L'Oeil du Selen

02 avril 2018

Division, spiritualité et avenir (2/2) : dualité, chamanisme et spiritualité

 

Revenons-en donc à la question de la division. Dans mes élucubrations de la première partie, je me suis demandé si l'homme pouvait échapper à la division, et si nous ne courrions pas à l'échec en voulant ignorer certains points.

 

J'ai déjà dit que nous étions confrontés à des défis inédits, et je constate que certains essayent de les résoudre avec des moyens éculés, à mon avis totalement inadaptés à la situation, et que se bercer d'illusions avec le plus parfait new age style demeure l'attitude la plus répandue, selon moi. La mode actuelle consiste par exemple, dans ces milieux, à dénigrer la science, puis à prétendre que la techno-science est sur le point de résoudre tous nos problèmes agricoles. Pour parvenir à ces conclusions aberrantes, toutes les contorsions mentales sont permises. Ainsi l'on peut affirmer que la science rationnelle actuelle est la source du problème, ce qui n'est peut-être pas entièrement faux, et sortir ensuite des vidéos youtube sur telle et elle chimère. On y trouve par exemple divers agronomes écolo-progressistes, dont un qui nous affirme que nous allons avoir besoin de deux fois plus de production de nourriture dans les années à venir, que ça va être compliqué mais que pas de problème, on y arrivera grâce aux dernières optimisations permises par une meilleure compréhension des sols et des biotopes agricoles, le tout avec plus de respect et sans doute plus de gentillesse. Ben voyons. Je vous fais grâce de ces vidéos aussi.

 

Il m'apparaît très clairement que notre problème a été engendré en large partie par des illusions technologiques que nous renforçons par de nouvelles illusions techno-centrées. Il est impossible de faire accepter l'idée que nous sommes déjà trop nombreux à cause justement de la révolution industrielle (qui concerne aussi largement l'agriculture) et que, quand bien même nous parviendrions temporairement à produire deux fois plus de nourriture et à éradiquer la faim dans le monde, ce monde n'étant pas extensible, il y aura fatalement une limite, un mur se dressant face à cette fuite en avant incroyablement niaise et dangereuse. D'autant plus dangereuse que beaucoup d'écolos croient à ceci ainsi qu'à la transition énergétique écologique, dont rien ne démontre qu'elle se fera, alors qu'au contraire, beaucoup d'indicateurs montrent que cette transition n'est ni écolo, ni économe en ressources épuisables. On peut sans doute prolonger cette société absurde, et avec elle l'agonie de nos psychismes déréalisés, mais jusqu'à un certain point.

 

 

Pour moi, la question est spirituelle. La division est le résultat de l'expression de la dualité dans le monde. Dualité inévitable dans le monde matériel et qui se manifeste dans l'esprit humain par le langage verbal.

 

La question ici est : la masse est-elle capable de s'affranchir de la dualité ? Sans doute pas. Pourtant, il est possible d'aiguiller les gens en leur désignant la division. Les réactions, dans les débats, sont alors prévisibles. La réponse sera de nature duale, la plupart du temps. On reste bloqué sur des émotions, sur le « je », le « moi », « les autres ». Les implications émotionnelles sont trop fortes. Le quidam veut vivre sa vie, point, et on ne saurait l'en blâmer. Cette compréhension n'est sans doute pas accessible à la plupart, dont ceux qui se disent spirituels choisissent souvent au mieux les voies confuses et commerciales du nébulisme new age où tout est permis, rien n'est interdit, les syncrétismes les plus dépourvus de sens, pourvu qu'ils soient plaisants pour les sens et pour la croyance. On reste totalement dans le domaine de la médiocrité, de l'ignorance, le refus de la lumière qui en prononce constamment le nom sans avoir l'idée de ce dont il peut s'agir. Les sagesses y sont diluées dans une soupe consumériste souriante, qui admet la souffrance pour mieux la rejeter à la phrase suivante, qui parle de l'ombre du bout des lèvres pour mieux ne pas la considérer avec son âme. Les bonnes volontés sont réelles, la sincérité aussi. Mais les conditionnements sont trop profonds, et avec eux la croyance que les connaissances ésotériques les plus profonds sont à la portée de n'importe quel lecteur.

 

Je sais que le chamanisme est en vogue, et qu'il est aussi usé dans ce new age où, je l'ai dit dans un vieil article, tout n'est pas à jeter non plus. Cela peut être un déclencheur, une porte vers autre chose. Mais il faut considérer le chamanisme dans ces aspects sombres aussi, justement pour sortir de cette ornière de la spiritualité bon marché, accessible à n'importe quelle ménagère comme le dernier numéro de gala.

 

J'ai trouvé cet article, que j'aurais pu citer parmi bien d'autres, mais qui m'a paru intéressant dans le contexte de mon sujet du jour :

 

http://druideamorgen.canalblog.com/archives/la_souffrance_du_shaman/index.html

 

Le propos m'a semblé suffisamment juste et à point pour justifier quelque commentaire.

 

Sans doute faut-il dépasser la forme relativement simpliste. Lorsque l'auteur dit qu'il y a de faux et de vrais chrétiens, je n'en crois rien. Je crois qu'il y a des chrétiens qui sont de simples bigots, qui comme dans toutes les religions, se contentent de la forme, c'est à dire de la religion se suffisant à elle-même. On croit, on respecte, point. Point de réflexion, point de place pour une évolution spirituelle, juste le conformisme. Pourquoi ne seraient-ils pas de vrais chrétiens ? Ils sont tout ce que l’Église a toujours voulu que soient les chrétiens. Et je ne suis sans doute personne pour juger de cette nullité sur le plan spirituel, mais je le fais en passant, parce que je n'ai absolument pas la prétention d'être un saint. Ni l'envie, d'ailleurs, quand on voit ce que certains ont servi à justifier.

 

On comprend bien que l'auteur nous conduit à envisager que ce n'est pas le choix de telle ou telle religion qui importe, mais la manière dont on va utiliser une religion, ou pourquoi pas l'athéisme, pour développer une attitude spirituelle, c'est à dire une sagesse visant à dépasser la condition basique du vivant : l'existence physique, la souffrance, la division.

 

Pour ma part, lorsque je critique une religion, c'est toujours à sa bigoterie que je m'en prends, au conformisme qui est à sa base, et qui est le but de l'institution. En soi, les idées qui fondent ces religions sont pourtant souvent belles et même admirables. Constatons simplement que cela a servi de prétexte à toutes sortes de crimes, dans le monde matériel où s'inscrivent ces institutions en revanche très peu respectables.

 

J'ai voulu faire le pélerinage de saint-Jacques de Compostelle, non parce que je suis chrétien (je suis athée à sensibilité animiste et païenne, à forte connotation agnostique) mais parce que je me sentais appelé à cela. Et de toute façon, point besoin d'être chrétien : le site de Compostelle fut d'abord un site druidique, puis un mausolée romain. Et sans doute existait-il encore bien avant cela...

 

Je n'ai pas pu le faire, pour cause de difficultés physiques, mon corps n'étant pas dans sa première forme. Mais ça n'a pas tant d'importance, car le véritable pèlerinage n'est qu'intérieur, même si je ne doute pas qu'une telle marche ait sa propre valeur et son propre intérêt, que c'est sans doute « plus puissant » que la seule méditation intérieure. Mais l'inverse est aussi vrai : pratiquer le pèlerinage sans attention n'a pas de valeur, rien que l'usure du corps et renforcer la bigoterie.

 

Je cite quelques passages de l'article :

 

« Cependant, dans la spiritualité, il n’y a pas de différences, si on avance de façon authentique, nous sommes des humains confrontés aux forces de l’univers.



Et il n’existe pas de monde idéal dans lequel on puisse se réfugier, évitant les souffrances de l’humanité, car le monde est une sorte d’unité spirituelle. » 

 

Dans le monde de l'esprit, la différence s'estompe et disparaît. Elle n'a tout simplement plus de sens, car le seul sens qu'on y découvre lorsqu'on y évolue avec une attention dépouillée des préoccupations matérielles est en effet celle d'une unité. Encore faut-il le vivre et le sentir pour s'en rendre compte, et comprendre alors que l'unité fait place à la division seulement dans le monde de l'incarnation, monde dans lequel sont aveuglément enfermés l'immense majorité des humains, croyants comme incroyants, toujours prisonniers de leur caverne de Platon, n'osant se retourner et en sortir, n'y songeant tout simplement pas. Il est alors certainement illusoire de croire que l'on peut vaincre absolument la division, dans les domaines politiques, sociaux et autres.

 

Pourtant, c'est l'entreprise la plus louable qui soit, et j'en suis convaincu. C'est pourquoi je m'oppose formellement aux illusions confortables, aux fleurs de Bach, à la simple exploitation de l'effet placebo. Il y a quelque chose à réaliser de très profond, un éveil, qui est accessible à tous. Et je cris que cela passe déjà, par exemple, par le fait de faire comprendre, par le moyen des idées, l'absurdité et les effets contre-productifs des divisions infinies que nous créons et que le monde actuel multiplie jusqu'à la folie. Il faut tenter d'inverser cette tendance, de faire comprendre dans notre entourage que, lorsque nous sommes en désaccord, ce n'est pas quelque chose de fondamental, mais que cela résulte seulement de façons différentes de voir le monde, d'y poser un regard et d'y apposer nos idées. Si nous le voulions bien, toutes nos idées, aussi différentes et opposées soient-elles, peuvent trouver un certain degré de réunion. Si nous le voulions bien...

 

 

« Le sens du véritable shamanisme est de partager le destin et les épreuves de tous les êtres individualisés, pour comprendre et connaître leur souffrance. 

Dépasser la mort pour redevenir un esprit immortel, tel est le sens du shamanisme authentique, et on peut constater facilement que c’est aussi le sens du christianisme, pas celui des colons, mais celui des vrais chrétiens. Le christ a donné l’archétype spirituel du shaman, par son agonie et sa résurrection, qui est une expérience de l’âme commune à tous les êtres. »

 

Je note ce passage surtout pour moi-même, parce que j'en reconnais la justesse. A chacun d'en faire le commentaire qu'il veut.

 

 

« Cependant pour ceux qui cherchent vraiment la spiritualité, ils doivent vraiment passer par la destruction, déchiquetés par les démons (les forces de destruction contre la vie) pour renaître si ils survivent, à l’état divin, ou, pour les shamans Inuits, le terme est trop pompeux, à la vie. 

 

Entre l’unité primordiale et le monde des apparences, règne le monde du diable, comme l’avaient compris les mystiques cathares. Il faut le traverser. » 

 

 

Voilà donc, les « vrais de vrais » ils doivent souffrir, un peu comme les bikers, les tatoués, les guerriers. Bon, ça sonne très prétentieux, mais je crains que ce soit très vrai. D'abord parce que c'est une expérience que j'ai vécu dans mon parcours chamanique, ensuite parce que je constate le décalage entre moi et ceux qui, décidément, ne veulent pas voir les aspects sombres du monde, et sont assez satisfaits d'éteindre leur télé, pour le bénéfice finalement plus égoïste qu'altruiste de ne plus voir les « mauvaises nouvelles du JT ». Tout en se prétendant soucieux du monde. Non, il ne faut pas regarder la télé pour voir ces choses et voir l'accumulation des malheurs et des drames, bien sûr. Mais ce ne doit pas être pour fuir ces drames, mais pour les accepter comme inévitables dans l'ordre du monde matériel, le samsara bouddhiste. Monde des souffrances. Non pas banaliser la violence et la souffrance, mais admettre une fois pour toute qu'elle est partie intégrante du monde matériel, en quelque sorte, la souffrance est indivisible de la matière, car elle manifeste celle-ci, et à travers celle-ci, l'unité du monde, dont la matière n'est que l'expression, l'une des manifestations.

 

Tout cela est difficile à dire avec des mots, aussi j'espère ne pas être trop incompris. Ce sont des paroles somme toutes assez banales pour ceux qui sont familiers avec certains enseignements fournis par la nature, le monde, le monde des esprits, certains « gourous » bouddhistes ou autres.

 

Et puisque la familiarité avec cette souffrance est réservée à quelques uns, non pas comme un privilège (honnêtement, c'est plutôt un fardeau), je crois qu'il serait idiot de penser que leur expérience est purement égoïste et personnelle. Non, si cette expérience existe, c'est qu'elle est partageable, c'est qu'on peut y initier autrui, que l'on peut répandre le message, par exemple sur le sujet de la division, qui m'intéresse aujourd'hui.

 

 

Dans sa conclusion, que je ne cite pas, l'auteur retombe dans son histoire de « vrais et de faux » à laquelle je ne crois pas. Je ne crois pas, ou plus, qu'il y ait de vrais chrétiens, des faux, des druides évêques ou non évêques, respectables, pas respectables. Je crois qu'il y a peut-être autant de voies qu'il y a d'êtres, pour un sentier spirituel, et que ces voies sont souvent dictées par les circonstances de l'époque ou du lieu. Ce qui équivaut à dire que le new age peut en effet servir pour cela à certains. Comme l'alchimie, l'islam, le taoisme ou encore l'agnosticisme et la philosophie.

 

 

Et puisqu'on est sur ce sujet, jetons avant de finir un coup d’œil aux réflexions de Krishnamurti sur la division :

 

http://www.krishnamurti-france.org/Pourquoi-cette-division-entre-l

 

 

On en revient donc à ce que j'ai dit plus haut. Nous fonctionnons par identification, par conformisme, par mimétisme. Savons-nous seulement fonctionner autrement, à part certains d'entre nous ? Aujourd'hui il y a cette montée, en effet, de ce que je pourrais appeler un néo-patriotisme. Beaucoup de monde tombe dans le panneau de croire qu'on peut vaincre le tribalisme avec le patriotisme. Ce n'est qu'un renforcement d'une division. Comme croire qu'une « ré-immigration » serait possible en pratique, et admissible dans le monde réel par les populations, sans échauffer les esprits jusqu'au blanc. On répond à la division par la division. On se serre les coudes contre ceux qui se serrent les coudes et... c'est à ceux qui vont se serrer les coudes le plus fort ? S'il faut lutter contre les pratiques de nos dirigeants, et c'est une évidence, ce n'est certainement pas comme ça...

 

Mais je vais terminer ici, sur ce constat que nous n'avons encore rien trouvé pour dépasser ce phénomène de division. Ce n'est pas une raison pour ne pas essayer et ne pas vouloir, pas une raison pour se renforcer dans ces vaines oppositions. Nous pouvons lutter contre certains abus politiques mais pas contre le monde. Il est intéressant de constater que si à gauche on s'enfonce dans certaines illusions (concernant le genre, la race, etc.), à droite on s'enferme dans différentes formes d'identitarisme pour « faire rempart », mais que, ce faisant, on ne réalise pas l'absurdité de la chose. Personne n'a encore œuvré sainement à une entente, à une coopération. Il serait temps.

 

 

 

Annexes : Je fournis ici quelques liens qui complètent ma réflexion.

 

Une autre réflexion de Krishnamurti qui appelle à la circonspection, à la distance, et in fine à la tolérance :

 

http://www.krishnamurti-france.org/La-tolerance-est-acceptation-civilisee-de-la

 

Mais notons qu'en peu de mots il fait sentir que la tolérance n'est pas suffisante, puisqu'elle renforce l'hypocrisie et permet la perpétuation de la division, en évitant simplement les conflits. Il serait plus avantageux d'affronter les divisions avec respect, mais est-ce seulement possible ? Il y aura toujours des différences, et c'est très bien ainsi. Le problème étant lorsque ces divisions, comme actuellement, attisent les tensions.

 

 

Un sujet récurrent sur dedefensa.org, sur la possibilité d'une influence suprahumaine, qui pourrait agir sur l'agitation générale, et donc les tensions et divisions, et sur l'absurdité de certains raisonnements et agissements politiques :

 

http://www.dedefensa.org/article/conversation-avec-les-forces-suprahumaines

 

L'auteur ne tranche pas, bien qu'il soit assez engagé dans cette théorie. Pour ma part j'ai déjà développé ce sujet et je suis prêt à admettre qu'un tel type d'influence puisse tout à fait exister et même contrecarrer des tentatives d'apaisement. Cela correspondrait d'ailleurs assez bien à ce qu'on observe, ou croit observer.

 

 

A part ça, je voulais aussi mentionner que les divisions existent aussi au sein de la science et de ceux qui se réclament de la méthode scientifique, à laquelle on peut opposer, comme dans le lien précédent, le droit à préférer l'intuition à l'usage, ou abus sempiternel de la « raison ». Dans la vidéo suivante, une critique de la zététique comme je les aime. Vous trouverez d'autres vidéos sur la même chaîne, assez intéressante. J'apprécie la thèse de l'auteur d'une sorte d'hypnose de masse, même si je ne le rejoins pas dans ses détours et arguments dans ses différentes vidéos, mais cela me fait toujours plaisir d'entendre un esprit critique.

 

Vidéo youtube : 21) La tache aveugle de la Zététique

 

 

Sur la science encore, j'en profite pour mentionner ce cas qui contredit les deux théories dominantes actuelles en cosmologie :

 

https://fr.sott.net/article/32130-DF2-la-galaxie-qui-defie-la-theorie-de-la-matiere-noire

 

 

Enfin, je termine par la vidéo qui a le plus haut potentiel de polémique, sur la question de race, qui, il faut le reconnaître, agite à la fois les pires idéologies mais aussi les pires hypocrisies. On notera que l'auteur est faussement objectif, et en fait fortement orienté, on voudrait souvent lui réclamer les sources de ce qu'il affirme, mais j'ai trouvé que, dans l'ensemble, cela était tout à fait valable à entendre. Il n'y a rien de scandaleux à envisager que l'espèce humaine serait constituée de plusieurs races ayant des spécificités, que tout esprit honnête peut d'ailleurs constater assez facilement, avec un minimum de sens de l'observation. L'interviewé nous propose des arguments de nature scientifique, et il serait malhonnête de ne pas les entendre, quitte à les critiquer, mais ce n'est pas mon propos ici.

 

Vidéo youtube : Les races mythe ou réalité? avec Hassen Occident

 

 

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01 avril 2018

Division, spiritualité et avenir (1/2) : une humanité sans division ?

 

Je voudrais ici mener une réflexion de fond qui, au départ, est toute personnelle, mais fait clairement écho au propos général de mon blog.

 

Mais tout d'abord je profite de cet article pour dire que je suis en instance de déménagement, ce qui m'occupe depuis quelques semaines déjà, et se prolongera encore durant quelques semaines, ce qui fait que j'ai moins de temps pour travailler sur le blog. J'ai aussi quelques préoccupations autres qui contribuent à pomper mon temps et mon énergie, mais j'espère pouvoir reprendre un rythme normal d'ici un mois. J'ai notamment pas mal de matière déjà pour un ou plusieurs numéros de la démarche de curiosité, mais ce sera pour plus tard.

 

En attendant, je vous propose de vous emmener dans cette réflexion, dont le but n'est évidemment pas d'être exhaustif et encore mins d'aboutir à une conclusion ferme et définitive, mais plutôt d'explorer des pistes à propos de la question de la division, déjà soulevée dans ma précédente revue de presse et internet.

 

Il me faut d'abord dire que cette réflexion est née d'un débat dans une liste de discussion, où les désaccords étaient très profonds au départ, pour aboutir à une fin moins tranchée, même s'il était clair que nous ne nous comprendrions jamais totalement.

 

Le sujet de la discussion a peu d'importance. Ce qui importe est, je crois, l'état d'esprit divergent des participants de la discussion, qui aurait pu se ressentir sur à peu près n'importe quel sujet. Il faut simplement savoir que cela portait sur des thèmes importants de la société actuelle, qui ont tendance à agiter des émotions plus ou moins conscientes et plus ou moins admises, comme la peur, l'envie, l'espoir, etc. On parle d'écologie, d'avenir, de l'attitude à tenir face à la vie et aux événements. C'est donc assez universel, assez profond et assez particulier à chaque individu.

 

La raison pour laquelle je veux développer ce point est que, au risque de me tromper, je crois qu'il y a, justement, une erreur majeure d'attitude par rapport à la vie en général, chez énormément de gens qui militent pour une cause ou qui essayent de véhiculer des idées optimistes à propos de l'avenir. Attention, je ne suis pas du tout en train d'essayer d'ériger en modèle mon propre « art de vivre ». D'abord, je n'ai aucun art de vivre au sens propre du terme, ensuite je suis le premier convaincu que je fais pas mal d'erreurs au quotidien. Aussi, l'exploration que je fais est censée m'être utile à moi-même en premier chef pour tenter d'améliorer ce qu'on pourrait appeler mon « chemin de vie ».

 

Dans cette réflexion menée dans une série d'articles, il sera donc question de philosophie, de chamanisme, de spiritualité, mais aussi tout simplement de vie pratique. Le but étant, peut-être illusoire, nous verrons bien, de dénouer quelques sources de division à l'aide du verbe et de la pensée qui le dirige.

 

 

La division est-elle inhérente à la nature humaine ?

 

Je ne veux pas inonder cette réflexion de liens d'articles et de vidéos. Je l'ai nourrie par un certain nombre de lectures, de vidéos dont certaines durent 3 heures ou plus, et je ne voudrais pas noyer le lecteur sous la quantité, déjà que mes textes peuvent être assez longs. J'essaierai donc de garder la substantifique moelle de ces sources que je ne citerai que dans la seconde partie, et pas forcément toutes.

 

Cette première question, je me la pose souvent en observant l'histoire humaine, tout simplement. Il ressort de certaines observations que les religions, notamment, ont été créées pour engendrer un formatage de la population. On pourrait arguer à ce sujet que la religion pourrait, par l'uniformisation des comportements, engendrer un monde sans division, où tout le monde aurait le même modèle du monde, le même code moral et de comportement (les interdits et obligations alimentaires, vestimentaires et autres servent avant tout cette fonction). On observe que c'est le contraire. En voulant obliger des populations entières à suivre une norme, les religions ont engendré quantité de divisions. C'est que l'énergie du vivant reste plutôt spontanée, et à part chez les individus les plus conformistes et les moins critiques, il reste difficile d'accepter des obligations dont la plupart vont de l'absurde à l'arbitraire, pour dire les choses franchement.

 

Ainsi, les religions ont engendré l'anti-cléricalisme, et se sont toutes divisées en écoles, en sectes et en tendances qui s'opposent parfois violemment. Ai-je vraiment besoin d'illustrer par des exemples ? Pensons simplement au moyen-orient, à l'Irlande, à la saint-Barthélémy, aux croisades, à la condition du Tibet. Considérons aussi que certains régimes politiques – voire la plupart – ont une vocation religieuse, même lorsqu'ils ne se réclament pas d'une religion. Pensons au communisme qui opprima toutes les communautés religieuses et essayé d'imposer un culte de la personnalité, pensons aux régimes islamistes, pensons au culte de l'argent et de la réussite dans le capitalo-libéralisme, et ainsi de suite. Il y a toujours une tentative d'imposer des « valeurs », des comportements, voire une morale, et d'en interdire d'autres qui s'y opposent. Ainsi le conflit en Inde et au Pakistan qui oppose des hindous à des musulmans n'est pas vraiment différent de la lutte géopolitique qui opposa le capitalisme au communisme soviétique.

 

On constate souvent que des oppositions politiques ou religieuses ont en fait des origines culturelles. Là aussi il serait trop long d'illustrer par des exemples, mais on pourra parler du conflit israélo-palestinien, ou encore des conflits littéralement ethniques qui existent dans beaucoup de pays, comme les USA, où le statut des « WASP » est très différent de celui des noirs ou des latinos. On remarque qu'il y a toujours une fracture dans les comportements comme dans le statut social de ces groupes, à l'intérieur de ces pays, qui découle le plus souvent de références culturelles différentes qui semblent plus ou moins incompatibles.

 

Est-ce un hasard si l'un des sempiternels point de désaccord entre la mentalité dite de gauche et celle de droite porte sur les questions du racisme et de l'immigration ? Il faut se poser la question : les humains peuvent-ils réellement vivre ensemble et en bonne entente avec des conceptions du monde totalement différentes ? Car il ne faudrait pas croire que cela se résume à une question de couleur de peau, par exemple. Si la division humaine se résumait à cela, ou au genre comme certains idiots et hystériques veulent le croire et le faire croire, les choses seraient relativement simples, en somme, et il n'y aurait pas de conflits ethniques entre noirs en Afrique et entre sémites au moyen-orient (les arabes sont sémites, comme les juifs).

 

Une autre question à se poser : est-il réellement souhaitable d'uniformiser et d'assimiler l'entièreté de l'humanité, y compris les peuples primitifs, les aborigènes ou les inuits à une idéologie globale ? Il s'agit d'une tendance d'une extrême violence qui nous dévore tout autant que ceux que j'ai cités. Nous avons déjà largement perdu notre culture, nos références vitales à la nature et notre connexion à celle-ci, de sorte que nous sommes des proies pour le globalisme matérialiste-dématérialisé, qui porte sa propre idéologie qui est une religion, et qui, comme toute religion, est anti-spirituelle.

 

C'est un point qui a été facilement intériorisé du côté « droit » du spectre politique, et qui reste dénié du côté gauche, dans un refus pathologique qui confine vraiment à l'idiotie. Est-ce que nous ne gagnerions pas, plutôt qu'à cultiver des particularismes, à se rejoindre sur un tel point qui me semble faire sens et devrait faire consensus ?

 

Mais voilà la difficulté. Si l'humanité est en quelque sorte vouée à la division, chacun, au sein d'elle, ne peut voir les choses qu'à travers le prisme de sa propre division, notamment lorsqu'il est question, paradoxalement, de le fondre dans une uniformisation générale qui le perdrait alors. A moins que cette uniformisation nous sauve de nos divisions ? Je n'y crois pas. Je crois plutôt que chacun ne peut s'accomplir que dans ce qui lui est propre. On se perd dans la religion, dans le formatage, et on se trouve non pas dans l'individualisme, mais dans la découverte de sa propre individualité. Bref, l'on voit qu'il y a deux tendances contradictoires naturelles que nous ne savons pas accepter, comme deux forces qui maintiennent un équilibre : c'est parce qu'il y a la gravité que nous tenons les pieds sur Terre, et c'est parce qu'il y a une force égale en réaction que nous restons debout sans être écrasés par cette gravité. Or il me semble qu'actuellement, l'humanité terrienne est à un tournant où elle est partagée entre la gravité et la résistance absolue à cette gravité. Il y a forcément un entre-deux raisonnable et viable, qui permet à la fois d'accepter le monde moderne, avec tous ses défauts, et de s'y accomplir sans céder à ses exigences les plus absurdes. Si ce n'était pas le cas, nous aurions succombé à la folie dès que nos traditions ont été modifiées ou égratignées.

 

Et ceci est un point aveugle, du côté droit du spectre politique... où l'on s'accroche aux traditions comme une bouée de sauvetage, comme la condition de notre survie. Les choses sont plus complexes : les traditions sont des repères culturels, et ils appartiennent donc à une culture qui porte en elle les germes de la division. Les traditions sont utiles en tant que repères, il est bon de les garder en vue, mais il est sans doute stupide de les sacraliser. Ce qui ne signifie pas qu'il faille accepter de les laisser souiller et broyer par le modernisme, qui porte lui aussi les germes d'une nouvelle division. Ce que je dis évoquera probablement les débats actuels sur les migrants, le « grand remplacement », etc.

 

 

Quelques mises au point personnelles

 

 

Avant d'aller plus loin et d'attaquer la seconde partie, je ressens le besoin de quelques précisions, qui concernent globalement ma façon de voir les choses et de m'exprimer, sachant les incompréhensions que cela peut susciter, ici et là.

 

Nous vivons dans une époque assez particulière, qui propose des défis uniques. Ces défis sont pour un grand nombre d'entre nous des écueils et des sources de souffrance que nous tentons de résoudre par différentes attitudes qui ont leurs points forts et leurs points faibles. J'ai toujours tendance à critiquer les points faibles et à laisser de côté les points forts, mais j'ai une excellente raison à cela : la critique dite positive a tendance à encourager les gens dans l'erreur et à garder dans l'ombre les angles morts qui peuvent conduire une attitude à des échecs et à des souffrances qui auraient pu être évités par une critique plus lucide et sans compromissions avec le réel. Cela peut-être perçu comme de l'agressivité, de la prétention, ou encore de la malveillance ou du négativisme. Il n'en est rien. Au contraire, je reproche à la critique dite positive (qui a aussi de bonnes raisons d'exister, pour fournir du courage, de la motivation, etc., il en faut) de consister la plupart du temps en une manipulation qui est typique de notre temps. Puisque les défis que nous affrontons aujourd'hui sont si effrayants, il nous faut nourrir l'espoir, le courage, l'enthousiasme, quitte à renforcer les réactions contraires en cas d'échec, quitte à nourrir une sorte sournoise de pathologie mentale qui ressort d'un certaine aveuglement. Aveuglement assez propre à l'humain, certes, qui le conduisit tant de fois à faire fi des dangers lorsqu'il s'agissait d'affronter les océans, les montagnes, les défis technologiques, etc. Pour le meilleur et pour le pire, donc.

 

Le problème ici est que toute émotion dite positive, comme dans toute division duale de l'esprit, porte en elle le germe de la réaction négative qui lui correspond.

 

Cela est valable dans l'autre sens : lorsque je critique négativement, cela fournit à celui qui reçoit la critique des ressources pour réagir positivement à cette critique. Lorsque cette critique est mal reçue, je reçois en retour des réactions agressives, mais celles-ci me donnent l'opportunité de me renforcer, de m'améliorer, de peaufiner ma critique, ma communication.

 

C'est en cela que ce que j'appelle le positivisme m'exaspère. C'est la caresse qu'on donne à d'éternels enfants qui ont besoin d'encouragements, sans quoi ils ne semblent pas aptes à trouver la force en eux.

 

Entendons nous bien. Je ne prône pas un monde où tout le monde se critique négativement à longueur de temps. Il faut de la joie et du sourire, de la folie, de l'engagement, tout ce qu'on veut. Mais il faut être conscient que cette énergie vers l'avant porte à la fois le germe de la fuite vers l'avant et du découragement qui naît d'avoir manqué de lucidité et d'éléments qui auraient aidé l'entreprise au départ. La critique négative aide à découvrir les défauts d'une entreprise, et la critique positive fournit l'énergie utile à son accomplissement. Rejeter la première est plutôt le signe d'un esprit manquant de réflexion, baignant trop facilement dans la pensée magique qui, non, ne peut pas se suffire à elle-même.

 

Mon attitude est alors souvent comprise comme un « aquoibonisme » alors qu'il s'agit de tout sauf ça. Je conspue le fatalisme, mais je pense que le réalisme est absolument nécessaire. L'homme n'a pas conquis la planète avec sa simple bonne volonté, et il ne résoudra pas les défis actuels juste en essayant. Il lui faudra aussi du discernement, du savoir-faire, la capacité d'apprendre de ses erreurs (qualité qui semble manquer jusque chez les plus fervents écologistes qui n'ont toujours pas compris que le développement durable est une arnaque intellectuelle absolue et un écueil incontournable).

 

Alors on me considère facilement comme un oiseau de malheur et une Cassandre, mais croyez-moi, lorsque je vois les enthousiastes de l'énergie libre, de l'« agriculture de demain » ou de la « communication non-violente » comme solution à tous les maux de l'humanité, et que je prévois l'échec inévitable de toutes ces stratégies que je critique, je ne me réjouirai pas lorsque je les verrai échouer. Je ne trompetterai pas « je vous l'avais bien dit », même si je serai très tenté de le faire. Au contraire, je me désolerai de cet enthousiasme gâché, de ces fausses pistes arpentées par tant de gens qui croient encore qu'il y a des lendemains qui chantent dans une écologie joyeuse et communautaire. La vie agricole a toujours été très dure et elle le sera toujours. Ce n'est pas pour rien si l'exode rural a vu tant de paysans fuir la campagne : ils visaient l'eldorado urbain, où ils sont pourtant devenus de simples prolétaires où leur savoir-faire n'avait plus aucune utilité ni aucun sens, et où leur connexion avec la nature et ces cycles n'était plus qu'un handicap que l'évolution récente à fait en quelque sorte disparaître.

 

C'est le triste chemin de l'humanité que je constate, simplement. Ce n'est pas du mauvais esprit. C'est la conscience de la difficulté des choses, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas les entreprendre. Mais cette conscience doit servir... Et elle doit servir à alerter ceux qui croient qu'il existe une voie facile, une harmonie toute trouvée avec la nature. Chimère de citadins s'il en est. De citadins qui fuient la ville à 50/60 ans, et qui pensent qu'ils auront l'énergie de cultiver pour leur famille dans 10 ou 20 ans, eux qui n'ont jamais vu un jardin... Jamais perdu une saison ou une année de récoltes, et qui apprennent la campagne dans des livres ou sur youtube...

 

Mais je suppose qu'après tout je ne suis personne pour les décourager, ce qui n'est pas mon but, faut-il le répéter ? J'agis en esprit noir, familier avec l'ombre, qui accepte de voir les zones sombres et effrayantes, qui inspireraient à bien d'autres la simple envie de se crever les yeux pour ne pas voir les choses en face. Et l'on a toujours cloué les hiboux et les chats noirs, de mémoire de chrétien. J'en suis bien conscient.

 

Donc voilà, pour résumer cette partie, je dirai simplement qu'il ne faut pas confondre critiques et récriminations, aquoibonisme et lucidité, qu'il faut réaliser que l'espoir et l'enthousiasme peuvent, chez certains, être d'abord une fuite et le résultat d'une agitation psychique, d'une peur, et qu'on fait bien peu de choses constructives dans la peur, surtout lorsque laissée enfermée dans l'inconscient. Je dirai aussi qu'être « positif », c'est bien souvent juste se construire un sourire de circonstance en toute circonstance, un masque et une attitude d'autruche. Le refus d'entendre la critique, la garantie d'un échec. Sombrer dans la dictature du bonheur : croire que bonheur et réussite sont un dus à celui qui « va de l'avant », qui « essaye », croire qu'il n'y a pas d'échec possible quand on vit avec le sourire. J'en ai vu, des dépressifs et des alcooliques de ce genre, pardonnez-moi, je ne vous souhaite pas cela, tout au contraire.

 

Et pour terminer, une fois de plus je dirai qu'aucune attitude qui repose sur une émotion ne peut être durable... Que ce n'est pas avec la bonne volonté, ni avec l'énergie de l'espoir ou du désespoir que l'on construit un monde meilleur. Avec ces façons là, on s'inscrit seulement dans les drames de l'humanité. Ce qu'il faut, pour en finir avec ce dramatisme, justement, car ces idéalismes écologistes se nourrissent avant tout du catastrophisme (le pire n'est jamais sûr, et cela s'applique aussi à mes prévisions négatives), c'est un véritable changement de mentalité profond et massif, c'est à dire qui affecte les masses comme la télé, la voiture ou les journaux ont pu le faire. Autant dire qu'on n'est pas couchés, mais c'est là la véritable tâche qui nous attend. Faire son petit coin d'Eden à soi, moi je veux bien, mais ce ne seront pas à ceux qui auront éventuellement réussi cela qu'on devra l'histoire prochaine : c'est à ceux qui auront réussi à renverser le paradigme civilisationnel, médiatique, politique, scientifique et social que l'on vit aujourd'hui. A ceux qui auront œuvré pour une lucidité propre à transcender les clivages actuels, souvent très artificiels et pourtant très inscrits dans notre histoire, d'où la difficulté.

 

 

Si l'humanité doit réellement rebondir, ce n'est pas dans des niches idéalistes qui ont toujours existé, et qui refusent de considérer le monde et d'entendre certaines voix, c'est dans la réalisation d'une nouvelle révolution, qui elle, devra se situer sur le plan spirituel. Et c'est ce que je tenterai d'explorer dans ma seconde partie.

 

 

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24 mars 2018

Références essentielles du blog

Je remets ici les références externes et internes du blog, l'article s'étant apparemment perdu dans une mise-à-jour de ma part.

 

Les liens importants :

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/08/03/34149635.html

 

Les récapitulations thématiques et sémantiques :

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/08/03/34148911.html

 

Sites de référence principaux (à considérer toujours avec esprit critique) :

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/08/03/34148879.html

 

 

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23 mars 2018

Revue etc. N°37 - Réflexions sur la thématique de la division et du bouc-émissaire

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°37

 

Au moment de me lancer dans l'écriture de ce numéro, je me suis rendu compte que la grande majorité de mes liens pouvaient être regroupés dans la thématique de la « division ». Aussi, je pense que ce serait un exercice de style intéressant à tenter que de développer ce point, d'autant qu'il me semble totalement central et à l'image de notre époque.

 

Je commencerai donc par cette nouvelle vidéo de Greg Tabibian, dont j'apprécie particulièrement le nouveau format du « off » qui le conduit à développer des thématiques très similaires aux miennes, avec une approche également très semblable.

 

https://www.youtube.com/watch?v=qqjtLkRc4NM

 

Vidéo youtube : Réunion en non-mixité "ethnique" : un racisme qui ne dit pas son nom ? [Le OFF #05]

 

 

Beaucoup des points qu'il aborde ici ont déjà été développés sur mon blog, mais je trouve qu'il le fait d'une manière très pertinente, et j'apprécie notamment qu'il cite René Girard et son approche du bouc-émissaire. Vers 26 minutes dans la vidéo, mais le reste mérite aussi l'écoute.

 

https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/02/le-bouc-emissaire.pdf

 

NB : à mon sens, la notion d'innocence n'a rien à voir avec la notion de bouc-émissaire. Celui-ci n'a pas besoin d'être innocent ou d'être coupable, il a seulement besoin d'être désigné coupable pour catalyser une dynamique sociale. Le bouc-émissaire idéal n'est d'ailleurs pas, le plus souvent, un innocent mais bien plutôt un coupable. Encore une fois, « à mon humble avis ».

 

J'avais abordé récemment ce point autour de l'affaire Dutroux à cause de proches qui n'avaient pas compris mon propos, mais de toute façon, le principe du bouc-émissaire est partout dans la société, et à quoi sert-il ? Précisément à souder la société autour d'une cause commune, contre un « méchant », un responsable des maux, autrement dit, la fonction du bouc-émissaire est d'éviter la division.

 

Comme l'explique Greg Tabibian dans sa vidéo, ce mécanisme est transitoire et voué à se répéter en quelque sorte éternellement, en tout cas tant que l'humanité n'aura pas atteint un état de conscience nouveau et d'ailleurs totalement hypothétique qui est le fond de commerce du new age, en particulier. Par conséquent, une société, comme il dit « post-oppressive » ne pourrait advenir, pour le paraphraser à ma manière, qu'à condition que l'humain devienne post-humain... Autrement dit, selon lui, jamais. Je ne serai pas aussi catégorique car je reste par principe dans l'incertitude sur ce genre de sujet, mais ce dont je suis relativement certain, c'est que ça n'est pas demain la veille, et ce dont je suis absolument certain, c'est que ce n'est pas avec le genre d'approche qu'ont le genre de groupements anti-racistes et anti-sexistes dont il est question ici en filigrane – qui sont voués à échouer justement dans une division – qu'on y arrivera ou même qu'on s'en rapprochera, puisque ces groupes ne font qu'agiter... une nouvelle forme d'oppression.

 

 

Bref ce que je veux dire, c'est que l'humanité en est encore à ce stade du « bûcher ». Comme nous ne savons pas catalyser notre violence autrement, nous avons besoin d'un bouc-émissaire. Nous en trouvons très facilement, quitte à les inventer, mais cela ne nous empêche pas de générer de la division à tous les stades de la société. Pourquoi ? Probablement parce que cette société est si complexe et si manipulée par le langage et les médias qu'elle engendre mécaniquement des divisions, donc des bouc-émissaires, puisque c'est la division en elle-même qui rend ces derniers nécessaires.

 

En écrivant ce texte, j'avais le projet certainement bien ambitieux de dénicher une piste pour en finir avec cette dynamique de division, qui engendre victimisation et désignation de bouc-émissaires. Soyons honnêtes, je n'ai aucune idée de si je vais y arriver ou non, mais c'est un processus de réflexion que je voudrais dérouler ici, comme une façon de penser à haute-voix. La manière la plus simple de procéder me semble de commencer par énumérer les liens où j'avais repéré quelque part la notion de division.

 

https://francais.rt.com/economie/48953-sanctions-contre-chomeurs-gouvernement-annonce-durcissement

 

Ici par exemple, on a l'habituel bouc-émissaire de la société où rien ne va... Quand ce n'est pas l' « arabe », c'est bien entendu le chômeur, ce parasite à éradiquer, bouc-émissaire parfait qui « ne fout rien », gaspille son argent au loto, au pmu ou en alcool comme chacun sait, incapable d'effort, de créativité ou même d'utilité, il est bon de lui prendre ce qu'il n'a pas : son argent, dont il n'a que faire de toute façon, et qui ne sert qu'à sa survie. Ce qu'on veut à ce salaud de pauvre (la plupart du temps) c'est sa disparition c'est à dire sa mort. Se référer à ce que dit René Girard de la violence. On peut citer par exemple ce passage :

 

« Cette violence serait soutenable socialement (maintien de la paix civile), si elle demeurait le propre de quelques individus isolés. Or, ce qui la rend éminemment dangereuse, nous dit Girard, c’est qu’elle est contagieuse. Le désir mimétique se propage à la société tout entière, par effet « boule de neige » : si deux individus désirent la même chose il y en aura bientôt un troisième, un quatrième, et ainsi de suite. Rapidement – à la vitesse d’une traînée de poudre – , le conflit mimétique se transforme en antagonisme généralisé. »

 

 

On constate en effet que les bouc-émissaires les plus « efficaces » sont ceux qui aboutissent à mobiliser les plus grandes parties de la société. Le paradoxe étant que, cette violence étant insoluble – on ne peut pas exterminer tous les chômeurs, tous les « arabes » ou encore tous les juifs ou que sais-je encore – elle aboutit à l'inverse de l'effet escompté : la division.

 

La conscience humaine, demeurée à un stade très primitif à l'échelle des masses, comme on le constate lorsqu'on décide d'appliquer une certaine lucidité, en est encore aux lynchages, aux basses jalousies et j'en passe, et je n'aurai pas besoin de citer de nouveau des textes à propos des grèves commençantes sur la SNCF, avec le lexique habituel autour de la « prise d'otage » et des privilèges pour le démontrer.

 

 

Un autre domaine où se manifestent ces basses jalousies porteuses de division et d'inquisition morale contre des méchants et des responsables imaginaires d'un quelconque désastre social, est bien entendu celui de l'idéologie de genre, qui se décline aujourd'hui beaucoup dans ces groupuscules fortement idéologisés contre de vastes catégories de la population, je veux bien entendu parler des activistes de l'anti-racisme ou de l'anti-sexisme qui, dans les faits, agitent une forte dose de haine voire d'agression verbale pure et simple (là aussi se référer à la première vidéo, qui pour moi, dit l'essentiel sur ce point). Les exemples ne manquent pas.

 

Par exemple, au Canada a été instauré un nouveau principe dans le service publique, qui bannit les formules de politesse traditionnelles, considérées comme discriminatoires car « genrées ». Le résultat paradoxal est que beaucoup de gens se sentent moins respectés qu'avant par les nouvelles tournures. Ce qui est bien normal puisqu'elles les réduisent à leur seule identité, sans prendre en compte leur place dans la société, généralement résumée par les termes de politesse habituelle, qui sont une marque de déférence, qu'on le veuille ou non, et non pas de discrimination.

 

https://francais.rt.com/international/49065-canada-bannit-formule-politesse-madame-monsieur-dans-l-administration-publique

 

Voilà le problème quand on veut mettre les victimes proclamées au centre d'une société : cela se fait au détriment de tout le reste de la société, pas nécessairement composé de gens qui se vivent comme victimes ou comme bourreaux. Autrement dit, ce système institutionnalise un état mental psychologiquement chargé, au risque de survaloriser un certain nombrilisme « de genre », aboutissant de fait à un accroissement de la division. En effet, si le « genre » devient un paramètre de distinction fondamental, alors qu'en même temps on sur-multiplie le nombre de ces genres, on aboutit à une séparation de la population en de multiples catégories totalement superflues, ne suffisant pas de toute façon à définir donc à reconnaître les individus, et on pousse, tout au contraire de l'effet recherché, vers une sur-individualisation, alors même qu'on avait dénoncé l'individualisme comme un fléau. Pour ceux qui ne me croient pas, allez voir un peu sur les sites américains le nombre de sous-sous-sous-sous-catégories de genre qui peuvent exister parmi ceux qui se revendiquent de cette mouvance. C'en est totalement absurde au point d'en devenir carrément hilarant.

 

Pour explorer le sujet, il y a déjà ces portails, qui montrent à quel point ces milieux sont désormais divisés et même sub-divisés :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Transidentit%C3%A9

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:LGBT

 

 

Et n'allez surtout pas dire quoi que ce soit qui aille contre l'idéologie de l'un ou l'autre de ces sous-groupes, sans quoi voilà où cela peut conduire :

 

https://francais.rt.com/france/48654-ec%C5%93uree-par-deversoir-haine-karine-le-marchand-quitte-twitter

 

Cette atmosphère pesante fera que les plus revendicatifs et les plus agressifs (il ne s'agit pas d'autre chose, nous sommes toujours dans le contexte de la violence sociale quasi primale décrite par René Girard) seront ceux qui continueront d'occuper le terrain et de monopoliser le discours, faisant peser leur oppression sur le reste de la société, tout en se définissant fondamentalement comme victimes (donc comme ayant le droit de retourner la violence subie). Comme le disait Taddéi dans une vidéo récemment postée sur le blog, ce sont les plus extrêmes qui monopolisent l'attention et, éventuellement, influent effectivement sur la société, en tout cas jusqu'à ce que leur extrême égocentrisme aboutisse à la division naturelle de leur mouvement : on a vu comment les conflits intra-féministes pouvaient aboutir à des échauffourées dans des manifestations, et ce n'est sans doute que le début. Là aussi voir la vidéo de G.T. À propos du « narcissisme des petites différences » de Freud. Quelques extraits, réflexions et commentaires ici :

 

https://www.cairn.info/revue-topique-2012-4-page-59.htm

 

https://www.cairn.info/revue-topique-2012-4-page-37.htm

 

 

L'énorme hypocrisie trouvée dans les mouvements prônant le genre et, au passage, s'inspirant d'idéologues américains qui au départ ne commentaient que la situation sociale particulière de leur pays, peut aboutir au genre d'extrêmes décrits dans ce documentaire aussi sidérant qu'édifiant, qui nous montre comment sont désormais traitées les prostituées en Suède :

 

https://www.youtube.com/watch?v=B4HtF2o8Pdg

 

Vidéo youtube : Là où les putains n'existent pas - ARTE

 

 

La Suède, ce pays au sommet du « progressisme », pays qui est sur le point d'instituer les contrats sexuels entre amants – c'est à dire l'illégalité formelle du sexe hors du contexte d'un contrat en bonne et due forme – est en train de devenir l'incarnation de ce que j'annonce et estime avoir compris depuis un moment déjà : l'avènement d'un « totalitarisme progressiste » où les notions de féminisme, d'anti-racisme, d'écologisme, et tutti quanti deviendront le prétexte à un contrôle social fortement oppressif et régulateur, au nom d'une morale supérieure qui serait celle de « l'univers », de la planète ou de je ne sais quoi, c'est à dire un quelconque prétexte supra-humain pour une dictature écolo-féministo-globaliste pouvant prendre toutes sortes de formes selon les lieux et pays où il émergera. En ce sens, la Suède devient le très intéressant et très consternant laboratoire du totalitarisme du futur, qu'il faut savoir regarder et comprendre pour éviter que le pire de cette idéologie ne se propage partout. On en voit aussi les prémices très avancées au Canada et dans d'autres pays, à travers des exemples déjà cités. Le problème étant que tout cela n'aboutit absolument pas à rassembler la société, mais correspond tout au contraire à une capitalisation sur une extrême division de la société, où l'individualisme devient non plus l'incitation à une réussite simplement égoïste, mais l'incitation à céder simultanément à tous les caprices d'une prétendue notion d'identité complexe, là où l'on parle en fait plutôt d'une extrême division de l'individu perdant la capacité à déterminer des choix quant à ce qu'il veut ou doit être, eu égard aux exigences sociales, biologiques, naturelles, etc. Il vient un moment où, pour ne pas céder à une division interne de la psyché (que l'on appelle aussi dissociation, et qui est à la base de la schizophrénie par exemple) qui elle-même correspond à une division externe (celle de la société), il faut avoir, non pas la faiblesse de se croire un peu tout à la fois, mais tout au contraire la force de se définir suivant ce qui est sain pour soi, pour son entourage, pour le monde. Encore faut-il pour cela avoir des bases psychologiques saines, ce qui est de plus en plus compromis dans le contexte social actuel qui progresse dans la dissolution.

 

Pour remettre un peu d'ordre dans le chaos actuel, je recommande d'ailleurs ce texte qui rappelle que, loin d'être des sortes de parias dans la société actuelle, les femmes ont en fait un certain nombre d'avantages non négligeables que beaucoup d'hommes ne peuvent même pas prétendre briguer.

 

https://fr.sott.net/article/32011-Le-visage-changeant-de-l-homme

 

De même, l'homosexualité est de mieux en mieux reconnue, et si les luttes contre ce type de discrimination apparaissent de plus en plus ridicules à beaucoup, c'est un jugement qui me paraît très bien fondé, tant les exigences et récriminations actuelles virent à l'absurde et au frivole.

 

On pourra d'ailleurs lire cet entretien avec Emmanuel Todd, qui décrit assez bien la crétinisation actuelle, notamment dans les milieux dits « éduqués » qui sont souvent – mais pas uniquement – les plus porteurs de ces discours déconnectés de la réalité sociale et biologique :

 

https://fr.sott.net/article/32050-Emmanuel-Todd-La-cretinisation-des-mieux-eduques-est-extraordinaire

 

Et si le propos de Todd se concentre sur des aspects politiques plus généraux, ils peuvent très facilement être extrapolés à ma thématique. D'ailleurs, ces populations subissent actuellement un matraquage tout à fait extraordinaire sur la Syrie ou la Russie, comme on l'a déjà vu, ce qui là encore, favorise naturellement une division à l'intérieur de la société.

 

On pourra citer ces articles, qui montrent les biais qui existent sur la manière dont on présente la Russie dans les médias, ou encore sur la mauvaise foi dans ces mêmes médias à propos des « rebelles modérés » en Syrie :

 

https://fr.sott.net/article/32066-La-paille-et-la-poutre-quand-les-medias-francais-critiquent-la-couverture-presidentielle-de-RT

 

https://www.les-crises.fr/enquete-djihadisme-en-syrie-retour-sur-le-bon-boulot-d-al-nosra-3/

 

Et je n'aurai pas parlé dans ce numéro de l'épisode de l'agent russe, car il est tellement évident que ce nouveau rebondissement loufoque est une escroquerie de plus que je ne veux même pas perdre mon temps à le dire. Je citerai tout de même l'article d'Orlov sur ce cas, comme toujours très pertinent, mais pour une fois un peu moins fanfaron, comme s'il sentait la gravité potentielle de la chose, malgré l'énormité du truc :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/03/faux-drapeaux-pour-les-debutants.html

 

 

Voilà donc où nous en sommes. Êtes-vous donc pro ou anti raciste, sexiste, russiste, bachardiste... ? Vous êtes aussi sommés, si possible, d'avoir un point de vue tranché sur les vaccins. Pro si vous faites confiance au système, anti si vous êtes résolument convaincu de sa malveillance. Ici une vidéo assez étayée d'un médecin reconnu, qui a un discours intelligent et tempéré, un peu entre les deux, et qui permet de se faire une opinion plus solide, que je recommande :

 

https://fr.sott.net/article/32064-11-vaccins-obligatoires-L-objectif-de-95-de-couverture-vaccinale-n-a-aucune-base-scientifique-affirme-le-Professeur-Didier-Raoult

 

A propos de ce qui est dit sur la vaccination et la sclérose en plaque, un autre lien :

 

https://fr.sott.net/article/32057-Un-lien-entre-vaccination-et-sclerose-en-plaques

 

 

On trouvera foison de sujets sur lesquels se diviser, se taper dessus, gâcher les repas familiaux et j'en passe, et le climat en est bien sûr un. Un article qui rappelle qu'il n'y a pas des manipulations que du côté des méchants climato-sceptiques, autres bouc-émissaires à abattre pour que tout aille mieux, mais aussi jusque dans l'épicentre de la « bienveillante science du climat » :

 

https://fr.sott.net/article/32067-Les-conflits-d-interets-au-GIEC

 

Nicolas Bonnal propose un commentaire très intéressant sur cette attention excessive, obsessionnelle que nous avons sur le climat où il fait le lien avec une efféminisation de l'état d'esprit général :

 

http://www.dedefensa.org/article/flaubert-et-notre-abrutissement-climatique

 

« Il y a aujourd’hui, presque partout en Europe, une sensibilité et une irritabilité maladives pour la douleur et aussi une intempérance fâcheuse à se plaindre, une efféminisation qui voudrait se parer de religion et de fatras philosophique, pour se donner plus d’éclat — il y a un véritable culte de la douleur. »

Cette irritabilité se reflète-t-elle dans notre obsession pour les conditions météo ?

Sur le changement climatique je me demandais depuis combien de temps on s’abrutit ainsi ; car aucun classique ne nous emmerdait avec. Tout apparaît semble-t-il au milieu du dix-neuvième siècle : la guerre de Crimée crée la science météorologique, et Baudelaire se plaint de son ciel bas et lourd qui baisse comme un couvercle…

On connaît mon goût pour la cuisinière (une femme géniale, qui ne connaît ni Louis-Philippe, ni république, ni Badinguet) et la correspondance de Flaubert. Je recommande le début des années 1850, qui est prodigieux (voyez ses lettres à Victor Hugo). Sur une petite tempête météo voici ce qu’il écrit notre analyse littéraire de la femme moderne :

12 juillet 1853 – Tu auras appris par les journaux, sans doute, la soignée grêle qui est tombée sur Rouen et alentours samedi dernier.

Désastre général, récoltes manquées, tous les carreaux des bourgeois cassés ; il y en a ici pour une centaine de francs au moins, et les vitriers de Rouen ont de suite profité de l’occasion (on se les arrache, les vitriers) pour hausser leur marchandise de 30 p 100. Ô humanité ! C’était très drôle comme ça tombait, et ce qu’il y a eu de lamentations et de gueulades était fort aussi. Ç’a été une symphonie de jérémiades, pendant deux jours, à rendre sec comme un caillou le cœur le plus sensible ! On a cru à Rouen à la fin du monde (textuel). Il y a eu des scènes d’un grotesque démesuré, et l’autorité mêlée là-dedans !

M le préfet, etc. »

 

 

Une autre façon, moins dramatique et plus détachée de voir les choses donc, et sans doute très folle, très irresponsable et très mauvaise et dangereuse, selon les critères de l'agitation mentale actuelle qui ne tolère plus aucune variation, comme si, un jour, le climat avait été stable. Ne se souvient-on donc pas des plaintes des agriculteurs de l'ancien temps, perdant parfois des années de suite leurs récoltes suite à des événements météorologiques ? Blâmait-on alors l'homme, à l'époque, ou manquait-on de prétextes pour le désigner comme bouc-émissaire ? N'oublions pas que le mouvement anti-spéciste, dans sa branche la plus extrême, préconise l'éradication de l'homme comme source de tous les maux. Encore une émanation du culpabilisme religieux dont certains ne veulent d'ailleurs pas entendre parler. Le bouc-émissaire étant quand même le pendant nécessaire de tout inquisiteur qui se respecte.

 

Et à propos de la division :

 

« Flaubert est un génie et prévoit donc les effets du taylorisme soixante-dix avant Charlot (un autre génie) :

« Qu’attendre d’une population comme celle de Manchester, qui passe sa vie à faire des épingles ? Et la confection d’une épingle exige cinq à six spécialités différentes ! Le travail se subdivisant, il se fait donc, à côté des machines, quantité d’hommes−machines. Quelle fonction que celle de placeur à un chemin de fer ! de metteur en bande dans une imprimerie ! etc., etc. Oui, l’humanité tourne au bête. Leconte a raison ; il nous a formulé cela d’une façon que je n’oublierai jamais. Les rêveurs du moyen âge étaient d’autres hommes que les actifs des temps modernes. » »

 

En effet, la spécialisation est un autre des avatars de la division dans notre société, et sans doute faut-il l'inclure dans une réflexion qui se respecte à ce sujet. Est-il possible de résoudre le problème de la division dans un monde et une époque qui place les hommes chacun à des places très spécifiques au point d'en devenir quasiment individuelles ? Phénomène identique à celui des subdivisions dans des genres qu'on invente spécialement, la subdivision du travail et des domaines de compétence ou de connaissance nous a fait engendrer une société incontrôlable, dans laquelle on divise également les spécialités qui appartenaient auparavant aux monopoles de différents services publics (je pense aux trains, aux routes, aux énergies, à l'eau, à la téléphonie, etc.) à des « concurrents » qui n'en sont pas toujours puisqu'ils s'entendent souvent entre eux. Le paradoxe étant qu'ensuite, par phénomènes d'agrégations, fusions, rachats, on finit en échange par créer des gargantuas au-delà de tout contrôle dans certaines domaines, je pense en particulier aux « GAFA », qui d'ailleurs s'immiscent jusque dans la politique des états les plus influents.

 

https://fr.sott.net/article/32058-Google-admet-collaborer-au-programme-americain-illegal-d-assassinats-par-drones

 

 

De même des villes dans une direction ambivalente, qui ont aggloméré et avalé des villages, des quartiers, d'entières populations rurales, pour ensuite se diviser de nouveau en cités, en banlieues, communautés périurbaines, etc. et à présent en communautés ethniques, voire religieuses, reconduisant la société urbaine dans le sens d'une division où les plus bruyants ou les plus agressifs – là aussi – ont « raison » à la fin.

 

http://www.dedefensa.org/article/utopie-2-fuir-la-cite-concentrationnaire

 

 

Alors que penser de tout cela ? Il serait hasardeux et prétentieux de proposer une conclusion trop tranchée. Par ailleurs, je n'ai aucune solution à proposer, même si je sais que c'est la tarte à la crème habituelle de ceux qui veulent faire taire les Cassandre et les critique.

 

Je crois en tout cas que l'on peut dire que la division est un fléau social majeur, qui ne profite qu'aux dictateurs qui s'assument ou qui s'ignorent, qu'ils soient politiques ou affairistes. Tous les vrais parasites de ce système (n'hésitons pas à dénoncer des bouc-émissaires, tout en ayant conscience de la limite de la chose, et du fait que cela ne suffira aucunement à résoudre le problème) font exactement ce qu'il faut pour se maintenir au sommet de la civilisation-société actuelle : ils divisent les populations pour que celles-ci ne soient pas en mesure de défendre leurs intérêts.

 

Dans une société globalisée telle que celle que nous connaissons, les détenteurs du pouvoir ont d'autant plus du pouvoir que les populations sur lesquelles ils règnent en ont le moins. Par conséquent, organiser l'impuissance de celles-ci peut devenir un impératif. Mais que cette impuissance soit ou non organisée ne change rien au fait que notre objectif à tous devrait être de sortir des particularismes et des sectarismes divers, que favorisent les prétendues luttes contre le racisme, le sexisme et autres trucs du genre, qui sont en pratique au service de la division des populations et donc du pouvoir.

 

Si nous voulons nous sortir de l'ornière dans laquelle nous sommes, il nous faudra réapprendre à tolérer des opinions différentes, cesser de vouloir policer les points de vue qui dérangent pour enfin les écouter et les prendre en compte. Et si je n'ai pas vraiment l'espoir que cela advienne, j'en ai au moins l'envie et le vouloir, aussi cela sera très certainement un sujet d'exploration récurrent sur le blog, prochainement. Pour lancer quelques pistes sous formes de très grosses lignes, je dirais que la direction à suivre tourne autour de la destruction ou de l'affaiblissement des pouvoirs globalisants qui prétendent tout régir (UE, OTAN, GAFA, lobbies divers), en même temps que le renforcement de logiques citoyennes s'affranchissant de la pseudo-démocratie actuelle à base de 49-3 et de référendums étouffés. Par exemple régionalisation des organisations, pour sortir à la fois des ensembles qui me semblent trop gros pour être humainement gérables (continents et nations), et dépasser le stade de la petitesse où l'on a aucune influence (villes et agglomérations n'auront jamais les moyens de s'interposer contre une logique d'internationalisation). Tout cela est sans doute très utopique, pourtant je pense qu'il y a une possibilité que cela fonctionne, puisque ce système est vraisemblablement en train de s'auto-détruire. On rejoint donc l'idée déjà avancée de s'organiser pour l'après-chute avec un fonctionnement viable. Le gros problème étant alors de prévoir dès aujourd'hui comment empêcher qu'après un éventuel effondrement, le même ordre planétaire anti-social et anti-humain puisse réapparaître et se réorganiser.

 

Bref... je vous laisse sur ces quelques réflexions lancées en l'air, qui ne sont peut-être que des lubies idéalistes personnelles, mais en tout cas, j'essaye de rassembler quelques idées pour être constructif. Voilà.

 

 

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12 mars 2018

Revue etc. N°36 - sondages et pièges sémantiques et idéologiques, SNCF, youtube, Poutine et autres

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°36

 

Reprenons la plume pour évoquer encore une fois l'ambiance sur le terrain médiatique. Encore une fois je vais devoir utiliser la « propagande poutinienne » de RT pour avoir la moindre chance d'approcher d'une quelconque vérité... Mais je commence par cet article des crises.fr, très bien fait, mais tout de même ô combien critiquable, sur la manière que « conspiracy watch » (admirons au passage le nom anglophone de cette organisation française, ça fait plus sérieux et plus grandiloquent, sans doute) a de présenter le « complotisme ».

 

https://www.les-crises.fr/la-fabrication-de-la-fake-news-des-80-de-francais-complotistes/#comments

 

On passera sur l'usage récurrent et malsain de ces termes « complotisme » et « conspirationnisme », déjà dénoncé par ici, pour remarquer que, outre un très bon « debunking » (allons-y gaiement aussi dans les anglicismes), Olivier Berruyer en profite encore une fois pour distribuer les bons points sur le climat, sur le complotisme, c'est à dire qu'il se sert du dénigrement du sondage bidon de conspiracy watch (surtout parce que le fondateur est son ennemi, et parce qu'il veut éviter de tomber sous le coup de cette accusation pour demeurer respectable... oui je ne me gêne plus avec les procès d'intention, je pense avoir déjà démontré en quoi Berruyer aime bien vivre dans le système, même s'il passe son temps à le critiquer) pour affirmer que lui ne serait jamais tombé dans les « pièges » tendus par ce sondage, car lui n'est pas « complotiste ». Il ne l'est tellement pas qu'il aime bien coller une étoile jaune à ceux qui le sont, même si c'est gentiment. Quand les sites anti-systèmes auront enfin démonté cette dynamique du discours sur le « complotisme », et démonté le terme lui-même, je crois qu'on aura vraiment avancé. On n'en est hélas pas là puisqu'on accepte d'employer ce terme empoisonné, proposé, imposé par le système pour dénigrer en réalité toute voix dissonante.

 

 

Du côté de RT, on a aussi des sondages :

 

https://francais.rt.com/france/48563-sondage-plus-d-francais-sur-deux-desapprouve-laction-emmanuel-macron-9-points

 

Macron, président le plus impopulaire de l'histoire à ce stade de son mandat. « Je l'avais bien dit », permettez-moi ce genre d'auto-satisfecit, dans l'ambiance actuelle.

 

https://francais.rt.com/international/48308-americain-sur-deux-approuve-politique-donald-trump-mieux-quobama-meme-periode

 

A l'inverse, Trump, le fou, l'horrible, le truand, l'anti-écolo, le presque-pro-russiste, est plus approuvé qu'Obama, le bon, le juste, le beau parleur et guerroyeur. Il y a peut-être quelque chose qui se passe, finalement, et pas forcément dans le sens des « social justice warriors » prônant une éco-agriculture malheureusement irréaliste dans le contexte actuelle, ou une communication non-violente qu'ils aimeraient bien arriver à pratiquer, mais c'est trop dur pour eux. Peut-être une occasion de devenir un peu plus modestes ? Mais j'en doute... désolé pour les relents de misanthropie.

 

Pour en revenir à Macron, voilà qu'on lui reproche de se servir des médias. Lui ? Non, il n'oserait pas, si ?

 

https://francais.rt.com/france/48504-alexis-corbiere-accuse-emmanuel-macron-de-reprise-en-main-des-medias

 

Lui qui a été installé là par ces médias qu'il a ensuite dénigré pour faire genre que ce n'était pas le cas, voilà qu'il essaierait de les façonner un peu plus dans son sens ? Il est sans doute complotiste d'y croire et en plus ça vient de radio-Poutine et d'un insoumis. Oublions donc ça derechef.

 

Et pour en terminer avec les médias parlons un peu de Le média, qui commence « fort » :

 

https://francais.rt.com/international/48352-desaccord-traitement-conflit-syrien-depart-mamere-media

 

Qu'a-t-on donc ici ? Un média qui se voulait alternatif, justement lancé par les insoumis, dont on sait qu'ils sont incorruptibles, qui commence directement par des dissensions parce que certains s'y refuseraient à s'attaquer catégoriquement au « boucher de Damas ». Et qui porte la contestation ? Un ex leader écolo... Que voulez-vous faire avec cette idéologie hystérisée qui ne comprend décidément pas que le monde n'est pas tout noir et blanc, et qui se réjouit, finalement, de la façon dont un Kadhafi a été torturé puis exécuté sommairement. « Profondément humanistes », mais avec des limites tout de même. C'est qu'il faut quand même jouir des bûchers de bouchers, avec la bonne conscience d'avoir sauvé un peuple qui demande juste qu'on lui épargne la guerre... qu'étrangement le « boucher » souhaite aussi voir finir. Un « boucher » beaucoup plus progressiste que son père, certes pris en tenaille de son régime, mais c'est un autre problème, qu'on confond ou oublie aisément de nos jours, y compris dans certains « Médias » qui se croient alternatifs. Espérons que le départ de certaines fortes têtes imbues de manichéisme et de simplisme finalement très agressif (manque de CNV sans doute) assainisse un peu ce média prometteur, mais je n'en attends pas beaucoup d'un média assujetti à un parti politique...

 

Pour conclure cette partie, il faut encore que je répète mon mantra « oui, j'ai une sensibilité de gauche », car en voyant ce qu'est devenue cette gauche à la con qui refuse de comprendre le problème absolument majeur et gravissime de l'impérialisme américain, ainsi d'ailleurs que de l'état du monde qu'elle amène à quelques concepts simples et éculés, je commence à avoir des doutes sur ma « foi »...

 

 

A propos de la SNCF

 

C'est un sujet qui a pas mal fait parler récemment dans les médias, alors je crois que ça mérite une parenthèse spécifique.

 

L'essentiel avait été dit dans cet article des crises.fr, deuxième d'une série, celui-ci spécifiquement sur le traitement médiatique du sujet, avec l'habituelle sémantique de la « prise d'otage » :

 

https://www.les-crises.fr/reforme-de-la-sncf-2-debats-televises-ou-guets-apens-pour-syndicalistes-par-frederic-lemaire-pauline-perrenot/

 

Comme on ne cesse de dire que les cheminots sont des sortes de nantis qui s'ignorent, il faut peut-être rappelé que ce sont seulement des prolétaires bien payés, parce que leurs luttes sociales ont été fructueuses. Evidemment, aujourd'hui on préfère argumenter sur le nivellement par le bas et les « privilèges » d'une classe de travailleurs, car c'est plus « rentable ». La France étant désormais une vulgaire entreprise, et l'état un simple mécène. Alors rappelons quelques faits sur leur statut et les légendes qui flottent autour comme des nuages mensongers et malsains :

 

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/emploi-a-vie-salaires-mirobolants-et-voyages-gratuits-on-a-passe-au-crible-six-idees-recues-sur-le-statut-des-cheminots_2618390.html

 

Quant à la réforme que l'on souhaite faire sur leur dos, il est sans doute utile de dire comment une réforme tout à fait similaire a été ressentie en Angleterre, l'un des pionniers du rail :

 

https://francais.rt.com/economie/48427-privatisation-rail-grande-bretagne-un-echec

 

Il n'y aura vraiment que les macroniens convaincus pour s'étonner, dans 10 ans, d'un résultat similaire et d'une nouvelle débâcle d'un service public livré à la compétition et à la mondialisation. Je ne m'étonne pas, en revanche, de voir surgir ce type de démarche sous la république « en marche » vers un ultra-libéralisme sans freins.

 

 

 

Divers

 

Un point relativement important en ce moment concerne youtube, qui se tourne de plus en plus vers les contenus insignifiants de divertissement, au détriment des producteurs de contenus plus réflexifs. On trouve par exemple cet article qui donne une présentation assez biaisée des faits, quoique contenant tout de même quelques points objectifs :

 

https://fr.sott.net/article/31980-La-Purge-YouTube-qu-en-est-il

 

Les commentaires sott.net sont pour une fois parfaitement pertinents, pour eux qui ont un peu trop l'habitude de prôner une sorte de bienséance morale à l'américaine. Car ce n'est pas en ayant des diffuseurs de contenus qui sont de plus en plus aseptisés que l'on pourra prétendre à un internet moteur de changements sociaux significatifs et dignes de ce nom. Il est relativement inquiétant – mais parfaitement logique et prévisible – que le principal diffuseur de vidéos cède à la pression des annonceurs, aussi faut-il garder cela en tête.

 

A propos de youtube, et de cette aseptisation à laquelle on assiste autour des domaines de la pensée, de l'humour, des relations sociales, j'ai trouvé que cette vidéo de Greg Tabibian était particulièrement bien sentie, aussi je ne peux que la recommander chaudement :

 

https://www.youtube.com/watch?v=AFjd6tHpLUY

 

Vidéo youtube : Laura Laune, Dieudonné, Usul, Copy Comics : qui veut la peau des humoristes ? [Le OFF #03]

 

 

Enfin je termine par quelques liens en vrac.

 

Sur les vaccins et les médicaments, une info qui, naturellement, n'aura pas eu son écho mérité dans les grands médias :

 

https://fr.sott.net/article/31959-De-nombreux-cas-de-demence-sont-en-fait-des-effets-secondaires-de-medicaments-sur-ordonnance-ou-de-vaccins-selon-la-recherche

 

La corrélation établie, qui personnellement ne m'étonne pas car cela fait longtemps que cela se comprend à travers certaines études, est tout de même assez inquiétante et désolante, et il est tout de même bon de prendre connaissance de cela.

 

Sur un sujet proche :

 

https://fr.sott.net/article/31950-Plus-de-70-des-Americains-en-age-pour-l-armee-inaptes-au-service-en-raison-de-problemes-de-sante

 

On pourra se référer à quelques réflexions déjà menées sur mon blog où je m'interroge sur les multiples causes qui conduisent à ce type de problèmes. On pourra se demander si ce chiffre peut s'expliquer par une modification des curseurs de sensibilité, par une augmentation de la détection ou des signalements des pathologies qui seraient peut-être plus fréquentes qu'on le croit, naturellement (n'en déplaise à certains qui idéalisent la nature), mais l'on pourra aussi tout de même supposer très fortement qu'une telle proportion a quelque chose d'anormal, et qu'elle ne s'explique pas que par l'épidémie d'obésité qui touche ce pays. Il y a certainement de multiples causes civilisationnelles, là encore, qui amplifient des problèmes peut-être sous-estimés à la base. En tout cas, c'est une autre info à garder dans un coin de sa tête, toujours avec la prudence et l'esprit critique qui s'imposent.

 

 

Enfin, les réflexions de fond habituelles proposées sur dedefensa.com. J'en ai sélectionné deux cette fois-ci, mais vous pourrez trouver divers approfondissements sur le même site, si vous voulez. Le premier porte sur le bellicisme américain, et le second sur la réaction de deux intellectuels américains, suite aux annonces de Poutine sur l'armement russe, justement en réponse à l'attitude américaine. Et je vous laisse donc sur ces deux liens, merci à vous et bonne lecture, à la prochaine fois dans un monde peut-être meilleur, ou peut-être pire, et ne perdons que les illusions, et pas l'espoir.

 

 

http://www.dedefensa.org/article/full-circle

 

http://www.dedefensa.org/article/justin-kunstler-face-a-poutine

 

 

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11 mars 2018

La communication non-violente, le nouveau produit marketing qui va sauver le monde

 

Ça fait un moment que ce sujet me trotte dans la tête, parce que, alors que la CNV, comme on l'appelle, est enseignée en France puis 30 ans, elle devient subitement à la mode dans les conversations, les forums, etc.

 

Beaucoup, dans différents cercles, affirment que c'est la méthode miracle pour un monde de paix et de compréhension. Les vidéos sur youtube sont de plus en plus nombreuses, et on nous y apprend combien la douceur et l'empathie peuvent améliorer le monde. On ne saurait être en désaccord.

 

Mais est-ce qu'une méthode peut réellement nous apporter cela ?

 

La méthode a été créée avec l'ambition tout à fait louable de remplacer les conflits et la division entre les gens par l'empathie et l'écoute. Elle a été créée par Marshall B. Rosenberg.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_Rosenberg

 

La légende sur le personnage veut qu'il ait d'abord expérimenté cette technique en Israël, dans des milieux cosmopolites et très conflictuels entre les différentes communautés religieuses, et que cela ait fonctionné sans faille. Admettons.

 

Aussi, sa page wikipédia nous dit plutôt que ce travail a été fait aux USA. Une technique psychologique forgée à partir de rien ? Une interview nous permet d'en apprendre un peu plus sur la façon dont il explique lui-même la démarche :

 

http://www.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Relationnel/Articles-et-Dossiers/Tout-conflit-peut-se-transformer-en-un-dialogue-paisible

 

Et la page wikipédia sur la méthode entre dans certains détails :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Communication_non-violente

 

 

 

Encore une fois, je me suis désigné pour la tâche ingrate d'essayer d'expliquer pourquoi, selon moi, cette méthode ne peut pas marcher, en tout cas pas à l'échelle d'une nation ou du monde.

 

Mon premier argument est que c'est un produit marketing. Tapez  « CNV » ou « communication non-violente » sur google et regardez ce qui sort. Après la page wikipédia qui nous explique ce que c'est (je vous laisse regarder en détail si vous ne connaissez pas), vous avez divers sites de « formation », ou d'associations et magazines avec boutiques en lignes qui vendent des cours de CNV, des bouquins sur la CNV, et j'en passe. Je ne doute pas que ces associations veulent le bien de l'humanité, mais concrètement il y a tout un business autour de ça comme il y en a autour de toute discipline new age ou de toute approche de type coaching comme la PNL ou l'analyse transactionnelle. On pourrait espérer que les philanthropes qui promeuvent ce genre d'approche le fassent avec un peu plus d'éthique, mais de ce côté là, on se limite à bien emballer le produit dans des sites aux coloris pastels, verts, bref on est dans le registre tout à fait habituel du « développement personnel » et des « méthodes douces » dont beaucoup font un moyen de subsistance, c'est à dire un moyen de gagner de l'argent. Fatalement, le système qui a esclavagisé et paupérisé les gens laissent encore ce genre de fenêtre d'espoir pour maintenir la docilité.

 

Ce genre de technique est utilisé presque exclusivement en entreprise, et vous seriez plutôt naïfs de croire que c'est pour le bien-être des employés. Il s'agit seulement d'une de ces stratégies « gagnant-gagnant » dont le monde du travail a le secret, et qui a engendré le monde déshumanisé et dénué d'empathie que l'on connaît. L'utilité principale de ces techniques est de favoriser la soumission des employés et donc leur consentement, y compris pour accomplir des démarches parfois prédatrices et sans scrupules, mais dans la joie et la bonne humeur. Il n'est d'ailleurs pas très difficile de dénicher des gens qui s'épanchent sur des forums sur les écueils de la méthode, sur la façon dont elle est utilisée par exemple comme chantage émotionnel en détournant le principe de l'expression authentique de l'émotion, usant de l'affect exprimé comme moyen de pression culpabilisante sur l'autre. En d'autres termes, la CNV, ce sont les plus malins qui en tirent avantage : ceux qui sont déjà enclins à user de leurs émotions pour manier autrui.

 

Mais admettons deux minutes que la CNV soient l'outil miracle pour la paix dans le monde qu'espèrent certains.

 

On ne peut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Puisque j'ai toujours prôné l'humanité et l'empathie, qui manquent tellement dans ce monde, pourquoi voudrais-je me dresser contre ce type de méthode « si prometteuse », et si porteuse de bonnes intentions ? Comme je l'ai fait avec les fleurs de Bach déjà, on me reprochera très certainement de vouloir priver les gens d'une pratique qui adoucirait leur existence, qui serait propice à resserrer les liens et l'écoute entre les gens, bref qui favoriserait un monde meilleur, malgré tous ses défauts. Certes.

 

Maintenant regardons comment cette méthode est arrivée au niveau de notoriété qu'elle connaît aujourd'hui.

 

Il y a sans doute eu déjà pas mal de bouquins, j'ai déjà dit que les conférences explosent sur youtube, et tout cela est plutôt rassérénant sur la volonté que certaines personnes ont de promouvoir un monde meilleur.

 

J'ai vu une conférence là-dessus récemment. J'ai eu beaucoup du mal à la supporter. On nous vend du rêve à chaque phrase. Une aubaine, surtout pour les conférenciers qui ont trouvé là un créneau parmi bien d'autres pour se valoriser humainement devant une foule acquise à leur discours, puisque qui irait écouter ce genre de propos sans être acquis d'avance à une proposition aussi tentante ? On endort l'esprit critique de la plupart, et bien entendu l'idiot qui ira proférer quelques objections sera le vieux con du jour. Qu'on se rassure, on ne l'entendra pas dans ses endroits. A la fin de la conférence, on plébiscite à la fois le propos et celui qui l'a tenu. Qu'il soit donc président !

 

Mettons qu'un conférencier fasse 30 audiences par an, et qu'il y ait 200 personnes à chacune. Mettons, pour être généreux et optimiste, qu'il en convainque à chaque fois la moitié, et qu'à chaque fois cette moitié convainque 10 personnes de l'intérêt de la méthode. On touche en un an, avec ces chiffres industriels et astronomiques pour le milieu des conférences, probablement irréalistes, quelque chose comme 30 000 personnes. Ce qui fait quelques centaines de milliers au bout de quelques décennies. On peut même toucher des millions de gens avec le bouche à oreille, mais n'exagérons rien. La CNV est populaire, mais loin de là tout de même. La majorité des gens n'en ont absolument jamais entendu parler.

 

Cela tend déjà plutôt à en montrer les limites. Vu qu'elle est enseignée depuis 30 ans, on peut se demander pourquoi elle s'est finalement très peu répandue.

 

La première raison est sans doute que la majorité n'en ont « rien à battre ». Leur vie est remplie de bien d'autres choses, de problèmes, de contraintes, de divertissements, d'ennuis, etc. Ils n'ont tout simplement pas le loisir de s'intéresser à ça autrement qu'avec l'intérêt lointain qu'on a en regardant sur France 3 un reportage sur les îles Maldives. C'est un autre monde, un lendemain hypothétique. Très hypothétique, et très déconnecté de leur réalité.

 

Mais non seulement les gens qui ne connaissent pas du tout ou pas vraiment la discipline ne peuvent pas la pratiquer, même ceux qui la prônent à longueur de temps, en vantent toutes les vertus, ne la pratiquent même pas, dans l'expérience personnelle que j'en ai.

 

Cela fait maintenant plusieurs personnes que je croise ici et là, essentiellement sur internet mais pas que, qui rabâchent les avantages de la CNV, certains dévorant tout ce qu'ils trouvent sur le sujet. Dans le fond, le principe est élémentaire, tout le monde peut la pratiquer sans formation.

 

Pourtant, ces gens qui, à les écouter, ont élevé leur conscience et développé leur empathie, notamment en s'intéressant à la CNV, sont les premiers à prendre la mouche et à vous renvoyer dans la figure des jugements et à vous asséner des propos agressifs, à s'engager même dans des propos plutôt malveillants ou malsains, lorsque vous essayez de leur expliquer patiemment les limites de la chose, les limites de tout outil mis entre les mains d'individus humains, donc nécessairement assujettis à un ego, à des besoins dont certains sont inconscients, intimes, et donc difficiles ou impossibles à verbaliser, même à travers ce type de méthode.

 

Pourquoi ? Je vois plusieurs raisons à ce type de comportement. D'abord toute critique les met face à l'évidence que la CNV ne peut pas correspondre à tout le monde ni à toutes les situations et, par ce simple fait, est vouée à l'échec en terme de construction d'une paix à grande échelle. Si elle échoue à leur niveau, elle ne peut pas fonctionner à une échelle collective, du moins pas tant qu'un hypothétique changement de mentalité massif n'a pas eu lieu.

 

Deuxièmement, et je pense que c'est l'obstacle principal et rédhibitoire à ce type de chimère, la communication non-violente est un type de communication artificiel, non adapté au fonctionnement de l'entité biologique qu'est l'être humain, ou tout autre être d'ailleurs. La CNV fait complètement l'impasse sur l'intimité, sur le non-verbal, sur la nécessaire part de conflictualité qui doit exister entre les individus pour que chacun puisse marquer sa spécificité. C'est en ce sens que je disais que l'expression d'un affect selon les règles de la CNV peut très bien servir de pression émotionnelle sur autrui : si l'autre n'a pas le courage ou l'impulsion de répliquer à votre affect par un autre qui lui marque une limite, l'autre peut employer la CNV pour empiéter sur votre espace personnel, psychique, énergétique et pourquoi pas physique s'il est assez pervers et déterminé pour cela. Dans ce cas, la CNV se transforme en un nouveau piège émotionnel pour ceux qui ne sont pas à l'aise dans ce domaine, et comme un avantage donné à ceux qui y sont déjà à l'aise.

 

Par ailleurs, le côté artificiel de la CNV a un autre désavantage majeur : il est coûteux en énergie.

 

Rosenberg s'est inspiré de Gandhi pour sa démarche. Comme toute appellation négative dans les langues occidentales, l'expression « non-violence » est une contradiction en elle-même car la non-violence est en fait une démarche violente, où la violence est utilisée d'une autre façon que dans l'agression d'autrui. Faire une grève de la fin est une violence, une agression faite à son corps. Les mouvements sociaux que Gandhi a mis en branle, s'ils n'étaient pas physiquement brutaux, exprimaient néanmoins une fermeté, c'est à dire une violence contenue. Toute contrainte est une violence.

 

Or la CNV implique de se faire violence si l'on n'est pas naturellement porté à écouter autrui, car cela nous sort de notre naturel. Ce n'est pas du tout une mauvaise chose. Il est bon de savoir se maîtriser, dépasser ses bas instincts et ses pulsions primaires pour devenir une meilleure personne. C'est par ces processus que passe toute éducation digne de ce nom.

 

Seulement voilà, on ne peut pas se faire violence en permanence. On ne peut pas s'enfermer dans une attitude anti-naturelle, qui épuisera immanquablement nos ressources, quelles qu'elles soient. Se forcer à une attitude très différente de celle à laquelle nous avons, justement, été conditionnés, éduqués, crée un schisme mental proportionnel à la violence que l'on se fait, et cette blessure, soyons-en sûr, rejaillira tôt ou tard sur nous et sur autrui. Il est parfois plus sain et presque toujours plus simple d'exprimer de manière directe un besoin, un mécontentement, et de ne pas le distordre d'une manière émotionnellement acceptable par l'autre, c'est à dire par une manière qui ne le bouscule pas. Bousculer n'est pas forcément néfaste. Toute distorsion a un coût à l'intérieur de l'être, et pour avoir été formé à la kinésiologie, je peux affirmer avec certitude que les personnes qui se forcent à toujours formuler les choses d'une manière qui retient des choses en elles le payent un jour ou l'autre... Et leur entourage aussi, car il faut pouvoir gérer une personne qui s'est auto-violentée pendant longtemps, l'auto-violence étant trop souvent l'effet d'une prétendue non-violence, où la violence est en fait contenue en soi et contre soi.

 

Le fait est que, y compris et surtout parmi ceux qui ont fait la promotion de la CNV devant moi, je n'en ai jamais vu l'utiliser, parce que c'est bien trop artificiel... Il s'agit en réalité d'un protocole qui est très bon pour des thérapeutes, des écoutants et autres travailleurs sociaux mais qui, presque partout ailleurs, créera ou favorisera des distorsions, des manipulations et des malaises là où l'on prétend qu'il les résoudra.

 

Le fait est aussi que ceux qui font cette promotion sont généralement deux sortes de personnes : soit des personnes déjà très portées sur l'écoute d'autrui et qui trouvent donc cette démarche plutôt naturelle, soit des personnes qui ont une difficulté avec la colère, et qui ont tendance à croire que la CNV va les aider à résoudre les tensions qu'elles portent en elles (et qu'elles font souvent porter sur les épaules des autres).

 

 

Je souhaite très profondément l'avènement d'une meilleure entente entre les gens et entre les nations. La CNV est une méthode prometteuse, soit pour les manipulateurs, soit pour les conférenciers et autres marchands de cours de coaching pour prédateurs souriants et accomplis, soit en effet pour les thérapeutes et les authentiques empathes, mais ces derniers ont-ils vraiment besoin de cela, au fond ? Ils savaient déjà comment faire avant, et ont développé leurs propres approches.

 

Pour les autres, une méthode ne peut rien là où il n'y a pas de changement de mentalité. C'est pourquoi je dis que la CNV est un énième miroir aux alouettes qui profitera surtout aux vendeurs de miroirs. Cette discipline a dors et déjà sa place pleine et entière parmi toutes les autres approches idéalistes et illusoires new age.

 

Je crois, et c'est pour cela que je me suis senti obligé de ce billet, que tant qu'on s'accrochera à des techniques au point de les idéaliser, de les considérer comme des panacées, on perd le temps dont on aurait bien besoin pour construire un véritable changement de mentalité qui serait au-delà de ce genre de – pardonnez-moi – niaiserie.

 

Toutes les techniques de ce genre concernent uniquement des gens vivant dans des milieux relativement privilégiés ne connaissant pas grande chose, par exemple, de ce qu'est la vie dans un ghetto, un camp de migrants, ou même un simple quartier mal famé, où toute tentative d'utilisation de la CNV pourrait s'avérer assez... regrettable, si elle n'est pas parfaitement maîtrisée par une personne en adéquation avec cette approche. Ce sont les mêmes personnes qui vous disent qu'il est facile de faire son éco-ferme. J'irai dire ça à tous les zonards que je croise dans mon coin, et dont les moyens passent dans l'achat de « shit », pour avoir tout de même un minimum de confort psychique, pendant un moment dans leur journée.

 

Je me retiens d'utiliser le terme « bobo » parce que j'ai déjà dit que je n'aime pas trop ces termes stigmatisants, mais parfois, quand le mépris me prend à les entendre ou les lire raconter ce genre d'énormité, j'ai vraiment envie de les traîner dans une des « cités » de ma ville, pour qu'ils voient le niveau de culture, les modes de vie, le manque de moyens, le système D et donc le fossé qu'il y a entre eux. J'y ai grandi, j'y ai travaillé, je n'invente rien. Allez expliquer à un type qui vit du recel ou du deal – ou des allocs car aucun employeur ne veut de lui – que son salut réside dans l'établissement d'une éco-ferme... Il y a vraiment, vraiment, un océan entre ces quasi-riches avec souvent des compétences artisanales voire agricoles et les démunis des banlieues qui, de plus en plus souvent, ne parlent même pas la langue du pays.

 

Il y a donc, avant toute chose et surtout avant de croire que la parole pacifique va tout résoudre, un vaste changement de mentalité à bâtir. Et pas seulement chez les pauvres qui vivent dans la difficulté et dans l'exclusion, car ceux-là auront quelques atouts quand arrivera un éventuel effondrement de la société. Aussi chez ces nantis qui donnent des leçons, consomment des conférences comme d'autres consomment de l'herbe. Car ces nantis ne me semblent pas toujours très au courant du monde réel... qui pourrait bien leur tomber dessus un jour, et dans lequel la CNV sera un acronyme totalement inconnu, inepte et inapte à résoudre quoi que ce soit.

 

Bon, je suis un peu dans l'outrance, sans doute, comme souvent. C'est juste que ça me casse les oreilles à la longue, ce genre de discours. Comme d'entendre que la prise de conscience sur le climat est le début d'une prise de conscience écologique plus large. Écouter son prochain est un bon début, mais est-ce une fin ? Notre préoccupation à tous, j'ose le croire, est de construire un monde meilleur. L'ennui est que beaucoup ne veulent un monde meilleur que pour eux-mêmes, et qu'à cette fin, ils sont prêts à vendre des rêves et des lanternes, et voir les gens s'y jeter avec naïveté et sans esprit critique me lasse. A force de croire qu'un outil, qu'une technique, qu'une technologie, fut-elle communicationnelle, nous sauvera, on a tendance à oublier qu'en fait, tout est déjà là, en nous. Que nous avons la force et la capacité à construire un monde plus humain. Nous n'avons pas besoin de payer des conférenciers et des coachs pour ça, notre volonté pleine et sincère devrait suffire, si nous étions tant que cela au clair avec nous-mêmes. Mais nous en avons seulement perdu le fil, et nous avons trop tendance à le chercher chez des charlatans, fussent-ils de bonne foi. Et je ne crois pas que nous l'y trouverons. Nous n'y trouverons que le miroir qui nous renverra à nous-mêmes, encore et encore, jusqu'à ce que s'opère ce miraculeux changement de mentalité tant attendu.

 

Demain, l'année prochaine, dans un siècle, un millions d'années, peut-être jamais si nous n'arrivons jamais à dépasser notre foi pour des chimères. Tout est en nous, osons juste regarder, ne croyons pas que notre part animale et que notre ombre vont s'estomper parce que nous utilisons des outils « positifs ». Au contraire, la lumière nourrit l'ombre, a fortiori lorsque l'ombre est ignorée, laissée à ses propres manigances. Mais c'est un autre sujet...

 

 

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27 février 2018

L'horizon d'un paternalisme féministe

 

Dans un premier temps, je voulais amener des développements assez poussés, et éventuellement mener cette réflexion sur une série d'articles, mais finalement, j'ai déjà trop parlé de tout ça, aussi je vais faire aussi succinct que je peux avec les éléments que je voulais aborder. Ce sujet est particulièrement navrant et il m'est apparu qu'il est principalement relayé par certaines sources, telles que Russia Today qui accorde trop d'importance à mon goût à ce qui se déroule sur les « réseaux sociaux ». Cependant, comme l'excitation qui a lieu sur ces plateformes se répand un peu partout, je me confirme dans mon impression que, bien que cette agitation hystérique soit finalement le fait d'une poignée de personnes, il s'agit pourtant bien d'une tendance de fond appelée à durer.

 

Les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter ont accaparé, au fil des dernières années, de plus en plus de part d'attention du public, et certains s'en servent pour mener leurs petites guéguerres que je n'hésite pas à juger minables et fatigantes, totalement contre-productives à la fois pour les causes défendues et pour le progrès d'un fond véritablement démocratique dans nos pays. On ne peut pas s'attendre, lorsqu'une minorité prend tout le monde en otage sur ses obsessions ridicules, à voir progresser ni l'intelligence, ni le bien commun.

 

Vidéo youtube : Frédéric Taddeï : Les limites du débat ?

 

 

Taddéi le dit dans sa conclusion, lorsque l'interviewer lui demande ce qu'il retient de ses années passées à la télé : ce sont les extrémistes, les fanatiques, qui donnent le ton. Une minorité d'excités qui ont une vision souvent particulièrement simpliste, orientée et caricaturale des choses monopolise le temps de parole.

 

Un exemple parmi tant d'autres :

 

https://francais.rt.com/france/48342-violent-clash-rokhaya-diallo-de-la-villadiere

 

Quand une féministe défend le voile, on se dit quand même que quelque chose cloche, quand on a un simple fond de bon sens... C'est que ce combat « féministe » est, pour ce type de personne, un avatar du combat des black panthers, desquels elle se réclame d'ailleurs. Autant on peut accorder de la légitimer aux mouvements féministes ou aux mouvements d'émancipation de toutes minorités, autant il faut bien se dire qu'ici il ne s'agit pas de cela : il s'agit ni plus ni moins de lobbying communautariste, c'est à dire d'une entreprise de division de la population, entre guerre des sexes et guéguerre ethnique. C'est dans cet esprit et dans cet esprit seulement qu'on peut défendre le voile « pour les femmes » : on le défend pour un communautarisme islamique, permettez moi de le dire tout net.

 

Parfois je me suis demandé si, en prenant de l'âge, je ne me « droitisais » pas, en adoptant une vision que j'aurais totalement reniée il y a encore dix ans. En d'autres termes, je me suis demandé si je ne devenais pas un vieux con réactionnaire, un raciste qui ne s'assume pas.

 

En fait, c'est seulement que j'ai acquis de l''expérience et de la lucidité et que je vois ce que sont devenus les combats pour l'universalisme : du lobbying fanatique en faveur de minorités de plus en plus restreintes, et une anarchie mentale, une non-pensée absolue qui s'est sans doute consolidée justement autour de ceux qui gueulent le plus fort, monopolisent les médias et s'accaparent maintenant même internet, préparant à la fois sa censure et l'affaiblissement des mouvements contestataires réellement porteurs de sens et de pertinence. Aussi, il est indispensable de répondre à un minimum à ce fanatisme qui se répand de plus en plus et pourrit l'ambiance. C'est ce qu'a fait Greg Tabibian dans une vidéo youtube qui, on ne s'en étonnera pas, a été censurée.

 

Vidéo youtube : J'SUIS PAS CONTENT ! (Hors-Série #02) : Rokaya dit du caca !

 

On trouve le lien vers la vidéo intégrale sur Dailymotion dans la description mais ce n'est pas inintéressant d'entendre l'explication de l'auteur avant tout.

 

Et pour mieux se rendre compte du délire dont je parle à propos des réseaux sociaux et d'une minorité de timbrées entendant faire régner leur loi, rien n'est plus édifiant que cet article avec la conversation telle quelle, exemple parmi d'autres de cet état d'esprit que je dénonce formellement :

 

https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/sexisme-dialogue-surrealiste-entre-201396

 

Ceci est également assez éclairant sur la vision que se font ces féministes fanatiques sur ce que seraient les hommes :

 

https://francais.rt.com/france/48106-un-homme-sur-deux-ou-trois-est-un-agresseur-selon-caroline-de-haas

 

Il faut avouer que, si ça ne concerne qu'une minorité de personnes, cela fait tout de même froid dans le dos de réaliser l'impact que ces quelques unes peuvent avoir.

 

Et pour ceux qui ne croient pas qu'il s'agisse d'une tendance de fond, mais seulement d'un phénomène passager, peut-être faut-il se rendre compte aussi que cette mentalité s'insinue jusque dans les milieux artistiques, culturels, les musées, etc. Et là ça devient franchement inquiétant et notoirement débile :

 

https://francais.rt.com/international/47780-musee-britannique-decroche-tableau-nymphes-sexisme

 

De très beaux tableaux décrochés, sous des prétextes tout à fait puritains. Il y avait aussi le cas de ce musée hollandais qui renommait des œuvres anciennes parce qu'on y trouvait le mot « nègre ».

 

https://la1ere.francetvinfo.fr/2015/12/28/le-rijksmuseum-d-amsterdam-renomme-des-oeuvres-jugees-offensantes-318007.html

 

On notera les censures de BD, de livres, de plus en plus fréquentes au cours des derniers mois, et on s'en prend même à des séries télévisées particulièrement populaires et innocentes à la fois.

 

https://fr.sott.net/article/31848-Censure-a-l-horizon-dans-le-Minnesota-Harper-Lee-et-Mark-Twain-expurges-des-programmes-scolaires

 

 

Et voilà ce que donne cette hystérie auprès du public, même si la tendance n'a été que momentanée, cela montre que les gens ont « imprimé l'information » et que cela a eu un impact sur le nombre :

 

https://francais.rt.com/france/48319-paris-hausse-20-30-affaires-harcelement-sexuel-viol-selon-molins

 

A noter qu'un phénomène similaire a eu lieu à Londres, la même année, sans explication connue.

 

On raconte aux gens qu'internet est machiste, tout comme je l'avais dit par ailleurs dans un précédent article, on disait que « le monde est biaisé » :

 

https://francais.rt.com/france/47944-violences-faites-femmes-youtube-twitter-facebook-epingles-haut-conseil-egalite

 

Il faut donc refaire le monde, internet et toute la biologie ? Parce que c'est la biologie qui est avant tout responsable des différences entre les hommes et les femmes, et ces différences nous sont utiles. Faut-il dire en quoi ? Si besoin, Dmitry Orlov nous rappelle un peu à quoi servent les hommes, puisqu'il semble qu'il faille revenir aux bases, quand un discours et une attitude délirants s'imposent de plus en plus :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/les-hommes-quoi-sont-ils-bons.html

 

Même si Orlov nous livre ici une image un peu caricaturale de l'homme (je ne m'y reconnais pas du tout, mais sans doute suis-je juste un de ces hommes modernes féminisés dont il parle ?), il a tut de même le mérite de rappeler que les « mâles » seront indispensables dans toute situation de crise, et il y en aura fatalement dans les décennies à venir, étant donné la manière dont se passent les choses, alors les petits caprices des féministes extrémistes, dans tout ça...

 

J'ai déjà dit qu'il serait profitable de revenir aux sources du féminisme originel, tout à fait respectable, qui prétendait émanciper les femmes de leur condition plutôt dépendante des hommes, jusqu'au cours du 20e siècle et encore maintenant, surtout pour les générations anciennes, il faut l'admettre.

 

Maintenant on n'entend plus que « parité », « égalité salariale »... La parité, est-ce vraiment nécessaire ? A-t-on vraiment besoin de 50% de femmes dans les ministères et les assemblées, lieux qui concentrent de toute façon des personnes avides de pouvoir ? L'égalité salariale, je l'ai déjà argumenté, ne sert qu'à niveler hommes et femmes dans l'aliénation consumériste. Se libérer du salariat plutôt que jalouser le salaire des hommes les plus arrivistes me semble bien plus noble et prioritaire...

 

Le véritable projet de ces femmes semble plutôt être de devenir des femelles alpha et de remplacer les hommes parmi les plus vils et les plus avides à leurs positions. Le résultat d'une sorte de sélection médiatique des pires grandes gueules, côté femmes comme hommes. Réformer les mâles et les anéantir, surtout s'ils sont blancs, voilà le vrai projet d'une bonne partie de cette mouvance qui regroupe tous les activismes LGBT, autour du genrisme, du racialisme, et toutes ces saloperies d'obsessions traumatiques qu'on n'arrive décidément pas à dépasser. Quand bien même les femmes comme les homosexuels accèdent désormais à tous les postes qu'ils veulent, s'ils le veulent vraiment, c'est à dire qu'encore une fois, ce sont les plus agressifs et les plus compétitifs parmi eux que l'on remarque et qui font tant de bruit.

 

Tant pis pour les plus calmes et les plus civilisés, qui devront subir cette agitation sans cervelle. Et tant pis pour ceux qui ont compris que les vraies luttes d'aujourd'hui ne sont plus tellement celles-ci, mais plutôt celle de l'avènement d'un monde enfin civilisé et réellement démocratique. Il faut bien admettre que quand on raisonne selon le principe de celui qui gueule le plus fort (et qu'on se plaint de se faire interrompre par les hommes dans les débats, comme on le trouve aussi ici et là), il n'y a guère de place pour une mentalité réellement démocratique : on veut juste prendre sa place, quitte à bouffer celui qui s'y trouve déjà. De toute façon, c'est bien connu, selon certaines féministes, les hommes méritent juste de mourir (comment feront-elles pour conserver une population planétaire ? Ah oui, sans doute avec ce projet d'annihilation de la sexualité qui semble déjà poindre le bout de la pointe de son nez... fécondation artificielle, vire pourquoi pas une parthénogenèse scientifique et eugéniste ? … j'ai sans doute trop d'imagination... mais ça reste à prouver).

 

Quant à l'impact sur la société, on commence déjà à le constater, même si c'est par certaines professions assez peu communes :

 

https://francais.rt.com/international/47829-hotesses-formule-1-accusent-feministes-perdre-job

 

On me dira qu'on ne devrait pas regretter ce genre de profession sexiste, mais alors sans doute faudra-t-il à l'avenir androgyniser tout le monde pour éviter la jalousie et la discrimination par la beauté ? La disparition de la beauté semble de toute façon un projet de société bien avancé, si on en juge par l'architecture moderne ou encore cette infamie qu'est le « design », dont le résultat est beau une fois sur dix. Le fait est que beaucoup de professions sont encore quasiment réservées aux hommes d'un côté et aux femmes de l'autre et ce n'est pas forcément un mal. Dois-je citer les bûcherons, les égoutiers, les maçons, les esthéticiennes, les infirmières ? Qu'on le veuille ou non, et pour des raisons biologiques très ancrées qui n'ont rien à voir avec des problèmes de représentation ou de couleurs de jouets ou de sac à dos, ces vocations et ces spécialités trouvent un écho bien particulier en fonction des sexes pour des raisons faciles à comprendre qu'il me semble inutile de détailler.

 

 

Pour ma part, ce féminisme hyper-agressif et gueulard me paraît excessivement masculin, et me semble juste le visage d'un peut-être nouveau patriarcat à venir. Un patriarcat qui sera tenu par des féministes qui prétendront qu'elles auront émancipé les femmes... en les niant.

 

 

Mais ce résultat qui s'annonce (j'avoue sans problème en faire un peu beaucoup dans le catastrophisme, mais cette tendance que je dessine à gros traits se vérifiera dans les années à venir, j'en suis sûr) était sans doute tout ce que pouvait fournir la société que nous connaissons.

 

Une société en manque d'authenticité , où les hommes ont en effet tendance à être féminisés et les femmes masculinisées, pour tendre vers ce soi-disant souhaitable monde d'avenir qui sera confusionniste ou ne sera pas. Dans le monde que j'observe, la générosité est constamment abusée et détournée. Les ONG, même les thérapies naturelles, servent de cheval de Troie à des logiques impérialistes et/ou consuméristes, où les bonnes intentions ne sont que prétendues. On parle là de valeurs plutôt féminines à la base, dont on se sert pour abuser les populations.

 

Il ne faut pas s'étonner que Trump soit surgi, essentiellement par le vote des campagnes, dans ce monde où les populations urbaines sont de plus plus déconnectées non seulement de la nature, mais du monde, du réel tout court, croyant qu'on peut tout faire avec les genres, les caractères de base des entités biologiques que nous sommes. C'est que le refoulé, comme le réel, finissent toujours par frapper de nouveau à la porte.

 

Dans le même temps, en France, la réponse donnée fut le macronisme, comme illusion de destruction d'un clivage qui était faux, mais qui n'a été remplacé que par le rien. Ce clivage, on s'en aperçoit maintenant, découle largement de la séparation entre les villes et la campagne, le monde civilisé et le monde sauvage. D'un côté une élite, vivant par excellence dans la déconnexion, essaye d'imposer sa réalité à un monde qui lui résistera forcément, parce qu'il est incommensurablement plus fort.

 

La quête icarienne des ultra-féministes actuelles est vouée à l'échec. Mais comme tous les mouvements délirants qu'engendre notre société et notre époque, elle se débattra jusqu'au bout, quitte à tout casser et tout détruire.

 

Soit. Il faut détruire avant de reconstruire plus sain. Un monde, osons rêver, débarrassé de ce féminisme fou et malsain, parce qu'on aura enfin su assumer nos différences et les faire fonctionner en harmonie, plutôt que dans le conflit et la manipulation.

 

En attendant ce paradis sur Terre qui ne viendra probablement jamais ou pas avant longtemps, il faut bien se dire que cet ultra-féminisme, avec ses cousins, l'ultra-communautarisme, l'ultra-genrisme ou encore l'ultra-écologisme, sont à la pointe d'un totalitarisme émergent.

 

Car le totalitarisme n'est jamais mieux à sa place que dans un monde urbanisé, bétonisé, solidifié, statufié, où sont nées ces idéologies idéalistes et offensives qui veulent s'emparer du réel pour le réformer en même temps que les mâles, icône s'il en est du mal, dans leur univers mental.

 

Ce n'est pas la première fois que je le dis : l'avenir nous réserve sûrement une forme ou une autre de dictature écologique (soft ou hard). Les idéologies du genre, du féminisme ou du pseudo-antiracisme sont juste d'autres fenêtres que cette mentalité en construction essaye d'enjamber, car elles marchent toutes ensemble, elles procèdent toutes d'un état d'esprit d'un seul bloc, même si cohérence demeure pratiquement introuvable. Cohérence avec le réel, j'entends.

 

Mon propos paraît sûrement confus, voire un peu décousu, mais je n'ai pas voulu m'étendre trop parce que ce sujet, aussi important soit-il, me lasse. Le spectacle de la débilité humaine en contradiction avec le vivant, la nature et le réel, je le contemple depuis tout petit, je pensais seulement ne pas le voir arriver à un tel paroxysme de non-intelligence. Notre époque trouve encore des moyens de me surprendre en mal.

 

Mais je l'ai dit, et sauf cas exceptionnel, c'est la dernière fois que je développe sur ce sujet. Je considère cette tendance comme acquise et comme partie prenante du monde moderne, et il faut juste en prendre acte. Et sans doute passer à autre chose tout en gardant un œil consterné dessus de temps à autres.

 

Ah oui, un dernier lien pour la route, intéressante réflexion de fond sur ce sujet :

http://www.dedefensa.org/article/transgenre-turbo-nouvelle-facon-detre-fou

 

 

 

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23 février 2018

Revue etc. N°35 - Propagandes ordinaires et extraordinaires, infos et réflexions diverses

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°35

 

J'ai du faire une sélection plus drastique que d'habitude sur les liens que je propose dans ce numéro, tant il y a une accélération du Grand Délire général, autour de la géopolitique, de l'écologie ou encore du politiquement correct. Je vais essayer de faire aussi succinct que possible avec ce que j'ai sélectionné.

 

Propagande ordinaire

 

On n'en a pas encore fini avec le « Russia Gate » et on commence à s'apercevoir que la vraie affaire est en fait le « Clinton Gate » que le premier a surtout servi à éclipser. De très nombreux articles apportent un éclairage sur cette affaire qui est sans doute l'une des plus grandes manipulations de l'époque moderne, aussi il m'est difficile de commenter. Je risque donc de livrer les liens un peu en vrac. Je précise que ma position sur cette affaire est que, comme tout l'indique, l'ingérence des russes dans les élections américaines est une fiction inventée par les services secrets et colportée par le camp Clinton, et sert de poste avancé pour de la propagande de guerre antirusse, ni plus ni moins. C'est une affaire extrêmement grave ainsi que profondément loufoque quand on se penche sur les tenants et les aboutissants et sur la manière dont tout cela s'est passé.

 

Voici donc les liens qui concernent de près ou de loin cette affaire au cours des dernières semaines. Comme d'habitude, les textes de dedefensa.org apportent la lumière la plus originale et la plus intéressante, d'après moi.

 

https://francais.rt.com/international/47805-enquete-russe-donald-trump-contre-attaque-panique-washington

 

https://francais.rt.com/international/47812-etats-unis-prets-riposter-avec-arme-nucleaire-meme-cas-attaque-conventionelle

 

https://fr.sott.net/article/31801-Les-enjeux-du-Russiagate-sont-extremes

 

https://www.mondialisation.ca/les-enjeux-du-russiagate-sont-extremes/5622785

 

http://www.dedefensa.org/article/notre-supremacisme-entropique

 

http://www.dedefensa.org/article/a-propos-de-pcg-et-de-poutine

 

http://www.dedefensa.org/article/le-sourire-de-woolsey

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/le-mensonge-competitif.html

 

 

A la lecture de ces textes, on imagine facilement comment tout cela peut tout aussi bien mener à une escalade militaire contre la Russie qu'à l'inverse à une fracture au sein même de l'état américain et de son « deep state », aussi il est impossible d'en prédire quoique ce soit, sinon qu'il n'en surgira qu'une sinistre bêtise.

 

Cet autre texte est éclairant sur la manière dont fonctionne ce type de propagande, et pourquoi elle est réellement utilisée :

 

https://fr.sott.net/article/31842-D-apres-un-historien-une-alerte-rouge-est-utilisee-par-les-elites-tous-les-20-a-30-ans

 

Mais la propagande, c'est bien sûr, toujours et encore la censure, franche ou plus pernicieuse et indirecte, comme ce qui se passe sur Facebook, qui ne sait pas comment ménager la chèvre et le chou – les médias et le public – et demande alors au chou (le public) d'effectuer sa propre censure. Une censure « démocratique », donc :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/facebook-prevoit-de-produire-une-preuve.html

 

Enfin il faut rappeler quelle est la véritable politique « diplomatique » occidentale qui se cache derrière cette offensive rhétorique antirusse, ainsi que derrière les replis de la censure hypocrite qui sévit dans nos contrées dites libres. A savoir, une politique belliciste et d'ingérence perpétuelle :

 

https://www.les-crises.fr/syrieleaks-un-cable-diplomatique-devoile-la-strategie-occidentale-par-richard-labeviere/

 

 

Puis, pour terminer sur la propagande ordinaire, j'ai noté qu'on s'était récemment rengorgé à propos d'une « baisse du chômage » qui serait le fruit de la politique de Hollande et, sans doute, de Macron aussi. Il est alors bon de rappeler, encore une fois, le travail effectué mois après mois sur agoravox par « patdu49 », qui nous révèle encore une fois les vrais chiffres du chômage, édition de décembre :

 

https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/vrais-chiffres-chomage-decembre-200972

 

Une baisse tout à fait fallacieuse et artificielle, donc, comme pratiquement à chaque fois qu'on en annonce une, puisqu'il s'agit en fait d'une nouvelle hausse.

 

 

Quelques infos diverses

 

Quelques infos diverses qui peignent un tableau du monde un peu plus réel que ce qu'essaye de présenter la propagande des médias de masse.

 

Sur l'Arabie saoudite :

 

https://www.les-crises.fr/larabie-saoudite-tente-de-contenir-la-propagation-du-salafisme-ca-ne-marchera-pas/

 

Sur la situation aux USA, et plus particulièrement celle de la population :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/01/oui-mais-quel-prix.html

 

Pays qui laissera Guantanamo ouvert sur un nouveau prétexte, malgré les promesses de l'ancien président, et on continue de se concentrer à taper sur le nouveau, qui n'est pas à l'origine directe de ce décret, preuve qu'il y a une volonté politique clairement orientée dans ce pays et qui ne provient pas de la présidence :

 

https://francais.rt.com/international/47722-camp-guantanamo-restera-ouvert-pourrait

 

Amazon a de moins en moins à envier à Guantanamo, d'ailleurs :

 

https://fr.sott.net/article/31841-Mentalite-concentrationnaire-Amazon-depose-le-brevet-d-un-bracelet-qui-surveille-ses-employes-au-travail

 

 

Trump qui envisage quant à lui d'armer les enseignants pour protéger leurs élèves. Et pourquoi pas les élèves, tant qu'on y est ? Allons jusqu'au bout de la logique, tant il est vrai que les USA, paradis des armes à feu, sont simultanément aussi le paradis des fusillades, allez savoir s'il pourrait y avoir un quelconque lien de cause à effet...

 

https://francais.rt.com/international/48243-trump-envisage-darmer-enseignants-apres-tuerie-floride

 

 

Le pseudo-miracle des cryptomonnaies, prétendument inattaquables, désormais en baisse et victimes d'un nouveau super braquage en ligne :

 

https://francais.rt.com/economie/47614-plateforme-dechange-cryptomonnaies-japonaise-victime-vol-533-millions-dollars

 

Par ailleurs, côté scientifique, on découvre que l'adolescence n'en finit plus, alors n'hésitons pas à changer l'âge du permis de conduire, de la majorité sexuelle et même de la majorité tout court. Pour ce qui est du port des armes à feu, on pourrait envisager en revanche de diminuer l'âge du port d'armes aux USA, tant il est entendu dans la mentalité puritaine contemporaine que les armes sont bien moins à craindre que le sexe, qui lui ne tue pas, mais peut traumatiser « à vie ».

 

https://fr.sott.net/article/31835-L-adolescence-dure-beaucoup-plus-longtemps-que-par-le-passe#comment12391

 

Les scientifiques trouveront de toute façon une parade puisqu'ils peuvent tout, et bientôt modifier les souvenirs humains :

 

https://fr.sott.net/article/31795-Les-scientifiques-pourraient-bientot-etre-capables-de-manipuler-les-souvenirs-dans-le-cerveau-humain

 

Pour terminer sur cette rubrique sur le monde moderne et ses lendemains qui chantent grâce à l'écologie et aux voitures électriques, voyons ce qu'il se passe lorsqu'une de ces voitures a un problème :

 

https://fr.sott.net/article/31890-35-pompiers-5-heures-d-intervention-Ce-qu-il-se-passe-quand-une-Tesla-prend-feu

 

Sans commentaire, en terme d'impact écologique...

 

 

Comment les médias « alternatifs » deviennent des relais de la propagande

 

Cela aurait pu être un article à part entière, mais j'en ai assez d'écrire toujours les mêmes choses sur les hystéries antirusse, ultra-féministe ou pseudo-écologiste. Et aussi, j'ai déjà abondamment critiqué certains des sites dont je me sers moi-même de référence pour mes propres articles. Aussi j'ai décidé de passer rapidement sur ce que j'ai constaté sur le blog les-crises.fr dernièrement, à propos d'une énième série d'articles sur le climat, totalement acquise au credo à la mode.

 

Je ne cache pas mon scepticisme sur ce sujet, bien que je sache parfaitement que cela fasse de moi un hérétique à brûler. Je considère que la vérité n'est jamais aussi simple que les dogmes qu'on nous assène, et qu'il ne faut jamais céder au terrorisme intellectuel.

 

De nombreuses personnes semblent penser comme moi, si on en juge par l'abondance de commentaires sceptiques sur le blog cité, et si j'ai tenu à y consacrer une rubrique, c'est parce que j'ai constaté un abus absolument scandaleux dans les commentaires, où l'un des commentaires sceptiques les plus convaincants a tout simplement été... réécrit par la modération, avec remplacement du lien proposé par le commentateur par un lien soutenant un point de vue contraire à celui du commentateur. Une manipulation de très bas étage que même certains médias dominants hésiteraient à accomplir tant c'est gros, vulgaire et choquant.

 

Aussi, je remets ici le lien vers le graphique proposé par ce commentateur, dont je n'ai pas gardé de screenshot du message, hélas, mais qui essayait en gros simplement de relativiser la portée du réchauffement actuel en le replaçant dans une échelle de temps qui montre qu'il n'a rien d'exceptionnel. Les températures des 10 000 dernières années :

 

http://jonova.s3.amazonaws.com/graphs/lappi/gisp-last-10000-new.png

 

Preuve que je ne suis pas du tout fermé à la discussion ni assis sur des certitudes (je ne suis que sceptique), un lien vers une vidéo qui accrédite la thèse du réchauffement anthropique avec des données rarement mises en avant :

 

Vidéo youtube : La part de l'homme dans le changement climatique MaP#13

 

 

La vidéo est largement critiquable cependant, s'asseyant un peu trop facilement sur les conclusions qu'elle propose, sans tenir compte de bien des données contradictoires avec, notamment, la modélisation et même l'existence de l'effet de serre, point déjà soulevé plusieurs fois sur mon blog. Il convient donc de rester prudent avec ce qui est avancé dans cette vidéo.

 

Rappelons notamment que le réchauffement actuel, s'il est avéré, peut s'expliquer au moins en partie par un réchauffement lent qui provient à la fois de la remontée des températures depuis la dernière glaciation terminée il y a 12 000 ans et, de manière plus probante, depuis la fin du minimum de Maunder, qui se termine au début du 18e siècle, et qui a laissé place depuis à une remontée générale des températures, bien connue des spécialistes, et pourtant toujours passé sous silence. Il est également mentionné dans le graphique plus haut sous le nom de « petit âge glaciaire ».

 

Voilà pour remettre un peu les pendules à l'heure et redresser les mensonges dogmatiques que le blog d'Olivier Berruyer répand, probablement dans le seul but de dorer l'image de cet homme, perpétuellement assis le cul entre deux chaises, entre système et anti-système, et donnant alternativement des gages à l'un et à l'autre. Notons que la quasi totalité des graphiques sur le climat que l'on trouve sur google image proviennent de ce blog qui, on l'a vu, pratique une (dés-)information orientée sur ce sujet, en imposant sa vision qui prétend à un consensus scientifique qui n'existe pas (j'ai également montré que le chiffre de 97% de scientifiques convaincus était un mythe, mais lorsque je l'ai dit sur ce blog, j'ai bien entendu été censuré) et en effaçant les commentaires critiques qui ne lui conviennent pas, surtout lorsqu'ils présentent des arguments convaincants (les autres sont laissés pour ridiculiser leurs auteurs). J'ai tout de même réussi à faire dire dans un article à Olivier Berruyer qu'il fallait du doute dans la science, pour qu'elle fonctionne, bien qu'il prétendait par ailleurs que la science avait pour but d'établir un consensus, ce qui est plutôt l'objectif de la politique... Lorsqu'on parle de consensus scientifique, on parle donc d'une science dévoyée dans laquelle la politique a fait irruption, et l'on sait bien que c'est le cas avec le GIEC, organisme créé par les politiques, pour servir des objectifs politiques. La science n'est, dans tout cela, qu'une caution.

 

En matière d'écologie véritable (l'écologie est une science, mais ce à quoi on assiste généralement est de l'écologisme, c'est à dire une idéologie politique se servant de la science comme outil pour parvenir à ses fins, souvent autoritaires) on pourrait avantageusement s'intéresser au cas de cette écrevisse qui pose un problème bien concret et en même temps assez fascinant :

 

https://fr.sott.net/article/31830-L-ecrevisse-marbree-une-nouvelle-espece-terriblement-invasive-se-reproduit-sans-male

 

Mais n'allons pas l'accuser de détruire l'environnement. On sait que seul l'homme est vraiment le méchant, en matière d'environnement... Ou l'art de se détester en tant qu'espèce pourtant créée par la nature également... Nous ne sommes pas vraiment fondamentalement différents de cette espèce de crustacés, encore faudrait-il l'admettre, mis à part notre capacité de conscience et de « raison », quoique l'on pourrait en débattre...

 

Quelques liens supplémentaires pour explorer ce sujet, dont mon article sur le faux chiffre de 97% de consensus et l'article des crises.fr que j'incrimine pour censure et manipulation des commentaires :

 

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/07/08/34060937.html

 

https://www.les-crises.fr/quand-cousteau-se-plaignait-on-commence-a-me-casser-les-oreilles-avec-cette-histoire-de-co2/#comment-495203

 

https://fr.sott.net/article/31766-C-est-le-noyau-chaud-de-la-Terre-et-non-le-rechauffement-climatique-qui-est-responsable-de-la-fonte-de-la-calotte-glaciaire-du-Groenland

 

 

Quelques réflexions de fond

 

Pour finir ce numéro, je voudrais proposer quelques réflexions de fond qui ont le mérite de nous sortir un peu de l'excitation dans laquelle on maintient les masses sur de plus en plus de sujets, sans pour autant que cela nous rapproche de la moindre solution.

 

Sur la question de la possibilité de l'effondrement du système, cette conférence de Régis Chamagne :

 

Vidéo youtube : Le système peut-il s'effondrer ? Conférence de Régis Chamagne - 02/2018

 

 

Un article extrêmement intéressant de Dmitry Orlov sur les juifs, les russes, lui qui est issu d'une famille de juifs russes. Je conseille à ceux qui ne sont pas familiers de ce sujet :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/les-juifs-russes-en-amerique-et-les.html

 

 

Autre article très intéressant sur la manière dont les services secrets s'imbriquent à la fois avec la société civile et l'armée, pour engendrer l'organisation du monde tel qu'on le connaît. Un impact souvent négligé ou distordu par les plus paranoïaques, mais qui est néanmoins plus sérieux que l'on a tendance à croire, si l'on suit la logique de ce texte qui me semble très pertinent :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/les-services-de-renseignements.html

 

 

Un texte assez caustique de James Howard Kunstler sur les lubies actuelles concernant l'espace et le sauvetage de l'humanité par l'abandon d'une planète pour aller en abîmer une autre (puisque la moindre des choses avant d'aller en coloniser une autre serait d'abord d'apprendre de nos erreurs, plutôt que cette idiote fuite en avant) :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/02/encore-une-annee-de-pensee-magique.html

 

 

 

Enfin, deux excellents textes de Nicolas Bonnal sur la dystopie actuelle et la manière dont Huxley la voyait venir à grands pas. Je recommande plus particulièrement le texte sur Huxley, et si vous ne deviez lire qu'un des liens proposés dans ce numéro, ce serait pour moi ce dernier.

 

http://www.dedefensa.org/article/comment-internet-et-linformatique-ont-cree-notre-dystopie

 

http://www.dedefensa.org/article/neo-totalitarisme-huxley-fait-le-point-en-1957

 

Je laisse la conclusion de ce numéro à votre sagacité. J'annonce simplement que, et bien qu'à regret car c'est un sujet qui me déplaît énormément, j'écrirai très bientôt encore un article (le dernier j'espère, car ce sujet hystérique devient usant et de plus en plus débile) sur l'agitation autour du genre et du féminisme, qui nous réserve depuis quelques temps des rebondissements consternants plutôt éclairants sur la bêtise abyssale et insondable qu'on peut rencontrer actuellement dans ce microcosme qui tourne en boucle.

 

Bonne lecture à tous et à bientôt.

 

 

Posté par Seilenos à 23:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 février 2018

La démarche de curiosité - 6 (Ufologie, divers et commentaire approfondi sur la Grande Manipulation)

Toujours dans l'esprit de cultiver et conjuguer à la fois curiosité, ouverture d'esprit et esprit critique, cette fois-ci je vais me concentrer sur le thème de l'ufologie dans une première partie, avec notamment beaucoup de vidéos, pour ensuite aborder des sujets un peu plus divers dans uns seconde partie. Enfin je commenterai plus profondément un texte, dans une dernière partie. Je rappelle que l'esprit de cette série d'article est avant tout de partager des liens et vidéos que je juge intéressants, trouvés sur le net, partagés sur différents sites et forums que je fréquente, pour présenter au lecteur du blog des liens qui participent à ma réflexion, étant entendu qu'il est plus aisé de partager des liens que des livres ou autres choses plus difficiles à trouver sur internet.

 

Je commence par ce blog, lié à l'un des forums que je fréquente, qui offre depuis déjà quelques années largement de quoi explorer le sujet. Le forum et le blog en question sont orientés sur l'hypothèse extraterrestre, qui est également l'hypothèse dominante en ufologie, même si ce n'est pas celle que je privilégie, il est bon d'avoir cela en tête en le parcourant.

 

http://ovni-extraterrestre.com/

 

Autre site assez général en ufologie, ce wiki sur les « ummites » (ou « oummains ») et tant que j'y suis, le site d'ummo-science qui tous deux répertorient des informations sur les lettres ummites et les ummites eux-mêmes.

 

https://www.ummowiki.fr/index.php/Accueil

 

http://www.ummo-sciences.org/

 

Je n'ai jamais parlé de ce sujet sur le blog, il me semble, alors l faut peut-être que je dise que les ummites sont un supposé canular ufologique de grande ampleur, s'étalant des années 60 à nos jours. C'est justement ce qui est troublant dans ce dossier : la quantité de données et leur qualité bien particulière sont telles qu'on a quand même du mal à se contenter de l'hypothèse du canular pour expliquer un dossier qui dure depuis plus de 50 ans... C'est pourquoi je partage ces liens, malgré mon scepticisme, car les lettres ummites ont inspiré des scientifiques dans leurs recherches depuis tout ce temps, et ont donné des découvertes assez probantes... sans doute trop pour que le canular soit la seule et unique explication dans ce dossier. On navigue donc en pleine incertitude, puisque même ceux qui suivent le sujet assidûment (il existe des mailing lists, des comptes twitter spécialisés sur la question) n'arrivent pas à trancher.

 

Nuréa-TV en avait parlé il y a peu dans cette conférence d'un des spécialistes du sujet :

 

Vidéo youtube : « UMMO : L' Avertissement - La Genèse » (N°1) avec Stone Gardenteapot - NURÉA TV

 

Vidéo youtube : « UMMO : L' Avertissement - La Métaphysique » (N°2) avec Stone Gardenteapot - NURÉA TV

 

 

A signaler également cette autre vidéo toute récente sur la même chaîne :

 

Vidéo youtube : 23/01/18 « OVNIs et Nucléaire » avec Daniel Harran et Fabrice Bonvin - NURÉA TV

 

Et puisque je suis dans les vidéos, je voudrais signaler aussi cette ancienne interview de Pierre Guérin en 8 parties, qui montre notamment qu'il était finalement plus facile de parler ufologie à la télé il y a 40 ans qu'aujourd'hui, comme quoi tout n'avance pas toujours dans le bon sens (on le sait avec mes séries sur la censure et le totalitarisme rampant qui fait en reculer reculer la société et l'intelligence collective, pour ne pas dire plus).

 

Vidéo youtube : Débat avec Pierre Guérin dans « Actuel 2 » (1974) - (1/8)

 

Les 7 autres parties peuvent simplement être trouvées à la suite. Enfin une dernière vidéo à la télé, plus récente, qui fait parler un témoin d'une expérience ufologique bien particulière, et qui ne se fait pas trop maltraiter, même si c'est dans une émission de divertissement, c'est à signaler :

 

Vidéo youtube : Bernard Bidault et les hommes en noir

 

 

Enfin, pour faire la transition avec ma seconde partie, ce lien en anglais (je n'en ai trouvé aucune en français sur ce cas) qui énonce une autre expérience ufologique, vécue par un scientifique ayant obtenu le prix Nobel de chimie en 1993, le docteur Kary Mullis :

 

http://thenightsky.org/mullis.html

 

 

Ce qui m'amène à cet article, celui-ci traduit, parlant de cas de rencontres très étranges en effet :

 

https://fr.sott.net/article/31548-Des-rencontres-tres-etranges-avec-de-mysterieux-et-vraiment-surrealistes-humanoides

 

 

Ici je m'arrête quelques lignes, juste pour dire qu'on pourra moquer autant qu'on veut ce type de récit, on ne peut pas les écarter simplement d'un revers de la main avec son diplôme de zététicien en main. Il y a bien trop de cas étranges et inexpliqués pour se contenter de les ignorer, et le fait que des scientifiques reconnus, dont on ne peut douter de la probité intellectuelle, puissent relater des histoires similaires, plaide en faveur de leur réalité. De là, à chacun de savoir s'il veut considérer les choses et la vie avec honnêteté ou se couper de tout un pan du réel... Personnellement je ne sais pas vivre en étant intellectuellement borgne.

 

Rudolf Steiner parlait d'ailleurs il y a déjà longtemps de créature vivant dans l'ombre ou plutôt dans l'invisible, ayant un impact direct sur nos vies :

 

https://fr.sott.net/article/31799-Le-philosophe-Rudolf-Steiner-parlait-d-etres-surnaturels-qui-se-nourrissent-d-emotions-negatives

 

Une hypothèse qui éclaire d'une singulière lumière les propos d'un Philippe Grasset sur l'état du monde actuel :

 

http://www.dedefensa.org/article/le-diable-est-un-joueur-invetere

 

Et si ce qu'il nomme le Diable – comme je l'avais déjà argumenté dans un article précédent, et comme j'ai pu explorer le sujet dans le dernier roman que j'ai écrit (non publié) – était bien plus qu'une évocation symbolique ou abstraite d'un effet supra-humain et si cela était alors le nom donné à des créatures qui, en effet, résident dans des plans invisibles à nos sens primaires, pouvait avoir un impact sur nos humeurs, nos vies, voire... notre histoire ? Pour moi, la question est loin d'être absurde... Mais je ne suis qu'un auteur de fantastique et de SF, alors...

 

 

Sinon, je crois que j'avais déjà abordé ce sujet précis précédemment, mais il est intéressant de lire cet autre texte à propos de l'expérience vécue par Stéphane Allix qui indique qu'il y a bien, dans notre vécu, des choses assez inattendues qui se produisent et qui, pourtant, semblent chargées de sens, de signification et d'un impact profond sur nos vies (comme peuvent l'être aussi les expériences de NDE, par exemple) :

 

https://www.inrees.com/articles/stephane-allix-lorsque-autre-entretien-chamanisme-memoire-vie-anterieure/

 

 

Puis avant de finir ce nouveau partage de liens et de réflexions, je voudrais citer encore deux liens avant de prendre un peu de temps pour commenter un article que j'ai lu il y a quelques mois et qui m'est revenu à l'esprit. On verra qu'il éclaire encore d'une autre lumière mon propos des deux paragraphes au-dessus.

 

Ces deux liens, donc, tout d'abord une vidéo d'un documentaire passé sur Arte. Si nous ne cultivons pas notre intelligence, donc forcément notre curiosité (cela va ensemble, sinon on s'enferme dans des idées superficielles, étroites ou préconçues, voire les trois à la fois) nous pourrions aggraver un processus déjà en cours, plus particulièrement en occident : nous devenons de plus en plus cons. Le documentaire se concentre bien sûr sur les causes chimiques et physiques, environnementales en somme, mais personnellement, et étant donné que le même phénomène ne semble pas aussi important en Asie, j'ai tendance à penser assez fortement qu'il y a aussi des causes sociétales, civilisationnelles, psychiques, etc. En effet, notre environnement n'est pas que physique, il est aussi psychique. Il faut le dire, et mes derniers articles le pointent d'ailleurs bien : nous baignons, particulièrement en occident dans un dense bain de connerie, d'attitude réactionnaire de pensée-réflexe, de lavage de cerveau par les médias, télés, journaux, etc., et les gens ont beau critiquer cela, il n'y a qu'à voir comment ils s'agitent en masse dès qu'on mentionne une opinion critique sur certains sujets, pour comprendre que les effets de l'abêtissement général ne sont pas qu'une allégorie littéraire, mais bien quelque chose de très concret et finalement... mesurable aussi bien que le taux de pollution chimique dans le corps : il s'agit d'une pollution mentale qui affecte littéralement les capacités des gens à réfléchir, voire plus. Néanmoins, toutes les causes avancées dans le documentaire sont certainement vraies et inquiétantes, et il faudrait encore y ajouter l'invasion des smartphones, gadget débilitant de poche (j'ai le droit d'en parler, j'en possède un et je le laisse autant que possible dans son coin) capable de nous crétiniser un peu plus à chaque instant, notamment en nous coupant du moment présent, des gens qui nous entourent, du monde physique réel (comme je l'observe souvent autour de moi) etc. Et dans tout ça, leurs ondes nocives sont sans doute encore le moindre mal.

 

Vidéo youtube : DEMAIN, TOUS CRÉTINS ? | Documentaire 2017

 

 

Et aussi ce lien, sur un fait qui démontre tout l'intérêt, encore une fois, de ne pas 'enfermer dans des certitudes et des théories toutes faites, puisque le monde s'ingénie constamment à nous indiquer que, décidément, nous ne le connaissons pas, quoique nous croyons à ce sujet :

 

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/quasars-quasar-croissance-ultrarapide-defie-cosmologistes-67319/#xtor=EPR-57-[ALERTE]-20171208

 

Il est toujours bon de regarder la vérité en face : « les scientifiques », cette caste censée détenir la vérité aujourd'hui, au point de faire de la science une quasi-religion de masse, restent interdits face à certains phénomènes qu'ils étaient supposés connaître et avoir circonscrits de leurs théories.Si seulement nous pouvions tous en prendre une leçon d'humilité, au lieu de rabâcher les nouveaux dogmes imposés (le big bang, le réchauffement, etc.).

 

 

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Mais bref, j'en viens à l'article, à mon avis fondamental, que je voulais commenter, et qui éclaire d'après moi d'une lumière intéressante différents points abordés au-dessus aussi bien sur les OVNI, les entités, l'état de la société, la croyance, etc. Il s'agit de celui-ci :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2016/06/la-grande-manipulation-societe-moderne.html

 

Tout d'abord, Ion Culianu est élève de Mircea Eliade qui, comme le dit l'auteur, est un auteur très important dans le domaine de la connaissance des sujets ésotériques et occultes, en tant qu'historien des religions et sans doute même principal spécialiste dans ce domaine, en particulier lorsqu'il s'agit des cultes primaux tels que le chamanisme. Incontournable sur le sujet des rites initiatiques, notamment.

 

Le fait que l'exécuteur testamentaire d'Eliade ait été descendu d'une balle dans la tête est en soi intéressant et intriguant, d'autant plus lorsque c'est après une élocution sur un campus américain...

 

Etant quant à moi à la fois spiritualiste et sceptique, pratiquant du chamanisme et du doute méthodique tout à la fois, je tiens à souligner cette phrase :

 

« Il a mené avec ses élèves diverses sessions magiques, leur a prescrit de rejeter l’incrédulité au sujet des phénomènes étudiés de la magie et de la religion. »

 

L'incrédulité est une chose en effet à distinguer radicalement du doute ou du scepticisme, bien qu'une majorité de « sceptiques » dans le domaine de l'étude zététique des phénomènes paranormaux ou occultes versent presque automatiquement et systématiquement dans l'incrédulité, ce qui démontre leurs a priori sous-jacents incompatibles avec la pratique éclairée du doute méthodique.

 

Par ailleurs, sur la question de l'assassinat de Culianu, que je suis bien sûr incapable de trancher, et certaines allégations de l'article concernant Eliade, et aussi dans le but de mieux connaître l’œuvre et l'univers mental d'Eliade, je recommande l'adaptation cinématographique d'un de ses livres, par Francis Ford Coppola et pourtant trop peu connue, L'homme sans âge.

 

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=108952.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_sans_%C3%A2ge

 

 

Il faut d'ailleurs aussi noter que, comme le personnage principal de cette histoire, Eliade était lui aussi vraisemblablement suivi de près :

 

« Culianu aurait pu être tué pour la politique, mais une politique d’un genre très différent. Pour comprendre à qui nous pourrions nous intéresser en ce qui concerne la mort de Culianu, nous devons nous rappeler un autre événement, cette fois associé à son professeur. C’était un moment où Mircea Eliade, lors de l’écriture des multiples volumes de son Histoire des idées religieuses, a atteint la période décrivant l’apparition de la modernité et le développement religieux de la civilisation occidentale du XVIe siècle à nos jours. À son domicile de Chicago en 1984, un incendie a détruit une grande partie des sources et documents rares de cette période. Ne s’étant jamais remis de cette perte, Eliade est mort deux ans plus tard, sans avoir terminé le dernier travail de sa vie. Cinq ans plus tard, c’est la vie de l’étudiant engagé précisément dans ces problématiques, dont la vie a été écourtée. 

 

Culianu a consacré sa vie à l’histoire religieuse secrète de l’Occident. Il ne fait aucun doute qu’il savait beaucoup de choses, et peut-être a-t-il semblé qu’il en savait trop. (...)»

 

Alors qu'est-ce qui se cache derrière tout ça ? Difficile à dire, mais l'article fournit sa propre piste en explorant la relation la magie et la puissance. La puissance c'est à dire... le pouvoir dans tous les sens de ce terme, et plus particulièrement ici, comment obtenir et conserver le pouvoir par la « magie ». La Grande Manipulation.

 

De par ma propre expérience ainsi que par des échanges avec d'autres pratiquants chamaniques, je ne peux qu'abonder dans le sens de l'idée qui suggère que la magie, et l'érotisme dans la magie, ont plus à voir qu'on ne le croirait avec la société moderne, plus particulièrement en occident. La notion même de pouvoir offre déjà en soi une problématique complexe, au niveau individuel déjà, et collectif ensuite. Observer comment des personnes cherchent à obtenir du pouvoir, ou au contraire à se priver d'un pouvoir qu'elles pourraient obtenir, ou possèdent déjà, est déjà très instructif sur la nature et la dynamique de la société humaine, mais laissons là ce développement qui risquerait d'être bien trop long.

 

« Pour Marsile Ficin autant que pour Bruno, toute la magie est basée sur l’Éros, y compris ce qu’on peut appeler la magie du social ou du politique. En outre, entre la magie et l’attraction érotique, il y a une similitude instrumentale; le magicien, comme un amant, note l’auteur, construit un réseau ou un piège autour d’un objet de son intérêt. L’art de l’amour ou de la séduction est structurellement similaire à la tâche du magicien. »

 

On ne saurait mieux dire. Maintenant, observons la relation de séduction que les politiciens entretiennent avec l'électorat, le fait que beaucoup sont des comédiens, des personnalités télévisuelles ou simplement des personnages télégéniques et photogéniques, et remarquons que la publicité est en soi-même une œuvre de séduction, un piège psychique dressé autour d'un public, et nous obtenons une étrange similitude entre cette description de la magie et la façon dont est organisée notre société : entièrement axée autour de la publicité, et de personnalités artistiques et politiques séductrices.

 

« Bruno met en avant un modèle qui se compose d’individus ou de masses manipulées, et le magicien ou le Grand Manipulateur utilise activement des filets et des pièges, et d’autres outils de liaison. La condition la plus importante, pour l’existence d’un tel système, est la connaissance des désirs humains. Bruno note que le fonctionnement d’un tel plan exige de la subtilité, que la tâche du manipulateur n’est pas directement de l’abrutissement ou de la propagande, mais de créer l’illusion de la satisfaction des besoins et des désirs humains. À cause de cela, il a besoin de connaître et d’anticiper les besoins, les désirs et les attentes de la société. »

 

Que font d'autre la publicité et les partis politiques ? Ils sondent le public, observent leurs réactions et s'ajustent d'année en année, de discours en discours, de média en média, pour perfectionner leur magie, la rendre de plus en plus efficace. Souvenez-vous des publicités des années 40 à 60 que l'on revoit encore maintenant dans diverses rétrospectives, avec leurs slogans grossiers, leurs ficelles évidentes. Comparez-les avec celles d'aujourd'hui, pleines de symboles, de mots tissés, d'images lissées... Comparez le franc-parler, le langage direct d'un De Gaulle (ou d'un Marchais, ou d'un Le Pen) avec les circonvolutions habiles et trompeuses d'un Macron.

 

Mais ceci n'est peut-être que la part émergée et perceptible de l'iceberg. Peut-être y a t-il bien plus, en dessous, car nos rues, nos logements, nos films, nos émissions de télé, nos vitrines, etc., sont pleins d'allusions subtiles qui emmènent certains dans des exégèses grossières et paranoïaques au demeurant sur les illuminati ou les franc-maçons, mais dont l'intuition générale n'est peut-être pas si fausse. Il suffit déjà de constater ceci :

 

« Peter Culianu dit que le système de magie érotique de Bruno vise à permettre à l’outil de contrôler les individus isolés et les masses. «Son présupposé fondamental est qu’un grand outil de manipulation existe – Éros dans le sens le plus général du terme: ce que nous aimons.» »

 

Puisque nous serions – et c'est pour moi acquis – manipulés par ce que nous aimons, inutile de recourir à une symbolique complexe ou à imaginer que tous les artistes sont d'une secte commune (ce serait beaucoup trop compliqué à organisé et à maintenir, alors qu'il suffit que tout le monde soit conditionné par les mêmes symboles, les mêmes croyances et valeurs communes pour qu'elles s'auto-véhiculent). Un exemple de ce genre de confusion est présenté ici :

 

https://francais.rt.com/international/47796-rihanna-fait-partie-illuminati-religieux-opposent-venue-chanteuse-senegal

 

Je reprends mon commentaire :

 

« La manipulation la plus réussie, dit Bruno, est faisable s’il est possible d’allumer un amour de soi manipulé, la philautie, l’égoïsme. Dans l’étude, nous avons trouvé sa description de l’amour comme «la relation la plus exaltée, la plus commune et la plus importante». Dans les formules magiques utilisées dans le livre de Bruno, l’amour est appelé «le grand démon» »

 

Si l'auto-amour, l'égoïsme, le narcissisme maladif est en effet atteint par l'effet d'une manipulation, nous avons là une assez bonne image du résultat de notre société moderne avec la séduction perpétuelle, mise en scène par les politiques, les acteurs et actrices au physique particulièrement séduisant pour le regard, dans les films, à la télé, dans les publicités, etc., ce qui au passage peut expliquer une certaine haine qui resurgit actuellement par effet miroir, de cette caste qui paraît privilégiée parce que bien payée, alors qu'elle est victime première de ce mécanisme, dns bien des cas. Mais je reparlerai de cela plus avant dans un autre article.

 

En attendant, je remarque que Giordano Bruno, lui aussi, résume cette chose complexe par l'expression « grand démon », comme un Philippe Grasset, plus haut, utilise le terme de « Diable » pour exprimer quelque chose qui semble dépasser l'humain dans le monde moderne, par ses effets dans ce monde. Ainsi, comme avec « Dieu », on résume en un terme ce qui échappe en partie au raisonnement, à la raison, même. Car les effets de ces causes semblent, dans leur ampleur à l'échelle de la masse, disproportionnée par rapport à leurs effets apparents à l'échelle individuelle. Or l'on sait que certaines pratiques occultes ont mis en évidence des effets décuplés dés lors qu'ils touchent plus d'un individu, comme par exemple les égrégores, mais on peut extrapoler cette logique à différents mécanismes collectifs tirant leur origine et leur puissance dans l'inconscient. Il est impossible de trancher et de dire qu'ils résultent d'une influence supra-humaine voire extra-humaine, mais on peut au moins s'aventurer à l'envisager.

 

Il faut aussi dire, pour terminer le commentaire de ce passage, à quel point l'amour est un sentiment hautement manipulé par le cinéma et l'art actuel. J'ai mis du temps à le remarquer, tout simplement parce que j'ai baigné dedans depuis tout petit et que cela me semblait naturel, puis la vie m'a forcé à remarquer que l'amour véritable n'a rien à voir avec ce qui est présenté de manière exalté dans les films de mon époque. Une autre indication qu'il y a quelque chose à l'oeuvre, que les artistes (auteurs et réalisateurs, ici) colportent de leur plein gré (je peux le dire puisque dans mes premiers travaux, j'étais le premier à relayer par mimétisme et par envie ce que j'avais constaté depuis mon enfance dans les livres et dans les films).

 

« La conclusion du traité de Giordano Bruno est que tout est manipulable, et que l’amour, comme la force qui imprègne le monde, est le seul outil possible de magie manipulatrice, tandis que l’imagination, et le contrôle de l’imagination à travers des images audio-visuelles, est une forme de pouvoir. »

 

Malheureusement je ne retrouve plus ce morceau de vidéo, mais je me rappelle avoir entendu Macron, à propos de je ne sais plus quel dilemme social, déplorer que telle attitude d'esprit de telle catégorie de population « entravait leur imagination ». Il faut comprendre par là, dans l'esprit d'un personnage rompu à la PNL et autres techniques de coaching, d'ailleurs inspirées de pratiques initiatiques diverses, qu'il n'arrivait par à manipuler l'esprit de certaines catégories de population, parce qu'elles étaient fermées à certaines idées. Intéressant aveu implicite qui n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd quand je l'ai remarqué, et qui s'applique parfaitement à ce que je viens de citer. L'imagination est un pouvoir, pour celui qui peut influer sur le désir d'un autre (ou le sien, même). D'où l'intérêt, non pas d'avoir une imagination trop fertile, mais d'avoir un bon exercice, une bonne maîtrise de sa propre imagination : l'imagination peut être utilisée comme un rempart aussi bien contre les idées reçues que contre les idées imposées... Sinon, on se fait imposer les idées provenues de l'imaginaire d'un autre... comme le fait la pub avec les masses... ou Macron avec la plèbe française trop mal éduquée sur ce plan et du coup, manipulable et manipulée. Car ce n'est pas le manque d'imagination qui ampute le désir des gens d'aller dans une certaine direction, c'est le manque de désir d'aller dans une certaine direction qui la fait refuser. L'erreur bête de Macron étant ici de croire qu'il a à faire à des gens dont l'imagination est bloquée. Faux, elle n'est juste pas stimulée. Par ailleurs, il est difficile de faire croire aux moins idiots que les promesses non tenues depuis des décennies finiront par l'être par quelqu'un qui a juste un sourire plus avenant, comme quoi, heureusement, il y a des limites à cette séduction, lorsqu'elle est trop grossière et trop présomptueuse. Mais il faut se réveiller, car le système continue de perfectionner sa dynamique manipulatoire, et il pourrait trouver la faille, si nous ne développons pas les boucliers adaptés. Je parle d'une sorte d'auto-défense, non seulement intellectuelle mais aussi mentale au sens large (émotionnel, spirituel, psychique, intellectuel, imaginaire).

 

« Il est particulièrement important que, selon Bruno, le manipulateur soit absolument indifférent à toute influence extérieure, et donc à toute forme d’amour, y compris l’amour de la bonté, de la vérité, ou même du mal. »


D'où l'intérêt du pouvoir pour les égocentriques, les pervers, les psychopathes, etc. On ne manipule jamais « positivement », mais toujours pour obtenir un bénéfice (par exemple l'assentiment de l'autre en lui faisant croire que c'est dans son intérêt). Sinon pourquoi se fatiguerait-on ? L'altruisme lui-même a souvent pour but de se concilier autrui, lorsqu'on y regarde de près, et je dis ceci sans excès de cynisme. Il faut seulement être lucide et réaliste pour pouvoir épurer nos propres tendances à manier les autres tout en se le cachant. Question de sagesse.

 

La fin de l'article reprend les explications données pour terminer son raisonnement. Il y est notamment question de la division pour rendre le pouvoir plus efficace et moins attaquable, ainsi que de la question du contrôle remplaçant la soumission stricto-sensu. Vient enfin cette question cruciale :

 

« Est-ce que le monde moderne est vraiment laïque ? »

 

Pour moi, la réponse est dans la question et est bien évidemment négative. Sans rentrer dans les détails, il suffit de voir comment toutes les structures humaines se re-hiérarchisent quasi automatiquement dans un schéma avec meneur et suiveurs, dogmes et tabous, totems et croyances, et de constater comment, en fait de débat argumenté pour établir ou discuter de ces choses, dominent en fait le terrorisme intellectuel et des manipulations plus subtiles à base de biais émotionnels, instinctifs ou intellectuels pour enfermer les croyants dans une attitude de suiveurs qui croient être éclairés, critiques, cultivés, ce qui légitime d'autant plus leur posture dogmatique à l'intérieur de leur institution, pour la plupart, posture en réalité soumise, nécessaire pour exister et se maintenir dans le groupe.

 

Autrement dit, la structure religieuse domine dans presque tous les groupes humains, si ce n'est, en fait, absolument tous.

 

Aussi, je ne peux pas terminer ce commentaire sans noter cela :

 

« La société moderne est une société dans laquelle règne le culte de l’égoïsme et de la gratification sensuelle. Et, oui, l’énergie sexuelle est stimulée, sublimée et manipulée, de telle manière dans la société que celle ci est imprégnée de sensualité et de sexualité, une société qui hurle sur elle-même et établit l’égoïsme comme norme sociale. »

 

Certaines personnes plus observatrices ou plus réceptives à ces stimulus, ou encore plus objectives et plus lucides vis à vis de ceux-ci et de ce que cela suscite en eux, s'en seront forcément rendus compte, et peuvent même apprendre à en jouer (pour s'en distancier, ou de manière plus manipulatrice). Mais pour la majorité, c'est juste le monde normal, et comme ils ne perçoivent pas la racine du mal, ils attribuent les problèmes qu'ils constatent à une lame qui dépasse de la surface comme la pointe de l'iceberg et se focalisent totalement dessus. En disant cela, je pense notamment à certaines manies qui consistent à résumer le problème à la présence de quelques psychopathes au pouvoir, ou encore se focalisent sur le problème de pédophilie, à vrai dire même le féminisme extrême ou le réchauffisme qui simplifient à outrance les problèmes de notre société en ne choisissant d'en voir que la manifestation qui les dérange plus particulièrement (ou qu'on leur a appris à détester plus particulièrement) relèvent dans une certaine mesure de cela. Il n'y a pas ou très rarement de prise de conscience d'un problème dynamique global, qui trouve sa racine dans des techniques manipulatoires de masse, amplifiées globalement par la télé. Alors on peut vouloir plus d'égalité entre les femmes et les hommes, on peut vouloir abolir la tyrannie de la sensualité dans les médias ou, au contraire, vouloir plus de liberté sexuelle, ou bien on peut accuser de tous les maux une caste de dirigeants certes psychopathiques (et ignorer ou renier la part de responsabilité de la masse, se laissant bercer et berner par les divertissements et la propagande) mais le point commun à toutes ces postures idéologiques est qu'elles sont borgnes et impotentes, divisées entre elles, chacune luttant les unes contre les autres. Il n'y a en effet pas de cause commune, car chacun choisit de s'obnubiler d'un problème en particulier, de manière tout à fait irrationnelle, ce qui signe l'empreinte d'un esprit manipulé.

 

Je termine juste par la conclusion de l'article. Chacun décidera pour lui-même s'il peut ou non y avoir quelque chose de supra-humain dans tout cela, à un moment ou un autre de cette dynamique :

 

« Avec raison, la société moderne peut ainsi être appelée la société magique, ou la société du Grand Manipulateur, si nous connectons les positions et les conclusions de Giordano Bruno, les données de la sociologie moderne, et une simple observation ordinaire de la réalité sociale environnante. Est-ce une coïncidence? Peut-être y a-t-il un lien direct entre la situation actuelle et le travail de Giordano Bruno. Peut-être que le travail de Bruno est un symptôme révélateur de la trajectoire générale du mouvement de l’esprit occidental. Le fait est que cette personne, en tant que philosophe et magicien, a toujours attiré l’attention de toutes les organisations occultistes de l’Occident qui, revendiquant la plus haute connaissance, réclament également le pouvoir. »

 

 

Posté par Seilenos à 20:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 janvier 2018

Sortir de la mentalité victimaire de masse

 

Tandis que progresse une certaine idéologie extrémiste fortement imprégnée de puritanisme dans nos pays dits "ouverts et démocratiques", il m'a semblé opportun, suite à la lecture de certains articles et à certains échanges verbaux que j'ai pu avoir récemment, d'aborder de manière plutôt frontale la question d'une certaine mentalité victimaire qui va de paire avec cette tendance.

 

Alors qu'il est devenu un cliché absolu sur certains sites alternatifs de pointer la perversité du pouvoir, ceci est presque toujours fait d'une manière borgne qui occulte plusieurs aspects de la problématique, permettant de se défausser de toutes ses responsabilités sur les détenteurs du pouvoir, tout en évitant d'aller au fond des choses, ce qui permettrait pourtant de se donner une chance de briser la dynamique négative dans laquelle s'enferme la société occidentale, en proie à ses fantômes les plus obsédants, alors même qu'elle essaye de tenir à distance une sorte de retour à un état primordial par une sorte de mythologie moderne établie et défendue par un clergé qui n'est pas moins corrompu que le reste de la société.

 

Je m'engage dans cet article dans un exercice d'équilibriste qui sera bien difficile à tenir, car pour avoir eu certains échanges hors-blog sur certains des points que je vais aborder dans cet article, je suis de plus en plus convaincu que l'ensemble de la société est réellement et profondément intoxiquée par cette bien-pensance et cette mentalité de mouton apeuré et timoré, et que rien ne va s'arranger de sitôt dans ce domaine.

 

L'un des aspects de la problématique que je souhaite aborder est parfaitement illustré par les propos de cet article que je me dois de commenter pour introduire ce que j'ai à dire :

 

https://fr.sott.net/article/31721-La-perversite-comme-modele-de-pouvoir

 

 

Un portrait type, au demeurant assez lacunaire et quelque peu caricatural du pervers nous est d'abord fait.

 

Puis s'ensuit une liste des conséquences sur l'organisation de la sphère dans laquelle agit (agissent) le(s) pervers.

 

Dans le passage suivant, je mets en gras des extraits qui me semblent importants.

 

« Les aspects contractuels permettent au pervers de toujours contrôler, mais également d'assouvir son désir de créer de nouvelles règles, de nouvelles lois, qu'il prendra plaisir à enfreindre, et qu'il sera toujours susceptible de modifier au gré de ses pulsions, en dépit d'une certaine psychorigidité dans la régence, dans l'ordonnancement. (…)

 

La société perverse : Globalement, on y trouve notamment l'omniprésence des contrats dans le cadre de toute interaction sociale, la transcendance de sa justice, et un impérialisme guerrier à connotation culturelle et cultuelle. »

 

Notons donc la notion de contrat et la propension annoncée à enfreindre les règles créées.

 

Dans la conclusion qui énumère les conséquences de cette forme de perversité sur la société, je retiendrai celles-ci :

 

« - une criminalité sans frein à l'image de l'enfermement des puissants dans une jouissance crapuleuse.

- le contrôle des médias.

 

- la "vulnérabilisation" de la majorité de la population.

 

- un désinvestissement de la majorité pour la politique et le fonctionnement de la démocratie.

 

- la généralisation de pathologies telles que la dépression, ou l'hystérie

 

- la surveillance permanente de chaque citoyen

 

- la constitution pléthorique de lois, de règlements afin de contrer l'anomie.

- le renforcement du pouvoir de la police et de l'armée en réaction à l'accroissement de la détresse sociale et de la généralisation de la violence.

 

- une gabegie économique généralisée, voir une dépression.


- l'abolition de valeurs fondamentales telles que l'ordre des générations, les rites d'initiation et d'intégration. »

 

 

Certains points peuvent se discuter et j'ai supprimé les points avec lesquels je suis relativement ou totalement en désaccord, à vous de les retrouver dans l'article original.

 

On a donc une peinture au demeurant assez juste mais surtout assez simpliste et totalement à charge : dans un grand nombre d'articles de ce site et j'en ai déjà parlé, les gens de pouvoir sont décrits comme presque invariablement pervers, puisque le pouvoir concentre la perversion et donc les pervers, ce qui n'est peut-être pas totalement faux mais demeure une généralité qui n'aide pas à y voir clair, quand on remarque que, même dans les systèmes les plus sadiques et les plus pervers, les personnes les plus « normales » et les plus conformes sont mises à contribution pour le fonctionnement du système (voir l'expérience de Milgram sur ce point, notamment). Avec une description aussi monolithique, à laquelle vient s'ajouter cet article (on en trouvera d'autres exemples sur leur site et dans les analyses de mon blog) on aboutit à une vision nécessairement simpliste et déformée qui occulte tout un pan du problème.

 

Il me faut maintenant passer par une digression, avant d'en venir au cœur de mon propos.

 

 

 

 

Mes lecteurs savent que je ne prône pas l'activisme, qui est pour moi l'assurance d'errements sur le plan spirituel et le plus sûr chemin pour renforcer les tares de la société actuelle, mais en revanche une simple attitude lucide et responsable, synonyme de discernement et d'autant de sérénité que possible face aux événements qui secouent la société occidentale actuelle.

 

En suivant ce principe, il est bien entendu que mon propos n'est pas ici d'accuser qui que ce soit, et encore moins de donner des leçons de morale, dans un contexte où, précisément, la morale est détournée et perverti. Je suis en revanche une ligne qui consiste à essayer de dire en toute situation une vérité toute crue là où j'ai largement constaté chez beaucoup de mes contemporains une réponse tout à fait à mon sens inadaptée et néfaste à l'idéologie totalitaire rampante qui est en train de se renforcer. Cette réponse consiste largement à se conformer à l'injonction implicitement faite aux gens à ne pas enfreindre certaines limites, notamment avec des propos qui pourraient flirter avec le « conspirationnisme ». Ainsi, pour avoir constaté cela in vivo, je suis désormais moins surpris que 80% des français se disent favorables à la politique annoncée par Macron à propos des « fake news », qui consiste ni plus ni moins en un retour de la censure.

 

Une version étonnamment efficace de « 1984 » se met en place, avec l'assentiment de beaucoup qui, d'un côté critiquent la montée d'un féminisme extrême et d'une pression mise sur l'humour, et qui, d'un autre côté et d'un même mouvement, pratiquent l'autocensure dès qu'il est question de pousser au bout une certaine pensée qui amène nécessairement des conclusions dérangeantes, nourrie par certaines illusions tenaces à propos du pouvoir et de la justice. Ceci est d'autant plus pervers que cela va de pair avec la critique de la perversion du pouvoir telle qu'on l'a lue dans l'article précédemment cité et commenté.

 

Il faut que je dise certaines choses : la prudence n'est pas synonyme de timidité, et le doute ne doit pas se muer en prétexte pour interrompre une réflexion avant son terme, sous prétexte qu'on manquerait d'éléments. Ce n'est pas qu'on manque d'éléments, c'est qu'on se refuse à les regarder en face, à les considérer franchement dans une réflexion ordonnée et à conduire cette réflexion jusqu'à un terme, probablement parce qu'on préjuge inconsciemment ce terme trop dérangeant. A cette histoire de « bénéfice du doute » que l'on veut bien accorder en toute circonstance et qui à mes yeux s'apparente plus à une forme de paresse intellectuelle dans ce cas, moi je réponds par « l'intime conviction » face à des sujets que j'ai étudiés et sur lesquels, sans aller jusqu'à affirmer des certitudes que j'ai pas, je ne vois pas l'intérêt de pratiquer la demi-mesure. Je ne suis pas un professionnel du droit et des médias, et au delà d'un certain devoir, certes, de prudence et de mesurer mes mots, je ne m'estime pas de devoir de réserve.

 

Ainsi il est intéressant que d'un côté certains mènent une critique de la perversité quasiment inhérente au pouvoir, et plus particulièrement le pouvoir moderne, tandis qu'ils se refusent à mener leur réflexion jusqu'à sa conclusion la plus probable.

 

Ainsi, moi qui ai toujours réticence à aborder des sujets aussi difficiles et chargés comme la mal nommée « pédophilie » (quand on parle en fait dans ces cas presque toujours de pédocriminalité c'est à dire de sadisme, de trafic et de viol, voire de meurtre), j'ai récemment eu un échange sur l'affaire Dutroux où, après qu'on m'ait concédé qu'en effet, la justice et le pouvoir étaient certainement très corrompus d'une manière général, un étrange recul lorsque j'ai affirmé que pour moi, Dutroux, tout coupable qu'il était, avait servi de bouc-émissaire. Et d'argutie en argutie pour tordre mon propos en prétendant que la stratégie du bouc-émissaire ne peut rien à voir avec cette affaire.

 

Je ne veux pas m'engager dans un discours sur cette affaire en particulier, mais juste saisir cette occasion pour justement illustrer mon thème sur la perversion du pouvoir et une certaine forme de complicité plus ou moins passive d'une majorité du peuple dans ce statu quo, précisément préservé dans cette affaire par la condamnation du bouc-émissaire Dutroux qui, et c'est tout ce que je voulais dire, n'était qu'une tête à couper pour permettre à toutes les autres de rester bien en place sur leurs cous.

 

Alors puisqu'il est entendu que les personnes avec qui j'ai eu cet échange sont honnêtes et intéressées par la vérité, du moins je le présume, et que ce n'est ni par paresse ni par lâcheté qu'elles n'ont pas voulu me suivre dans mon propos, malgré les arguments avancés, elles auront alors sans doute beaucoup d'intérêt à lire l'article qui suit et que je ne commente pas. L'essentiel y est dit, et pointe bel et bien vers d'étranges bien qu'à mon sens pas du tout étonnantes complicités dans les hautes sphères du pouvoir, étouffées de bien des manières possibles.

 

https://reseauxpedocriminels.wordpress.com/2015/10/24/laffaire-dutroux-et-le-reseau-de-notables-qui-nexistait-pas/

 

 

 

Où est-ce que je veux en venir ?

 

Venons-en aux faits.

 

Constatons un simple fait : la critique du pouvoir est menée par ceux qui n'ont pas le pouvoir.

 

De là, et si l'on voulait tomber dans le même simplisme que beaucoup trop de ces critiques du pouvoir qui tombent dans une psychologisation assez schématique, on pourrait se borner à en conclure que ce sont des jaloux, point final.

 

Et ce n'est peut-être pas totalement faux, quand je vois comment une majorité, finalement, dénonce le pouvoir tout en se conformant à ses moindres injonctions, ce qui indique un respect assez paradoxal du pouvoir, et un rapport assez ambivalent qui pointe bien vers une certaine forme de jalousie.

 

Mais c'est bien pire que cela. Pour avoir déjà pas mal exploré ce sujet sous son angle principalement psychosociologique (ma vocation ratée, j'imagine), je serais plutôt tenté de chercher une explication à la fois plus complexe et plus profonde, donc efficace et tenace car solidement ancrée, dans des intrications psychologiques, instinctives et émotionnelles qui se tissent à partir des deux bouts de l'ensemble social : d'un côté les dominants, de l'autre les dominés, chacun participant à cette perversité d'ensemble.

 

Cela déborde bien sûr le cadre d'un article de blog pour tenir plutôt du sujet de thèse voire d'ouvrage spécialisé en psychosociologie, mais je voudrais au moins esquisser une peinture de ces deux versants.

 

 

Le versant des dominants

 

Ici, on l'a déjà dit, les analyses ne manquent pas. J'ai souvent dénoncé leur simplisme et leur subjectivisme sur ce blog, et je ne reviendrai pas sur des liens déjà partagés, préférant aller de l'avant et examiner toujours des propos si possible nouveaux, car c'est de la pensée toujours en mouvement, se servant si possible du savoir acquis pour l'améliorer, que devrait surgir un savoir plus pointu, et en la matière je fais avec ce que je trouve (non, ne comptez-pas sur moi pour éplucher de tristes ouvrages universitaires sur ces sujets).

 

Or justement, une idée a refait surface récemment, qui rejoint pas mal certains développements de mon blog, et je l'ai retrouvée dans différents articles. Vous allez voir où je veux en venir. Voici :

 

http://www.dedefensa.org/article/the-shining-city-upon-a-hill

 

« Certes, on constate “ce genre de psychologie” aussi complètement folle, absurde, et l’on s’interroge sur son moteur, sur sa cause profonde. Je crois qu’en donner une explication disons pathologique ne suffit pas, même si l’on trouve là la description mécanique, organique de la chose. Il y a bien plus, il y a une cause fondamentale qui est d’origine symbolique et pleine d’un mysticisme mercantile, qui renvoie aux racines mêmes de la croyance religieuse qui sous-tend toute l’organisation de la vision du monde que l’Amérique porte en elle-même, – et “vision du monde” signifiant “vision d’elle-même”. Les références ne manquent pas, la principale et celle qui résume tout étant la fameuse citation reprise régulièrement par l’un ou l’autre à la moindre occasion, et notamment par Reagan aussi bien lors du discours de son élection en 1980 que dans son discours d’adieu de 1989, sur “The Shining City Upon A Hill”, la citation du sermon de 1630 du Puritain John Winthrop, lui-même reprenant la parabole de Jésus dans “le Sermon sur la Montagne” (Matthieu, 5-14). Ainsi tout est-il dit et l’Amérique, ses corrompus, ses milliardaires, ses gangsters, ses terroristes, ses nettoyeurs ethniques, ses massacreurs universels, ses destructeurs du monde, ses escrocs et ses grigous, ses pirates et ses menteurs, ses bonimenteurs et ses usuriers, ainsi l’Amérique est-elle définitivement fixée dans sa psychologie comme étant une création de Dieu, sans autre instruction et autre incitation que ce lien divin. »

 

Ici, le propos porte plus particulièrement sur « l'Amérique », mais je crois précisément que cette Amérique est un excellent sujet à étudier pour y retrouver les origines de ce mal dont il est question, et qui est défini ici comme ayant une nature religieuse, bien plus que simplement pathologique, que simplement le produit d'un rassemble extraordinaire de cerveaux malades. C'est que pour en arriver au résultat qu'on observe aujourd'hui, il ne suffit pas, en effet, d'une organisation psychique défectueuse : il y faut aussi un genre de corpus de croyances.

 

Ce qu'on voit dans « l'Amérique », Amérique comme phare des « valeurs modernes », on l'observera naturellement dans toutes les autres régions conditionnées à suivre les « valeurs américanistes ».

 

« Peut-on encore s’étonner, dans ce contexte, qu’ils aient le comportement qu’on leur voit ? L’Amérique est cette “cité brillante sur la colline”, c’est la maison de Dieu sur terre. Partout sur terre, les américanistes sont chez eux sans en faire partie le moins du monde, puisque l’Amérique est chose divine et que le monde ne peut que s’américaniser, c’est-à-dire devenir Amérique et ne plus être de ce monde. Ils ne souffrent aucune entrave dans leur action, ce qui justifie pleinement leur indifférence méprisante pour la légalité internationale et le rangement ordonné des relations internationales. »

 

Où l'on retrouve effectivement le mépris des « pervers » désignés plus haut pour les lois qu'ils érigent eux-mêmes, lorsqu'il est question qu'eux s'y conforment : le conformisme, c'est pour les autres, pour ceux qui se soumettent. De là, le passage le plus percutant du texte, sans doute :

 

« L’exceptionnalisme américaniste n’est pas une idéologie, c’est une théologie. Leur singulière demande de concessions aux Russes pour rétablir de bonnes relations, alors qu’ils sont partout sur la défensive et qu’ils vont de déroute en déroute, s’explique évidemment par ceci que la moindre entrave imposée aux États-Unis n’est rien de moins qu’un défi lancé à Dieu et une insulte sacrilège qui Lui est faite. Il en faudra pas mal, de concessions de la part des Russes, comme par exemple de ne plus exister, pour que Dieu leur pardonne leur attitude insensée et permette la reprise de telles relations. (Reprise pour reprise, voici celle du mot de l’ancien chef du renseignement soviétique Chebarchine : « L’Ouest [l’Amérique] veut seulement une chose de la Russie : que la Russie n’existe plus») »

 

 

Quelques jours après, sur le même site, autre auteur, le thème de la théologie refait surface :

 

http://www.dedefensa.org/article/davos-et-la-montee-sinistre-des-manipulateurs-de-symboles

 

« Le développement forcé et forcené de l’informatique depuis deux générations a abouti à la création d’un Etat postmoderne renforcé, plus totalitaire et espionnant que jamais ; et à l’émergence d’une surclasse de manipulateurs de symboles, un nouveau clergé planétaire dont les riches et les plus puissants se réunissent en Suisse pour voir comment contrôler et soumettre le troupeau de viande - pour parler comme William Gibson - qui inquiète par son nombre et sa consommation, l’élite écolo et friquée de la planète perdue. J’avais marqué la distinction dans mon livre sur internet entre les techno-serfs et les techno-lords que le monde virtuel, le monde de la richesse et de l’apparence recréait sur un fond de mysticisme techno et de féodalisme retrouvé. (…)

 

 On distinguera donc une élite cléricale moyenne, (les 20% dont parle Reich qui sont moins maintenant en Europe ou en Amérique, car eux aussi on les remplace par l’externalisation techno et l’automation) et une élite cléricale monstrueuse, celles des dominateurs des symboles, qui aujourd’hui, rappelait un commentateur antisystème, remplacent le Christ, non seulement en tant que classe qui fait le bien, mais qui est le bien en tant que tel. Disons-le nûment :on (c’est ce que font tous vos portails internet matin midi et soir) adorera leurs milliards parce que leurs milliards sont et font le bien, parce que leurs milliards sont Dieu. L’opium distribué sous forme de news russophobes en bandeaux, de jeux vidéo ou de couplets people suffit à calmer presque tout le monde. »

 

Et encore, sur un autre site, et dans un autre thème, ce qui montre que des auteurs différents prennent de plus en plus la mesure religieuse de cette montée de l'hystérie, de la censure, de la pensée toujours plus unique comme l'est « Dieu » :

 

https://www.les-crises.fr/pascal-boniface-et-la-destruction-intellectuelle-massive-par-richard-werly/

 

« «Je suis accusé de ce que je considère comme détestable au plus haut point», prévient-il dès les premières lignes. Avant d’ouvrir le débat: «Comment en est-on arrivé là? Comment un universitaire français peut-il être accusé, en dehors de toute réalité, d’un des plus graves crimes intellectuels

(...)

«Oui, le débat dérape constamment en France dès qu’il est question de l’islam, des musulmans et des juifs», explique l’éminent sociologue dont les grands-parents furent déportés à Auschwitz et y trouvèrent la mort. «Oui, poursuit-il, une violence verbale, particulièrement menaçante, peut s’exercer en France sur quiconque s’autorise à critiquer la politique de l’Etat hébreu. Oui, des acteurs engagés, intellectuels, militants, responsables institutionnels juifs, préfèrent la disqualification de l’adversaire politique au débat argumenté.»

(...)

après la publication de son livre Est-il permis de critiquer Israël?, qui mit le feu aux poudres: «La colère semblait empêcher toute réflexion, raconte-t-il dans Antisémite. (...)

(...)

Cette mécanique du discrédit est fascinante. L’on voit bien comment, aujourd’hui, elle s’est refermée en France sur le débat autour du harcèlement sexuel et des prises de position sur le sujet de certaines femmes célèbres.

(...)

L’anathème l’emporte. Certaines tribunes médiatiques ne sont plus faites pour exprimer un point de vue, mais pour clouer au pilori. »

 

La chose n'est pas clairement dite mais elle transpire à travers le choix du vocabulaire. Crime intellectuel, anathème, pilori... Il s'agit bien de crime contre la pensée, de blasphème, et comment s'étonner que cela surgisse plus particulièrement quand on aborde des thématiques religieuses autour du judaïsme ou de l'islam, puisque le substrat de cette mentalité n'est autre que religieux ?

 

Il y a bien une « élite » qui s'est érigée en néo-clergé de la pensée unique, de la bien-pensance, et qui édicte des lois, des préceptes moraux, tente de gouverner les comportements, y compris dans le domaine des relations, de la sexualité, de la pensée, et qui mène ses croisades physiques comme morales. Cela va beaucoup plus loin que la simple association de malfaiteurs ou que la simple tendance psychopathique : il y a une velléité de contrôler jusqu'aux comportements et jusqu'aux idées.

 

 

Le versant des dominés

 

Ici, nous sommes quasiment en terra incognita. Puisque nous serions dirigés par des fous et des pervers, le compte est soldé, nous n'y sommes pour rien, nous ne sommes que pures victimes.

 

Vraiment ?

 

C'est que pour que les dominants règnent sur des dominés, encore faut-il que ceux-ci se soumettent, ce qui concrètement signifie se conformer aux diktats imposés, aux comportements préconisés, accepter la censure, la manipulation, le désordre, la gabegie, éviter les comportements interdits, éviter les sujets interdits, éviter les accusations qui relèvent de l'anathème : crime contre la pensée, « conspirationnisme ». En somme, à l'heure actuelle, on marche sur des œufs puisqu'on ne sait plus trop si on aura encore le droit d'aborder une femme ou de plaisanter sur les belges ou les « ritals », vue la progression fulgurante de la mentalité censoriale qui s'installe.

 

La question est : pourquoi se soumet-on à une caste que l'on a observée et définie comme « pourrie », « perverse », « psychiquement malade » ?

 

La réponse est : parce qu'on y trouve des avantages.

 

Une réponse plus fine serait sans doute qu'en définitive, nous percevons comme parfaitement légitime une caste dominante qui se définit par la perversité, spécialement si elle se présente comme une autorité néo-cléricale.

 

Et comme nous acceptons le principe d'être dominés par des pervers qui instaurent des règles qu'ils ne respectent pas, nous sommes même prêts à les imiter – pour démontrer sans doute notre soumission dans l'espoir d'abaisser le niveau d'hostilité – en nous infligeant à nous-mêmes de nouvelles contraintes iniques qui ne viennent même pas du pouvoir.

 

Ici, Orlov nous remet un peu les idées en place à propos de la théorie du genre et de l'hystérie qui l'accompagne, hystérie qui, rappelons-le, provient du puritanisme à l'américaine qui, lui-même, est une émanation de principes religieux : nous y revoilà.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/01/lhysterie-du-gender-et-ses-failles.html

 

Ainsi, dénaturer les rapports entre humains, ce qui a toujours été une prérogative des religions, avec leurs exigences au mariage (souvent arrangés historiquement, comme on le sait), revient à la mode sous la pression de l'idéologie puritaine. Et ceci ne vient même pas du pouvoir, qui ne fait qu'accompagner le mouvement comme en Suède, où l'on est en train de mettre en place ce que j'avais récemment évoqué, sans trop croire que cela viendrait si vite, à savoir, des contrats de relation sexuelle (repenser à la notion de contrat soulignée plus haut) :

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/26/la-suede-veut-renforcer-la-legislation-contre-le-viol-par-negligence_5234524_3214.html

 

Une absurdité sans nom, totalement ahurissante mais hélas prévisible, que je ne me fatigue même pas à commenter. J'espère seulement que sa mise en place permettra de détecter les dégâts sociaux énormes que cela risque de causer avant que cela ne se répande trop.

 

Accroître les divisions est bien sûr un objectif de tout gouvernement « machiavélique » qui se respecte et là on peut les applaudir puisque cette hystérie n'a même pas eu besoin d'eux (Weinstein n'a servi que d'allumette dans un hangar déjà plein de fioul qui était prêt à exploser dans le cntexte actuel) pour tourner à une sorte de guerre des sexes parfaitement consternante, mais servant leurs intérêts.

 

 

Bref, les dominés créent eux-mêmes les conditions de leur propre domination, en s'enfermant dans une mentalité victimaire, et en se défaussant de leurs responsabilités sur une caste dominante dont c'est la fonction symbolique.

 

Le cercle vicieux est fermé, et chacun y a sa part de responsabilité, fut-celle de refiler la sienne à d'autres, pour pouvoir ensuite se plaindre impunément de sa condition de dominé, certes bien encouragée par ceux qui se proposent d'endosser ce « fardeau » qui n'est rien de plus que symbolique, et n'engendrera même pas de risques judiciaires, puisque ces gens organisent leur impunité, avec notre assentiment, notre passivité.

 

Tout ceci n'est qu'un constat, bien triste au demeurant, pas une accusation pour accabler les dominés dont je fais partie, mais dont le but est de secouer un peu cette conscience de victimes et de soumis qui m'exaspère, que je constate partout autour de moi avec cette timidité caractéristique à aller sur les terrains interdits par les « dominants », et dans laquelle je ne me reconnais pas.

 

Il y a que cette attitude favorise la domination, nourrit un dualisme et encourage des torts dont on n'accuse que les dominants. Pour sortir des dogmes et de l'idéologie néo-religieuse actuelle et de l'oppression qui pèse sur nous, il ne suffit pas là non plus de décrire le caractère psychopatholgique de ceux qui nous oppressent. Il y faut aussi un travail spirituel de distanciation, de compréhension profonde, qui permette d'arrêter d'alimenter un processus dans lequel nous jouons à part entière un rôle qui nous défavorise tous (car à terme, une société perverse et malade ne profite plus à personne).

 

Il faut dont sortir de ce bête constat victime versus bourreau, cesser de nous définir, de nous déterminer et de nous comporter systématiquement en soumis et en victimes, alors que c'est inapproprié la plupart du temps. Encore faut-il le voir. Être obéissant n'est pas une vertu en soi et en toutes circonstances, même si cela est incontestablement utile à un certain degré d'ordre social. Maintenir l'ordre social d'une société malade et démente, c'est participer à cette démence, non seulement lui donner son assentiment mais y participer, la nourrir, la renforcer.

 

Je ne dis pas qu'il faille provoquer le chaos. Je parle bien d'une attitude qui relève de la spiritualité et de la conscience, ce qui nécessite par exemple de comprendre certains des ressorts de la domination.

 

Par exemple, réfléchir à la notion de punition, notion très simple qui est souvent à la base de la domination, et que, dans nos sociétés, nous assimilons parfois un peu trop facilement à la justice (alors que ce n'est qu'une des options à la disposition de celle-ci et à l'instauration d'une société meilleure, et justement pas toujours la meilleure option).

 

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/punir-une-passion-contemporaine-200487

 

C'est sur cette réflexion en suspens, qui mériterait encore d'être développée (ai-je dit que la posture victimaire était bien sûr précisément celle dont on se sert pour justifier l'hystérie féministe du moment ou encore la condamnation de tout propos polémique portant sur Israël par exemple ? On voit les torts que cette posture peut causer, intellectuellement parlant...)  et qui doit faire son chemin que je vous laisse, non sans rappeler avant cela ce qu'est un « triangle de Karpman ». Un processus psychosociologique assez simple qu'il serait profitable qu'un maximum connaisse, pour déjà éviter certains pièges évidents et courants, certaines divisions dans lesquelles nous glissons trop facilement, et qui rentre parfaitement dans cette réflexion sur la mentalité victimaire, ou la victime a finalement le beau rôle, puisqu'elle peut s'y complaire sans honte ni courage...

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_dramatique

 

Et encore un dernier lien assez savoureux, pour la route, puisqu'on parlait de 1984 et donc de réécriture de l'histoire au nom de "valeurs" parfaitement arbitraires et temporaires :

 

https://www.les-crises.fr/le-totalitarisme-tranquille/

 

 

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