup n'ont sur internet qu'une approche consumériste, mais on voit tout de même se dessiner une tendance, que tentera sans doute d'instrumentaliser le mouvement globaliste, qui relève d'une prise de conscience commune que le monde n'est pas tout à fait comme on le croit et, peut-être, pas tout à fait comme il devrait être. Et cela n'est peut-être que les prémices de quelque chose de plus vaste, qui sait ?

 

On retrouve également l'idée, certes ici exprimée de manière très ingénue, que la pratique artistique ouvre des portes dans la conscience, ou à la limite de celle-ci. Le développement d'internet et l'accès de tous aux pratiques artistiques sont-ils des composantes qui peuvent accélérer une prise de conscience plus large, et surtout plus profonde et plus éclairée ? On peut le rêver. Et le chamane sait que le rêve est la matrice du réel. A condition de bien vouloir se donner la peine d'aller jusqu'à la concrétisation, une fois que le rêve a posé les schémas nécessaires. Et encore faut-il, aussi, que ce rêve soit suffisamment éduqué par une conscience saine et assez mûre pour dépasser les pièges de la manipulation et de la récupération (pensez à mai 68, au mouvement hippie, à ce que sont devenus ces idéaux dans le monde concret...). Autant de choses que la coloration new age qui existe dans cette mouvance auraient plutôt tendance à faire désespérer qu'espérer, l'humain étant ce qu'il est.

 

L'autre texte va un peu plus en profondeur, sans davantage aider à déceler une grande maturité dans ce mouvement qui trouve pourtant ses origines dans des explorations littéraires tout sauf dénuées d'intérêt, je parle en particulier du travail de William Gibson, que je n'ai pas lu, mais dont je sais reconnaître l'héritage à travers tout ce qui est passé non seulement dans la sous-culture mais aussi dans l'inconscient collectif. Ainsi, qui sait que Matrix a été inspiré par lui ?

 

La façon dont cette mouvance recherche le sacré aurait plutôt tendance à me navrer, et je serais assez tenté de leur répondre ceci (d'autant que le mot « sacré » me fait le même effet que le mot « Dieu » : un fourre-tout qui sert d'excuse à tout et à n'importe quoi) :

 

https://www.youtube.com/watch?v=-nC9V4KwkhI

 

Vidéo youtube : Venom - Nothing Sacred

 

https://genius.com/Venom-band-nothing-sacred-lyrics

 

Notez que la chanson suggère que, même une fois tout le sacré éteint par le monde moderne, il demeure encore des secrets... des choses hors d'atteinte à la fois par la science institutionnelle, et par les méthodes au raz des pâquerettes qui consistent à vénérer les objets technologiques pour en retirer des avantages vaudou. Des secrets qui sont bien plus qu'une lubie new age, et qui se rapportent, à n'en pas douter, à la vie et à l'univers.

 

Mais j'imagine que c'est toujours ainsi que la masse, celle qui est d'un « bleu-gris vide » dans ma vision, s'approprie ces choses... et que la seule chose à faire est d'attendre patiemment que l'espèce humaine mûrisse, et s'occuper intelligemment en attendant, pour ne gaspiller ni sa patience, ni son temps ou son énergie, et pour ménager son indulgence (je ne sais pas grand chose non plus, en ce sens je me sens comme Socrate qui savait seulement qu'il ne savait pas... ce qui me semble faire déjà une différence notable, bien que peu productive à ce qu'il semble).

 

Mais revenons-en à Gibson :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Gibson

 

Je note particulièrement ces citations :

 

« Je crois que j'ai passé exactement autant de temps à écrire qu'un Américain moyen de mon âge a passé de temps devant la télévision, et c'est peut-être là, plus que nulle part ailleurs, que réside le véritable secret. »

(Extrait de la brève autobiographie tirée de son site web2)

 

« Toute technologie émergente échappe spontanément à tout contrôle et ses répercussions sont imprévisibles. »

(Extrait d'un entretien donné lors du Directors Guild of America's Digital Day, Los Angeles, le 17 mai 2003)

 

« […] j'ai senti que j'essayais de décrire un présent impensable, mais en réalité je sens que le meilleur usage que l'on puisse faire de la science-fiction aujourd'hui est d'explorer la réalité contemporaine au lieu d'essayer de prédire l'avenir… La meilleure chose à faire avec la science aujourd'hui, c'est de l'utiliser pour explorer le présent. La Terre est la planète alien d'aujourd'hui. »

(Extrait d'un entretien accordé sur CNNfn, le 26 août 1997)

 

 

Sur la première citation, qu'ajouter ? C'est le portrait même des hommes « bleu-gris » de ma vision, tels que je me les représente. Quand on a passé sa vie à écrire, à explorer des idées, des mondes imaginaires, à réfléchir sur l'homme, la vie et le cosmos, il est difficile de ne pas être déçu par la stérilité de ses contemporains qui pour la plupart se contentent de se servir dans ce qu'on leur propose sans jamais faire un véritable usage de leur potentiel humain et intellectuel (qu'on arrête un peu de dénigrer l'intellect, svp, c'est dénigrer l'intelligence qui ne va jamais sans celui-ci, même si, certes le « cœur » est important).

 

Sur la deuxième citation, pas grand chose à dire, et sur la troisième, c'est, je crois, un point sur lequel tous les auteurs de SF et d'anticipation devraient finir par tomber d'accord : la SF et l'anticipation ne servent pas tellement à explorer les futurs possibles qu'à exprimer une version fantasmagorique du présent, à grossir certains de ses traits jusqu'à les rendre perceptibles par le public, suivant le principe de la caricature. Ainsi, Un P.K. Dick ou un Orwell ne parlaient pas tellement dans leurs ouvrages de la société des années 1984, ou 2037, mais de ce qu'ils observaient dans le moment présent autour d'eux, placé sous la lorgnette d'un certain récit qui permet d'épurer un maximum d'éléments culturels contemporains qui peuvent être parasites. D'ailleurs, chacun sait que 1984 fut écrit en 1948, pour parler de cette année 1948, et je mentionne en sus : pas chez les nazis ou les coco, mais chez les britanniques. Ceci pour ceux qui n'arrêtent pas de chercher la paille dans les dictatures, sans voir la poutre dans les « démocraties ». De même, les récits de Bradbury ou d'Huxley ne parlent pas d'une autre époque. Bradbury replace l'homme sur Mars pour mieux parler de la destruction de la terre, et il place dans le futur son livre où l'on interdit et brûle les livres (Fahrenheit 451) non pas pour parler d'un futur sombre et hypothétique, mais pour dénoncer ce qu'il a observé de son vivant sur le rejet des sociétés humaines quant à la connaissance et à la culture, qui sont des choses exigeantes qui s'accommodent mal de la médiocrité des masses, qui elles s'accommodent beaucoup mieux de la passivité abêtissante que fournissent les télévisions. Rappelons que Bradbury était américain et non pas russe ou cubain, et que c'était sa propre société qu'il dénonçait ainsi. De même, Huxley ne parlait pas d'un futur hypothétique : tout ce qu'il a décrit dans le meilleur des mondes s'est concrétisé d'une manière ou d'une autre, ce qui est confirmé et démontré d'une autre façon par Debord dans La société du spectacle.

 

Or Gibson, comme beaucoup de personnes lucides, est décrit comme ayant un univers sombre et plutôt dérangeant. Ici se trouve par exemple une exégèse d'un de ses romans, Code source :

 

http://journals.openedition.org/gc/1662

 

Ceci est bien trop long pour être commenté in extenso, mais j'ai relevé quelques passages qui me concernent et/ou m'intéressent. Je mets en gras les passages les plus importants :

 

Paragraphe 16 : « (…) selon une formule célèbre, le cyberespace était décrit comme une « hallucination consensuelle » dans Neuromancien, p. 64). Cela participe en effet à la construction de l’imaginaire technologique de William Gibson. Si c’est un personnage sous l’influence des anxiolytiques qui a l’intuition la plus claire de la nature de la technologie, c’est que celle-ci n’est peut-être pas totalement du côté du rationnel, ou tout du moins que les rapports que nous entretenons avec elle ne sont pas entièrement rationnels. Le monde invisible de l’information numérique est analogue au monde des esprits auquel accèdent les chamanes dans des états modifiés de conscience. Or Milgrim semble posséder une sorte de don chamanique intermittent qui lui permet, par exemple, de voir des fantômes ou des anges (p. 284). Malgré sa dépendance et ses visions, ce personnage est un des plus constamment rationnels du roman.Dans sa rationalité même, il fait un parallèle entre le mysticisme et la communication électronique : fasciné par l’histoire des hérésies, il envisage la religion sous l’angle de la théorie de l’information (p. 163). Le christianisme médiéval était la chaîne (au sens télévisuel) unique qui émettait en Europe, et dont le signal menaçait d’être noyé dans le « bruit » de l’hérésie. Cette métaphore de la chaîne est précisément celle qu’emploie Bobby Chombo (p. 93), pour évoquer les réalités alternatives auxquelles permettent d’accéder les installations de locative art. L’identité de la métaphore suggère une relation plus profonde. »

 

 

Paragraphe 17 : « Le thème de la Santeria, religion syncrétique de Cuba issue du contact de croyances d’Afrique de l’ouest avec le christianisme, permet d’approfondir les liens entre le domaine mystique et les techniques numériques. Dans Code Source, Tito, un jeune exilé cubain issu de la diaspora chinoise, se distingue par une maîtrise supérieure de son environnement qui lui permet notamment de se déplacer avec une agilité hors du commun. Il est guidé dans ses mouvements par les orishas (divinités) de la Santeria. Les orishas confèrent à Tito un pouvoir sur l’espace comme les techniques géonumériques permettent à d’autres personnages d’acquérir un autre type de pouvoir sur l’espace. Cette interprétation de la Santeria de Code Source est d’autant plus plausible que William Gibson a déjà développé beaucoup plus explicitement un parallèle entre les technologies de l’information et une religion syncrétique dans Comte Zéro et Mona Lisa s’éclate où le Vaudou haïtien s’intègre à l’hallucination du cyberespace8. Un lecteur familier de l’univers de Gibson ne peut manquer de faire le lien entre l’intervention des orishas dans le récit et l’éclosion du cyberespace. »

 

 

Paragraphe 19 : « Mais la présence de la Santeria ou du Vaudou haïtien chez Gibson n’est pas uniquement une façon d’évoquer le merveilleux technologique. La Santeria comme le Vaudou haïtien sont des religions syncrétiques nées dans le déracinement, du contact des religions ouest africaines (yoruba) et du christianisme dans les Caraïbes. Ce sont des constructions culturelles (ou, si l’on préfère, des contre-cultures) particulièrement emblématiques de la mise en relation brutale d’espaces éloignés et, à ce titre, elles font écho à la perturbation du sens de l’espace dans le monde en réseau. (...) »

 

 

Il est important de dire que c'est en non-lecteur de Gibson que je me réfère ici à cette analyse et que je la commente. J'ai déjà expliqué que je me sens fondé à le faire parce que, de toute façon, les œuvres d'importance pénètrent la conscience collective (que j'aime bien appeler « conscience-inconscience », car rien ne me semble plus inconscient que la conscience, raison pour laquelle je peux alterner ou intervertir ces termes sans m'en rendre compte). Outre ça, s'il fallait tout lire et tout aborder pour prétendre réfléchir sur un sujet, le monde serait bien triste et contraignant : le savoir plane à portée de main pour qui sait l'attraper, et je prétends le savoir.

 

Je remarque d'abord que le propos de Gibson dépasse de loin les petits amusements puérils décrits concernant le mouvement techno-païen ou techno-chamanique. Et s'il semble jouer lui-même avec ces notions, il me semble que c'est précisément pour mieux mettre en évidence à la fois la nature fondamentalement superstitieuse de l'âme humaine, qui recrée des structures religieuses et cultuelles partout, ainsi que pour apporter un élément de contrepoids à la pensée rationnelle qui a tout envahi, de nos jours : au lieu que le savoir provienne de la pensée rationnelle, c'est la pensée rationnelle qui vient justifier et mettre en forme le savoir acquis par l’intuition (maintenant mon paragraphe juste au-dessus prend une nouvelle signification pour ceux qui n'auraient pas saisi, je pense).

 

La pensée new age simpliste tend à exprimer cela autour du cliché habituel « cerveau gauche versus cerveau droit », mais je ne crois pas qu'il soit question de cerveau, et encore moins de latéralisation du cerveau (on a vu que cette vision simpliste a été largement défaite, même si elle continue d'être ressassée par beaucoup). La connaissance s'acquiert aussi par des moyens émotionnels, viscéraux et intellectuels. En fait, le processus de la connaissance passe par un effet de résonance entre l'être et le monde avec lequel il interagit : cela en fera bondir beaucoup qui sont conditionnés au méthodisme scientifique et sont incapables de seulement imaginer qu'il existe d'autres approches, mais une véritable connaissance est ce qui met l'être en adéquation avec son environnement. Ce n'est pas nécessairement une vérité prouvable, cela peut-être une sensation, un profond sentiment de certitude, ou encore une sorte de foi indestructible. Cela est indépendant de la vérité au sens où on l'entend puisque c'est quelque chose de profondément subjectif.

 

Bien entendu, ces connaissances sont extrêmement faciles à détourner, pervertir, et l'on sait bien comment les sectes peuvent manipuler des gens en leur faisant croire à une « vérité », de même que... un régime totalitaire peut faire croire à son caractère parfaitement démocratique à la plus grande majorité.

 

La méthode scientifique actuelle est la seule qu'on ne peut pas facilement détourner : c'est une disciple exigeante qui demande du travail et des efforts intellectuels (justement). Pourtant beaucoup ont détourné la science, lui ont conféré des caractères religieux, et appliquent en son sein le dogmatisme et la ferveur, notamment. Aussi le sentiment de pureté que beaucoup de scientifiques, sceptiques et autres zététiciens à l'égard de la science est-il largement erroné et en tout cas exagéré.

 

En un mot comme un cent : il y a certainement une marge à trouver, qui permet d'adjoindre pensée rationnelle et intuition. Le personnage du roman de Gibson, comme les chamanes et autres mystiques en général, montrent le chemin.

 

 

Bref, je pourrais continuer à l'infini sur ce genre de sujet, et j'y reviendrai peut-être une autre fois, mais je vais conclure derechef.

 

 

 

J'ai parlé de la banalité de ma vision, mais il a néanmoins fallu qu'elle s'impose à moi pour qu'elle m'apprenne quelque chose, et le sens qu'elle propose n'est sans doute pas familier à tout le monde. En substance, le message est que, en dépit de l'ultra-spécialisation de notre époque, en dépit de tous ses défauts, de toutes les difficultés propres qu'elle propose, nous avons tous une responsabilité et un rôle à jouer dans la transformation de ce monde et de fait, que nous en soyons conscients ou non, nous jouons déjà ce rôle, comme nous le pouvons.

 

Nous sommes tous chamanes à un certain degré, nous avons tous une part du pouvoir qu'il faut pour changer et améliorer les choses. Il est certes très facile de se complaire dans la simple jouissance des bienfaits technologiques de notre époque et de bénir la science comme on bénit le pain du midi, facile de dire à tous ceux qui explorent d'autres voies qu'ils n'ont rien à proposer de mieux et qu'il n'existe rien de plus excellent au monde que leur sacro-sainte méthode scientifique et tous ces gnagnagna habituels. Cette voie est celle de l'immobilisme, de la complaisance et d'un optimisme béat qui se cache derrière les atours d'un progrès qui leur sera servi sur un plateau. Pourtant, le progrès, le vrai, c'est à dire le progrès de la conscience humaine (pas toutes les galéjades politisées et instrumentalisées qu'on nous sert à longueur de temps pour occuper le temps de cerveau disponible) ne sera pas accompli par des gens qui se reposent en réalité sur des acquis et, en fait, quand on y regarde de près, une sorte de crainte d'avancer hors des chemins déjà bien établis en prétendant qu'il n'y aura jamais que ceux-là. Les gens d'imagination, les mystiques, les artistes, ont déjà prouvé que c'était faux. L'humanité a toujours de nouveaux territoires à explorer, et je ne parle pas de Mars (les profondeurs océaniques, à la rigueur). Il existe tout un territoire mystérieux, à l'intérieur de nous-mêmes, et je suis intimement convaincu que la méthode scientifique est aussi impuissante que les grandes religions à y découvrir quoique ce soit par elle-même. A ces territoires, il faudra d'autres méthodes, d'autres instruments que des fours ou des télés, ou des microscopes, ou que des accélérateurs de particules. Je ne sais pas trop quoi, mais je vais me hasarder : il nous faudra, avant tout, de l'imagination, et du discernement.

 

 

Posté par Seilenos à 00:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 décembre 2017

Le chamanisme, une expérience hors du temps : le rôle du chamane à toutes les époques (2/3)

 

3) Vivre la maladie pour participer à la guérison du monde

 

Cela faisait un moment que je n'avais pas eu une vision aussi signifiante. Plus philosophe que praticien, a-ton dit de moi, et sans doute y-a-t-il du vrai là-dedans, et sans doute l'usage plus courant que je fais de la pensée par rapport à la pratique m'avait-il éloigné un peu de ces visions plus pénétrantes que d'autres.

 

Aussi, je me demandais bien pourquoi je continue à faire un blog, pourquoi ma conception de l'écriture est si particulière, pourquoi je suis tellement à contre-courant, quelle place le chamanisme a vraiment dans ma vie. Tout cela n'est-il que fantaisie personnelle, lubie de l'individualiste moderne ?

 

Cette expérience a répondu à toutes ces questions et à bien d'autres.

 

Quand j'ai commencé à m'intéresser au chamanisme, j'ai étudié tout ce qui me passait sous la main à ce sujet, pendant des années et des années, c'était une passion avant de se révéler vocation. J'ai donc beaucoup lu, regardé de documentaires et consommé d'autres choses encore sur ce sujet. Comme je ne suis pas très organisé, beaucoup plus intuitif que rationnel à la base, j'assimilai les idées, les digérai, les ajoutai à un corpus interne qui me servait à comprendre le monde. Je n'ai jamais, mais jamais compris les gens qui annotent les livres, compilent des sources, citent à tout bout de champ des noms, des études, des dates, etc. Pour moi les choses sont fluides. Aucune idée n'appartient à quelqu'un, et si quelqu'un a écrit un livre et l'a signé, il en est l'auteur, celui qui a exposé le texte à un public, mais pas le propriétaire.

 

Avec le temps, en m'adressant à un public, j'ai fini par comprendre l'intérêt, pour le public, d'avoir des sources, noms, sites à quoi se référer, sans quoi tout ce que je dis paraîtrait sortir uniquement de mon esprit d'illuminé. Pourtant, tout ce que j'écris, dis, pense, bien d'autres l'ont dit, écrit ou pensé avant moi. D'où mon sentiment d'inutilité, finalement, à publier des livres, ou même à passer tant de temps à peaufiner des histoires qui ont déjà été racontées avant. Il est temps de s'adapter au moment de l'époque, à dire les choses telles qu'elles sont. Il se vend et s'écrit trop de livres pour se perdre dans ce marécage éditorial et commercial. Cela ne m'empêche nullement d'explorer des idées par l'écriture expérimentale, comme je le fais encore au jour le jour. Mais le public n'a pas besoin de lire ces récits viscéraux, à la fois trop superficiels et trop profonds (trop obscurs) pour être livrés à des lecteurs : c'est de la nourriture intellectuelle (et souvent spirituelle) encore en digestion, et il m’apparaît que mes romans, même les plus mûris, sont toujours bien trop verts pour livrer tout ce que j'aurais à livrer. D'où le blog, qui me livre un exutoire à cela, mais aussi bien plus : ce blog est l'un des moyens où s'exprime ma vocation chamanique, et cela j'avais encore de la peine à le comprendre.

 

Le récit que j'ai fait ne s'éclaire pas forcément de lui-même au lecteur, alors c'est là qu'il me faut expliciter, entrer dans mon développement qui, je l'espère, sera reconnu comme un véritable raisonnement, certes d'ordre bien plus philosophique que scientifique.

 

Le petit garçon vit que sa nature est d'être séparé des autres. Non pas seulement ontologiquement, mais spécifiquement, à l'époque où il vit. Car cette époque est celle de la séparation, de la spécialisation, de l'analyse, de l'individuation, et de la prise de conscience des limites de l'individualisme censé propulser la personne au sommet de la pyramide sociale.

 

Le petit garçon est aussi séparé parce que, comme une pièce dans un puzzle, il est la pièce dont la conformation psychique correspond le mieux à celle d'un chamane. Il est donc séparé sans l'être vraiment : partie d'une société, pièce d'un puzzle, il est élément d'un élément plus global, dont les contours se dessinent toutefois plus ou moins nettement, tout en s'imbriquant et s'interpénétrant avec autrui. Je vous parlais de la trivialité de cette expérience, plus tôt...

 

Mais il y a plus. Comme le décrivent beaucoup d'auteurs à commencer par Eliade (notez comme je cite mes sources), le chamane est souvent celui qui est à l'écart de la société, du groupe. Soit qu'il s'exclut, soit qu'il soit exclu par le groupe, bien que cette généralité ne soit pas toujours vrai. Les spécialistes ne savent pas s'ils doivent considérer certains aspects du chamanisme comme inhérent à celui-ci, ou comme une perversion venue avec le temps (l'entropie?). Il en va ainsi de l'usage de produits hallucinogènes (ou enthéogènes) comme de sa séparation du groupe.

 

Mais quelle que soit la réponse – que l'on ignore – le constat est là : le chamane est très souvent en marge de son groupe social, et cette position possède des avantages et des inconvénients. Les inconvénients comprennent notamment la mise en danger de la personne du chamane par isolement. Et les avantages comprennent par exemple, par le recul qu'offre cette position, d'obtenir plus facilement une vision d'ensemble, une capacité critique par moindre immersion dans le groupe où tout le monde a le nez dans le guidon, ainsi qu'une sorte de légitimité à prôner la différence, là où, dans le monde actuel, les gens parlent d'individualisme, tout en ne faisant que copier les uns sur les autres...

 

Par ailleurs, et j'en viens à mon titre, le chamane est celui qui à la fois vit et soigne la maladie. La maladie est très majoritairement (mais là encore, pas absolument toujours) le chemin initiatique du chamane, en prenant maladie dans un sens assez large. Je citerai par exemple ces chamanes qui, en Sibérie, pour le devenir (chamane) recherchent dans les plaines à se faire frapper par la foudre ce qui, bien entendu, suscite de sérieuses séquelles, lorsqu'ils survivent (je parle au présent, mais on comprend que ces traditions sont essentiellement du passé... ce qui ne change rien, on le verra). On pourra penser aussi à la très dangereuse danse du soleil ou aux quêtes de vision avec jeûn absolu (4 jours sans eau ni nourriture) des amérindiens, ou encore à l'étrange simili-variole qui frappait certains apprentis-chamanes d'Inde, avant que survienne une toute aussi étrange auto-guérison (je précise pour les sceptiques que je parle de cas avérés et documentés qui ne relèvent pas du charlatanisme, à eux de vérifier, je ne peux pas passer mon temps à tout « prouver », mais s'il le faut vraiment, je retrouverai mes sources, bien que ce genre de démarche me paraisse, pour moi, totalement inutile désormais).

 

Si le chamane vit la maladie sous forme initiatique (et avant tout symbolique, penseront probablement les sceptiques et tous ceux qui ne croient pas aux capacités cachées de l'âme humaine), c'est pour la connaître, et la connaître pour la vaincre. Une maladie vaincue et affrontée est ainsi un pouvoir acquis. Mais plus largement, cela signifie que la maladie est ce qui touche en premier lieu le chamane.

 

Or, il m'a semblé que là était l'enseignement principal de ma vision : le chamanisme a toujours, autant qu'avant et plus que jamais, un sens, car la société humaine n'a sans doute jamais été aussi malade. Si la société est malade, le chamane est malade. Si le chamane est malade, c'est que quelque chose ne va pas dans la société. Que fais-je d'autres sur ce blog qu'exposer les maladies de la société, et que fais-je d'autres qu'essayer d'y proposer des débuts de remèdes ? La responsabilité de la globalité du remède n'incombe heureusement pas qu'à moi, car nous sommes, en fait, tous chamanes. Nous sommes tous malades de la société, à un degré ou un autre, qu'on le sache ou non, qu'on l'admette ou non. L'écologie concentre par exemple beaucoup de cette préoccupation, et de ce problème de la maladie : la pollution en général, et ses métastases, sont la manifestation la plus importante de la maladie de la civilisation actuelle, même si l'on pourra aussi penser à la consommation (son corollaire), ou aux maladies de civilisation.

 

Et justement, j'ai trouvé ce texte tout récent qui « comme par hasard » (beaucoup croient à un hasard pur d'une manière générale, mais ce n'est pas tout à fait mon cas, et je vois plutôt cela comme... un symptôme de la maladie rationaliste), exprime exactement ce point :

 

http://partage-le.com/2017/12/8414/

 

Je pourrais commenter, objecter, car je ne suis pas d'accord avec tout, mais ce n'est ni important ni mon sujet ici. L'important, et l'intéressant, est que l'auteur parle de sa propre maladie qui le pousse à vouloir soigner le monde. Folie ? Idiotie ? Obsession ? Ou simple sens de la responsabilité qui s'incarne dans un être qui ne sait pas très bien comment gérer ce sens ? Je penche pour cette hypothèse. Moi-même, je suis malade comme cet homme. Certes pas dépressif, certes pas obnubilé par l'état du monde (heureusement, j'arrive à m'en détacher, car seul je suis évidemment impuissant à en résoudre tous les problèmes). Mais anxieux, inquiet, préoccupé tout de même, souvent jusqu'à un état assez prononcé de fatigue et de lassitude (qui participe à ma difficulté à faire aboutir mes projets d'écriture).

 

Prendre conscience de soi-même, de ses difficultés, de ses inadéquations avec le monde actuel, est la première porte à franchir pour améliorer ce monde. Quant à l'écologie, j'ai envie de dire : juste préoccupation, mais fausse piste. Il ne peut exister de pratique écologique réellement efficace dans ce monde sans réformer celui-ci à la source : la dérive capitalo-néo-libérale qui ne se remet jamais en cause, et engendre toujours plus de dissensions, tensions, divisions, pollutions, etc.

 

Or le chamane est traditionnellement garant d'un ordre social, plus encore que de la santé. C'est à lui qu'on demande quoi faire en cas de conflits. Il est bien évident encore une fois qu'une seule personne est totalement impuissante à s'attaquer aux conflits sociaux et aux divisions toujours plus nombreuses qui fracturent la société (j'en ai cité de nombreuses à travers mes articles : les communautarismes divers, les idéalismes détournés et instrumentalisés de toutes sortes qui, au lieu de souder l'humain, ne font qu'engendrer plus d'injustices, de frustrations, etc.). Il y a chez moi un véritable agacement à voir ces choses progresser, et à voir les masses tomber dans tous les panneaux qui se présentent à elles, mais est-ce leur faute ? A l'origine, on ne les a pas laissé apprécier la nature, les éléments (la pluie de mon récit), les choses dont eux-mêmes sont faits. Toute une éducation à refaire... ou même, à faire de zéro, tant l'humain moderne est acquis bêtement (j'entends, sans esprit critique, mais avec beaucoup de rationalisations assez superficielles soumises au biais d'optimisme) aux idées de progrès et de résolution des problèmes par la technologie, l'humain n'ayant nulle place dans tout ça, sauf celle d'instrument du Progrès comme une divinité qu'il faudrait ériger, instituer, et à laquelle la soumission serait la seule voie.

 

Impossible de dire si l'humain moderne, au cœur duquel vit chez chacun une étincelle chamanique, saura éviter l'épisode de crise qui se profile. Probablement pas, tant l'état morbide de notre civilisation est avancé. Mais une fois la crise passée, il y a toujours une bonne chance d'extraire la tumeur, même si cela prendra une longue convalescence. Je ne dirais pas que j'ai foi en l'homme, il m'a bien souvent déçu et renvoyé à mon statut en marge, et j'ai vu à quel point il pouvait répéter 100 et 1000 fois les mêmes erreurs, mais j'ai l'espoir dans le fait que, une fois retiré de sa main, par la force des choses, le dangereux hochet de la société de consommation et d'accumulation, il grandisse, là aussi par la force des choses. Et puisque nous sommes tous chamanes (certes, certains ont une affinité plus marquée avec ce domaine, mais une conscience s'éveille dans cette direction) alors nous sommes tous responsables de ce qui advint, advient, adviendra.

 

 

Posté par Seilenos à 00:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]

17 décembre 2017

Le chamanisme, une expérience hors du temps : un récit à la fois personnel et universel (1/3)

 

 

Cette série d'articles sera découpée ainsi :

Première partie, un récit à la fois personnel et universel

1) Avertissement préalable

2) Une expérience hors du temps

 

Seconde partie, le rôle du chamane à toutes les époques

3) Vivre la maladie pour participer à la guérison du monde

 

Troisième partie, le chamane dans la science-fiction

4) Place du chaman dans le temps et l'espace de l'expérience humaine collective

 

 

 

 

1) Avertissement préalable

 

Comment préparer le lecteur à ce qui va suivre ? Commençons par annoncer ce qui va suivre. Il s'agit tout d'abord du récit d'une expérience personnelle d'ordre chamanique qui certes, s'inscrit dans le temps et existe par le temps, mais qui se manifeste en fait en décalage avec le temps. C'est à dire qu'il m'aura fallu 40 ans pour en retirer le sens, après l'avoir vécue, et que cette expérience dépasse de loin le cadre de ce décalage temporel, ainsi que de ma propre expérience personnelle et nombriliste, pour exprimer une signification qui est celle de l'aventure humaine dans sa globalité, qui elle aussi déborde du cadre même du temps.

 

Il va de soi qu'un esprit purement rationnel n'est pas préparé à accepter le propos qui va suivre, et qui va se développer à partir de cette expérience. Pourtant, l'on verra lors de la 4e partie surtout, pourquoi ce développement a, selon moi, un grand intérêt, et en quoi il s'agit d'un véritable raisonnement qui dépasse à la fois le cadre de l'intuition, de la métaphysique et du mysticisme d'une part, et qui va au-delà de ce que permettrait l'usage du simple rationalisme d'autre part. En cela, la compréhension profonde que j'ai eu de cette expérience, et qui sera extrêmement difficile à partager et à retranscrire ne peut pas être ramenée à l'expérience « vulgaire » comme tenterait de le faire tout rationaliste enfermé dans l'étroitesse de sa propre logique. Pour autant, et même si je prétends que cette expérience a une valeur universelle, intemporelle et globale, dépassant le cadre de mon individualité, je n'ai aucune prétention messianique. L'expérience dont il va être question est, en fait, d'une confondante banalité lorsqu'on la replace dans le cadre de l'expérience humaine ordinaire, sauf qu'elle présente des dimensions qui ont été occultées, placées hors du champ de la conscience de l'occidental lambda, et du profane en général. J'annonce donc qu'il ne s'agit pas d'une « révélation » au sens où on l'entend, ni des prémices d'un quelconque cheminement sectaire, comme on trop facilement tendance à le supposer les tenants d'un rationalisme forcené, déconnecté de son nécessaire contrepoids « mystique ». A travers ce terme, je veux surtout évoquer la part ineffable, indicible, au-delà de la rationalité accessible au cerveau humain dans son fonctionnement quotidien, et qui sert souvent de justification à un rationalisme totalitaire (qui prétend s'imposer partout et expliquer tous les mystères, qui a donc, lui aussi une prétention intemporelle et universelle qui tend à s'ignorer), extrêmement répandu de nos jours, si répandu même qu'il s'affirme avec beaucoup d'arrogance dans les cultes scientistes que sont par exemple la zététique et le techno-scientisme, ou encore le culte du progrès.

 

Je n'essaye pas d'élever mon expérience au dessus de la science ou je ne sais quoi de ce genre. En revanche, je dis que par ce type d'expérience à côté et en dehors de la science, l'homme peut avoir accès à une autre sorte de connaissance ou, en tout cas, à une autre façon d'accéder à la connaissance. Et j'ai tendance à présumer que ce type de connaissance est à jamais hors de portée de ce que permet l'actuelle méthode scientifique.

 

Tout ceci pour inciter le lecteur à mettre de côté son rationalisme habituel, celui inculqué par la culture occidentale, parfois si oppressant, omniprésent et prétentieux qu'il ferme des portes à, simplement, d'autres façons d'envisager la compréhension du monde, de soi, des choses.

 

Je terminerai cet avertissement en précisant que, de toute façon, puisque j'ai choisi de partager cette expérience si riche en enseignement pour moi (malgré la banalité de sa signification fondamentale, comme on le verra), c'est forcément avec des mots qui en réduisent le sens, et avec un langage qui me fera revenir à la rationalité, à la fin de mon développement, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen que le sens commun, pour partager un récit, une expérience. Il ne faut s'attendre à rien de très sensationnel, mais en revanche à une réflexion qui, au moins pour moi, et j'espère pour certains lecteurs, remet beaucoup de sens dans certains aspects de la vie moderne, de son chaos, de son injustice, son iniquité, sa violence, etc.

 

Une dernière précision : il ne s'agit ni d'un rêve, ni d'une expérience sous produit d'un genre quelconque, seulement d'une vision d'un passé qui a rejoint le présent et dépassé le temps. Quelque chose qui est plus proche d'une transe hypnotique ou onirique, si l'on veut. Et l'on verra que cela permet d'aborder la science-fiction, avant de boucler la boucle.

 

 

 

2) Une expérience hors du temps

 

École maternelle. Toute la classe est en extérieur, il pleut. On se réfugie le long d'un mur, sous un toit pour s'abriter. Tout le monde est aligné, dos au mur, dans ce qui semble être une belle harmonie de groupe.

 

Mais le petit garçon est tout seul dans cette masse. Les gouttes scintillantes tombent devant ses yeux levés d'un ciel d'un gris bleuté, neutre et pourtant amical. Ce ciel lui tend la main pour lui offrir un émerveillement à nul autre pareil, et un enseignement qu'il ne comprendra que bien plus tard.

 

Il est captivé par cette vue, ces gouttelettes dont on cherche à se protéger, et qui sont autant d'arc-en-ciel de poche qui heurteront le sol pour mieux retourner à leur source plus tard, fruits d'un cycle éternel et au-delà même de l'éternel, composants de l'être de ces êtres adossés à ce mur avec docilité. Pour qu'on exécute leur libre arbitre ?

 

Le petit garçon est seul au milieu d'eux, il coupe le bel alignement parce qu'il n'est que physiquement avec eux. Eux sont d'un bleu gris, aussi, vides, vidés, obéissants, remplis à nouveau des normes et des idées qui leur sont inculqués, ils formeront plus tard une belle société, harmonieuse et conformiste dont ne sera pas – pas complètement – le petit garçon qui interrompt l'unité du groupe.

 

Le ciel montre la vraie voie de l'harmonie, propose une toute autre sorte d'emplissage. En cette saison il épanouit non pas seulement les fleurs mais tout être qui veut bien se laisser arroser par l'onde multi-millénaire qui s'écoule et relie Ciel et Terre, fils de la Terre et âme céleste. Le ciel permet la véritable vacuité, celle qui ne sera pas utilisée par l'esprit-ruche qui consomme le monde, qui boit le monde avec intempérance, qui consume le monde pour combler son vide et qui, ce faisant, vide le monde.

 

Le petit garçon n'a qu'un pas à faire pour recevoir cette pluie qui n'est rien d'autre qu'un peu d'humidité versée sur un monde qui autrement serait trop sec et trop dur. Mais il y a un rang, il y a un danger, l'eau rend malade, l'eau est morbide, à ta santé mon frère ! L'eau est sale bien qu'elle nous lave, l'eau est sale en ce monde comme tout ce qui est pur est sale, en ce monde.

 

Le petit garçon a peur, il a déjà brisé l'unité du groupe, que lui arrivera-t-il ? Rien tant que cela ne se sait pas... ou du moins l'espère-t-il. Il suffit de ne pas sortir sous la pluie, ne même pas tendre la main pour recevoir sa fraîcheur bienfaisante. Ne pas se faire remarquer, aucune tête ne doit dépasser, aucun bras non plus. Plus tard, l'enfant sera quand même puni pour avoir été trop rêveur, mais pas ce jour là. Cela s'est donc vu ? L'enfant s'est-il privé à la fois de lui-même et du confort de baigner dans le groupe ? Pas tout à fait... Certains ont vu comme il était, et tous n'ont pas jugé, tous n'ont pas condamné. Beaucoup ont voté, certains se sont abstenus. Se sont tus, par amitié, douceur, respect.

 

Mais la majorité, tous ceux qui étaient vidés d'eux-mêmes pour avoir bien obéi tout le temps, et tous ceux qui n'avaient même pas la force de ne pas obéir, dans toute leur innocence, il leur a bien fallu aller à la rencontre de l'eau, au cours de leur vie. Il leur a bien fallu cohabiter avec les éléments, avec le monde, avec sa Vérité qui est bien au-delà de ce que peut percevoir et concevoir aucun esprit humain, et ils ont été souillés par cette eau.

 

« Attention, c'est dangereux ! Ne va pas là, ne va pas ici et ne fais pas ça ! Le feu ça brûle, et l'eau, c'est encore pire, ça mouille ! Et en plus, tout le monde saura que tu l'as fait... »

 

Suprême danger, nécessité de la réputation, de l'ordre moral, de l'uniformité du mouvement. L'homme, animal social, trop social et pas assez social, l'homme, toujours trop ou pas assez, l'homme, malade de ses convictions, de son besoin de reconnaissance, l'homme malade en société, l'homme malade sans la société, l'homme malade tout court d'avoir trop d'intelligence pour pouvoir s'en servir, d'être trop bête pour se servir du peu d'intelligence qu'il a. L'homme malade tout court.

 

Malade de devoir faire des choix, de ne pas vouloir les faire, de ne pas pouvoir les faire, de devoir s'affirmer, de ne pas pouvoir le faire, de devoir exister avec des semblables qui le nient, dans une société qui nie tout le monde, sauf les plus malades, ceux qui arrivent au pinacle de maladie, qui ont compris comment les rouages étaient, comment vouer un culte à la maladie propulse l'individu au sommet du succès.

 

L'homme ne se salit qu'à l'abri du regard des autres. En société, l'homme est un masque, en société, l'homme est un.

 

En société l'homme est.

 

En société, l'homme.

 

En société.

 

En.

 

En l'homme, la société.

 

En l'homme la société est.

 

En l'homme, la société est une.

 

En l'homme, la société est un masque. »

 

 

Posté par Seilenos à 14:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]