L'Oeil du Selen

11 février 2019

Revue etc. N°44 - Venezuela, autoritarisme, censure, idéologie dominante et autres verrouillages anti-démocratiques

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°44

 

Nouvelle revue ce mois-ci, où j'éviterai de trop parler des gilets jaunes, pour faire plutôt un tour d'horizon de ce que j'ai pu remarquer en terme de manipulation médiatique, sans exhaustivité aucune, en dehors de ce thème. Mais il en sera forcément aussi question, au moins par ricochet, puisque forcément, de nombreuses contorsions liées ont pu être observées autour de cela...

 

Donc comme j'ai laissé pas mal de temps depuis la dernière revue (je suis en procès jusqu'à aujourd'hui contre un propriétaire véreux et ça m'a bien bouffé l'esprit) il y aura aussi pas mal de choses un peu en vrac pour rattraper le retard et ne pas faire trop d'articles subsidiaires, donc commençons, et commençons avec le cas du Venezuela.

 

https://francais.rt.com/france/58404-venezuela-interrogations-que-suscitent-position-francaise

 

Donc il faut encore recourir à Radio-Poutine, hélas l'une des seules sources d'information journalistique de qualité qui s'est glissé dans le paysage d'une presse française dévastée par les collusions et des décennies de glissement hors de son rôle de quatrième pouvoir, pour lire des choses un tant soit peu décentes sur le sujet.

 

Sur les-crises, on trouve également d'autres sons de cloche, que certains accusent d'être instrumentalisés ou de l'ordre de la traîtrise, mais je cite tout de même, pour que chacun ait les éléments pour en juger.

 

https://www.les-crises.fr/2016-venezuela-douglas-bravo-troisieme-voie-maduro-detruit-leconomie-et-la-souverainete/

 

Au milieu de la quasi unanimité de l'UE (brisée par l'Italie) sur le sujet du Venezuela qui fait de toute évidence l'objet d'un coup d'état américaniste, on oublie trop souvent de rappeler que le Venezuela est souvent considéré comme l'un des systèmes démocratiques les plus fiables et les plus transparents du monde, en dépit des accusations de dictature ou de république bananière provenant de pays tels que la France qui emprisonne et brutalise les opposants au pouvoir, avec des abus notoires qui ont été relevés dans notre beau pays.

 

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-anselme/blog/071012/venezuela-une-des-democraties-les-plus-avancees-du-monde

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_au_Venezuela

 

Je cite : « Pour l'ex-président américain Jimmy Carter, qui s’emploie désormais à surveiller les processus électoraux dans le monde à travers sa « Fondation Carter », le Venezuela posséderait « le meilleur système électoral au monde » notamment en raison de son système de vote électronique3. »

 

 

Y a-t-il vraiment besoin d'ajouter quoi que ce soit ? Rien sinon peut-être que cette élection a eu lieu il y a 8 mois et que c'est seulement maintenant que l'agitation médiatique et politique se fait, donc forcément non pas dans une impulsion d'idéalisme démocratique spontanée, mais bien en fonction d'une quelconque et soudaine nécessité politique de déstabiliser ce pays aux ressources abondantes et à l'orientation politique plutôt à gauche et anti-américaine depuis des années...

 

 

Médias et idéologie dominante

 

Récemment, on a vu que le mouvement des gilets jaunes a encouragé le gouvernement à s'engager encore plus loin dans son idéologie qu'il est désormais convenu de nommer « illibérale ». Loi anticasseurs, renforcement de la « lutte contre les fake news », j'en passe et des meilleures, tout cela ne servant bien évidemment qu'à verrouiller les discours pour enfin revenir à la bonne vieille pensée unique.

 

https://francais.rt.com/france/58783-censure-apres-loi-sur-information-macron-veut-encore-plus-de-controle-verite

 

Le « contrôle de la vérité » est un concept qui pourrait remporter le championnat du monde de l'orwellisme, et je ne pense pas avoir besoin de commenter cela pour les habitués du blog, tant cet oxymore parle de lui-même. Il est évident que plus l'on « contrôle » la vérité, plus l'on exerce en fait une pression sur tout discours alternatif, et c'est sans doute ainsi qu'il faut comprendre l'épanouissement de la doctrine des fake news et du « fact-checking » : un simple outil de censure qui se pare des atours de la bienséance et de la morale. A propos de la censure, cette excellente vidéo :

 

https://www.youtube.com/watch?v=hZueeA9b1xY

 

Vidéo youtube : Horizon - Les chemins de la censure

 

 

Et cette autre excellente vidéo, sur les instituts de sondage, qui complètent élégamment le système de pensée unique oligarchique déjà institué par ce que sont devenus les médias de masse. Des instituts de sondage d'ailleurs bien sûr au service de ces médias et de ces oligarques, pour aider à formater l'opinion :

 

https://www.youtube.com/watch?v=VYHQNOmnKnE&feature=youtu.be

 

Vidéo youtube : Il était une fois les instituts de sondage

 

 

Et puisque l'on parle de l'idéologie dominante assise par une caste, il est sans doute utile de relayer cette émission de France Culture sur la bourgeoisie :

 

https://www.les-crises.fr/la-bourgeoisie-est-elle-toujours-en-marche-par-france-culture/

 

Émission où l'on peut entendre François Bégaudeau, très intéressant et de plus en plus médiatisé depuis quelques temps, dans le sillage du mouvement des gilets jaunes.

 

Et enfin, un clin d’œil, pour terminer cette rubrique et moquer un peu la mouvance pseudo-progressiste américaniste, à la seule femme qui, de fait, se retrouva – en quelque sorte – première véritable présidente des USA... Désolé Hillary.

 

https://www.atlantico.fr/decryptage/2326221/sorry-hillary--l-histoire-oubliee-de-la-premiere-femme-a-avoir-ete-president-de-fait-des-etats-unis-

 

 

Macron et les Gilets jaunes

 

Bon, on est quand même obligé d'en parler, mais ici on s'intéressera surtout à des à-côté, et plus particulièrement à l'attitude de Macron dans ce moment.

 

https://www.les-crises.fr/les-stupefiantes-confidences-de-macron-aux-journalistes/

 

Donc Macron « arrête les petites phrases », mais seulement le temps de quelques paragraphes, ce qui signe un mépris de classe littéralement irrépressible et inscrit dans ses cellules, et l'on notera plus particulièrement ses propos relatifs à Dettinger et aux gitans, qui ont donné lieu à une plainte pour propos racistes, et j'en passe.

 

https://francais.rt.com/france/58654-pour-macron-ex-boxeur-dettinger-briefe-il-n-a-pas-les-mots-un-gitan

 

Le complotisme d'état – tare interdite au peuple et aux gilets jaunes – est également à noter tout particulièrement :

 

https://francais.rt.com/france/58645-macron-mediatisation-gilets-jaunes-est-manipulation-soutenue-puissance-etrangere

 

Et les attaques récurrentes contre les médias qu'on ne peut pas contrôler par amis ou alliés interposés, auxquelles RT répondent ici, puisqu'ils se savent bien visés :

 

https://francais.rt.com/france/58646-dou-parlent-medias-francais-leurs-proprietaires-question

 

Enfin, deux événements anecdotiques montrant que les « antifas », ceux qui s'attaquent à tout ce qui ne pense pas précisément et exactement contre eux (comme par exemple Etienne Chouard), s'attaquent à des gilets jaunes ou à leurs soutiens, et sont du coup rejetés par le mouvement, qui a bien compris le danger que faisait courir l'amalgame entre eux et cette mouvance d'agités :

 

https://francais.rt.com/france/58823-degagez-degagez-antifas-expulses-par-gilets-jaunes-acte-12-video

 

https://www.youtube.com/watch?time_continue=734&v=cDAwO2bXl2w

 

Vidéo youtube : AGRESSÉS PAR DES ANTIFAS CHEZ LES GILETS JAUNES ! – Lapierre, brut !

 

 

Divers

 

Ici, des liens en vrac. Sur un autre dévoiement de la science à des fins de propagande idéologique, à propos de l'économie :

 

https://www.youtube.com/watch?v=ZZVy8ZGbCaE

 

Vidéo youtube : LES CLASSEMENTS ÉCONOMIQUES : DERRIÈRE LA PRÉTENTION SCIENTIFIQUE, UNE ARME IDÉOLOGIQUE

 

 

Une vidéo qui permet notamment de mieux comprendre certaines inégalités en France.

 

Un article que je conseille, de J.H. Kunstler, sur la situation aux USA :

 

http://versouvaton.blogspot.com/2019/01/prevision-2019-ding-ding-ding-appel-de.html

 

Sur la propagande réchauffiste (que même Orlov nous enjoint à suivre, désormais) :

 

https://fr.sott.net/article/33440-Dommage-pour-le-rechauffement-climatique-Un-froid-record-oblige-a-repenser-les-changements-de-la-planete

 

Donc on connaît la ligne de sott.net sur un âge glaciaire qui serait en fait à venir, ce dont on peut tout autant raisonnablement douter que du réchauffement, mais plusieurs de leurs arguments font mouche tout de même, d'après moi.

 

Sur la « théorie du genre » et l'écriture « inclusive » qui s'insinue jusque dans le CRS, l'excellente réplique d'un chercheur qui en dénonce les dégâts, les dérives et nomme cela « idéologie du genre » :

 

https://francais.rt.com/france/58830-monstruosites-grammaticales-chercheur-salarme-ecriture-inclusive-cnrs

 

 

Un article à prendre en compte sur le cas Charlie Hebdo, 4 ans après, que je m'abstiens de commenter :

 

https://francais.rt.com/international/57636-attentat-charlie-hebdo-4-ans-apres-journalistes-rescapes-vivent-ils-encore-sous-menace

 

 

 

Enfin, LA vidéo à voir si vous deviez en choisir une seule dans cet article, selon moi. J'ai déjà lu, vu et entendu beaucoup de choses sur l'argent dette et ses implications, mais jamais cela n'avait été aussi clair pour moi que dans cette conférence, aussi je ne peux que la recommander tout particulièrement :

 

https://www.youtube.com/watch?v=R-Bg_B9OhPU

 

Vidéo youtube : Les secrets de la monnaie - la conférence !

 

 

 

Donc voilà, je conclus rapidement cet article car je pars au tribunal dans une heure. On voit que la mouvance des gilets jaunes a accéléré la tendance du pouvoir à verrouiller toutes les issues réellement démocratiques. On enferme la presse dans un cadre de plus en plus étroit de surveillance, d'auto-surveillance, qui mènera fatalement à la censure et à l'auto-censure, renforçant tous les travers déjà très importants de cette presse. Et pendant que la France connaît les agitations les plus importantes de l'histoire de la 5e république, sans doute au même niveau que la guerre d'Algérie, d'après ce qui se dit ici et là par des gens qui ont connu cette époque, on continue de se poser non seulement en censeurs, mais aussi en donneurs de leçons au reste du monde, en s'alignant sur la position belliciste et agressive des USA, notamment en ce qui concerne le Venezuela, qui pourrait dans l'avenir devenir un théâtre d'opération assez similaire au cas de la Syrie, ou encore de l'Ukraine.

 

L'idéologie dominante se renforce donc dans l'adversité, car elle ne voit pas d'autre issue, et du coup tombe dans son versant autoritaire qu'elle aurait sans doute mieux aimé cacher. D'habitude, ce versant est soit symbolique soit disons « indirect », mais il se déploie ici dans toute sa violence directe, en clamant un discours de « défense de la démocratie » qui heureusement ne trompe plus grand monde, dès lors que le système a montré le vrai visage de sa brutalité bourgeoise, qui ne se soumet pas aux lois, puisque c'est lui-même qui les édicte et s'en exclut (j'y reviendrai quand je parlerai de mon procès, car oui, j'ai envie de vider mon sac, n'étant qu'une autre victime d'un salopard sans scrupule appartenant à cette caste, à ce monde de privilégiés, et oui, je l'ai mauvaise).

 

Il est plus important que jamais de garder un œil sur tout ce qui se passe, sur les « tours de vis » autoritaires et sécuritaires, les humiliations et oppressions que ce système nous fait subir, car nous sommes au tout début d'un tournant crucial. Aussi, rendez-vous dans mes prochains articles pour continuer à observer tout cela, et éventuellement essayer de discerner des solutions et des des issues dans ce brouillard hivernal.

 

 

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21 janvier 2019

La manipulation politico-médiatique et le mouvement des gilets jaunes

 

Très honnêtement, je suis un peu lassé, non pas par le mouvement des gilets jaunes, qui est très important, mais par son traitement. Cela est sans doute inévitable, chacun y va de son texte, de sa vidéo, de son commentaire, et pour un blogueur comme moi qui aime écrire sur des choses qui ont commencé à tiédir, pour me permettre de prendre un peu de recul sur ces choses, c'est très difficile, car c'est comme une guerre dont les rebondissements sont perpétuels. Mais c'est ainsi, alors je continue, car il me semble tout de même important de continuer à porter un regard sur le mouvement, y compris à travers cette multitude d'autres regards que je considère à travers mes pérégrinations sur internet et chez les médias.

 

Le mouvement révèle ce que je disais depuis des mois, voire des années : le faux clivage. Il révèle aussi la traîtrise des élites, totalement déconnectée de la réalité et opposée à son peuple, par la violence s'il le faut. "Peuple" peut paraître un mot un peu fort pour désigner le mouvement des gilets jaunes, mais n'oublions pas que le soutien envers ce mouvement s'estime aux alentours de 70 à 80% au début du mouvement. L'érosion qui s'ensuit dans l'opinion publique est peut-être en partie due à une lassitude, mais j'estime qu'elle est presque totalement due au matraquage médiatique concernant la violence, et les termes comme "populisme", "poujadisme", mais également "antisémitisme", "homophobie", etc., tant la calomnie et le martelage sont des techniques de manipulation de masse simples et efficaces, éprouvées depuis très longtemps : certains sont encore manipulés par la télé, qui n'ont pas d'autre son de cloche, notamment parmi certaines générations et certaines classes de la société, bercées par les discours lénifiants, univoques et unanimes de la télévision. Cela se vérifie par exemple dans certaines couches aisées qui estiment qu'elles ont encore quelque chose à perdre, dans les milieux liés à l'éducation d'après ce que je me suis laissé dire et ai pu constater aussi autour de moi. En clair, certaines strates et certains groupes sociétaux sont encore malléables et récupérables par le pouvoir, et certains épouvantails, comme la violence et la rhétorique orwelienne, peuvent les faire flancher. D'ailleurs un article d'aujourd'hui même sur les-crises aborde ce sujet de l'efficacité de la propagande :

 

https://www.les-crises.fr/la-propagande-gagne-toujours-si-vous-la-laissez-faire-par-john-pilger/

 

 

Dans mon article d'aujourd'hui, je recense certains de ces éléments de manipulation de masse rencontrés ou aperçus dans les médias. Voyons les « éléments de langage »...

 

 

Sur la violence et la doctrine de contre-insurrection :

 

"Gazer", terme réservé à la violence exotiques des méchants dictateurs d'ailleurs. BHL et quelques autres dénient le droit aux gilets jaunes d'utiliser ce terme, quand bien même il est tout à fait adapté... le gaz lacrymogène reste un gaz, d'ailleurs pas si inoffensif (on trouve des articles qui expliquent qu'il peut engendrer des séquelles, mais je ne tiens pas à inonder mon article présent de trop de liens). Mais c'est comme avec les termes « antisémitisme », « nazisme », « génocide », dès que vous les appliquez à tout le monde, ils se désacralisent, perdent leur sens, leur portée narrative et propagandiste si utile pour orienter l'opinion et son attention...

 

A propos de la violence des gilets jaunes, on en voit ici qui désarment un homme portant une hache.

 

https://fr.sott.net/article/33340-Cet-electeur-de-Macron-est-devenu-Gilet-Jaune

 

On se demande tout de même s'il ne peut pas s'agir d'une sorte de coup monté, mais on se demande alors pourquoi, car on réalise que c'est tout de même très risqué, ne serait-ce que de s'immiscer comme ça dans une manifestation avec une arme pareille... J'aurais donc tendance à croire cette scène vraie, montrant bien dans quel climat de défiance et d'esprit de vengeance le mouvement peut se situer, au moins pour certains des manifestants. Ainsi donc, vouloir relativiser la tension relative à ce mouvement en le laissant comparer à la guerre en Syrie et le « boucher Assad » qui gaze son peuple, c'est bien passer à côté des choses...

 

Sur un autre plan, il faut remarquer la provocation gouvernementale (plus particulièrement Castaner, mais aussi Griveaux et bien sûr Macron, et encore d'autres) et policière pour écœurer et harceler les partisans du mouvement, la violence pour faire fuir les femmes, enfants et personnes âgées et ainsi « radicaliser » artificiellement les manifs ou ne peuvent rester que les plus endurcis. Il s'agit, comme on peut l'entendre de la part de certains militaires retraités sortant de leur réserve de l'expression typique d'une doctrine de contre-insurrection. Voilà donc où nous en sommes, selon le point de vue du pouvoir : lutter contre une insurrection et la désamorcer par la violence et la stigmatisation. Et cela fonctionne en partie, puisque Macron est remonté au dessus de 30% de popularité dans les sondages, ce qui s'explique par l'approbation de la « fermeté » par une frange située à l'extrême droite, ou dans la droite dure.

 

Mais il ne s'agit pas toujours d'une simple violence, et pour reprendre les termes de Griveaux sur « l'ultra-violence » (expression issue d'Orange mécanique) des manifestants, nous pouvons observer que celle-ci existe aussi et surtout du côté des « forces de l'ordre ». J'ai notamment vu des tirs dans le dos de manifestants non armés en train de fuir, à Bordeaux, qui s'effondre suite à un flashball dans la nuque. L'homme est à présent dans le coma, et l'image a commencé à circuler dans les médias institutionnels, ce qui nous change un peu, d'ailleurs il semble que ces médias, face à l'impossible déni de ces violences policières qui se multiplient (aujourd'hui environ 1700 blessés côté manifestants et 1000 côté police), ainsi que face à la nécessité de faire de l'audience sans que la propagande ne se voit trop, ont commencé à relayer mutuellement le sujet des violences policières et les images qui vont avec. Un petit pas en avant vers la vérité qui est toujours bon à prendre.

 

 

Les inversions et le vocabulaire :

 

Ici, les exemples ne manquent pas. Nous avons d'abord « la république » qui se comporte comme une tyrannie, en prônant la violence policière tout en la déniant, et en créant des effets de loupe sur les moindres dérapages et exactions, côté manifestants.

 

Dans les faits, j'ai par exemple noté Édouard Philippe disant quelque chose comme : « Si l'on veut défendre la liberté de manifester, il faut... blablabla pour dire 'renforcer la répression et le fichage'. » Il faut donc ficher et contrôler pour permettre la liberté. Orwell, si tu nous entends...

 

On a pu aussi entendre : « La police est là pour que les manifestants puissent manifester en toute sécurité'. » En leur cassant la gueule, donc.

 

Rappelons que Macron était supposé s'opposer au « fascisme représenté par Marine Le Pen. » Alors il est vrai que cette dernière s'était exprimée contre le droit à manifester, qu'elle entendait faire supprimer. C'est généralement le type de réponse auxquelles l'on peut s'attendre, côté extrême-droite, mais qu'avons-nous avec le gouvernement présent ? Un gouvernement qui n'interdira jamais explicitement le droit de manifester, mais qui, dans la pratique, essaye quand même. Que ce soit en décourageant les manifestations par l'ultra-violence, ou par les détours de langage, comme par exemple lorsque Castaner criminalise abusivement tout manifestant en annonçant que tout manifestant sera ou pourra être considéré comme complice des violences, par le simple fait de manifester. Ceci est un détournement évident du sens de la loi, et un abus manifeste, dont l'objectif est, certes non pas d'interdire de manifester, mais de décourager fortement ce droit. Raté, au lendemain de cette annonce, on assistait à la deuxième plus grosse mobilisation, côté gilets jaunes.

 

Mais la novlangue est particulièrement florissante, ces temps-ci, notamment chez les suiveurs du macronisme, que l'on trouve par légion entière parmi les députés du parti. Ainsi j'ai pu entendre à la télé : « La révolution, en démocratie elle se fait par les urnes ». Ce sont les paroles d'une député LREM qui parle, par ailleurs de « légitimité », à propos de son parti, parti d'un président élu par moins d'un cinquième des électeurs. Phrase qui fait écho au « avant de faire la révolution, avoir un diplôme » de Macron. Il est vrai que la révolution est sans doute soluble dans le système, tout comme on peut hacher un cadavre pour le faire rentrer dans des sacs poubelles...

 

Par ailleurs, le terme de « radicalisation » pour désigner les manifestants à l'aune de terroristes laisse songeur. Les manifestants, comment se sont-ils radicalisés ? Il suffit de voir certains reportages... Certains, en colère et lassés de se faire gazer ou matraquer réagissent en disant « c'est fini le pacifisme ». Il est un peu facile de pousser les gens au crime pour leur reprocher ensuite leur colère, qu'on a rendue légitime... Enfin je ne voudrais pas encore ergoter sur la différence entre « radicalisme » et « extrémisme », mais je rappelle simplement que ce n'est pas la même chose... Ici, l'on pousse les gens à des comportements violents (que l'on qualifie d' « ultra », donc d'extrêmes) puis on parle de leur « radicalité »... La radicalité n'est pas nécessairement la violence, c'est seulement du jusqu'au-boutisme idéologique, tout comme Macron est radical dans son application du néo-libéralisme globaliste... Faut-il donc le ficher, le surveiller et l'enfermer ? Car, en l'occurrence, sa politique est extrêmement violente envers les plus pauvres.

 

Mais d'autres termes, encore, peuvent être remarqués. Par exemple, la « loyauté » pour « soumission » chez les forces de police servant de rempart au gouvernement traître envers son peuple. A ces forces de l'ordre, on donne des ordres illégaux, et les policiers sont obligés de les appliquer sous peine de sanctions. Il se dit même que les arrêts maladie en cette période font l'objet de réprimandes et de menaces, or l'on sait combien c'est le tout dernier recours d'un travailleur du milieu policier pour échapper à une hiérarchie abusive... D'où, probablement, l'avalanche de suicides dans la police en général, ces derniers temps...

 

Un dernier terme pour la route, le LBD : lanceur de balle de « défense ». Bien entendu, les manifestants sont des attaquants, quand bien même ils défendent leurs droits et une vision de la démocratie, en fait.

 

 

Les trolls :

 

J'ai remarqué que de plus en plus de trolls pro-Macron ou assimilables viennent porter la contradiction sur divers sites sur internet, essayant de monopoliser et casser les débats. A cet égard, que penser par exemple de la manipulation de ceux de la manif pour tous sur les débats des gilets jaunes, qui ont essayé d'en profiter pour tirer la couverture vers eux ? Il est intéressant de voir que les récentes manifestations contre la PMA ou contre l'avortement n'ont donné lieu à aucune violence... Ce mouvement ne menaçant bien sûr absolument pas le pouvoir, concernant juste une frange de la population arc-boutée sur un truc du passé (c'est en tout cas mon opinion, je ne connais que trop bien les fixettes de ces gens qui s'opposent aux jeux de rôles ou aux jeux vidéo en tant que trucs « sataniques »), sur lequel on peut certes débattre s'il le faut vraiment, mais qui ne mérite pas de prendre le pas ou de court-circuiter un soulèvement d'une grande partie de la population. Mouvement qui pourrait justement conduire à des référendums qui permettraient à cette frange de faire remonter ses préoccupations...

 

 

La démocratie :

 

Dernier point avant une longue « conclusion ». Bien sûr, on ne cesse de nous rebattre avec la fameuse démocratie, en ces temps d'exactions policières, mais on parle bien peu de l'affaire Benalla et de ses récents rebondissements, qui est tout de même assez représentative de ce qui se passe actuellement, avec la « benallisation » de la police et du traitement des manifestations et de la contestation. Il devient banal de frapper des gens, de les matraquer, même de les éborgner, de les envoyer dans le coma, voire de les tuer s'ils se montrent à la fenêtre (cas de l'octogénaire marseillaise, étrangement victime d'un tir policier alors qu'elle était au quatrième étage tout de même... mais que fait la police ?).

 

Ici, l'exercice de style funambulesque et périlleux consiste à encourager la police à tirer sur la foule tout en maniant le champ sémantique de la démocratie. Des « république en danger » en veux-tu en voilà, des « manifestants contre la démocratie », des « j'incarne la république » après avoir moqué Mélenchon et son « ma personne est sacrée car je représente la république ». C'est fascinant, et ça se passe sans doute de commentaires... Les « représentants » qui font ces appels aux valeurs de la démocratie et de la république trahissent sans cesse cette représentation qu'ils sont censés incarner, et de manière tout de même assez voyante pour que l'on parle à leur propos de « parti de l'ordre » jusque dans les grands médias. Rappelons tout de même que nous payons ces gouvernants et leur police par les impôts et les taxes, et que leur comportement décrédibilise tellement ce système qu'on a même trouvé des royalistes pour se rengorger à ce propos en dénonçant le ridicule de l'exécutif actuel.

 

Enfin, on peut pointer en passant quelques mensonges, comme celui faisant passer Étienne Chouard pour un fou dangereux d'extrême-droite parce qu'il a refusé de diaboliser Alain Soral. Il est clairement l'ennemi public numéro un du système actuellement, puisque principale figure défendant un système alternatif de vote qui ôterait tout pouvoir au type de gouvernement actuel, qui n'est déjà là que pour exécuter la politique de l'UE. Luc Ferry, lui, est par contre un grand démocrate progressiste et humaniste quand il parle de faire venir l'armée et de tirer sur les gilets jaunes, fut-ce gentiment, avec des armes non-létales, envoyeuses de bisous dont on connaît déjà tous les bienfaits.

 

 

 

Conclusion :

 

Je vais profiter de cette conclusion pour proposer un certain nombre de liens qui illustreront mon propos.

 

Le pouvoir est aux abois. Il se sert de la police, mais aussi de la justice, comme dernier rempart entre lui et le peuple, et il traite ce soulèvement comme une pure et simple insurrection, alors qu'on est encore dans des demandes politiques et démocratiques, et non pas dans une simple tentative de renversement du pouvoir par la force. Je ne vois pas comment ce pouvoir se relèvera de la crise des gilets jaunes, de toute façon, mais tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir, alors ils essayent encore, et cela, beaucoup le payent de leu intégrité physique, et c'est au minimum déplorable, au maximum inacceptable.

 

https://francais.rt.com/france/57871-a-bordeaux-gilet-jaune-recoit-projectile-forces-de-lordre-seffondre-video-choc

 

https://fr.sott.net/article/33355-Tour-d-horizon-de-quelques-caresses-donnees-par-les-CRS-aux-Gilets-jaunes

 

On ne parle que des armes non-létales, mais cela va jusqu'à des armes de guerre, en réalité, qui jusqu'à présent n'ont pas encore, heureusement, été utilisées :

https://fr.sputniknews.com/france/201901141039632754-crs-fusil-assaut-hk-g36-acte-9-gilets-jaunes/

 

Je note en passant que depuis que ces armes sont en service, 19 tirs ont été recensés, dont 18 sont accidentels, ce qui en dit long sur l'incompétence de ceux à qui on les confie...

 

Par ailleurs, on a dit que si dans un premier temps, les médias ont totalement fait l'impasse sur les violences policières. Pourtant, des journalistes ont été frappés ou attaqués aussi bien par des manifestants que par des policiers, si bien qu'il est devenu impossible de ne plus en parler.

 

https://fr.sputniknews.com/france/201901141039632754-crs-fusil-assaut-hk-g36-acte-9-gilets-jaunes/

 

On pourra d'ailleurs mentionner en passant que les politiques avaient jusque là instrumentalisé les violences des manifestants contre les médias, en amalgamant cela, là aussi, à des attaques contre la démocratie parce que « dans les pays où les journalistes ne sont pas libres, blablabla, dictatures, blablabla ». Sauf que dans ces pays, ce sont les gouvernements qui oppriment les médias... Dans les démocraties, tout est inversé, puisque les médias sont achetés et au services des oligarques qui, tout au plus, se mènent entre eux une guéguerre par médias interposés. Les peuples sont toujours victimes collatérales de ces guerres où ils sont toujours dans le camp des perdants. Quand des gens du peuple se montrent donc coupables de violence contre les médias dans nos pays, ce n'est donc pas pour porter atteinte à la « démocratie », mais pour la faire revenir, tout au contraire... Les médias ne portent la liberté que dans les dictatures. Dans les « démocraties », ils ne sont rien de plus que des gardiens d'un ordre social profitant aux oppresseurs...

 

 

Pour ce qui est de la justice, et bien tout indique qu'elle est de plus en plus à la botte du pouvoir, sans parler du fait qu'elle défend avec ce dernier un intérêt commun de classe... Nombre d'observateurs de la justice ont constaté qu'elle se comporte de manière particulièrement expéditive avec les gilets jaunes, qui sont pourtant, à la base, surtout des parents relativement inoffensifs, jusque là dépolitisés, pour la plupart n'ayant jamais manifesté de leur vie avant cette crise... Une sorte de justice d'exception, donc, qui continue d'épargner les grands fraudeurs fiscaux, mais qui rajoute la matraque administrative à la matraque policière sur les têtes des gueux.

 

Alors, moi qui suis actuellement aussi en difficulté dans un cas judiciaire, certes de très faible gravité, mais qui me montre à quel point il peut être difficile de faire valoir ses droits dans la France d'aujourd'hui, je suis partagé quand je vois les magistrats se servir de l'occasion des gilets jaunes pour faire valoir les leurs, ainsi que leurs principes.

 

https://francais.rt.com/france/57953-reforme-justice-magistrats-avocats-greffiers-continuent-combat-images

 

D'un côté, cette lutte est aussi importante pour tous, car l'effondrement de la justice, service public « comme un autre » que l'on démantèle, alors qu'il est l'ultime contre-pouvoir et l'ultime garde-fou contre l'Injustice Absolue et l'Oppression Sans Limites, est un phénomène grave qui conduit à la fin définitive de la séparation des pouvoirs, et donc à l'impunité finale des fous en place. D'un autre, il faut garder en tête qu'actuellement les magistrats ne défendent pas les intérêts des peuples, car la justice est organisée pour favoriser les riches, un point c'est tout. Et la précarisation des médias comme de la justice a une finalité : détruire les contre-pouvoir en les fragilisant...

 

La justice est sans doute le point névralgique le plus important du système actuellement, et il est donc important de le restaurer, mais ce n'est pas le seul. La destruction de l'hôpital public et de la médecine de proximité met tout autant en danger les gens de ce pays, ce qui est sans doute, là aussi, une façon de les fragiliser... Mais il faudrait que je développe ce point une autre fois. Pour le moment, gardons cela en tête.

 

 

Bref... nous sommes dans une situation critique... une situation de crise. Et il est difficile d'analyser chaque aspect de cette crise, qui est mouvante. Ainsi le grand débat national arrive « à point » pour tenter de la court-circuiter en gagnant du temps, et beaucoup l'ont déjà compris, notamment du côté des maires de France, dont certains refusent d'y prendre part :

 

https://www.upr.fr/actualite/france/nouveau-desastre-pour-le-grand-debat-national-de-macron-lassociation-des-maires-de-france-lui-fait-un-bras-dhonneur/

 

Il est vrai que les maires, comme la police, sont mis à contribution pour pendre les coups à la place du gouvernement qui ne fait que semblant de proposer des issus politiques en jetant des miettes et ce genre de distractions au peuple... On comprend donc les réticences.

 

 

Pour terminer, un florilège de liens et de vidéos que je conseille et qui m'ont aidé à forger mes idées dans le moment que nous vivons.

 

Patrice Hans-Perrier voit des similitudes entre le cas de la France et celui du Québec :

 

http://www.dedefensa.org/article/2019-des-similitudes-entre-france-et-quebec

 

 

L'extra-ordinaire folie ordinaire du système face aux gilets jaunes selon Philippe Grasset :

 

http://www.dedefensa.org/article/extra-ordinaire-folie-ordinaire

 

 

A propos de la stratégie de « maintien de l'ordre », qui semble en fait encourager à la révolte et à l'escalade, sur agoravox :

 

https://fr.sott.net/article/33359-Comment-comprendre-la-strategie-de-maintien-de-l-ordre-utilisee-contre-les-gilets-jaunes

 

 

Le mécontentement policier :

 

https://francais.rt.com/france/57907-les-forces-ordre-ils-s-en-foutent-cest-pions-suicides-continuent-dans-la-police

 

Vidéo youtube : GILETS JAUNES : UN POLICIER MET EN CAUSE LE GOUVERNEMENT - ALEXANDRE LANGLOIS

 

 

Deux vidéos à voir, sur les gilets jaunes :

 

Vidéo youtube (Le média) : GILETS JAUNES : PLUS FORTS QUE LA REPRESSION

 

 

Vidéo youtube (Taranis News) : GILETS JAUNES : LE POINT DE NON RETOUR (DOCUMENTAIRE)

 

 

Enfin, deux vidéos concernant le référendum d'initiative citoyenne, que je recommande plus particulièrement :

 

Vidéo youtube (Olivier Berruyer) : Prenons le pouvoir : Un RIC pour renforcer notre démocratie !

 

 

Vidéo youtube : Pourquoi on veut LE RIC ? Pour devenir des citoyens responsables ! Ft. Etienne CHOUARD

 

 

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11 janvier 2019

Les prémices d'un état policier pour réponse à un élan démocratique

 

Tout à l'heure j'ai vu une image de chars en Syrie, et j'ai cru que c'était la France. Voilà où nous en arrivons...

 

Il y a énormément d'articles sur les gilets jaunes partout sur le net en ce moment, donc je ne voudrais pas trop en rajouter. Dans celui-ci, je me bornerai à pointer les excès du gouvernement en matière de « sécurité » et de violence, et de commenter la novlangue qui va avec. J'avais pensé à tourner tout ça en forme de parodie parce que ça fait du bien de rire un peu en ces périodes de tension, mais je trouve quand même difficile d'aller à la gaudriole quand des gens perdent leur main, leur œil, et j'en passe...

 

Tout d'abord, la vidéo à voir, sur ce sujet, sur la chaîne du média, qui fait un énorme boulot autour des gilets jaunes actuellement, et dont je m'étonne qu'ils n'aient pas encore été pointés du doigt pour partisanisme envers les gilets jaunes, ou pour financement en sous-main par les russes ou les italiens (Marlène Shiappa a accusé l'Italie de peut-être soutenir la cagnotte du boxeur Dettinger) :

 

https://www.youtube.com/watch?v=lp1LoauFhds

 

Vidéo youtube : GILETS JAUNES : DES VIOLENCES POLICIÈRES JAMAIS VUES - DAVID DUFRESNE

 

 

Cette vidéo est incontournable pour s'informer sur le sujet, j'aurai prévenu.

 

Maintenant voyons un peu la rhétorique gouvernementale et pro-gouvernementale pour soutenir la violence :

 

https://francais.rt.com/france/57601-griveaux-apporte-son-soutien-est-republicain-tacle-rt-france

 

https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5315415/gilets-jaunes-pour-luc-ferry-il-faut-que-les-forces-de-lordre-se-servent-de-leurs-armes.html

 

Alors on nous parle « d'ultra-violence » pour une porte défoncée et on nous dit que la réponse devra être proportionnée par une « ultra-sévérité », qu'est-ce à dire exactement ? Et bien il faut sans doute comprendre que défoncer une porte est beaucoup beaucoup plus violent que casser une vitrine, d'une part. Et d'autre part qu'un ministère est un sanctuaire sacré qui justifie de remplir les prisons plus qu'elles ne le sont déjà. Je ne cite pas les chiffres des arrestations depuis le début du mouvement, c'est du jamais vu, mais on veut aller encore plus loin... parce que le danger se rapproche... Tout simplement. Quant à Luc Ferry, il s'est repris ensuite, affirmant qu'il parlait « bien entendu » d'utiliser des armes non-létales, etc., mais bon, n'est-ce pas déjà le cas, au fait ? Combien d'yeux et combien de mains perdus, de mâchoires brisées, partiellement arrachées et d'autres fractures ont donc déjà été causés par ces armes « douces » ? On en redemande des cajoleries policières.

 

Il est vrai qu'ils ont bien le droit de se « défendre », mais la première vidéo montre bien que ce n'est pas exactement ce qu'il se passe dans bien des cas, où des tirs sont effectués gratuitement dans la foule. Des policiers trouvent à dire pour se justifier qu'ils ont perdu les pédales, mais ces gens là ne sont-ils pas formés ? Font-ils face à des hordes si violentes qu'ils en perdent leur sang froid ? Alors j'ai entendu des histoires comme quoi il y aurait effectivement des casseurs mais aussi des « tueurs de flic » qui se cachent parmi les manifestants, j'en ai d'ailleurs vu quelques images. Il faut admettre que cela fait froid dans le dos, mais ces gens là demeurent selon toute vraisemblance une toute petit minorité, et d'où sortent-ils au juste ? Je ne parierais pas sur le fait que beaucoup d'entre eux sont d'authentiques gilets jaunes, par contre je suis prêt à tenir les paris qu'au moins une parti d'entre eux sont financés ou tout du moins organisés par des collaborateurs ou sympathisants quelconques du pouvoir, disons au hasard des services secrets ou autres, comme chacun sait ou devrait savoir que cela s'est toujours fait. Là aussi je ne perds pas mon temps à sourcer mes dires, il y a des faits et des évidences tellement bien connus et déjà démontrés par le passé qu'il vaut mieux les tenir pour acquis, sous peine de passer son temps à prouver les moindres de ses dires. Par ailleurs, cela a déjà été fait sur ce blog, entre autre.

 

Maintenant, sur les actes :

 

https://francais.rt.com/france/57650-gilets-jaunes-apres-violences-edouard-philippe-annonce-mesures-ordre-public

 

http://www.fawkes-news.com/2019/01/ce-responsable-syndical-policier.html

 

« Tout ce qui est tir tendu est ordonné par les autorités hiérarchiques ». Il est, plus précisément, question des commissaires et des préfets. Quant au gouvernement, et bien il va envoyer ce samedi dans toute la France 80 000 flics contre, d'après lui-même, 50 000 gilets jaunes. Notez que ces chiffres pourraient être ceux d'une bataille rangée médiévale ou napoléonienne (on comptait souvent de 50 000 à 300 000 combattants dans ce type d'affrontements) même si ici, bien sûr, on parle de groupes et d'unités disséminés à travers le pays, mais cela donne un ordre de grandeur. Et un ordre de grandeur qui ressemble à une répression disproportionnée, sans parler du fait que ce gens en envoient finalement d'autres se castagner pour eux... la comparaison avec des armées n'a donc rien de surfait, et la ressemblance avec une guerre civile devient un peu plus troublante... de part l'attitude, les parles et les actes du gouvernement lui-même face à ce qui ressemble aussi, de plus en plus, à une insurrection dont une part demande l'éjection du président et de l'oligarchie au pouvoir, et ne se contenterait pas d'un RIC.

 

On peut d'ailleurs se déchirer sur les chiffres :

 

https://francais.rt.com/france/57600-gilets-jaunes-chiffres-interieur-sont-sous-evalues

 

Cela est un peu anecdotique, mais l'on constatera au gré des recherches sur ce point que certaines sources (y compris policières) parlent plutôt de 300 000 gilets jaunes que de 50 000, ce qui tout d'un coup rend un peu plus « réaliste » l'envoi de 80 000 forces de l'ordre pour faire barrage à « l'ultra-violence ». D'ailleurs à propos de cette histoire de transpalette, le texte savoureux de Michel Onfray mérite d'être lu :

 

https://www.les-crises.fr/la-republique-attaquee-par-un-transpalette-par-michel-onfray/

 

Un Michel Onfray que j'avais critiqué par le passé pour son côté parfois trop conventionnel, mais qui a repris du poil de la bête depuis qu'il a été censuré puis éjecté du système, comme quoi rien de tel pour montrer la valeur d'une personne que l'adversité. Onfray enfin sorti de la critique molle, ça me fait plaisir...

 

Moins rigolo, et toujours du côté des actes, intéressant de lire ceci, après avoir entendu que certaines forces de police seraient « en guerre » dans certaines cités, et voilà ce que ça donne quand ces « endurcis » sont utilisés dans des manifestations pacifiques :

 

https://fr.sott.net/article/33324-Des-Gilets-jaunes-auraient-ete-frappes-et-humilies-dans-une-arriere-cour

 

Difficile de ne pas utiliser le terme de répression violente pour qualifier cela tout de même, et l'on trouve également des images qui expliquent assez bien la réaction du fameux « boxeur de flic » :

 

https://reseauinternational.net/video-la-scene-qui-va-pousser-le-boxeur-christophe-dettinger-a-reagir/

 

Un pauvre gars sans doute un peu impulsif, mais épris de justice, qu'on aura fortement stigmatisé, tandis qu'on taisait les exactions du « flic boxeur de gilets jaunes » de Toulon, qui lui serait allé jusqu'à donner un coup de boule à une femme, tout en proclamant son impunité « portez plainte, y a pas de problème, je suis commandant ».

 

Vous ne m'en voudrez pas si pour une fois je ne donne pas toutes les sources, j'ai lu tellement d'articles sur ce sujet que j'ai éliminé les plus anecdotiques pour me concentrer sur ce qui me semblait plus intéressant ou probant en soi, sur le fond du sujet.

 

A propos du boxeur, sa cagnotte a été fermée, ce qui a été démontré hors-la-loi, tandis qu'une cagnotte de soutien à la police poursuit son cours :

 

https://francais.rt.com/france/57664-gilets-jaunes-leetchi-cloture-cagnotte-ex-boxeur-christophe-dettinger

 

Mais le plus intéressant ici, c'est la recherche de « complices », alors que cela ne tient pas la route d'un point de vue légal. On n'est pas complice de quelqu'un parce qu'on veut l'aider à financer son procès... Mais Marlène Schiappa a déclaré par la suite qu'elle voulait en fait vérifier si les financements venaient d'Italie. On croit rêver. Comme si une cagnotte où le don moyen est de 16€ environ était suspecte...

 

Mais tout cela est révélateur de l'ambiance au gouvernement, sans parler de l'incompétence que cela démontre.

 

Sur les abus policiers, il est également sans doute utile de jeter un œil à ça :

 

https://www.les-crises.fr/humiliations-policieres-contre-les-lyceens-barbier-et-giesbert-complices-par-frederic-lemaire-pauline-perrenot/

 

 

Je trouve extrêmement choquant que des gens défendent cela et refusent d'en voir la violence pourtant évidente. Ce n'est pas parce que ce sont des « enfants » – en réalité des adolescents – que cela n'est pas grave. Étonnante cette sanctuarisation de l'enfance dans notre société d'un côté, où l'on voit des pédophiles un peu partout, où l'on a tendance à aller jusqu'à refuser qu'ils ont droit à une certaine forme de sexualité qui leur corresponde et qui soit leur choix, et ou « en même temps », certains leur refusent d'être des êtres humains lorsqu'ils sont soumis à des violences physiques et à des humiliations. On parle tout de même de les maintenir dans cette posture pendant de longues périodes, ce qui est assimilé à de la torture par l'UNESCO. Il semblerait d'après ce qu'il se dit, en outre, que ces pratiques sont courantes dans les ghettos – alias banlieues ou cités – ce qui les rendrait, apparemment, acceptable. On s'habitue à tout. Le fait est que cette pratique est inhumaine, et ce que la réaction de certains traduit une fois de plus, en fait, est que les « enfants » ne sont pas des personnes. C'est une attitude que l'on impose plutôt à des prisonniers de guerre qu'à de simples fauteurs de troubles... Nous sommes en train de perdre toute notion de ce qui est acceptable ou non, de ce qui fonde ou non une personne, et je trouve cela très grave. Encore une fois, ces « enfants » sont des adolescents, des bientôt adultes, et il convient de les traiter comme des personnes responsables pour en faire de futurs adultes responsables. Les traiter ainsi revient à du dressage, dont l'objectif est de former des adultes soumis. Cela étant particulièrement improductif, puisque l'humain étant ce qu'il est, certains s'y conformeront (avec les souffrances psychiques que cela suppose), et d'autres pas, se renforçant au contraire pour toute leur vie dans une attitude de rébellion. Ségolène Royal relativisait royalement en disant « ça leur fera des souvenirs ». Oui, ils s'en souviendront... On en retrouvera dans 10 ans en garde à vue, quelques uns en prison, d'autres avec un syndrome de Stockholm. Seuls les plus résilients en garderont juste un souvenir amusé.

 

Avant de conclure, un dernier article :

 

https://fr.sott.net/article/33323-Annonces-du-gouvernement-des-policiers-deplorent-une-strategie-purement-securitaire

 

Où l'on voit qu'une partie de la police exprime toujours une forme de solidarité envers les gilets jaunes. Et où l'on voit qu'une grande partie de celle-ci en a assez d'être envoyée à la confrontation, alors que le gouvernement a mis de côté toute véritable solution politique pour le moment, le « grand débat » s'annonçant naturellement comme un grand enfumage, et je ne parle même pas du reste... des miettes d'argent et des flots de mépris, encore en cadeau lors des vœux de la nouvelle année... un comble tout à fait intolérable, mais Macron semble penser que, derrière ses rangs policiers, il peut braver tout seul la nation. Quel courage, vraiment ! A mettre en parallèle avec la « lâcheté » de Dettinger frappant de ses mains nues des flics en armure, casque et bouclier. Et autres inversions typiquement orwelliennes du moment...

 

Un dernier texte, enfin, celui de Lordon commentant précisément l'attitude des forcenés au pouvoir, « ne lâchant rien » et utilisant l'armée comme une cohorte d'esclaves censés les couvrir en toute circonstance, maintenant qu'ils leur ont lâché leur prime... dois-je d'ailleurs commenter cela ?

 

https://www.les-crises.fr/les-forcenes-par-frederic-lordon/

 

 

 

Nous voilà donc, peuple contre oligarchie, engagés dans un bras de fer, un rapport de force auquel il fallait s'attendre. Bien que de nombreux défenseurs de Macron et du système sortent du bois dernièrement, ou s'agacent du fait que les gilets jaunes ne vont pas forcément nous amener le « meilleur », faut-il vraiment renoncer, céder à la peur ? Je crois malheureusement que non, que le moment est plus crucial que jamais. Voyant avec dépit que les gilets jaunes n'ont pas terni au cours des fêtes, le « pouvoir » des « zélites » montre les crocs, défend les bastions d'un néo-libéralisme à bout de souffle et à cours d'argument, ne trouvant plus qu'à se cacher derrière les CRS en jouant les fiers à bras. Une clique d'irresponsables dont l'incompétence avait déjà été prouvée, qui la démontre encore une fois en jetant de l'huile sur le feu à qui mieux mieux.

 

J'ai eu l'occasion de discuter tout récemment avec quelques gilets jaunes et sympathisants, mais aussi avec d'autres, commerçants et gens du peuple qui se montrent sceptiques, voire réticents. Ils sentent tous que nous sommes à l'aube d'un changement qui ne sera pas forcément très reluisant. L'espoir d'une bouffée d'air démocratique existe, mais simultanément, le risque d'une montée de vapeur « populiste » – c'est à dire fasciste puisque c'est ce que les gens entendent en réalité par là bien que ce ne soit pas du tout al même chose, dans le fond – est réel. Il est vrai que les gilets jaunes sont à ajouter à la liste des secousses pré-sismiques de l'effondrement du système. Liste à laquelle j'estime qu'on peut déjà compter le brexit, Trump, mais aussi tous les gouvernements proches de l'extrême-droite en Europe. Certains, lessivés par la propagande constante sur la prétendue violence des gilets jaunes, ont peur, montrent des réticences. On voit des Kassovitz et autres défendre Macron parce qu'ils ont peur du changement – paradoxe s'il en est, Macron n'était-il pas le « candidat du changement » ? – peur d'un Trump français, de l'avènement du clan Le Pen. Peur que ce soit « encore pire » qu'avec Macron, car la France – c'est ce qu'on m'a dit, du moins – est encore une démocratie. Qu'on me permette d'en douter, moi qui ai toujours parlé de tyrannie soft ou de néo-totalitarisme, qui constate aujourd'hui l'escalade irraisonnée des violences policières opposées à un peuple supposé être souverain, ce qui serait le cas si nous étions dans une telle démocratie.

 

Le problème est qu'à vouloir protéger Macron, on ne fait que renforcer ces « populismes »... Macron n'y est pas un remède du tout. Et s'il fallait se satisfaire de ce gars là parce que « tous les autres sont encore pires », et bien pas de problème, étant donnée la réussite qu'est manifestement son mandat, continuons comme ça. Macron a la quarantaine, il peut gérer la France encore 40 ans, si ce n'est plus. Gageons qu'il restera toujours jeune, dynamique et que l'âge ne portera pas atteinte à sa pensée complexe. Toujours, même à l'orée de la sénilité, il se souviendra comme la France l'avait acclamé à l'hiver 2018-2019.

 

Ceux qui couvrent Macron avec de si faibles arguments ne sont pas des démocrates. Ils ne sont que les habitants d'un pays en voie de disparition, qui se mue chaque jour un peu plus en un pur et simple état policier où les fichages et abus se multiplient. Un pays dont Macron nous a clamé lors de ses vœux qu'il était soudé par « une culture forte », quand bien même il ne s'était pas gêné pour dire dans un passé pas si ancien (mais la sénilité précoce n'aide pas, j'en conviens) que l'art français, il ne l'avait pas vu. Un art français pourtant socle fondateur de cette dite culture, qui comporte des auteurs comme Zola ou Hugo, entre autres, qui ont de tout temps dénoncé la condition des peuples, les abus du pouvoir. Très arrangeant d'être aveugle d'un œil quand on a fait des études littéraires, et ce sans avoir été frappé par un flashball...

 

Pour terminer, j'écrirai simplement, pour mémoire :

 

Le courage, c'est la lâcheté.

 

La démocratie, c'est les flashballs.

 

La liberté de parole, c'est dans ta gueule.

 

Le citoyen, c'est un punching ball.

 

La manifestation, c'est la faction.

 

La protestation, c'est la haine.

 

 

Etc.etc.etc. N'hésitez pas à repérer et noter toutes les inversions orwelliennes quand vous en voyez. C'est un festival en ce moment et il ne m'est pas possible d'être exhaustif. Je vais quand même me prêter à mon propre exercice pour une prochaine fois...

 

 

 

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04 janvier 2019

Revue etc. N°44 - Les Gilets jaunes dans le contexte propagandiste français, dangers et perspectives

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°44

 

Pour ce numéro très largement consacré aux gilets jaunes, je vais devoir m'en remettre en grande partie à RT, alias radio-Poutine, organisateur méconnu du mouvement, comme le sous-entendent nos propres officines médiatiques de vérité à l'intention du peuple. En effet il est très difficile de trouver ailleurs des infos autres que fortement et sournoisement orientées en faveur du pouvoir, quand bien même le soutien au mouvement des gilets jaunes continue d'évoluer autour de 70% malgré le discours récurrent sur leur violence et leurs nombreux autres défauts.

 

Mais pour commencer, on citera Acrimed, via les-crises, qui nous dépeint ce qui se passe justement dans nos médias avec cette « crise des gilets jaunes » :

 

https://www.les-crises.fr/panique-mediatique-face-aux-gilets-jaunes-par-pauline-perrenot/

 

A lire pour ceux qui n'ont pas encore compris quelle est la vraie fonction de la presse détenue par les milliardaires et les grands patrons dans notre belle « démocratie ».

 

Ce constat fait, il est très intéressant de remarquer que, bien que BFM TV soit la chaîne « d'information » la plus décriée par les gilets jaunes, Macron en a aussi après eux, à ce qu'il semble :

 

https://francais.rt.com/france/57270-macron-veut-il-bfm-tv-reforme-pourrait-nuire-audimat-chaine

 

Si cela est juste, c'est tout de même intéressant. On remarque que bien ou mal parler d'un mouvement de contestation, c'est toujours trop en parler, dans ce pays, et qu'il vaut mieux favoriser des chaînes pratiquant davantage la Disney-information, moins anxiogène, moins relayeuse de conflits sociaux. Ah si seulement on ne parlait pas du tout du mouvement des gilets jaunes... c'est vrai que dans notre monde médiatique, ce serait un peu comme s'il n'existait pas.

 

Par ailleurs, dans le même esprit calculateur, chez LREM on a bien compris qu'on pouvait encore tirer un bénéfice des gilets jaunes, en les poussant à monter une formation politique :

 

https://francais.rt.com/france/57006-liste-gilets-jaunes-europennes-ferait-elle-jeu-lrem

 

On a déjà vu à quel point le système était fort pour récupérer et phagocyter la contestation en la fondant à l'intérieur de lui-même, en la structurant et l'institutionnalisant, en la mettant en spectacle. Ce ne serait qu'un exemple de plus, que Castaner, entre autres, pousse constamment en ce sens.

 

Castaner qui, lui, estime que la manière forte est parfaitement acceptable « en démocratie », qu'elle serait même ici préférable à toute autre, tant il est important d'enterrer ce mouvement par tous les moyens possibles :

 

https://francais.rt.com/france/57516-gilets-jaunes-castaner-recommande-maniere-forte-liberer-ronds-points

 

C'est qu'il faut reconnaître que nous avons un gouvernement – et d'ailleurs, tout le démontre – bien trop intelligent et subtil pour son époque :

 

https://francais.rt.com/france/56980-gouvernement-trop-intelligent-trop-subtil-gilles-le-gendre-opposition-pas-convaincue

 

Subtil en matière de manipulation, oui, un petit peu, certes. Quant à la « pédagogie », c'est l'euphémisme tant utilisé par le pouvoir au cours des dernières décennies pour, justement, pratiquer une forme pernicieuse de manipulation. Si le peuple n'a pas compris l'intérêt des réformes, il est impossible qu'elles soient mauvaises, puisqu'elles sont bonnes, c'est donc qu'on ne lui a pas assez bien expliqué. CQFD. J'écrivais déjà cela il y a presque 10 ans :

 

https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/l-abus-de-pedagogie-peut-nuire-a-55622

 

Mais nous n'en avons pas encore assez dit sur notre belle démocratie.

 

https://francais.rt.com/france/57294-marionnette-macron-decapitee-trois-journalistes-charente-libre-entendus-mis-cause

 

Ainsi donc, encore une fois est révélée la volonté du pouvoir de dissimuler tout ce qui le dérange, car enfin, quel français, en cette période de soulèvement, n'a pas pensé aux références de la révolution française, et quel journaliste aurait du regarder ailleurs quand il a eu connaissance de cela ? Tout cela peut choquer, certes, mais quelque part ce genre de représentation n'a rien que de très normal dans le pays où on a guillotiné des rois, par ailleurs ce n'est qu'une représentation, et pas un acte de barbarie, quant au boulot des journalistes, c'est précisément de relever les faits signifiants tels que celui-là... Le déni d'information et de liberté d'expression démontré ici n'est certes pas très reluisant pour une démocratie à la française qui se rapproche de plus en plus des méthodes de la Chine et qui préfère, on le voit, étouffer les faits que les comprendre et les prendre en compte. Pourquoi ? Parce que ça pourrait faire boule de neige et qu'ils ont peur, bien entendu.

 

Dans ce contexte, le politiquement correct fait son œuvre aussi dans d'autres institutions, ainsi cet article qui nous révèle qu'un fonctionnaire devrait « rester neutre » :

 

https://francais.rt.com/france/57343-cnrs-a-t-il-mis-a-pied-chercheur-engagement-aupres-gilets-jaunes

 

Mis à pied pour ne pas être resté neutre, donc. Est-ce que cela signifie qu'un fonctionnaire doit « rester neutre » quand ses propres intérêts sont mis à mal ? Qu'un fonctionnaire ne bénéficie pas du droit à manifester ? Et est-ce que cela signifie que la police doit s'abstenir d'intervenir face aux manifestations ? Car après tout, si elle intervient, c'est bien en faveur du gouvernement et contre les manifestants, non ?

 

Nous vivons bel et bien dans un état du non-sens.

 

Autre abus dont on a déjà parlé, les arrestations préventives, qui n'existent pas dans la loi, mais qui sont permises par l'interprétation d'un texte très vague datant de Sarkozy (premier président de l'ère otanienne française), fortement dénoncé par plusieurs avocats et juristes :

 

https://www.les-crises.fr/gilets-jaunes-nous-ne-pouvons-pas-accepter-les-arrestations-preventives-tonne-lavocat-henri-leclerc/

 

Ces arrestations ont surtout permis de dégonfler les chiffres des mouvements, le nombre de manifestants, et donc de diminuer l'importance et l'influence du mouvement. Ce n'est donc pas qu'un abus de force policière, mais avant tout une manipulation politique qui conduit à des arrestations que l'on peut qualifier de politique, dont certaines ont été mises en avant, par exemple par Amnesty International :

 

https://www.les-crises.fr/usage-excessif-de-la-force-lors-des-manifestations-des-gilets-jaunes-par-amnesty-international/

 

Et encore je ne mentionne pas les deux arrestations relativement arbitraires dont a été victime Eric Drouet, l'une des figures du mouvement, tout cela ayant de toute évidence comme objectif d'impressionner la foule et de la décourager de manifester, tout comme les tirs en pleine face et l'usage de grenades spéciales et dangereuses dont on dit qu'elles ne sont utilisées qu'en France, « pays des droits de l 'homme » :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_GLI-F4

 

Ces grenades se sont dors et déjà rendues responsables de plusieurs mutilations graves, et pas seulement lors du mouvement des gilets jaunes, comme on pourra le lire ici.

 

 

 

Macronleaks

 

Dans ce contexte tendu et assez grave, il est important de mentionner le cas, pourtant connu depuis 2014, des Macronleaks, dont on n'avait pratiquement pas parlé jusqu'à ce jour, et qui refont surface.

 

https://fr.sott.net/article/33286-Les-MacronLeaks-revelent-ils-que-la-taxe-carbone-visait-a-financer-des-baisses-de-cotisations-patronales

 

https://fr.sott.net/article/33283-Hausse-des-carburants-WikiLeaks-epingle-le-gouvernement

 

Vidéo youtube : MACRONLEAKS : EMMANUEL MACRON GAME OVER !

 

 

Pour résumer, on y trouve une preuve supplémentaire de ce que j'avais déjà dit depuis un moment et que beaucoup de gilets jaunes avaient compris également : les taxes sur le carburant sont là pour des objectifs totalement différents d'une quelconque préoccupation écologique, mais bien pour financer d'autres choses. Nous sommes donc bien en face de ce qu'il convient d'appeler une pure entourloupe pour faire raquer le peuple à ses dépens, en lui mentant délibérément pour lui faire accepter inacceptable. Une politique d'austérité particulièrement sournoise, donc.

 

Dans le paysage que je décris, il est difficile de croire à l'honnêteté du « grand débat » promis par Macron, qui attendra encore 3 mois :

 

https://francais.rt.com/france/57486-quattendre-grand-debat-national-voulu-par-emmanuel-macron

 

« Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a en outre assuré que le «grand débat» déboucherait «fin mars, mi-avril» sur des «décisions très concrètes, en fonction des consensus identifiés». Mais il a précisé qu'il ne s'agirait pas de «détricoter» les réformes entreprises par le gouvernement depuis l'élection d'Emmanuel Macron. »

 

Il est assez clair qu'on s'achemine vers un RIC (référendum d'initiative citoyenne), principale revendication des gilets jaunes, mais qu'il ne s'agira en réalité que d'un nouveau hochet pseudo-démocratique dépouillé de tout pouvoir réel. Sarkozy avait lancé sa propre formule de référendum et personne ne s'en sert parce que... il ne sert à rien. Les gilets jaunes devront donc être particulièrement exigeants et vigilants à cette occasion. La volonté affirmer de ne « rien détricoter » signifie très clairement qu'on ne touche pas à la politique du gouvernement. Elle est inaccessible à toute critique, comme le gouvernement l'est (même si Macron feint le contraire, il affirme clairement qu'il estime que si sa politique est rejetée c'est qu'elle est mal comprise et qu'il doit donc la poursuivre encore plus fort, Cf pédagogie). Le rapport de force ne fait donc que commencer et je serais très étonné que le mouvement ne reprenne pas de plus belle d'ici peu, surtout avec ce qu'on nous annonce pour 2019 (et qui ne sera donc pas du tout remis en cause) :

 

https://francais.rt.com/economie/57509-quelles-nouvelles-reformes-attendre-2019

 

Certains essayent d'ailleurs déjà de structurer la révolte par des propositions constructives, afin de ne pas perdre le cap et d'être aussi efficace que possible, vidéo à voir et à faire suivre :

 

Vidéo youtube : [GILETS JAUNES] - Vers la Démocratie et la fin de la Mondialisation ?

 

 

Le titre, comme le contenu, peuvent paraître optimistes, mais si on ne croit pas qu'on peut renverser ce système, pourquoi seulement essayer, plions simplement l'échine et abdiquons définitivement. Ce pouvoir est plus faible qu'on ne le croit et il l'a montré par ses abus et sa violence qui sont signe de fébrilité, a minima.

 

Quant aux propositions de « trouble fait », je les trouve toutes intéressantes. Le résumé ici :

 

http://image.noelshack.com/fichiers/2018/52/6/1546108718-tout-changer-en-5-etapes.jpg

 

Mon propos n'est pas ici d'en débattre, tout cela est simplement du bon sens. J'insiste sur la nécessité de sortir de l'UE telle qu'elle existe aujourd'hui, et j'insiste encore plus sur celle de poser « de nouvelles règles ». Pour tout dire, je pense qu'il n'y a pas d'autre solution que d'instaurer une « sixième république », pour raser le système en place, voire, comme disent certains, une « première démocratie »...

 

Et j'insiste aussi, encore, sur la nécessité d'un RIC qui donnera un réel pouvoir de décision au peuple (en s'inspirant du modèle Suisse par exemple) et de ne pas laisser les technocrates pros de la manipulation législative vider un éventuel projet de RIC de sa substance.

 

Je relaye aussi, tant qu'on y est, le dossier monté par l'UPR, pour la destitution de Macron, et qui contrairement à ce que certains laissent croire, est entièrement légal :

 

https://www.upr.fr/actualite/france/mise-a-jour-de-notre-dossier-dappel-a-lancer-la-procedure-de-destitution-de-macron-incluant-3-nouvelles-violations-de-la-constitution-par-le-president-de-la-republique/

 

 

 

Puis je termine par quelques liens et vidéos un peu plus généraux. D'abord une vidéo de M.Onfray qui fut apparemment censurée, où il se montre très critique envers le pouvoir (on sait qu'il a été victime de censure tout récemment, dans notre pays des droits de l'homme et de la liberté d'expression) :

 

Vidéo youtube : La vidéo censurée de M Onfray de retour 2

 

 

La deuxième vidéo de Defakator sur la démocratie en France, où il détaille notamment très bien le système suisse :

 

Vidéo youtube : Ils cherchent la démocratie, la fin va vous faire pleurer ! DEFAKATOR

 

 

Si vous n'avez pas vu la première vidéo sur le sujet, vous la trouverez sur sa chaîne.

 

 

Une dernière vidéo sur le « capitalocène », qui a le mérite de mettre en perspective le système actuel, que le contexte français du moment a déjà mis en lumière :

 

Vidéo youtube : david hassoun - capitalocène la crise des crises - conférence gesticulée

 

 

Enfin quelques liens connexes mais plus éloignés de mon sujet. Ce qui se passe en Chine par rapport au contrôle des citoyens. La Chine, un état clairement autoritariste et qui ne s'en cache pas, qui semble un véritable laboratoire du totalitarisme, et dont les « démocraties » occidentales s'inspirent toujours plus avec leur hypocrisie monstrueuse habituelle faite de pédagogisme et permise par tous ceux atteints du syndrome du larbin, entre autres. A suivre donc.

 

https://francais.rt.com/international/57395-chine-ebauches-effrayantes-d-systeme-notation-citoyens

 

 

Pendant ce temps, en France, modèle des modèles (après les USA, certes) on continue d'accueillir des migrants dont on ne peut pas s'occuper :

 

https://francais.rt.com/france/57397-etat-met-il-deliberement-danger-vie-migrants-rue

 

Il ne faut pas perdre de vue cet aspect du problème, souvent noyé dans les faux débats « racisme versus anti-racisme » qui permettent de noyauter tout propos concernant l'immigration. Le fait est qu'une politique d'immigration incontrôlée joue contre tous les peuples et favorise justement les divisions. Des divisions qui sont essentiellement superficielles quand on y regarde bien, les arguments étant toujours les mêmes et rarement étayés concrètement (par exemple « l'immigration est une richesse pour tous »), qui ne sont que des slogans ressassés par des perroquets. Certes la haine identitaire droitarde et/ou racialiste existe, mais il est dommage qu'elle prenne le pas sur des considérations finalement plus profondes et plus humanistes, et qu'elle enterre des questions dérangeantes. Entend-on souvent dans les médias demander « Pourquoi l'immigration ?», et y entend-on souvent des réponses détaillées, circonstanciées et pertinentes ? On sait désormais que cette immigration n'est qu'un des nombreux outils du capital pour asseoir son pouvoir, diviser, maintenir des illusions et poursuivre encore un temps son exponentielle de « développement » et de « croissance », mais jamais vous ne pourrez dire cela sur nos antennes de la « vérité médiatique vraie, 100% fact-checkée » puisque chacun sait que « c'est faux et c'est fachiste ». Le Maccarthysme moderne ne censure pas que les cocos, maintenant qu'il les a réduits à l'impuissance, il s'attaque en vrac à tout contre-discours.

 

Enfin je conclus sur ce texte de Dmitry Orlov qui me semble fort à propos en ce début 2019, et à propos de l'échec patent (mais non encore vu en face par la plupart des instances dirigeantes) de l'UE :

 

http://www.dedefensa.org/article/rip-union-europeenne-1973-2019

 

Bonne lecture, bon visionnage, et bonne année 2019 à tous, en espérant qu'elle permettra un renouveau démocratique et non pas un simple terrain pour les éternelles salves d'insultes macroniennes et son groupe « en marche sur la tête du peuple ».

 

 

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17 décembre 2018

Réflexions et liens divers, pour le plaisir

 

Un bref article pour le plaisir du partage, aujourd'hui, car je vais m'absenter un peu pendant les fêtes de Noël, et donc je ne sais pas quand sera le prochain article, et je ne voudrais pas laisser passer plus de temps sans faire connaître quelques liens et vidéos qui m'ont plu ou intéressé. Des liens assez divers pour ne pas forcément rentrer dans le cadre d'une revue de presse ou d'un article sur la démarche de curiosité seuls.

 

Tout d'abord sur les gilets jaunes, un article de fond très intéressant qui à mon avis circonscrit assez bien le sujet avec une vision assez lucide, tout à fait digne d'intérêt parmi la foison de textes qu'on trouve sur ce sujet actuellement, donc.

 

https://fr.sott.net/article/33250-Les-Gilets-jaunes-et-les-lecons-de-l-histoire

 

Je ne commente pas plus pour ma part, juste pour dire qu'au stade où en est le mouvement, il faut sans doute prendre un peu de recul. On sait seulement que le mouvement aura marqué l'année et laissera une trace dans l'histoire mais wait and see.

 

Concernant l'alarmisme climatique et pseudo écologique, un constat plutôt positif en forme de clin d'oeil, on sait que je suis un climato-sceptique affirmé, ce qui ne m'empêche pas d'être conscient des grandes difficultés écologiques dans lesquels nous nous trouvons du fait de notre société de consommation capitaliste, et qui sont à prendre avec sérieux, mais aussi avec recul et sens critique.

 

https://fr.sott.net/article/33188-Les-ours-polaires-en-voie-d-extinction-Au-Canada-des-Inuits-brisent-le-consensus

 

Mais bien plus important, je recommande tout particulièrement cette vidéo que je viens de découvrir, sur la place et la nature des élites dans notre société.

 

Vidéo youtube : Les élites sont-elles supérieures intellectuellement par E. Todd et A. Jacquard

 

Mais attention, cette vidéo va bien plus loin que parler du discrédit légitime de nos « zélites » alias privilégiés en charge. L'intervention de Michel Drac est particulièrement géniale à mon sens (et celle d'Onfray qui conclut la vidéo n'est pas mal non plus, donc je conseille de la voir jusqu'au bout). Pourquoi géniale ? Et bien Michel Drac a le grand mérite de parler non seulement de la crise écologique en cours, mais d'ajouter que nous faisons face à bien plus qu'une crise écologique, mais aussi une crise humaine et spirituelle, point que je souligne depuis longtemps sur ce blog, et que j'entends trop peu d'une manière générale. On parle trop souvent des problèmes liés au travail, à la société ou à l'environnement comme des problèmes distincts qui se surajoutent, alors qu'au contraire, ils sont des problèmes liés entre eux par le mode d'existence dans lequel nous sommes enfermés à l'époque actuelle. La déshumanisation est le fruit inévitable d'une société monopolistique et technocratique entièrement techno-centrée, où l'humain est mécanisé, zombifié comme dit Michel Drac, et donc nié en tant qu'être sensible. De là, la question spirituelle est centrale, et toujours en attente d'une résolution, et les religions de l'ancien monde n'y servent que de point d'ancrage pour contrer une désespérance qui n'y trouvera aucune réponse, pas plus aujourd'hui que par le passé. Bref, je vous recommande cette vidéo, et au cas où je n'aurais pas assez insisté à ce moment, j'avais déjà présenté Michel Drac il y a quelques mois. Je repasse le lien de sa chaîne youtube, devenue un de mes rendez-vous favoris depuis quelques temps, et où il fait un travail assez similaire au mien, finalement, avec également beaucoup de fiches de lecture, en tant qu'éditeur et fervent lecteur :

 

https://www.youtube.com/channel/UCUToCUpK5ZAH6S6ZXktfWEA/videos

 

Sa « vraie actu » notamment, ressemble à mes revues de presse et internet. Lui fait un panorama complet, mois après mois, de l'actualité, là où je me concentre davantage sur les aspects propagandistes et manipulatoires, donc son travail est tout à fait complémentaire au mien.

 

 

Dans le contexte actuel que je dénonce, cette anecdote m'a marqué, façon clin d'oeil fatal à là d'où pourrait repartir l'humanité si vraiment nous parvenions au suicide civilisationnel qu'évoque Michel Drac :

 

https://francais.rt.com/international/55708-touriste-americain-abattu-par-fleches-arrivee-ile-isolee-ocean-indien

 

 

De même, cette découverte assez stupéfiante d'un réseau de termitières grand comme la Grande-Bretagne, jusque là caché sous la forêt pluviale amazonienne du Brésil :

 

https://fr.sott.net/article/33147-Fascinant-Une-colonie-de-termites-large-comme-la-Grande-Bretagne-decouverte-au-Bresil

 

On déplorera légitimement la déforestation (pour faire quoi ?), mais espérons que cette découverte obligera à la création d'une réserve naturelle, du coup...

 

Je termine par quelques autres liens qui aurait pu trouver leur place dans ma « démarche de curiosité », mais que j'ajoute ici.

 

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/systeme-solaire/decouverte-de-douze-nouvelles-lunes-pour-jupiter-dont-une-qui-tourne-a-contre-sens_125958

 

Douze satellites de plus pour Jupiter, donc, autre découverte qui montre que nous ne connaissons pas si bien, ni notre planète, ni l'univers proche...

 

Enfin, pour les mélomanes, une chaîne de radio originale, axée sur les musiques anciennes.

 

https://www.internet-radio.com/station/ancientfm/

 

Ça nous change des insupportables tubes à la mode...

 

Et c'est tout pour cette fois, bonne lecture et visionnages à tous.

 

PS, oubli : Je voulais aussi partager ce lien que je garde sous le coude depuis longtemps, car je lis vraiment trop lentement sur écran.

 

https://fr.scribd.com/document/63994819/Fort-Charles-Le-Livres-des-Damnes

 

Il s'agit d'un site de livres en ligne gratuits (avec possibiltié d'abonnement). Je partage le Livre des Damnés de Charles Fort car j'ai toujours en projet un article sur les phénomènes fortéens, avec beaucoup de citations et réflexions s'appuyant sur ce livre, mais ça me prend plus de temps que je pensais. Ainsi, les lecteurs du blog qui le souhaitent, et qui ne connaissaient pas le livre, auront un peu d'avance, quand je proposerai l'article.

 

 

Posté par Seilenos à 16:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 décembre 2018

Revue etc. N°43 - Gilets jaunes, mensonges, manipulations, récupérations, contexte global et réflexions de fond

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°43

 

Il y a énormément à dire, ce mois-ci, sur et autour des gilets jaunes. Il me sera impossible d'être exhaustif dans le choix des liens que je propose, ni de mes commentaires. Il faut savoir que les-crises.fr relaient des témoignages directs de gilets jaunes, par exemple, et j'ai choisi de ne pas les relayer à mon tour, car ceci, et cela ailleurs, toutes les sortes d'avis, d'opinions et de commentaires que l'on peut lire dans tous les médias, officiels comme alternatifs, pro-système et anti-système, cela ferait bien trop de liens à ingurgiter, et je dois encore faire une sélection de tout ce qu'il reste que j'ai pu lire sur le sujet. Puis il y a quelques autres liens, pas directement liés à la question, que je partagerai également, car ils me semblent utiles ou importants pour éclairer la situation du monde, situation qui, après tout, est celle qui a vu naître ce mouvement. Je vais donc tâcher de sortir la substantifique moelle de ce que j'ai pu croiser, autant par un choix de liens que par mes propres commentaires, même si j'y glisserait, bien évidemment, ma propre vision des choses, n'ayant aucune prétention à une pure objectivité scientifique à laquelle je ne crois pas, par ailleurs, et qui n'est pas mon but en la matière, qui plus est. Je me propose juste, à travers ce numéro à un embryon de synthèse teinté d'idées personnelles que je développerai notamment en fin d'article.

 

Ces précautions oratoires étant introduites, essayons un peu de détourer le mouvement lui-même. Je ne reviendrai pas sur les évidences qui le caractérisent, mouvement populaire apparemment spontané et apolitique, etc. On trouvera les grandes lignes dans ce texte de Douguine commenté sur dedefensa :

 

http://www.dedefensa.org/article/douguine-le-populisme-la-tradition-et-les-gj-1

 

Je m'intéresse surtout au fait que le mouvement s'étend en Europe, et même au-delà de l'Europe :

 

https://francais.rt.com/international/56280-serbie-belgique-mouvement-gilets-jaunes-prend-dimension-europeenne

 

Ainsi, j'ai pu lire qu'un mouvement de gilets rouges apparaissait en Tunisie pour protester contre la baisse du niveau de vie et du pouvoir d'achat, même revendication centrale qu'en France, donc. Mais aussi jusqu’en Egypte, où le gouvernement limite la vente de gilets jaunes dans l'espoir de limiter la contestation qui monte dans ce pays. A part cela, le mouvement a touché également, avec des intensités diverses la Serbie, les Pays-Bas, l'Italie, l'Allemagne et la Belgique, et j'en oublie peut-être. En Belgique, les gilets jaunes ont tenté d'investir le parlement européen, tout comme certains français espéraient pénétrer dans l’Élisée.

 

http://www.alterinfo.ch/2018/12/08/et-pendant-ce-temps-en-belgique-des-gilets-jaunes-tentent-de-sattaquer-au-parlement-europeen-a-bruxelles/

 

Par ailleurs, le mouvement ne cesse de démontrer son culot et sa créativité en matière de protestations, ainsi de nombreuses plaintes en justice ont été déposées contre Macron alias Jupiter :

 

https://actu.orange.fr/france/nord-une-plainte-pour-racket-deposee-contre-emmanuel-macron-magic-CNT000001aFLQZ.html

 

Enfin, quand le peuple essaye de détrôner un Dieu, il crée parfois un mouvement de boule de neige en plein décembre. De nombreux corps de métiers et catégories de populations se sont greffées sur le mouvement, ou ont simplement embrayé avec lui, ainsi des étudiants et lycéens, des ambulanciers, des agriculteurs, et même les métiers de la fonction juridique, et j'en oublie sûrement :

 

https://francais.rt.com/france/56701-journee-justice-morte-apres-gilets-jaunes-colere-noire-avocats-magistrats

 

Pour terminer sur ce chapitre, notons que différents manifestes se disant plus ou moins « officiels » comme celui-ci font surface sur les réseaux sociaux :

 

https://fr.sott.net/article/33211-Que-veulent-les-Francais-Le-manifeste-des-Gilets-Jaunes

 

Tout cela permet déjà d'y voir plus clair, et même si, sur ce dernier point on pourra ergoter que rien d'officiel ne pourra surgir des gilets jaunes, il n'empêche que leur mouvement est très concret, a certaines revendications très claires et très précises, et que celui-ci penche à mon avis de manière incontournable vers un frexit, même si l'exigence de démission de Macron monopolise pour le moment l'attention : Macron n'est qu'un des pions de l'européisme « triomphant » et de moins en moins triomphant partout en Europe, ne l'oublions pas.

 

 

Ces gilets jaunes en seront bientôt à un mois de manifestations partout en France. Là aussi, que dire ? On a glosé tant qu'on a pu sur la supposée violence du mouvement, puis on a tout autant répondu que les casseurs n'étaient pas des gilets jaunes, puis on a nuancé en disant que, sûrement, au moins une partie des gilets jaunes devaient bien se retrouver parmi les casseurs. D'accord, mais... on n'a pas beaucoup parlé des raisons de cette violence et d'à quelle violence institutionnelle elle répondait pourtant fort légitimement. On a un peu moins parlé des violences policières, qui pourtant ont mutilé et éborgné un certain nombre de manifestants, ont eu recours aux blindés, ce qui a été fort remarqué hors de nos démocratiques frontières...

 

Ai-je vraiment besoin de développer tout ça ? J'ai tendance à croire chaque lecteur de ce blog assez mature et lucide pour comprendre les tenants et aboutissants autour de cette violence qui a une importance surtout médiatique, et dont l'enjeu, chez les médias du système vendus aux intérêts du pouvoir, est naturellement de discréditer le mouvement, ce qui marche forcément dans une certaine mesure, mais pas aussi bien qu'escompté. Par conséquent, le mouvement attaquera son 5e samedi de protestations dans deux jours. Au sujet des manifestations, il me semble surtout primordial de faire apparaître ceci :

 

https://fr.sott.net/article/33223-Une-voyageuse-temoigne-de-la-methode-de-la-police-pour-qu-il-y-ait-moins-de-manifestants-a-Paris

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/un-gilet-jaune-place-en-garde-a-vue-temoigne-c-est-digne-de-la-coree-du-nord-09-12-2018-7964280.php

 

Ainsi donc, il apparaît clairement que la police a recours à des pratiques illégales pour empêcher le droit de manifestation dans notre pays pourtant très distinct géographiquement au moins de la Corée du nord ou de la Chine, qu'on ne cesse de blâmer pour leurs pratiques anti-démocratiques. Plus que cela, ces pratiques permettent de réduire le nombre de manifestants autant que de gonfler artificiellement le nombre des arrestations, alors que le principe d'arrestations préventives n'existe pas dans le droit français... Tout ce dont il est fait état ici est donc de l'ordre de l'illégalité, et le fait que certains trouvent cela normal, bien qu'ils le déplorent, montre bien qu'au moins une partie du peuple s'est habitué à ce que les forces de l'ordre et le gouvernement se livrent « légitimement » à des pratiques pourtant totalement illégales. Et l'on continue, dans les débats de ce pays, à user du mot de « démocratie », encore et encore.

 

 

Macron et les gilets jaunes

 

Il est temps d'en venir au discours de Macron, et à l'attitude de ce même Macron qui, en tout état de cause, n'aura fait preuve d'aucune précipitation pour s'adresser à son peuple en colère et en détresse. Pour aller directement à la substance de son discours, où il aura évoqué en vrac tout un tas de sujets, espérant sûrement capter l'attention des gilets jaunes : SMIC, retraite, primes, vote blanc, représentativité, et même l'immigration. Il en aura profité pour lâcher quelques miettes du haut de son palais, espérant sans doute affaiblir le mouvement, donner quelques arguments à ceux qui s'opposent à celui-ci, et diviser le peuple : lorsque l'on rend un peu aux retraités et aux smicards ce qu'on leur a pris ou jamais donné, on peut légitimement susciter la jalousie de tous les autres, et quand on ne mentionne même pas dans son discours la question du référendum ou la question de la profonde défiance politique d'une grande partie du peuple (tous les abstentionnistes plus tous ceux qui votent par défaut ou parce qu'ils se sentent pris au piège d'un système et obligés d'y participer) alors que ce sont les revendications principales des gilets jaunes, on prépare nécessairement le terrain pour la suivante journée de mobilisation.

 

Mais Macron a aussi glissé ses habituelles bêtises hors discours, comme les histoires de « manque d'amour » des français. Il a aussi dit qu'il continuerait sa politique « plus vite, plus fort ». De quoi réjouir tout le monde, cela va de soi. Aucune véritable remise en cause de sa ligne politique pourtant désormais salement amochée par les gilets jaunes, mais qui s'y attendait ?

 

Jacques Sapir, que je ne cite pas souvent, a présenté un texte éloquent, juste avant le discours de Macron, présumant déjà que ce discours n'aurait pas beaucoup d'effet concret, et expliquant certaines des causes profondes du malaise que suscitent les politiques à la Macron depuis longtemps déjà :

 

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-parole-presidentielle-a-t-elle-encore-un-effet-sur-la-realite-par-jacques-sapir/

 

Par ailleurs, ce discours contient au moins plusieurs éléments très clairement mensongers. Dans un premier temps, on avait pensé qu'ils contredisait son gouvernement, et il faut rappeler qu'il est en effet allé plusieurs fois à contre-courant de celui-ci, avant son intervention :

 

https://francais.rt.com/france/56586-smic-csg-quand-macron-contredit-ministres-penicaud-bruno-le-maire

 

Puis l'on a vite compris que le SMIC ne bougerait pas d'un iota, contrairement à la phrase très claire « le salaire augmentera de 100€ par mois dès 2019 pour ceux qui sont au SMIC ». Il s'agit bien, dans la bouche de Macron, du salaire, le SMIC lui-même, et non pas des primes qui viendront en fait s'y ajouter en lieu et place d'une augmentation, ce qui n'est pas du tout pareil : ces primes ne sont ni imposables, ni cotisables. Elles ne constituent pas une augmentation, n'impacteront ni la retraite, ni certes les impôts, mais surtout, elles peuvent disparaître n'importe quand. Bref on ne touche pas au sacro-saint SMIC, même quand le peuple se soulève pendant des semaines et des semaines.

 

Des propositions concrètes de Macron, il ne reste donc pas grand chose : une prime déjà prévue, une prime de Noël que pas grande monde ne verra, et juste un peu d'argent rendu aux retraités les plus pauvres. Mais tout cela ne change pas grand chose. On nous surtout bien rappelé que tout cela allait creuser le déficit et que Bruxelles veillait déjà avec attention sur ces débordements budgétaires mal venus. Autrement dit, c'est déjà bien beau qu'on vous fasse ces cadeaux là, fussent-ils des miettes de miettes. Alors certes, on nous gèle les prix du gaz et de l'électricité pendant l'hiver, et quelques broutilles encore... on verra combien de temps ça tiendra, et l'on peut déjà dire qu'ils se rattraperont puisque tout ce cirque est permis par la bienfaisante privatisation encouragée par l'UE... Rien n'a donc changé concrètement, on calme juste le jeu pour un temps, dans le but de calmer un peu la jacquerie... qui a bien compris qu'on lui jouait un tour.

 

https://fr.sott.net/article/33190-Artifice-politicien-humiliation-la-reponse-du-gouvernement-aux-Gilets-jaunes-ne-convainc-pas#comment13433

 

Quant à l'aspect pseudo-écologique du moment, un petit rappel, fort instructif au demeurant, qui montre bien que la volonté écologique de nos dirigeants se limite à du marketing et autres faux-semblants, quand bien même certains sont conscients du gouffre qui se présente :

 

https://fr.sott.net/article/33225-Une-video-qui-demontre-a-quel-point-le-gouvernement-prend-le-peuple-pour-des-demeures

 

Il faudra revenir sur ce point, en fin d'article. Mais pour terminer sur Macron, après avoir parlé du fond, j'ai trouvé intéressant cette analyse sur la forme, qui montre au moins une chose : à quel point Macron est un parfait simulacre, un parfait professionnel de communication qui n'est là que pour enfumer, bien avant toute chose :

 

https://fr.sott.net/article/33235-La-gestuelle-d-Emmanuel-Macron-decryptee-lors-de-son-allocution-televisee

 

 

 

Complotisme 2.0 et ingénierie sociale

 

Nous voilà au cœur de mes revues de presse sur la propagande élitiste... Les gilets jaunes, forcément, présentent une nouvelle occasion d'expérimentation pour les « élites » et leurs médias. C'est un mouvement beaucoup plus puissant et bien plus difficile à contrôler que tout ce qui a pu surgir depuis au moins 50 ans, alors imaginez le challenge pour les faiseurs d'opinion et autres propagandistes chevronnés.

 

Comment affaiblir le mouvement, le diviser, le désamorcer ? Nous avons déjà assisté à tout ça : il y aura toujours des idiots et autres influençables pour penser que le mouvement est une simple révolte fachiste, qu'il est noyauté par les extrêmes, qu'il est violent par essence, le contraire de la civilisation et de la fameuse démocratie dont on nous rebat tant les oreilles, j'en passe et des meilleures, mais ils auront attendu plusieurs semaines avant d'en venir aux faits : les gilets jaunes sont de vilains complotistes !

 

Et n'est-ce pas le pire, après tout ? Qu'ils soient « contre la démocratie pacifique », on y est habitué avec les fachistes, la violence aussi, le fait que ce soit des beaufs fumeurs et accro au diesel, bon, ce n'est qu'une faiblesse bien pardonnable à cette caste d'alcoolo irrécupérables et déplorables, mais qu'ils soient ouverts aux théories du complot alors là, c'est le pompon...

 

https://francais.rt.com/france/56716-strasbourg-pourquoi-medias-s-interessent-ils-tant-complotisme-gilets-jaunes

 

Ainsi donc, l'attentat de Strasbourg aura momentanément, et opportunément, détourné l'attention des gilets jaunes, et suscité un nouveau prétexte de renforcement sécuritaire en pleine période d'agitation populaire. Je n'irai pas jusqu'à dire, quant à moi, que c'est calculé, car il n'y aucun moyen de le savoir. Mais il est légitime de se poser la question, bien que, par les temps qui courent, cela fasse automatiquement de vous un complotiste. On a déjà vu que, sans forcément déclencher ce style d'événement, les autorités pouvaient les instrumentaliser utilement selon leurs intérêts. Cela, dans les cas les plus extrêmes, sert par exemple dans la théorie du choc de Naomi Klein.

 

Mais l'important ici n'est pas de déterminer si complot il y a, mais plutôt de saisir quel est le rapport aux complots de tous les partis en présence, et là je ne peux que recommander très fortement ce texte dedefensa qui nous rappelle combien les « élites » sont friandes de complot, et notamment des complots les plus ridicules et les moins étayés, qu'elles peuvent relayer pendant des mois et même des années, tout en reprochant aux réseaux sociaux d'être un poison qui répand partout le « complotisme » dont ils sont pourtant les principaux épandeurs de rumeurs :

 

http://www.dedefensa.org/article/gouverner-par-lanarrativedu-complot

 

J'extrais notamment ce bout de phrase bien savoureux, qui évoque encore Simulacres de P.K. Dick : « Macron est un complot de la communication, c’est-à-dire qu’il se rapproche le plus qu’il soit possible du croisement d’un être humain et d’une machine douée de l’intelligence artificielle (...) »

 

Car Macron demeure le principal complot actuel du système, mieux encore que Trump : un parfait simulacre, un être entièrement adonné à la technique de la communication, pour ne pas dire de la manipulation, pour plaire et convaincre. On en constate l'échec avec une certaine jubilation... Et il a toute sa place dans ce monde de complots et de complotisme, lui-même installé au pouvoir par la manipulation de l'électoralisme et par le bon vouloir de l'oligarchie et de la finance en général. Les grands patrons ont d'ailleurs applaudi ses mesures, et l'on sait bien ce que ça veut dire lorsque les puissants s'applaudissent entre eux, pour fustiger dans le même mouvement le peuple mécontent pour ses vices et son complotisme invétéré.

 

Sur ce sujet de l'ingénierie sociale, autre excellent texte sur Gustave Le Bon, pour dessiner encore mieux les contours de l'origine de la propagande moderne, après tout ce qui a été dit dans le blog ici présent sur Bernays et consorts :

 

https://fr.sott.net/article/33232-A-lire-Psychologie-des-foules-Gustave-Le-Bon

 

Mais un autre sujet important n'est actuellement pas très discuté, et il s'agit du projet de règlement européen dont la France – c'est à dire Macron – est porteuse à l'UE. Un projet très dangereux qui pourrait causer des dégâts sur le net, bien plus que tout ce qui a été fait auparavant. Un projet comme toujours se cachant derrière l'antiterrorisme pour promouvoir « démocratiquement » des techniques inspirées des chinois pour... pratiquer l'anti-démocratisme.

 

https://fr.sott.net/article/33191-Au-nom-de-la-lutte-anti-terroriste-un-projet-de-reglement-europeen-pourrait-tuer-l-internet-independant

 

Plus grave encore, avec un tel programme en place, le mouvement des gilets jaunes aurait peut-être pu ne pas voir le jour, comme le théorise cette approche de la quadrature du net :

 

https://www.les-crises.fr/une-loi-europeenne-pour-censurer-les-mouvements-sociaux-sur-internet-par-la-quadrature-du-net/

 

Puis les réseaux sociaux sont ce poison qui propage la haine, les complots et la division, ainsi que le rejet de la démocratie, il semble logique de penser qu'ils seront les premiers surveillés, comme l'indique d'ailleurs la coopération entre la France et certains GAFAM qui sont dors et déjà subventionnés pour ce type de surveillance. Tout ceci n'est donc clairement pas à prendre à la légère : on nous prépare une douce contre utopie à la Huxley où il sera interdit d'être mécontent, et où tout mécontent exprimant sa colère pourra facilement être assimilé à un terroriste à réformer.

 

Il est vrai que quand on voit Kassovitz prendre sur Twitter et dans des débats (voir le « interdit d'interdire de mardi ou mercredi, je ne sais plus) prendre la défense de Macron et position contre les gilets jaunes, un mouvement malsain et anti-démocratique, on mesure mieux l'état du monde actuel en terme de dégâts cérébraux et psychiques. Une telle inversion donne le vertige, quand nous vivons dans un pays où l'anti-démocratisme est porté avec brio par notre gouvernement, les pratiques illégales de sa politique, et sa situation qui tourne de plus en plus non seulement à l'oppression, à la violence mais aussi aux pratiques de censure et de contrôle de l'opinion plus extrêmes, mais aussi plus hypocrites que les chinois eux-mêmes. On déploie des trésors d'invention pour faire croire aux gens les plus atteints intellectuellement, et les plus imbriqués dans le système, que tout cela correspond encore parfaitement à quelque chose qu'on peut nommer démocratie. Il faut dire aussi que les Kassovitz sont nombreux dans le show-biz, où ils ont perdu le sens des réalités, se nommant encore « citoyens » alors qu'ils sont dans une bulle où ils bénéficient de tous les avantages éphémères et illusoires du parisianisme et du boboisme puissance 4. Une grande partie de ces artistes (j'ai failli mettre entre guillemets, puis je me suis rappelé que j'aime beaucoup « La haine », le film de Kassovitz, seul moment de sa vie où il ne résumait pas la haine à un amalgame de fachisme s'insinuant partout dans la société ou plutôt... son cerveau malade d'un gauchisme extrême et pathologique qui l'oblige à projeter son propre extrémisme partout où cela l'arrange de le voir), une grande partie de ces artistes et autres personnalités ayant leurs fauteuils dans le système, donc, profitent de ce système, de ses vices et de ses excès, et ils confondent cette vie parisienne aisée et déconnectée du reste du pays avec les conséquences d'un mondialisme heureux, bienséant et souriant qui promet à chacun, aux minorités aux caractéristiques les plus délirantes et ultra-particulières un avenir radieux. Les gilets jaunes, convenons-en, auront tendance à être vus comme des trouble-fêtes pour ces privilégiés là. On a vu des célébrités prendre position alternativement pour ou contre, selon qu'ils comprenaient ou ne comprenaient plus ce qu'il se passait, et maintenant beaucoup demandent aux gilets jaunes de se calmer. C'est une constante rarement présentée du mouvement : celui-ci est largement provincial, très éloigné de l'ultra-particularisme parisien qui concerne une partie des stars qui occupent pourtant la quasi totalité du temps d'antenne, dans notre pays, d'où un sentiment encore plus grand de décalage et de fracture, d'autant que la plupart de médias du système sont aussi ancrés à Paris, donc dans ce mode de vie, cette mentalité bien particulière qu'ils croient propres à la France toute entière. D'où aussi, pour eux, le choc et le déni.

 

 

Mais cessons là sur ce point, j'amène un autre lien de dedefensa qui a de quoi faire réfléchir :

 

http://www.dedefensa.org/article/celine-et-gramsci-face-a-la-france-et-a-macron

 

Je note particulièrement l'idée que le système actuellement n'est absolument pas libéral puisqu'il n'y a jamais eu autant de prélèvements qu'aujourd'hui, ce qui est exactement l'inverse du projet libéral :

 

« On nous casse tout le temps les pieds avec le néo-libéralisme. En réalité ce sont les libertariens qui ont raison et on est plutôt victimes de l’ultra-socialisme et de l’ultra-parasitisme, en ces temps de fin médiocre, digne de la Rome de Juvénal. Nos dettes et nos prélèvements de 48% montrent que l’on est tout sauf libéraux. On est dans le sozial et le tartufe prolétaire qui gavait Céline, et dans rien d’autre. Sauf que certains, les Macron, les défiscalisés et les hauts fonctionnaires, en profitent mieux que d’autres. Mais ce n’est pas nouveau. »

 

« Gramsci voyait donc le problème de la désindustrialisation apparaître, le règne de la finance arriver avec les coups en bourse. Un siècle plus tard, il n’y a plus d’usines en Amérique mais Wall Street n’a jamais été si élevé, avec un Dow Jones à 24.000 en attendant 30 ou 40. C’est pourtant simple à comprendre : on a siphonné via les taux abaissés la richesse américaine comme la richesse européenne, sauf peut-être l’allemande plus maligne et plus industrielle. A Londres et Bruxelles, la politique et la finance se disputent comme à New York le cadavre de l’industrie. Et on demande aux banques centrales de continuer de faire « bonne impression » pour continuer de soutenir les marchés.

Gramsci vit comme Tocqueville l’intrusion de l’État produire une dégénérescence anthropologique (découvrez le libertarien allemand Hoppe qui parle lui de dé-civilisation). La part de prélèvement est passée de 8 à 20% en France entre 1914 et 1920. Aujourd’hui on est à 48. »

 

Alors quel est le rapport avec notre sujet ? Et bien c'est toujours intéressant de se rappeler du passé pour mieux analyser le présent, les problèmes étant souvent cycliques avec évolutions. Ici l'on comprend qu'on ne devrait pas exactement parler de libéralisme ou de néo-libéralisme. Qu'à cela ne tienne, j'ai pour ma part surtout parlé d'ultra-libéralisme, ce qui est pour moi une façon de caricaturer le système en cours par son extrémisme, ou de capitalo-libéralisme, puisqu'on peut au minimum convenir que ce système permet mieux qu'aucun autre l'accumulation de capital. On pourrait donc aussi parler de pseudo-libéralisme, ou, je ne sais pas, disons de capitalisme globaliste. Si la foison de normes, d'impôts, de règlements, de standards et de prélèvements en tous genres n'est pas la marque du libéralisme, c'est au moins la marque d'un système malade, plutôt inefficace à mon sens, qui essaye de le devenir à une échelle globale où cela est quasiment impossible et où cela engendre des gaspillages, des détournements et des magouilles impossibles à contrôler. C'est dans ce contexte que le mouvement des gilets jaunes prend tout son sens, puisqu'en effet l'inefficacité économique de ce système est ce qui engendre une paupérisation dans un contexte de génération de richesses pourtant sans précédent. Mais ces richesses étant captées par le capital, un très petit nombre de très grandes organisations plus puissantes que les états, s'enrichissant sur ces derniers, les états eux, s'appauvrissent en voulant servir ces vampires, et avec eux leurs populations. Dans c cadre, le problème des ressources me paraît encore secondaire, même s'il se posera forcément, en ce sens qu'avant de poser le problème des ressources, il paraîtrait sage d'en finir avec cette gabegie générale et de revenir à des échelles où les richesses sont contrôlables et partageables. A certains égards, ce que l'on nomme néo-libéralisme est plutôt une forme de capitalisme complètement dégénéré et hors de contrôle, et c'est lui qui cause l'essentiel des difficultés des peuples en ce moment.

 

Il n'empêche, la question des ressources va se poser, et elle se pose déjà.

 

http://versouvaton.blogspot.com/2018/12/qui-va-se-manger-le-pic-petrolier.html

 

Ugo Bardi nous explique à travers le texte d'Antonio Turiel que nous payons en fait déjà les conséquences du pic pétrolier. Et si Ugo Bardi verse parfois un peu facilement dans le catastrophisme, je pense néanmoins que c'est un problème qui va s'amplifier et s'ajouter à d'autres problèmes de ressources. On a beaucoup parlé de la possibilité d'un coup d'état qui profiterait du mouvement des gilets jaunes pour se faire. Le problème des ressources accentue en réalité ce risque de coup d'état à moyen et long terme, car si les richesses ne sont pas redistribuées avant qu'un certain cap soit franchi concernant les ressources, alors certains voudront venir les capter là où elles sont encore, pour pouvoir avoir le contrôle des ressources au moment où elles flambent. C'est une logique mafieuse tout à fait commune que l'on a d'ailleurs déjà vu à l’œuvre pendant la période de hausse du carburant, à petite échelle. A certains égards, un coup d'état a déjà eu lieu, avec Macron puisque c'est l'oligarchie financière, dont celle du pétrole, qui l'a mis en place. Mais comme il y a toujours une possibilité du « en même temps », il y a aussi une possibilité du « encore pire ». A garder dans un coin de l'esprit...

 

L'autre problème évidemment posé par les ressources est que, si le problème du prix du carburant devient structurellement élevé, il sera strictement impossible de maintenir le mode de vie actuel dépendant de la voiture, qui est à l'origine du mouvement des gilets jaunes. Dans ce cas, nous allons à courte échéance vers un effondrement de ce système, dont le mouvement des gilets jaunes sera alors interprété comme un simple signe avant-coureur pré-sismique. Je crois qu'il faut aussi garder cela en tête, même si à mon sens le mouvement des gilets jaunes va bien au-delà : s'il a été déclenché par les prix du carburant, qu'il est donc l'un des signes que cela ne va pas dans ce domaine, il y a tout de même un colossal problème de répartition à soulever et à résoudre prioritairement. S'il n'est pas réglé avant l'éventuel et prévisible effondrement dont une partie de nos « élites » est avertie, alors il sera impératif de reposer la question après. D'autant que s'il n'est pas réglé avant, notre société sera encore moins prête à affronter cet effondrement : en effet, l'effondrement aura forcément pour cause un seuil franchi par rapport au cisaillement qui se produit entre l'offre et la demande de pétrole, dans un monde où la voiture et les transports sont primordiaux pour assurer un système globalisé décentralisé et basé sur le transport aussi bien des ressources primaires que des marchandises. Par conséquent, si le mouvement des gilets jaunes n'a pas été compris comme un appel au secours des populations face humaines devant l'absence de viabilité de ce système, et que des solutions très concrètes n'ont pas été apportées (abolitions des transports de marchandises à très longue distance, relocalisation du travail et réajustements en terme de répartition et de justice sociale) alors on va très clairement vers des troubles incomparables avec ce qui se déroule actuellement... Or, certains prédisent un effondrement pour le début des années des 2020, cela montre le peu de temps dont on disposerait le cas échéant. Autant le dire franchement, étant donné la direction que cela prend avec les mesurettes à Macron alors que la demande – la nécessité – est beaucoup plus importante, ça n'en prend pas le chemin. Préparons nous donc à des joyeusetés toutes autres que des blocages de rond point, approche bien amicale par rapport à ce qui pourrait arriver, malgré les piteuses tentatives du gouvernement de diaboliser le mouvement, pourtant l'un des mouvements les plus justes qu'on ait jamais vu, d'une population qui sent bien, elle que ça coince et que ça empirera si les choses ne sont pas fondamentalement et profondément changées.

 

 

 

Je vais conclure cet article ici, non sans proposer encore deux liens. L'un pose la question du travail dans nos sociétés, qui est un sujet que l'on pourrait développer aussi, dans le contexte actuel des gilets jaunes, mais ce serait élargir exagérément un débat déjà vaste, que le mouvement se doit de conduire dans le temps.

 

https://www.les-crises.fr/pour-qui-pour-quoi-travaillons-nous-jacques-ellul/

 

Je ne développe pas, je commente simplement en disant que le travail tel qu'on le connaît n'est rien de plus qu'une perversion dans les temps modernes du besoin de subsistance naturel à l'humanité et à toute vie. Ce besoin de subsistance a été dénaturé, détourné et instrumentalisé pour servir des fins toutes autres : désormais l'on travaille pour « gagner sa vie » et surtout enrichir les grands patrons. Simple mais important à comprendre et à avoir en tête... l'humain étant fort pour se raconter toutes sortes d'histoires et se manipuler voire s'auto-manipuler sur l'utilité et le sens de son travail, la « valeur travail », etc. Nul doute que le mouvement des gilets jaunes donnera lieu à quelques réflexions plus poussées sur cette question, à l'heure où l'on se pose des questions sur les « boulots à la con » et où se pose le problème de la distance entre lieu de travail et lieu d'habitation. N'est-il pas complètement fou et scandaleux, en terme de gaspillage de temps, d'énergie et de ressources de travailler à 100 ou 200km de chez soi ? C'est pourtant aujourd'hui si commun qu'il aura fallu attendre le mouvement des gilets jaunes pour que cette absurdité resurgisse comme un problème sérieux et littéralement intenable.

 

 

Dernier lien enfin, une émission de France Culture sur « les étudiants qui ne supportent plus la contradiction ».

 

https://www.les-crises.fr/safe-spaces-des-etudiants-qui-ne-supportent-plus-la-contradiction-par-france-culture/

 

Le lien avec les gilets jaunes, me direz-vous ? Et bien, même si l'on parle plutôt ici des étudiants américains vivant dans ces campus totalement inondés d'idéologie pseudo-progressiste débridée, j'y vois le même problème profond de déconnexion entre des microcosmes et le « monde réel » fréquenté uniquement par les « déplorables ». En France, les gilets jaunes sont clairement notre version des déplorables selon H.Clinton. Et il n'y a qu'à entendre avec sidération les idioties ultra-gauchistes d'un Kassovitz (qui n'a plus rien à envier aux Quatremer et compagnie, qui vivent en totale autarcie dans le vase clos parisien), proférées avec l'extrême véhémence (pour ne pas dire hurlées avec une agressivité stupéfiante) de l'enfant gâté et convaincu, pour être édifié quant à la déconnexion entre le milieu parisianiste bercé d'idées progressistes qui n'ont plus aucune connexion avec les préoccupations réelles de l'immense majorité des français. Ce qui se dit sur ces étudiants américains peut donc aussi bien s'appliquer à la ploutocratie française et à tous ceux qui la défendent ou s'en font les idiots utiles (j'ose l'expression pour le coup).

 

En vous souhaitant une bonne lecture, et en espérant que j'ai pu apporter quelques compléments de réflexion sur le sujet, à l'heure où tout est simplifié, occulté ou manipulé par les médias de masse.

 

Posté par Seilenos à 13:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 décembre 2018

Magouilles financières, politiques et énergétiques en toile de fond du mouvement des gilets jaunes

 

En complément de ce que j'ai déjà écrit sur les gilets jaunes, il me semble important de remettre pleinement le mouvement dans son contexte. Celui d'une Europe technocratique d'abord, mais aussi, et peut-être surtout, celui d'un monde globalisé où l'idéologie globale prône « la concurrence libre et non faussée ». Par non faussée il faut comprendre, décomplexée, immorale, cynique, voire échevelée, sans garde-fous, etc.

 

Pour bien saisir ce contexte il me semble important et en tout cas très instructif de voir quelques vidéos. Je pense notamment au film « Main basse sur l'énergie », par Gilles Balbastre :

 

https://fr.sott.net/article/33181-Main-basse-sur-l-energie

 

Un film tout à fait fondamental pour comprendre... j'ai presque envie de dire... quelles têtes il faudra penser à guillotiner proprement, mais comme je suis non-violent, et aussi comme je reste très réservé quant à la possibilité d'atteindre ces intouchables, je dirais plutôt, qui il faudra envoyer à l'île d'Elbe, si le jour venu la populace parvenait à expulser ces saloperies de parasites.

 

Interview du réalisateur :

 

Vidéo youtube : ÉNERGIES RENOUVELABLES, LE CASSE DU SIÈCLE - GILLES BALBASTRE

 

Mais basse sur l'énergie, mais aussi main basse sur l'état :

 

https://www.lemediatv.fr/lentretien-libre/18-la-caste-main-basse-sur-letat-laurent-mauduit/

 

Dans le même ordre d'idée, je rappelle l'enquête de denis Robert, déjà cité dans le blog :

 

Vidéo youtube : CES MILLIARDAIRES QUI NOUS FONT LES POCHES - DENIS ROBERT

 

 

J'ai presque envie de dire que tout cela se passe de commentaires, aussi, je vais faire court pour ma part et plutôt citer les liens qui m'ont semblé les plus intéressants ces derniers jours, en guise de commentaires que suscite le mouvement des gilets jaunes.

 

D'abord il faut noter que la panique saisit nos « élites » qui commencent à s'agiter pour essayer de mettre fin au mouvement. Le gouvernement reçoit les leaders de partis (comme s'ils y étaient pour quelque chose) tandis que les gilets jaunes esquivent pour le moment dans l'ensemble les tentatives de récupération, ainsi que celles de les amener au compromis par la création de simili-syndicats ad hoc :

 

https://francais.rt.com/france/56192-gilets-jaunes-matignon-recoit-chefs-parti-representants-mouvement-crise

 

Ainsi donc un moratoire est annoncé. Tout va mieux.

 

Deux articles Agoravox :

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-symptomes-d-une-chute-210209

 

Celui-ci nous rappelle le contexte européiste et l'écueil qu'il représente, tout en nous rappelant justement que quel que soit l'issu du mouvement, le problème d'un monde globalisé continuera de se poser, compte tenu de ses impératifs, de la désindustrialisation, et j'ajouterai, de la problématique énergétique à long et même moyen terme.

 

Le second nous parle plutôt de l'avenir du mouvement et de la manière dont il subit déjà des tentatives d'instrumentalisation et de décrédibilisation :

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gilets-jaunes-le-debut-de-la-fin-210195

 

Petit commentaire personnel sur la « violence » tout de même, en passant : le gouvernement dénonce la violence du mouvement en l'amalgamant à des casseurs clairement téléguidés, mais il ne faudra jamais oublier la violence symbolique, indirecte et « structurelle » comme dirait Pamela Anderson, du gouvernement :

 

https://francais.rt.com/france/56248-gilets-jaunes-pamela-anderson-blame-violence-structurelle-elites-francaises

 

Petit clin d'oeil aussi, façon « arroseur arrosé » car je trouve ça amusant :

 

https://francais.rt.com/international/56227-climat-insurrectionnel-france-teheran-appelle-paris-cesser-violence-contre-son-peuple

 

 

Enfin, un dernier lien fort applaudi sur les-crises.fr, qui décrit fort bien le mouvement et ses implications :

 

https://www.les-crises.fr/gilets-jaunes-le-sens-dune-revolte-par-eric-juillot/

 

 

Il est possible que je revienne sur tout cela un autre jour, aussi je réserve des commentaires plus nourris pour une autre fois. Comme conclusion temporaire, je dirais simplement qu'il est important de prendre en compte tous les enjeux planétaires et sociétaux dans lesquels s'inscrit le mouvement et en tout premier lieu la casse du service public et de l'état qui sont une vraie catastrophe. Catastrophe qui prépare vraisemblablement un projet d'annihilation des états dans la perspective d'une gouvernance mondiale qui sera, fatalement, encore plus déconnectée de ses populations. À surveiller, donc, et les prochains jours seront instructifs, et qui sait, préparent un revirement historique, avec toutes les tensions que cela peut susciter.

 

Posté par Seilenos à 11:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 décembre 2018

Un tournant dans la société occidentale (2/2) : gilets jaunes, fracture polito-sociologique et écologie mentale

 

Un autre aspect de mes réflexions sur ce qui m'apparaît actuellement comme un tournant dont les conséquences restent encore à observer concerne le décalage entre les élites et la masse. Ou, autrement dit, les privilégiés et le peuple.

 

Le refrain contre le « populisme » est désormais bien installé comme une ritournelle sans fin de notre mal nommée élite. Il rejoint d'autres chansons sur « le complotisme ou la complosphère », « l'extrême-droite », « le fachisme ou la fachosphère », « les rouge-brun », « l'antisémitisme ambiant » et j'en passe. Tous ces termes sont pratiques. Ils ne désignent personne en particulier, ils ne sont pas définis par un mouvement politique ou citoyen en particulier. On peut les appliquer n'importe quoi, et n'importe qui peut s'en retrouver affublé, si cela est jugé opportun pour discréditer telle personne, tel parti, tel mouvement. Les gilets jaunes ont eu droit à tout cela et même à plus, puisqu'ils sont aussi des beaufs, des fumeurs, des consumeurs de diesel.

 

Bon, peut-être. Mais tous ces salauds là, ce sont ceux qui nourrissent ceux qui leur chient sur la tête à longueur de temps. Y en a marre des pauvres, comme dirait l'autre.

 

Mais le problème c'est que ce sont ces pauvres qui font la société. Ces classes moyennes en cours de paupérisation qui rejoindront très vite les classes populaires dans leur dénuement qui aujourd'hui, en plein cœur de l'occident émetteur de richesses comme jamais, reviennent de plus en plus à une misère à l'ancienne, jusqu'à alors seulement encore connue dans les recoins les plus pauvres du monde. Le nivellement vers le bas est en cours, les français, habitants d'un des pays les plus riches et plus enviables du monde si on en juge par l'immigration qu'il connaît, ne pourront bientôt plus se chauffer ou avoir l'électricité. Cette réalité concerne un nombre grandissant de personnes qu'il devient naturellement plus difficile de faire taire ou de calmer par de belles paroles.

 

Nos privilégiés au pouvoir, ceux qui prennent les décisions aimablement pour nous, sont des techniciens de la parole et de l'hypnose. Enlevez leur cela et ils n'ont plus rien. Ils ne sont plus rien. Mais ils peuvent encore prendre le TGV tous les jours et donner des leçons. Sauf que plus grand monde n'en tient compte. Les gens ont de moins en moins de marge de manœuvre. Il se dit que le gaz, et même le loyer, sont des catastrophes sociales qui n'attendent que d'exploser. Le français ne sait pas vivre autrement qu'il l'a toujours fait, et c'est bien beau de parler de confort à des gens qui limitent leur chauffage et se privent de tel ou tel « bienfait » de la société de consommation juste parce que ce n'est tout simplement plus à sa portée. C'est évident qu'on ne peut pas faire la leçon à celui qui ne peut pas faire mieux sans qu'il ne prenne de travers.

 

Je me gaussais l'année dernière du fait que l'électeur mélenchoniste était, d'après les sondages, essentiellement motivé par « le pouvoir d'achat », seul pouvoir qui lui reste. Mais on peut reformuler les choses. Ce que veut l'habitant de la France n'est pas nécessairement « pouvoir acheter » des babioles inutiles à longueur de temps, mais déjà « pouvoir acheter » la nourriture et les biens essentiels jusqu'à la fin du mois. Sans parler de remplacer ce qui tombe en panne, réparer la voiture nécessaire pour le « gagne-pain » auquel la vie moderne le condamne, etc.

 

Bref, je ne vais pas me faire l'avocat des gilets jaunes. Ils sont déjà assez bien soutenus, mais, malgré les solidarités qui se manifestent un peu partout, ce n'est pas encore assez. Cette populace à la perspective de plus en plus miséreuse est toujours dirigée par une clique de privilégiés qui n'en fait qu'à sa tête et qui veut que la première mange de la brioche.

 

Ils « tiendront le cap » contre vents et marées (la marée, c'est nous), ils feront glisser leur navire au fioul sur nos têtes et qu'on la ferme un peu.

 

Sur la migration aussi. L'ONU veut qu'on accueille la misère du reste du monde aussi, pour tenir mieux compagnie à la nôtre, car nous sommes miséreux, mais des miséreux riches, moins miséreux que les plus miséreux, invités à partager la nôtre pour enfin connaître une misère moins grave que chez eux. Certes, on les comprend. On ne voudrait pas vivre dans des pays en guerre. Mieux vaut s'exiler chez les fauteurs de guerre. Situation super-ubuesque d'une planète mondialisée, bientôt entièrement tiers-mondisée.

 

https://francais.rt.com/international/55729-pacte-onu-sur-migration-mondialistaion-travailleurs-est-elle-marche

 

Même Hillary Clinton arrive à comprendre et à dire que l'Europe a peut-être fourni sa part dans le domaine :

 

https://francais.rt.com/international/55731-pour-combattre-populisme-hillary-clinton-recommande-europe-maitriser-immigration

 

Et que le but soit de combattre l'ascension du « populisme » n'y change rien. L'opportunisme politique n'est qu'à la hauteur de la crainte qu'ils manifestent par ces aveux à demi-mots. Ils savent que la situation sera tôt ou tard hors de contrôle, socialement et économiquement, et cela commence à se voir.

 

Là aussi, le monde politique commence à sortir du pseudo-clivage maintes fois dénoncé sur ce blog. Collomb, proclamé socialiste, affirme que la situation peut encore être rattrapée si on s'y prend tout de suite, sinon...

 

https://www.lyoncapitale.fr/politique/immigration-et-insecurite-les-sombres-predictions-de-collomb/

 

Idem un peu partout. LFI se dispute sur ce sujet en interne, à droite on a bien sûr saisi cette opportunité politique depuis longtemps, et des partis politiques partout en Europe émergent sur cette seule problématique. On peut traiter les gens de « populistes » et de « fachistes » pendant un certain temps quand ils répondent mal au fouet, mais au bout d'un moment il faut bien prendre en compte les demandes qui deviennent trop envahissantes, si j'ose dire.

 

Ne nous leurrons pas. Tout ça n'est que stratégie et manœuvre politique. La manne électorale est objet de convoitise, point final. Il faut créer les points d'achoppement politiques ou se saisir de ceux qui émergent. Nous sommes dans l'univers du cynisme où seule une très petite fraction des privilégiés au pouvoir n'ont d'autre préoccupation que de se maintenir dans leurs privilèges comme le salaud de pauvre au chômage n'a comme seule préoccupation que de se nourrir à la fin du mois. Le vrai clivage il est là, sauf que nous avons avec cette fracture horizontale (en ce sens qu'elle sépare le haut et le bas) ceux du haut qui légifèrent pour eux, et ceux du bas qui rafistolent leurs chaussures. Ils iront de moins en moins aux urnes. Ça use les semelles.

 

Un très bon article qui décrit très bien ce problème et pose des jalons :

 

https://www.les-crises.fr/la-secession-des-elites-ou-comment-la-democratie-est-en-train-detre-abolie-par-coralie-delaume/

 

C'est une évidence usée aussi que de dire que le peuple n'est jamais représenté, mais ça fait toujours du bien de le rappeler.

 

Dans ce contexte, dedefensa nous rappelle les propos de Bourdieu en 1995 lors de la grève des cheminots, qui sont tout à fait d'actualité :

 

http://www.dedefensa.org/article/bourdieu-et-les-grevistes-face-au-gouvernant-de-droit-divin

 

 

Le problème est en effet resté le même et s'est aggravé : les dirigeants vivent sur un nuage, et pour la plupart, sortent d'écoles n'instruisant que des privilégiés, déjà à la base. Ils sont, de la naissance à la mort, en grande partie coupés du monde réel. Il est d'autant plus insupportable, quand on est tout au bas de l'échelle, de recevoir des leçons de ces gens là, mais je statue sur l'évidence... Une évidence qui ne se voyait pas tant que ça jusqu'à récemment, la soumission bovine demeurant la règle, et peut-être appelée à le redevenir, mais jusqu'à un certain point.

 

Il est aussi bon de dire que rien ne distingue le privilégié des autres, sinon son privilège, acquis souvent par la naissance. Or, la naissance, dans le contexte laïc du monde occidental, n'a rien de sacré. Elle ne s'explique que par la chance. Il faudrait qu'ils aient cela bien à l'esprit, car la chance peut susciter bien des jalousies et parfois même bien des vengeances, mais cessons-là, je ne tiens pas à m'improviser comme Machiavel de service.

 

Ainsi je vais simplement conclure par quelques liens qui, à mon avis, participent du sujet. Récemment la question de la surpopulation a suscité quelque discussion sur le blog, alors j'alimente :

 

http://versouvaton.blogspot.com/2018/10/un-choix-entre-mad-max-et-hunger-games.html

 

http://versouvaton.blogspot.com/2018/11/pourquoi-la-surpopulation-est-elle.html

 

Pour moi, parler des problèmes sociaux, politiques, économiques et énergétiques actuels et faire l'impasse sur la question de la surpopulation, c'est tout simplement passer à côté de son sujet. Dans son article, Ugo Bardi explique qu'eu égard à certaines données, 3 milliards d'êtres humains pourrait être considéré comme une limite raisonnable, sauf qu'il ne fait aucun doute qu'il est illusoire de vouloir maintenir cette limite, qui irait avec un certain nombre d'inconvénients également, et maintenant que nous nous apprêtons à atteindre peut-être le triple, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'explosent toutes sortes de problèmes liés de près ou de loin à la condition humaine dans ce qu'elle a de plus dramatique et de moins enviable. L'âge des philosophies et des philosophes me semble révolu. Nous sommes à l'ère des techniciens, des gestionnaires, des avocats et des experts en tous genres qui sauront vous dire de quoi vous avez besoin et vous expliquer comment vous en passer (Coluche).

 

 

Dans son troisième épisode de son éloge de l'irresponsabilité, Orlov pose des problématiques similaires :

 

http://versouvaton.blogspot.com/2018/11/eloge-de-lirresponsabilite-partie-3.html

 

En l'occurrence, il nous dit l'inverse de ce que disent nos dirigeants. À savoir que nous ne sommes pas responsables de l'état du monde, et qu'en tout état de cause il est stupide de se culpabiliser pour l'écologie, le climat, la surpopulation, et tout ça. Et il parfaitement raison. Les solutions à ces problèmes si elles existent sont politiques, et elles sont à la fois détournées et verrouillées, comme nous l'avons vu dans la première partie, pour maintenir en l'état le système en place, pourtant lui responsable de ces problèmes, et largement hors de portée de nos actions individuelles. Tout ce que nous pouvons donc faire, c'est dénoncer les mensonges de ceux qui veulent nous mettre sur le dos ces problèmes et nous les faire payer, et vivre comme nous le pouvons. Nous vivons dans un système cynique et dément. Lui accorder notre attention quand il nous pointe du doigt pour nous spolier davantage, c'est dire « merci » à son bourreau.

 

Pour finir, un dernier lien que j'ai trouvé fondamental et que j'ai aussi ajouté dans la liste des liens importants du blog :

 

https://www.les-crises.fr/la-dictature-dont-vous-etes-le-heros-prive-2-dessert/

 

Cette vidéo, absolument excellente et implacable dans son argumentation, remet un peu les choses à l'heure, concernant notre société « numérique ». Si nous ne sommes pas responsables de l'état du monde, nous avons en revanche une responsabilité dans le fait de laisser empirer l'état de celui-ci alors que nous voyons et comprenons comment les choses se passent. La dictature numérique, qui servira la dictature pseudo-écologique dont je parle, puisqu'elle enregistrera vos modes de consommation et vous forcera implicitement à être conformiste, et créera un monde tout à fait digne de « Minority report » ou de « Substance Mort » décrits par P.K. Dick. Dans substance mort, le personnage principal est littéralement son propre espion, et en vient à se soupçonner lui-même en se filmant pour voir à quel moment il fait certaines choses louches... Version folle et drôlatique des contre-utopies imaginées par Orwell ou Huxley, qui utilisent aussi l'auto-contrôle par divers moyens : le langage, la drogue, la famille, les caméras, etc.

 

Mais une autre question subsiste à mes yeux : avons-nous vraiment le pouvoir de nous opposer à ce totalitarisme numérique quand il s'impose à nous par tous les moyens et par toutes les directions à la fois ? Je veux parler des smartphones de plus en plus omniprésents au détriment des cabines téléphoniques, des transactions et actes administratifs qui se font désormais tous par internet, l'imposition des cartes bleues, des identifiants électroniques, la surpuissance des GAFAM. Je ne comprends pas comment on peut tomber à un tel point dans la dépendance à toutes ces nouveautés, fuyant facebook et l'hypertechnologie, mais n'est-ce pas juste un biais de perception générationnel ? J'ai un ami qui refuse internet, je ne regarde jamais la télé, mais je suis tout de même largement présent sur le net, je suis né avec les jeux vidéo et j'y passe énormément de temps, etc. Est-il donc blâmable ou surprenant que la jeune génération soit quasiment greffée aux smartphones et aux objets connectés ? Que peuvent-ils, que pouvons-nous, faire contre ça ? Je laisse la question ouverte...

 

Pour conclure ces deux articles, je veux encore inciter à la prudence. Le mouvement des gilets jaunes secoue les lignes, et marquera l'époque, laissera des traces. Mais quoi ? Il se peut parfaitement qu'il ne puisse endiguer la marche forcée vers un totalitarisme à la fois numérique et pseudo-écologique, qui formera alors une sorte de nouvelle religion non-avouée comme telle, engendrant un nouveau conformisme, de nouveaux codes de société toujours plus déments, toujours déconnectés de la réalité de la biologie humaine, accélérant la tendance à la multiplication des pathologies mentales, et classant comme reliques du passé tout ce, et tous ceux qui n'auront pas pris en marche le train de la technologie et de la moraline pseudo-écolo qui gangrène déjà la société globalisée actuelle.

 

Je dirais aussi en effet, comme Orlov, qu'avoir une conscience écologique ne doit pas justifier d'être instrumentalisé par le pouvoir ni je ne sais quel parti politique d'opportunistes qu'ils soient sortis de quelque part ou de nulle part. Aujourd'hui, la conscience écologique me semble la religion qui manipule les masses mieux que n'importe quoi auparavant. La conséquence de cette religion n'est pas une amélioration de la condition écologique de l'environnement et au contraire, et en cela, il serait mieux de la laisser au placard comme toutes les autres religions. Mais ce souhait est un faible espoir, dans un monde où certaines religions du passé gagnent de nouveau du terrain... et où j'observe que le catholicisme serait vu par certains comme un rempart contre les maux qui surgissent ou resurgissent. Triste époque, honnêtement, où les Lumières ont échoué, vautrées dans leur zététisme de pacotille, et où l'obscurantisme resurgit. Je t'en foutrais du nouvel âge...

 

Allez, sur ce, n'oubliez pas, vous n'y êtes pour rien, vous faites de votre mieux. L'essentiel est de rester lucide, car la lucidité nous protège de la mélasse pseudo-intellectuelle, pseudo-spirituelle et pseudo-écologique. J'appelle ça de l'écologie mentale.

 

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01 décembre 2018

Un tournant dans la société occidentale (1/2) : Les gilets jaunes et le mensonge de la transition écologique

 

Je voudrais saisir l'occasion de ce texte pour remettre à plat et remettre en question certains points parfois abordés sur ce blog, dont certains que j'aurais pu abusivement considérer comme acquis.

 

Ceci à l'occasion du mouvement des gilets jaunes qui, je trouve, est riche en enseignements.

 

Commençons par l'enseignement le plus superficiel de tous : les français, pas dans leur totalité, mais dans leur majorité, ont démontré qu'ils savaient être autrement que des veaux, et qu'ils étaient aptes à comprendre ce qui est contre leur intérêt. Ce constat peut être superficiel, mais il aura de très sérieuses implications sur la suite des événements : les gilets jaunes se présentent comme le tout début d'une lame de fond qui ne s'arrêtera pas avec ce mouvement. Ce mouvement, comme tous les autres, s'éteindra, mais ses caractéristiques exceptionnelles (rassemblement de droite à gauche, refus des récupérations, centre d'attraction qui mobilise de plus en plus de monde hors du noyau du mouvement lui-même) se perpétueront, quitte à être occasionnellement perverties, nous verrons comment.

 

Mais le fond du mouvement, lui, restera, et est promis à secouer la société au-delà de la France. Le mouvement s'est d'ailleurs déjà propagé en Belgique.

 

https://francais.rt.com/opinions/55878-gilets-jaunes-lame-fond-qui-vient-par-natacha-polony

 

https://francais.rt.com/international/56022-gilets-jaunes-incidents-lors-manifestation-bruxelles

 

 

Un autre enseignement est que le mouvement, au-delà de la simple défense de ses propres intérêts, n'est pas un mouvement d'inconscients irresponsables et débiles, de beaufs fumeurs qui roulent au diesel par pur plaisir comme en a voulu entre autres les caricaturer. Non, ce mouvement a largement exprimé son souci d'un respect de l'environnement et de la nécessité d'une transition dite « écologique », mais aussi de ne pas se faire entuber au nom d'une prétendue écologie. Ce qui m'amène au point principal de mon développement.

 

 

Climat et écologie comme prétextes à l'asservissement et à la manipulation des masses

 

Les lecteurs du blog connaissent mon scepticisme ô combien hérétique envers la question du réchauffement et de son origine anthropique. Ils connaissent aussi ma prédiction – qui reste à vérifier – d'un avenir livré à un totalitarisme écologiste, ou plutôt pseudo-écologiste, dont les modalités restent aussi à définir et à découvrir, le cas échéant.

 

Le mouvement des gilets jaunes semble aussi infléchir l'avenir sur ce point. Il semble qu'on ne se laissera pas tondre et dominer aussi facilement, au pays des gaulois revêches. Ce qui ne signifie pas que cela n'arrivera pas, et c'est un point que je tiens à développer.

 

On a vu que « le mouvement » a conscience qu'on se fout de lui à propos de la transition écologique. Il faut dire que ce n'était pas bien difficile. Les taxes qu'on lui fait payer vont compenser dans le budget général l'argent perdu sur les avantages donnés aux riches, et non pas dans la caisse de la transition dite écologique. Robin des bois à l'envers, la théorie du ruissellement vers le haut, que tous les pauvres peuvent aujourd'hui vérifier en se faisant racketter par certains propriétaires véreux, patrons sans scrupules et autres requins parfaitement intégrés et valorisés par le système.

 

https://francais.rt.com/france/55630-577-millions-deuros-recettes-taxe

 

On taxe donc les masses laborieuses et les chômeurs avec, on prend l'argent là où on peut encore en voler presque impunément – croit-on. Mais pas touche à l'industrie, pas touche aux transports, pas touche à tout ce qui fait que ce système est ce qu'il est, et qu'il conduit les peuples à la casse. Vade retro populum.

 

https://francais.rt.com/france/55447-environnement-pourquoi-france-refuse-t-elle-taxer-kerosene

 

Ce sont des règles internationales. Pas touche. Point final.

 

Il ne faudra pas s'étonner si dans quelques temps on fait remonter la graine du frexit aux gilets jaunes, ces populistes... Pourtant le ver est dans le fruit depuis longtemps et le seul mérite des gilets jaunes sur ce point aura été de faire remonter le sujet à la surface. Notons aussi qu'il est de l'ordre du pléonasme que d'affubler le peuple de l'adjectif « populiste ». Un peuple qui n'est pas « populiste » au moins en partie est un peuple qui a complètement perdu la notion de son intérêt propre. Pas seulement un pléonasme donc, mais une tentative de manipulation par l’infamie, mais nous en sommes coutumier. De nos jours, « peuple » est un terme presque plus insultant que « plèbe » bien qu'on ne se prive pas de l'utiliser à des tentatives électoralistes.

 

Et puisque les transports aériens et maritimes sont énormément plus polluants que les voitures, au total mais aussi en proportion de la pollution globale, il devient difficile de nier que la raison profonde est autre qu'écologique. Souvenez-vous de ce que j'ai pu écrire sur le « développement durable » moi qui ai côtoyé ce milieu. De la poudre aux yeux, un simple ressort rhétorique et sémantique pour faire avaler la pilule d'une continuation du système comme il avait toujours été.

 

Par ailleurs, le gouvernement, qui s'était interdit de créer de nouvelles taxes, a été particulièrement prolixe et créatif dans le domaine :

 

https://francais.rt.com/economie/55898-il-n-aura-pas-nouvel-impot-mais-quelques-nouvelles-taxes

 

Tous les deux mois une nouvelle taxe pour un gouvernement qui avait annoncé ne pas entrer dans cette logique. Qui dit mieux ? Les promesses n'engagent que ceux qui y croient, et leur trahison est permise par ceux qui avaient voté pour ce Jupiter. Soit, j'imagine qu'il y en a beaucoup même parmi ceux qui aujourd'hui soutiennent les gilets jaunes (84% de soutiens à l'heure où j'écris). Il n'est jamais trop tard pour apprendre, mais hélas aussi pour refaire plusieurs fois la même erreur.

 

Quant au climat, « consensus scientifique indépassable, indiscutable et indiscuté » et bien il l'est pourtant encore et toujours, des dizaines de milliers de scientifiques expriment leur désaccord avec le bien mal nommé consensus (souvenez-vous du chiffre de 97% de scientifiques acquis à cette « certitude »).

 

https://fr.sott.net/article/33098-La-sombre-histoire-derriere-le-rechauffement-climatique-du-GIEC

 

La question est politisée et comme je le disais dans mon dernier article, je pense qu'on voit enfin poindre avec clarté la vraie raison de tout ce tapage : il fallait convaincre les populations de se soumettre à une nouvelle taxe, dont la finalité n'est que de soutenir le système. Problème, il semblerait que ce ne soit pas très convaincant quand l'argent de la taxe est clairement non affiliée au budget de l'écologie ou de l'énergie... Comment n'ont-ils pas pensé à une malversation qui rendait la manœuvre moins visible ? Ça me fascine. Ils pensaient sans doute que le peuple était déjà assez déresponsabilisé et dépolitisé pour s'apercevoir de quoique ce soit. Grave erreur qui fera date.

 

Tant que j'y suis, lien vers un site ouvertement réchauffiste où tous les titres d'articles contiennent « plus chaud que », alors que toutes les courbes depuis deux ans sont à la baisse. Miracle de la Raison Moderne.

 

https://global-climat.com/

 

A consulter par vous-même. Les courbes sont certes globalement haussières (sur ce site acquis à la thèse dogmatiquement correcte) et les articles totalement à charge sur les dangers innommables du réchauffement, mais j'ai trouvé tout de même curieux que des courbes baissières sur deux années consécutives puissent tout de même permettre de proclamer chaque mois « plus chaud que ». Une preuve assez claire de la manipulation outrancière accomplie dans ce domaine. Discuter de la réalité du réchauffement est autre chose, mais constater la politisation du sujet orientée vers le catastrophisme reste simple à faire pour tout esprit neutre, s'il est encore permis de l'être.

 

 

Transition écologique ou énergétique ? Point de détail des chambres à gaz à effet de serre

 

Enfin, en bon négationniste du climat que je suis, il faut évoquer la question du mensonge autour du terme « transition écologique ». Il ne s'agit PAS de transition écologique. Rien que d'une transition énergétique greenwashée comme il se doit. Et d'ailleurs à ce sujet je dois absolument mentionner l'excellente conférence de Jean-Baptiste Fressoz sur Le Média.

 

https://www.youtube.com/watch?v=lO0r5O4-2wU

 

Vidéo youtube : TRANSITION, PIÈGE À CON ? – JEAN-BAPTISTE FRESSOZ

 

 

J.-B. Fressoz n'est pas un climato-sceptique. Son propos se limite à décrypter la situation sans précédent dans laquelle nous sommes, et qui ne relève d'ailleurs pas du tout du climat mais de la transition hors du paradigme énergétique actuel. L'idée directrice est qu'une telle transition est du jamais vu dans l'histoire étant donné que nous avons toujours ajouté une source énergétique à une autre. Aujourd'hui, puisque les hydrocarbures ne sont pas éternels, il est nécessaire d'envisager d'en sortir, et cela depuis déjà un bon bout de temps (les prédictions sur le peak oil remontent aux années 70 et sa crise pétrolière).

 

On a beau dire que sortir des hydrocarbures (et pourquoi pas du nucléaire) serait écologique, les choses sont bien plus compliquées que cela.

 

N'oublions pas que nous vivons à l'époque de la privatisation de l'énergie où les fournisseurs d'énergie se volent littéralement des clients entre eux par des techniques de manipulation au porte à porte éprouvée et qu'en 2019 interviendra notamment la privatisation totalement absurde du réseau hydroélectrique français. N'oublions pas que dans ce contexte où il faudra se priver des hydrocarbures, une promotion acharnée est faite en faveur des voitures électriques et hybrides. Il faut alors prendre en compte que, dans un contexte où l'énergie sera divisée en plusieurs secteurs eux-mêmes divisés en plusieurs fournisseurs, avec les difficultés de coordination que cela promet, l'avènement possible de la voiture électrique va entraîner une métamorphose de la consommation électrique occidentale : les gens vont recharger leurs voitures la nuit, pendant ce qui est encore actuellement les heures creuses en matière de consommation électrique. Il est mécanique que ces heures creuses vont disparaître pour être remplacées, on s'en doute, par des propositions promotionnelles autres pour attirer le chaland, qui seront autant de montages financiers qui seront sujets à spéculation, dons aux actionnaires, faillites, rachat de fournisseurs par de plus gros requins, et création au bout de ce processus de géants de l'énergie encore bien pires que ceux que nous avons actuellement, en lieu et place d'un service publique efficient, relativement facile à coordonner, etc.

 

En bref, nous allons vers d'évidentes hausses du prix de l'électricité, la promotion du nucléaire à laquelle nous assistons déjà, mais aussi, pire encore, vers des black out prévisibles de régions entières dont le réseau ne sera pas prêt à encaisser les nouvelles variations de consommation, et ai-je parlé de la nécessité de faire des lâchers de barrage en pleine nuit ? Non pas que l'on doive refuser le changement, mais encore faut-il que ce changement soit chargé de sens et de cohérence, soit l'inverse de ce à quoi on assiste.

 

Le plus navrant dans tout ça est que ceux qui nous parlent de la « gabegie » énergétique sont ceux qui vivent sur le concept de transition énergétiques, lobbyistes patentés avec tous les conflits d'intérêt qui vont avec. Jancovici a ainsi beaucoup fait parler de lui dernièrement, et pour ceux qui ne le connaissent pas, je ne vous propose pas ses conférences et ses interviews que j'ai trouvé nulles et insultantes, promoteur de l'IA, de la concurrence écervelée avec les USA et la Chine, mais dont le « franc-parler » (baragouin en roue libre avec un semblant de bon sens pour satisfaire les attentes des convaincus du développement durable et autres inepties du genre) plaît apparemment à beaucoup car il est dans l'air du temps.

 

Dans l'air du temps en effet puisqu'avec son attitude autoritaire (voir les liens ci-dessous), Jancovici se présente comme l'un des papes de la tyrannie pseudo-écologique qui s'en vient et qui n'est rien d'autre qu'une redistribution des cartes dans le domaine de l'énergie, redistribution dans laquelle certains savent, de toute évidence, se positionner pour être du bon côté à l'arrivée : celui des gagnants. Jancovici se déclare d'ailleurs pour une forme d'autoritarisme dans le domaine « écologique ». Voyez que je n'invente rien.

 

https://fabrice-nicolino.com/?p=1262

 

https://sniadecki.wordpress.com/2012/06/14/jancovici-nucleariste/

 

Comme on le voit, Jancovici n'est rien de plus qu'un technocrate polytechnicien, un expert proclamé de plus, hautain et désengagé de la vie réelle, dont le bilan écologique est certainement sans commune mesure avec le mien et celui de beaucoup de gilets jaunes, qui vient se mettre ici en poseur et en donneur de leçon. Il suffit de parler avec autorité et certains répondent à cette autorité comme si elle était forcément légitime... psychologie humaine basique liée à l'expérience familiale.

 

Ne pas s'étonner qu'il fut récemment nommé au « haut conseil pour la transition écologique », avec son cabinet de consulting en greenwashing. On en trouvera, cela va de soi, pour le défendre « au moins lui il fait quelque chose, et vous ? » Moi ? Je n'ai pas de voiture. Je ne voyage pas en jet non surtaxé. Merci quand même.

 

 

Donc voilà, je ne suis pas du tout sûr qu'on n'aille pas malgré tout vers une dictature qui utilisera l'écologie comme caution. Nous nous situons actuellement dans une période charnière où la maladresse et le mépris portés par Macron et le gouvernement ont fait déborder la piscine, et quelque part c'est tant mieux car cela a attiré l'attention sur le problème de cette manipulation fondamentale, mais ça ne suffit pas. Il faut prendre conscience que la transition actuelle se fait en fait à marche forcée parce qu'on n'a pas le choix. La nucléarisation répond uniquement à cette impasse énergétique, et n'est en rien un choix bienveillant, positif, écologique ou je ne sais quoi... On croît rêver quand on lit les « arguments » de Jancovici qui ne sont que rhétorique absolument cynique, inique et scandaleuse. Tout ça n'est aussi qu'argutie pour détourner la question, rendre la chose acceptable, et il le faut bien puisque pour beaucoup elle ne l'est pas. On ne peut pas prôner une transition écologique et opter pour l'une des énergies les plus dangereuses qui soient. Je n'ai encore jamais vu tous ces pro-nucléaires nantis aller se loger dans ces zones pourtant si enviables de tranquillité, de nature et de santé promise, loin des villes polluées et blablabla. Non mais vraiment...

 

Posté par Seilenos à 15:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Références essentielles du blog

Je remets ici les références externes et internes du blog, l'article s'étant apparemment perdu dans une mise-à-jour de ma part.

 

Les liens importants (mise à jour partielle 1/12/2018) :

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/08/03/34149635.html

 

Les récapitulations thématiques et sémantiques :

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/08/03/34148911.html

 

Sites de référence principaux (à considérer toujours avec esprit critique) :

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/08/03/34148879.html

 

 

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