L'Oeil du Selen

28 juin 2017

Recul critique (sur le blog et en général) et réflexions sur la perception du mal

 

Cet article risque d'être un peu un fourre-tout, et plutôt très long, mais je trouvais utile de faire un peu le point sur différents sujets, et sur la manière dont j'utilise ce blog, suite à quelques discussions à l'extérieur. Tout avis complémentaire sera bienvenu.

 

La première des choses de comparer entre l'état du blog, dans les faits, et ce que je voudrais qu'il soit. Je ressens toujours un décalage, dans mes romans comme dans mes articles, entre ce que je voulais en faire au début, et ce qu'ils sont au final. Souvent dans le sens « j'aurais pu faire mieux, quand même ».

 

Je n'avais pas une idée très précise de ce que je voulais faire, il y a presque 10 ans, quand je me suis lancé dans le blogging. Ce que je savais, c'est que, à l'époque, j'avais pris conscience moi-même de certaines réalités qui m'avaient été cachées par les médias, par la société dans laquelle je vivais. Cela a été un choc, favorisé par internet, et cela a suscité chez moi de nouvelles réflexions. Je me suis alors dit que, malgré la profusion de blogs qu'il y avait déjà à l'époque, ce serait fatalement une bouteille à la mer, mais que ce serait mieux de le faire quand même, en espérant ajouter ma touche personnelle, un angle de lumière particulier, sur les choses du monde.

 

Parfois, je suis déprimé moi-même par mon choix de sujet, mais est-ce que pour autant, j'aurais du faire un énième blog sur le craft, le jardinage ou encore la cuisine ou les jeux vidéo ? Certes, il y a aussi beaucoup de blogs sur les médias, la politique, mais la plupart se contentent de commenter les faits. Cela n'a jamais été mon but. Mon but a toujours été de me servir des faits pour nourrir un propos qui serait plus de l'ordre philosophique. À l'époque, je voulais aussi beaucoup parler de chamanisme, alors que j'étais en pleine initiation et découverte dans le domaine. Aujourd'hui, je ne sais plus trop comment en parler. C'est devenu trop intime, trop profond, ce n'est plus comme faire partager des recettes de craft ou de cuisine, pour faire de belles choses. C'est donc quelque chose qui est, en fait, intégré à ma réflexion la plus profonde, que je fais parfois émerger dans mes articles.

 

C'est que le chamanisme n'est pas qu'une pratique magique folklorique en rapport avec la nature, une simple invocation d'esprits ou quête de visions. C'est cela mais surtout beaucoup plus. C'est un chemin spirituel qui s'intègre dans un chemin de vie global, fut-il urbain, fut-il celui d'un autiste, d'un écrivain, d'un simple individu membre d'une société qu'il conteste. Le chamanisme, c'est surtout la connaissance de l'âme humaine, de sa propre âme, c'est à dire de sa propre personnalité mais aussi de son lien avec l'homme, la planète, l'univers. Ainsi, écrire des articles pour contester un ordre social inique, je le vis comme pleinement chamanique. Du reste, il est vrai que le chaman a toujours été, dans bien des sociétés avant la nôtre, un être « à part », mais aussi un vecteur de la cohésion sociale. Aussi, il est parfaitement légitime dans un rôle de dénonciation de ce qui dysfonctionne dans une société. Peut-être même est-ce appelé à être l'un des rôles majeurs des « néo-chamans », puisque la discipline connaît un essor et un renouveau certain, dans l'avenir, que de tenir un front contre l'iniquité de la société, la manipulation mentale de masse. Apprendre aux gens à mieux se connaître, à mieux connaître les fonctionnements humains, c'est une façon de les émanciper, de les aider à se réaliser pour qu'à leur tour ils puissent soutenir la paix et une certaine forme d'harmonie autour d'eux : c'est pleinement chamanique. Et c'est ce que j'essaye de faire.

 

Aussi, j'estime ne pas être totalement à côté de la plaque, par rapport à ma démarche initiale, et il est bien normal et heureux que j'ai évolué depuis.

 

Maintenant, sur un plan plus spécifique, il y a la question de ma manière de traiter mes sujets. Pensant spontanément avec une sorte d'arborescence, j'ai du mal à structurer mon propos et à éviter de rentrer dans les détails. Mais il me semble que beaucoup de sites sont déjà plutôt dans la synthèse. Il est bon que certains pratiquent l'analyse, rentrent dans leurs sujets. N'étant expert de rien, diplômé en rien, ou presque, mais connaisseur éclairé dans divers sujets tout de même, je m'estime libre d'explorer toutes sortes de sujets, en faisant usage de mon intelligence, sans fausse modestie ni prétention particulière, puisqu'elle est bien sûr limitée.

 

J'ai, au cours de ces dernières années, beaucoup tourné autour des thèmes de la fausse démocratie, cette société publicitaire et propagandiste par excellence qui nettoie le cerveau de ses membres, j'ai critiqué à peu près tout et son contraire, et j'ai souvent mis les pieds dans le plat. Il faut bien comprendre que, pour moi, dans la société actuelle, rien n'est sacré. Le sacré disparaît dans une société qui ne respecte plus l'humain, une société qui met l'humain à son service alors que le groupe, la communauté, la société, étaient censés servir l'humain, son accomplissement (je parle ici essentiellement sur le plan spirituel, et non pas l'accomplissement du compte en banque par exemple), son bien-être sur Terre. C'est ici l'inversion suprême, non dit par excellence, qui fonde la société dite postmoderne. Comme si un gigantesque égrégore (ou une autre entité, ou une classe d'entités ou de créatures, ou une énergie extérieure et supra-humaine quelconque) agissait cette société, au-delà même de notre capacité de contrôle, comme un P.K. Dick aurait pu le raconter. Et ce n'est pas tant de la SF qu'on pourrait avoir tendance à le croire... Mais chacun en pense ce qu'il veut.

 

Aussi, je voudrais saisir l'occasion de cette prise de recul pour faire le point sur différents sujets fréquemment abordés sur le blog, ou parfois moins fréquemment, mais qui me semblent rentrer dans le cadre de cette réflexion un peu « freestyle ».

 

Avant de me lancer, je voudrais faire une parenthèse à propos de mes sources habituelles. Parmi les sites que je « linke » le plus souvent, il y en a notamment deux qui me semblent nécessiter quelques mots.

 

D'abord, à propos de sott.net. J'ai déjà publié ici un article pour critiquer assez sévèrement leur philosophie et leur ligne éditoriale. Pourtant, il reste le site que je propose le plus souvent, pourquoi ? D'abord, qui aime bien châtie bien. Ensuite, il faut quand même rappeler que, sur ce site, il y a à boire et à manger. Des articles qui se contredisent entre eux, même, et dans le fond, c'est plutôt une qualité. C'est qu'il n'y a pas de vérité absolue sur aucun sujet. Il y a aussi que l'on peut prendre des angles complètement opposés pour critiquer un fait ou une idée. Là où le bat blesse, c'est quand on tombe dans la politisation, du moins à mes yeux. Sur ce blog, j'essaye au mieux de proposer des sources qui, lorsqu'elles sont politisées, se complètent les unes les autres. Ainsi, je vais piocher chez des penseurs de gauche comme chez des sites plus conservateurs, voire plus à l'extrême. On me l'a reproché et c'est bien compréhensible, mais c'est mal comprendre ma démarche. Même les sites les plus douteux peuvent occasionnellement produire un argument digne de ce nom, et il n'existe pas de vérité mauvaise à entendre. Mon propos n'a jamais été de m'enfermer dans quoique ce soit, dans une idéologie ou un positionnement politique, et on a vu ce que je pensais du militantisme de quelque forme qu'il soit (même si nous pouvons tous « lutter » pour une idée à un moment donné, et c'est sans doute ce que je fais, mais hors de toute politique au sens qu'on lui donne aujourd'hui, c'est à dire le partisanisme ferme et souvent malsain, enfermé dans une idée fixe). Bref, si je cite encore sott.net, c'est parce que, malgré leurs commentaires parfois douteux, malgré leurs choix de sources parfois douteux, ils ont tout de même, encore à présent, une certaine liberté de ton qui fait du bien, dans le milieu médiatique.

 

L'autre source sur laquelle j'aurais un mot à dire, et qui me permettra d'enchaîner sur mon premier point, c'est Russia Today. Selon certains, ce site, un journal russe, donc, serait un média partisan, créé par les potes de Poutine, tout ça tout ça. Je ne comprends ni ne cautionne ce tabou. Il m'est arrivé sur ce blog de citer Le monde, l'Express, Libé, etc. Pourquoi ne citerais-je pas RT ? Aucun média n'est entièrement libre ni indépendant, c'est entendu. C'est même l'essence des médias que d'avoir une certaine ligne éditoriale, conditionnée par des financeurs, des intérêts, etc. Cela, j'en suis parfaitement conscient. Mais il y a un point à retenir : RT (et Sputnik, mais je trouve ce site de nettement moins bonne qualité, à l'usage) apporte un contrepoint à tous nos médias occidentaux, qui eux ne font que réciter la position dominante occidentale, alors même qu'elle est devenue absolument mensongère au point d'en devenir délirante. Il devient alors utile de citer un média russe – fut-il pro-Poutine – pour montrer que l'essentiel de ce qui en provient, par comparaison, n'est que du bon sens... Il est vrai qu'ils produisent aussi une forme de propagande. Les articles trop propagandistes, soit je les ignore, soit je les critique. Le reste est digne d'être proposé, au même titre que les quelques bons articles qui paraissent dans nos médias occidentaux. C'est tout, et cela me mène au premier point que je voulais soulever.

 

 

 

La Russie, c'est Le Mal

 

Quelques personnes sont encore enfermées dans ce paradigme au point de ne pas voir que l'URSS, c'est terminé depuis bientôt 30 ans. Nous sommes entrés dans une nouvelle guerre froide, par la faute des USA et du bloc occidental, qui ont fomenté ce coup d'état infâme en Ukraine, avec le soutien des néo-nazis locaux. Cela, on l'a vu et revu sur ce blog, et je ne rappellerais pas les sources de ces affirmations. De même, le discours sur la prétendue annexion de la Crimée est d'une ignorance crasse, le pire étant qu'il est repris par des gens qui prétendent ne pas faire confiance à nos médias occidentaux. Ces gens mettent tout sur un pied d'égalité : l'agresseur, et celui qui se défend.

 

Et ici, celui qui se défend l'a fait sans bombes, se contentant d'un soutien politique aux forces pro-russes du sud-est de l'Ukraine, et en allant défendre la Crimée contre une éventuelle invasion ukrainienne, à la suite du référendum durant lequel le peuple de Crimée s'est auto-déterminé pour rejoindre la Russie. Il n'y a vraiment qu'en occident, décidément, qu'on entend encore des gens, pour le coup idiots utiles parfaits du système, contester la légitimité de cette région et de son auto-détermination. Il est vrai que l'on sait comment l'on traite, en Europe, les référendums et l'opinion du peuple.

 

Mais puisque nous sommes les démocrates, et eux les cocos en puissance, c'est forcément que nous sommes dans le camp du bien, et eux sont le mal. Le discours médiatique en occident est si simpliste que je ne sais pas comment certains peuvent être encore assez stupides pour ne pas le déjouer.

 

Prenons un simple exemple :

 

https://francais.rt.com/international/40192-obama-autorise-developpement-equivalent-digital-bombe-contre-russie

 

Oui, le lien provient de Russia Today. Propagande russe ? Oups, non... Regardons la source, c'est le Washington post :

 

https://www.washingtonpost.com/graphics/2017/world/national-security/obama-putin-election-hacking/?utm_term=.4ce803ffa407

 

Donc, finalement, ce sont les américains qui affirment avoir voulu punir les russes. C'est bien normal, n'est-ce pas ? Lorsque on est l'incarnation du bien, on punit celui qui est l'incarnation du mal. Ce qui est intéressant est que chaque organe de presse présente les mêmes faits suivant ses intérêts, c'est tout. Pour les américains, on punit les méchants russes, pour les russes, on est attaqué par des américains menteurs et manipulateurs. Maintenant, comment faire la part des choses ? Ce n'est pas si compliqué, dans ce cas précis. Cela a été dit depuis le début par bien des observateurs et experts en tout genre : on ne peut avancer aucune preuve solide d'une quelconque attaque russe. On pourrait même plutôt conclure qu'il n'y a pas eu d'attaque du tout, en ce qui concerne les élections. Par ailleurs, sur ces histoires d'ingérence, que dire du fait que tous les politiciens français sont issus d'officines américaines, et du fait que les américains ont toujours tenté d'influencer la politique de bien des pays ? Que dire du soutien d'Obama envers Macron ? Bref... On voit que les torts sont, au minimum, bien partagés, mais qu'on en trouve plus facilement des preuves factuelles du côté des américains. Les russes sont ils innocents, ou sont-ils juste de meilleurs dissimulateurs ? Personne ne saurait dire avec certitude.

 

À ce stade, il est important de mentionner au moins un article à propos des révélations de Seymour Hersh, qui ont fait grand bruit :

 

http://www.dedefensa.org/article/censure-et-vertu-systeme-contre-seymour-hersh

 

Étrangement, ce sont ici les américains qui passent pour des menteurs et des dissimulateurs, finalement. Concluez-en ce que vous voulez... Personnellement, je conclus de toutes ces affaires que nous vivons dans un monde où les USA essayent de conserver leur hégémonie par tous les moyens, sans scrupule, et où les russes ont beau jeu d'être plus francs et plus sincères, pour mieux mettre en lumière cette absence de scrupule. Ils ne sont pas angéliques pour autant. Mais pour le moment, ils restent les victimes de toutes sortes de sanctions, embargos, campagnes calomnieuses, encerclement militaire, isolement géopolitique, etc. Il est bien normal qu'ils se défendent, et on commence à observer que leur stratégie porte ses fruits et que ses adversaires commencent à perdre du terrain. Et quand on y réfléchit, on se dit que c'est une bonne chose.

 

Par ailleurs, cette information montre que la Russie peut parfois animée de « bonnes intentions », et que lorsqu'elle le fait, les USA n'en tiennent aucun compte. On comprend à la lumière de la révélation plus haut, que les USA n'avaient tout simplement pas intérêt à cet accord qui aurait empêché leur double-jeu :

 

https://www.developpez.com/actu/144698/La-Russie-a-propose-aux-Etats-Unis-un-traite-de-cyberguerre-en-2015-mais-l-administration-Obama-l-a-ignore-d-apres-Vladimir-Poutine/

 

Puis ce lien, aussi :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/06/jouons-la-balle.html

 

 

 

 

Trump, c'est Le Mal

 

Bon, en vérité, je n'ai pas grand chose à dire aujourd'hui même sur Trump, mais il fallait quand même bien le citer dans tout cela. Trump et le Brexit sont fréquemment cités comme les conséquences d'un « populisme » galopant, sous entendu, là aussi, « le populisme, c'est Le Mal », quand bien même il s'agit d'une manifestation des intérêts du peuple. Ce qui montre bien comment, encore une fois, dans nos « démocraties » donneuses de leçon et fauteuses de guerres, on considère le peuple : une marmaille dangereuse, bruyante et profondément stupide, à qui on a donné le droit de s'exprimer que par pure magnanimité, ce qui n'oblige quand même pas à l'écouter. Il vaut mieux l'abrutir, le diviser et l'occuper.

 

Trump est sans doute un individu assez grossier et relativement paumé dans la géopolitique moderne, et aussi un pion d'une certaine oligarchie (car il ne faut pas se leurrer à son sujet), mais il avait été élu par un peuple, et on l'empêche de concrétiser sa politique. Voilà qui en dit long sur la réalité de nos démocraties, s'il était besoin.

 

 

Macron, c'est le Mal

 

Récemment, je me suis souvent dit qu'au fond, Macron était en réalité, d'une certaine façon invertie, le Trump français, si on tient compte d'une certaine logique politique : Macron est un produit de la finance, comme Trump. Il est un autre produit de l'électoralisme de masse lessivé et manipulé, comme Trump. Comme Trump, il a effectué un rapprochement avec la Russie, et exprimé quelques doutes sur la Syrie. Comme Trump, il est opposé à une politique purement néo-conservatrice, tout en étant issu d'une tradition politique typiquement américaine, et comme Trump, il marque une illusoire rupture avec la politique traditionnelle. Et comme Trump, il échouera et fera n'importe quoi. C'est déjà en cours, dans les deux cas.

 

Et s'il est comme Trump, d'une certaine façon, c'est qu'il n'est pas non plus le mal incarné. Il est seulement une partie non négligeable de ce mal qui corrompt le monde avec la finance, avec l'idéologie de la réussite personnelle, etc. J'ai assez parlé de Macron par ailleurs, aussi je ne m'éternise pas. Je propose simplement un lien qui synthétise ses 40 premiers jours d'exercice du pouvoir, suivi d'un lien humoristique qui montre à quel point il est facile de désigner le mal des autres, pour mieux dénier sa propre responsabilité dans celui-ci, ainsi que pour mieux manipuler l'opinion :

 

https://www.youtube.com/watch?v=USg1VK9_XWo

 

https://www.youtube.com/watch?v=fIANsML0f2w

 

 

 

Le complotisme, c'est Le Mal

 

Autre vaste sujet déjà largement discuté sur ce blog. On tente de nous faire croire que contester tout aspect du système ne débouche que sur le complotisme, et il est bien entendu que le complotisme est une faute morale. Assez grave, qui plus est.

 

Ainsi il est interdit de contester le bien-fondé des médias possédés par des industriels, de la science universitaire qui tourne en boucle sur ses propres certitudes (et qui saurait prétendument se remettre en cause systématiquement et en toute circonstance, alors que tout démontre le contraire), de la médecine officielle (car il y en a bien une, elle est subventionnée, financée, etc., et si elle est exceptionnelle sur certains aspects, elle l'est beaucoup moins sur d'autres, en plus du fait que bien qu'on la défende d'un côté, on l'ampute de l'autre en supprimant du personnel hospitalier, autre intéressant paradoxe de notre époque qui ne s'assume pas elle-même), et j'en passe.

 

Pourtant, la liberté de contester le pouvoir et la domination est et doit être la première des libertés, en démocratie. S'il fallait choisir, il n'en existerait pas d'autre, car celle-ci est fondamentale. Certes, on l'a dit maintes fois, il y a un complotisme imbécile et de bas étage. C'est que les gens se défendent avec les armes qu'ils ont. Autrefois avec des fourches, maintenant avec le peu d'esprit critique et de liberté de pensée qu'on leur accorde et qu'on consent à lui inculquer, au sein des écoles, industrie du formatage intellectuel occidental.

 

Le complotisme n'est pas le mal, parce qu'il est l'impulsion vers la liberté. Si on ne pouvait critiquer les excès et les détours immoraux du pouvoir, on serait réduits à cet état de Charlie-zombies, à embrasser un flic comme l'autre, mon ancienne idole des banlieues, et tant qu'on y est, pourquoi pas à s'enfourner avec concupiscence la matraque qui nous remet dans le droit chemin de l'acceptation de la doxa et de l'état qui nous « protège » contre le terrorisme. Je suis Charlie, je ne suis plus moi, je suis l'ombre qu'on a voulu que je sois, et je marche là où l'on m'a dit de marcher. Et tant pis si la désobéissance civile est un devoir constitutionnel. Je m'appelle quand même citoyen, si je veux !

 

 

 

La foi, c'est Le Mal

 

Je voulais en fait ici parler de doute et de zététique, mais je ne me voyais pas écrire que le doute c'est le mal. Je voulais parler des excès des doutes, des excès de la foi. Le zèle zététicien demeure tout de même une des formes les plus stériles de la psyché, qui engendre immanquablement une sorte de nihilisme, je dirais même, un mysticisme épistémologique.

 

Il faut douter, oui, c'est important. Il faut avoir conscience des apports de la science. Mais cela fait maintenant des siècles que l'on conteste celle-ci, sa posture de toute puissance, et certains en sont encore à l'ériger en Église. C'est qu'il faut décidément du temps à l'humain pour comprendre, pour progresser réellement, évoluer, saisir que l'intellectualisme ne peut pas être la voie.

 

Lorsque je mets en avant des découvertes scientifiques, lorsque je critique le zététisme, je ne perds jamais de vue ces choses là. La science est utile, et la pensée scientifique peut même entrer dans une discipline et une sorte d'hygiène mentale. Elle peut être un très bon complément, par exemple, aux pratiques intuitives, pour les équilibrer, éviter de tomber dans des illusions confortables. Mais doit-elle pour autant être au centre de tout ? Un soleil autour duquel la planète de notre esprit devrait tourner ? Elle est un outil, sans plus. L'outil par excellence, pour ceux qui travaillent au sein de la science, bien sûr. Mais elle n'a pas vocation à devenir religion pour tous. Certains s'en passent très bien.

 

Dans cette vidéo (que j'ai trouvé vraiment très mauvaise, et que je déconseille), ce que j'ai préféré est le premier commentaire, le mieux noté :

 

https://www.youtube.com/watch?v=UjQ2Jk-yT9U&t=2282s

 

En effet, à trop vouloir « faire le bien », on peut tomber dans toutes sortes d'écueils moraux. L'un des problèmes des zététiciens est de vouloir mettre leur nez partout dans les affaires des autres, une sorte de prosélytisme intellectuel, qui vise à convertir ceux qui pensent autrement à la bonne pensée. Il peut m'être arrivé, à moi et sûrement à bien d'autres, de vouloir convaincre autrui que j'avais raison. D'alerter, aussi, sur un danger, comme je l'ai fait sur certaines démarches sectaires, mais surtout sur le pillage des traditions qui est effectué dans le new age, par exemple. C'est légitime, mais encore faut-il ne pas en faire une profession de foi, sinon, l'on propage nos erreurs à la place d'autres erreurs. Il faut de l'humilité. Humilité rarement rencontrée dans le milieu zététique, où l'attitude dominante consiste tout de même à ramener les gens dans le giron de leur église de pensée, comme s'il ne pouvait, comme s'il ne devait pas y en avoir d'autres.

 

Malgré mon attachement à la vérité, malgré mon mépris pour le relativisme, j'ai appris à respecter l'idée qu'il pouvait exister d'autres formes de sciences que celle, officielle, régie par la méthode cartésienne. Cela n'est pas un mal, et tout au contraire, cela ouvre des portes. Je l'ai souvent dit à propos du chamanisme et d'autres formes de quêtes de la connaissance ésotérique. Et si ces formes ont souvent été dévoyées par des mouvances sectaires, cela ne doit pas interdire de les utiliser. Même la science officielle a ses détours honteux et même scandaleux, et ô combien ! Aucune démarche n'est irréprochable, et peu me semble foncièrement mauvaises, du moment qu'il y de l'honnêteté. Que chacun choisisse donc celle qui fonctionne pour lui, sans rejeter les autres avant de les avoir honnêtement critiquées. C'est ce que je prône.

 

Et qu'on en finisse avec cette espèce de religiosité dogmatique de la « Vérité Scientifique ». Cette volonté de trop bien faire nous perdra.

 

 

 

Le terrorisme, c'est Le Mal

 

On en revient aux sujets politiques évoqués plus haut. Je citerais seulement un article, pour remettre les choses en perspective :

 

http://reseauinternational.net/la-veritable-definition-du-terrorisme-cest-ce-que-font-les-usa-la-gb-israel-et-larabie-saoudite-au-moyen-orient/

 

Ne l'oublions jamais. Si exterminer arbitrairement des êtres humains est évidemment mal par principe, ce mal a été engendré par un autre. On a donné toutes les raisons au terrorisme d'exister, on l'a même financé, entraîné, en plus d'encourager la violence par la guerre et l'humiliation de régions entières. Et maintenant on vient nous dire que ces gens, ces terroristes, à qui on a en réalité inculqué leur nouvelle vocation, sont foncièrement mauvais. Peut-être qu'on les a un peu poussés dans ces retranchements ?

 

Le terrorisme est indubitablement l'un des maux de notre époque. Mais il n'est pas sorti de nulle part, d'une simple impulsion du mal pour le mal, né dans une région qui avait toujours été vouée à cela. Il a des causes, et ces causes, on les a encouragées. Voilà tout. Les gens qui pratiquent le terrorisme croient, eux, le faire pour le bien. À cela il faut méditer. Ces gens veulent le bien des leurs, de leurs semblables, et ils veulent le bien pour eux, selon leurs critères (c'est à dire ceux qu'on leur a mis dans la tête), selon leur religion.

 

Je ne vais pas défendre cette interprétation religieuse débile, ni même la religion. Je suis profondément athée au sens occidental du terme (je crois tout de même en une forme de transcendance, qui n'a rien à voir avec les formes puériles prétendues par les grandes religions). Mais je peux comprendre pourquoi et comment des gens qu'on a poussés à bout peuvent entreprendre ce chemin, comme d'autres ont voté Trump.

 

Mais il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Le simplisme de la « pensée » officielle ou dominante revient toujours, au fond, à la même chose : désigner un mal, le combattre. Jamais on ne cherche vraiment à en comprendre les causes. On l'a vu avec l'histoire de « la culture de l'excuse ». Comprendre serait vouloir excuser... Quel amalgame scandaleux et débile, en vérité ! Plus loin, je vais parler de pédophilie. On m'accuserait alors de vouloir excuser un crime ? Vous voyez, c'est facile avec la pensée simpliste. Il y a des gens qu'il ne faut pas défendre. Ils ne devraient pas avoir droit à un avocat. Les terroristes, les pauvres en général. Les riches, on peut tout leur passer. Ils démissionnent, et on peut oublier. Le pauvre ne démissionne pas, lui, il n'a pas ce luxe. Chômeur, clochard, juif, musulman ou pédophile, il sera ridiculisé, ostracisé, persécuté. Il ne lui reste plus que le suicide et les actes désespérés, auxquels appartiennent les techniques kamikazes. On pousse à la violence et au désespoir. De toute façon, les terroristes n'ont vraiment pas besoin d'avocat. On les tue ou ils s'exterminent eux-mêmes. Espèce en voie de disparition, normalement. Sauf qu'on les forme, et c'est pour ça qu'il y en aura encore et encore... Alors si Mal il y a, encore faut-il remonter à son origine.

 

 

 

Le totalitarisme, c'est Le Mal

 

Là il faut vraiment se faire l'avocat du diable. C'est le point que j'ai le plus souvent dénoncé sur mon blog : la course irrémédiable vers une certaine forme de totalitarisme. La désaffection organisée pour la politique pour mieux orienter les gens vers le loisir, la jouissance immédiate, la perdition.

 

Dans le meilleur des mondes, Huxley nous décrit la forme probable que pourrait prendre cette société, à l'extrême. Ravissement des bébés à leurs familles, uniformisation de tous, institutionnalisation de la drogue pour que tout le monde puisse se sentir assez bien dans une société où son destin est réglé et imposé.

 

Est-ce Mal ?

 

Cela convient à la masse. La masse des gens est dans la norme, c'est à dire dans la partie épaisse de la courbe de Gauss, en terme d'opinions, de perception de la réalité, d'orientation sexuelle, de choix religieux, de vie familiale, etc. La masse est adaptable, malléable. Son degré d'indépendance et d'autodétermination est faible, proche de la nullité absolue. On peut la conformer à peu près à toute idée, avec le minimum de matraquage, lui faire acheter à peu près ce qu'on veut, avec une certaine dose de publicité. On peut lui faire accepter aussi bien la liberté sexuelle que la répression sexuelle, avec les bons arguments.

 

La masse ne connaît pas la misère sexuelle, si on régule sa sexualité. Il suffirait de forcer le mariage (pour tous, idéalement), voire de légiférer pragmatiquement sur la prostitution. Du moment que les supermarchés sont pleins, elle n'a pas faim non plus, ni soif, et elle peut dépenser le surplus en DVD et autres loisirs. Du moment que ses besoins primaires sont étanchés et que son attention est occupée par les loisirs, le spectacle, le divertissement, il semble qu'une telle société puisse durer indéfiniment. Ce serait alors la société idéale... en apparence.

 

Une société où il n'y a pas de place pour la liberté personnelle en dehors de ce que permet le gouvernement, est mortifère au possible.

 

Tous ceux qui sont dans une certaine marge de la courbe de Gauss ne peuvent y exister, tout simplement. Selon la rigidité du système, qui reste le curseur principal de réglage, cela peut constituer 5%, ou jusqu'à 20 ou 40% des membres de la société, qui ne peuvent s'y épanouir. Cela peut constituer une proportion et une masse colossale d'êtres humains condamnés à la souffrance de la non-existence, soit qu'on les parque dans des prisons et autres équivalents futuristes du genre, soit qu'on les réforme dans de grands centres psychiatriques, pour comprendre « ce qui ne va pas chez eux », et les réinsérer, c'est à dire leur reformater le cerveau.

 

Ayez alors un style de vie un peu particulier, une personnalité très atypique, sans pour autant avoir des pulsions de meurtre, ou encore une orientation sexuelle vraiment trop difficile à prendre en compte par le système, ou bien des idées très à vous sur la spiritualité, et les ennuis commencent, et c'est pour la vie. Peut-être êtes vous asexuel, réfractaire au mariage ? Peut-être ne supportez-vous pas ce qu'est devenu l'art, totalement aseptisé et sans âme dans cette société ? Peut-être le fait d'avoir été enlevé à vos parents au plus jeune âge a-t-il constitué un super-traumatisme, partagé par l'ensemble de la population. Cela favorise aussi bien la soumission au système qu'un dérèglement de la psyché et donc de l'équilibre hormonal de votre corps. Peut-être tout le monde y serait-il dépressif ? Mais alors, il suffirait de droguer tout le monde, comme dans le roman d'Huxley.

 

Et alors, ce paraîtrait vraiment le meilleur des mondes. Un monde où le besoin de faire des choix difficiles ne nous serait même pas permis, ce qui nous ôterait un sacré problème (pour le remplacer par un autre bien pire), etc.

 

Le totalitarisme n'est pas seulement un délire futuriste. Il a toujours existé, et il est toujours passé par différentes formes de régulations sexuelles, du mariage ou de la famille, des tabous. L'excision en constitue un phénomène exemplaire, par exemple. Or je me rappelle avoir lu d'intéressants textes, que j'avais peut-être posté sur ce blog, il y a de nombreuses années, sur des parallèles établis par des anthropologues et la tendance à la guerre, chez les peuples soumis à l'excision et à la circoncision. On me rétorquera que ce genre de théorie sent mauvais, mais moi je reste ouvert, et lorsque je lis qu'il y aurait corrélation entre mutilation génitale et attitude belliciste, je m'intéresse. Je m'intrigue, je m'inquiète.

 

Car tout totalitarisme fonctionne sur la base d'une mutilation, fut-elle physique, psychique, symbolique, sociale, familiale, ou un mélange de ces choses. Peut-être que toute mutilation ne conduit pas à la guerre. Par contre, je sais que toute mutilation conduit à un traumatisme et que, chez l'homme, tout trauma a des conséquences, surtout quand il est appliqué à une population entière. On peut s'interroger, par exemple, sur la tendance, aux USA, à ces fusillades à répétition, qui semble être la réponse à quelque chose qui ne va pas dans leur société. Un non-dit en rapport avec la jeunesse, le système éducatif, peut-être la société en général, le rapport entre cette population et le port d'armes, et la manière dont il s'articule avec le reste de la société. Je n'ai pas les réponses, seulement quelques suppositions, et mon propos n'est pas ici de développer particulièrement ce sujet, aussi je m'interroge.

 

Mais pour conclure cette partie, je dirais simplement : pour moi, le totalitarisme c'est Le Mal. Parce que je tiens à ma liberté de pensée, parce que j'ai conscience de ses conséquences extrêmement graves et dommageables, notamment sur le plan psychique et spirituel. Mais pour la plupart des gens, le totalitarisme est souhaitable, car il constitue, pour des personnes « normales », sans pensée autonome ni capacité à exister par eux-mêmes, une sorte de garantie de conforts minimums. Et cela au prix d'individus différents qu'ils jugent menaçants, et dont la disparition, le reformatage psychique, l'incarcération voire l'extermination peut leur paraître souhaitable. Ceci est excessivement dangereux, inhumain par excellence. Et je crains qu'il faille savoir accepter un certain degré de déviance et de non-contrôle, pour préserver une société saine... Déjà que l'urbanisme nous a sévèrement porté atteinte, sans même que l'on s'en rende compte.

 

 

 

Les vaccins, la médecine classique, la nourriture industrielle, c'est Le Mal

 

Je ne m'attarde pas trop sur ce point, il a été évoqué à travers le totalitarisme et la zététique, d'une certaine manière. Je veux simplement rappeler que ces choses, si souvent sous le feu des critiques, actuellement, ne sont pas mauvaises en soi. Elles comportent certains avantages, tout de même.

 

Le seul vrai problème est que nous n'ayons pratiquement pas le choix entre ça et autre chose, surtout si nos moyens sont limités. Comment ferais-je, en pleine ville, sans travail, pour me nourrir vraiment mieux ? Je peux éviter de me faire faire mes rappels de vaccin, mais même avec mes connaissances naturopathiques, je dois bien faire appel à un médecin de temps en temps. Et ceux ci n'appliquent que les méthodes qu'ils ont apprises...

 

Bon. Il n'existe pas de monde idéal où nous serions parfaitement en sécurité, et ce monde qui ne saurait être que totalitaire n'est pas souhaitable. La paranoïa ambiante autour des médicaments et des produits industriels est, chez certains, la vraie pathologie. Si tout cela était si toxique (et ça l'est, j'ai un cas dans ma famille qui est parlant, sur les médicaments), nous serions tous chroniquement malades, or ce n'est pas tout à fait le cas. Certes, les maladies chroniques progressent. Il y a du souci à se faire. Mais ce n'est pas la faute, en propre, des médicaments ou des plats préparés. C'est plutôt un ensemble de choses : la sédentarité, l'urbanisme, la surpopulation, le consumérisme, l'idéologie de la croissance, la croyance scientiste dans le progrès (qui nous fait croire que l'on doit fuir en avant car tout problème sera résolu en temps et en heure, sorte de foi religieuse imbécile et aveugle dans le technicisme), etc. Tout cela induit pollutions diverses, nécessité d'une agriculture intensive et concentrée, quasiment hors-sol. Appauvrissement de nos ressources, donc affaiblissement de nos organismes face aux pollutions que nous créons : un véritable ensemble, un cercle vicieux abominable. Aucun des éléments n'est en faute en soi. Ce sont tous les éléments mis ensemble qui favorisent les maladies chroniques, et aussi nos modes de vie désenchantés, aseptisés et déshumanisés qui engendrent la dépression, et donc aussi la division, la violence, la haine du voisin, de l'étranger qui est omniprésent dans un monde où l'on vit de plus en plus entassés, etc. Reprocher aux vaccins ou à la nourriture industrielle un autisme galopant qui peut aussi bien s'expliquer d'autres manières, comme par exemple la coupure de plus en plus nette entre les individus occidentaux, est un peu court, mais comment pourrions-nous prendre conscience de cet ensemble ? Cela est beaucoup trop complexe pour la plupart. Alors on se focalise sur les médicaments, sur la voiture, les particules, les champs électro-magnétiques, sans comprendre que c'est l'ensemble qu(il faut remettre en cause. Il ne saurait y avoir d'amélioration réelle, si nous supprimions les médicaments, sans modifier le mode de vie qui en rend beaucoup nécessaires.

 

Mais même au-delà de tout ça, il ne saurait, je l'ai déjà dit, exister aucune société idéale, aucun monde idéale. La nature inclut la violence, la prédation, la tromperie, et l'homme est issu de cela. C'est peut-être pour cela qu'il peut être si violent, si prédateur, si menteur. Sans ces attributs, il ne serait peut-être pas sorti du chemin de l'évolution pour accomplir ce qu'il a accompli, et que certains s'ingénient à haïr. Si l'homme est si « mauvais », selon eux qui souvent vénèrent la nature, c'est peut-être alors au fond parce que la nature est si mauvaise... piège de la pensée dualiste, et piège des émotions primaires et simplistes.

 

Le seul reproche que j'adresse personnellement à l'homme est de sous-utiliser son intelligence, notamment pour dompter ses instincts. Partout ce n'est que calculs, mesquineries, méchancetés, petites ou grandes haines, jalousies, pulsions, colères, et surtout, des peurs. Partout, des peurs, en tous genres, et cette peur qui guide la médisance, la violence, la haine, le rejet, la honte, la trahison, etc. Nous n'agissons pas très différemment d'une communauté de chats (j'adore les chats). Si vous les regardez, ils se jalousent, se griffent, se crient après, protègent leur petit coin à eux, certains sont craintifs, d'autres agressifs. Il y en a de possessifs, des dédaigneux, des affectueux, des griffeurs, des voleurs, des attentionnés, des « normaux », des « originaux ». Même certains semblent avoir des capacités extra-sensorielles, et d'autres pas du tout. Mais les chats, eux, ne légifèrent pas contre leur prochain, ou pour préserver leurs petits privilèges. Et ils savent se réconcilier, aimer inconditionnellement. Bien sûr, c'est qu'ils n'ont pas la capacité à être différents, mais s'ils l'avaient ? S'ils étaient à notre place ? Vous croyez qu'il n'y aurait pas de conflits politiques ? De conflits d'intérêt ? Des lois ? De la prédation de ressources, des meilleurs gisements de souris ?

 

https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/chats/les-chats-responsables-d-un-desastre-ecologique_105142

 

Vous me direz, ce n'est pas la faute du chat, mais la faute de l'homme qui a implanté le chat partout, et c'est sûrement vrai. Mais rien ne nous dit qu'il n'existe pas ou n'a pas existé une autre espèce, par le passé, qui aurait causé des désastres, voire des extinctions. Il semble que l'homme soit responsable de l'extinction actuelle, mais toutes les extinctions détectées dans un passé lointaine ne sont pas expliquées avec certitude, et il a pu y avoir des extinctions de moins grande ampleur, locales ou continentales, causées par des espèces particulièrement efficaces dans la prédation, comme peut l'être le chat. Était-ce pour autant de leur faute, si cela est arrivé ? Ils suivaient simplement ce pour quoi la nature les avait conçus. C'est alors « la nature » qui serait « fautive » (conception humaine que la faute, s'il en est).

 

 

La pollution, c'est Le Mal

 

On peut prolonger brièvement cette réflexion autour de ce point. Il semble que la planète puisse engendre elle-même ses propres pollutions, par exemple avec la perforation de poches de méthanes.

 

http://www.slate.fr/story/48317/methane-climat

 

Ce serait même l'explication avancée pour le triangle des Bermudes, depuis bien longtemps déjà :

 

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/mers-et-oceans/le-mystere-du-triangle-des-bermudes-explique-par-les-bulles-de-methane_102477

 

On sait ce que je pense de l'hystérie climatique. Mais en vérité, la planète n'a pas besoin de l'homme pour crever ses poches de méthane. Il suffirait, selon la théorie, d'une variation naturelle de température comme elles se produisent tout le temps. Ce n'est pas comme si la planète s'était dit « tiens, je vais préparer ses poches de gaz pour faire chier les humains s'ils foutent la merde. Premier qui m'emmerde, je lui pète au nez ! »

 

La propension à cette conception anthropocentrique avec les dieux et les déités m'a toujours intrigué. Comme si le monde avait vraiment un besoin de nous punir de quoi que ce soit ? Au mieux, nous sommes des puces un peu agaçantes, sur la peau d'une Gaïa. Alors admettons, elle se gratte, elle pulvérise un peu d’hommicide sur sa peau, pourquoi pas ? Mais ce besoin de voir des punitions partout, cette pulsion de légifération, de moralisation, il n'y a bien que l'humain qui me semble exprimer ça dans l'univers. Et pourtant, il dit lui-même que son Dieu ne serait qu'amour et pardon, alors quoi ?

 

Le fait est que la pollution est un problème. Mais avant d'être un mal, c'est la conséquence de l'existence... tout être vivant produit des déchets, même les végétaux, sous forme de gaz, justement. Au lieu d'y mettre toujours cette connotation morale totalement aberrante, nous ferions mieux d'y trouver de vraies solutions pratiques. La politique sur le climat est d'une imbécillité absolue, à cet égard, puisqu'au lieu d'empêcher des pollutions, on vend des droits à polluer, c'est à dire que l'on rend légitime, morale, autorisée, la pollution. Il s'agit donc bien uniquement de légifération et de relents religieux à la façon des indulgences papales, et pas d'une attitude scientifique et raisonnable. L'homme en revient toujours à ses non-solutions, à remettre au lendemain, en prétendant qu'il sera pardonné. Pour moi il n'est pas question de pardon ou de pécher, ça n'existe pas. Il s'agit juste de savoir si on veut vivre dans notre merde, et l'imposer au reste de la planète. Nous avons construit les égouts, pour répondre à la première question, mais c'est tout. Nous n'avons jamais vraiment daigné pousser la réflexion ni la pratique au-delà de ce genre de fausse solution... puisque ce qui va dans les égouts se retrouve au final dans les océans.

 

L'homme ne saurait-il que s'auto-flageller ? Ni les écologistes, ni les scientifiques, ni personne, ne semble être apte à proposer une solution pratique, intelligente et applicable à la fois. Dans tout cela, la moralité, l'éthique et l'écologisme ne me paraissent que vaines agitations psychologiques sans issues.

 

 

 

La souffrance animale, c'est Le Mal

 

Idem avec cette question. La souffrance animale ne me semble être que l'un des innombrables dégâts collatéraux dus à notre mode d'existence autant qu'à notre incapacité à aborder raisonnablement ces questions. Ainsi on a récemment agité un peu l'opinion avec la question de la corrida, comme si elle était centrale par rapport à celle des animaux d'élevage. Les « défenseurs des animaux » que je connais sont hélas invariablement des individus en souffrance, qui projettent sur les animaux leur propre martyr, sans le solutionner, au contraire, ils l'intensifient, comme si leur propre souffrance changeait quoique ce soit à la condition animale dans le monde.

 

Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire. J'entends juste qu'il faut cesser de gaspiller son énergie et sa santé mentale en vaines agitations psychiques. Je ne sais pas quoi ni comment faire, cela dit, et en vérité, je crois là aussi qu'il n'y aura aucune solution à trouver au sein du cadre dans lequel nous vivons, parce que nos modes de vie empêchent que des solutions à plus petite échelle puissent être exercées. On peut bien sûr passer par le végétarisme, mais alors avec une totale ignorance pour la souffrance végétale, si elle existe.

 

Mon propos aura pu sembler jusqu'ici assez cynique et fataliste, mais en réalité, je veux juste faire comprendre qu'aucune solution partielle n'est souhaitable, rien de plus. C'est pourquoi je répugne au tri, au recyclage et à tous ces artifices hypocrites pour faire paraître le système acceptable. Le système n'est pas acceptable. Mais sait-on comment le remplacer ? Pas vraiment, soyons réaliste. Tout ce qu'on peut faire, c'est réfléchir à comment changer de paradigme.

 

 

La surpopulation, c'est Le Mal

 

J'ai gardé celui-ci pour la fin, ou presque. Il me semble que c'est l'un des trop souvent non-dit de la problématique mondiale que nous connaissons, difficile à aborder car il plane sur lui l'ombre du malthusianisme, et la crainte profonde de remettre en cause nos modes de vie, jusqu'à l'existence humaine elle-même.

 

C'est un paradoxe qu'une population extrême fasse peser la menace de la disparition d'une espèce. L'histoire zoologique prouve pourtant que cela peut être le cas. On peut débattre pour savoir si oui ou non nous sommes trop nombreux ou pas sur Terre, le fait demeure que nous n'avons jamais été si nombreux et que rien ne prouve que la planète puisse supporter longtemps une telle quantité. Qui plus est, la tendance va en s'accélérant, et si l'on en croit certaines données, nous franchissons désormais au mois d'août de chaque année le cap de nos ressources, ce qui signifie que nous vivons déjà largement sur nos réserves, plus d'un tiers de l'année, bientôt la moitié... Cela, si c'est juste, n'est évidemment pas viable.

 

D'autres arguments sont là pour prétendre que nous pouvons en fait fournir nourriture et ressources à l'ensemble de la planète « si nous voulions ». Peut-être, moi je veux bien, mais je constate que dans les faits, ce n'est pas le cas, et qu'il y a sûrement des raisons pratiques à cela. Les pays où les gens meurent de faim ne font pas sciemment un tel choix politique, à mon avis. Donc c'est qu'ils sont dans l'incapacité de produire ou d'importer la quantité de nourriture nécessaire, point. Je ne vois aucune raison pour que ça s'améliore à l'avenir, avec la population qui augmente en accélérant.

 

Je pense, après avoir un peu analysé la question, que nous pourrions atteindre 9 milliards d'êtres humains vers 2040-2050, puis entamer une lente descente aux enfers, sur tous les continents. Mais ce serait trop long à développer ici. L'important est que la croissance de la population va de pair avec l'idéologie de la croissance, ce qui empêche de prendre la mesure du problème, et encourage à considérer le malthusianisme comme un délire à la façon de l'eugénisme nazi. Je crois au contraire que ce serait, malheureusement, une solution assez pragmatique à ce problème, à condition que cela se passe dans un cadre moralement sain.

 

Il est évident dans mon esprit qu'il est hors de question d'interdire aux gens d'enfanter, et tout ce genre de truc. Il n'empêche, si on ne trouve pas des moyens intelligents de décourager les familles nombreuses (la méthode chinoise s'est avérée absolument désastreuse), rien ne s'améliorera. Quoiqu'on en dise, il me semble que la surpopulation, l'excès de population, est la première et véritable cause des problèmes de pollutions atmosphérique, aquatique, ainsi que de nos modes de vis industrialisés, consuméristes, des concentrations urbaines, bref de pratiquement tout ce qui ne va pas, à notre époque, et qui engendre même des guerres de ressources en plus grand nombre, et autres atrocités.

 

Se voiler la face sur la question de la surpopulation est bien dommage, je dirais même que c'est une terrible erreur qui, bien plus que toute mesure écologique non mise en place, porte atteinte aux générations futures. Là non plus je n'ai pas de solution, je prône simplement la prise de conscience. Prise de conscience qui pourra permettre davantage de réflexions collectives, au-delà de certains plans autoritaires de réduction de la population, dont on a entendu parler récemment, mais qui ne sont jamais présentés au public, ça va de soi. Pendant qu'on s'insurge sur un malthusianisme raisonné, on fait place à ce genre d'excès...

 

 

 

La pédophilie, c'est Le Mal

 

Terminons en mettant les pieds dans le plat du tabou des tabous. Domaine de l'hystérie par excellence, en vérité, dont je ne pouvais pas faire l'économie dans un article sur la perception du mal.

 

http://www.numerama.com/magazine/20260-faut-il-se-feliciter-que-des-anonymous-traquent-les-pedophiles.html

 

Il se trouve que, pour différentes raisons, c'est un sujet qui me touche d'assez près. J'ai été amené à travailler, comme travailleur social, en rapport avec ce sujet, et notamment dans l'organisation de la journée des droits de l'enfant. Dans ce cadre, j'avais été confronté aux statistiques de l'inceste et de la délinquance sexuelle envers mineurs. Je n'ai plus ces chiffres, sinon je les aurais partagés sur ce blog depuis longtemps, mais cela m'avait fortement étonné à l'époque.

 

Par ailleurs, comme pour confirmer que ce problème est bien plus fréquent que l'on ne croit, j'ai rencontré plusieurs victimes de ce type d'abus, et en particulier d'inceste. Je me suis alors demandé s'il n'y avait pas autant d'agresseurs que de victimes, ou presque, ce qui aurait été logique (souvent, un agresseur ne s'en prend qu'à une ou deux personnes en particulier, qui peuvent subir cela toute leur enfance, voire au delà). Statistiquement, j'aurais du rencontrer autant d'agresseur, mais ce n'est arrivé qu'une fois. C'est bien normal, qui va se vanter d'être « pédophile » ?

 

A bien y regarder, ce terme est fortement problématique. On confond ainsi toutes sortes de profils sans aucun rapports entre eux, sinon cette inclination envers les plus jeunes. Le terme pédocriminel convient tout de même mieux, mais lui aussi pose encore problème, puisqu'il amalgame encore le trafiquant d'être humain (qui n'en a rien à faire des mineurs, lui, il veut juste de l'argent), l'abuseur effectif, l'abuseur potentiel, le simple fantasmeur, l'authentique pédophile qui ne passera jamais à l'acte par peur de l'interdit ou du flic, alors qu'il ne ferait jamais de mal à une mouche. Pire encore, il confond le consommateur de pornographie, le meurtrier d'enfant, et le simple quidam qui est attiré par plus jeune que lui, sans pour autant être un pervers (quoique dans nos sociétés, on mette facilement toutes ces choses sur le même plan, selon un principe tautologique, et c'est bien là ce que je dénonce).

 

Agacé par ces hypocrisies et ces amalgames, il y a assez longtemps, j'ai quelque peu enquêté sur ce sujet, par curiosité, peut-être par attrait pour le côté sombre de la chose. On est écrivain ou on ne l'est pas. J'aurais alors pu être inquiété comme n'importe quel abuseur véritable.

 

https://www.slate.fr/story/99923/pedophilie-efficacite-penale-morale

 

Mais ce qui me dérange véritablement dans ce sujet, c'est l'hystérie excessive. On en oublie qu'il s'agit avant tout d'êtres humains, et que la majorité des « éphébophiles » et autres « pédérastes » sont en réalité passifs et inoffensifs. La plupart n'oseraient jamais franchir le tabou absolu de la société moderne, tabou pourtant récent, puisqu'autrefois le mariage concernait largement des jeunes, voire très jeunes mineurs, sans que ça ne choque personne. Loin de moi l'idée de cautionner l'abus, bien au contraire. Mais il faut quand même se remettre certaines choses en tête. Savez vous que Juliette, dans Roméo et Juliette, a 12 ans ? On parle bien d'une histoire d'amour, de faire la cour, bref, on parle de mariage. Tout le monde trouve cette histoire magnifique, non ? Malgré la pédophilie clairement annoncée de l'histoire... Et on peste sur Nabokov, et sa Dolores qui a strictement le même âge. Changement d'époque, changement de mœurs. Ne me parlez pas de tabou universel, s'il vous plaît !

 

Alors quand des magistrats expliquent qu'ils ont peur pour leurs enfants en remettant des « pédophiles » en liberté, mais qu'ils n'ont pas peur d'y remettre des tueurs en série, je me dis quand même que quelque chose ne tourne pas rond. La perception judéo-chrétienne du sexe nous fait ainsi interdire les jeux vidéo à connotation sexuelle, mais pour les jeux de guerre et de massacre là vous pouvez y aller joyeusement. C'est pas tabou, ça. Et c'est d'autant plus idiot comme attitude que le crime pédophile est un de ceux qui connaît un des taux de récidive les plus bas. Là aussi, donc, on punit des gens pour leur orientation, pour ce qu'ils ont dans la tête, pour leurs péchés, pas tant pour leurs actes. Et attention, je différencie bien l'abus, du viol, du meurtre... Sens commun qui ne me semble pas si courant, de nos jours.

 

On peut d'ailleurs se demander à qui profite cette folie ? Mais une page très connue, qui abordait cette question, est désormais censurée (ou n'existe plus), ce qui montre qu'on régresse sans cesse sur cette question. Dans les années 1979, aux Pays-Bas, vous pouviez encore écrire cela (qui peut être assez choquant, aujourd'hui, et pourtant il y a un certain bon sens dans ce texte) :

 

https://www.ipce.info/library_3/files/psvg_79_fr.htm

 

Tandis qu'aujourd'hui, si vous rappelez simplement qu'il faut avoir une approche pragmatique de la question, dans le but d'améliorer la société, d'éduquer les gens qui ne savent pas comment gérer leur problème, on vous dit que vous faites « l'apologie de la pédophilie » (voir en milieu de page, c'est en anglais, mais clairement, l'auteur de l'article ici pointé du doigt ne fait que rappeler un certain bon sens juridique et humain, et même de protéger les mineurs) :

 

https://fr.sott.net/article/30703-La-chute-de-la-civilisation-occidentale-la-gender-fluidity-signe-annonciateur-de-l-Enfer-postmoderne

 

Il est désormais quasiment impossible de raisonner sur ce sujet, et je pense que je prends des risques rien qu'à m'exprimer sans condamner ouvertement ces gens à la torture. Faut leur couper les couilles, et puis c'est tout. Nous vivrions alors dans une société barbare. Je ne veux pas de ça.

 

Il existe au Canada notamment, de très bonnes initiatives pour aider ces gens. Oui, les aider. Est-ce humain ? Vous croyez qu'ils ont choisi cette tendance, que ce sont tous des sadiques méchants, sales et ricanants ? Il y en a peut-être parmi vos proches. Ce n'est pas arrivé dans ma famille, mais c'est arrivé dans celle de certains de mes amis, c'est même arrivé à un de mes amis, par son cousin, mineur comme lui à l'époque, si je me souviens bien. Rien n'est jamais simple, mais si vous croyez qu'il faut juste haïr, se méfier, prôner l'intolérance, la violence, le rejet et la haine, et considérer cela comme pire même que le meurtre alors soit, mais n'oubliez pas pourtant que l'on détourne en réalité notre attention de véritables problèmes avec cette fixette sur ce problème.

 

Déjà des véritables abus pédophiles, qui sont sans aucun rapport avec des attouchements en catimini, dans l'ombre de la sphère familiale, comme c'est souvent le cas. Mais je n'ai vraiment pas envie de soulever toutes ces atrocités, bien réelles, ignobles, ces histoires de décapitations rituelles d'enfants. Des histoires que l'on étouffe partout, parce qu'elles touchent des gens « importants », qui abusent vraiment de leur pouvoir et de leur impunité. On met sur le même plan des meurtres sans nom et une sensualité coupable due à la faiblesse humaine.

 

Peut-être est-ce du à notre nature animale, encore une fois. Dans la nature, un individu est sexuellement actif dès sa puberté. Chez l'homme, ces derniers siècles, c'est devenu un scandale, un impensable, la faute ultime. Je crois sincèrement que c'est en culpabilisant cela à outrance qu'on encourage le crime. Non qu'il faille encourager, ou laisser faire, à vrai dire je ne sais pas, je suis ignorant, malgré tout ce que j'ai pu accumuler comme informations sur ce sujet. Il m'a semblé que les victimes sont toutes différentes, que les agresseurs n'en sont pas toujours au sens où on veut bien l'entendre, que rien n'est jamais si simple, si noir et blanc (sans vouloir sous entendre que des victimes l'auraient cherché, attention, encore une fois, c'est plus compliqué), et que les blocages moraux de la société ont, forcément, transformé des relations qui auraient pu être possibles à une autre époque, une relation aussi saine ou aussi malsaine qu'une autre, en un crime absolument abominable et intolérable. Ce qui fait que ça ne peut plus se vivre que dans la clandestinité et donc favorise le crime et la dissimulation, pour échapper à la sanction.

 

J'ai vraiment tendance à croire que c'est une machination. Une fixation de plus pour diviser les gens, les rendre fous et méfiants, leur interdire ce que la nature de certains encourage. Je ne dis pas qu'il faut tout laisser faire. Peut-être en effet est-ce vrai que, chez l'humain, ce comportement est à bannir. Peut-être est-ce vrai qu'en effet, les victimes ne peuvent pas vivre une vie normale après cela. Ou peut-être est-ce à cause de toute la faute morale que l'on fait peser sur les protagonistes, les 25 couches de drame qu'on rajoute systématiquement sur ces cas. Regardez le film « Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué ». Il y a aussi un livre.

 

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=60574.html

 

https://www.babelio.com/livres/Buten-Quand-javais-cinq-ans-je-mai-tue/12316

 

Histoire qui a le mérite de mettre en scène l'hystérie des adultes face à des manifestations d'affection spontanée de la part d'enfants. Cela remet en perspective nos notions sur la sensualité, l'affection, la sexualité, bien au delà des projections des adultes et des blocages sociaux qui verrouillent jusqu'à la possibilité même d'y réfléchir. Et c'est ça qui est peut-être le plus grave à mes yeux.

 

Non, je ne cautionne ni ne tolère aucune violence, aucun abus d'autorité, mais je ne cautionne pas non plus cette haine absolue, ce rejet imbécile. Dans mon voisinage, j'entends parfois une mère hurler pendant des heures après ses enfants. J'ai été tenté de signaler le cas mais ça s'est un peu calmé dernièrement. Peut-être juste car plus discrète... N'est-ce pas un abus ? N'est-ce pas grave ? Pourquoi considère-t-on des attouchements comme tellement plus graves qu'une maltraitance verbale quotidienne ? Est-ce que ça ne laisse pas, au fond, les mêmes séquelles ?

 

Je ne sais pas. Je remarque juste que certains, à l'avis très tranché, savent quoi faire aux « pédophiles ». Sur les autres cas, plus banals, on ne les entend jamais. Peut-être qu'ils cautionnent cette autre forme de violence, au fond. Deux poids, deux mesures. Point besoin de raison, l'émotion suffit, même si, en fait, cela ne règle pas le problème, et donc le perpétue. Là encore, on aboutit au même constat que pour les autres sujets. On s'agite beaucoup, on promet beaucoup, on vocifère beaucoup, mais on ne prend jamais le temps de réfléchir posément pour agir intelligemment. De mieux comprendre pour mieux solutionner, de chercher les réponses qui amèneraient à plus d'harmonie et à moins de chaos. Et tout cela sans parler du fait que le sujet a toujours servi de cheval de Troie pour la censure du net.

 

 

 

Conclusion

 

L'article est déjà long, et je vais encore en rajouter... En guise de conclusion, je voudrais juste commenter un article de Dmitry Orlov, assez régulièrement cité sur ce blog, et qui aura le mérite de faire le lien entre plusieurs des thèmes importants de l'article : la Russie, la surpopulation, la société de consommation, etc. Dmitry Orlov s'exprime, justement, assez souvent avec une approche pragmatique, rappelant dans un autre article que le terrorisme est une cause instrumentalisée, causant au final bien peu de morts par rapport à d'autres phénomènes sociétaux de notre quotidien (la voiture, par exemple). Ils nous propose ici une réflexion sous un angle anthropologique qui, vraiment, complète la réflexion que je viens de mener, sur la perception du mal comme sur l'état de notre société.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/06/est-ce-que-les-humains-sont-vraiment.html

 

Je cite quelques passages qui complètent mon propos :

 

« Maintenant, ces mêmes humains se trouvent à vivre dans des boîtes construites pour eux (appelées « logement »), s’habillent dans des vêtements fabriqués pour eux par des machines, mangent des produits industriels transformés et emballés dans du plastique et permettent à leurs enfants d’être élevés par des étrangers tandis que les adultes – les hommes et les femmes – travaillent dans des usines, produisant des choses pour que les autres puissent les consommer, en échange d’argent. Les hommes et les femmes n’ont plus de rôles distincts (en dehors de l’enfantement) et deviennent des unités de production abstraites non spécifiques à leur genre. Ils ne produisent plus de choses pour eux-mêmes parce que cela ne serait pas aussi efficace. Au lieu de cela, ils se spécialisent et sont payés pour produire des choses dont ils n’ont généralement pas besoin, afin qu’ils puissent consommer d’autres choses dont ils n’ont généralement pas besoin, générant des tas de déchets qui sont maintenant visibles à l’œil nu depuis l’orbite spatiale. »

 

 

 

« L’utilisation toujours croissante de sources d’énergie exosomatiques épuise les ressources naturelles d’une part et endommage l’environnement de l’autre. En temps voulu, ces deux effets vont commencer à influer sur la quantité de produits pouvant être générés et consommés. Quand cela va se produire, les machines ne vont pas s’arrêter, mais elles vont commencer à produire de plus en plus de chaleur perdue ou d’entropie. Par exemple, l’industrie des combustibles fossiles utilise de plus en plus d’énergie pour l’exploration et la production, l’agriculture industrielle utilise de plus en plus de produits chimiques et de plus en plus de richesse est consacrée au traitement des maladies causées par l’homme et liées à la pollution, comme le cancer.


Un effet secondaire est que, à mesure que les ressources naturelles s’épuisent, l’effort pour continuer à produire les mêmes résultats entraîne une plus grande dévastation environnementale : le pétrole provenant des sables bitumineux et de la fracturation hydraulique est beaucoup plus dommageable que les puits de pétrole conventionnels. L’extraction du charbon par arasement du sommet des montagnes est bien pire que son exploitation minière traditionnelle. Le résultat est un cercle vicieux. Il ne peut pas être inversé, mais il peut être étiré dans le temps, en ralentissant les machines et en les faisant répondre aux besoins de moins d’humains. »

 

En clair : plus notre société gaspille, plus cela augmente le taux de gaspillage futur. Et ainsi de suite. Et plus l'on gaspille, moins il y en a pour les pauvres. Pensez à ce que je disais sur la surpopulation.

 

 

« Il semblerait que les humains finissent par ne servir qu’une seule fonction : en consommant, ils donnent aux machines une raison de produire. »

 

Absurdité du monde moderne et du consumérisme. Et la morale déshumanisante qui l'accompagne. Plus on appauvrit la vie des gens, plus on leur impose des interdits divers et variés, en contradiction avec leur nature, mais favorisant néanmoins leurs vices.

 

 

« Tout cela indiquerait un grand élan pour influer sur une réduction massive de la population, de sorte que quelques personnes riches pourraient continuer à se la couler douce, tranquillement approvisionnées par des machines qui mâchent les ressources naturelles restantes tout en détruisant l’environnement à un rythme toujours accéléré. Ce n’est pas une spéculation sans fondement mais une tendance évidente. Nous pouvons constater que n’importe quelle perturbation à grande échelle est utilisée pour réduire la population. Dans une grande partie du monde, les crises financières et politiques sont utilisées comme occasions de dépouiller la sous-classe et pour enrichir davantage les classes supérieures. Le processus par lequel les riches deviennent plus riches alors que les pauvres continuent de devenir plus pauvres, souvent confrontés au problème de l’inégalité, qui doit être résolu, peut également être considéré comme une solution : à mesure que les pauvres sont plus pauvres, leur espérance de vie et leurs chances de succès en matière de reproduction diminuent, réduisant leur nombre, diminuant ainsi le fardeau des machines qui les maintiennent en vie. »

 

La solution facile, « non-violente », pour réduire la population au niveau des « besoins »...

 

 

« Par exemple, en Europe de l’Est, la destruction de l’héritage industriel soviétique et des relations commerciales a amené les populations de Lettonie et de Lituanie à baisser d’environ d’un quart depuis leur indépendance, et même ces chiffres sont dépassés par l’effondrement démographique qui se déroule en Ukraine. La Grèce a une forme aussi médiocre. Là, les taux de suicides sont en forte hausse, en particulier chez les personnes âgées maintenant démunies, tandis que certains jeunes choisissent de se prostituer pour le prix d’un sandwich ou de s’infecter par le VIH afin de bénéficier d’un soutien financier. »

 

Le résultat des pressions sur la Russie, entre autres. Dans un monde où l'on moralise certaines choses à l'excès, on finit par encourager l'immoralité et même la folie.

 

 

« Une autre façon de réduire la population consiste à promouvoir la toxicomanie. »

 

Comme dans le meilleur des mondes de Huxley, même si dans le roman, il s'agit plutôt de la contrôler que de la réduire. Ce qui, quelque part, revient au même.

 

 

Ensuite je ne le suis pas forcément sur l'agenda LGBTQ, mais soit. Et puis :

 

« Lorsque l’URSS s’est effondrée, environ 25 millions de Russes se sont soudainement retrouvés du mauvais côté de la frontière russe, préparant la scène à l’une des plus grandes catastrophes et calamités démographiques du XXe siècle. Mais elle a été ignorée et supprimée de l’Histoire en Occident, car ce n’était que des Russes. L’objectif a été de les décrire comme des « Untermenschen » – pas tout à fait humains, et donc inintéressants du point de vue des droits de l’homme – à moins qu’ils ne soient des LGBTQ, auquel cas ils pouvaient être utilisés pour accuser les Russes d’homophobie. Dans les pays baltes et en Ukraine, l’Occident considère qu’il est parfaitement légitime de considérer les résidents russes comme des citoyens de deuxième classe. Cela serait considéré comme une politique manifestement raciste si elle s’appliquait à tout autre groupe de personnes. Mais ce sont des Russes, et donc cela n’a pas d’importance. »

 

Bon, Orlov distille un peu de vision complotiste, mais ce qu'il dit n'est pas pour autant idiot. Et il dessine très bien les contours que pourrait prendre une société future, sur les bases de ce qu'on observe aujourd'hui, avec tous ces problèmes environnementaux, écologiques et économiques divers, la surpopulation, la propagande abêtissante et une morale caricaturale qui vise en fait surtout à brimer les plus démunis (les autres sont à l'abri, ce qui est absolument innommable pour les pauvres est parfaitement légitime, soudain, pour les plus riches).

 

 

Bref, pour conclure définitivement cet article excessivement long, mais qui me permet de faire le point sur différentes thématiques, je dirais simplement que l'homme moderne a une vision plus distordue que jamais des choses. Y compris de lui-même, de son propre mode de vie. Il ne sait plus ce qu'est la nature, et par conséquent, il ne maîtrise pas la sienne, et celle-ci l’écœure. Il en brime sévèrement les aspects qui lui paraissent les plus repoussants, surtout suivant une conception judéo-chrétienne bien mal assumée. Il s'obsède ainsi de certains sujets (notamment concernant l'animal et sa condition, justement) pour mieux ignorer les problèmes qui le concernent lui directement (la manière absolument désastreuse dont il gère sa sexualité, par exemple, entre interdits stricts et dérives fortement valorisées, selon les mentalités... tourisme sexuel, pornographie).

 

La question écologique ne l'intéresse que tant qu'elle peut lui permettre de garder bonne conscience et foi en l'avenir. Le respect de son environnement est tout à fait superficiel dans son esprit, en général, et, dans les faits, absolument pas appliqué, sauf par des mesurettes impuissantes à résoudre le problème de fond, qui est beaucoup plus ample.

 

La surpopulation, par exemple, est un sujet tabou qui ne l'intéresse pas beaucoup en général, tandis que pour d'autres tabous, il est nettement plus volubile et démesuré.

 

Sa paranoïa, alimentée par un monde en pleine agitation et en pleine déliquescence, s'exerce assez anarchiquement, et rarement sur les sujets qu'il faudrait, d'après moi. La passion, le moralisme, le dévorent, et occupent souvent l'essentiel de son attention, ce qui est bien pratique à utiliser pour orienter son attention, choisir ses indignations à sa place, et ainsi de suite. On verra d'ailleurs dans la prochaine revue de presse que les médias sont complices de nouvelles dissimulations assez troublantes.

 

La santé mentale de l'homme moderne est en péril. Mais ce n'est pas forcément à cause des vaccins ou autres. C'est à cause d'un chaos généralisé de désinformation, d'hystéries, de divisions vraisemblablement voulues, voire organisées, et sa tâche est de rassembler son esprit pour dépasser ce mur de haine et d'incompréhension, pour accéder à une nouvelle lumière, plus reposante, jetant sur le monde une vision certes plus nuancée, certes plus complexe, n'aidant peut-être pas forcément à prendre les bonnes décisions, mais empêchant certainement de prendre les mauvaises. C'est déjà ça.

 

 

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22 juin 2017

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste-N°21- Leçons de dissimulation de la poussière

Il se passe tellement de choses que j'ai eu énormément de mal à faire ce numéro sans le bourrer de liens, au point que cette quantité me fait me demander si je n'y noie pas mon message. D'un côté il me paraît toujours nécessaire de rentrer dans certains détails, pour bien présenter les faits, d'un autre je me dis qu'il faudrait aller à l'essentiel sans ressasser les mêmes types d'événements qui se répètent sans arrêt, au risque de perdre de vue que ma critique du système se base effectivement sur des faits.

 

Il faut donc comprendre que toutes mes assertions ne seront pas nécessairement sourcées, car je dois faire un choix entre efficacité de mon commentaire et quantité des sources. Dans ce numéro, j'ai donc élagué plus que d'habitude ces sources, pour tenter d'aller à l'essentiel. J'ai aussi aligné les sources pour mieux concentrer mon commentaire ensuite.

 

Il sera question des élections françaises et de toutes les manœuvres qu'elles cachent, ainsi que des manœuvres européennes, américaines, de Daech, et divers autres points que j'essaierai de relier ensemble.

 

 

Rappelons d'abord le contexte des dernières élections en France, avec de nouveaux records d'abstention :

 

http://www.les-crises.fr/une-vague-en-trompe-loeil-par-jacques-sapir/

 

http://www.dedefensa.org/article/abstention-ou-soumission-francaise

 

Et rappelons aussi d'emblée que tout cela est mêlé à un autre contexte de corruption politique devenu la norme dans nos pays, jusque chez les donneurs de leçons en la matière :

 

https://fr.sott.net/article/30751-Moralisation-de-la-vie-politique-emplois-presumes-fictifs-du-MoDem-la-ministre-des-Armees-Sylvie-Goulard-demissionne

 

https://francais.rt.com/france/40043-francois-bayrou-annonce-quitter-gouvernement

 

Tout ça pour revenir au point de départ, puisqu'on remplace des représentants d'un parti touché par des affaires de corruption par... d'autres membres du même parti :

 

https://francais.rt.com/france/40093-gouvernement-philippe-remanie-proches-macron-modem

 

On a déjà parlé de la tournure subtilement tyrannique qui pouvait s'annoncer avec cette gouvernance Macron, mais rassurons-nous, Jacques Attali (mon correcteur orthographique propose Attila), dans son langage habituel, mi-clair, mi-abscons, nous instruit que le président n'a pas de pouvoir :

 

http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/attali-avoue-que-le-president-n-a-73600

 

Ce qui n'empêche pas que lui et d'autres le conseillent, et que tous le recherchent, ce pouvoir, qu'ils soient de gauche, de droite ou du centre, à travers des officines américaines qui elles, c'est bien connu, ne s'ingèrent pas dans les affaires politiques des autres (c'est surtout l'article en bas de page qui est important, ici) :

 

http://www.dedefensa.org/article/etes-vous-bordel-compatibleet-poutine-compatible

 

Et c'est peut-être parce qu'il n'a pas assez de pouvoir, que ce président « se nomme chef des services secrets », selon RT :

 

https://francais.rt.com/international/39613-emmanuel-macron-se-nomme-chef-des-services-secrets

 

Ou c'est peut-être parce qu'il a conscience qu'il en a un peu trop et que cela pourrait susciter jalousies, animosités et problèmes, qu'il en appelle de manière tout à fait hilarante au contre-pouvoir... des médias qui l'ont porté sur leurs épaules à ce pouvoir :

 

https://francais.rt.com/france/39629-face-risque-parti-unique-lrem-cante-contre-pouvoir-presse-senat-droite

 

Autre événement plutôt intriguant, Macron participant à la rupture du ramadan, dans le but de porter une parole anti-terroriste :

 

https://francais.rt.com/france/40049-macron-ramadan-djihadiste

 

Mais ce n'est pas fini, puisqu'en parlant de terrorisme, il est question de prolonger encore l'état d'urgence, pour finalement le faire entrer dans la loi courante, c'est à dire faire de l'état d'urgence la normalité quotidienne, perspective futuriste encourageante n'est-il pas ? Or il se trouve tout de même que le conseil constitutionnel aurait quelque chose à y redire :

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/09/01016-20170609ARTFIG00106-interdiction-de-sejour-le-conseil-constitutionnel-censure-l-etat-d-urgence.php

 

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2017/2017-635-qpc/decision-n-2017-635-qpc-du-9-juin-2017.149083.html

 

A ce propos, il peut être utile de savoir la différence entre étage d'urgence, de siège ou de guerre, d'autant que certains militaires réclament désormais l'état de siège, qui est l'étage encore au-dessus, seulement utilisé lors des guerres mondiales :

 

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/decryptages/2016/07/19/25003-20160719ARTFIG00318-etat-d-urgence-etat-de-siege-etat-de-guerre-quelle-difference.php

 

Mais nous ne sommes pas les seuls à se poser ce genre de question puisque le Japon, qui n'a que je sache connu aucun attentat sur son territoire, s'y prépare :

 

https://francais.rt.com/international/39743-japon-vers-etat-durgence-francaise

 

Et je terminerai cette série de liens par ces deux là :

 

www.les-crises.fr/referendum-pietine-les-pays-bas-ratifient-le-traite-ue-ukraine-apres-un-an-de-polemique

 

https://francais.rt.com/economie/39976-union-europeenne-prolonge-sanctions-crimee

 

Deux faits, et deux signes supplémentaires que l'Europe ne respecte décidément pas la volonté des peuples puisque, ne l'oublions pas, la Crimée s'était déterminée par référendum populaire... On se demande donc de quel droit on s'ingère dans leur décision en les punissant pour celle-ci.

 

Alors que tirer déjà de tout cela ? Et bien pour commencer que la politique française est un méli-mélo de couacs embarrassants entre moralisation et démoralisation de la vie politique, où on aura changé de gouvernement et de ministres plusieurs fois en un mois de mandat présidentiel, tout ça faire un peu de ripolinage moral, pour au final installer des pantins à la place d'autres. Malgré cela, Macron n'aura pas fait un premier mois entièrement fautif, puisqu'il a montré quelques signes de bon sens dans sa politique extérieure, concernant la Syrie et la Russie, mais cela n'efface pas les promesses de destruction du code du travail et tous les faux-pas de ce lancement présidentiel. Mais laissons lui donc sa chance, n'est-ce pas ?

 

 

C'est donc ce qui a été fait avec ce pseudo-plébicite des législatives qui demeure avant tout un record d'abstention, dont on peut d'ailleurs questionner les raisons profondes, mais qui demeure un signe patent de l'état de délabrement du système.

 

Nous savons que tout ce pataquès politique est financé par les USA qui eux au moins ne cherchent pas à influencer les élections des pays étrangers : ils placent leurs candidats dans tous les partis, et gagnent dans tous les cas de figure. Dans cette perspective, le retournement relatif de Macron en faveur de la Syrie est un petit peu intriguant, mais il ne faut pas oublier qu'il correspond tout de même avec une volonté de Trump et une certaine évolution dans le monde, que seuls refusent absolument les plus purs néocons américains. Ce n'est donc pas à proprement parler étonnant, ni un signe de vision, plutôt un ajustement dont l'avenir dira ce qu'il signifie et s'il fallait s'y fier.

 

Mais cela ne change rien au fond de l'histoire : les USA continuent d'essayer de faire la pluie et le beau temps, pas toujours de manière heureuse, et l'Europe tend à s'aligner dessus, quoique des lignes de fracture apparaissent de plus en plus clairement.

 

Et tout cela s'imbrique avec la question du terrorisme et bien sûr de la guerre au moyen-orient, territoire de guerre orwellien du système, et c'est ce que nous allons voir maintenant.

 

 

 

Tout d'abord, un fait qui confirme ce qui a déjà été dit et que, de toute façon, l'on sait :

 

https://francais.rt.com/international/39788-washington-reconnait-que-etats-unis-encouragent-destabilisation-gouvernement-iranien

 

Et la réaction russe aux exactions américaines dans la région, qui soulève quelques inquiétudes, mais qui est tout à fait logique et légitime :

 

https://francais.rt.com/international/39970-syrie-russie-suspend-son-accord-etats-unis-prevention-incidents-aeriens

 

Par ailleurs, la Russie a réussi un coup d'éclat contre Daech, et on aura beau dire que tout cela sert la propagande russe, ce n'est pas le New York Times qui peut se targuer que les chefs militaires bellicistes de son pays ont tué le leader de l'organisation terroriste (puisqu'au contraire, ils l'arment et l'entraînent, comme cela a été reconnu par les leaders démocrates comme républicains) :

 

https://francais.rt.com/international/39798-leader-daesh-al-baghdadi-aurait-ete-tue-par-frappe-armee-russe

 

Cela reste cependant à confirmer, mais constitue dans tous les cas une bonne nouvelle, puisque différents leaders de l'organisation ont passé l'arme à gauche, l'affaiblissant, ce qui est toujours bon à prendre, même s'il est triste de devoir en passer par ce genre de moyens. Par contre, Daech aurait ouvert un nouveau front en Afghanistan, pays qui a déjà amplement souffert des guerres :

 

https://francais.rt.com/international/40097-pas-limite-folie-meurtriere-nouvelle-terreur-de-daesh-en-afghanistan-racontee-a-rt

 

Le fait étrange étant le timing de cet événement, et les soupçons des habitants de la région : ainsi, les américains pourraient encore être derrière un sale coup qui consisterait à apporter un nouveau leader à l'organisation après la possible extermination du chef principal. Si vous croyez au hasard, moi pas trop...

 

Bon, je ne commenterai pas plus avant ces faits sordides, chacun se fera son idée.

 

 

 

Pour ce qui est de la presse, deux liens tout à fait édifiants :

 

http://www.les-crises.fr/bienvenue-dans-lere-du-nouveau-maccarthysme-quand-les-fact-checkers-se-noient-dans-leurs-prismes-ideologiques-par-eric-deschavanne-et-francois-bernard-huyghe/

 

http://www.les-crises.fr/le-new-york-times-applaudit-lessor-des-algorithmes-de-censure-par-robert-parry/

 

La presse officielle continue de se raccrocher aux branches, avec son fact-checking bidon, ses fake news et sa post-vérité, bref ses néologismes de novlangue bidonnants qui servent à garder la tête bien profond dans le sable et de refuser de s'adapter à un changement qui les menace, dans le but absurde et échoué d'avance d'empêcher ce changement comme une moule qui essayerait de dissuader la marée.

 

Le problème dans tout ça étant tout de même qu'en attendant, ils parviennent à favoriser une certaine forme de censure, donc de pensée unique, donc de lutter contre l'esprit critique et contre la libre-information qu'ils ne savent voir que de l'intox lorsqu'elle ne correspond pas à leur vision du monde conditionnée, toxique et dépassée.

 

 

 

Enfin je finirai par deux liens divers. Un article d'Ugo Bardi portant sur l'arnaque de la COP21, dont certains industriels du charbon auront tenté de se servir pour leurs intérêts de « pollueurs propres » :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/06/ce-que-nous-faisons-dans-la-vie-resonne.html

 

Et puis une info sur un outil génétique dont on a déjà parlé, et qui pose visiblement toutes sortes de problèmes éthiques et techniques dont on ne parle pas beaucoup dans ces fameux médias officiels :

 

https://fr.sott.net/article/30692-CRISPR-le-jouet-qui-edite-l-ADN-induit-des-centaines-de-mutations-imprevues

 

 

 

Voilà, avec cette formule, j'ai essayé de ne pas être trop long et de conserver malgré tout un nombre de liens utiles satisfaisant pour se tenir au courant du temps qu'il fait dans le totalitarisme moderne. On voit que les efforts continuent sur tous les fronts pour continuer d'intoxiquer l'opinion tout en préservant ses privilèges les plus absurdes, y compris le droit à la corruption, voire pire. Tout ce que fait ce système n'est décidément que de cacher la poussière sous le tapis et d'essayer de nous empêcher d'aller y regarder. C'est peut-être sale, mais n'hésitons quand même pas trop à le faire de temps en temps... on y trouve des moyens de demeurer un tant soit peu libre malgré tout.

 

 

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20 juin 2017

Remarques sur les législatives et la tyrannie souriante qui s'en vient

Bien que je n'aime pas aborder ce genre de sujets d'actualité politique, il me semble utile de faire un point sur les législatives. Je rappelle que le propos de mon blog n'a jamais été de faire de l'analyse politique dans le présent, mais d'expliquer en quoi le système dit démocratique dans lequel nous nous trouverions n'a en réalité rien de démocratique. Cette nouvelle phase d'élection en constitue simplement un nouvel exemple frappant que je ne pouvais tout de même pas laisser passer.

 

Inutile de s'attarder sur des résultats que tout le monde connaît, ni sur le record d'abstention qui vient d'être battu deux fois de suite et qui marque dors et déjà le gouvernement Macron du signe de la non-démocratie.

 

Il me semble par contre intéressant d'observer avec distance certains aspects de la scène qui est jouée dans ce pays, qui ne feront que confirmer tout ce que j'ai déjà laissé entendre, à la fois sur le caractère non-démocratique de nos institutions, et sur le profil bien particulier que prennent Macron, sa politique et son gouvernement, à l'intérieur de ce cadre qu'ils incarnent et illustrent à la perfection, ainsi qu'avec une parfaite médiocrité.

 

 

 

Sur l'abstention d'abord, voici la profonde analyse de Macron :

 

https://francais.rt.com/france/39995-quand-macron-attribue-abstention-legislatives

 

« C'est de leur faute, pas de la mienne ». Même registre que le désormais habituel « je n'ai pas de leçon à recevoir ». Se remettre en cause n'a jamais été dans le tempérament du gars. Par ailleurs, ceci est la preuve définitive et factuelle de ce que j'avais affirmé dans cet article :

 

http://seilenos.canalblog.com/archives/2017/05/31/35339198.html

 

Si Macron maîtrisait la méthode intégrale, jamais il ne pourrait tenir un propos à la fois aussi imbécile, aussi méprisant et aussi auto-satisfait. Les raisons, je les ai déjà données, je n'y reviens pas. En résumé : la maîtrise d'une telle approche exige à la fois le respect des opinions contraires, et la compréhension de leur raison d'être. Point de cela ici, seulement un nouveau tour d'illusionniste qui consiste à reporter une faute vers l'extérieur, qui témoigne en fait d'une anxiété réelle de l'échec.

 

RT, dont on sait qu'ils sont exclus de l'environnement de Macron, ne se fait aucune illusion sur le caractère non démocratique de ces élections :

 

https://francais.rt.com/international/39893-pluripartisme-renouvellement-enthousiasme-democratique-douche-froide-legislatives

 

 

Mais au-delà de ça, il est intéressant de se pencher sur le casting LREM, et sur le véritable caractère de la « révolution politique » que le parti incarne.

 

Alors d'abord on nous annonce que ce sera l'assemblée la plus féminine de l'histoire.

 

https://francais.rt.com/france/39950-avec-3865-femmes-nouvelle-assemblee-nationale-plus-feminine-que-jamais

 

Super pour la parité, on devrait d'ailleurs une présidente de l'assemblée pour la première fois. Révolution ? Oui enfin bon... ça fait longtemps que d'autres pays ont eu des présidentes au plus haut niveau de l'état. On continue donc de feindre un progrès social, sans grand intérêt d'ailleurs, puisque les femmes politiques ne sont jamais que des représentantes d'un féminisme masculinisé, exerçant le même type d'autoritarisme que les hommes depuis toujours. Bref. Mais ce n'est pas l'important ici, car quitte à élire des femmes, et je suis parfaitement pour, encore faudrait-il qu'elles soient tout simplement compétentes. Or on peut avoir quelque doute, et je vous laisse juges :

 

https://fr.sott.net/article/30728-En-marche-vers-l-incompetence-Des-candidats-En-Marche-n-ont-meme-pas-le-niveau-d-un-delegue-de-classe

 

https://fr.sott.net/article/30740-Tous-a-la-gamelle-de-2-a-40-de-loser-a-depute-l-effet-magique-du-label-Macron

 

On constate donc que des candidats jusque là laissés pour compte se sont soudain transformés en super-héros façon superman enfin débarrassé de sa kryptonite. Comme quoi il aura suffi du nouveau maquillage « en marche » pour les transformer aux yeux de cette étrange caste d'êtres humains que peuvent être les électeurs. La preuve qu'un parti politique n'est vraiment qu'une machine à recycler éternellement l'électoralisme. D'ailleurs à ce propos, les-crises.fr ont publié un extrait du texte de Simone Weil dont j'avais parlé récemment. Long mais intéressant à lire pour ceux qui veulent s'y plonger.

 

http://www.les-crises.fr/note-sur-la-suppression-generale-des-partis-politiques-par-simone-weil/

 

Et dans le même registre, encore plus ancien, autre preuve que certains avaient compris depuis bien longtemps (1888), tandis que beaucoup ne comprendront décidément jamais :

 

http://www.les-crises.fr/la-greve-des-electeurs-par-octave-mirbeau/

 

 

Mais revenons à nos moutons et donc à nos élections. On se gargarise d'un record d'élection de femmes, tout en oubliant qu'elles en ont en définitive remplacé pas mal d'autres :

 

https://francais.rt.com/france/39936-el-khomri-vallaud-belkacem-touraine-eliminees

 

Le PS, on le présente perdant, mais c'est oublier qu'en marche n'est jamais que la version assumée de centre-droit de cet ancien PS qui n'avait jamais appliqué autre chose que le même genre de politique. Une caste politique est donc remplacée par ses clones pour accomplir une continuité, et c'est tout.

 

On terminera cet article par ces deux derniers liens qui résument le véritable caractère du gouvernement désormais en place, à savoir un gouvernement qui s'exercera de manière autoritaire, sans tenir compte ni du peuple ni des médias, qui commencent, après avoir porté au pouvoir le roi des super-héros, à réaliser qui il est vraiment, ou bien ils font semblant, car tout est possible avec cette sorte de gens là.

 

https://francais.rt.com/france/39895-assemblee-nationale-bombe-retardement-mandat

 

https://fr.sott.net/article/30732-En-Marche-vers-la-censure-une-vingtaine-de-redactions-alarmees-par-des-signaux-preoccupants-du-gouvernement

 

 

Ma conclusion sera sans surprise pour les habitués du blog : nous avons à faire à un nouvel épisode de la grande pièce de théâtre de la politique spectacle contemporaine. Plus de femmes pour ne rien améliorer du tout, plus de libéralisme pour tout empirer, plus d'abstention pour plus de résignation mais toujours autant de gens pour élire leurs pires bourreaux, et un lider maximo de droite thatchérienne sans réelle imagination ni intelligence particulière, dans le plus pur esprit du globalisme marchand ainsi que dans la logique moderne de l'absolue inversion des valeurs. Le tout bien ripoliné, mais néanmoins constitué d'une part certaine d'incompétence politique qui promet, et qui est la cerise sur la tartine de merde qui nous est servie. On dit que la démocratie est la dictature de la majorité. Ici, on voit bien qu'elle est plutôt la tyrannie d'une petite minorité d'ignorants, dont l'inculture et la bêtise sont instrumentalisées pour servir des intérêts qui ne sont même pas les leurs. Il est temps de réellement se désintéresser de tout cela, et de faire passer l'abstention de 50-57% à 70% et plus, même si ce n'est pas demain la veille.

 

Contrairement à ce que disent ceux qui pensent que l'abstention ne fait que les arranger, cela n'est vrai qu'un temps. Parce que l'abstention n'est pas qu'un chiffre, c'est avant tout un fait qui s'incarne dans une population, et cela il ne faut pas l'oublier. Cela signifie que lorsque la proportion d'abstention devient écrasante, on ne peut plus l'ignorer car elle fait courir toutes sortes de risques au pouvoir. Le politique est obligé de faire alors de nouvelles propositions dont on a vu les timides prémices avec Mélenchon (réforme de la constitution), ou d'assumer un état de tyrannie qui est la dernière chose qu'ils souhaitent, car ils ont absolument besoin de l'illusion de démocratie pour légitimer leur pouvoir mal acquis, et pour tenir la population sous contrôle, comme cela a toujours été le cas pendant ces siècles depuis la révolution. Il n'est pas impossible que cette transition vers une nouvelle forme de tyrannie se fasse (Macron pourrait en être un artisan, ce qui serait une douce ironie), puisque l'on habitue les populations à cela. Mais alors il deviendra impossible de justifier, par exemple, les guerres pour « exporter la démocratie », ou encore le discours lénifiant sur la « liberté d'expression », et autre « esprit Charlie ».

 

En somme, il y a une ligne rouge qu'ils ne peuvent pas franchir sans de très lourdes conséquences, et c'est une chose que les « participationnistes » n'aperçoivent pas. Et cette ligne rouge, avec son autoritarisme plus ou moins souriant annoncé, Macron nous en rapproche dors et déjà.

 

Addendum : une émission de radio sur le même sujet :

https://www.youtube.com/watch?v=NM_dF_OustA

 

 

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18 juin 2017

Ce que la spirale dynamique peut nous dire sur l'effondrement et l'évolution civilisationnels

 

Dans le prolongement de ma précédent série d'article, je voudrais commenter un article à propos de la notion d'effondrement, en me basant sur la spirale dynamique. Mon point de vue pourra paraître se situer dans un parti pris, mais je m'en expliquerai dans la conclusion. Je joue ici en quelque sorte l'avocat d'un mode de pensée que, d'ordinaire j'ai moi aussi tendance à critiquer. L'on verra pourquoi. Aussi, je suis parfaitement conscient que l'auteur ne base pas son propos sur une connaissance de la spirale dynamique. Néanmoins je pense que ma critique est fondée.

 

https://fr.sott.net/article/30703-La-chute-de-la-civilisation-occidentale-la-gender-fluidity-signe-annonciateur-de-l-Enfer-postmoderne

 

En effet, la question de l'effondrement dont il est question, et qui fait nécessairement l'objet d'un déni (il est difficile de croire que tout ce qu'on a toujours connu durant son existence pourrait se terminer, lorsqu'on croit que c'est soutenu par le seul mode civilisationnel légitime existant), pose ce genre de question que j'ai déjà soulevé plus tôt. Cependant, je suis en désaccord avec plusieurs aspects de l'article, et je voudrais préciser.

 

S'il est vrai que les traditions sont trop facilement sous estimées dans le monde actuel, ce n'est pas une raison pour en faire le seul pivot légitime d'une nouvelle société, je dirais même que c'est une erreur, et une régression.

 

En temps de crise généralisée, on tend à se replier sur ce qui avait marché auparavant. Ceux qui ont lu mes articles sur la méthode intégrale et la spirale dynamique comprendront où je veux en venir, mais je réexplique cela vite fait, en remettant un lien vers la spirale dynamique.

 

https://www.spiraledynamique.com/Theorie/index.php

 

Nous allons parler ici de la dynamique entre les mèmes vert, orange et bleu. Lisez leurs descriptions, si vous ne connaissez pas ou êtes novice dans le domaine.

 

En gros, la spirale décrit les chemins d'évolution par lesquels passent et se stabilisent les individus et les groupes d'individus, incluant les sociétés humaines complexes, qui elles chevauchent plusieurs mèmes à la fois.

 

Le mème bleu est celui qui correspond grosso modo au traditionalisme. Le mème orange est le mème qui correspond à l'opportunisme et au consumérisme. Le mème vert est celui du relativisme, de l'écologisme et de l'égalitarisme, et il est le dernier en date, le « plus évolué » en cours dans les sociétés humaines (ce qui ne signifie pas pour autant qu'il soit « meilleur » en soi, juste qu'il est plus adapté à la réponse de problématiques modernes).

 

Ce que propose cet article, c'est, pour éviter les problèmes posés par la société orange, et par la poussée vers le mème vert qui implique un éloignement de la religiosité et de l'oppression doctrinaire (ce qui implique nécessairement son relativisme et son égalitarisme, pour « dé-hiérarchiser » les rapports humains), de revenir au mème bleu incarné par les traditions, les fêtes religieuses, et tout ce qui est institutionnel en général (le mariage, la bureaucratie, l'étatisme, etc.). Car tout cela va d'un bloc, on ne peut pas avoir une société bleue sans avoir l'étatisme et tout ce que cela implique. S'il n'y a pas de religion au sens où on l'entend alors il y aura la religion de l'état et/ou le culte de la personnalité du leader, etc. Le mème bleu, dans la société moderne, c'est la Corée du nord qui l'incarne de la manière la plus caricaturale. Mais d'autres pays sont fortement centrés sur ce niveau, comme l'Arabie saoudite. Je vous laisse juge pour déterminer si c'est le genre de société que nous voudrions...

 

Le mème orange serait parfaitement incarné par les USA, par exemple (l'opportunisme individuel, le financiarisme, une chance ou une malchance pour chacun, etc., on voit les problèmes que cela pose).

 

Le mème vert n'est pas réellement incarné par une nation à l'heure actuelle, mais on en voit beaucoup les prémices dans les pays nordiques, qui hélas pratiquent en fait les débuts de cette tyrannie pseudo-écologique, ce « capitalisme vert » dont on parle de plus en plus. Il s'agit en fait d'une étape qui se situe quelque part entre les mèmes orange et vert.

 

Le mème vert s'incarne très bien dans certains mouvements new age (d'autres parties du new age sont typiquement orange), dans les mouvements alter-mondialistes, les communautés hippies, ce genre de choses. Il n'est donc pas nouveau, mais a surtout été expérimenté dans de petits groupes humains jusqu'à présent. Si la société humaine continuait à évoluer comme elle l'a fait à travers les âges, elle serait amenée, tôt ou tard, à se centrer sur ce niveau là. À titre d'exemple, la période tribale s'étage du niveau violet au niveau rouge, la religion s'étend à tous les niveaux, mais se centre plus particulièrement en bleu (et trouve ses origines en violet). L'Afrique et ses guerres est encore largement rouge (j'aimerais tracer une carte du monde des dominantes, un jour), l'Asie va du bleu à l'orange, l'Amérique du sud va du bleu au vert (mais surtout bleu et orange), le Canada serait aussi orange-vert, etc.

 

La France est largement orange, avec encore beaucoup de bleu, et déjà un peu de vert, mais toutes les autres strates existent : le rouge est celui de la culture des banlieues et du djihadisme (ce qui explique pourquoi on y recrute plus facilement que n'importe où ailleurs), le mouvement de conversion à l'islam qui est très fréquent de nos jours correspond soit à une transition du bleu vers le bleu (un changement transversal), soit du rouge vers le bleu. Un changement régressif de orange vers bleu est possible aussi, en cas de crise, comme on l'observe aujourd'hui. Enfin, les relents d'ésotérisme, les gens qui vont encore voir des voyants et ce genre de chose, s'explique par le fait que l'humain aura toujours une racine violette en lui. C'est également la raison pour laquelle j'ai pratiqué le chamanisme : me reconnecter à ma propre racine.

 

Il y a certes du bon dans les traditions, et il faut aussi avoir conscience que si notre société s'effondre, nous risquerions de reculer jusqu'au mème rouge pendant un certain temps : ce serait alors la violence façon mad max, avec des clans et une guerre territoriale. Mais il y a plus à parier que nous nous stabiliserions dans un mème bleu qui visera à protéger les groupes de cette violence, et qui servira de base et de tremplin pour la reconstruction. D'accord. Mais le problème est que, si l'on part avec cette idée, alors il faudra repasser par une étape orange... On n'aura rien gagné.

 

Ceux qui auront compris cela, mettront en œuvre les mécanismes de mèmes rouge et bleu pour se protéger, en attendant la reconstruction, mais sans perdre de vue un horizon qui est une société égalitaire, elle-même imparfaite, mais servant à son tour de tremplin pour autre chose. C'est pourquoi, si j'en comprends l'utilité, je m'inscris en faux contre cette perspective de revenir aux traditions des siècles passés : nous reproduirons de toute façon les mêmes erreurs, comme nous l'avons toujours fait. Il est au minimum nécessaire d'intégrer les valeurs du niveau vert (disons comme un futur un peu idéalisé), au lieu de les tourner en caricature comme le fait l'auteur de cet article. Rappelons aussi qu'il est également déjà parfaitement possible de vivre suivant ces valeurs (sans tomber dans une version ridicule). Voyons donc cela.

 

Première remarque :

 

« En essence, dès l'aube de l'Humanité, les hommes ont compris que le comportement humain pouvait attirer ou au contraire repousser la colère des dieux. »

 

Oui, mais il s'agit d'une croyance primordiale appartenant au niveau violet. Ce niveau n'est aucunement incompatible avec le niveau vert puisqu'il est inclut dans le niveau vert... Ce n'est donc pas un argument valable pour revenir aux traditions. C'est seulement quelque chose qu'il faut garder dans un coin de sa tête, quelque chose qu'il ne faut pas ignorer (qu'on y croit ou non, là n'est pas la question).

 

« Il s'avère que dès l'Antiquité, l'homme comprit qu'il disposait d'un certain contrôle sur sa propre destinée et celle de la société, dès lors qu'il faisait montre d'un comportement vertueux. La théoxénie était un précepte moral. On considérait que chaque individu pouvait potentiellement contribuer, ou au contraire nuire à la prospérité et le bien-être du groupe. Même si certains étaient en mesure de donner davantage que d'autres, chacun avait le privilège et le devoir de contribuer au maximum de ses capacités. Les actes de chaque personne comptaient, et ces actes recevaient une réponse équitable au travers des autres et de l'Univers.


Mais advint la pathologie, qui même si elle ne put changer complètement la nature de l'Homme ou supprimer sa capacité de faire des choix, influença la société et altéra le cours de l'Humanité, du fait de notre acceptation. À mesure que la prise de conscience déclinait, les bonnes intentions furent subverties, et notre intégrité en tant qu'espèce affaiblie. L'espèce humaine est désormais alignée sur l'entropie, et ce que nous choisissons et exprimons déterminera notre sort. Nous avons renoncé à notre responsabilité les uns envers les autres, en tant qu'hôtes et invités, et par conséquent, nous deviendrons les artisans de notre propre destruction. »

 

On est ici dans un autre contre-sens. D'abord, le mème inclut parfaitement et totalement cette notion de participation de chacun. Dans les communautés de type « vert » vous aurez les mêmes conflits qu'ailleurs, lorsque des gens tirent la couverture à eux, ou tirent au flanc, ni plus ni moins.

 

Ensuite, croire que la pathologie est apparue à une date précise de l'histoire de l'humanité, à laquelle des individus ont cessé de respecter « les règles » (les règles sont sacrées dans le mème bleu), c'est ne pas s'apercevoir qu'au contraire, les règles sont apparues pour contrer l'égoïsme, l'égocentrisme, réguler la violence, etc. Les travers humains préexistaient donc, comme à toute existence animale à la recherche de satisfactions, de plaisirs, etc. Le bleu n'a jamais résolu ces problèmes. Il a seulement inventé les prisons, des châtiments moins immoraux que la torture, quoique les sociétés de ce type n'aient pas toujours rechigné à l'utiliser, sous l'influence encore importante du mème rouge qui se rapproche dès qu'on se centre en bleu plutôt qu'au-dessus (pensez à la scène finale de la torture dans 1984, qui décrit une société fortement centrée en bleu, ce qui est ce que nous propose l'auteur).

 

En fait, ce qui est dit ici est simplement une vision très typée bleu : hors des règles, point de salut, hors des règles, plus que le chaos. Une société centrée en vert n'est pas dépourvue de règles. Elles obéissent par contre à d'autres exigences. À vrai dire, une société centrée en vert peut même fournir un nouveau genre de tyrannie (c'est même ce que je crains), mais au moins, on n'y craint pas la torture. J'ai beau critiquer constamment la société actuelle, ce n'est pas pour prôner ce genre de retour en arrière là. Même la décroissance peut se faire autrement que cela. Et si la société verte a des faiblesses, ce n'est pas son absence de règle, cela se situe plutôt autour des délibérations éternelles et l'acceptation d'un peu tout et n'importe quoi, au risque de désolidariser le groupe et le rendre vulnérable à des agressions intérieures ou extérieures, ou à des manipulations. Mais cela peut être corrigé avec une approche lucide, et en intégrant justement ce que l'on a appris dans les niveaux de conscience précédent. Rien d'insurmontable ou de monstrueux, donc.

 

 

« Pour résumer, lorsque le Bill C-16 sera approuvé, les Canadiens qui refusent la théorie du genre pourraient se voir inculper de crime de haine, condamner à des amendes ou des peines de prison, et contraints de participer à des stages de réhabilitation « anti-préjugés ». 

 

Si les transgenres et plusieurs groupes de défense des droits entendus en comité parlementaire ont applaudi le projet de loi, quelques avocats sont venus sonner l'alarme. Selon eux, le projet de loi pourrait mener à l'imposition d'un langage pour désigner les transgenres, en particulier ces pronoms inventés (zim, ze, zir, etc.) que proposent certaines personnes LGBTQ2 pour contourner la binarité sexuelle de la langue.»

 

Il est vrai qu'on est là typiquement dans une dérive de type vert, où l'égalitarisme peut conduire à ce genre d'aberration. C'est quelque chose qu'il va falloir s'habituer à voir dans le futur, très probablement. Mais bon. Il y a des problèmes plus graves dans notre société, que de ne pas pouvoir dénigrer autrui librement, il faut bien le dire. Et ça ne vous oblige nullement à adhérer à ce genre de théorie : c'est le propre du relativisme de type vert, et c'est bien sûr ce que ne comprennent pas ceux qui n'ont pas intégré ce niveau de compréhension.

 

« Exiger le recours à des pronoms force les gens à utiliser des mots qui ne sont pas les leurs, ce qui implique une croyance en une certaine théorie des genres ou un endossement de celle-ci, a soutenu l'avocat Jared Brown en comité sénatorial la semaine dernière. Si vous êtes en désaccord avec cette théorie, vous pouvez être traîné devant le Tribunal des droits de la personne pour avoir mégenré ou être reconnu coupable de discours haineux. Pour résumer, on se retrouve avec un langage imposé par le gouvernement. »


D'accord. Admettons. Cela est scandaleux. Peut-être que cela pourrait même mettre toute la société en danger.

 

Ou bien peut-être est-ce juste la crainte irraisonnée de gens qui raisonnent suivant les règles sacrées du mème bleu, et croient qu'une offense est faite à une quelconque loi divine.

 

Plus sérieusement, il est possible que ce genre de truc pose réellement problème, tout dépend jusqu'où cela va. Habituellement, je suis le premier à dénoncer ce genre de dérive. Concrètement, je crois que cela va surtout toucher des gens qui ont ce besoin d'exprimer leur rejet de ce qu'ils ne comprennent pas... ça ne m'inquiète pas beaucoup. Je ne cautionne pas non plus, et je pense également que c'est une dérive vers cette tyrannie verte qui nous attend, mais bon. On verra des choses beaucoup plus graves, quand ça arrivera, et ça ne viendra pas nécessairement du mème vert, mais de ceux qui le refusent (cf le terrorisme, mouvement rouge qui refuse orange). Il faudrait faire ça intelligemment et là ce n'est pas le cas, on est d'accord. Il n'y a rien à imposer aux gens en terme de brimades de la liberté d'expression, sinon on s'expose à des retours de bâton. Il faudrait simplement éduquer les gens au respect d'autrui, ce serait déjà bien, et sûrement suffisant : l'individu centré en vert ne supporte pas qu'on lui manque de respect pour ce qu'il est, ou estime être. Ce n'est pas très dur à comprendre, et c'est là toute l'essence de cette théorie du genre si décriée et qui n'engage en réalité personne.

 

Le seul danger que j'y vois, c'est ce que je disais plus haut : des personnes vivant dans un cadre qui les dépersonnalise peuvent s'y perdre. Mais ce n'est pas « à cause du mème vert », c'est à cause de ce cadre, de même qu'on accuse les jeux vidéo de la violence, malgré leur rôle de catharsis, et sans tenir compte du nombre de meurtres qu'on peut voir chaque jour rien qu'à la télé, et sans tenir compte de la société qui a engendré tout cela. On fait dans le simplisme, encore une fois.

 

 

« Il est choquant de constater que le Canada, qui a toujours fait preuve d'un certain bon sens politique, est devenu victime du raisonnement radical pathologique des postmodernes. Et le Canada n'est pas la seule nation à souffrir de cette maladie. »


En fait ce n'est ni choquant ni surprenant, cela s'inscrit dans une logique. Quand nous serons sortis de l'ornière que représente le niveau orange, nous constaterons que le niveau suivant apporte son lot de problèmes. C'est tout. Et c'est souhaitable, car ensuite nous aurons une occasion de résoudre les nouveaux problèmes et ainsi de suite. S'il y a un progrès que l'on n'arrête pas, c'est celui-ci, et il est totalement indépendant de la technologie. À moins de vouloir revenir à la monarchie de droit divin qui est l'essence du mème bleu. Pourquoi pas.

 

 

« Certaines politiques en cours d'instauration dans les démocraties occidentales visent à manipuler l'opinion publique pour lui faire accepter certaines politiques qu'elle considérerait habituellement comme méprisables et inacceptables, en particulier si elles sont parées d'idéaux telles que la « tolérance » et les « valeurs progressistes ».

Voilà qui s'avère un outil parfait entre les mains d'individus pathologiques, qui s'en serviront pour normaliser progressivement la torture et diverses formes de déchéance morale, voire la pédophilie. La popularité de célébrités telles que Miley Cyrus ou Ariana Grande, ou de films tels que Cinquante nuances de Grey, vise à normaliser des comportements sexuels de plus en plus extrêmes et aberrants. Ce processus de déclin moral qui affecte l'Occident semble être en grande partie inconscient. »

 

 

Plusieurs remarques, ici. D'abord il est vrai que la pornographisation de la société est un problème, et il est vrai aussi qu'une partie de la dynamique sociale s'inscrit dans un processus de décadence. Mais ce n'est pas le même vert qui provoque la décadence, c'est notre civilisation qui, toute entière, s'y inscrit. Les modes d'expression du mème bleu sont devenues essentiellement réactionnaires, et le mème rouge a trouvé de nouvelles violences à exercer. Toute la société est touchée, à tous les niveaux, par cette décadence. Un retour en arrière ne réglera rien (ni aller de l'avant sans regarder ou on met les pieds, je le concède). Il faut d'abord en finir avec cette décadence, et ne pas accuser le manque de tradition, ce qui n'est qu'une vision enfermée dans sa propre perspective rétrograde.

 

« Dans son ouvrage visionnaire Postmodernism, Reason and Religion [Postmodernité, raison et religion - NdT], Ernest Geller décrit trois postures idéologiques inhérentes à notre monde contemporain. Récemment, ces postures ont été façonnées en instruments de violence psychologique et physique :

  • le fondamentalisme islamiste,

  • le relativisme postmoderne, et ce que Gellner nomme

  • le « Fondamentalisme séculier des Lumières » »

 

Ce passage mélange tout et oublie beaucoup de choses. D'abord ces postures ne sont pas inhérentes à notre monde moderne. Le fondamentalisme est l'incarnation radicale du mème bleu, c'est tout. Il a existé de tous temps, et existera toujours. Il faudrait juste le réduire à une minorité (au lieu de le financer) pour qu'il cesse d'être une nuisance. Le relativisme est la marque essentielle, par contre, du mème vert. Il est ici présenté comme un vice... or cette interprétation relève du fondamentalisme.

 

On ne peut donc pas le mettre sur le même plan que le fondamentalisme, sauf à dire, en effet, qu'il peut être instrumentalisé... comme toute idée et toute idéologie. Le relativisme n'est pas le problème. Le problème est le relativisme radical et instrumentalisé qui ne sert que des manipulations et n'exerce aucun discernement. L'article cité en fournit suffisamment d'exemples que je n'ai donc pas besoin d'illustrer moi-même.

 

Je précise tout de même qu'il inclut tant de choses que j'ai déjà critiqué sur mon blog : le féminisme ou l'anti-racisme radicaux, par exemple. Autant dire que je suis parfaitement conscient de ces dérives et que je les dénonce. Par contre, je ne fais pas l'amalgame avec le reste de la composante de ce niveau de conscience, et je m'inscris en faux contre l'idée que les traditions sont la solution aux problèmes. On a besoin de piliers traditionnels, c'est vrai. C'est nécessaire à une société. Mais par essence, les piliers soutiennent la construction. Ils ne sont pas la construction. Seulement une partie fonctionnelle. La finalité de la société n'est pas de se rassembler autour de traditions, ce serait totalement stérile spirituellement, et on l'a assez observé pendant l'histoire. C'est juste un ciment.

 

« La postmodernité semble nettement en faveur du relativisme, pour tant elle est qu'elle soit capable de faire preuve de clarté, et hostile au principe de vérité unique, exclusive, objective, extérieure ou transcendante... »

 

Que comprendre, ici ? Oui, le relativisme est une tendance appelée à grandir (et peut-être à devenir oppressante) à mesure que la société l'intégrera. On ne sait plus trop si l'auteur le déplore ou appelle de ses vœux la version positive de cette tendance. Un relativisme éclairé est souhaitable parce qu'il va dans le sens d'un respect entre les personnes. Rien d'incompatible avec les traditions ou même les religions, en tout cas.

 

Sur la notion de vérité objective ou unique, mettre de côté ce long échange en deux parties entre zététiciens (représentant par excellence le mème orange) et Laurent Freeman, l'interlocuteur du site stop-mensonges, dont la mentalité illustre à la perfection le mème vert. Tous deux dans des versions assez caricaturales, mais cela rend l'échange d'autant plus limpide entre deux visions du monde qui ne semblent presque pas se rencontrer, et pourtant...

 

http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/la-tronche-en-biais-vs-stop-73651

 

Pour ceux qui auront, ou n'auront pas forcément le courage ou le temps de suivre ces 3h30 d'échange, je note que le mème montre une sorte de progression et de rupture à la fois avec la notion de vérité unique et de dogmatisme, à un point qu'il m'a été difficile de dépasser, au cours des dernières années, pour finalement intégrer les deux visions, et commencer à développer une pensée plus subtile qui se rapproche de la logique dite tétravalente (j'y reviendrai peut-être une autre fois, ce serait un peu hors-sujet ici).

 

 

Revenons à notre sujet principal.

 

« Il ne fait aucun doute que la postmodernité et les processus qu'elle utilise pour induire et renforcer les « tendances à la sélection et à la substitution subconscientes de données conceptuelles » relèvent tout bonnement du nihilisme {le rejet de tout principe religieux et moral, fondé sur la croyance selon laquelle la vie n'a pas de sens}. L'ouvrage d'Hervey Cleckley, Caricature of Love, souligne également le fait qu'à l'origine, le mouvement de la « gender fluidity » n'est ni plus ni moins que de la « psychopathie appliquée ». »

 

Bon ici, on glisse plus ou moins dans l'insulte pour cause de mécompréhension. Oui, je le ressens comme ça. Mon côté encore marqué par ce fameux mème vert, je suppose.

 

D'abord il y a confusion entre la tendance déstructurante et décadente nommée « postmodernité » et une évolution naturelle de la société vers plus de respect d'autrui, après l'étape de l'opportunisme et du « je te marche sur la tête pour réussir, pas de place pour nous deux ». Le mème vert permet l'acceptation et la compréhension entre plusieurs visions du monde a priori incompatible, et ouvre la voie vers des étapes ultérieures de compréhension plus globale. Est-ce si terrible ? Bien sûr, l'auteur ne connaît pas la spirale ni la méthode intégrale (et ça se voit), mais ce n'est pas une raison pour dire qu'une vision de la vie qu'elle ne comprend pas est pathologique. Dans sa perception fortement marquée en bleu, tout irrespect des règles accréditées par elle est vu comme une déviance, mais dans une perception plus globale, c'est une erreur.

 

Par ailleurs, il y a beaucoup de place, dans le mème vert, pour des structures religieuses et pour la spiritualité, le sacré. Simplement, ces structures seront différentes de ce qu'on connaît en bleu : les rituels, les messes, les églises, la prière en direction de La Mecque, etc. Il ne s'agit donc pas du tout de nihilisme.

 

C'est respectable. Encore faut-il le saisir.

 

La citation suivante est prise dans le livre de Lobaczewski sur la ponérologie politique. Je trouve cette citation ironique, car prise dans un certain sens, elle contredit totalement le propos de l'auteur :

 

« Au cours des périodes stables en apparence heureuses — bien que marquées par des injustices à l'égard de certaines personnes et de certains pays - les individus doctrinaires sont persuadés d'avoir découvert une solution simple pour « réparer » le monde. »

 

En effet. Les individus doctrinaires ne pouvant pas percevoir le bien au-delà de leur niveau de conscience sont persuadés d'avoir découvert une solution simple pour réparer le monde. Par exemple, les traditions.

 

Il n'existe pas de méthode simple. Il existe seulement des façons d'aller de l'avant et d'autres de stagner voire de régresser. Voilà. Et la vie nous enseigne d'aller de l'avant. Oui c'est difficile. Parfois même impossible. Mais il ne faut pas se condamner à échouer ni s'interdire d'essayer, c'est la première étape.

 

Le propos de Lobaczewski ensuite explique en effet que la vision du monde peut épisodiquement s'appauvrir. C'est précisément ce qui se passe quand on régresse vers un état précédent.

 

Il faudrait donc peut être s'abstenir de critiquer le relativisme pour le critiquer. Il y a des éléments critiquables dans le relativisme, oui. Il peut notamment conduire à tout mettre sur un pied d'égalité et à perdre tout discernement. Mais il serait encore un progrès en soi, s'il nous permettait d'éviter les bêtises comme la discrimination positive (dont il porte les graines, dans sa version peu éclairée), la compétition de tous contre tous, etc. Il n'est en tout cas pas responsable d'un appauvrissement, plutôt d'un aplanissement des choses.

 

« Si aucune valeur sacrée n'existe, alors l'homme est une page blanche. On peut écrire absolument tout et n'importe quoi sur une plage blanche. Par contre, s'il existe une nature humaine universelle, alors certaines idées sont mauvaises, et leur mise en application conduira à la catastrophe. Les preuves sont sous nos yeux : des millions de gens sacrifiés sur l'autel des valeurs des dictateurs du XXe siècle. »

 

En effet, ces dictateurs marquaient des sociétés marquées par le mème bleu, ses traditions, son culte de la personnalité, etc. Revenir aux traditions, c'est encourager le retour de cela.

 

Aux yeux de ces dictateurs, certaines choses étaient mauvaises. Par exemple, les juifs, les homosexuels, les tziganes, les non-aryens, les non-communistes, etc. Ils pensaient que ces gens les conduiraient à la catastrophe. Ils s'en sont débarrassés. Certes, c'était le versant négatif du mème bleu, qui n'a pas produit que ça, mais aussi la solidité des états que l'on essaye de détruire aujourd'hui (voilà un aspect beaucoup plus critiquable, mais il appartient plus à orange qu'à vert, car c'est orange qui a engendré le mouvement postmoderne, avec certes un peu d'aide du mème vert sur certains points). Mais encore une fois, vouloir revenir au traditionalisme, c'est prendre tout le lot ensemble. Pareil avec vert dans un autre genre, certes.

 

« Alors, qu'est-ce qui doit être sacré, au minimum ? La Mère, le Père et l'Individu. Il est du devoir de chaque société, de chaque individu, de respecter ces figures, en esprit, en pensée et dans les actes. Quand ce principe est correctement appliqué, les grandes forces de l'être sont maintenues en équilibre, et l'individu, la société et la nature prospèrent de concert. Autrement, c'est le chaos, l'enfer - et cet enfer finit par avaler les petits paradis que l'on pourrait trouver sur Terre. » »

 

Toujours le discours millénariste et étroit, superstitieux et manichéen, propre au mème bleu. Le mème vert respecte en fait bien plus l'individu que le bleu. Aucun péril de ce côté là, donc.

 

« Pour conclure, il est important de souligner que « respect des valeurs traditionnelles » ne veut pas dire « stagnation » ou « fanatisme ». Il y a une issue, un moyen d'évoluer en tant que société et en tant qu'espèce, tout en respectant les principes universels et les valeurs morales, et en renforçant sans cesse nos défenses contre la pathologie. »

 

Tout à fait d'accord avec cela, enfin ! Seulement, et pourtant, non, ce n'est pas en mettant les traditions au centre qu'on évolue, au contraire. Lorsqu'on le fait, on érige déjà un obstacle contre le mouvement. J'ai dit plus haut qu'ils étaient des piliers. S'ils sont des piliers, c'est qu'ils ne sont pas la fondation. La fondation est toute autre, mais je ne vais pas m'aventurer sur ce terrain (intéressez vous aux mèmes pré-bleu pour comprendre). Et l'âme de l'être et de l'humanité n'est pas non plus un pilier. C'est son essence, quelque chose d'intangible qu'il ne faut surtout pas enfermer dans des normes et des schémas, n'en déplaisent aux ennemis déclarés du relativisme. Sans quoi la croissance mise en avant dans le prochain paragraphe est impossible.

 

« La vie, c'est en essence la croissance ; mais qu'est-ce que la « vie », si ce n'est les relations que nous entretenons avec les autres ? Et donc, que signifie croître/grandir dans la vie, si ce n'est faire croître nos relations avec les autres ? Mais comment y parvenir ? Peut-être en combinant des mondes intimes autrefois uniques, en les intégrant à quelque chose de plus grand que la somme de ses parties, quelque chose qui puisse créer ou attirer une nouvelle vie ou un nouveau monde via la concentration et l'union de ces réalités intimes qui, par elles-mêmes, n'auraient ni la force ni le pouvoir de le faire. En outre, bien sûr, ce processus doit impliquer une vision de la réalité qui non seulement soit partagée, mais qui surtout résonne avec une réalité objective, ou avec les forces supérieures de la nature, c'est-à-dire une création objective de la réalité à grande échelle. »

 

Or c'est exactement le projet contenu implicitement dans le développement du mème vert. Mettre en relation des individus dans leur diversité, et respecter cette diversité pour faire émerger un monde qui la respecte réellement (contrairement à ce que nous sommes en train d'installer, et qui n'en est, et là j'en suis d'accord, que la perversion et la négation).

 

S'ensuit un dernier paragraphe en anglais que je ne cite pas. Il nomme « God » et parle de « réalité objective ». Point intéressant après ma série d'articles sur le déni de réalité. Nous sommes ici par excellence dans le domaine de la subjectivité (la croyance en Dieu) et on nous ramène dans le même paragraphe la réalité objective. Preuve finale s'il en fallait que nous avons bien à faire à un texte défendant les principes du mème bleu, tout en semblant parfois manifester un semblant de compréhension de ce qui se situe au delà, en terme de développement de la conscience.

 

« Dieu », que ce terme m'agace. Qu'il empêche la réflexion, l'épanchement plus large de la conscience, et parasite toutes les discussions théologiques. Comme s'il fallait absolument nommer un éventuel principe créateur comme on nomme son enfant, son chien ou encore sa moto. Nommer ce principe qui nous échappe totalement l'enferme dans une image anthropomorphe terrible. Certes, c'est ainsi que les religions monothéistes l'ont voulu. Certes, c'est la marque du mème bleu. Mais bref... Il est temps de conclure.

 

 

Sans adhérer à tout ce que signifie le mème vert, puisque nous verrons sans doute qu'il constituera une nouvelle étape totalitaire dans le fonctionnement civilisationnel humain, j'ai tenu à écrire cet article pour réagir à ce discours réactionnaire de plus en plus répandu un peu partout, notamment sur le net.

 

Il y a confusion entre beaucoup de choses, dans cette période de crise majeure où l'on entend les premiers craquèlements du système. Ainsi, le brexit et l'élection de Donald Trump ou encore Le Pen au second tour des présidentielles, auront surtout servi à faire croire que la seule réponse à un progressisme décadent, débridé, dément et manipulateur, consiste en un retour aux valeurs traditionnelles qui avaient porté la société jusqu'à ce que l'on connaît.

 

C'est une erreur très grave.

 

Il y a une troisième, une quatrième, sans doute une cinquième voie, mais toutes portent vers autre chose que les débats manichéens et simplifiés qu'on nous impose à base de « nationalisation versus privatisation », « mondialisme versus souverainisme », etc.

 

Comme j'ai tenté de l'expliquer dans ma série d'articles sur le déni de réalité, notre société est en crise, et chacun se masque des aspects de la réalité, pour continuer de survivre, pour porter la faute sur autrui, etc. On ne pourra pas résoudre cette crise par un peu plus de ceci ou un peu moins de cela, c'est à dire en jouant sur les curseurs, comme les gouvernants font depuis trop longtemps. Il y a des décisions radicales à prendre, mais elles sont trop dures à prendre, trop impopulaires, alors on les remplace par un néo-totalitarisme qui ne fait que colmater temporairement les brèches, à coup d'état d'urgence, de double-pensée, d'uniformisation des médias de masse (en dehors d'internet).

 

Ces décisions impliquent de prendre la mesure de la fin des ressources énergétiques, et d'arrêter de sucer son pouce, de porter les traditions comme un nounours rassurant.

 

La prochaine transition civilisationnel sera la pire jamais connue, un séisme d'une ampleur dévastatrice qui sera bien plus marquante que le passage du moyen-âge estimé sombre, vers les lumières de la connaissance. Car au fond, et si excepte l'épisode de la révolution industrielle, ce changement a été tout de même relativement lent. Ici, cela se fera « d'un coup ». Peut-être par une guerre, ou pas forcément, parce que quand cela arrivera, il n'est pas sûr que les nations aient de quoi faire fonctionner leurs armées durablement. Cela sera, en effet, un chaos, mais d'une ampleur sans rapport avec ce qui est suggéré dans l'article. Pas un vague chaos moral apporté par les LBGTQI. Un vrai chaos. Et cela n'a même rien à voir non plus avec le mème vert ou le mème bleu.

 

Parce que nous ne voulons pas nous préparer à réduire nos exigences en terme de ressources et de train de vie, parce que notre bordel climatique ne sert qu'à vendre des droits à polluer, au lieu de limiter factuellement la pollution et surtout la dépense énergétique, la nature, le monde, s'en chargera. Cela devrait arriver dans les décennies prochaines.

 

Normalement, l'humanité s'en relèvera, sauf peut-être en cas de guerre nucléaire globale. Et alors, après cette vaste période de chaos (qui pourrait durer énormément, le temps que des états se reconstituent, car il y aura sans doute des modifications territoriales et autres), on pourrait voir émerger dans certaines régions de vastes communautés régionales voire quasi-nationales, centrées sur une sorte de tyrannie écologiste centrées sur le mème vert. On y verra de nouveaux tabous en matière, en effet, de langage surtout, par rapport aux orientations sexuelles, et des interdits sur l'énergie, sur l'industrie, etc. Pourtant, ces tyrannies seront beaucoup plus pernicieuses et respectueuses à la fois des personnes que ce qu'on a pu connaître.

 

Mais on n'en est pas là, et ce n'est que ma prophétie à deux balles. Merci aux lecteurs, et à une prochaine fois.

 

 

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17 juin 2017

Protestons contre la réalité ! (Conclusions) (3/3)

Pour conclure, j'aurais encore beaucoup de choses à dire, mais je vais tenter d'aller à l'essentiel.

 

Pourquoi la lucidité est-elle si importante ?

 

Parce qu'elle nous préserve de l'esclavage, tout simplement. Si vous avez une mentalité d'esclave, alors ne vous en préoccupez pas, continuez. Si vous pensez que vous avez tout de même une certaine prédilection pour la liberté, alors posez vous les bonnes questions. Dans notre société, l'esclavage est surtout mental, intellectuel, pour ainsi dire. Il est une prison psychique et morale qui conduit à la destruction de la santé mentale, au burn out, à l'extinction de l'âme et du libre arbitre.

 

À travers les différents dénis que j'ai exposés, l'on voit poindre l'un des principaux travers de l'âme humaine, qui est sa propension à se ranger suivant des croyances confortables, voire des espoirs démesurés et irréalistes.

 

Beaucoup ont pourtant pris conscience que notre société va dans le mur, que les solution techniques et énergétiques actuelles sont sans lendemain. Parmi ces « beaucoup », certains en tirent les conclusions, tandis que d'autres, sans doute car c'est trop dur, perçu comme trop pessimiste, refusent de le faire. Ils commencent alors à se bercer de nouvelles illusions qui les confortent dans leurs espoirs manipulés et manipulables d'un avenir toujours radieux que pourtant rien ne garantit.

 

La croyance dans l'énergie libre et infinie est l'un des ultimes refuges de cette pensée magique et infantile que beaucoup, parmi mes amis et proches, continuent de prôner. C'est la religion, le new age particulier, des adeptes d'un scientisme décalé, d'un fantasme anti-système, qui leur permet sans doute de croire encore à leur propre avenir : un élan instinctif que l'intellect se montre inapte à réguler. Aussi, sans doute est-il bon de déjouer quelques unes des arnaques courantes dans ce domaine :

 

https://www.youtube.com/watch?v=k5O73SY47LI

 

Fait avec humour ici, on pourra trouver des sources scientifiques sérieuses qui expliquent en quoi cela est impossible, selon les principes de la physique et de la thermodynamique. Pour y parvenir, il faudrait découvrir un nouveau paradigme, ce qui est possible, mais demeure encore la niche bien pratique des charlatans de ce domaine.

 

 

Ce déni s'observe aussi dans le domaine de la santé, par exemple, de part et d'autres. Entre ceux qui vouent une foi aveugle en la médecine officielle, et ceux qui croient que la phytothérapie, l'homéopathie ou la médecine chinoise (je suis formé dans certains de ces domaines) peuvent tout ce que cette médecine officielle ne peut pas, et qu'en même temps, elles seraient exemptes de ses tares commerciales, du lobbying pharmaceutiques et autres. Il n'y a qu'à voir la publicité reçue dans une école de naturopathie ou un cabinet de médecine douce pour comprendre que c'est exactement pareil qu'ailleurs. Ce qui ne m'empêche pas de préférer cette voie, et de me traiter avec, mais sans illusions.

 

La vaccination, comme le nucléaire dans le domaine de l'énergie, concentre les fantasmes, et il est sans doute intéressant d'y faire une petite parenthèse.

 

https://www.youtube.com/watch?v=IGh663zSdgw

 

Le propos de la vidéo a le mérite de redresser quelques faits et de fournir quelques arguments utiles, mais attention, il y a aussi plein de biais. Sans rentrer dans les détails, je ne suis pas d'accord avec tout le début de la vidéo, et certains autres passages. Aussi, l'utilisation d'une blouse blanche est un procédé trompeur, méfiez-vous. On sait au moins depuis les fameuses expériences de Milgram ce qu'est capable d'accomplir une simple blouse blanche. Ici, le sceptique n'est pas censé parler en tant que médecin, me semble-t-il (peut-être l'est-il, mais rien ne me le prouve, je ne suis pas assez la « tronche en biais » pour savoir qui est qui, et quand bien même, il ne faut pas tomber dans l'argument d'autorité).

 

Pour ceux qui n'ont jamais entendu parler des expériences de Milgram, que j'ai sans doute cité plein de fois sur ce blog, un simple rappel :

 

https://www.youtube.com/watch?v=FvkvRMXtrAo

 

 

Sur les vaccins, d'autres articles pour mettre les choses un peu en perspective, et se rendre compte qu'en dépit de ce que les sceptiques (toujours un peu technico-béats dans leur genre) peuvent dire, il semblerait que tout soit loin d'être idéal, il n'est donc pas superflu, là aussi, de soulever le lièvre et d'arrêter les tabous là-dessus :

 

https://www.inrees.com/articles/vaccination-sujet-tabou/

 

Un exemple récent :

 

http://www.bon-coin-sante.com/blog-sante-sans-prise-de-tete/actualites-sante/meningitec-un-vaccin-contre-la-meningite-defectueux/

 

Ne pas tomber dans la crédulité ou la paranoïa, mais toujours, toujours, se méfier. Personne ne veut empoisonner son enfant au nom de la gestion des plus grands nombres qui est malheureusement devenue la « gestion humaine » normative, dans laquelle il y a fatalement des victimes, au nom du principe de précaution. D'ailleurs, au fond, la vaccination de masse se rapproche d'une forme d'état d'urgence appliqué à la santé, mais enfin, passons... Même si cela a de sérieuses implications sur la compréhension de la manière dont nous appréhendons la société humaine moderne, à la façon d'un meilleur des mondes.

 

 

Mais je ne veux pas trop m'étendre sur cette parenthèse. Ce qui était important pour moi avec cette série d'articles était surtout de montrer en quoi il n'y a pas de camp du bien ou de camp du mal, et que nous sommes tous égaux dans le déni, comme dans la division.

 

C'est parce que nous sommes tous soumis à des manipulations.

 

L'on dit que les gens votent par tradition familiale, par exemple. Chacun serait convaincu d'être dans le « bon camp ». Pour un électeur de gauche caricatural, celui de droite est un égoïste, un bourgeois, potentiellement un fasciste, tandis que pour un électeur de droit caricatural, l'électeur de gauche est un bobo idéaliste et stalinien.

 

Je me suis toujours dit que cela ne s'appliquait pas à moi. D'ailleurs, ne suis-je pas abstentionniste dans une lignée familiale socialo-écologiste ? J'ai même eu un ami lepeniste et une petite amie qui avait des sympathies bien plus extrêmes encore. En fait je me suis toujours fichu de la manière dont les gens se définissent politiquement. Pour moi ça n'a rien de déterminant.

 

Il n'empêche, ma sympathie est naturellement gauchiste et après tout, pourquoi ? N'est-ce pas tout simplement un conditionnement familial ? Quand je regarde au plus profond de moi, ce clivage disparaît, pour correspondre de nouveau à mes amitiés spontanées avec des gens qui peuvent être aussi bien nationalistes qu'altermondialistes, de tendance fortement communiste ou bien « asseliniens », et j'ai tout à la fois une forte conscience écologiste et un rejet très fort des doctrines totalitaires qui peuvent être aussi bien de droite que de gauche, si ce clivage a réellement un sens. Le raciste néo-nazi me répugne autant que le djihadiste vert, puisqu'au fond, ils expriment juste différemment un même embrigadement extrémiste et parfois violent (même s'il peut m'arriver de me demander si l'activisme écologique ne serait pas la seule façon d'agir contre des multinationales qui sont en quelque sorte « terroristes » dans leur essence).

 

Ce que je vois, c'est que, finalement, chaque tendance, chaque groupuscule, a ses propres angles morts, ses propres dénis de réalité.

 

Il y a un moyen d'aller à l'encontre de cela : cesser de se faire infantiliser. Et puisque l'orientation politique serait fortement corrélée à une tradition familiale, cela trahit bien ce caractère d'infantilisation : nous suivons les idées de nos parents (ou croyons nous opposer à elles, c'est selon).

 

J'ai déjà vu des enfants maltraités, abandonnés, totalement et viscéralement en colère contre leurs parents, et qui, à mesure que leur existence progressait, continuait d'adopter les positions idéologiques, politiques et religieuses de ces mêmes parents... Je m'étonnais de ce constat, et je me dis finalement que la réponse est simplement qu'ils n'ont rien appris d'autre. Ils ont été exposés à cela au jour le jour, et cela a constitué le fond de leur existence. Ils ne peuvent qu'adopter ces valeurs, ou se révolter contre... mais ils choisissent tout de même rarement la seconde voie.

 

Nous sommes donc infantilisés, et bien des études prouvent que les figures politiques agissent comme des archétypes parentaux, dans l'inconscient collectif. La raison pour laquelle les masses ne se révoltent pas, voire apprécient leurs maîtres, c'est que ceux-ci sont des parents projetés. Ils ne peuvent donc pas être entièrement déloyaux envers de telles figures... Comme l'immense majorité des animaux maltraités ne cherchent même pas à s'enfuir. L'idée ne leur vient même pas, cette violence n'est que l'état naturel des choses, et ils ne connaissent rien d'autre, comme aussi les victimes d'inceste.

 

La société peut donc tout à fait se construire sur la violence, sur la domination, et sur la pathologie mentale, puisque la masse des gens et des électeurs, aussi adultes soient-ils physiquement, ne sont que des enfants, dans la structure hiérarchique générale, pour l'immense majorité soumis à des patrons, des chefs, des institutions, des groupes qui décident pour eux, syndicats, tribunaux, sénat, élus (le terme est symboliquement chargé), pères, mères, grands frères et sœurs, et puis bien sûr Dieu, et toutes les autres figures d'autorités que constituent les experts, médecins qui décident de notre santé à notre place, j'en passe et des meilleurs.

 

Nous ne décidons jamais rien d'autre que des choses assez triviales dont les plus importantes sont des déménagements, divorces, etc. Choses qui ont énormément d'importance sur notre vie, mais aucune sur la société. Et nous votons.

 

Le déni de réalité nous force à des choix dont nous avons l'impression qu'ils sont capitaux et vont réellement, profondément améliorer notre vie, alors qu'ils ne répondent qu'à des impulsions relativement infantiles et instinctives qui n'auront d'impact que jusqu'à ce que notre émotionnel en aura absorbé toute la capacité. Généralement quelques années.

 

« J'ai finalement compris que je voulais changer de sexe, c'est très important pour moi, je sais que je serais mieux avec moi-même après », me dit un jour une amie, très jolie brune, mignonne, bien faite, les sourcils juste un petit peu épais. Pourquoi ? On lui a dit qu'elle avait « trop de testostérone ». Que veut dire trop ? Quand commence le trop ?

 

J'aimerais savoir où elle – il ? – en est maintenant. Mais je ne jurerais pas du résultat sur sa confusion psychique et son mal-être... Ou alors on en reparle dans 5 ou 10 ans. Mais c'est son choix et je le respecte. Je le trouve juste erroné. Peut-être que je me trompe, mais non, je ne crois pas.

 

Le déni de réalité nous pousse à nous nier nous-même. Et c'est ça le fond de la question.

 

L'impuissance dans laquelle nous sommes placés, ridicules insectes dans la fourmilière humaine qui nous dicte ce qui serait bon pour nous, nous conduit à nous leurrer pour survivre psychiquement.

 

Je me demande si ce type de problématique – je le soupçonne – est plus courante en fonction de la taille de la ville (cette fille dont je parle était parisienne et toulousaine occasionnelle, je vis dans une plus petite ville où je n'ai jamais été confronté à cela). J'avais déjà remarqué que les comportements de débauche sexuelle (sans faire l'amalgame avec la transsexualité qui est autre chose) étaient proportionnellement plus courants chez les parisiens que chez les provinciaux. Beaucoup d'études montrent à quel point la taille de la ville influent sur des tas de choses auxquelles on ne penserait pas. Savez-vous qu'en moyenne, on marche plus vite à Paris qu'à Strasbourg, où l'on marche plus vite qu'à Pau, où l'on marche plus vite que dans n'importe quel village ? De même, le stress est corrélé à la taille de la ville. Je le remarque quand je vais à Lyon ou à Paris, de ma petite ville de province, où je trouve déjà que c'est trop.

 

Notre monde urbanisé est source de bien des maux, ou de l'augmentation de ces maux. Il nous déconnecte de nous mêmes, de notre nature, et donc nous conduit à perdre contact avec la réalité, et les choses simples qui la constituent.

 

Il nous perd, et si l'homme n'a pas toujours cultivé le sens de la lucidité, il était davantage contraint de tenir compte de la réalité lorsqu'il cultivait la terre, et que sa récolte était de telle quantité précise qui allait correspondre à tel revenu ou à tel nombre de mois de nourriture.

 

Aujourd'hui, lorsque je dis « la fin du pétrole finira par arriver, et c'est pour bientôt », on me regarde comme un illuminé, ou bien on n'ose me croire. Il y a différentes façons de se cacher cette réalité. On peut dire « bof, il y en aura toujours bien assez de mon vivant », ce qui n'est pas sûr. On peut aussi se dire « il y aura une solution de remplacement, et elle sera sûrement beaucoup plus durable et beaucoup plus efficace ». On a vu que rien ne l'indique, au fil de cet article et d'autres sur ce blog, comme ailleurs. On peut aussi se mettre simplement la tête dans le sable : « ça n'arrivera pas, parce que je n'y crois pas ». Et bien d'autres façons encore, qui relèvent plus de la foi que d'autre chose.

 

Certes, je ne peux pas prouver mon point. Je n'ai pas un œil dans les réserves de pétrole du monde, et je ne sais pas combien il en reste. Mais en me fiant à diverses analyses de bon sens, parfois très bien documentées, et au simple bon sens qui montre que rien n'est infini dans un monde fini (le pétrole met des millions d'années à se constituer et nous l'usons en quelques décennies, un siècle ou deux tout au plus), j'estime que mon point de vue est le plus raisonnable.

 

C'est que l'homme ne veut pas voir le changement. Mes parents auront bientôt 70 ans et la guerre est finie depuis plus de 70 ans. Dans leur univers, il n'y a jamais eu de guerre, il n'y en aura donc jamais, croient-ils. Il y a toujours eu du pétrole, il y en aura donc toujours croient-ils, ou plus précisément, il y aura des guerres et plus de pétrole quand ils ne seront plus là, car ce sera une autre époque. Peut-être. Mais ce n'est pas vrai pour tout le monde, ni dans l'absolu. Ainsi, l'existence humaine constitue-t-elle à elle seule un biais de perception.

 

Bon. Je n'irai pas plus loin. Il est impossible d'être exhaustif sur ce sujet, et je pense que cette conclusion est déjà assez longue. Dans un article prochain, j'explorerai de nouveau cette question de l'effondrement et des erreurs de perception relatives, à travers la critique d'un article.

 

Merci à ceux qui m'ont lu jusque là, et à bientôt.

 

 

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16 juin 2017

Protestons contre la réalité ! (Ecologie et énergie) (2/3)

L'avenir de l'humanité semble bien sombre, lorsque l'on en croit certaines sources, l'alarmisme écologique, réchauffiste, millénariste, le complotisme qui voit un nouvel ordre mondial totalitaire dans les moindres signes et les moindres chiffres.

 

À l'inverse, il semble radieux, lorsque l'on compare avec les prévisions technologiques, le progrès toujours plus rapide vers les évolutions de confort, la prétention à l'égalité de tous les peuples à travers une planète automatisée, transhumanisée, où même les tares que peuvent constituer la couleur de peau ou l'appartenance à un genre pourront enfin être abolies, pour le plus grand bonheur de tous.

 

Cependant, la majorité des uns et des autres s'accordent un en optimisme tout humain, qui ne peut envisager l'avenir sans la prospérité et le progrès, façon « make the planet great again ».

 

La réalité contient sans doute un peu de tout cela, et est sans aucun doute plus complexe qu'une seule de ces visions.

 

Commençons par la version plutôt catastrophiste, qui gravite essentiellement autour de la doctrine du réchauffisme, nouveau dogme incontournable dont il ne faut pas douter, sous peine d'être considéré comme un négationniste de notre temps.

 

https://fr.sott.net/article/30705-Propagande-climatique-bientot-coupable-de-crime-contre-l-Humanite-pour-les-recalcitrants-du-rechauffement

 

Voyez qu'on en est à discuter sérieusement de savoir si une telle opinion pourrait se rapprocher ou non du crime contre l'humanité. Et même si la question posée ici concerne plutôt la décision de Trump, on se rapproche doucement mais sûrement d'un nouveau délit d'opinion façon « loi Gayssot ». C'est un pas en avant de l'orwellisation lente mais certaine des choses en général.

 

On en est arrivés à une telle situation de pseudo-certitude du rôle du CO2 que l'on multiplie les projets de géo-ingénierie pour en contrôler la prolifération (quand bien même on constate un verdissement des régions bordurières du Sahara, et un recul de celui-ci, que certains attribuent au CO2, ce qui en revanche est possible, puisque si le rôle réchauffant du CO2 est fortement contesté, en revanche il est connu depuis longtemps qu'il nourrit la vie et la végétation).

 

https://fr.sott.net/article/30702-Propagande-climatique-petit-delire-suisse-entre-amis

 

Ce qui n'empêche pas que, bien loin de vouloir éradiquer le CO2, les accords de Paris ne servent en réalité qu'à deux choses :

 

a) Mettre en place un marché des indulgences climatiques, pour faire payer les états pollueurs, sans réduire leurs émissions.

 

b) Organiser de nouvelles manipulations à l'encontre des pays « en voie de développement », comme je l'ai toujours dit et constaté.

 

http://multinationales.org/Comment-au-nom-du-climat-la-France-cherche-a-imposer-ses-interets-et-ses

 

https://www.mobilservice.ch/admin/data/files/news_section_file/file/214/soyez-carbonneutral.pdf?lm=1418801042

 

http://www.le-veilleur.com/article/make-our-lies-great-again

 

 

 

Mais le catastrophisme s'étend bien au delà de la question du climat :

 

http://french.mercola.com/sites/articles/archive/2017/05/30/dechets-plastiques-ocean.aspx

 

 

Bon alors, je suis le premier convaincu qu'il y a un problème sérieux, très sérieux même, avec la pollution, notamment atmosphérique et marine. En terme de particules, de métaux lourds, de plastiques et autres dérivés chimiques. Puis il y a aussi la surpêche qui correspond à la surpopulation, l'épuisement des sols liés à l'agriculture quasiment hors-sol, paradoxalement, puisqu'elle s'effectue désormais à la force d'engrais et pesticides dérivés du pétrole, sur des sols devenus arides par épuisement de leurs minéraux, souvent dans des serres quasi-automatisées, concernant les végétaux, et dans des hangars compartimentés, pour ce qui concerne les animaux.

 

Tout cela pose des problèmes sociaux, spirituels, environnementaux, moraux, etc.

 

Toutefois je ne suis pas sûr que le catastrophisme serve cette cause, puisqu'il ne manie que l'aspect émotionnel. Il serait plus utile d'éduquer dans les écoles aux faits écologiques, mais cela pose hélas question, car cela serait alors certainement détourné par des intérêts, les mêmes qui ont instrumentalisé la question du climat, font déjà de la pub et du financement dans les écoles (comme par exemple Mac Donald et d'autres). Cela servirait également à un formatage à des idées simplistes, à un moralisme simpliste, à des projets sociétaux et civilisationnels simplistes et erronés comme l'est le développement durable (formé dans le domaine de l'environnement, j'ai eu à subir cet endoctrinement, mais j'ai heureusement vite compris de quoi il retournait, j'en ai déjà parlé dans ces pages).

 

Que faut-il donc vraiment faire, je ne sais pas très bien, mais ce n'est pas le sujet immédiat de cet article. Peut-être l'objet d'une prochaine réflexion.

 

En tout cas, Philippe Grasset avait proposé une réflexion qui touche à ce sujet :

 

http://www.dedefensa.org/article/le-climat-phg-ddeorg

 

 

 

La pollution est donc un problème majeur, mais s'il l'est tant, c'est qu'il se croise avec les enjeux incontournables de l'énergie. J'ai déjà produit dans ce blog plusieurs articles sur ce sujet, notamment mon article d'il y a un an où j'explorais la possibilité d'une transition énergétique vers le renouvelable. À l'époque, il semblait que la réponse se rapprochait de conclure à la possibilité de la chose, avec pas mal d'objections. Le travail de Nicolas Hulot s'orientera probablement dans cette direction.

 

Mais mon idée, aujourd'hui, a évolué, et après avoir réfléchi à la question, j'aurais plutôt tendance à conclure à l'impossibilité de la chose. Mon propos ici ne sera pas d'analyser de nouveau cette problématique, car ce serait trop long et je n'ai pas tous les éléments en mains. Disons que c'est plutôt du domaine de l'intime conviction, avec tous les éléments accumulés depuis l'année dernière, et pas forcément publiés sur ce blog.

 

Je vais tout de même donner quelques arguments, qui me confortent dans mon idée plutôt « décroissante » depuis longtemps déjà, et que mes recherches de l'année dernière avait légèrement bousculé.

 

La première raison est que les programmes de transition « écologique » tiennent sur des procédés technologiques non encore aboutis, et qui ne le seront peut-être jamais. Je pense notamment aux technologies d'accumulation d'énergie nécessaires à utiliser de paire avec les énergies renouvelables que sont l'éolien et le solaire, sans lesquelles on ne peut tout simplement pas se passer des hydrocarbures ni probablement du nucléaire. Et oui, c'est triste à dire.

 

La seconde raison est que ces solutions, présentées comme écologiques, ne le sont pas plus que les autres. Elles reposent entièrement sur des procédés fortement polluants et sur des matériaux eux aussi polluants. Cela a été dit sur ce blog, pour fabriquer des éoliennes il faut employer des ressources relativement rares et donc épuisables, ce qui, qui plus est, impose tout un tas de procédés très polluants. Certains ont même affirmé que cela causait des déchets radioactifs à cause d'un certain composant, mais difficile de trouver des confirmations solides sur ce point.

 

https://www.contrepoints.org/2013/11/05/145159-eoliennes-terres-rares-et-desastre-environnemental-une-verite-qui-derange

 

Idem avec les panneaux solaires, quoique de manière moindre, à ce qu'il semble, lorsqu'on trie et compare un peu ce que peuvent dire les partisans et adversaires de ces diverses technologies.

 

Mais bon, pour moi, inutile de rentrer dans les détails. Je suis assez convaincu depuis longtemps que toute technologie est polluante par essence, de par sa fabrication, son acheminement, etc., et que tout ce système repose de toute façon sur le pétrole qui demeure, et demeurera nécessaire, dans la quasi totalité des étapes de la fabrication... Tout dépend donc du pétrole, in fine, et rien n'indique que se profile un moyen de remplacement. Vous trouverez par exemple sur ce blog de nombreux articles questionnant la problématique du pétrole, en long en large et en travers, aussi je n'irai pas plus loin sur ce sujet, dans cet article :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/

 

Cherchez par exemple sous le tag « peakoil », mais il y en a d'autres :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/search/label/peakoil

 

 

 

Nous avons parlé des énergies renouvelables, du pétrole et des hydrocarbures, mais il reste encore le sujet chatouilleux du nucléaire, qui a comme nul autre ses « trolls » sur le net, comme j'ai pu l'expérimenter ici.

 

Dans le nucléaire, le déni de réalité est vraiment palpable, comme s'il concentrait à lui seul toute la problématique écolo-énergétique. Pourtant, le pétrole fournit beaucoup plus d'énergie que le nucléaire, et fait l'objet de bien plus de conflagrations politiques et militaires. Mais le pétrole ne risque pas d'exploser dans votre pays comme une méga-bombe toxique à effet prolongé à travers des décennies. Et il produit certes de la pollution, mais de déchets qu'il faut stocker et surveiller pendant des siècles, sinon des millénaires. C'est ce que ne comprennent pas ceux qui défendent le nucléaire, et cherchent à en minimiser constamment les effets et les problèmes.

 

Puisque, selon eux, le nucléaire n'est pas un problème, ou disons, qu'il est un problème mineur et un mal nécessaire, à l'échelle des autres problèmes planétaires, comment se fait-il qu'il y ait autant de mensonges à son sujet ? Est-ce vraiment, comme on me le laisse entendre, pour protéger les gens contre la peur, qui serait bien plus terrible à elle seule que le nucléaire lui-même (notez qu'il y a un peu de vrai là-dedans, le nucléaire sans la peur n'est jamais qu'un truc polluant, mais pas tout à fait comme un autre tout de même...) ?

 

Je crois personnellement que c'est plutôt, au contraire, pour protéger l'industrie nucléaire des effets que cette peur a sur sa prospérité et sa tranquillité.

 

En effet, si vous n'informez pas les gens sur les dangers du nucléaire, ils ne vont pas s'opposer à celui-ci. Voilà tout.

 

C'est pourquoi je vais profiter de cette réflexion pour le faire, encore une fois, et il y a matière.

 

Ce n'est pas dur de trouver des faits, y compris scientifiques, qui confirment la dangerosité bien particulière et insidieuse de cette forme d'énergie. Je dis cela pour celui qui, sur ce blog, a voulu réduire absolument mon propos à une question d'opinion : lorsque j'ai dit que ma position sur le nucléaire était mon opinion, il ne faut pas confondre cela avec les faits, qui eux servent de base à cette opinion. Que l'on puisse débattre sur ces faits, d'accord. Il n'en demeure pas moins que, de ce que j'en constate, l'énergie nucléaire est beaucoup trop imprévisible et dangereuse pour être fiable.

 

http://www.les-crises.fr/fukushima-consequences-de-la-radioactivite-sur-la-faune-par-pierre-fetet/

 

Où l'on apprend qu'il existe une poussière radioactive à Fukushima (comme à Tchernobyl) qui touche les oiseaux (et sûrement pas qu'eux). Les particules ne sont donc pas l'apanage des hydrocarbures, et c'est une première remarque.

 

Bien sûr, ensuite il y a l'éternel (sans jeu de mot) problème des déchets :

 

https://fr.sott.net/article/30590-Lobby-nucleaire-mondial-et-dechets-radioactifs

 

On a vu que les faibles doses sont un problème puisqu'il n'y a pas de seuil de non-toxicité, et que l'argument de la radioactivité naturelle était stupide, puisque la radioactivité produite s'y ajoute... Ne faisant qu'augmenter la morbidité.

 

Mais sans parler des déchets ou des accidents qui demeurent assez rares (bien que toujours trop fréquents), les centrales elles-mêmes sont elles sûres ?

 

https://francais.rt.com/international/39511-nouvelles-fissures-detectees-sur-deux-reactaires-nucleaires-belges

 

Bien sûr « selon les experts », aucun problème. Les mêmes experts qui ont rendu la centrale du Blayais inaccessible en cas d'inondation, car la seule route d'accès peut être submergée en cas d'intempérie, imaginez ce qui pourrait se produire, et qu'on ne pourrait peut-être pas empêcher. Et ce n'est qu'un exemple de ce qui n'a pas été pensé, et dont on s'est aperçu a posteriori. Il y a sans doute bien des problèmes qu'on n'a même pas encore ni détectés, ni seulement imaginés.

 

Il y a aussi les cas qui ont eu lieu, mais dont on ne parle tout simplement pas, on ne fait pas mieux en matière de déni de réalité :

 

https://reporterre.net/Elle-se-bat-pour-la-verite-sur-le-terrible-accident-nucleaire-de-Maiak-en

 

Cela concerne tout de même 300 000 personnes touchées, mais rassurons-nous avec le refrain habituel des pro-nucléaires satisfaits dans leur scientisme : « zéro mort à Fukushima » tagada-tsoin-tsoin. Et à Tchernobyl ? Et la chasse aux nègres est propre parce que c'est écologique, aussi, c'est ça ? (référence à la première partie, pour ceux qui n'ont pas suivi, il fallait que je la place, d'autant que certains ne se gênent pas pour amalgamer la posture anti-nucléaire à l'antisémitisme, après tout)

 

Rappelons que les experts d'Areva étaient impliqués, à Tchernobyl, et avec quel résultat :

 

http://journaldelenergie.com/nucleaire/linvraisemblable-fiasco-dareva-a-tchernobyl/

 

Voilà à quels experts on choisit de faire confiance... ça se passe de commentaires, pour ma part, puisque j'ai déjà dit en quoi l'humain ne pouvait en aucun cas tout prévoir, mais décidait tout de même de se fier à des technologies qu'il ne contrôle pas, sous prétexte que c'est nécessaire à soutenir son train de vie.

 

Quelques articles et textes de fond sur cette technologie « propre » selon certains :

 

http://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/Les-accidents-nucleaires/accident-fukushima-2011/fukushima-2016/Documents/IRSN_Fukushima-Tchernobyl_faune-flore_201603.pdf

 

https://www.dissident-media.org/infonucleaire/vulga_sene.html

 

Textes qui, au passage, répliquent aux remarques qui ont pu être faites en commentaire, sur la prétendue non-dangerosité de la technologie, ainsi que sur l'enfumage concernant certaines données...

 

 

 

On peut donc désormais conclure que toutes nos technologies sont polluantes, et d'ailleurs :

 

http://partage-le.com/2017/05/les-medias-et-la-fabrique-de-lillusion-a-propos-de-quelques-mensonges-rassurants/

 

Car il est bon de rappeler que l'hydroélectrique cause lui aussi de sérieuses conséquences environnementales, comme la rétention des sables, des polluants, le blocage de certaines zones de migration, l'assèchement ou au contraire la submersion de zones entières, etc.

 

Où l'on voit donc que l'industrie minière polluante et toutes sortes d'autres destructions environnementales peuvent tout à fait être présentées comme des progrès écologiques, dans la logique de l'inversion et de la post-vérité dont on parle tant, désormais.

 

Ça et l'insoutenabilité totale de notre mode de vie moderne, que ce soient les villes, leurs concentrations urbaines, et les abus divers et variés qu'impose la surpopulation générale et cette concentration des populations, sur l'agriculture :

 

http://www.les-crises.fr/la-france-exporte-un-pesticide-interdit-sur-son-sol-vers-des-pays-en-developpement-par-lise-loume/#comment-449815

 

Et puisque nous importons nos problèmes partout dans le monde, tant que le pétrole – comme le nucléaire – sont là pour permettre cette continuation, tout ce qu'on peut faire est espérer sa fin rapide, tout en sachant que cela signifie aussi la fin de nos divers conforts, et de notre « prospérité ».

 

 

 

Il faut bien comprendre que, non seulement nos énergies sont polluantes, ainsi que les modes de vie qu'elles permettent, mais surtout que leur temps est compté. Selon les prévisions de nombreux analystes, le « collapse » général qui sera à la fois économique, social, énergétique, etc., est pour demain. Et demain, cela signifie grosso modo une date comprise entre aujourd'hui et entre 10 et 20 ans au maximum. Alors on rétorquera sans doute que ces experts se sont toujours trompés et que l'effondrement a été annoncé maintes fois sans jamais arriver, remplacé par de simples épisodes de crises, seulement voilà, on sait que toutes les civilisations meurent, comme tous les êtres vivants meurent, et il y a fatalement un des nombreux médecins qui observent le patient qu'est la civilisation occidentale de la consommation et du gaspillage, qui a raison sur la date approximative de sa mort. Et tous ceux qui observent lucidement voient que la sénilité et l'agonie sont déjà dans un stade relativement avancé, et ce depuis par exemple la crise de 2008 ou les attentats de 2001, qui ont signé des étapes marquantes de la chute morale, sociale et économique du processus de mondialisation, qui est en fait une tentative, encore en cours, de généralisation de la civilisation occidentale au monde entier.

 

On pourra noter par exemple ces articles. Les deux premiers nous parlent de la fin de la voiture particulière, qui pourrait arriver plus vite qu'on ne croit, et qui serait alors remplacé par un nombre moindre de voitures automatisées, sorte de transport collectiviste de l'avenir, prédit dans la plupart des livres de P.K. Dick, soit dit en passant :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/05/peak-hats-changement-social-et-fin.html

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/06/la-falaise-de-seneque-venir-de.html

 

Le suivant propose un développement schématique des différents modèles d'effondrements sociétaux et civilisationnels, et des moyens pour les atténuer :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/06/strategies-pour-attenuer-leffondrement.html

 

 

Pour terminer cette partie avant de passer à une conclusion détaillée, je dirai simplement que le domaine de l'écologie catalyse toutes sortes de dénis de part et d'autres. D'une part le déni que la civilisation humaine puisse évoluer sans en passer nécessairement par une catastrophe de grande ampleur, de l'autre le déni de problèmes très graves qui pourraient en effet conduire à une catastrophe de très grande ampleur de type effondrement général des ressources basées sur le pétrole conduisant à une famine mondiale, voire pire, facilitant la genèse d'un virus opportuniste, profitant des mutations provoquées par notre pression environnementale, ainsi que par l’appauvrissement des sols et donc de la nourriture, donc des organismes animaux et végétaux qui en résulte. On peut aussi imaginer une guerre nucléaire généralisée, si la géopolitique mondiale part dans une escalade, à cause des problèmes engendrés par notre mode civilisationnel : épuisement des ressources, y compris de l'eau potable, d'où prédation territoriale exacerbée, et ainsi de suite.

 

Tout est possible, rien n'est certain. La seule chose dont je suis certain, c'est que l'aveuglement des uns et des autres ne promet rien de bon.

 

 

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15 juin 2017

Protestons contre la réalité ! (Généralités) (1/3)

Cet article sera l'occasion de réfléchir sur le principe de réalité. J'avais songé à faire un article séparé sur ce thème, mais le sujet de l'écologie se prête parfaitement à son illustration, en fin de compte. Je ferai donc cela en trois parties (la troisième sera la conclusion). Une première un peu générale, et une seconde portant sur ce qui touche à l'écologie, à l'énergie, etc.

 

Wikipédia définit ainsi le principe de réalité :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_r%C3%A9alit%C3%A9

 

« Dans la psychanalyse freudienne, le principe de réalité est la capacité d'ajourner la satisfaction pulsionnelle.

Respecter le principe de réalité consiste à prendre en compte les exigences du monde réel, et les conséquences de ses actes. Le principe de réalité désigne avant tout la possibilité de s'extraire de l'hallucination, du rêve, dans lesquels triomphe le principe de plaisir et d'admettre l'existence d'une réalité, insatisfaisante ou non conforme à son idéalisation. »

 

Cela pourra paraître étrange, de la part d'un pratiquant chamanique, de faire appel à ce principe, pourtant le respect de celui-ci au quotidien est indissociable de notre survie individuelle et collective, en ce bas monde.

 

La réalité, et notamment celle du monde matériel, nous rattrapera toujours, et plus nous la nierons, plus ce sera le cas.

 

https://francais.rt.com/france/39755-nkm-campagne-paris-fait-malaise

 

« Des dizaines d'internautes se sont plaints de la diffusion des images de la candidate des Républicains au sol par la presse, qui a repris des images diffusées par l'AFP.

«Il est choquant, indigne et irrespectueux l'AFP qui diffuse les photos de NKM inconsciente et au sol», a tweeté Vincent Daniel, journaliste chez France Info.

«Il serait temps que la presse soit à la hauteur !», s'est indigné un autre internaute. »

 

 

Voyez, la réalité est choquante. On ne supporte plus de voir un homme à terre. Oups, j'ai dit un homme ! On ne supporte plus non plus le sexisme outrancier du langage, surtout lorsqu'il est trop neutre pour être honnête. Voici comment la Fondation Nicolas Hulot, bientôt « Fondation pour la Nature et l'Homme : FNH » (notez l'excellence de cette ingéniosité) présente l'avenir de l'organisation après la démission de son fondateur qui a rejoint le « ministère de la transition écologique et solidaire » (notez l'imposture du titre même, comme si on pouvait s'attendre à un quelconque aspect solidaire dans la démarche de Macron) :

 

« Un.e nouveau.elle président.e sera élu.e par le Conseil d’Administration le 28 juin prochain. »

 

Pourquoi faire subir toutes ces contorsions à un langage, au point de le rendre illisible et imprononçable ? Le langage est-il porteur de notre passé colonial et patriarcal ? Alors il faudrait tout simplement l'abolir et le remplacer par un autre, plutôt que le torturer ainsi !

 

C'est une autre des formes de notre protestation contre la réalité : l'homme et la femme sont différents, d'une part, quel scandale, quelle injustice ! et d'autre part, oui, le langage, par mesure de simplicité (on se plaint toujours de son extrême complexité) use de la neutralité en passant par le masculin. On pourrait choisir d'y voir un honneur à la femme et à la féminité : celle-ci a droit à une marque de distinction, dans le langage. Seul le féminin est marqué par cette différenciation qui l'honore par l'attention qui lui est faite. Mais allez savoir pourquoi, on préfère y voir une marque de préférence pour l'homme. En fait, j'y vois deux privilèges différents, voilà tout. Et une harmonie du langage.

 

Mais pour revenir à l'image de NKM étendue sur le sol suite à son malaise, certes causé par l'agression d'un mâle vil et lâche (non, je ne cautionne pas, oui, j'ironise un petit peu tout de même, car cette caste de gens séparés du peuple sont si isolés dans leur petit monde poli et ouaté où la vie est facile, quoiqu'on en dise, qu'ils sont en effet très mal préparés à affronter ce type de violence verbale si typique de ce peuple qu'au fond ils craignent et détestent tant, que leur esprit ne peut le supporter, ce qui ne m'empêche pas d'avoir de l'empathie pour la victime, ne serait-ce que parce que cette violence verbale, en tant que membre de la plèbe, je la côtoie assez régulièrement), pour revenir à cela, donc, on avait eu le même genre de protestation concernant l'attentat, meurtre de masse, du Bataclan. Les images avaient été censurées, pour « protéger » le peuple.

 

L'infantiliser.

 

L'être humain moderne ne demande que cela : être infantilisé, protégé contre la réalité, afin de pouvoir continuer à bénéficier sans trop de souffrance, des conforts de la vie moderne en occident, bien que ce satané terrorisme qui s'insinue jusqu'à chez nous fasse quand même un peu tâche.

 

Alors on proteste. On proteste contre nos dirigeants : que ne nous protègent-ils pas contre ce mal ? Ne sont-ils pas un peu nos parents ?

 

C'est que ce mal, ils en sont responsables, nos « parents » politiques, nos « élus » (qui le sont rarement, puisqu'on parle ici de ceux qui se nomment entre eux, les ministres, hauts fonctionnaires, etc.)

 

On proteste aussi contre nos journalistes : que ne font-ils leur travail correctement ? C'est à dire de ne pas nous montrer les images des faits.

 

Un coup on leur reproche de trop bien soutenir Macron, un coup de ne pas assez bien protéger « l'image » d'une politicienne victime d'une agression. Un coup c'est la presse ne nous en montre jamais assez, un coup c'est « faut pas pousser quand même ! » C'est vrai quoi, une dame allongée sur l'asphalte, c'est terrible ! On parle pourtant de journaux réservés à des adultes, pas de Mickey magazine ou même du JT (que je sache, ça n'y est pas passé). La conclusion est donc claire : une certaine tendance dans notre société réclame cette infantilisation collective, dont nous sommes, pour le coup, des victimes.

 

Autre exemple, que nous dit-on et que nous montre-t-on des guerres modernes ? Les voit-on, ces corps démembrés, sanglants, la réalité de la guerre ? Pourtant, nous avait-on épargné les images des victimes de la Shoah, ces immondes cadavres ambulants, squelettes sur patte qu'on forçait à travailler, avant de les finir au gaz quand ils ne pouvaient le plus faire ? Oui, je dis les choses crûment, mais parce que la réalité peut-être dure et crue. Et c'est que les temps ont bien changé, si l'on ne peut même plus montrer une dame étendue suite à un malaise vagal du à l'émotion et à la chaleur (c'est tout à fait bénin, cela m'est arrivé une fois).

 

C'est que quelque chose est à l’œuvre.

 

Il y a quelques jours, sur un tchat (un tchat public, mais d'un salon particulier où nous n'étions que six), entre amis, j'utilise volontairement et sciemment l'expression « chasse au nègre », pour ironiser sur le fait, et pas pour en faire l'apologie, bien évidemment. Oui, je sais parfaitement que le terme en soi n'est pas drôle, et je sais parfaitement, pleinement, ce qu'il évoque. Néanmoins, ce n'est qu'un mot. Et dans le contexte particulier où nous nous trouvions (la discussion portait sur un jeu vidéo violent se passant aux USA), cette provocation me paraissait pertinente. Savez-vous que pas mal de noirs trouvent ce mot marrant et l'utilisent entre eux ? Oui, et d'autres sont fortement choqués par celui-là... Chaque minorité, chaque groupe, chaque peuple, a ses individus, ses tendances opposées, etc.

 

Les gens étaient en sueur. Ils ont eu peur que l'on voit qu'il avait été écrit sur le tchat. Il a été effacé en moins de 10 secondes par l'admin. Cela m'a fait rire.

 

Non mais soyons sérieux, ce n'est qu'un mot, et oui, ce mot désigne quelque chose qui nous inquiète, un refoulé qui nous terrifie, même. Le choix fait par l'admin était extrêmement révélateur : même si aucun d'entre nous ne pouvaient mal le prendre (il n'y avait aucune malveillance), c'était trop : il fallait le cacher, en faire une honte collective.

 

Tout ce qui entre dans le refoulé, dans le non-dit, resurgit un jour ou l'autre. Ne nous étonnons pas que les USA soient un pays encore excessivement raciste, qu'Obama n'y a rien changé, que le ségrégationnisme soit même de nouveau en voie de progression. Puisque nous ne pouvons pas rire du mot « nègre » ou « nigga » selon l'argot américain, alors nous sommes tous victimes de son retour dans le refoulé, du retour d'un passé colonial, esclavagiste et suprémaciste qui nous hante et nous fait engendrer sans cesse de nouveaux fantômes et de nouvelles terreurs. Le fait que les humoristes médiatisés soient unanimement devenus politiquement corrects, notamment dans le choix des mots, est parlant. Désormais, c'est le langage scatophile et bassement pornographique qui a la cote, normal : c'est le langage des enfants et des adolescents. L'humour de notre époque – les Bigard, les Dubosc – est résolument infantile, tout comme l'est le style d'un Dany Boon, par exemple. Je ne porte pas de jugement sur leur talent, je ne prononce pas mon opinion, je dis juste que les Coluche et les Desproges sont loin. Ils n'avaient pas de tabous, à l'inverse des actuels qui se contentent de réciter les brèves de comptoir ou de jouer sur les accents pour faire rire des foules soigneusement attardées par des décennies d'abêtissement médiatique.

 

Et lorsque même les humoristes ne peuvent plus aborder certains sujets sans choquer, c'est que la situation est grave. On a vu des politiciens affirmer, presque sur le ton de la menace, il me semble que c'était Manuel Valls, annoncer que l'humour d'un Desproges ne serait plus possible aujourd'hui. Sous-entendu, n'essayez même pas, on pourrait vous faire interdire, et plus simplement, on ne vous sélectionnera même pas parmi les cohortes de gens qui veulent devenir artistes, et passent par les diverses écoles du rire et autres télé-réalité du genre. On est bien dans une forme de dérive totalitaire, où l'humour est canalisé, où la réalité ne doit plus être pleinement évoquée, pour satisfaire aux exigences d'un politiquement correct qui ne veut plus voir ni la vieillesse ni la mort, ni le sang, ni rien.

 

Ce n'est pas un hasard, si Dieudonné est le seul à faire de l'humour crûment sur le cancer ou la couleur de peau (avec ou sans talent, je ne me prononce pas ici), et si le seul sang qu'on voit est souvent un sang factice jeté sur des enfants qu'on instrumentalise politiquement. Idem, les seuls morts que l'on voit sont des enfants que l'on fait servir des causes politiques. Et de même, on s'indignera sur l'utilisation d'armes chimiques par le gouvernement syrien, pour servir encore ces mêmes causes, alors même qu'aucune enquête ne peut prouver le fait, et qu'il semble que tout converge vers la conclusion que ces armes chimiques étaient possession des ennemis du gouvernement. On parle de post-vérité, on pourrait presque parler de post-réalité, tant même il ne semble plus y avoir nécessité d'inventer des mensonges crédibles.

Par contre, nous parle-t-on de ceci ?

 

https://francais.rt.com/international/39714-serbie-uranium-appauvri-plainte-avocats-otan

 

https://francais.rt.com/international/39717-syrie-irak-coalition-occidentale-confirme-utilisation-phosphore-blanc

 

Réponse : il faut aller chercher dans les médias russes, ces fauteurs de propagande désignés, pour trouver ce type d'information, pourtant officielle. Une réalité beaucoup trop dérangeante pour notre pauvre monde occidental, qui a besoin d'être bercé, câliné, toujours protégé de la violence du monde... dont il est le premier responsable, voire le premier coupable. Et non, je ne fais pas du culpabilisme anti-blanc, j'énonce seulement des faits. Ceux qui ne veulent pas que les torts de notre (contre-)civilisations soient étalés, sont tout autant dans le déni de réalité et une forme d'infantilisation, de refus de voir en face le visage du « père » brutal qui est constitué par nos responsables politiques occidentaux.

 

Le phosphore blanc et l'uranium appauvri sont des horreurs bien pires qu'un enfant noyé qu'on nous montre dans tous les médias. Mais voici comment nous assumons cela :

 

« Dans un rapport rendu public en 2000, l'OTAN a reconnu avoir utilisé des munitions contenant de l'uranium appauvri non seulement dans les Balkans mais aussi lors de la guerre en Irak de 1991. «A proximité des impacts de munitions à uranium appauvri, il n'est pas exclu que des personnes ignorant les risques de contamination [...] puissent avoir été exposées à des radiations ou avoir absorbé des quantités d'uranium excédant les normes internationales», concède le document. » 

 

Autant dire que nous n'assumons pas du tout. Nous reconnaissons du bout des lèvres, et constatons seulement que nos choix causent des dégâts, que nous minimisons. Et je dis « nous » parce que ce sont quand même nos pays qui font cela. Il n'y a pas de raison de s'associer à nos pays pour leurs avantages, et de s'en dissocier pour les inconvénients, car c'est cela aussi, le déni de réalité.

 

 

Je vais en terminer là sur cette première partie, mais pas sans livrer encore quelques liens. Pour prolonger le thème de la provocation autour du terme « nègre », je propose de rappeler certains faits sur la ségrégation aux USA :

 

http://www.les-crises.fr/trump-est-le-symptome-pas-la-maladie-par-chris-hedges/

 

 

Et un autre propos provocateur, de Nicolas Bonnal, sur un certain crétinisme français :

 

http://www.dedefensa.org/article/taine-et-le-cretinisme-du-francais-de-souche

 

 

Dans le texte de Chris Hedges, je relève en conclusion de cette partie ces quelques passages, qui illustrent parfaitement mon sujet :

 

« Le plus célèbre prisonnier politique en Amérique, Mumia Abu-Jamal m’a dit la semaine dernière par téléphone de la prison de Frackville en Pennsylvannie où il est incarcéré : « Ce dont a absolument besoin l’État, c’est l’illusion de la normalité, de la légalité […]. À Rome, les empereurs avaient besoin de pain et de jeux. En Amérique, nous avons besoin des « Housewives of Atlanta ». Nous avons besoin du sport. D’histoires vertueuses de bons flics et de vilains criminels. Parce que une fois que vous avez cela… il n’y a aucune pensée critique en Amérique de nos jours. Nous avons [uniquement] de l’émotionnel. Lorsque je vois quelqu’un qui est diabolisé, je peux tout lui faire [à lui ou à elle]. Je peux tout lui faire. C’est comme ça que l’État fonctionne, en diabolisant des personnes et en les confinant dans des endroits où ils sont pratiquement invisibles. 

 

Il a continué en disant : « Telle est la réalité. L’Amérique n’a jamais pu faire face à ce que nombre d’universitaires et de penseurs nomment le péché originel. C’est parce que ce dernier est toujours présent. Ce pays se vante d’avoir été fondé sur le principe de la liberté. Il a été fondé sur l’esclavage. Il a été fondé sur un holocauste. Il a été fondé sur un génocide. Après l’abolition de l’esclavage, après que la constitution a été réécrite et amendée, nous avons eu les amendements de reconstruction, les treizième, quatorzième et quinzième amendements. Mais qu’a fait le Sud ? Ils les a ignorés pendant un siècle. » »

 

Bien sûr, la manipulation de la vérité équivaut à la manipulation du réel. Le manichéisme, la simplification en un dualisme, construit un récit du monde intelligible par tous, qui finit par remplacer le réel par une version commode, « facile à vivre » comme une bouteille de lait à « ouverture facile ». Tout nous est facilité, aujourd'hui, surtout la compréhension du monde, comme par hasard. Il faut d'ailleurs noter dans ce passage que la réponse proposée à à un dualisme est un autre dualisme : méfiez-vous ! Mais par la confrontation de ces deux dualismes, nous accédons à une vision plus complète et plus complexe de la réalité, c'est cela qui compte. Et il est évident que ce qui est dénoncé dans les paroles d'Abu-Jamal ne peut être sans conséquences graves pour l'histoire de ce pays, quoiqu'en disent ceux du camp opposé qui vivent dans le déni et l'absence d'empathie pour les victimes et descendants de victimes, dans un pays où les noirs luttent encore pour certains droits.

 

Le reste du texte est édifiant, et je vous laisse le découvrir. Dans la seconde partie, je me concentrerai donc sur des questions écologiques, où l'on verra que le déni de réalité demeure la norme dans tous les camps.

 

 

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11 juin 2017

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste -N°20- Spécial Qatar et terrorisme

Je travaille toujours sur un article concernant l'environnement et le problème énergétique qui se profile, mais une actualité un peu chargée me pousse à publier d'abord ce numéro spécial sur le Qatar et le terrorisme. Il y a en effet beaucoup d'articles assez intéressants sur ce sujet précis, qui permettent de bien décrypter cette situation. Il s'agit d'une situation particulière, mais qui s'inscrit en même temps totalement dans l'air du temps. Il peut donc être intéressant de bien comprendre les tenants et aboutissants de l'affaire.

 

D'abord les faits :

 

https://francais.rt.com/international/39244-arabie-saoudite-egypte-emirats-bahrein-rompent-liens-diplomataiques-qatar

 

 

Mais rappelons un peu le timing :

 

https://queteverite.blogspot.fr/2017/06/le-moyen-orient-au-bord-de-limplosion.html

 

Avec également le lien sott.net vers le même article, au cas où :

 

https://fr.sott.net/article/30690-Qatar-et-autres-petite-chronologie-des-evenements-le-Moyen-Orient-au-bord-de-l-implosion

 

On a un lien de cause à effet qui saute aux yeux entre la visite de Trump en Arabie saoudite et ce revirement soudain de cette dernière contre sa sœur jumelle qu'est le Qatar, en matière de salafisme et d'extrémisme religieux, qui laisse à penser, comme je l'avais dit, que l'on cherche à pointer du doigt un bouc-émissaire.

 

Il est nécessaire de creuser un peu plus loin pour comprendre les raisons précises.

 

Il se trouve en fait que l'Arabie saoudite et le Qatar sont quelque peu frères ennemis et qu'une sorte de rivalité remonte au 19e siècle, mais cela serait sans importance si cette rivalité n'était pas ravivée par la concurrence de l'Iran qui attire à soi le Qatar. Les raisons en sont données ici :

 

https://fr.sott.net/article/30711-Le-Qatar-l-Arabie-Saoudite-le-terrorisme-islamiste-et-l-Establishment-anglo-americain

 

Encore une histoire de pétrole et de gaz, donc...

 

Une première analyse :

 

https://francais.rt.com/opinions/39277-arabie-saoudite-plaire-americains-regler-comptes-qatar

 

 

Ici, d'autres détails sur cette guéguerre et surenchère d'extrémisme religieux entre les deux pays :

 

http://www.les-crises.fr/arabie-saoudite-qatar-la-guerre-des-freres-ennemis-du-wahhabisme-une-guerre-de-defausse-par-rene-naba/

 

 

Mais on a ici une autre hypothèse, totalement différente, qui peut compléter les premières :

 

https://francais.rt.com/international/39342-colossale-rancon-doha-djihadistes-origine-de-la-rupture-des-liens-avec-qatar

 

 

Quelles que soient les raisons précises de cet épisode chaotique toujours en cours, on ne peut qu'y remarquer les constantes habituelles du drame mondial en train de se vivre : pétrole et pétrodollars, le camp de la Russie et de l'Iran toujours accusé des pires maux, et le terrorisme toujours en embuscade.

 

Le terrorisme qui sert en effet d'instrument à une évolution liberticide probablement calculée dans la politique internationale occidentale :

 

https://francais.rt.com/international/39241-apres-attentat-londres-theresa-may-regulation-internet

 

On accuse internet d'être à la racine du mal, quand bien même il n'est qu'un outil au service de la population, comme le serait le téléphone ou le réseau électrique, mais cela permet bien évidemment de justifier une censure, un contrôle, une surveillance. Mais veut-on vraiment la vérité, le bien, et le succès contre le terrorisme ? On peut en douter :

 

https://fr.sott.net/article/30687-Le-rapport-sur-le-financement-du-terrorisme-au-Royaume-Uni-enterre

 

Le contenu du rapport est « sensible »... Comprenez qu'il pointe probablement du doigt des financements saoudiens, des collusions et complicités dérangeantes qu'il vaut mieux ne pas faire connaître. Il est plus commode de pointer des « fake news » qui ne manqueront certainement pas de citer ces points.

 

Au lieu de l'Arabie saoudite, au lieu du financement et de l'armement des terroristes djihadistes par des officines et services secrets occidentaux, comme cela se fait, comme cela s'est reconnu (par Trump, Hillary Clinton, et bien d'autres, pas n'importe quel complotiste venu), on préférera pointer du doigt un autre coupable, n'importe lequel, disons par exemple le « communautarisme ». En effet, l'Angleterre serait minée par ce fléau de notre temps qui fait que l'on laisse des communautés ethnico-religieuses se constituer, puis se « radicaliser », suivant le terme désormais consacré.

 

On argue de cela, sans tenir compte de faits pourtant tout à fait évidents. Par exemple, pourquoi ce terrorisme, alors, est apparu seulement au cours des dernières années ? Ce « modèle anglais », que l'on oppose absurdement au « modèle français » a pourtant toujours été en vigueur, depuis les débuts du colonialisme britannique. Les terroristes ne le seront devenus, et ne seront devenus efficaces, que quand on aura commencé à les financer et à les armer, point. Cela n'a aucun rapport avec le « communautarisme ». Il est d'ailleurs savoureux de voir que l'on compare sur ce point deux modèles, en oubliant totalement qu'au cours des deux dernières années, ce qui serait le « non-communautarisme français » (dont certains trouvent pourtant à se plaindre en tant que communautarisme, justement) a également connu ses attentats. Point de différence, donc, entre les deux pays, en terme de résultats, malgré des modèles effectivement différents, mais pas forcément autant qu'on veut bien le dire : ce sont avant tout des pays occidentaux et post-coloniaux, qui perpétuent une politique d'agression et de contrôle, qui elle est la vraie cause du terrorisme, bien évidemment.

 

Il faut le dire et le répéter, la « radicalisation » n'est en aucun cas le fait d'internet, tout comme les incendies ne sont pas la conséquence des poteaux électriques qui importent l'électricité dans les villes. Il y a moins d'incendies urbains depuis qu'il y a l'électricité (car le gaz et le charbon sont moins utilisés, et parce que les sociétés et les constructions ont été modernisées et sécurisées) et il y a en fait moins d'extrémisme idéologique dans nos pays de nos jours, parce que l'accès à l'éducation et à l'information, dont internet est devenu un des principaux vecteurs, ont introduit une pensée plus riche et plus nuancée. Il y a, par contre, il est vrai, du même coup, plus de contestation de l'ordre établi, une circulation plus difficile à contrôler des idées dissidentes et des idéologies violentes, et c'est cela, surtout, qui embarrasse le pouvoir. Et concernant les dernières, les idéologies violentes, si internet peut faciliter leur expansion, il suffirait d'éteindre l'incendie à la source, c'est à dire là où on l'a allumé, et cette idéologie cesserait d'être un problème sur internet. En fait, cela n'aurait même jamais commencé. Maintenant il est à craindre qu'il soit un peu tard, car le ver est dans le fruit, et on utilisera d'autres excuses pour censurer le net, comme la pédophilie, la cybercriminalité (comme par hasard essentiellement d'origine russe, selon les sources « officielles »), le complotisme, etc.

 

Il est en effet nécessaire de préserver l'innocence d'un public qu'on avait voué à la société de consommation et uniquement à celle-là. Il n'a pas à sortir de cette virginité, à s'autonomiser, non, surtout pas. On lui demande juste de voter et de consommer, ce qui résume à peu près la définition d'un « bon citoyen ».

 

Mais il y a un dernier article qui à mon avis clôture parfaitement mon sujet du jour :

 

http://television.telerama.fr/television/londres-victime-du-communautarisme-les-francais-reclament-une-dictature,159209.php

 

Et j'y ajoute le lien des crises.fr, là aussi, au cas où, et éventuellement pour les commentaires :

 

http://www.les-crises.fr/londres-victime-du-communautarisme-les-francais-reclament-une-dictature-par-samuel-gontier/

 

 

 

Alors, ma conclusion à tout cela est qu'on assiste à un énième soubresaut d'un système qui se refuse à regarder en face les conséquences de son propre mode de fonctionnement. Je parle bien sûr du système que l'on pourrait appeler mondialo-occidental, qui estime que sa vocation est de régner sur le monde. Hélas, un bloc adverse dont la Russie est quelque part le leader idéologique et militaire s'y oppose, et est donc diabolisé, avec ses alliés que sont la Chine, l'Iran, la Syrie, etc. Ce qui est ici reproché au Qatar n'est pas de financer le terrorisme, non, ça on s'en moque. On cherche seulement une bonne excuse pour blanchir l'Arabie saoudite, pour pouvoir continuer de faire des affaires avec celle-ci, tandis que le Qatar a commis quelques impairs diplomatiques qui signent sa faute.

 

Le pétrole, le gaz et les autres ressources qui permettent de faire tourner ce système mondialo-occidental tel une pompe shadokienne, sont bien entendu le nerf de la guerre et de la diplomatie agitée que l'on observe.

 

Et le terrorisme, une sorte d'opium du peuple version « sous crack », pour épuiser et occuper les nerfs de ce dernier. Quand la ligue 1 et la télé-réalité ne suffisent plus, il faut se débrouiller pour qu'adviennent des 11 septembre un peu partout, et là, le peuple réclame sa dictature (parait-il).

 

Mais y a t-il besoin d'en dire plus ? Pour ceux qui veulent prolonger encore la réflexion, peut-être ce lien vers l'article du jour de Philippe Grasset :

 

http://www.dedefensa.org/article/la-trumpisation-est-totale

 

 Addendum : L'article de Pepe Escobar sur ce sujet :

 

http://www.mondialisation.ca/la-danse-du-sabre-de-trump-declenche-la-guerre-des-wahhabites/5594316

 

 

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05 juin 2017

Sur l'inversion des valeurs et l'écueil du militantisme

Le militantisme semble toujours conduire à pervertir, invertir et au final inverser les valeurs qu'il était censé défendre.

 

Bien que je sois apolitique au sens où je ne suis engagé dans aucun parti, formellement opposé au système électoral tel qu'il existe, je suis néanmoins attaché à certaines valeurs, telles que l'égalité, la liberté, qu'un Macron oppose comme étant, pour l'une, une valeur de gauche, et l'autre, une valeur de droite. Comme s'il y avait une quelconque pertinence à opposer des idées aussi complémentaires. De même, on oppose aussi souvent la liberté et la sécurité, comme étant antinomiques, voire antonymiques, et l'on utilisera pour cela quelques citations historiques qui empêchent d'y réfléchir. Il y a pourtant un certain bon sens à vouloir un peu des deux. La liberté n'a pas de sens si elle ne conduit qu'à une mise en danger permanente de l'existence, puisque l'existence est ce qui permet de vivre cette liberté. De même, la sécurité comme une fin en soi n'est qu'une incarcération. La sécurité devrait être au service de la liberté, et non pas servir à l'amputer.

 

Bref, je suis attaché à toutes ces valeurs que j'ai cité, et à d'autres encore, qui bien sûr s'organisent en une sorte de hiérarchie, en moi. Mais ce que je voulais dire, c'est que je ressens souvent une certaine gêne, voire une gêne certaine, lorsque ces valeurs sont défendues par un militantisme absurde et débridé qui les érige non plus en tendances idéales, mais en forme une sorte de totalitarisme nouveau qui leur arrache toute leur beauté, pour en faire le nouvel étendard sanglant d'une lutte hideuse qui en pervertit et en invertit le sens.

 

C'est un lieu commun que de pointer du doigt les armées en -isme et en -iste, pro- et anti-, qui se saisissent d'une version extrême d'un idéal ou d'une valeur, pour en vanter une image déformée jusqu'à l'inversion. Pourtant chacun de ces termes porte en lui ce danger, la destruction même de l'idéal qu'il était censé servir, parce qu'on l'aura servi non pas en être humain en incarnant le sens véritable avec mesure, mais en petit soldat se sacrifiant à un combat pour cet idéal dans lequel l'idéal n'est plus une fleur fragile et subtile qu'il faut protéger, admirer et entretenir chaque jour, mais un canon qu'il faudrait polir, charger et faire retentir chaque jour. Les idéaux sont faits pour être vécus et incarnés, pour servir l'homme, pas pour être défendus comme un territoire, pas pour faire couler le sang, pas pour être servis comme des maîtres. C'est quelque chose que l'on perd souvent de vue, et d'autant plus facilement que l'on fait un combat de ce genre d'idée.

 

Égalitarisme, sécuritarisme, libertarisme, libéralisme, libertarianisme, autoritarisme, féminisme, racisme, anti-racisme, sexisme, anti-sexisme, racialisme, suprémacisme, sionisme, antisémitisme, anti-antisémitisme, anti-sionisme, progressisme, mondialisme, régionalisme, chauvinisme, nationalisme, patriotisme, multi-culturalisme, droit-de-l'hommisme, totalitarisme, anarchisme, colonialisme, bellicisme, etc.

 

Toutes ces choses (et celles que j'ai omis de citer, mais qui sont du même acabit) ne sont-elles pas le même combat, à savoir, le combat de l'homme contre l'homme ? Tout combat n'est-il pas division, et par définition, inversion ?

 

Est-il nécessaire d'être humaniste pour être humain, d'être altruiste pour se soucier d'autrui, pour incarner toute la générosité et la beauté dont peut être capable l'homme ?

 

La liberté de changer de sexe est-elle une liberté, lorsqu'on s'aperçoit que, bien loin d'un changement de sexe sur commande, qu'une mise en adéquation de l'identité avec le ressenti, ce n'est qu'une modification de l'apparence obtenue par la mutilation physique et chimique, et donc d'une obération de la liberté et de l'équilibre du corps ? Un refus de la particularité, de l'individualité, de la nuance, une façon de s'enfermer dans un schéma binaire où il n'y aurait d'homme ou de femme que ce qui serait caricaturalement marqué par les caractères de l'un ou de l'autre.

 

L'égalitarisme peut-il parvenir à autre chose qu'à un nivellement par le bas qui est celui que le mondialisme permet d'observer ?

 

Le sécuritarisme n'est-il pas l'autre nom de la tyrannie et de l'autoritarisme ?

 

Le féminisme n'est-il pas une guerre contre le masculin, une intention de destruction d'un élan pourtant nécessaire à l'équilibre humain ? Une vengeance ? Une jalousie ? Ou encore, un élan irréfléchi pour dissoudre et concasser le féminin dans le masculin, et inversement ? C'est la guerre de la moitié de l'humanité contre l'autre moitié. Il ne peut en sortir que traumatismes et dégâts collatéraux.

 

Le combat contre le racisme n'est-il pas devenu une perversion, l'aboutissement d'un processus d'inversion qui ne mène qu'à la haine, fut-elle la haine de la haine ? La simple tolérance, voire le simple respect de la différence, l'accueil d'une altérité qui serait à la fois celle de celui qui provient d'un ailleurs et celle du raciste, ne serait-elle pas préférable ?

 

Observez une joute. Chaque chevalier s'élance d'un côté et de l'autre de la piste, ils se croisent, s'entrechoquent, et voilà que leurs positions se sont inversées. En galopant au contact de l'autre, que chacun voulait battre, ils ont mutuellement adopté la position de l'adversaire, après éventuellement que l'un ait été vaincu, voire blessé.

 

C'est qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre deux positions considérées comme antagonistes. La seule différence qui se fait est celle entre le vainqueur et le vaincu. Est-ce donc ce qui est recherché à travers ces militantismes ? La victoire ? Victoire implique défaite. Vainqueur implique vaincu, souverain implique sujet, maître implique esclave, survivant implique pertes humaines.

 

C'est la dualité, et c'est le dualisme qui est le moteur du militantisme.

 

C'est pourquoi je n'ai jamais été militant de rien.

 

C'est pourquoi je n'aime pas les termes comme « abstentionniste » ou même « anarchiste ». Oui, je suis apolitique dans le sens que je ne suis pas engagé dans les processus tels que ces termes les esquissent. Ce n'est pas parce que je m'abstiens que je suis « abstentionniste », ce n'est pas parce que je prône l'égalité et la liberté que je cautionne l'égalitarisme, la discrimination « positive », le libéralisme qui semble être plutôt un nihilisme selon lequel toute idée, toute réglementation, ne serait qu'obstruction à un prétendu droit à faire tout et n'importe quoi, un droit à avoir tous les droits.

 

L'humain ne peut pas s'épanouir dans un désert, fut-il un désert de droits (ou de devoirs). Il ne peut pas non plus s'épanouir dans une forêt de lances et de baïonnettes qu'on brandit pour faire combattre des idées entre elles, comme à l'intérieur d'une arène ou d'un ring où ce combat les confine.

 

Il est vrai que dans le monde humain, où les idéaux sont toujours brandis pour servir parfois des intérêts qui lui sont inverses, il faut être vigilant, il faut se tenir au courant du sens des flots et des flux dans lesquels la politique tente d'endiguer les idées et les valeurs, pour les faire correspondre à des intérêts. C'est tout le sens de mon propos contre l'endoctrinement, la propagande, etc.

 

Mais vouloir lutter contre cela n'est pas le nécessaire mouvement contre l'abandon qui consisterait à se laisser aller à l'embrigadement. Au contraire, ces deux mouvements participent d'un seul et même dualisme qui participe, comme lors d'une joute, à dresser une idée contre une autre, un humain contre un autre et, au bout du compte, à pratiquer l'inversion, à la favoriser, à lui donner de la force dans notre existence individuelle. Ce n'est qu'une autre manière de s'auto-conditionner, comme le soldat est conditionné (souvent par lui-même, mais souvent aussi par ses meneurs) pour aller au combat, contre ce qui incarnerait l'inverse de ses idées, valeurs et intérêt, mais qui n'est en fait qu'un autre lui-même : son congénère, son image miroir, l'humain, comme lui et cependant différent tout en même temps.

 

C'est pourquoi je suis contre toute guerre. Je conçois souvent mon travail sur mon blog, ou dans ma vie, comme une forme de lutte contre le courant malsain d'une société vivant suivant des valeurs inversées. Mais je ne lui mène aucune guerre. Cette lutte est plutôt un effort mené contre ma tendance à succomber au courant, et pour indiquer à autrui une bonne manière de le faire, ou que je juge bonne, car elle fonctionne pour moi, et peut, à tout le moins, inspirer à d'autres une façon de l'adapter à leur nature, à leurs tendances, à ce qu'ils sont.

 

On pourrait donc dire que je suis pacifiste.

 

Mais il me faut encore défaire cette idée, je le crains. Je ne suis pas pacifiste, car je ne milite pas contre la guerre. Je ne vais pas me sacrifier contre l'idée de guerre. Je me contente de livrer les idées contre celle-ci, et de vivre suivant une façon qui, selon moi, ne génère pas le conflit, et qui défait les raisons fournies aux conflits.

 

Certes, on ne peut jamais totalement incarner une posture. La perfection n'existe pas, et toute vie est faite de conflits, de paradoxes, de contradictions, d'intérêts opposés, de choix à effectuer, à moins d'être un éveillé accompli, ce qui correspond plus à une vision candidement idéalisée des choses. Il se peut même qu'il n'existe aucun être véritablement « éveillé » au sens où on l'entend, à cause de la complexité de la vie, de ses interminables contradictions, influx opposés et intriqués qui mènent fatalement aux conflits et à une certaine nécessité de défendre ce que l'on est, ce que l'on a, ce que l'on veut, etc. Mais ce n'est pas malsain que de participer à cela.

 

Les choses deviennent malsaines quand une idée devient un étendard. Une idée n'est tout simplement pas faite pour ça, ce n'est ni sa vocation ni sa finalité. Sa finalité, je l'ai dit, est d'être vécue, véhiculée, incarnée.

 

Peut-être que quand on aura compris cela, on progressera, collectivement parlant. La liberté est déjà là, l'égalité n'attend que nous pour que nous pratiquions le partage, etc.

 

Le fait que nous vivons dans une société malsaine qui entrave ces choses, qui pratique et encourage la prédation, les bas instincts, et ne reconnaît l'idéalisme que lorsqu'il est question de l'instrumentaliser, de le détourner, de l'abaisser, de le caricaturer, et au final, le retourner s'il faut, et il le faut car c'est l'ultime façon de décrédibiliser les valeurs qui portent l'humain. C'est une société qui ne sait bâtir qu'une chose : le désespoir. Sur ce terreau, il ne pousse que de la pathologie mentale, de la violence, et il ne faut s'étonner si terrorisme est enfant du mondialisme « progressiste » perverti, qui peut tout à la fois prôner le respect des cultures différentes et les niveler, les détruire, les assimiler et les fondre entre elles.

 

Il est donc naturel que, la population ayant commencé à saisir cela, les clivages politiques explosent pour en fournir d'autres, dans un chaos général où une idée ou une valeur peut en remplacer une autre quasiment du jour au lendemain, puisqu'elles n'ont plus de sens, puisqu'elles peuvent aussi bien être un jour une chose, et un jour son inverse.

 

Je ressens moi-même ce mouvement, comme si j'étais capté, ou comme si je captais moi-même des mouvements qui sont littéralement supra-humains, qui se répandent comme si elles étaient des nuages pluvieux au dessus de nos têtes. Ce qui était à gauche passe à droite, ce qui était en bas est subitement en haut, une idée qui était magnifique est devenue détestable, une chose qui était souhaitable est maintenant à bannir, et ainsi de suite.

 

Il ne faut pas avoir peur de cela.

 

Lorsque je suis sous l'orage, dans la tempête ou dans la brume, ou sous un soleil de feu, je peux étendre mes bras et accueillir l'univers. Être détrempé, un peu aveuglé, ou secoué par la nature ne me tue pas. Ça ne me rend pas non plus plus fort. Cela m'apprend seulement à m'abandonner à sa puissance, qui m'a fait naître.

 

Il faut seulement veiller à ne pas se faire emporter. Rester maître de soi-même. Garder un œil sur les prédateurs qui n'attendent qu'un moment d'inattention pour fondre sur nous. La société humaine est un super-prédateur pour les individus qui la composent, et ils doivent apprendre à s'en défendre, et veiller à reconstruire, la prochaine fois qu'une occasion s'en présente, une version plus bienveillante, mois soumise pour et par les fous qui en tirent actuellement les ficelles.

 

Pour cela, ils doivent maintenir leur esprit éveillé, ne pas le laisser se calcifier par des idées trop arrêtées et par des élans qui, en fait de mouvement, ne font que pétrifier leurs énergies vives dans des luttes que le système souhaite car il se nourrit des divisions et du chaos engendré.

 

C'est ce que je me propose de continuer à faire sur ce blog, pour moi-même déjà, et pour tous ceux qui peuvent y trouver un intérêt.

 

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04 juin 2017

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste -N°19- Déliquescence politique et des nations

Je vais essayer de commenter le moins possible pour ce numéro, pour laisser la place aux liens. On parlera un peu de la Russie, des attentats et de la psychose occidentale, et divers autres sujets, mais d'abord un tour d'horizon français des nouvelles un peu décalées que j'ai pu remarquer.

 

Tout d'abord ceci, qui m'aura fait sourire, dans l'esprit "l'arroseur arrosé".

 

https://francais.rt.com/france/38883-mecontente-temps-dantenne-accorde-la-rem-depose-recours-contre-csa

 

On crée un parti socialo-centriste-droitiste de toute pièce en faisant comme si on était tout nouveau tout neuf, et on se fait prendre à son propre piège. Bon, ne chantons pas trop fort quand même, LREM a gagné un petit peu de temps d'antenne, depuis cette nouvelle.

 

Pendant ce temps, on a vu que Macron a lancé ses fake news contre les fake news supposées mais jamais prouvées, qui auraient été lancées par sputnik et russia today. Bon, je lis russia today tous les jours, et je n'ai jamais vu passer les rumeurs que Macron invente. Il s'agit pour moi clairement d'une manœuvre d'intimidation. D'ailleurs Poutine l'ayant bien compris, a interdit l'AFP au sommet des agences de presses à Saint-Pétersbourg.

 

https://francais.rt.com/international/39024-redactrice-chef-rt-president-macron-menace-libert%C3%A9-expression

 

Mais dans les faits de notre pays des contes de fée et des fake news, on peut remarquer ceci :

 

https://francais.rt.com/economie/39065-pauvres-plus-plus-pauvres-selon-observatoire-des-inegalites

 

http://www.les-crises.fr/hollande-macron-et-le-chomage-par-jacques-sapir/

 

Tandis qu'en Angleterre :

 

https://fr.sott.net/article/30680-Le-chomage-au-plus-bas-en-Angleterre-Merci-le-brexit

 

 

Pour élargir encore la vision, Bakounine laissait déjà entrevoir le chaos anti-démocratique que serait l'Europe, et d'une manière générale, ce qui se produit dans tous les pays devenus « trop grands » :

 

http://www.dedefensa.org/article/bakounine-le-bon-et-le-crepuscule-europeen

 

 

 

 

Du côté de la géopolitique internationale, quelques points à remarquer.

 

D'abord un petit regard vers le passé, avec Dmitry Orlov qui nous fournit quelques rappels intéressants sur l'époque de la seconde guerre, pour tenter de remettre un peu de raison dans la perception de la Russie.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/05/venerer-le-fantome-de-staline.html

 

Puis un regard sur l'un des pires neo-cons de la planète, désormais décédé. Je n'en rajoute pas, car il paraît qu'il ne faut ni souhaiter ni se réjouir de la mort de quelqu'un. Même lorsqu'il est la cause plus ou moins directe de millions de morts ? Pardonnez mon cynisme, qui ne sera jamais à la hauteur du sien, comme on pourra le lire dans ces lignes.

 

http://www.les-crises.fr/oui-la-cia-est-entree-en-afghanistan-avant-les-russes-par-zbigniew-brzezinski/

 

Quelques autres rappels et commentaires, ici :

 

http://www.dedefensa.org/article/le-legs-de-zbig-a-lorigine

 

La politique extérieure américaine n'est pas plus cohérente aujourd'hui. Au point que (comme le soulève régulièrement Philippe Grasset lorsqu'il parle de l'épuisement psychique que génèrent forcément ces nombreuses contradictions) les détenteurs de la parole publique ne savent plus trop quoi dire, quand on leur demande de la justifier :

 

https://francais.rt.com/international/39098-pourquoi-blamer-iran-pas-saoudiens-interminable-genes-20-secondes-silences-responsable-americain

 

 

N'oublions pas que ce chaos politique crée un chaos publique tout à fait concret, que l'on constate dans l'explosion mondiale d'un terrorisme qui épargnait encore l'occident jusqu'à il y a quelques années, et qui devient aujourd'hui la norme de l'ambiance générale, au point qu'on le banalise déjà totalement. Et lorsqu'on se penche sur les faits, on découvre constamment des bizarreries troublantes, des timings intrigants qui peuvent rendre enclin à la méfiance :

 

https://fr.sott.net/article/30629-Deja-vu-l-auteur-presume-de-l-attentat-de-Manchester-etait-proche-des-services-de-renseignement-britanniques

 

A la méfiance voire au crime de complotisme contre l'humanité.

 

https://fr.sott.net/article/30657-La-version-officielle-de-l-attentat-suicide-de-Manchester-se-revele-fausse

 

Par ailleurs, le cyberterrorisme est appelé à devenir une autre menace générale, si rien n'est fait contre, et il semblerait que ce soit plutôt fait pour, puisque ce « terrorisme » là soit alimenté par les programmes de la NSA, et qui sait si cela ne poursuit pas un agenda plus ou moins lâche.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/05/les-attaques-du-cyberespace-sont-le.html

 

 

 

 

Je termine par une rubrique divers, sans sélectionner de lien particulièrement important, encore une fois, puisque rien ne m'a semblé ressortir particulièrement. Tout se dessine suivant un tableau général, sans qu'un événement ou une réflexion ne m'ait paru se démarquer.

 

D'abord deux points archéologiques à se mettre dans un coin de la tête, sans trop prendre au pied de la lettre, mais on voit qu'aucune vérité n'est jamais acquise, dés lors qu'on fouille dans le passé.

 

https://fr.sott.net/article/30635-Des-decouvertes-inattendues-renforcent-le-mystere-autour-de-Tiahuanaco-et-de-Puma-Punku

 

https://fr.sott.net/article/30654-Out-of-Europe-L-homme-serait-originaire-d-Europe-et-non-d-Afrique

 

Enfin, un petit rappel sur la maladie de Lyme, dont on dit qu'elle serait en pleine explosion (toujours dans le grand déni des autorités médicales, qui continuent de sanctionner des médecins qui s'échinent à tenter de la soignée) :

 

https://fr.sott.net/article/30619-Maladie-de-Lyme-La-situation-est-explosive

 

Voilà, ce sera tout pour cette fois. Mon prochain article devrait aborder des questions d'écologie, énergie et environnement, une fois n'est pas coutume.

 

 

Posté par Seilenos à 15:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]