L'Oeil du Selen

15 décembre 2017

Rappels des liens essentiels du blog

Sites de référence :

 

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/08/03/34148879.html

 

Liens importants :

 

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/08/03/34149635.html

 

Récapitulations thématiques :

 

http://seilenos.canalblog.com/archives/2016/08/03/34148911.html

 

Considérations et précisions sémantiques et lexicales :

 

http://seilenos.canalblog.com/archives/2017/05/28/35313251.html

 

Posté par Seilenos à 14:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


11 décembre 2017

Revue etc. N°32 - Marxisme, trostskisme, Russie, vaccins, bitcoins et autres

 

 

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°32

 

Dernière revue de l'année, normalement, pour faire un peu le tour des dernières infos qui ont attiré mon attention. Je vais revenir sur plusieurs points qui ont été abordés récemment, et ce numéro n'aura pas de thème très appuyé.

 

Aussi je vais attaquer directement sur un sujet qui prend beaucoup de place dans les médias, spécialement « anti-système », dernièrement, autour de la dérive du mouvement gauchiste, et du terme désormais adopté de « marxisme culturel » pour désigner cette dérive, terme qui est remis en question dans le second lien :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/12/la-gauche-est-elle-en-train-de-sauto.html

 

http://www.dedefensa.org/article/globalisme-trotskiste-vs-marxisme-culturel

 

Je ne commente pas, estimant que ces textes se suffisent à eux-mêmes. Je ferai simplement remarquer encore une fois le partisanisme de Brandon Smith, même si ses textes demeurent intéressants.

 

Ensuite, sur le sujet de la Russie et de la Syrie, je vais laisser la parole à RT, qui répond d'abord à Libération :

 

https://francais.rt.com/rt-vous-parle/45937-les-affabulations-de-liberation-sur-rt-france

 

Puis j'en profite pour rappeler que la Russie a encore été exclue des JO, quand bien même elle n'est sans doute pas le seul pays à connaître des problèmes avec le dopage, une décision politique de plus pour stigmatiser ce pays, donc :

 

https://francais.rt.com/international/46233-jo-hiver-2018-russie-suspendue-sportifs-autorises-participer-drapeau-olympique

 

Mais dans le grand délire actuel autour des fake news et autres informations purement partisanes, la Russie n'est pas la seule visée :

 

https://francais.rt.com/international/45981-cofondateur-rsf-est-somme-par-son-organisation-annuler-conference-casques-blancs

 

Il semble important en effet de persister à tout prix dans la désinformation en ce qui concerne les événements syriens, toujours au cœur des enjeux de l'intox orwellienne du moment.

 

A côté de ça, et bien que j'ai pris l'habitude de boycotter toutes les âneries macronesques, je ne pouvais pas laisser sous silence le dernier épisode africain :

 

https://francais.rt.com/international/46032-vous-me-parlez-comme-si-president-burkina-faso-macron

 

Je suis étonné que parmi tous les commentaires que j'ai trouvé sur cet écart à travers le net, je n'ai trouvé personne relever particulièrement certains débordements de langage particulièrement significatifs de l'auteur de cette méga-bourde. Dire publiquement à un interlocuteur présidentiel « reste-là ! » est déjà une chose, mais dire « comme si j'étais une puissance coloniale » est autrement plus grave et significatif encore. On a là un personnage élu, qui non seulement se permet de tutoyer son interlocuteur sur le mode impératif, montre aussi qu'il croit incarner littéralement la France... L'emploi du « je » pour parler du pays dont il est le président est tout de même une sorte de super-lapsus extrêmement intéressant de la part de quelqu'un qui se laisse déjà nommer « Jupiter », et dont l'hyper-gonflement de l'ego est déjà proverbial, quand bien même il est fortement répudié par son manque de popularité dans le pays dont il se revendique. Quand on a si peu de capacité de remise en question, on s'expose immanquablement à des retours de bâton et autres échecs retentissants.

 

Je ne m'étends pas plus sur tout ça, qui est assez navrant, mais pas très nouveau.

 

Et comme j'ai trouvé une vidéo un peu plus substantielle que ce qui se dit trop souvent sur les vaccins, j'ouvre une petite rubrique sur le sujet :

 

Vidéo youtube : On veut nous piquer nos enfants - DEFAKATOR

 

 

Vidéo plutôt favorable à la vaccination, donc, avec de très bons arguments, quoique finalement assez communs et ne faisant pas entièrement le tour de la question. Le problème ici est que, sans vouloir me positionner en « antivax », la problématique des vaccins dépasse ce qui est abordé dans cette vidéo, aussi je me sens obligé d'apporter d'autres liens pour contrebalancer :

 

https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/decouverte-majeure-la-preuve-d-un-75358

 

En effet, il ne faut pas évacuer trop vite le problème de la toxicité des adjuvants avec l'argument un peu facile que les vaccins sont bons à l'échelle d'une population. Outre le fait que ces arguments basés sur les grands nombres font l'impasse sur la santé de la « minorité » qui sera atteinte, ils passent aussi à côté d'autres faits qui tendent à faire penser que, à l'inverse, les vaccins pourraient bien, s'ils permettent d'en résoudre d'un côté, causer des problèmes de santé publique d'un autre côté. Le cas des vaccins anti-grippaux est un exemple parmi d'autres de ce qui pose problème :

 

https://fr.sott.net/article/31462-Les-vaccins-antigrippaux-tuent-les-seniors-previent-une-etude

 

Aussi je remarque avec intérêt qu'au moins un article de doctorix, un médecin opposé aux vaccins qui publie sur agoravox, semble avoir disparu. Il s'agissait d'une lettre ouverte à la ministre de la santé qui mettait pourtant bien en perspective la problématique de la vaccination obligatoire, engageant la responsabilité du médecin autant que de l'état. Du coup, je relaye seulement la page de l'auteur sur agoravox, qui regorge de données contestataires à l'encontre des vaccins, pour donner tout de même un autre son de cloche :

 

https://www.agoravox.fr/auteur/doctorix

 

Certes, ce n'est qu'un point de vue parmi d'autres, mais il est toujours bon d'entendre une voix dissonante et de se faire sa propre opinion, dans des pays « démocratiques » qui imposent des opinions et autres obligations.

 

 

 

Divers

 

Différents liens pour terminer ce numéro. D'abord je propose une vidéo qui traite à la fois de linguistique et de ces traducteurs automatiques appelés à tort « IA «  (ce ne sont que des algorithmes) :

 

Vidéo youtube : Pourquoi google traduction est-il aussi nul? - MLTP#12

 

 

On a vu comment certains universitaires pouvaient abusivement considérer un outil de calcul comme une IA apte à « reproduire des préjugés ». Cette vidéo permet d'y voir plus clair sur le véritable degré de pertinence de ces pseudo-IA. On se rend ainsi mieux compte à quel point certaines de nos autorités universitaires, donc scientifiques et intellectuelles, sont en totale roue libre, projetant sur de simples logiciels leurs fantasmes scientistes et progressistes. Logiciels incapables de produire ce qu'on peut réellement considérer comme une traduction, alors même que ces universitaires suspectent leurs programmes d'en être déjà au stade d'intégrer et colporter une idéologie. « Rien à dire », comme écrivait Céline.

 

 

Et à propos de ceux (dont Linguisticae fait partie, comme quoi il faut toujours garder son sens critique à portée de main) qui ont tendance à relativiser la perte de niveau de la langue en France, ceci :

 

https://francais.rt.com/france/46220-ecoliers-francais-ont-baisse-lecture-dictee-quotidienne

 

On pourra tout de même, puisqu'il est question de sens critique, se demander ce que valent ces système d'estimation, mais je ne peux m'empêcher de me dire, vu ce que je constate sur internet, qu'il était temps qu'une institution quelconque tire la sonnette d'alarme. Il me semble inévitable que, dans le contexte actuel avec les « nouvelles technologies » qui non seulement encouragent des formes d'expression rapides, mais aussi distraient les étudiants, le niveau ne puisse que descendre, et il serait intéressant de voir quels sont les pays les plus et les moins touchés par ces problèmes, et si l'on peut en déduire des explications concrètes.

 

 

Ce qui me fait penser que Nicolas Bonnal avait relayé ces réflexions de Tocqueville à propos du règne de la quantité littéraire, qui elle aussi tend à faire baisser le niveau général :

 

http://www.dedefensa.org/article/tocqueville-et-le-regne-de-la-quantite-litteraire

 

Il me semble quand même que les personnes âgées qui avaient un simple certificat d'étude avaient une maîtrise du français plutôt bonne, lorsque je la compare à celle de l'usager banal sur les tchats, en particulier des personnes de plus de 60 ans qui ont un niveau véritablement calamiteux. Cela montre que le problème ne date certes ni d'hier ni d'aujourd'hui, mais aussi qu'internet décomplexe (et expose, certes, car avant on ne communiquait pas autant par écrit) ce rejet du français et de la langue bien maîtrisés, qui permettent pourtant l'usage d'une réflexion bien articulée. Qui en sont même l'indispensable socle.

 

 

A part ça, sur un sujet totalement différent, cette réflexion de Kunstler sur le bitcoin, qui fait beaucoup parler de lui récemment, alors que bien des indicateurs montrent que cette monnaie pourrait avoir bien des difficultés à perdurer :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/12/par-ici-la-sortie.html

 

On peut gloser autant qu'on veut sur les caractères financiers du bitcoin, moi ce qui m'intéresse, c'est plutôt le fait que cette monnaie coûte énormément en terme énergétique et que cela n'est pas répercuté sur sa valeur, alors que la monnaie doit forcément être lié à l'économie, donc aux ressources... Il y a à mon avis un problème grossier dans le bitcoin qui la rend non viable à terme (à quel terme, c'est la question). Beaucoup, face à cet argument, se raccrochent à la possibilité de réduire son coût énergétique, mais celui-ci étant en croissance constante, même un ralentissement de son coût ne le rendra pas plus viable (cela ne devrait le faire durer que plus longtemps). Et il y a ceux qui se raccrochent aux autres monnaies « virtuelles », qui ne seraient pas affligées du même défaut, en tout cas pas au même degré. Si ce n'est qu'une question de degré, alors ça ne change rien, si le coût énergétique de ces monnaies est un problème, alors la question est uniquement de savoir quand elles s'effondreront, et pas si elles le feront.

 

Un article sur le coût énergétique du bitcoin :

 

https://www.usine-digitale.fr/article/bitcoin-son-cours-flambe-et-son-cout-energetique-aussi.N609503

 

Cet article affirme qu'une transaction coûte une semaine de consommation énergétique d'un foyer, mais on trouve ailleurs des infos parlant plus de 6 semaines... Et le minage de la monnaie en soi constitue bien sûr un problème, a fortiori dans un contexte où il y a déjà pression sur les ressources. Pour ma part, j'ai donc tendance à penser que le bitcoin est un peu le père noël d'une génération d'investisseurs : l'important est d'y croire...

 

Enfin je trouve assez ironique d'entendre que le bitcoin serait « le nouvel or », lorsqu'on sait qu'en fait de monnaie « virtuelle », il s'agit d'une monnaie, certes pas concrète, mais bien matérielle, qui s'appuie sur un réseau matériel de câbles et d'électronique qui contient précisément pas mal de cuivre et... d'or. Entre autres. Tout comme les ressources énergétiques dites « alternatives » s'appuient en fait sur le pétrole, sa disponibilité et son efficacité, les monnaies électroniques s'appuient sur un réseau physique fait des métaux dont on fait également les pièces de monnaie. Ce qui est à la fois un contre-pied et un rappel tout à fait ironiques à la virtualisation actuelle de la finance. Mais pour autant un antidote. Le bitcoin sera sujet comme toutes monnaies, à la spéculation et à la manipulation, et il serait assez naïf de croire le contraire : le bitcoin actuel tient précisément sa valeur de la spéculation intense dont il fait l'objet. Bref, je ne suis pas économiste et je ne prétends pas trancher la question, mais j'observe simplement certains faits bien concrets qui tendent à aller contre l'optimisme béat dont beaucoup veulent bien l'entourer. On trouve d'ailleurs pas mal d'autres objections sur le net à propos de cette monnaie (création des services secrets ? quid de sa véritable fiabilité et de l'anonymat qu'on prétend qu'il fournit ? Etc.).

 

 

Enfin, un dernier article assez important sur l'attaque de Las Vegas, qui semble quand même indiquer assez nettement que tout n'a pas été dit, et qu'au contraire, beaucoup de choses ont été tues à propos de cet événement. A la lecture de cet article, je suis désormais convaincu au minimum d'une chose : il n'y avait pas qu'un tireur, et ce tireur avait un paquet de complices effectuant au minimum des diversions, voire des attaques parallèles.

 

https://fr.sott.net/article/31471-Attentat-terroriste-de-Las-Vegas-preuves-indeniables-de-la-presence-de-plusieurs-tireurs-dans-plusieurs-hotels

 

Quelque chose de gros s'est bien passé ce jour là à Las Vegas, qui dépasse de loin une simple attaque terroriste, et qui laisse une fois de plus beaucoup de questions et assez peu de réponses.

 

 

Pour terminer sur une note plus légère, sachez qu'il n'y aura encore pratiquement pas de chocolat dans la plupart de vos « chocolats de Noël ».

 

https://fr.sott.net/article/31522-Faut-pas-se-fier-aux-apparences-Qu-y-at-il-vraiment-dans-les-chocolats-de-Noel-vendus-au-supermarche

 

Bonnes fêtes tout de même... Je reviendrai dès que j'aurai eu le temps de faire mon article à propos d'une expérience vécue, qui se rapporte au chamanisme, comme déjà dit.

Posté par Seilenos à 12:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 décembre 2017

La crise de la virilité

 

Pierre Yves Rougeyron : Virilité

 

Cette vidéo aura illuminé ma journée, aussi je n'hésite pas un instant à la présenter, pour une fois rien que la vidéo elle-même, tant elle comprend de points essentiels pour mieux saisir la profondeur du problème qui se pose à nous et à notre époque. Cette réflexion prolonge bien sûr idéalement mon propos récent sur les excès spectaculaires du pseudo-féminisme qui s'étale un peu partout dernièrement. Beaucoup de choses essentielles et importantes y sont dites, même s'il faut garder à l'esprit que toute tendance, comme celle qui est décrite ici, construit nécessairement son anti-tendance en réaction, ce qui permet tout de même d'alléger un peu l'esprit.

 

De cette conférence, je retiens notamment l'idée que, contrairement aux idées reçues, la virilité n'est pas propre au genre masculin, qu'elle n'est justement pas à confondre avec la masculinité (que l'on trouve paradoxalement chez beaucoup de pseudo-féministes, ce qui est tout de même un comble qui démontre que le but de la manœuvre est bien la destruction de la féminité en même temps que celle de la masculinité, emportant avec eux la virilité). Je retiens également l'idée que, dès que l'on aborde ce genre de question, on tombe très facilement dans des clichés et autres caricatures, et que de l'idée de virilité on glisse facilement à sa parodie qu'est le virilisme (encore un -isme à la con, quoi).

 

Je retiens encore que la virilité et l'authenticité sont des notions fortement liées, et que la crise de la virilité actuelle prendrait son origine dans un 19e siècle qui aura combattu certains rites sociaux aidant à la construction de l'individu, ce qui éclaire d'une autre lumière mon idée que l'individualisme actuel n'est lui aussi qu'un faux individualisme servant les intérêts de la société spectaculaire et marchande qui récupère et détourne tout à son profit. Que par conséquent, ceux qui se réclament aujourd'hui de individualisme sont parfaitement ridicules et même dangereux (à commencer pour eux-mêmes), tant cet individualisme participe d'un mouvement d'infantilisation générale qui conduit à l'isolement des individus, dans leur petite bulle nombriliste. On oublie aujourd'hui facilement, tant on est immergé dans cette société de consommation que l'on peut concevoir la virilité comme un outil de construction de soi par excellence, qui fournirait des armes pour se protéger contre l'offensive généralisée de la frustration (qui instrumentalise toutes nos pulsions et nous fait littéralement dégénérer). Cette conception de la virilité, qui serait une attitude à la fois très humble et très exigeante, et qui consiste à faire face au réel et aux événements (au lieu de dénier le réel pour le réformer comme c'est devenu la norme) m'a beaucoup intéressé, et m'a réconcilié avec cette notion, que l'on confond en effet trop facilement avec le machisme le plus bas du front, à cause des stéréotypes vendus par cette société qui, comme on l'a dit, détourne tout.

 

Comme seule objection au propos de l'auteur de la conférence (je sais qu'il n'a pas dit cela, mais on pourrait le comprendre ainsi), je dirais seulement qu'il faut se méfier de l'idéalisme patriotique ou de l'idée que le service militaire forge des individus. Il y a d'autres voies d'affirmation de soi dans le but de soutenir autrui. Le patriotisme, s'il conduisit les résistants (dont fut mon grand père) à s'opposer virilement à l'ennemi, est aujourd'hui et depuis longtemps, un piège politique et langagier essentiellement destiné, là aussi, à détourner le citoyen de ses intérêts, pour lui faire servir ceux de ceux qui sont plus riches et plus puissants que lui : une façon dont d'instrumentaliser la virilité (ou bien, souvent, le virilisme qui s'attache à l'idée illusoire et dangereuse de la puissance d'une nation). Le service militaire, dans ce paysage, joue bien sûr le premier rôle, bien que cela soit devenu secondaire depuis l’abolition de la conscription (que personnellement, je ne regrette pas).

 

Personnellement, j'ai choisi d'être objecteur de conscience, à une époque où ce statut existait encore, puisqu'existait encore la conscription, et citez moi une meilleure manière de se dresser contre l'arbitraire du nationalisme belliciste ? Certes, je conçois que ça n'a pas exactement la même valeur imaginale et symbolique que d'aller ramper dans la boue pour « devenir un homme » (ou plutôt, un pion de la nation impérialiste). Je ne me considère pas pour autant comme un homme accompli, je sais juste que je suis en accord avec mes pensées : c'est une forme de résistance, certes bien modérée.

 

Mais assez parlé de ma vision de choses. Juste pour terminer, j'annonce que c'est l'article ci-dessous qui a attiré mon attention sur la vidéo présente, si cela vous intéresse. Récemment, Brandon Smith a tenu des propos avec lesquels je suis fortement en désaccord, notamment pour défendre doublement le port d'armes après l'attaque de Las Vegas, alors que n'importe quel esprit censé comprend que port d'armes ou pas, rien n'aurait pu empêcher cette situation, et que la facilité de faire circuler des armes a même pu favoriser cet événement, mais passons. Brandon Smith a toujours des réflexions dignes d'intérêt qu'il faut bien sûr savoir prendre avec esprit critique. Son avertissement sur le fait que ce qu'il appelle habituellement « le mouvement de la liberté » (sic, la droite conservatrice) pourrait tomber dans le piège de s'opposer violemment aux excès du gauchisme décérébré aux USA est digne d'intérêt, même si totalement partisan. Personnellement je suis plus inquiet du fait que même un brandon Smith prône finalement la division (« écrasons ces gauchistes ! » … sérieux ?) au lieu de ramener le débat sur le terrain d'une véritable entente, qui devient de plus en plus nécessaire. Ces propos me semblent aller dangereusement dans le sens d'une guerre civile qui ne résoudra rien, mais enfin... je vous laisse sur cette lecture si le cœur vous en dit, et je vous dis à bientôt. J'ai encore au moins un article à passer, et ensuite j'en viendrai à ce fameux article sur le chamanisme dont j'ai parlé il y a peu.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/12/la-gauche-est-elle-en-train-de-sauto.html

 

 

Posté par Seilenos à 12:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 décembre 2017

Revue etc. N°31 - Spécial pseudo-féminisme, progressisme en roue libre, faux clivages et illusionnisme de masse

 

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°31

 

Les choses s'agitent pas mal en ce moment, aussi je me sens obligé de relancer déjà un nouveau numéro, un peu à part, et un peu plus analytique. Il n'aura échappé à personne que les choses semblent avoir tourné dans une certaine direction en Syrie, que le Yemen est momentanément le nouveau centre d'attraction médiatique, avec un regain d'attention sur l'Arabie saoudite et ses agitations internes, ou encore que le pouvoir US est continuellement secoué par ses scandales internes et externes. Mais je n'ai pas pour objet de commenter la politique et la géopolitique internationale en soi. Mon but a toujours été de pointer certains aspects de propagande qui entourent ces épiphénomènes momentanés, qui cèdent constamment leur place les uns aux autres. La propagande, elle, est constitutive du système, elle est permanente et ne connaît pas de repos. Il s'agit d'une manipulation continuelle qui s'exerce non seulement dans les médias mais aussi dans les courants de pensée qui traversent la société.

 

On a vu sur ce blog l'attention que j'ai porté aux courants pseudo-spirituels, puis pseudo-scientifiques parmi lesquels je classe notamment la zététique, sorte d'idéologisme pseudo-sceptique qui prend sa source dans un matérialisme positiviste forcené, et qui s'accroche à l'ancienne gloire d'une science dogmatique largement dépassée, sauf dans le domaine technique et technologique, qui continue de lui assurer une place de premier choix dans le monde consumériste moderne.

 

Le dernier courant idéologique manipulateur en date est le courant progressiste-sociétal, issu des universités américaines, autrefois humanistes, et désormais sur la voie d'un humanitarisme hyper-égalitariste guerrier en total roue libre, qui a perverti toutes les valeurs dites de gauche au point de donner raison à tous les conservateurs et autres réactionnaires de la Terre. Car c'est bien là le sens d l'histoire actuelle tel qu'il m’apparaît : les mouvements de sensibilité de gauche sont devenus littéralement déments, face à leur impuissance à enrayer le pouvoir capitaliste colonial, guerrier et mondialiste, au point d'épouser parfois les pires travers de l'ennemi, dans des versions caricaturales et grimaçantes, tout à fait glaçantes lorsqu'on les considère avec lucidité. C'est cette perte profonde de sens qui a ouvert la voie à des Brexit, des Trump et même des Macron, autant de faux sauveurs d'un monde occidental à l'agonie, qui respire encore dans une agitation extrême et marquée par la folie. Ainsi, alors que ce sentiment de la perte de sens et même de pertinence du clivage gauche-droite perçait dans les couches populaires (où il gagne malgré tout encore du terrain), le système a permis pour la énième fois la récupération de cette tendance au profit d'un faux mouvement ni-gauche ni-droite, qui n'est qu'une xième version d'un centrisme sans imagination et sans véritable ambition autre que celle d'entériner le globalisme en cours, malgré son échec assez patent, mais encore invisible pour ceux de l'élite. À ce titre, je voudrais proposer en premier lieu cet échange absolument excellent, qui – surtout dans la deuxième partie – résume très bien beaucoup d'aspects de cette situation de décrépitude du pouvoir, de la politique et du sens commun que nous vivons en ce moment :

 

https://www.les-crises.fr/olivier-rey-le-discours-sur-les-droits-de-lhomme-est-devenu-fou/

 

A lire en entier sur Figarovox, je retiens notamment cet extrait :

 

« Je suis réservé à l'égard des partages binaires de l'humanité. Par ailleurs, il me semble que le problème central aujourd'hui tient moins à l'existence d'élites qu'au fait que les prétendues élites n'en sont pas. Je veux dire que certaines personnes occupent des places en vue ou privilégiées. Mais il suffit de les écouter parler ou d'observer leur comportement pour comprendre qu'elles constituent peut-être une caste, mais certainement pas une élite ! Le risque aussi, à opposer frontalement «peuple» et «élites», est d'exonérer trop vite le peuple de maux auquel il collabore. Par exemple, les électeurs s'indignent à juste titre que ceux qu'ils élisent trahissent leurs promesses. Mais quelqu'un qui serait à la fois sensé et sincère serait-il élu ?

 

La vérité est que nous sommes tous engagés dans un gigantesque processus de planétarisation (je préfère ce terme à celui de mondialisation, car ce vers quoi nous allons n'a aucune des qualités d'ordre et d'harmonie que les Romains reconnaissait au mundus, traduction latine du grec cosmos). S'il y avait un partage pertinent de la population à opérer, ce serait peut-être celui-ci: d'un côté les ravis de la planétarisation - en partie pour le bénéfice qu'ils en tirent à court terme, en partie par aveuglement ; de l'autre les détracteurs de la planétarisation - en partie parce qu'ils en font les frais, en partie parce qu'ils voudraient que la possibilité de mener une vie authentiquement humaine sur cette terre soit sauvegardée.

Il est indéniable que ce qu'on appelle aujourd'hui l'élite compte presque exclusivement des ravis de la planétarisation. Cela étant, ces soi-disant dirigeants dirigent très peu: leur rôle est d'accompagner le mouvement, de le favoriser, d'y adapter la société. C'est le sens, par exemple, du «En Marche !» d'Emmanuel Macron. En marche vers quoi? Peu importe, l'important est d'«aller de l'avant», même si cela suppose d'accentuer encore les ravages. Les lois sociétales participent de ce «marchisme». Par exemple, la famille à l'ancienne est un des derniers lieux de résistance au mouvement de contractualisation généralisée. Tout ce qui peut la démantibuler est donc bon à prendre, «va dans le bon sens».



D'où est venu ce processus? Pourrait-il s'arrêter un jour?

 

Aujourd'hui la Suisse, avec ses huit millions d'habitants et sa vie cantonale, est l'État européen où la démocratie est la plus vivace. Et historiquement, les cités de la Grèce classique, entre le VIe et le IVe siècle avant notre ère, ainsi que les cités-États italiennes de la Renaissance (Florence comptait moins de 100 000 habitants du temps de sa splendeur) constituent des réussites inégalées, qui montrent qu'en étant ouvertes sur le monde, des patries de petite taille sont capables de resplendir dans tous les domaines.

Le problème est que même si beaucoup de petits États sont préférable à quelques gros, un gros État dispose d'un avantage: il est en mesure d'écraser un voisin plus petit. De là la tendance à la croissance en taille, quand bien même tout le monde, au bout du compte, devrait y perdre. »

 

Il me semble qu'il n'y a pas grand chose à ajouter à cela, sinon que, comme je le disais plus haut, la dérive démente de ces mouvements gauchistes a donné raison ses détracteurs, raison pour laquelle la véritable opposition à cette « planétarisation » se trouve aujourd'hui plutôt à droite... Raison pour laquelle beaucoup de ceux qui se classaient à gauche et étaient doté d'une certaine lucidité et d'un certain sens commun ont eu tendance à de plus en plus se méfier de ce délire et à rejoindre certains arguments d'habitude plutôt de droite. On dit que l'on a tendance à virer à droite avec l'âge, et les statistiques électorales le prouvent, mais je crois pourtant que cela est bien plus profond que cela : on assiste plutôt à une scission entre ceux qui ont conservé le sens des réalités et ceux qui se sont déconnectés du réel à force de se conformer à la propagande « Sorosienne ». Pour être abonné à certains courriers d'ONG liées de près ou de loin à son Open Society, je peux témoigner de cela, et si j'avais du temps à perdre, je pourrais alimenter les colonnes de ce blog avec les délires ahurissants que j'y lis en permanence. Mais j'ai dit il y a longtemps ce que j'avais à dire là dessus et je préfère considérer cela comme un acquis (tout comme je ne commente finalement que très peu Macron, tant il n'y a rien à en tirer).

 

Une illustration de cette prise de conscience et des arguments qui vont avec se trouve ici :

 

https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/islamophobie-reaction-a-la-video-75247

 

Les arguments sont tous factuels et censés. Usul est un personnage que j'apprécie et dont j'apprécie souvent le discours, mais il est lui aussi un rhéteur, et comme beaucoup de rhéteurs et de gens habiles avec la parole, il en vient souvent à s'écouter parler et à se dorloter avec ses propres paroles. De même le discours de la « musulmane féministe » n'est que belles paroles qui se laissent boire si l'on n'y prend pas garde. Il me semble à moi absolument impossible et oxymorique, non pas d'être musulmane et féministe, mais de se dire féministe lorsqu'on ne s'oppose pas formellement à tout ce qui fait que la femme est sous contrôle, sous emballage et sous oppression, pardonnez moi les expressions. Je ne veux pas lancer une polémique, mais en toute chose il y a un minimum : si on ne peut pas s'accorder sur l'idée qu'une femme couverte de la tête au pied, à laquelle il n'est pas concrètement permis de s'habiller autrement pour pouvoir se respecter, est par essence même une femme sous oppression, alors ce n'est même plus la peine de débattre. On est typiquement face à un de ces dénis et une de ces folies dont il est question : on ne peut plus regarder un fait un face parce qu'il cause trop de dissonance cognitive. La mouvance progressiste sociétale essaye tellement de concilier des contraires que cela en devient absolument absurde. La personne qui parle dans cette vidéo, et cela n'a pas été relevé par le « debunker » essaye par exemple de faire croire qu'être féministe se résumait en gros à prendre la pilule et à porter la minijupe. Cela jusqu'à ce que les néo-musulmans viennent sauver la mise avec leurs différents voiles... On croit rêver ! D'abord personne de ma génération ne portait le voile dans les années 70-90. Désormais cela est devenu courant parmi les jeunes filles musulmanes. Peut-on vraiment faire passer ça pour un progrès social ? C'est de toute évidence le résultat de crispations communautaristes qui se sont cristallisées au cours des quinze dernières années, et qui nous aurait rendu bouche bée si on nous en avait parlé au milieu des années 80.

 

Alors, non, premièrement, ce n'est pas un progrès social.

 

Deuxièmement, les féministes qui, dans les années 60-70, résumaient leur lutte à la minijupe et à la pilule sont précisément celles qui ont posé les bases du pseudo-féminisme vulgaire et minable actuel, à base de femens qui montrent leurs seins et pissent dans des églises (voilà que j'en viens à défendre les églises, moi qui les taguais il y a encore 20 ans... juste parce que la « contestation » actuelle de l'ordre établi n'est plus qu'une nouvelle façon d'établir un nouvel ordre... qu'on se le dise... perte de sens de l'anarchisme, aussi...), et de conneries hystériques autour de femmes qui veulent porter le pantalon aussi mal que les hommes, comme quoi la bêtise ne se limite pas à la longueur des jupes, en matière vestimentaire, chez les féministes.

 

En fait, le mouvement féministe est un mouvement tout à fait respectable, digne et sans doute indispensable, sauf qu'on l'a vu, il a été récupéré dès le début par les publicitaires et les propagandistes, pour ne faire de l'essentiel de ce mouvement qu'un regroupement de victimes des modes vestimentaires et sexuelles, dans une perspective d'embrigadement à la société de consommation, d'emprisonnement de la totalité de la population dans la dynamique du salariat, et j'en passe. Prendre la pilule et porter la minijupe n'a jamais été la revendication des féministes qui portaient le sens du mouvement, et je dirais même au contraire. Leur revendication n'a jamais non plus été d'accéder aux mêmes droits que des hommes eux même prisonniers du système, mais qui connaît encore le vrai sens du mouvement féministe ? Le mouvement féministe prenait son sens dans une pensée globale qui incluait non seulement la libération de la femme des diktats d'un paternalisme grossier, mais aussi et surtout une égalité véritable entre hommes et femmes, non pas dans la soumission à l'oppression, au consumérisme et à la dictature politique, industrielle et financière, mais tout au contraire dans l'émancipation de tous ces embrigadements.

 

Voilà tout ce que n'est pas le « féminisme » actuel qui nous « casse les couilles », avec ses revendications sur le salaire, le « pouvoir d'achat » (première raison invoquée du vote Mélenchon, rappelons-le), le « droit » de « pouvoir » « choisir » de s'habiller comme l'a décidé une religion totalement patriarcale et paternaliste que je n'ose même pas nommer.

 

Et non, je ne défendrai pas non plus le « droit » des femens d'aller manifester leur « subversivité » en allant pisser dans des mosquées. Car on ne combat pas le dogmatisme par l'imbécilité. Car on ne combat pas une idéologie oppressive avec une autre idéologie oppressive (j'entends par là que le féminisme actuel est l'outil parfait pour maintenir l'autorité actuelle).

 

A ce propos, Nicolas Bonnal, qui lui aussi ne mâche pas ses mots :

 

http://www.dedefensa.org/article/chesterton-et-la-menace-feministe-en-occident

 

Ou encore Philippe Grasset, qui nous rappelle sur ce sujet qu'il ne s'agit que d'une nouvelle opportunité de division saisie par le système, et remet un peu de sens dans tout ça :

 

http://www.dedefensa.org/article/gauche-postmoderne-harcelement-sexuel

 

Car il s'agit bien en effet, d'occuper l'esprit des gens, de les maintenir sous autorité, inquiets, soumis, occupés par de fausses questions, de faux problèmes et par conséquent de fausses solutions. Car jamais le féminisme actuel ne sera une solution à quoi que ce soit. On voit au contraire qu'il sert les intérêts paternalistes d'un islam absolument non progressiste, et qu'il n'est qu'une marionnette entre les mains des globalistes post-modernistes qui ont trouvé là un instrument tout trouvé pour faire passer toute idée et tout contraire de cette idée, pour faire passer l'oppression des femmes sous couvert de leur libération, et la répression sexuelle sous couvert de sa libération et sous prétexte de respect des femmes. Rappelons-le : Weinstein n'a violé personne. Il a « seulement » abusé de sa position, ce qui signifie en clair qu'il s'agit bien de promotion-canapé, ni plus ni moins. Or dans ce genre de promotion, il faut deux « acteurs » ayant un intérêt commun, et des intérêts particuliers, si vous voyez ce que je veux dire...

 

Bref, il s'agit encore d'un cas où l'on peut commodément désigner un bourreau et des victimes, quand bien même les victimes étaient dans bien des cas plus ou moins volontaires, et en tout cas, y trouvaient leur compte. Il n'y a qu'un idiot qui ne se ferait pas avoir par des manipulations aussi grossières, mais il faut croire que tout cet évitement de la dissonance cognitive dans le camp gauchiste tend à générer beaucoup d'idiotie. Par exemple :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/en-toute-transparence.html

 

 

Sur dedefensa, les réflexions sur ce sujet ne manquent pas dernièrement, et il faut dire qu'il y a matière. Aussi j'ai noté plusieurs articles qui relèvent de l'analyse que j'essaye de mener ici.

 

Je vous laisse lire celui-ci sans le commenter, il se suffit à lui-même.

 

http://www.dedefensa.org/article/en-quatrieme-vitesse

 

Je cite également celui-ci :

 

http://www.dedefensa.org/article/mcgoohan-le-prisonnier-et-le-nouvel-ordre-mondial

 

Dans lequel on lit notamment :

 

« – Je suis moi-même un optimiste. Le nationalisme est une maladie, mais il nourrit ses propres anticorps. C’est pourquoi il n’importe pas de savoir qui est le numéro un. Il n’importe pas de savoir quel côté dirige le village.

– L’un des deux le dirige bien.

– Certainement. Mais les deux côtés sont en train de devenir identiques. Cet endroit a été bâti pour les pires raisons nationalistes. Mais qu’est-ce qui y a été créé ? Une communauté internationale. Un parfait blueprint pour l’ordre mondial.  Quand les deux côtés se faisant face à face se rendront compte qu’ils regardent dans un miroir, ils verront le modèle du futur. »

 

Je dirais que le gauchisme décérébré progressiste-sociétal sécrète lui aussi ses propres anticorps, qu'il trouve du côté des habituels conservateurs qui, dans le contexte faussement subversif, d'une subversion subvertie par la propagande des milliardaires, s'avèrent être, par une douce ironie pour l'anarchiste que je suis, la bouée de sauvetage des peuples qui, sans cela, pourraient bien glisser dans ce nouvel ordre mondial quasi post-humain qu'on essaye de nous imposer par le biais de manipulations aussi nombreuses que grossières, mais qui trompent néanmoins le plus grand nombre (et surtout du côté de ceux qui, cadenassés à leur pavillon de gauche, n'osent plus voir les choses en face, totalement pris entre leurs idéaux politiques et les versions travesties de ceux-ci, qu'on leur impose et qu'ils prennent avec bien peu d'esprit critique).

 

Comme le dit l'auteur, les deux côtés sont en train de devenir identiques, en quelque sorte, puisque le gauchisme culturel est en train de devenir le véritable fachisme de demain, sous le visage LGBTesque qu'il arbore, et avec les lendemains de dictature pseudo-écolo qu'il promet. Macron nous a présenté l'une des versions de cette « identicité » avec son mouvement ni-gauche ni-droite, qui tente d'esquiver les excès grotesques du gauchisme progressistes, pour mieux faire passer une idéologie où tout sera indifférencié, fin des idéaux, début d'un totalitarisme nouveau. Mais ne perdons pas espoir. Debord, dans l'article :

 

« …la décomposition mondiale de l’alliance de la mystification bureaucratique est, en dernière analyse, le facteur le plus défavorable pour le développement actuel de la société capitaliste. La bourgeoisie est en train de perdre l’adversaire qui la soutenait objectivement en unifiant illusoirement toute négation de l’ordre existant. Une telle division du travail spectaculaire voit sa fin quand le rôle pseudo-révolutionnaire se divise à son tour. L’élément spectaculaire de la dissolution du mouvement ouvrier va être lui-même dissous. »

 

 

Sur ces questions, Dmitry Orlov est toujours fécond en analyse décalée, cela mérite d'être lu :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/la-nouvelle-sous-normalite.html

 

« Et supposons que ce groupe se sente obligé de négliger toute une série de problèmes – problèmes financiers, problèmes de toxicomanie, problèmes environnementaux, crimes, fusillades de masse, détérioration constante des relations internationales et risque croissant de guerre nucléaire, etc. pour se concentrer sur une seule menace fantôme : celle du harcèlement sexuel. L’augmentation de la morbidité ou de la mortalité qui peut être attribuée à l’achat non éthique de faveurs sexuelles sur le lieu de travail est négligeable, mais ce point est ignoré. Au lieu de cela, il y a une orgie de célébration de la victimisation et la diabolisation des auteurs. À son tour, peloter un collègue vient à être considéré comme un crime pire qu’un véritable crime de guerre commis en son nom. »

 

Aucun sens de la mesure à trouver dans ce « bordel » en effet. Il suffit de lancer à la foule hystérisée un effet de manche, et c'est gagné. On est content quand on a un salaud à lyncher, c'est tout ce qui compte. Pas dur de manier des foules, dites-donc...

 

L'un de nos éditorialistes avait proposé d'ériger le viol en crime contre l'humanité. Le viol mais pas le meurtre ? Allons-bon, il me semblait quand même que dans l'un des cas il y a un mort, et que ce n'est pas forcément celui du viol. Encore le sens de la mesure, donc, et mes propos ne choqueront guère que ceux qui en manquent, tant il est vrai que ces sujets fortement émotionnels ont pour principale utilité, justement, d'utiliser le manque de discernement des gens, multiplié par plusieurs puissances à l'échelle des foules et des populations dont ces privilégiés psychopathes qui nous lancent ces cadavres à dépecer se rient.

 

Orlov d'annoncer à ce sujet :

 

« C’est définitivement une sorte d’effondrement, mais de quel genre ? Donnons-lui le nom provisoire d’effondrement mental. [Cette étape] se traduit par une incapacité généralisée à traiter et à répondre à la réalité. Ce qui était auparavant des points focaux de l’adéquation sociale sont devenus des terrains fertiles pour l’inadéquation sociale : une évaluation des risques financiers sobre et prudente est remplacée par une diarrhée irrépressible de dette non remboursable ; le processus politique est remplacé par une rage aveugle et impuissante face à une corruption éhontée ; le commerce est remplacé par la consommation addictive et le jeu compulsif ; la société plonge dans une guerre autodestructrice des sexes ; la culture est remplacée par une succession de manies juvéniles de courte durée. »

 

On ne saurait mieux résumer la période que nous traversons.

 

Orlov nous prévient ensuite des dangers de guerre que peut faire peser une telle mentalité lorsqu'elle se répand comme elle le fait aux USA. En effet il est malheureux de constater que les personnes qui répondent le plus émotivement à ce type de situation sont souvent les plus susceptibles d'alimenter des mouvements de masse agressifs et impulsifs, ou de les suivre. Or c'est ce qu'on observe.

 

Bon je pourrais m'éterniser dans l'analyse des détails, mais comme je n'ai pas de solution à proposer, et pas la prétention de faire le tour du sujet, qui est si inénarrable qu'il en devient presque inépuisable, je vais plutôt conclure sur une vidéo de bon sens qui rétablit des vérités claires et précises susceptibles de nous rapprocher de solutions :

 

Vidéo youtube : NATACHA POLONY : SOMMES-NOUS EN DEMOCRATIE ❓

 

 

En effet, c'est la question clef sous-jacente à tout cela. Derrière les propagandes et leurs épisodes, aujourd'hui centrés sur des sujets qui permettent de ne pas voir bien en face ce qui se passe, en dérivant l'attention des gens sur des sujets secondaires qui servent toutefois de socle à une idéologie du globalisme déshumanisant, le fond du problème est que nous ne sommes clairement pas en démocratie. Ceci est à la fois un constat et un résultat de ce processus de détournement de l'attention dont je viens d'analyser l'un des derniers rebondissements. Il est important de comprendre comment ces détournements se passent, car le meilleur moyen de déjouer un illusionniste est encore de comprendre ses trucs. Mais il faut ensuite se rappeler que le but n'était pas seulement de désarmer le manipulateur, mais d'aller au cœur du problème qu'il tentait de nous faire ignorer.

 

Le fait que nous ne soyons pas en démocratie du tout me semble indéniable. L'impuissance a été institutionnalisée, et nous avons vu que plus nous allons vers des organisations de grande taille, plus la démocratie régresse. C'est pourquoi mon espoir est le retour à des organisations à l'échelle régionale, où des décisions démocratiques peuvent réellement être prises (en tout cas ce serait déjà un mieux), en gardant à l'esprit que l'UE essaye de chapeauter tout ça pour garder le contrôle (ce qui rendrait inutile le processus de régionalisation démocratique). Le but de ces propagandes, le but de présenter illusoirement comme compatibles le paternalisme musulman et le féminisme en réduisant ces choses à leur plus petit dénominateur commun au point de leur faire perdre tout sens (un islam féministe ? un féminisme autoritaire ? un gauchisme totalitaire ? un humanitarisme guerrier ? un anarchisme dictatorial ? un fachisme libérateur ? un capitalisme pacifiste ? un colonialisme altruiste ? un genrisme désexualisé ? une liberté sexuelle oppressive ? un écologisme agressif ? un anti-racisme raciste ? Ce sont certains des oxymores que l'on essaye actuellement de concilier entre eux tous pour créer le « grand village mondial »).

 

Je crois qu'il est possible pour les humains de la planète de vivre ensemble et dans le respect. Oui. Mais cela implique non seulement que chacun respecte l'espace et les idées des autres, mais aussi que chacun puisse donc disposer de cet espace et de la possibilité de se construire ses propres idées. Or ce n'est pas ce que propose le globalisme actuel, qui prône plutôt le mélangisme et le confusionnisme. Cette mouvance s'auto-détruira probablement d'elle-même, tant on ne peut concilier l'inconciliable. Ce que je peux dire c'est que pour le moment elle occupe un peu trop le champ, et c'est bien naturel puisque c'est sa seule vraie fonction, la raison pour laquelle elle n'a pas été étouffée par les privilégiés au pouvoir qui en ont bien compris l'intérêt.

 

 

Posté par Seilenos à 11:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 décembre 2017

La démarche de curiosité - 5

Un petit aparté sur le blog avant de partager de nouveaux liens en tous genres. Suite à une expérience récente, dans les prochaines semaines je vais relancer quelques articles sur le chamanisme, qui seront surtout l'occasion d'une réflexion autour du rôle du chamane dans la société moderne, urbaine et technologique, divisée et hystérisée. Cela me permettra de mettre à jour mes explorations dans le domaine et de faire un peu le point sur la place des démarches mystiques et chamaniques dans une société qui, précisément, semblent leur faire très peu de place. On verra que ce n'est pas aussi simple et qu'il y a au contraire toute une marge pour cela.

 

Mais ce n'est pas mon sujet d'aujourd'hui, aussi j'en viens à mon numéro d'aujourd'hui, qui comportera quelques courts-métrages, plusieurs articles et podcasts se rapportant à l'ufologie et au paranormal, un petit lot de vidéos et autres liens divers, sur l'archéologie ou la science.

 

J'attaque directement avec un lien que je croyais avoir partagé depuis longtemps, mais je n'en trouve aucune trace sur le blog :

 

http://www.dark-stories.com/tulpa_alexandra_david_neel.htm

 

Alexandra-David Neel est sans doute l'une des sources d'informations les plus précieuses sur le Tibet et sa vie monastique, sa culture mystique et bouddhiste. Je recommande ses livres, où l'on trouve plusieurs expériences du même type que celle décrite ici, qui m'avait échappé. Alexandra-David Neel était quelqu'un d'une intelligence et d'une honnêteté remarquable, on pourra accorder un crédit certain à ses récits, même s'il faut comme toujours se garder de tout prendre pour argent comptant : ceux qui l'ont lu savent qu'elle place, ici et là, quelques petites facéties et autres blagues destinées à tester la crédulité de l'interlocuteur, et qui sait, du lecteur. Néanmoins je ne vois pas de raison sérieuse de douter du récit ici présent, pour avoir rencontré des faits pas si éloignés de cela... Je pense plus précisément à des phénomènes de hantise qui pourraient même tirer un début d'explication dans ce type de récit.

 

Par ailleurs une autre histoire vient renforcer cette idée, que je vous laisse découvrir :

 

http://www.dark-stories.com/christian-page/philip-le-fantome-imaginaire.html

 

https://documystere.com/fantomes-demons/philippe-le-fantome-imaginaire/

 

Je ne crois pas avoir besoin de commenter outre mesure... Ce qui est exposé ici parle de soi-même à l'honnête homme à l'esprit à la fois ouvert et sceptique : quelque chose se passe réellement, qui demeure inexplicable, en tout cas inexpliqué.

 

Dans un registre un peu différent, Stéphane Allix, autre esprit aventureux, ouvert et curieux a connu une autre expérience troublante qu'il raconte dans son dernier livre :

 

http://www.parismatch.com/Culture/Livres/Stephane-Allix-L-ame-conserve-l-empreinte-des-traumatismes-des-vies-passees-1374833

 

Je rappelle que Stéphane Allix est le fondateur de l'INREES, où l'on trouve de nombreux dossiers d'intérêt (malheureusement souvent payants) et des articles comme celui-ci, qui propose quelques révélations sur Jung :

 

https://www.inrees.com/articles/livre-rouge-jung-aurelie-aime/

 

Ou encore cette conférence récente à propos des pyramides, assez généraliste et néanmoins assez intéressante :

 

https://vimeo.com/244344533

 

Le titre de la vidéo est : Pyramides et mystères du monde, et il vous faudra taper un mot de passe pour y accéder : THOT.

 

Tant que je suis sur ce sujet, un article intéressant sur la construction d'une forteresse inca :

 

https://fr.sott.net/article/31206-Un-etude-la-construction-de-Sacsayhuaman

 

On trouve beaucoup de discussions sur ce type de mystère sur la chaîne Nuréa TV, déjà présentée ici. Voir en particulier les vidéos avec Jan Niedbala, Deimian, Quentin Leplat ou encore Howard Crowhurst.

 

On trouve aussi sur youtube d'autres genres de vidéos, comme ce documentaire sur l'île de Walpole, au large de la Nouvelle-Calédonie, qui nous révèle des choses somme toutes assez peu connues sur l'histoire de cette région, dont certaines vont quelque peu à l'encontre de l'histoire enseignée (qui ne surprendront pas beaucoup les connaisseurs des civilisations mélanésiennes, cependant, à mon avis) :

 

Vidéo youtube : « Walpole : l'île mystérieuse »

 

 

A propos de Nuréa TV, j'ai sélectionné cette vidéo parmi les nombreuses conférences proposées par la chaîne dernièrement, car elle présente des cas assez troublants, assez connus pour certains, et toujours inexpliqués de cas apparents d'anomalies temporelles ou spatio-temporelles (on nomme cela suivant notre ignorance du phénomène réel, bien sûr) :

 

Vidéo youtube : « Quand s'ouvrent les Portes de l'Espace-Temps » avec Elisabeth de Caligny - NURÉA TV

 

 

Ce qui me permet d'enchaîner sur une rubrique ufologique assez succincte. D'abord ce podcast radio avec Pierre Lagrange, qui nous parle largement de l'ufologue de renom Kenneth Arnold :

 

http://www.lacellule.net/2016/12/podcast-adn-n17-sur-les-ovnis-avec.html

 

http://www.lacellule.net/2016/12/podcast-adn-n17-sur-les-ovnis-avec_8.html

 

Et puis cette étude en anglais, que je poste ici pour mémoire essentiellement, qui s'intéresse à la question du lien éventuel entre les OVNI et les installations nucléaires. Cette étude semble indiquer un lien statistique assez probant, bien que certains observateurs estiment qu'il doit s'agir d'un artefact dont il est difficile de tenir compte. En effet, certains biais pourraient fausser ce type d'étude. Néanmoins, cela mérite d'y jeter un œil.

 

http://www.cufon.org/contributors/DJ/Do%20Nuclear%20Facilities%20Attract%20UFOs.pdf

 

 

 

 

Dans un domaine complètement différent, un court-métrage qui m'a bluffé et que je partage donc. Les commentaires du premier lien débouchent sur d'autres courts-métrages qui vous intéresseront ou vous plairont peut-être alors n'hésitez pas à « checker » comme on dit au Québec et chez les geeks.

 

https://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/dans-l-ombre-une-odyssee-moderne-75168

 

Le lien viméo :

 

https://vimeo.com/242569435

 

 

 

 

Divers

 

Je termine avec différents liens en vrac. Du côté scientifique et autres curiosités terrestres, j'ai relevé ceci :

 

https://francais.rt.com/international/45071-russie-gigantesque-cercle-luminescent-illumine-ciel-siberien-laisse-habitants-pantois

 

Phénomène apparemment causé par un tir de missile.

 

A propos des baleines et autres cétacés :

 

https://fr.sott.net/article/31091-Les-tempetes-solaires-seraient-la-cause-des-echouages-de-baleines

 

A noter que ces derniers temps, sott.net relève dans le monde de nouveaux phénomènes sonores. Je ne cite pas les liens, car j'en avais déjà parlé je crois, et il n'y a rien de très nouveau à ce sujet, mais si je le juge utile ou intéressant je referai un point sur ce sujet un de ces jours.

 

Des infos intéressantes sur la comète Tchouri, qui remettent en cause certaines idées préconçues sur la vie et son origine :

 

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/la-comete-tchouri-contiendrait-de-la-matiere-organique-plus-ancienne-que-notre-systeme-solaire_116099#xtor=CS2-37-[La%20com%C3%A8te%20Tchouri%20contiendrait%20de%20la%20mati%C3%A8re%20organique%20plus%20ancienne%20que%20notre%20syst%C3%A8me%20solaire]

 

La vie serait donc décidément « partout » et depuis presque « toujours »...

 

Enfin une vidéo d'une série hebdomadaire sur l'actualité spatiale, dont j'avais sélectionné un épisode parlant de Cassini et des exoplanètes :

 

Vidéo youtube : DNDE #24 FIN DE CASSINI / EXOPLANETE & EAU / ATTERRISSEUR MARTIEN

 

 

Et pour terminer, deux derniers liens sur les formes de vie méconnues ou injustement méprisées. Une vidéo qui présente des espèces très curieuses :

 

Vidéo youtube : Les Dix plus incroyables espèces du monde

 

 

Et pour terminer de simples mais très belles photos d'insectes et autres arthropodes que j'ai croisé un peu par hasard :

 

https://www.flickr.com/photos/buglover/page1

 

 

En vous souhaitant un bon butinage parmi ces bestioles et autres liens présentés ici, je vous dis à une prochaine fois.

 

 

Posté par Seilenos à 09:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


23 novembre 2017

Inventer des mots qui existent déjà pour lutter contre le sexisme de la langue

 

Une trop belle occasion de me moquer des dérives féministo-linguistiques vient de me tomber sous les yeux, alors je me lâche 5 minutes... Oui, j'ai éclaté de rire en lisant cette ineptie, et cela va me donner l'occasion de certaines mises au point, notamment linguistiques.

 

https://francais.rt.com/france/45879-egalite-sexe-conseillere-paris-propose-matrimoine-patrimoine

 

« Pour Joëlle Morel, élue écologiste de Paris, le terme de «patrimoine» témoigne d'une dépossession patriarcale des œuvres des artistes et intellectuels de sexe – ou de genre – féminin. Pour y remédier, elle propose de revoir la notion de «patrimoine».

Lors du Conseil de Paris le 22 novembre 2017, Joëlle Morel, militante féministe et conseillère municipale Europe écologie les Verts du XIe arrondissement a consacré son intervention à la question de la féminisation de l'espace public, qu'elle juge trop patriarcal. »

 

Le terme de patrimoine serait donc suspect de recouvrir des notions patriarcales à bannir du monde réel que l'on sait désormais « biaisé ». La mode était déjà à essayer de faire la justice sur twitter, maintenant n'importe quelle conseillère, élue ou militante investie de sa mission sacrée féministe se sent le droit de proposer sa réforme du langage et de l'usage (rappelons que c'est quoiqu'il arrive toujours l'usage qui fait loi, dans le domaine de la langue). Vivement la démocratie par facebook, donc, mais regardons tout de même de plus près le fondement de la question, parfaitement anecdotique et en même temps parfaitement représentative de l'état d'esprit montant qui tend à s'installer dans la société, à pourrir les discussions, à créer de la division en inventant de faux-problèmes.

 

Mon Larousse étymologique, instrument patriarcal oppressif s'il en est, me dit qu'il y a deux branches étymologiques principales correspondant au terme patrimoine. L'une remonte environ au 12e siècle, avec le terme tiré du latin patrimonium, lui-même tiré de pater (père). L'autre branche se rapporte à patrimonialis, qui donne patrimonial et qui remonte au 14e siècle. Le patrimoine désigne une richesse, quelque chose qui se transmet, qu'il s'agisse d'un héritage familial, national, culturel, etc.

 

Du côté de matrimonial, mon Larousse indique également les deux mêmes branches latines : matrimonialis et matrimonium, de mater, mère. Cela se réfère au mariage. Nous avons donc deux notions complémentaires qui recouvrent des notions liées à la famille ou au groupe, dont aucune n'est connoté négativement, et qui permettent commodément de nommer des choses différentes.

 

Les choses deviennent plus discutables et ridicules lorsqu'on considère que le terme matrimoine existe en fait déjà, et est référencé dans la plupart des dictionnaires, notamment en ligne :

 

http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/matrimoine

 

http://www.cnrtl.fr/definition/matrimoine

 

Le cnrtl cite d'ailleurs, sous-entendant assez clairement que personne ne l'utilise car c'est un pur artifice sorti de nulle part et car il est sans nécessité particulière (puisqu'un mariage est par essence la décision conjointe de deux personnes, et qu'on y préfèrera donc l'usage d'un terme neutre) :

« Le «matrimoine»? un mot fabriqué qui restera dans les dictionnaires sous cette définition simple: tout ce qui dans le mariage relève normalement de la femme (Écho de la mode,21 janv. 1968, p.69). »

 

Au sens étymologique, le patrimoine est l'héritage du père, et le matrimoine, l'héritage de la mère. Ce sont des notions distinctes, simples, claires et parfaitement équilibrées, non connotées, que seul un esprit malade peut vouloir réformer pour les faire correspondre à sa vision personnelle des choses.

 

Par ailleurs, si ce sont des termes masculins, en revanche la même étymologie tirée de pater donne « patrie », également nommée « mère patrie ». Il paraît ici difficile de suspecter la langue de receler par elle-même d'élans sexistes, comme les algorithmes de mon avant-dernier article étaient pourtant volontiers soupçonnés de porter en eux la graine d'un sexisme et d'un racisme qu'ils ne demanderaient qu'à renforcer... Le problème ne serait-il donc pas plutôt, encore une fois, dans la tête de ces gens ?

 

Ce qui est proposé ici n'est rien d'autre que de détourner un terme jugé « masculin », donc inacceptable, donc inapproprié, et d'en pervertir un autre jugé « féminin » donc politiquement correct, donc acceptable, donc approprié. Ou comment redresser cette fameuse réalité « biaisée » car sexiste en elle-même... Oui, le monde est sûrement, quelque part, un macho qui s'ignore et qu'il faut rééduquer.

 

« L'un des chevaux de bataille de la conseillère écologiste est de restaurer la place des femmes dans l'espace public, comme elle l'explique sur Twitter. «Le matrimoine doit être mis en lumière», avance-t-elle, en collaboration avec le collectif «Les MonumentalEs». »

 

Cela coule de source, il ne suffit pas de réformer la langue, il faut restaurer la place de la femme dans l'espace public, car il n'y a pas assez de statues de Jeanne d'Arc (une guerrière fanatique, comme on la perçoit habituellement, mais une femme, donc rien à dire) ni de rues Marie Curie (responsable de la « bombe », au même titre que les autres chercheurs masculins, mais une femme, donc tout va bien). Et qu'est-ce que ça serait si Napoléon avait été une femme... mais c'est pourtant bien à l'égalité avec tous ces faiseurs de guerre que la féministe idéale aspire. La femme ne peut pas avoir une place plus respectable qu'au panthéon, symbole machiste puisqu'il n'abrite que 4 femmes sur 76 représentants.

 

« Celui-ci veut commencer par féminiser, à Paris, le Panthéon et l'église de La Madeleine, jugés comme des lieux symboliquement masculins. Mais reste, semble-t-il, à fixer le genre de «matrimoine» : le ou la ? »

 

Le ou la, les dictionnaires nous le disent déjà, et la logique grammaticale également, et comme le neutre s'est effacé de la langue française, raison pour laquelle il a fallu faire un choix pour le remplacer (celui du masculin s'est imposé car plus simple : moins de lettres, c'est tout, un choix purement « économique »). Hélas matrimoine est un mot masculin, comme patrie est un mot féminin, et comme la tour Eiffel est un objet féminin évoquant le masculin, symbole douteux que l'on devrait bannir de toutes les photos de Paris, capitale du monde machiste et patriarcal qui a eu jusqu'à la sournoiserie d'imposer ses symboles phalliques subrepticement dans toutes les boutiques de souvenirs et sur toutes les étagères de touristes à travers le monde. Idem avec l'église de La Madeleine, que je ne connais même pas et qui sonne très machisto-patriarcal en effet, puisque c'est « La » Madeleine et qu'on dit « une » église. Mauvaise foi, oui, mais n'en faut-il pas pour lutter contre cette Mauvaise Foi absolue qui tente de s'imposer comme le nouveau sens commun ?

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_de_la_Madeleine

 

J'ai eu beau chercher dans cette page, je n'ai pas trouvé en quoi ce monument est suspect d'être « trop masculin » (grave crime, comme l'on sait), mais je suppose que c'est parce qu'il a été construit par des architectes masculins et... des maçons hommes... comme finalement la quasi totalité de ce qui a été construit en France et par le monde jusqu'au 20e siècle... Ça me donne une idée... détruisons tous ces symboles du patriarcat oppressif dont nous bénéficions, détruisons tout en fait, puisque bizarrement, jusqu'à encore la minute où je parle, je n'ai toujours pas entendu parler de manifestation féministe exigeant de pouvoir travailler à égalité dans les milieux du BTP, des égoutiers, des balayeurs... comme chacun sait, les femmes sont cantonnées à des métiers dégradants, difficiles et sales où on ne verrait jamais des hommes...

 

Mauvaise foi, encore... ? Pardon, mais c'est pourtant vrai. J'ai beau reconnaître l'intérêt de la cause féministe, m'être longtemps défini comme féministe, j'ai fini par m'en dissocier absolument quand j'ai compris que tout cela n'est qu'une entreprise pour détruire le tissu social, dresser les hommes contre les femmes et vice versa, et placer les femmes en concurrentes des hommes dans le monde du travail, le suffrage n'étant qu'un des nombreux prétextes à cette société totalitaire à faire croire à une démocratie égalitariste, mais j'ai dit tout cela bien assez souvent, alors faisons maintenant un peu d'histoire, pour remettre les choses à leur place.

 

Je ne suis pas linguiste. Ce que je sais c'est que le français est une langue dite latine, qui emprunte également beaucoup au grec, à l'arabe, aux langues anglo-saxonnes, germaniques et aux patois d'occ et d'oil (et autres), eux-mêmes se rapportant, justement, à des branches linguistiques plus ou moins fortement imbibées de racines latines ou germano anglo-saxonnes. Par ailleurs, les francs étaient des germains, et les gaulois des celtes. Rien qu'avec cette présentation, on voit à quel point la langue française actuelle est un mic-mac d'origines diverses, d'évolutions à des époques diverses, ayant donné la langue vivante que nous connaissons aujourd'hui et qui est bien sûr fortement susceptible d'évoluer encore, puisque c'est le propre d'une langue vivante.

 

Tout va bien lorsque la langue évolue de manière fluide, en posant de nouvelles couches sur d'anciennes couches appelées à mincir à mesure que le langage nouveau s'impose. Cela prend beaucoup de temps, et l'on voit que pendant presque 10 siècles, des termes comme « patrimonial » et « matrimonial » n'ont pratiquement pas changé. Mais il suffit à notre époque, pour essayer d'imposer absurdement et immédiatement un changement d'usage, d'une seule représentante quelconque d'une gente qui s'inscrit dans une mode du non-genre, qui est l'occasion de deux paroxysmes contradictoires : l'interdiction de critiquer les orientations sexuelles originales (du moins celles qui ont été brevetées par les organes du politiquement correct), et l'obligation de taper à toute occasion possible sur un « genre » qui aurait dominé pendant des siècles. Excusez-moi de cette grossièreté, mais qui continue de donner des enfants à des gros cons, au juste ?

 

Sûrement pas moi, mâle pacifiste, frêle et inoffensif qui en a marre qu'on désigne mon genre comme responsable de tous les maux, qui en a marre d'être associé à ces stéréotypes de merde et qui en a marre d'être instrumentalisé à cette cause véhémente et envahissante, de laquelle se sont détournées beaucoup de femmes de mon entourage. Oui, à mon tour de faire mon LGBT, façon « je suis une minorité opprimée », car après tout pourquoi pas ?

 

Pourquoi la langue est-elle l'instrument de folles qui prétendent que la langue, qui n'est rien d'autre que la résultante de siècles d'usages et de pratiques entre hommes et femmes ? Laissez la langue tranquille, vous en êtes ridicules et vous ridiculisez le féminisme !

 

Bref... J'avais dit qu'on ferait un peu d'histoire, alors faisons aussi un peu de philosophie, histoire de remettre les choses à leur juste place. Je vous laisse visiter ces quelques liens qui ont le grand mérite de replacer de l'intelligence, de la culture et de la réflexion, là où toutes ces choses tendent à s'effacer derrière l'hystérie ambiante de plus en plus étouffante.

 

Une réflexion philosophique sur la place du neutre en français :

 

http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/masculin-feminin-et-le-neutre/

 

Une discussion de forum fort instructive à ce sujet :

 

https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic921-du-neutre-en-francais.html

 

Une vidéo de la chaîne Linguisticae, que je recommande fortement (malgré une tendance à verser dans le gauchisme progressiste béat, à certains moments, mais passons, la chaîne est très instructive d'une manière générale, et au final, l'intervenant est peut-être plus neutre que moi... qui sait), vidéo que je tiens à commenter :

 

https://www.youtube.com/watch?v=Aq2XboD-q_U

 

Vidéo youtube : 10 TRUCS SOULANTS autour de l'ÉCRITURE INCLUSIVE - MLTP#20

 

Il a notamment raison de faire remarquer que l'écriture inclusive existait déjà, je l'ai même souvent utilisée comme une commodité pour, justement, ne pas trop déformer les mots et ne pas allonger les phrases, ce qui est précisément ce que je reproche à la forme actuelle, beaucoup trop compliquée et drastique. On écrivait par exemple : un(e) cycliste/journaliste ou des con(ne)s, juste pour différencier les genres, lorsque les mots existaient. On s'interdisait, jusqu'à une époque récente, d'inventer des mots pour ne pas créer des atrocités déséquilibrées, qui sonnent mal ou encore qui ne s'entendent même pas à l'oral. Exemple typique : « auteure », mot ignoble, sorte de monstre à deux têtes et bossu qui penche d'un côté alors que rien n'interdit absolument de dire « une auteur » sans créer une monstruosité. On aime ou on n'aime pas, mais au moins il n'y a pas dans cette forme de destruction des mots, on se contente de désigner le genre, pour éviter une discrimination qui, certes, peut alimenter un stéréotype ou favoriser une représentation mentale masculine, je veux bien l'admettre. En fait je suis prêt à tout admettre sauf la politisation et la déstructuration du langage au nom d'un extrémisme moral qui tente de s'imposer en véhiculant à son tour ses propres stéréotypes et autres images mentales délirantes. Voilà au fond ce que je reproche aux excès actuels, qui vont beaucoup trop loin, en plus d'être nauséabonds ; en fait, ils ont précisément l'odeur d'un machisme inversé, un machisme sans les organes externes, quoi, et c'est tout. J'ai toujours profondément détesté les machistes, alors les machistes féministes, même combat. Oui, je suis égalitariste, tout à fait.

 

Il est intéressant de considérer que pendant longtemps, le genre féminin n'existait même pas dans les langues indo-européennes, ce qui n'a pourtant pas empêché certains peuples indo-européens d'adopter une structure matriarcale. Faux procès donc : le féminin est une différenciation du masculin, ce qui veut dire que son apparition correspond probablement non pas à la prise de conscience qu'il existe des femmes... mais bien qu'il existe une différence entre hommes et femmes, qu'il faut matérialiser dans la langue... à méditer là aussi pour ceux qui y voient un sexisme qui existe certes, mais dont l'origine n'est certainement pas à voir dans la langue. En fait, cette différenciation peut tout aussi bien être considérée dans la perspective d'un égalitarisme : on donne aux femmes des formes grammaticales, et on en donne d'autres aux hommes. Par ailleurs, on utilise un genre neutre pour le reste. Pour y voir une démarche de discrimination, il faut quand même avoir l'esprit drôlement tourné. Et à propos des formes matriarcales indo-européennes :

 

https://matricien.org/geo-hist-matriarcat/asie/amazone/

 

Certains estiment même que le matriarcat était à l'origine des sociétés indo-européennes :

 

https://www.letemps.ch/culture/2010/07/12/mere-migrations-indo-europeens

 

« Cette dernière a identifié les premiers Indo-Européens à une population dont la présence au bord de la mer Noire au Ve millénaire est attestée par la découverte de tombes contenant des restes de type europoïde aspergés d’ocre et souvent installées sous des tumulus. Le nom russe de ces derniers, kourganes, est utilisé pour nommer cette théorie qui voit les premiers Indo-Européens comme un peuple guerrier et fortement hiérarchisé, capable, en trois vagues, de dominer au début du IIIe millénaire une zone s’étendant jusqu’à la mer du Nord, aux dépens d’une civilisation préexistante, dont les traces repérées dans la région du Danube indiquent qu’elle était plus raffinée, plus agricole et, estime l’archéologue, matriarcale. »

 

On peut alors se demander si ce matriarcat a échoué et pourquoi il a laissé place au patriarcat qui existe certes encore aujourd'hui, et je ferai encore un peu de mauvais esprit en suggérant que c'est sûrement parce que les hommes sont vils, méchants et abusent de leur force, avec laquelle ils ont pris le pouvoir. À moins qu'il n'y ait une raison circonstancielle et moins manichéenne... ce qui est fort probable. On note qu'il y a peu de sociétés matriarcales dans le monde, et c'est peut-être parce que... les femmes préfèrent en général diriger les marionnettes dans l'ombre et jouer les éminences grises ? Chose qui s'est remarquée pas mal de fois dans l'histoire, tout de même. Quant à ceux qui veulent voir dans le matriarcat un système parfait et idéal, je les laisse à leurs fantasmes...

 

Linguisticae dit qu'on ne peut pas dénaturer une langue, car c'est un code qui, en essence n'a rien de naturel. Certes. C'est jouer sur les mots. Une langue est par essence culturelle, ce qui s'oppose à la nature. Ce que veulent dire ceux qui emploient cet argument est que ce type d'écriture altère l'expression naturelle... C'est autre chose, dit ainsi. Cela signifie qu'on crée un artifice sorti de nulle part. Il est normal que cela paraisse arbitraire (puisque ça l'est) et bizarre. Normal, donc, que certains le refusent, d'autant qu'ils ont bien saisi les non-dits qui se cachent derrière et dont j'ai déjà parlé, qui se surajoutent à ce problème de pure forme.

 

Sur la question de savoir si cela est de la novlangue ou pas, je dirais que non, mais ça s'en rapproche tout de même, dans le sens que cette surcharge de suffixes n'aide pas à penser... et ça, il faut tout de même le dire. Cela ne fait que focaliser l'esprit sur la question oppressante d'une discrimination supposée et donc d'un culpabilisme latent. Ce n'est pas neutre, si j'ose dire...

 

Par contre, ses remarques sur la question de la légifération sur la langue sont très pertinentes, il est vrai qu'on a un peu trop tendance à considérer que la langue française appartient à la France, quand bien même elle est parlée dans des dizaines de pays qui ne connaissent pas nos modes, nos mœurs et nos agitation hystériques passagères, à partir desquelles on voudrait enfermer la langue dans des lois... Preuve supplémentaire de la stupidité de cette tendance, en même temps que des dissensions politiques internes à nos pays occidentaux en crise. Je vois mal les camerounais et les gabonais se déchirer sur ces idioties, ils ont des problèmes plus urgents et encore un sens du réel et des priorités que nous perdons de plus en plus, malgré le fait que, nous aussi nous avons des problèmes plus graves et plus urgents que de calmer la susceptibilité d'une minorité extrême dont se fichent pas mal de vieux de la vieille parmi les féministes, qui eux n'ont pas perdu le nord, heureusement. Pour terminer sur ce point sur la légifération, il est vrai que c'est une manie française dans tous les domaines, il serait donc étonnant qu'elle épargne ce domaine précis.

 

Les chances de cette écriture de s'imposer sont à mon avis minimes. S'il est vrai que les « vecteurs de norme » semblent l'avoir déjà adoptée en partie et que j'en ai déjà vu des manifestations dans des articles de personnes manifestement féministes, il me semble difficile de juger de la prise de ce ciment. L'immense majorité des articles et textes que je lis l'ignorent royalement, malgré tout. Et beaucoup critiquent cette lubie comme n'étant, précisément, qu'une lubie. Je pense que le plus probable est que ceux qui sont encore enferrés dans l'idéologie progressiste caricaturale l'adoptent sans davantage d'esprit critique et en fassent « profiter » tous les autres. Personnellement j'ai commencé à boycotter les rares auteurs et sites qui en font un usage trop prononcé, tant c'est laid et pénible à déchiffrer, et précisément pour ces raisons, je pense que cette forme s'imposera encore moins que celle du (e) dont je parlais plus haut, qu'on n'observe quand même pas souvent, contrairement à celle qui consiste à déstructurer des mots en ajoutant des e partout, qui elle s'est en effet bien généralisée (et je le déplore, ça me fait mal de lire ces mots torturés comme des prisonniers politiques).

 

Ans sa conclusion, il a bien sûr raison de dire qu'il s'agit en fait d'une lutte idéologique, c'est d'ailleurs ce que je me tue à dire. Ce que je vois surtout est que l'on fait de la langue un champ de bataille, et on sait de quoi ces lieux ont l'air après une bataille, si vous voyez ce que je veux dire. Mon point de vue est : laissez la langue tranquille, bordel de merde ! Le vrai champ de bataille du féminisme est celui de la société, et si on ne peut dissocier une société de sa langue, en revanche une même langue peut exister dans des sociétés très différentes, preuve qu'elle n'est pas la coupable à désigner pour les maux particuliers d'une société particulière. Ce délire autour de la langue est un faux combat et un faux débat que j'essaye de déconstruire, c'est tout. Pour que l'on puisse revenir à l'essentiel, car les obsédés du racisme ou du féminisme ont tendance à voir des signes et des preuves de racisme et de sexisme partout, et que cette forme de paranoïa ennuie tout le monde, et fait perdre du temps à tout le monde, au fond. Je pourrais certes ne pas en parler, ainsi je garderai mon temps disponible pour des choses plus plaisantes que de me lancer dans cette fameuse arène. Je crois pourtant que certaines choses doivent être dites, et puisque j'ai désormais comme coutume d'être l'idiot du village qui met le pied dans tous les plats, allons-y gaiement.

 

 

 

 

 

Je termine sur un dernier point. Le français est une langue latine, et le latin inclut un genre neutre, alors pourquoi pas le français ? N'étant pas linguiste, j'ai cherché, ayant entendu parler d'un genre neutre maintenant disparu en français. On trouve quelques éléments de réponse, par exemple dans le premier des liens fournis juste au dessus.

 

« Existe-t-il, en français, un genre neutre – ou des traces de l’ancien neutre latin, perdu dans la plupart des langues romanes ? Pour répondre à cette question, on peut, en principe, chercher des traces de ce genre neutre à deux niveaux : celui des noms (ou autre élément « donneur » d’accord[7]) et celui des mots satellites. Pour ce qui est des noms, on peut observer des noms homonymiques (le livre, la livre), des cas où le genre n’est pas fixe (un ou une après-midi, alvéole, etc.), des noms qui ne sont pas usuels en dehors de locutions fixes et n’ont de ce fait pas d’éléments satellites sujets à genre (p. ex. ambages dans sans ambages) ou qui ont un double genre (un amour (m)/des amours (f) ; un espace/une espace (en typographie), etc.). Or, si certains noms ont ainsi un genre indéterminé ou sujet à variation, aucun nom français n’a un genre grammatical neutre.

Qu’en est-il des éléments satellites ? Ce sont eux qui permettent de connaître le genre d’un nom donné – mais aussi celui d’autres constructions qui ne se rapportent pas de manière directe à un nom ou syntagme ayant un genre grammatical donné[8], mais à un nom propre (18) ou un pronom (18, 19). »

 

L'article cite et analyse alors différents exemples, je ne peux pas tout citer. En fait il s'avère qu'il existe bien une forme de neutralité dans la langue française, elle n'est juste plus traduite par un genre, comme elle le fut peut-être autrefois (là aussi, voir la vidéo de Linguisticae) :

 

« Si le genre neutre n’existe plus en français moderne, nombreuses sont cependant les neutralisations que l’on décrit dans la littérature linguistique et grammaticale. Ce terme se rapporte à des phénomènes divers, qui seront résumés en deux cas de figure : d’une part la neutralisation sémantique et d’autre part la neutralisation formelle. »

 

 

L'article explique cela ensuite, mais encore une fois je ne veux pas tout citer pour ne pas alourdir. Allez voir si vus êtes intéressés par ces détails. L'article parle même de différentes stratégies de neutralisation, mais aussi de féminisation qui ont été tentées ou le sont encore.

 

La conclusion est instructive, j'en cite un extrait :

 

« Héritier du latin (où le neutre existe au même titre que le féminin et le masculin), le français (qui ne connaît plus que le masculin et le féminin) a un système de genres qui s’est simplifié, de sorte qu’aujourd’hui, le français contemporain ne présente plus que quelques menues traces de l’ancien genre neutre. Au niveau des « donneurs », le genre d’un certain nombre de noms et d’autres constructions est indécis ou non apparent ; quant aux éléments satellites (les « receveurs »), ils portent en général des marques qui permettent de les classer comme masculins ou féminins, sauf en cas de formes épicènes, qui sont invariables. Les épicènes constituent un type de neutralisation formelle, déjà bien présent dans la langue, notamment au niveau des noms et des adjectifs, permet souvent d’éviter les formes à valeur générique (en général masculines), en vue d’une neutralisation sémantique.

La neutralisation formelle permet ainsi de poursuivre l’objectif d’un langage non sexiste et l’emploi de formes épicènes est l’une des stratégies principales pour y parvenir. À côté des formes existantes, bon nombre de nouvelles formes ont été proposées, mais peu d’entre elles semblent avoir connu un succès au-delà des cercles initiés. L’avenir montrera si la tendance entamée sera renforcée et si le système des genres français, avec ses symétries et asymétries dues aux genres féminin et masculin, connaîtra un rééquilibrage avec davantage de mots formellement neutralisés. »

 

La deuxième partie de la conclusion fait la promotion d'un objectif non-sexiste, soit. Le langage peut-être amélioré, je considère que c'est le contraire avec les propositions actuelles.

 

La raison pour laquelle le genre neutre a disparu est donc bien une volonté d'économie (dont parle également Linguisticae, par ailleurs, espère-t-on que, dans le contexte actuel avec l'empire du sms et du texto, les langages électroniques sans ponctuation ni accentuation, on puisse imposer cette usine à gaz à base de trucs à rallonges ?), c'est à dire de simplification, qui est allée naturellement vers la forme masculine, plus économe en caractères, et non pas pour des raisons politiques. S'il est vrai que les formes du langage peuvent induire (ou au contraire exclure) des idées, il est exagéré de considérer le langage comme coupable ou même responsable de biais qui ne peuvent être que sociologiques, voire biologiques, en tout cas anthropologiques. Ce n'est en tout cas pas en déformant la langue qu'on obtiendra un résultat positif sur ce plan, mais au contraire en permettant de construire une culture linguistique plus étendue, ce à quoi l'écriture dite inclusive est précisément un obstacle, par son extrême et inutile complication. Ajoutez à cela la charge culpabilisante et accusatrice du féminisme extrême et politiquement correct (prétendument) qui porte ce type de réforme, et vous avez un cocktail pour arriver au résultat inverse de l'effet recherché. C'est immanquablement ce qui arrivera, si le féminisme ne retrouve pas ses racines qui sont celles n'ont pas d'une rupture entre hommes et femmes, non pas d'une guerre entre hommes et femmes, non pas d'un combat pour « unifier » l'homme et la femme, c'est à dire faire disparaître leurs différentes, et pas non plus de promouvoir un machisme à figure féminine. Le vrai combat du féminisme, son esprit originel, était de parvenir à une égalité hommes-femmes harmonieuse, dans l'intérêt des peuples, dans une perspective pacifique. L'écriture inclusive ne fait que creuser l'écart entre élites et population, entre hommes et femmes. En plus elle est une atteinte à l'harmonie du langage (qui ne peut jamais être pur et parfait, qui est parfois même un peu illogique, mais qui a toujours une sorte de cohérence et d'harmonie admirable), elle est laide et elle pue le politiquement correct qui veut stériliser la pensée en pourrissant le langage au lieu de l'épurer. Qu'elle crève.

 

 

Posté par Seilenos à 19:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 novembre 2017

Revue etc. N°30 - Le 21e siècle sera celui de Big brother ou ne sera pas (?)

 

Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°30

 

Un nouveau survol de l'actualité de la désinformation et de la lutte contre celle-ci, encore une fois avec le moins de commentaire possible car beaucoup de liens. Je commence directement en prolongeant sur quelques liens ma réflexion récente sur l'hystérie collective liée à un idéologisme nommé « progressisme-sociétal » tartuffesque, cette idéologie gauchiste grotesque qui tend le bâton pour se faire battre, tout en étant animée des meilleures intentions.

 

Ensuite je parlerai dans un gros chapitre de la progression du big-brotherisme dans notre société, puis je terminerai par des liens sur des sujets divers.

 

Comme premier lien, je citerai ce texte avec lequel je ne suis pas à 100% en accord, mais que je ne commente pas, car il me semble essentiel et de bon sens malgré tout. Il a surtout le mérite d'avoir un propos sage et équilibré, ce qui est précisément ce qui manque le plus, à l'heure actuelle :

 

http://www.royalmonaco.net/2017/11/philosophie-devie-avec-reza-moghaddassi-le-respect-une-urgence-qui-n-est-malheureusement-pas-une-evidence.html

 

Comme il est salutaire et agréable d'entendre un point de vue construit et argumenté, en cette période hystérique où la justice et la morale se font de plus en plus par twitter, sans possibilité de bâtir une réflexion, je ne m'occupe pas de jouer les tatillons sur deux ou trois points de désaccord, mon avis n'ayant somme toute que peu d'importance, puis je l'ai déjà assez étalé. Pour les mêmes raisons, je me contente essentiellement de citer les liens suivants, qui illustrent bien ce qui a déjà été dépeint sur ce blog.

 

L'extension des tentatives de créer des espaces de débat communautarisés :

 

https://francais.rt.com/france/45790-ateliers-non-mixite-raciale-syndicat-sud-education-93-suscitent-polemique

 

Un climat tellement hystérisé que même un Erdogan finit par paraître sage en rappelant qu'il n'y a d'islam que l'islam, et pas les versions « modérées » ou non que les médias occidentaux, toujours prêts à des concessions pseudo-intellectuelles, veulent nous présenter :

 

https://francais.rt.com/international/45499-il-nexiste-pas-dislam-modere-ben-salmane-recep-erdogan

 

En effet ce n'est pas en soi l'islam qui est coupable de la situation, mais bien ce que le contexte moderne en a fait (je laisse à d'autres le soin de dire si cela était évitable ou non ).

 

Enfin, dans ce contexte où l'on mélange tout, il est bon de se rendre compte que « l'élite » sait pertinemment que l'écriture inclusive est une grosse connerie, qu'elle bannira donc des textes officiels, laissant la populace s'étriper autour de ces thèmes pourris :

 

https://francais.rt.com/france/45794-edouard-philippe-exclut-ecriture-inclusive

 

Bon aussi de réaliser que certains ont compris d'où vient le mal, en tout cas par où il est financé :

 

https://francais.rt.com/international/45582-nigel-farage-denonce-ingerence-george-soros-union-europeenne

 

 

 

Le vingt-et-unième siècle, siècle de big brother ?

 

De nombreux articles sur ce thème ont attiré mon attention récemment. Comme il y en a beaucoup, je commence un peu en vrac.

 

Les imprimantes, outil d'espionnage massif ?

 

https://www.les-crises.fr/decouvrez-comment-votre-imprimante-vous-espionne-et-peut-vous-denoncer/

 

Un médicament qui espionne son patient :

 

https://francais.rt.com/france/45595-il-vous-denonce-medecin-premier-m%C3%A9dicament-electronique

 

Amazon utilisait déjà des drones, désormais ils pourront bénéficier d'un autre système issu du technologisme ambiant pour entrer chez certaines personnes en leur absence :

 

https://francais.rt.com/international/45039-amazon-developpe-service-permettant-livreurs-entrer-clients

 

Google s'ingère dans la politique internationale, pour aller dans le sens de l'américanisme qui l'a vu et fait naître, ce qui constitue bien sûr un nouveau pas en avant vers la censure et donc une forme de contrôle social à grande échelle :

 

https://francais.rt.com/international/45783-google-va-retrograder-articles-rt-algorithmes

 

Puis les smartphones et autres objets et outils connectés, suspectés de devenir, y compris par leurs propres créateurs, les instruments privilégiés d'une dystopie à venir (qui est certes davantage « Meilleur des mondes » que « 1984 »), dont la jeune génération sera la première et principale victime :

 

https://fr.sott.net/article/31417-L-epuisement-du-cerveau-encore-une-mauvaise-nouvelle-pour-les-smartphones

 

https://www.les-crises.fr/nos-esprits-peuvent-etre-pirates-les-inities-craignent-une-dystopie-du-smartphone-par-paul-lewis/

 

Je recommande particulièrement ces deux articles, mais m'abstiens de les connecter, pour ne pas alourdir. Je termine l'introduction de cette partie en rappelant que l'américanisme et l'exploration des nouvelles possibilités offertes par la médecine, la biochimie et la technique pour contrôler les masses n'est pas une nouveauté, que c'est même une caractéristique de cet américanisme qui s'est largement inspiré du nazisme pour ses expériences :

 

https://fr.sott.net/article/31375-Declassifie-La-CIA-a-empoisonne-toute-un-village-francais-avec-du-LSD-lors-d-une-experience-massive-de-controle-mental

 

Que cet américanisme a aussi conduit à des guerres et, dans le cas de l'Afrique, à une résurgence de l'esclavage :

 

https://francais.rt.com/opinions/45786-esclavage-libye-merci-otan

 

Sur un point annexe, Ugo Bardi nous rappelle toutefois que ce qui paraît sur le web n'est pas éternel, et que si la bataille contre les médias de masse semble gagnée, rien n'est complètement acquis, surtout avec ce que l'on sait sur la place de l'abrutissement qui gagne de plus en plus de place sur le net et les objets connectés :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/une-falaise-de-seneque-pour-le-web-tel.html

 

A propos des médias de masse, cet article de Nicolas Bonnal à propos de Tocqueville et Soljenitsyne :

 

http://www.dedefensa.org/article/comment-tocqueville-inspira-soljenitsyne

 

Maintenant, il faut aussi se rappeler que cette logique façon big brother part de nos élites, qui aiment bien nous considérer comme des salauds de pauvres, c'est à dire une plèbe dangereuse, qu'il faut contrôler, matraquer intellectuellement et émotionnellement pour la garder docile. Certains essayant de combattre ces préjugés répandus par le haut :

 

https://francais.rt.com/economie/45450-pauvrete-france-secours-catholique-bouscule-prejuges-feignants

 

Tandis que d'autres voudraient bien faire disparaître cette pauvreté sous le tapis :

 

https://francais.rt.com/france/45813-supprimer-quartiers-pourris-pour-bon-classement

 

Alors 15%, présenté de cette manière là, ça paraît pas grand chose, mais ça représente tout de même entre 1/6 et 1/7 établissements scolaires. La logique aveugle et irréfléchie qui consiste à faire disparaître les banlieues pour mieux dissoudre les pauvres dans la masse n'est toujours pas morte dans l'esprit attardé de certains membres de la mal nommée élite. Quand s'attaquera-t-on aux causes ? Sans doute quand cette élite aura, elle, débarrassé le plancher, car c'est bien elle qui parasite tout, à l'heure actuelle. Et en premier lieu la réflexion. Mais aussi l'argent :

 

https://francais.rt.com/france/45354-gerard-longuet-justifie-evasion-fiscale

 

Une élite qui verse de plus en plus, y compris pour elle-même dans des procédés qui n'ont rien de démocratique, puisqu'elle a bien observé que la non-démocratie fonctionne très bien avec les masses :

 

https://francais.rt.com/international/45568-manque-democratie-veille-congres-lrem-100-marcheurs-quitter-parti

 

La vaccination systématique et obligatoire constituant une parfaite illustration de cette logique qui consiste à imposer aux masses un sentiment d'impuissance, en même temps que l'on fait le bonheur des plus grands lobbies. Ici un très bon article qui dénonce un aspect ubuesque du problème :

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/demande-d-entente-prealable-pour-198772

 

 

 

Divers

 

Enfin on peut noter quelques faits intéressants à remarquer. A titre personnel, je me suis délecté de cette info – plus particulièrement après ce que j'ai vécu avec SFR récemment – où l'on essaye de nous faire croire que Drahi va renflouer Altice/SFR, alors que c'est lui qui est à l'origine de son naufrage.

 

https://francais.rt.com/economie/45471-apres-5-milliards-pertes-bourse-drahi-revient-altice

 

Dans une perspective plus haute et plus globale, ces articles qui nous parlent des bienfaits que pourraient apporter une orientation davantage multipolaire du monde :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/la-geopolitique-du-nouvel-ordre-mondial.html

 

Ou qui nous aident à réfléchir sur la question de la natalité et de la surpopulation :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/est-ce-une-mauvaise-idee-davoir-moins.html

 

Ou encore cette réflexion amusante de Orlov sur l'échec de son propre livre à propos de la crise d'effondrement actuelle :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/comment-ne-pas-ecrire-un-best-seller.html

 

Evidemment il est toujours plus efficace de dire aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre... malheureusement.

 

Une réflexion intéressante sur la question du revenu de base :

 

https://www.les-crises.fr/david-cayla-distribuer-une-allocation-universelle-sans-toucher-au-marche-ne-changera-rien-aux-rapports-de-force-par-frederic-santos/

 

Une découverte majeure et encore à étudier, concernant la grande pyramide de Khéops :

 

https://fr.sott.net/article/31338-Une-enorme-cavite-decouverte-au-cur-de-la-pyramide-de-Kheops

 

Enfin, un article critique sur l'hystérie climatique, qui apporte des arguments peu courants :

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/cop-23-en-realite-le-climat-se-198667

 

Voilà, je ne m'étends pas plus, chacun tirera ses conclusions de ce qui est présenté ici, je remets seulement le lien qui me semble le plus important de l'article, sur la dystopie technologiste qui se profile :

 

https://www.les-crises.fr/nos-esprits-peuvent-etre-pirates-les-inities-craignent-une-dystopie-du-smartphone-par-paul-lewis/

 

 

Normalement, le prochain article du blog sera le prochain numéro sur la démarche de curiosité, qui sera assez fourni en liens, également.

 

 

Posté par Seilenos à 12:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 novembre 2017

Notes complémentaires sur l'hystérie collective : dessiner un sourire sur le soleil

 

Je voudrais ajouter quelques remarques à mon article à rallonge d'hier. J'attaque d'emblée en anticipant certaines critiques que certains ne manqueront pas de faire (les commentaires sont calmes, mais il y a les rares personnes qui me parlent hors blog et puis ceux qui n'en pensent pas moins).

 

D'abord j'imagine, mais peut-être est-ce une sorte de réflexe chez moi, qu'on me reprochera de prendre systématiquement le parti des « bourreaux » et des coupables. D'abord, n'est coupable que qui a été jugé comme tel, ce qui n'est pas le cas de tous les exemples cités dans l'article. Ensuite, je trouve de toute façon, et c'est bien l'intérêt d'une réflexion sur l'hystérie, que bien assez nombreux sont toujours ceux qui grognent avec la meute. J'ai sans doute une sorte de mentalité d'avocat, mais je trouve nécessaire qu'un contrepoids soit apporté aussi systématiquement que possible aux accusations rapides, souvent lapidaires, et aux jugements qui sont de la même eau, surtout dans une société qui tend à détruire les derniers garde-fou judiciaires contre les lynchages, et qui à cause des réseaux « sociaux » (qui sont à vrai dire surtout des réseaux grégaires incitant au suivisme, aux polémiques superficielles et l'instrument parfait pour engendrer des nourrir des hystéries sans fondement) s'emballe pour un oui ou pour un non.

 

Une autre remarque est que, lorsque je parle d'hystérie polymorphe (je n'ai pas beaucoup développé ce point), j'évoque une hystérie unique, mais qui prend des formes différentes. J'ai abondamment parlé de la part puritaine, ambivalente, à la fois pro-sexuelle et anti-sexuelle qui relève d'une agitation morale stérile, et qui conduira sans doute à une forme quelconque de contrôle normatif de la sexualité, tout en encourageant paradoxalement l'ouverture des barrières sur des trucs aujourd'hui considérés comme tabous. Mais j'aurais pu y ajouter l'hystérie anti-russe, et diverses agitations géopolitiques qui proviennent du même épicentre. En vérité, tout provient de ces réseaux idéologiques universitaires américains, qui nourrissent nos « french leaders » et autres « young leaders » qui prolifèrent à travers l'Europe et le reste du monde. Les canaux idéologiques de type progressisme-sociétal qui trouvent leurs sources en Californie et dans les autres universités américaines ont totalement perverti les idées de gauche pour leur faire soutenir un globalisme qui, pour le moment n'est que le cheval de bataille d'une élite, et ne profitera donc en premier lieu qu'à cette élite. Et même si j'ai dit – et je peux le répéter – qu'il ne sert à rien de craindre pour l'avenir, je pense toutefois qu'il est idiot de soutenir cette mouvance sans mobiliser son esprit critique, car cette mouvance est délétère, et n'est que du capitalisme qui avance masqué, financé par des organisations qui se prétendent gauchistes, mais qui veulent la dissolution de tout, et pas seulement des traditions chères aux conservateurs. Les idées de gauche comme de droite seront non pas fusionnées comme on essaye de nous le faire croire à travers les mouvements comme « en marche », mais dissous et dissolus dans un tout apolitique, entièrement dévolu au capital.

 

Par ailleurs, cette hystérie touche aussi la science, avec ses chimères basées sur l'IA, le transhumanisme, la colonisation spatiale et tous ces délires qui n'ont pas prouvé – doux euphémisme – qu'on pouvait les mettre en œuvre, et a fortiori les mettre en œuvre suivant une manière qui profite à l'humanité.

 

Dans ces notes, je voudrais, du coup, en profiter pour commencer un article en anglais sur lequel je suis tombé hier et qui aurait eu sa place dans mon article.

 

https://www.theguardian.com/technology/2017/apr/13/ai-programs-exhibit-racist-and-sexist-biases-research-reveals

 

Alors tout le monde ne lisant pas anglais, je soulignerai seulement quelques passages, pour que l'on voit où je veux en venir.

 

Donc le titre de l'article nous annonce que les IA, plus précisément celles qui font de la traduction de textes à travers l'internet, posséderaient des biais racistes et sexistes. Voyons ce qu'il en est de cette assertion à la lecture de l'article.

 

Dans la première partie, l'exemple de Google Translate nous est servi pour illustrer ce problème. Ce programme sillonne l'internet et traduit « machinalement » des milliers et des milliers de textes chaque jour, en se basant sur une méthode essentiellement statistique pour déchiffrer les textes. En d'autres termes, ce programme ne lit pas les textes au sens strict, il les convertit en un chiffrage statistique qui va l'aider à contextualiser les mots et donc leur sens dans le contexte donné. Cela va même l'aider à déterminer le sens de mots qu'il ne connaît pas, en se basant sur le contexte, et donc le sens probable qu'il a dans ce contexte, en comparant avec sa base de données. Autrement dit, tout en traduisant, l'IA apprend les mots qu'elle ne connaît pas encore.

 

De par ce procédé, l'IA apprend par exemple qu'un mot comme « blanc » est souvent associé à la richesse, quand un mot comme « noir » est plus souvent associé à des notions plus désagréables. Jusqu'ici rien de très étonnant, on sait que les populations noires et les autres minorités sont, dans le monde, plus défavorisées que les communautés « blanches ». Idem avec « homme » et « femme ».

 

Là où le bât blesse – et cela constitue une parfaite illustration de ce qui était dit dans l'introduction de mon article d'hier – c'est dans la manière dont les universitaires interprètent ce fait.

 

Il serait logique de conclure très simplement, et sans s'enfermer dans une hypocrisie ou un aveuglement idéologique, que l'IA découvre que, dans le monde, les communautés noires sont moins favorisées que les blanches. Point. Une IA est neutre et ne verse pas dans l'idéologisme, le racisme, ou une vision politique. Mieux, ce qu'on appelle pompeusement une IA n'est en fait qu'un algorithme de traduction, dans le cas qui nous intéresse. Cet algorithme n'est pas conçu pour se faire une idée des choses et en concevoir une philosophie : il constate des faits statistiques et en tirent un apprentissage qui ne lui servira qu'à mieux traduire les prochains textes.

 

Mais ce n'est pas du tout ce qui se passe. Les universitaires qui constatent le fait que constatent les algorithmes de traduction éprouvent le besoin de passer par dessus cela une épaisse couche de politique correct pour ne pas bousculer leurs croyances et pour démontrer une fois de plus leur appartenance à une communauté de valeurs morales respectueuses, non-racistes, etc. Comme si elles étaient gênées de se trouver confrontés à une IA « raciste ». C'est un total non-sens, surtout provenant de scientifiques, à moins que ce ne soit l'article qui donne cette fausse impression. Néanmoins, je trouve les extraits que je vais citer assez sidérants, pour ma part :

 

« Joanna Bryson, a computer scientist at the University of Bath and a co-author, said: “A lot of people are saying this is showing that AI is prejudiced. No. This is showing we’re prejudiced and that AI is learning it.”

But Bryson warned that AI has the potential to reinforce existing biases because, unlike humans, algorithms may be unequipped to consciously counteract learned biases. “A danger would be if you had an AI system that didn’t have an explicit part that was driven by moral ideas, that would be bad,” she said. »

 

En clair, l'informaticienne nous dit que, comme les « IA » ne sont pas équipés d'une morale, il faudrait penser à les en équiper si possible, car sinon, ces IA vont renforcer nos biais. On trouve plus loin un éclaircissement quant à la construction de ce point de vue assez hallucinant :

 

 

« Sandra Wachter, a researcher in data ethics and algorithms at the University of Oxford, said: “The world is biased, the historical data is biased, hence it is not surprising that we receive biased results.” »

 

Ce que nous dit cette chercheuse (qui n'a visiblement pas encore trouvé), c'est ni plus ni moins que « le monde est biaisé ». Et que donc, les IA fournissent des résultats biaisés.

 

Il est intéressant de se demander ce qu'elle a bien voulu dire par là. Que signifie de dire que « le monde est biaisé » ? Que le monde n'est pas comme nous aimerions qu'il soit ? « Nous » qui ? Et comment aimerions-nous qu'il soit, sachant que ce qui nous différencie d'un logiciel algorithmique est que nous avons des souhaits, des désirs, des opinions politiques, sociétales, etc., non-neutres et pas forcément partagées par la totalité des autres ?

 

Nous avons là le cocktail à la fois d'un déni de réalité et d'un déni du droit d'autrui et de la nature de produire et/ou de vouloir un monde autre que celui que nous souhaiterions. Nous avons donc tous les ingrédients d'une sorte de pathologie mentale qui va presque immanquablement conduire à vouloir réformer le réel.

 

Vous me direz que c'est humain : la force de la science et de la technique est précisément de réformer le réel. Mais c'est justement là qu'il faut s'arrêter, et commencer peut-être à tirer des leçons. Lorsque vous avez des universitaires idéologisés auxquels le monde ne convient pas, et qui ne sont pas prêts à tolérer le constat que le monde humain est fait de communautés plus favorisées que d'autres, vous avez peut-être sous les yeux l'explication de pourquoi la société américaine, dirigée par ce genre de personnes, a toujours fait régner la terreur dans le reste du monde au nom de ses « valeurs » de la « démocratie », d'une science idéalisée et avant tout mise au service du militaire, en somme nous avons sous les yeux le spectacle de gens qui, face à un simple constat, ne peuvent pas simplement le regarder, l'analyser et le comprendre. Non, il leur faut avant tout modifier le réel, jouer aux apprentis-sorciers, en plus de croire à « l'intelligence » et même, pire, à la capacité de leur algorithme à se former une opinion sur le monde, opinion qui, qui plus est, pourrait aggraver le constat qu'elle fait.

 

Comment un cerveau doit-il fonctionner pour en arriver à un cheminement aussi fallacieux, aussi chimérique, et pour tout dire, aussi dément ? Le déni de réalité est ce qui caractérise en premier lieu la psychose.

 

Plus loin on trouve encore un signe de l'idéalisation morbide que ces « cerveaux » forment vis à vis de leurs programmes, qui ne sont que des logiciels :

 

« “At least with algorithms, we can potentially know when the algorithm is biased,” she said. “Humans, for example, could lie about the reasons they did not hire someone. In contrast, we do not expect algorithms to lie or deceive us.” »

 

Je traduis :

 

« Au moins, en ce qui concerne les algorithmes, nous pouvons potentiellement savoir quand ils sont soumis à un biais, dit-elle. Les humains, par exemple, peuvent mentir à propos des raisons pour lesquelles ils n'ont pas embauché quelqu'un. À l'inverse, nous ne nous attendons pas à ce que des algorithmes puissent mentir ou nous tromper. »

 

Ainsi, les humains pourraient se tromper et se mentir à eux-mêmes tandis qu'un algorithme ne le peut pas. On a vu avec l'IA qui joue au poker que c'est faux puisqu'elle bluffe... Même si ce bluffe est une stratégie, techniquement, et non un mensonge. Mais le résultat est le même : tromper le joueur humain.

 

Mais surtout, ce passage trahit l'idée que la chercheuse a parfaitement confiance dans son programme, dans la mesure où elle pense pouvoir en détecter les failles, ce qui n'est pas le cas avec les humains. Puis-je m'autoriser à y voir, précisément, un biais de la part de ce type de personne ? Est-ce que ces chercheurs précis dont on parle, et qui font la loi et la morale dans les universités qui dirigent du sort du monde (qui serait biaisé, rappelez-vous) ne sont pas, comme les politiciens que l'on connaît, quelque peu déconnectés du monde réel et de l'humain autour d'eux ? Attendent-ils vraiment de la machine d'être plus parfaite et à la fois plus prédictible que l'humain ? Attendent-ils vraiment de l'algorithme de manifester une intelligence au point d'exercer une opinion et une pression politique sur les choses, au point de renforcer des biais qui ne sont jamais ceux que l'humain, animal et mécanisme psycho-biologique, a créé ? Quant à cette utilisation du terme « monde » pour parler, sans doute, de la société humaine, elle laisse à réfléchir... surtout quand ce choix conduit à généraliser au monde ce qu'on peut considérer comme des biais, mais qui sont avant tout des conséquences factuelles de mécanismes biologiques, anthropologiques et sociologiques qui s'expriment dans la société humaine. Et comment pourrait-on seulement espérer qu'il en soit autrement, tant qu'on n'aura pas résolu le problème de la dépendance humaine aux instincts, aux pulsions, aux désirs ?

 

Il y a là le germe d'un scientisme à mes yeux parasite, qui persiste à vouloir gérer l'humain par la technique, au point de policer les logiciels pour qu'ils n'exhibent pas de résultats « inconvenants ». On en revient à ce déni de réalité, pire, à ce refus de seulement contempler le réel. Et peut-être pire encore, à ne consentir à voir l'humain qu'à travers ses conceptions, ses programmes, et à projeter sur eux une intelligence qu'ils n'ont pas et ne peuvent pas avoir, à l'heure actuelle. Bref, on nourrit dans tous les sens une confusion à cause d'une sorte de foi religieuse dans le fait scientifique, sans même se rendre compte que ce ne sont rien d'autre que nos instincts humains qui nous poussent à prêter une intelligence autonome à quelque chose qui n'est rien de plus qu'un tas de chiffres immatériels, qui s'arrête quand on débranche la prise de courant, et ne reprend que quand un humain clique sur l'icône pour lui dire de le faire.

 

On est en plein fantasme, en plein délire idéologisant et il n'y a rien d'étonnant en effet à ce que tout cela nourrisse une hystérie qui part de cet univers universitaire en vase clos.

 

Le dernier paragraphe de cet article, qui ne laisse décidément pas de m'étonner, dit enfin :

 

« “We can, in principle, build systems that detect biased decision-making, and then act on it,” said Wachter, who along with others has called for an AI watchdog to be established. “This is a very complicated task, but it is a responsibility that we as society should not shy away from.” »

 

 

Selon l'auteur de cette phrase, si l'on remet tout cela dans le contexte de cette réflexion, il est sous-entendu que les décisions basées sur des présupposés racistes sont des « biais », et que nous pourrions éviter ces biais de la part des machines.

 

Je conteste cette vision. D'abord ce ne sont pas des « biais » au sens strict : ce sont des conséquences de notre héritage biologique et culturel, que l'auteur de la phrase cherche à stériliser en prétendant qu'il s'agit d'un biais. Est-ce qu'un chat qui tue un oiseau et ne le mange pas est victime d'un biais ? On comprend que c'est un débat linguistique avant tout. Le chat est avant tout victime de son instinct de chasseur, mais doit-on considérer cela comme un biais ? C'est tout ou rien, si vous lui ôtez son instinct de chasseur, il ne tuera plus inutilement des oiseaux. Mais il deviendra fou, inutile, apathique et bientôt mort.

 

On ne peut pas, comme ça, nier l'héritage biologique d'une espèce, nier même jusqu'au fait que l'humain provient de la nature et qu'il est alors soumis à des pulsions et un besoin d'aller de l'avant, concernant le sexe, les ressources, le territoire, le contrôle, le pouvoir, le plaisir, etc.

 

On ne peut pas non plus aplanir la différence entre l'humain et les logiciels qu'il produit en prétendant que les seconds acquièrent toutes les caractéristiques du premier. Ma fourchette ne mange pas à ma place. Mon clavier n'émet pas des opinions sur la société et pourtant « il les écrit ». Lorsqu'une cheminée tombe sur quelqu'un, elle ne l'agresse pas, elle l'écrase parce qu'elle est victime de la gravité.

 

Je ne vais pas aller plus loin. Je dirai simplement pour terminer que ces scientifiques sont des enfants qui dessinent un sourire sur le soleil.

 

PS : Je remets ce lien vers un article de métropolitiques, qui permet de comprendre que ce que ces fous ne veulent pas voir est plus fort que l'anti-racisme primaire. Quand la bonne volonté des "blancs" progressistes aboutit au même résultat que l'absence de cette volonté, cela remet les choses en place sur la puissances de nos instincts, et sur la manière dont les relations sociales s'organisent réellement, loin des idioties idéologiques progressistes :

http://www.metropolitiques.eu/Devenir-minoritaire-Blancs-et-non.html

Il va donc falloir trouver autre chose que se voiler la face ou que les bons sentiments à l'origine du politiquement correct, qui finit par servir de caution et de prétexte pour ne rien changer à cet état de fait que tout le monde prétend vouloir faire changer. La première fonction du politiquement correct est d'ailleurs, qu'on se le dise, de ne pas réfléchir les problèmes en les conservant dans le tabou et le non-dit. Raison pour laquelle je n'hésite plus à mettre les pieds dans le plat des tabous les mieux admis. Même sur la question des tabous, nous avons importé notre mentalité tribale, ce qui est un comble dans le scientisme ambiant, toujours très prêgnant dans la société actuelle. Il y a trop de problèmes devenus impensables, et si on ne peut plus, ne veut plus ou n'est plus capables de penser, analyser et critiquer certaines choses, alors ce n'est plus la peine de prétendre qu'on cherche à améliorer la société humaine, à faire progresser l'humanisme véritable (non pas celui, inverti, qu'on brandit dans l'hystérie actuelle).

 

 

Posté par Seilenos à 12:59 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

18 novembre 2017

Moments d'une hystérie collective polymorphe

 

Avertissement : Article très long, désolé mais je voulais aller au bout de mon raisonnement pour ne pas y revenir à plusieurs fois.

 

 

Le lecteur ne verra peut-être pas tout de suite le lien avec le sujet que je me prépare à aborder, mais cette nuit j'ai fait une sorte de rêve initiatique assez intéressant, dans lequel une jeune fille d'environ 13 ou 14 ans sert d'étude de cas à différents auteurs, intellectuels et universitaires se servant d'elle pour nourrir leurs thèses aussi diverses et opposées que possible. Par ailleurs, ces auteurs, à la façon de gourous ou de guides spirituels autorisés (c'est à dire qualifiés par une autorité, invisible en l'occurrence, qui correspond symboliquement aux valeurs morales et sociales dominantes en vigueur) me donnent des conseils et des aides personnels pour surmonter certaines difficultés qui sont les miennes, dans l'élaboration de mes idées, la construction de mon chemin de vie, etc.

 

Sans vouloir réduire la portée du message au point de faire pensée au lecteur à un simple délire mystique de bon matin, je voudrais indiquer que ce rêve éclaire spécialement plusieurs points fondamentaux et souterrains à la fois du sujet que je vais aborder à présent, et qui est celui d'une hystérie collective concernant des projets futurs de la société qui semblent fondamentalement opposés, tout en relevant de la même dynamique.

 

Dans ce rêve, la jeune fille sert tout à la fois des études qui élucident la dépersonnalisation de la jeunesse, des étudiants, et simultanément, parlent de la quête d'individuation de cette jeune fille. Le titre de l'un des livres la concernant est "Moi", tandis qu'un autre livre porte l'un de ces titres d'études universitaires à rallonge, qui énoncent l'impossibilité pour la jeunesse d'aujourd'hui de se déterminer dans un processus d'individuation achevé, à cause de la pression autoritaire menée de facto par les générations précédentes. D'autres livres encore portent d'autres titres, mais tous ont la même couverture exactement, qui met en avant le visage de la jeune fille, légèrement inexpressif, de trois quart, sur lequel on peut plaquer à peu près tout fantasme idéologique et toute analysé psycho-sociale voulue au départ.

 

C'est que la jeunesse en générale, et la personne juvénile en particulier, a ceci de particulier d'être malléable, ou "fluide" comme l'on dit et comme il devient coutume de dire à propos du « genre », c'est à dire au fond, de ce qui serait l'identité profonde de l'individu et qui est de plus en plus rapporté à des caractéristiques superficielles que sont la couleur de peau, le sexe, la classe sociale et j'en passe.

 

La jeune fille dont on parle dans ce rêve, et que personnellement je considère comme un archétype (à la façon jungienne) est en fait un genre de caméléon qui s'adapte volontiers à ce que l'adulte veut plaquer sur elle. Selon les cas on en fera l'image de l'indépendance, ou au contraire la victime d'un processus sociologique qui la dépasse, l'incarnation de la pureté ou à l'inverse, le potentiel naissant d'un consumérisme sexuel ne demandant qu'à se réaliser, le symbole d'une génération qui aurait enfin tout pour se réaliser ou à l'inverse, l'image d'une génération déjà perdue et sur le point de faire exploser les statistiques du suicide. Selon l'époque, les courants de pensée en cours, selon le moment de la société et de la vie collective, l'idéologue trouvera toujours le moyen de projeter sur un quelconque écran blanc le fantasme de sa vision personnelle des choses, censée faire autorité.

 

Dans le rêve, je suis la conférence de deux de ces intellectuels (dont l'un a le visage d'un penseur actuel connu et parfois cité sur ce blog), prenant des notes au stylo encre dans le but d'écrire ensuite ma propre version, ma propre vision, mon propre récit de ce qui se joue dans ces conférences, ces regroupements idéologiques qui à coup de bienveillance, matraquent leur idéologie pour mieux l'imposer. Je n'ai plus d'encre dans mon stylo, alors c'est l'un des conférenciers lui-même qui m'apporte une cartouche d'encre pour me dépanner. Je dois donc me servir de son encre à lui pour poursuivre ma propre réflexion. Le lecteur aura sans doute compris que cela signifie que, pour analyser une société, même avec un esprit aussi critique que possible, on est contraint de se servir des idées mêmes que celle-ci véhicule. Qu'il est donc impossible d'être absolument neutre. Et que le degré de neutralité se réduit à mesure qu'on est engoncé dans une idéologie, ce que sont nécessairement les figures qui élaborent et portent cette idéologie.

 

 

Ce rêve est une réalité dans bien des universités américaines

 

Il ne faudrait pas croire que mon rêve n'est rien de plus qu'une élucubration nocturne personnelle qui ne se rattache qu'à mon vécu à moi. Les rêves sont comme des nuées d'oiseaux qui survolent bien des territoires avant d'être captés par des esprits attentifs et un tant soit peu entraînés, ne serait-ce qu'occasionnellement. Pour s'en convaincre, il suffit de suivre par exemple ce texte et de bien comprendre ce qu'il raconte :

 

https://fr.sott.net/article/31394-Les-consequences-desastreuses-du-post-modernisme-au-sein-des-campus-universitaires

 

Je cite in extenso les passages qui me semblent les plus significatifs, avec quelques commentaires :

 

« Les champs de bataille intellectuels d'aujourd'hui se trouvent sur les campus universitaires, où les convictions profondes des étudiants sur la race, l'ethnicité, le genre et l'orientation sexuelle et leur antipathie envers le capitalisme, l'impérialisme, le racisme, les privilèges blancs, la misogynie et « l'hétéro-patriarcat cissexiste » se heurtent à la réalité des faits opposés et de points de vue diamétralement opposés, conduisant au chaos sur les campus et même à la violence. Par exemple des étudiants de l'Université de Californie à Berkeley et d'autres agitateurs, se sont révoltés à la simple mention que les militantes conservatrices Milo Yiannopoulos et Ann Coulter avaient été invitées à prendre la parole (en fin de compte, elles ne l'ont jamais fait). Des manifestants de l'université Middlebury College ont attaqué physiquement l'auteur libertaire Charles Murray et son hôte libéral, le professeur Allison Stanger, lui tirant les cheveux, lui tordant le cou et l'envoyant aux urgences.**


L'une des causes sous-jacentes de cette situation troublante peut être trouvée dans ce qui s'est passé à l'université Evergreen State College à Olympia dans l'état de Washington en mai, lorsque le biologiste et le professeur Bret Weinstein, qui s'est déclaré "profondément progressiste", a refusé de participer à une "Journée sans travail" au cours de laquelle "les étudiants, le personnel et le corps professoral blancs étaient invités à quitter le campus pour les activités de la journée". Weinstein s'y opposa, écrivant dans un courriel : "
sur un campus universitaire, le droit de quelqu'un à parler - ou d'être - ne doit jamais être basé sur la couleur de la peau." En réponse, une foule de 50 étudiants en colère a perturbé son cours de biologie, l'a encerclé, l'a traité de raciste et a insisté pour qu'il démissionne. Il prétend que la direction du campus l'a informé que le président de l'université lui a dit de démissionner, mais qu'il a été forcé de rester à l'extérieur du campus pour sa sécurité. »

D'abord, en prenant en considération l'inconscient collectif, je ne peux taire la coïncidence de nom entre ce Weinstein et son homonyme tristement célèbre depuis peu, d'autant que nous verrons ensuite le lien évident qu'il y a entre ces deux aspects du sujet. Nous avons de plus deux Weinstein appartenant à la mouvance progressiste, une faisant sa propagande dans le cinéma hollywoodien et l'autre dans les universités du même pays, qui se retrouvent l'un et l'autre victimes des abus de leur idéologie, victimes de leur position dominante, et liquidés de la même façon hors du système, ce qui semble un retour de bâton assez intéressant.

 

Mais dans le champ de ce que nous appelons le réel, nous constatons surtout une fois de plus la même inversion qui devient la norme : l'anti-racisme radical se manifeste foncièrement par un racisme virulent, et décomplexé car s'estimant investi de valeurs morales supérieures, pour ainsi dire transcendantes, divines, impossibles à remettre en cause. Un autre retour du refoulé qui est celui de la religion dans ces milieux que je peux d'autant plus facilement qualifier de gauchistes que ma sympathie pour les idéaux de gauche est clairement dite sur ce blog. Cela ne m'empêche pas de percevoir ce gauchisme qui obstrue tous les pores de la pensée, une idéologie bien sûr dépourvue de toute neutralité, comme il se doit, mais plus grave, de toute objectivité et de tout bon sens. On est là de plain pied dans l'hystérie dont je voulais parler, et j'imagine que l'on voit désormais le lien avec le propos de mon rêve. L'article me permet cependant d'étayer encore ce lien, entre ma perception et ce qui se passe :

 

« Dans un article pour le site Quillette.com intitulé "Methods Behind the Campus Madness" (NDT : Méthodes derrière la folie des campus), Sumantra Maitra, chercheuse diplômée de l'Université de Nottingham en Angleterre, a rapporté que 12 des 13 universitaires de l'université de Californie à Berkeley qui ont signé une lettre au chancelier protestant Yiannopoulos étaient issus de "la théorie Critique, des études sur le Genre et avaient une formation post-colonial / postmoderniste / marxiste."

"Il s'agit d'un changement dans la théorie marxiste, passant du conflit de classes au conflit identitaire politique; au lieu de juger les gens en fonction du contenu de leur personnalité, ils doivent maintenant être jugés en fonction de la couleur de leur peau (ou de leur ethnie, sexe, orientation sexuelle, etc.). "Les postmodernistes ont essayé de détourner la biologie, ont pris le contrôle d'une grande partie des sciences politiques, presque toute l'anthropologie, l'histoire et l'anglais", conclut Maitra, "et ont multiplié les revues se référant à elles-mêmes, les cercles de citation, les recherches non reproductibles et la réduction des débats par le biais d'activismes et de marches, incitant les groupes d'étudiants crédules à faire taire toute opposition.".

Ces professeurs postmodernes enseignent aux étudiants qu'il n'y a pas de vérité, que la science et les faits empiriques sont des outils d'oppression par le patriarcat blanc, et que presque tout le monde en Amérique est raciste et sectaire, y compris leurs propres professeurs, dont la plupart sont des libéraux ou des progressistes dévoués à combattre ces maux sociaux. Sur les 58 professeurs de la faculté Evergreen qui ont signé une déclaration "en solidarité avec les étudiants", demandant des mesures disciplinaires contre Weinstein pour avoir "mis en danger" la communauté en accordant des interviews dans les médias nationaux, je n'ai compté que sept scientifiques. La plupart des signataires sont spécialisés dans l'anglais, la littérature, les arts, les sciences humaines, les études culturelles, les études féminines, les études médiatiques et "l'impérialisme quotidien, la géographie intermétropolitaine [et] le détournement". Un cours intitulé "Résistances Fantastiques" a été décrit comme un « dojo d'entraînement pour les aspirants "Guerriers de la justice sociale" (NDT Social justice warriors en anglais) » qui se concentre sur les "asymétries du pouvoir".

Si vous enseignez aux étudiants à être des guerriers contre toutes les asymétries de pouvoir, ne soyez pas surpris quand ils se retournent contre leurs professeurs et administrateurs. C'est ce qui arrive quand on dissocie les faits des valeurs, l'empirisme de la morale, la science des sciences humaines. »


Une idéologie décomplexée, donc, qui a été inculquée à cette nouvelle génération, malléable comme toutes les générations juvéniles, par des professeurs dont certains sont maintenant victimes de leur succès. En vérité il ne s'agit pas de radicalisme, mais bien d'extrémisme absurde qui a perdu tout sens des choses et des réalités. Je ne crois pas avoir besoin de démontrer en quoi, dès lors que cela conduit à des discriminations en remplaçant d'autres. Imaginons simplement qu'un prof « noir » ait été viré pour avoir dit qu'il avait droit à la parole, car la couleur de peau ne devait pas être le critère de sa prise de parole, et l'on comprendra ce que je veux dire, à moins de se mettre les doigts dans les oreilles et les mains sur les yeux. Ce courant progressiste a accompli l'exploit, par des détours de son subconscient et des distorsions de sa pensée, d'en arriver à des comportements ouvertement plus ségrégationnistes que le Ku Klux Klan. Ceux qui ont suivi mon blog depuis ces dernières années y auront sans doute trouvé des éléments de réflexion pour comprendre en quoi cela était presque inévitable : par des excès moraux et des déficits de pensée critique, des déséquilibres psychiques et des lacunes spirituelles, en somme, on a simplement nourri une hystérie, une sorte de nouveau visage du puritanisme, en fait, qui trouvait sans doute aux USA tous les nutriments pour une pousse idéale. Le pire étant que ces gauchistes ont fini par donner raison aux pires fachistes et aux pires suprémacistes racialistes (le racialisme n'étant qu'un racisme sophistiqué et paré des oripeaux de la science, soit quelque chose d'assez similaire à ce racialisme universitaire de gauche).

 

On dit que les extrêmes se rejoignent. Je crois surtout qu'ils portent en eux à la base les mêmes germes, qui donnent inévitablement, à terme, la même plante. Et j'insiste encore sur la différenciation entre le radicalisme et l'extrémisme : le radicalisme est une pensée construite et cohérente qui va jusqu'au bout de sa logique, quand l'extrémisme se construit sur une pensée, mais n'est qu'une tendance rationalisée de la psyché, gouvernée en réalité par une émotivité sous-jacente, et qui conduit souvent à des inversions. L'hystérie actuelle se nourrit d'extrémismes, dont on trouve des illustrations non seulement dans les milieux universitaires, mais jusque dans la justice. Il est par exemple grave que, dans un article que je ne relaierai pas, une avocate se propose de lancer un « hashtag twitter » pour dénoncer les pédophiles, dans la même vague que l'immonde vague #balancetonporc, dans le sillage de l'affaire Weinstein, qui n'a servi qu'à des déballages publics qui ne font rien d'autre que nourrir la tempête hystérique qui couvait depuis des années derrière les mouvements soi-disant anti-sexistes et anti-racistes qui s'avèrent plus extrêmes, plus décomplexés, plus nauséabonds que les contreparties qu'ils croient dénoncer. On a vu que cela était sans doute voulu par ceux qui financent ces mouvances pseudo-idéologiques qui salissent les idéaux qui se trouvaient derrière, afin de conduire à une uniformisation de tout et de tous, par un néo-moralisme en réalité puritain, justifiant tous les excès, toutes les dérives, et surtout essayant de faire monter à la surface de la société des choses qui devraient relever uniquement de la sphère privée : excellente façon de soulever le choc et donc l'émotion, la division et l'hystérie à tous les niveaux.

 

Il est important d'analyser cette tendance car elle constitue une lame de fond qui n'a pas fini de faire des dégâts sur les structures de la société et de la psyché, au contraire cela ne fait que commencer et il est nécessaire de se prémunir contre les conséquences multiples qui se préparent, et qui menacent d'envahir tous les champs du vécu, surtout et y compris la vie privée.

 

 

L'hystérisation essaye d'altérer la justice

 

La justice est l'une des dernières sphères garantes d'un certain ordre social au bon sens du terme : la justice a pour fonction de protéger les citoyens contre les abus, contre l'arbitraire et le lapidaire. Certes elle ne fonctionne pas toujours très bien et elle s'adresse surtout aux riches, mais quoi de mieux que de l'achever pour laisser enfin des citoyens démunis face aux abus des puissants ? L'affaire Weinstein aura, comme l'affaire Dutroux en son temps, servi de paravent pour faire croire qu'on est sur le point de mettre fin aux excès des puissants et des mafias. Cela continuera comme avant une fois le soufflé retombé, mais l'essentiel est que les gens croient le contraire, croient qu'une évolution sociale correspond à une évolution anthropologique, comme si le féminisme pouvait vaincre la biologie, comme si la femme était, foncièrement et intrinsèquement meilleure que l'homme – et alors on se demande bien pourquoi tant de féministes singent tant ce dernier, pour finir par lui ressembler absolument.

 

Un cas récent s'illustre dans un faux cas de pédophilie qui, suivant la bonne vieille logique sarkozyste, aura déjà donné lieu à un projet de loi, sans même tenir compte de ce qui concerne l'affaire réelle, qui s'avère être plutôt du domaine du proxénétisme d'une fille mineure par sa mère, que de l'exploitation sexuelle d'une fillette par un pédophile. Or, le projet de loi portant sur la question de l'âge du consentement sexuel, il est totalement hors-sujet par rapport au cas... Mais bien entendu, dans ces situations, l'important n'est pas de réfléchir et encore moins de produire des actions intelligentes, mais bien de se servir d'un cas, d'un moment, pour surfer sur une vague d'émotion et de mécontentement pour faire accepter n'importe quoi : la question du consentement, en terme juridique, pose depuis des lustres des problèmes fondamentaux qu'on ne sait pas comment trancher. Qu'importe, cette affaire donnera sans doute lieu à une nouvelle démonstration de médiocrité et d'expéditivité en la matière, façon 49.3.

 

https://www.les-crises.fr/viol-de-pontoise-la-deroute-morale-des-boutefeux-par-regis-de-castelnau/

 

Note : je vous encourage à suivre aussi les liens cités dans l'article.

 

Alors ça s'échine et s'escrime dans les commentaires, mais bien sûr – nous sommes sur les-crises.fr – les commentaires les moins politiquement corrects et souvent les plus plussoyés sont passés à la trappe, ce qui fait qu'on ne pourra jamais lire les arguments de ceux qui s'opposent à une mouvance féministo-progressiste qui essaye de tout régir, et par exemple ici de culpabiliser l'homme en bloc, alors que dans cette affaire, plus grave qu'il n'y paraît, mais somme toute anecdotique comme tous les faits divers, la coupable la plus grave semble bien la mère qui prostitue son enfant. Comme il est aisé de faire glisser dans l'inconscient collectif de la masse que le salaud ne peut être que l'abuseur sexuel pédophile » (qui en la matière semblerait plutôt être dans le détournement de mineur, soit un crime moins grave, en fait) on ne s'en prive pas, puisque cela permet à la secrétaire de l'égalité de se donner l'image d'une femme qui fait bien son travail, et qui, comme dit dans cet autre article, n'en rate en fait pas une :

 

http://www.vududroit.com/2016/12/hamilton-fiona-sauvage-deux-semaines-trois-lynchages/

 

Article qui nous explique comment on espère faire, en quelque sorte, porter désormais la justice par des victimes. Imaginez-vous si l'on remplaçait le juge par le plaignant... C'est à peu près ça. On trouvera aussi en lien dans les commentaires une vidéo de Raphael Enthoven qui propose de considérer le viol comme un crime contre l'humanité car après tout « pourquoi pas ? » (oui, c'est à peu près, en essence, le seul argument). Le viol, pourquoi pas ? Mais pourquoi pas le meurtre ? Et l'adultère ? Et le fait de porter des jupes trop courtes ? Et pourquoi la lapidation, le lynchage ?

 

Tous les ingrédients d'une hystérie en bonne et due forme, dans laquelle l'atteinte sexuelle serait vue, en premier lieu, comme crime cardinal, devant le meurtre, devant la torture (l'atteinte sexuelle n'est pas juridiquement une torture, par contre des abus sexuels répétés seront considérés comme une torture, il faut quand même garder le sens des proportions...). On retombe donc bien sur la nature fondamentalement puritaine de la question, soulevée plus haut, mais qui reste bien sûr l'angle mort, dans tous les traitements médiatiques qu'on pourra trouver. Normal, il est difficile d'avoir conscience de son propre manque de neutralité, on l'a déjà dit.

 

C'est que le sexe est une chose dérangeante, pour l'homme en général, puisque source de conflictualité, de compétition, porte ouverte vers des dynamiques de domination, voire de perversion, a fortiori dans une société occidentale prude et puritaine, essayant de se cacher cela derrière le voile d'un pornographisme bon teint, qui n'admet en réalité que certaines pratiques considérées comme dans la norme, alors que d'autres demeurent vilipendées voire condamnées, avec toutefois des disparités selon les pays ou les états qui s'expliquent par le manque de volonté de regarder les choses en face, d'unifier sa pensée face à ces questions : le morcellement des lois à l'image du morcellement de la psyché occidentale collective. Certains états américains punissent ainsi l'homosexualité, quand d'autres autorisent la zoophilie. Quant à l'apparente unanimité sur la pédophilie, elle cache mal des pratiques assez généralisées dans le domaine, dans des sphères où on s'estime intouchable ou protégé. Bref, le puritanisme occidental sert surtout à fournir une caution morale et à décomplexer des djihadistes du progressisme sociétal, lorsqu'il s'agit de sanctionner des pas-assez-progressistes, surtout comme on l'a vu s'ils sont blancs et refusent de laisser leur place au prétexte d'une discrimination qui serait positive.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/a-bas-le-sexe.html

 

Kunstler fournit ici quelques évidences que notre propagande médiatique laisse souvent dans le flou, voire occulte complètement, lorsqu'elle traite ce genre de sujets. Morceaux choisis :

 

« Il est intéressant de voir comment, dans une culture aussi tournée vers la pornographie, où tout enfant de neuf ans peut regarder des actes sexuels à l’écran toute la journée, nous découvrons que le décorum est absent de la vie américaine. Ceci, alors que dans un même temps, les gauchistes politiques les plus gnostiques veulent transformer la nature humaine en effaçant les catégories sexuelles dans leur quête pour créer une utopie d’hermaphrodites.



Le sexe est gênant, vous savez. Il s’immisce entre les gens, littéralement et plutôt maladroitement, et il est chargé de tensions si primitives que cela peut nous effrayer et nous faire honte. Est-il étonnant que ces tensions se manifestent sur les lieux de travail où les hommes et les femmes passent une bonne partie de leur vie éveillée ? Êtes-vous vraiment surpris que l’attraction sexuelle soit une monnaie pour l’avancement ? Que cela tende vers un échange à nu de faveurs ?


Je dirais que l’épave de Harvey Weinstein est une représentation dramatique de l’effondrement de l’industrie cinématographique, comme nous la connaissons depuis un siècle. (...) La chute de HW n’est juste que l’annonce de cette fin. »

 

Note : ici, J.H. Kunstler ne nous dit pas que c'est la fin des abus sexuels. Juste un signe annonciateur de la chute du cinéma à la sauce Hollywood et une indication de la dépravation du milieu. La faire remonter à un siècle, à la nuit des temps ou aux décennies en cours est une question que je ne tranche pas personnellement : je crois qu'Hollywood est une industrie florissante, presque totalement et uniformément niaiseuse et consternante, parmi laquelle prolifèrent naturellement les gens attirés par le statut, l'argent et le pouvoir, donc par l'abus. Une antenne du pouvoir politique, en somme, et l'on sait désormais que les réseaux dits « pédophiles » y sont également légion.


« (…) Le sort du
« contenu » télévisuel comme Game of Thrones dépend probablement de l’adéquation d’un réseau électrique qui semble plutôt sclérosé. Personnellement, je pense que le show-biz du futur tendra vers les spectacles de marionnettes.


Heureusement (ou peut-être pas, selon votre idéologie politique), le sexe sera toujours avec nous, et ses éternelles tensions avec lui. Ce qui est le plus sujet à changement, c’est la division du travail. (...) pour les gauchistes gnostiques, qui croient être sur la trajectoire d’extermination de cet hétéro-patriarchisme genré détesté. Comment pensez-vous que les choses vont fonctionner dans une nation d’eunuques et de transsexuels ?


(…)


En attendant, l’Amérique sombre dans un marais d’excès sexuel, de préoccupation sexuelle, de confusion sexuelle, de récrimination sexuelle et de remords sexuel. La seule chose sur laquelle aucun des combattants ne peut s’entendre est ce qui pourrait passer pour une normalité sexuelle. Cette idée même pourrait être prise pour un cri de guerre. »

 

Personnellement je ne crois à une norme en rien. Je crois seulement qu'il y a des pratiques qui sont respectueuses des autres et de soi, et d'autres pas, et au droit de chacun de s'auto-détruire s'il le veut, sans emmener autrui dans sa destruction (ce qui est un peu une chimère : ce qui a des conséquences sur soi en a forcément sur autrui, mais c'est un autre sujet).

 

Kunstler, sur sa lancée, part dans une diatribe sur la fin et la décadence de la société américaine, ce qui m'amène à cet autre texte, qui lui traite franchement le sujet, et va me donner l'occasion de quelques commentaires :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/depravation-frivolite-et-dissidence.html

 

Bon, on sait que l'éthylisme, le « narcotisme », la débauche sexuelle sont considérés comme des marqueurs universels de la décadence et c'est sans doute vrai. Lorsque des populations entières perdent le goût pour les choses vraies, l'intérêt pour le sens de la vie, et se vautrent dans les plaisirs purement matériels, il y a sans doute lieu de s'inquiéter pour l'état et l'avenir de la société, sans pour autant sombrer dans une autre version invertie du puritanisme, qui me semble être par excellence la mauvaise réponse à cet état de fait, l'échec annoncé de la solution proposée : ce n'est jamais en versant dans un extrême inverse que l'on rétablit une situation, cela conduit seulement à accélérer l'instabilité. Et puisque c'est vraisemblablement le chemin que semble prendre la contestation actuelle aux excès de ce gauchisme progressiste sans genre, cela m'oblige à quelques objections, sans pour autant que j'ai le moindre espoir d'enrayer l'extrême division, la fracture béante qui s'ouvre sous nos pieds en ce moment : la société occidentale s'effondre, c'est un fait dont je prends acte. J'aimerais cependant garder, en cette occasion, ma dignité et mon droit à penser sans me laisser souiller par les excès de langage et les perversions idéologiques des uns et des autres.

 

Il y aura donc dans cet article des points avec lesquels j'aimerais soulever mes accords et désaccords tout relatifs.

 

Il est d'abord intéressant de pointer, comme le fait souvent un Philippe Grasset sur dedefensa.org, que l'élection de Trump a joué un rôle déclencheur dans l'explosion de ces divisions idéologiques qui agitent le socle de la société, quelque chose qui était probablement latent, dans un état avancé n'attendant qu'une étincelle de ce type :

 

« Jamais l’Amérique et l’Europe n’ont vu leurs citoyens plus en désaccord. Ici, aux États-Unis, les dernières élections ont causé plus de divisions qu’aucune autre dans l’histoire. Les amitiés et les relations familiales ont été mises à mal en fonction des choix de vote des gens. Une fois que Trump a été intronisé, les choses ne se sont pas calmées. Il y a encore des groupes qui veulent renverser le « régime Trump-Pence ». Certains étudiants ne peuvent même pas tolérer l’existence de ceux qui ont des croyances opposées. »

 

Puis il est de nouveau question des universités américaines, signe qu'il existe une conscience que tout part de là, c'est à dire de l'endroit où l'on forge les mentalités et les modes de pensée (modes dans tous les sens du terme) :


« Le système d’éducation n’aide pas. Certains professeurs encouragent en fait une révolte violente. Les Californiens parlent de se séparer des États-Unis parce que Trump a gagné.
En Europe, le Royaume-Uni a voté pour quitter l’Union européenne et la Catalogne a voté pour quitter l’Espagne. Les gens sont fermement divisés entre accueillir les migrants et bannir les migrants.

Le chaos est partout et il y a peu de terrain d’entente. »

 

La mouvance dite progressiste-sociétale se trouve ainsi associée de manière privilégiée à ce chaos. Sur dedefensa, on peut trouver des analyses soulevant un autre aspect de la question, dans le volet militaire, mais le fond est le même, celui de la division, du chaos, du non-respect de l'autorité suprême, de dissensions fortes déchirant les principales forces idéologiques, politiques et même bureaucratiques de la nation américaine, celle d'où tout part et où tout arrive, puisqu'on le sait, les événements et les séismes qui en partent débarquent souvent immanquablement de l'autre côté des océans qui la bordent, sous forme de tendances sociales, voire de révolutions ou de guerres :

 

http://www.dedefensa.org/article/nucleaire-limpasse-trump

 

Mais revenons à l'article précédent. Par la suite, il tend à glisser inopinément dans ce puritanisme tout américain et tout occidental. Parfois avec une certaine pertinence lorsqu'il dénonce la sexualisation prématurée :

 

« Par exemple, les bibliothèques à travers le pays font la promotion de « Drag Queen Story Hour ». Une image vaut mille mots.

 

(...)
… Le site Drag Queen Story Hour explique que l’événement « capture l’imagination et joue sur la fluidité de l’enfance ».

 

Note : rappelons-nous de ce qui a été dit au début, le milieu éducatif s'est toujours servi à son avantage et à celui de la société et de son besoin de norme, du côté malléable de l'enfant. Le terme de fluidité utilisé ici comme synonyme de malléable est tout sauf innocent : c'est le même que celui utilisé désormais pour parler de la « fluidité du genre ». Une dérive qui va d'ailleurs de plus en plus loin :

 

https://fr.sott.net/article/31398-En-Angleterre-remettre-en-question-la-fluidite-du-genre-est-devenu-le-nouveau-blaspheme

 

Mais revenons encore à notre texte d'origine :


« (…) je crois que les adultes consentants peuvent faire ce qu’ils veulent. Je n’ai pas élevé mes enfants avec l’idée de maltraiter les autres à cause de leur sexualité. Ils auraient des problèmes énormes s’ils le faisaient. Cependant, j’ai réussi à leur apprendre à être de bonnes personnes sans les emmener voir Drag Queen Story Hour quand ils avaient 3 ans.

 

Permettez-moi d’être tout à fait claire. Même si je ne pense pas que Drag Queen Story Hour est une tentative d’abuser sexuellement des enfants, cela mène à la sur-sexualisation des enfants. Je ne connais même pas les noms de tous les genres et de toutes les sexualités qui sont revendiqués et les LBGT continuent d’ajouter d’autres initiales, je ne peux pas suivre. Pas étonnant que les enfants soient confus. Je suis confuse et je suis une adulte. »

 

Ici je suis d'accord, pourquoi emmerde-t-on des très jeunes enfants avec les problèmes des adultes ? Les drag-queens ont-ils un besoin vital d'être reconnus par les enfants ? Est-ce que les problèmes existentiels de ces gens, portant finalement sur le sexe et le genre (les deux ne pouvant être totalement dissociés) concernent des enfants d'âge maternel, alors qu'à cet âge ils différencient à peine un homme d'une femme et sont en tout cas souvent encore incapables de discerner les différences morphologiques ? Ils ne sont tout simplement pas en âge de comprendre, et l'on alimente une confusion certaine.


« Il y a des décennies, tout ce qui se passait à la télé avant 21 heures était plutôt innocent. Nous n’avions pas d’ordinateur portable et de téléphone portable qui nous permettait d’apprendre beaucoup trop, trop tôt. Nous ne faisions pas de quizz sur Buzzfeed pour voir si nous étions prêts à avoir des relations sexuelles anales ce soir-là et nous n’étions pas tournés vers Teen Vogue pour en savoir plus sur la fellation. De nos jours, Teen Vogue est plus transgressif que Cosmo au début des années 1980. Comment pouvons-nous protéger l’innocence de nos enfants dans cet environnement ? Comment pouvons-nous les laisser être seulement des enfants et trouver leurs propres chemins ? Même dans les films de Disney, tout le monde doit avoir un intérêt pour l’amour. Pourquoi ? »

 

Bon, ce sont des vraies questions. Mais on tombe sur les mêmes problèmes que la question juridique de l'âge du consentement : à quel âge un enfant/adolescent est-il apte à aborder ces questions ? Ce sont des questions aussi vieilles que le monde (qui peut prétendre savoir en toute circonstance à quel âge il est le plus opportun de parler d'éducation sexuelle, et dans quels termes précis ?) que l'on prétend faire trancher par la justice et par des normes, auxquelles on peut aussi bien objecter par des questionnements opposés :

 

Peut-être apprenait-on trop tard avant ? Faut-il protéger à tout prix ce qu'on appelle l'innocence des enfants, et qu'est-ce d'ailleurs que l'on appelle innocence ? (attention, ceci est une vraie question et pas une tentative de déni, l'innocence me semble une caractéristique fondamentale et indéniable de l'enfant, la question est plutôt : jusqu'à quel point sacralisons-nous l'enfant et jusqu'à quel point idéalisons-nous les notions mêmes d'innocence et de pureté ? Ou encore : quelle perception idéale de notre propre enfance, ou quel idéal inversé de l'enfance que nous n'avons pas vécu projetons-nous sur nos enfants ?)

 

On peut encore se demander s'il n'y a pas une certaine forme de progrès : peut-être les enfants s'autonomiseront plus tôt, en se déterminant plus tôt sur ces questions ? Ce n'est pas forcément une catastrophe, en fait on n'en sait rien. Je crois surtout que le danger est d'entraîner la jeune génération sur la pente glissante suivie par la génération actuelle, dont une partie ne sait pas se déterminer quant à son genre, au point que cela en devient une obsession. Mais peut-être aussi que la génération à venir tranchera sainement ce dilemme ? Ou peut-être pas... ne dramatisons pas des choses juste parce qu'elles nous paraissent effrayantes parce qu'inconnues, mais évitons, certes, d'emmerder de jeunes enfants avec des problèmes qu'ils ne sont pas prêts à appréhender, et auront 10 ou 20 ans plus tard. Car ça ne va pas les aider, et en fait on ne se soucie avec ces démarches LGBT à la con, encore une fois, que des adultes. L'enfant ne leur sert que de miroir, d'outil narcissique, et voilà le problème. Et il est vrai que Disney véhicule beaucoup ce type de problématique, mais n'est-ce pas, après tout, parce que ce sont, là aussi, des adultes essayant de s'adresser à des enfants ? Il y aurait beaucoup de critiques à émettre sur Disney, mais ne fantasmons pas trop.

 

 

En tout cas, parfois l'article glisse dans les contresens devenus habituels et eux-mêmes constitutifs de l'hystérie dénoncée, dès lors qu'il s'agit de « pédophilie », le sujet impensable par excellence à notre époque, puisqu'il constitue LE Tabou des tabous, et par conséquent en même temps, le refuge ultime du refoulé, celui qui permet toutes les accusations, toutes les dénonciations, sorte de poubelle, de dépotoir mental de notre société et de notre époque ne sachant comment gérer un sujet aussi compliqué sur le plan symbolique et psychique, et préférant l'abandonner comme une sorte d'enfer irrécupérable dans lequel il faudrait définitivement tout brûler et ce pour l'éternité (j'ai choisi volontairement cette allusion biblique pour en profiter pour rappeler comme le terrain de la pédophilie trouve une expression spécialement débridée, précisément dans la religion qui a sacralisé les enfants/anges au point de se trouver dans la situation où de nombreux prêtres, peut-être ne supportant pas l'intensité de la charge de cette pureté, veulent soit se l'approprier (ou retrouver la pureté et l'innocence perdues de leur enfance) par le sexe, soit la détruire en la souillant par le sexe, puisque, c'est connu, le sexe est foncièrement impur, dans cette religion qui est fondatrice de notre puritanisme contemporain) :

 

« Les enfants sont trop exposés, trop jeunes. Cela en fait des cibles mûres pour les pédophiles. Permettez-moi d’être claire à ce sujet aussi. La pédophilie est toujours, toujours mauvaise et extraordinairement nuisible aux enfants. »

 

Bon alors, j'ai déjà expliqué en quoi la « pédophilie » n'est qu'un dépotoir et un enfer de l'univers fantasmatique de l'humain contemporain. Je ne crois pas qu'il y ait une « normalisation » de la pédophilie, parce qu'il ne peut pas y en avoir dans un contexte où celle-ci est l'objet d'une super-fascination, considérée comme le Mal absolu tout en étant le refuge pervers de certains types d'individus dont des prêtres, alors même – et justement parce que – on n'est toujours pas capable de faire une distinction sémantique pourtant très simple entre pédophilie et pédocriminalité. Les pédocriminels, c'est à dire les trafiquants et abuseurs d'enfants ne sont pas des « pédophiles », ni au sens étymologique, ni au sens symbolique du terme. Ce sont de vulgaires criminels sans scrupule qui ont pour seule doctrine « l'occasion fait le larron » et qui vendraient des chameaux ou des déchets nucléaires, si c'était cela qui leur tombait sous la main et leur permettait d'obtenir de l'argent, du pouvoir et de faire du trafic d'influence.

 

Quant à l'authentique pédophile, s'il existe, ce serait alors théoriquement quelqu'un qui a une inclination libidinale envers les plus jeunes (je laisse aux « experts » le soin de déterminer si l'on doit parler de maladie mentale ou d'orientation sexuelle, quitte à choquer en rappelant que l'homosexualité a longtemps été considérée comme pathologie mentale, tandis que la pédérastie fut socialement acceptée dans certaines sociétés, et ce sans parler des mariages avec jeunes mineurs qui sont encore dans la norme sociale de certaines cultures, malgré notre prétention à des valeurs « universelles »). Cela n'implique pas forcément ni le sadisme, ni de mauvaises intentions, ni même le passage à l'acte, car voyez-vous, l'être humain est le plus souvent capable de réprimer ses mauvaises tendances édictées en fonction de la société dans laquelle il vit. C'est même pour cela que l'immense majorité des gens ne volent pas à l'étalage, ou ne fraudent pas en permanence, et tant qu'une police de la pensée ne viendra pas punir ceux qui ont pensé à voler une pomme ou un smartphone, on ne punira que ceux qui sont passés à l'acte. Je ne doute pas que la question de la pédophilie – c'est à dire, il faut le rappeler, une inclination ou préférence envers les plus jeunes, dont on accuse parfois des adolescents envers d'autres adolescents plus jeunes, suivant un parfait déni de leur droit à ressentir des pulsions naissantes qui est bien à l'image du puritanisme que je désigne dans cet article : notre gêne fondamentale vis à vis de la sexualité en général, et en particulier dès qu'elle concerne des « trop jeunes » suivant nos critères – cette question donc, restera longtemps indéfrichable car bien trop taboue, mais je ne serais pas étonné que d'ici un siècle, on trouve un sigle qui ressemble à LGBTIQZP. Que ce soit bien ou non, je ne tranche pas, mais je crois que mon développement permet de comprendre que je pense que rien n'est bon ni mal en essence, que c'est seulement la façon dont on construit une idéologie et dont on accomplit ses actes qui permet de le déterminer. En substance, mon propos est que confondre une inclination avec un crime est un glissement dangereux, et sans doute plus dangereux pour l'humanité que les débordements qui nourrissent l'hystérie collective. Or ce glissement s'observe dans les tentatives de contrôler la pensée des gens, de répandre des dénonciations dans l'espace public, quitte à incriminer des innocents, à imposer que l'on doive respecter telle ou telle orientation sexuelle et conspuer jusqu'au lynchage telle autre orientation. Et ces glissements s'observent des deux côtés de la fracture idéologique que j'observe, et à mon sens, ils menacent autrement plus la santé mentale collective, en nourrissant les divisions et les hystéries, qu'ils ne soignent les maux qu'ils prétendent dénoncer : ce n'est pas dans l'agitation et les tremblements qu'on effectue la meilleure chirurgie.

 


« Pour aggraver les choses, il y a une tentative maladive de normaliser la pédophilie. Le magazine Salon avait publié de nombreux articles avec des titres comme « Je suis un pédophile mais je ne suis pas un monstre » qui a depuis été supprimé à cause du tollé général. Il y a même des forums sur la « pédophilie morale ». Voici une citation :

 

« Notre site Web vise à réduire la stigmatisation liée à la pédophilie en faisant savoir qu’un nombre important de pédophiles NE molestera PAS les enfants, et à fournir du soutien et de l’information sur les ressources disponibles pour aider les pédophiles vertueux à rester respectueux de la loi et mener des vies joyeuses et productives. Ce sont nos histoires. Il y a de brèves biographies des deux fondateurs du site et des recueils d’autres histoires personnelles. » (source

Je me demande toujours si les responsables des médias essaient de normaliser cela, de sorte que quand ils seront inévitablement pris pour avoir molesté des enfants, personne ne s’en souciera ? Regardez cette vidéo sur la pédophilie rampante dans l’industrie du divertissement – et souvenez-vous, ce sont les gens qui influencent les opinions des gens qui idolâtrent les célébrités. »



S'ensuit un discours sur le réseau pédocriminel de Tony Podesta. La lecture de ce passage confirme ce que je dis plus haut : après avoir dénoncé une confusion, on pratique soi-même la confusion et le contresens. Amalgamer le pédophile qui ne molesterait personne (et qui en somme mériterait d'être félicité pour sa bonne tenue) avec le sadique et le trafiquant qui non seulement passe à l'acte, mais avec violence, déshumanisation et parfois meurtre rituel, c'est à peu près le même échec de la pensée que de mettre sur un pied d'égalité celui qui mate le cul des femmes et celui qui les coupe en morceau dans sa cave. Mais il est vrai que l'hystérie actuelle nourrit tout à fait ce type de confusion, cette fois-ci du côté gauchiste-progressiste de la faille mentale qui se dresse au cœur de la société :



http://www.konbini.com/fr/tendances-2/bordeaux-campagne-percutante-harcelement-sexiste-transports/



Quand regarder autrui est assimilé à du harcèlement – car quelle est la frontière entre fixer et regarder ? Quelle norme de l'UE nous le dira ? – on est dangereusement au bord de franchir le Rubicon de la santé morale et mentale de toute une société. J'aime, dans les transports, non pas dévisager les gens, mais examiner leurs visages... parfois leur allure. Suis-je un dangereux molesteur ? Peut-être un violeur, voire un molesteur d'enfant qui s'ignore, et qui doit sérieusement faire attention à soi-même ? Peut-être devrais-je me proposer pour un stage de rééducation morale et de désintoxication au machisme ? Quelle sera la prochaine étape après cela ? Aura-t-on encore le droit ou simplement la possibilité de demander l'heure ou son chemin sans être considéré comme un hétéro-machiste pro-patriarcat oppressif et abusant systématiquement les enfants et oppressant les minorités visibles ? Et n'allez pas faire l'erreur, en plus, d'accomplir ce méfait auprès d'un individu d'un genre fluide indéterminé et physiquement de sexe féminin...



J'ironise bien sûr avec beaucoup de mauvaise foi, mais quand je vois jusqu'où on en vient déjà, je pense être fondé à me demander quelle sera la prochaine étape. Car ne vous trompez-pas : il y en aura d'autres.

 

Donc oui, j'en ai marre. Pédophile est devenu l'insulte à la mode, sur internet. Mieux que fachiste ou qu'islamo-gauchiste. Parfois pour rigoler (car les geeks, eux, n'ont de tabous sur à peu près rien), parfois pour vous offenser, on peut vous traiter gratuitement, sans raison et sans source de ce qui est considéré comme le crime le plus impie de notre époque. C'est pourquoi je m'insurge contre ces hashtags et cette surenchère. Avant on pouvait accuser son mari de pédophilie pour obtenir gain de cause et les droits dans un divorce. Maintenant cela est ouvert à tout public, vous pouvez balancer sans preuve, et il est bien normal que cela provoque une adversité, une division. C'est pourquoi cela est si détestable. Les attaques que subit par exemple Tariq Ramadan finissent par le faire ressembler à un martyr, ce qui serait assez dommage si les torts qui lui sont reprochés sont vrais, à moins que ce ne soit une kabbale. Il est amusant de voir d'ailleurs que ceux qui s'intéressent à ce vantail de l'hystérie actuel n'essayent même pas de le défendre, le considérant visiblement dors et déjà comme une cause perdue, et s'occupant de sauver ceux qui l'ont approché ou côtoyé, puisque souillés moralement et symboliquement par sa proximité, dans le contexte de puritanisme qui est le nôtre :

 

https://www.les-crises.fr/liberte-d-expression-en-france-tant-de-croyants-et-si-peu-de-pratiquants-par-olivier-berruyer/

 

Olivier Berruyer, lui qui laisse la censure régner sur son site, évoque la liberté d'expression pour mieux la cantonner à la défense de ses copains et alliés idéologiques. Au fond, on s'en fout de Ramadan. Il est fichu, c'est trop tard, pas besoin de jugement, le lynchage public a accompli sa justice et son arbitraire, il serait fou et risqué de se dresser contre ça. On se complaît donc dans un jeu d'alliance à savoir qui l'a approché du moins près possible, et si c'était trop près, de dénicher les circonstances atténuantes. Bref cet homme est foutu, comme l'autre qui s'est suicidé 40 ans après son méfait supposé. Tant pis pour eux, ils étaient des hommes, hétéro. Méritaient sans doute plus de vivre, leur temps est passé. Où comment l'on légitime le cycle de la violence et des vengeances, comment notre société judéo-chrétienne érige les victimes en super-humains ne pouvant pas se tromper, ne pouvant pas exagérer, ne pouvant pas commettre ni de torts ni d’excès : on les essentialise comme victimes, et elles ne sont donc plus que ça. Tous les droits ou presque leur sont octroyés. Et si vous vous appelez Cantat ou Polanski, vous n'aurez plus une minute de paix, parce qu'on vous essentialise comme coupable et comme bourreau. Mais en ce sens, la violence semble permise, l'arbitraire souhaité et souhaitable. C'est la fin de la justice.

 

Sous couvert de vouloir offrir la société du futur à toutes les « minorités » (le terme est commode et recouvre souvent n'importe quoi, du moment que ce n'est pas un homme blanc hétéro, comble du mauvais goût comme vous savez), on voudrait réformer tout ce qui fonctionne déjà ou encore. C'est sans doute aller un peu loin en besogne, et sans doute un chemin tout tracé, en effet, vers l'effondrement dont il est question. En conclusion, l'article dit :

 

« Peut-être que les gens devraient d’abord examiner la dépravation et la frivolité qui passe pour de l’art et du divertissement de nos jours. Une promenade dans les bois pour regarder les feuilles d’automne ne suffit plus à une grande partie de la population.


Les gens sont tellement désespérés pour cette ruée vers l’endorphine qu’ils cherchent constamment quelque chose de plus scandaleux à quoi s’adonner. Les choses normales ne leur donnent plus ce sentiment passager de joie. Leurs propres vies sont si vides qu’ils se concentrent sur la vie de gens célèbres d’être célèbres pour les remplir.


Quand la société s’intéresse plus à la télé-réalité qu’à la réalité, comment pouvons-nous espérer que cette même société sera investie pour notre avenir ? »

 

 

En tant qu'artiste, et malgré tout ce que j'ai lu sur Polanski, Chaplin, Cantat ou Cohn Bendit, et sans vouloir prendre leur défense (je ne suis pas de taille, leur faute est jugée trop grande et trop impardonnable par certaines « minorités » qui visiblement aimeraient faire la loi, que la providence nous en garde), je ne sais pas ce que sont « les choses normales ». Je crois par contre savoir ce que sont les choses saines, et ce ne sont pas toujours celles qui sont enfermées dans la norme (c'est même parfois une raison de moins pour les considérer comme saines, mais n'en faisons pas une généralité). Je me dis aussi que le monde serait bien triste, si tout n'était que normé, si les mêmes plaisirs étaient appréciés par tous, si les mêmes choses causaient à chacun du déplaisir, et si, au final, nous étions tous pareils, sans drames, sans peines, sans difficultés. J'accorde aussi qu'il n'est sans doute pas utile d'ajouter des peines sur des peines, et de toujours tout compliquer, et aussi que la société actuelle est malade d'une surdose de technologie et d'une sous-dose d'humain. Et que cela participe sans doute à cette hystérie, même s'il me semble que ces excès de haine sont, à leur façon, dans une « norme », justement, qui de nos jours s'exprime beaucoup trop facilement sur twitter et ce genre de trucs (si ça ne tenait qu'à moi... des outils aussi utiles à la propagation de la médiocrité et de la connerie n'existeraient plus, mais bon, ils sont désormais partie intégrante du paysage contemporain et sa folie, c'est ainsi).

 

Bref, puisque l'homme hétéro est coupable, et qu'à vrai dire, l'hétérosexualité est suspecte d'entretenir des liens avec le patriarcat fondamentalement oppressif, il suffirait de le rayer des livres de l'histoire, à commencer par modifier le langage, selon la logique orwellienne qu'on connaît. Espérons que quelques remparts fonctionnent encore contre cette folie, qui elle aussi est appelée à faire des dégâts :

 

https://fr.sott.net/article/31387-Pour-l-Academie-l-ecriture-inclusive-est-un-peril-mortel

 

Mais ne rêvons pas trop. J'ai commencé à apercevoir des textes qui adoptent cette écriture laide, pénible et déstructurante, qui encore une fois, par sa simple existence, insinue que, de par l'histoire, l'oppressivité est inscrite dans les gênes masculins. Je le dis tout net : je refuserai toujours d'employer cette écriture sortie de nulle part ou plutôt des délires d'une caste qui nourrit un délire paranoïaque. Comme Weinstein, le professeur d'université, pas l'autre, je me sens assez féministe et assez progressiste pour respecter les femmes et les hommes qui me lisent en ne leur imposant pas cette ignominie, cette lubie stupide. C'est en gardant le langage vivant et loin de ces hypocrisies que nous nous garderons de cette dérive orwellienne qui n'aboutira qu'à aseptiser un peu plus des rapports humains où l'on considère dors et déjà le simple regard comme une agression.

 

 

Enfin, je terminerai cet article par deux tous derniers liens :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/la-demographie-decidera-de-lhistoire-du.html

 

Court article qui nous rappelle que les « blancs » sont appelés à devenir une minorité dans le monde d'ici la fin du siècle. Et c'est sans doute très bien ainsi, les choses doivent suivre leur cours, c'est simplement un fait dont il faut saisir les implications, ce qui aide à comprendre que s'auto-détruire et s'auto-flageller moralement n'aidera en rien cette transition. Il faut simplement accepter ce sort aussi sereinement que possible. Les agitations nationalistes n'y feront rien sinon agiter les tensions, et les flagellations gauchistes n'arrangeront rien, sinon rendre cette transition plus douloureuse qu'elle n'a lieu d'être.

 

Mais de manière plus intéressante, ce sera l'occasion de juger si une domination du monde par – je ne sais pas – les chinois, les arabo-musulmans (pardon pour l'expression, mais il en faut bien une pour désigner cette entité de population certes nébuleuse, mais ce n'est pas de ma faute, bref tant pis pour ceux qui ont peur des mots), les latino ou les africains sera bien meilleure que la domination WASP, blanche et occidentale. On risquerait de déchanter dans quelques siècles en se rendant compte qu'un président noir (en fait on a déjà vu, puis allez demander à tous les africains vivant sous des dictatures militaires violentes), une femme, un homo, ou un chinois ne sont finalement ni pires ni meilleurs. Il faudra sans doute les écrire, ces siècles d'histoire, voir qu'une femme peut peut-être déclencher une guerre mondiale, un homosexuel des génocides ou un noir des camps de concentration, pour enfin voir les faits et bien sûr... ne pas les retenir et recommencer. Comment ça je n'ai pas foi en l'homme ? Mais si, j'ai toujours foi en l'homme pour démontrer ses limites.

 

Enfin, ceci qui déborde un peu du sujet, mais s'y rapporte, sur les liens entre le politiquement correct et l'effondrement de la société occidentale :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/11/pourquoi-le-politiquement-correct.html

 

Il y est essentiellement question des ressources et des croyances sur leur gestion. Or ces croyances se rapportent à notre optimisme positiviste, notre foi en le fait qu'on trouvera toujours des solutions, qu'il n'y aura jamais de limite, sans parler des fausses croyances sur les symptômes d'un effondrement économique, qui peuvent nous le rendre invisible presque jusqu'au dernier moment. Bref à lire pour compléter mon propos qui portait essentiellement sur la question de l'agitation morale, mais qui se relie avec celle de l'aveuglement idéologique, bien sûr. Il fournit d'ailleurs de sérieuses objections à la manière soi-disant objective dont fonctionnent les institutions scientifiques, les analyses économiques ou les prévisions climatiques, tout cela étant soumis à de nombreux biais largement sous-estimés, sans parler de dysfonctionnement profonds, dont il a déjà été question sur ce blog.

 

Pour conclure je pense avoir démontré que nous vivons dans un tourbillon d'hystérie de formes multiples, dont l'ampleur s'accentue, et qui est appelé à avoir un impact sur notre existence. L'idéologie dominante est un monstre en transformation permanente qui ne sait pas trop lui-même où il va, mais qui a un moment donné va entrer en collision avec l'humain et sa société. Ce monstre, comme la société, sont faits de contradictions et de tensions trop fortes pour être assumés, qui commencent à porter des coups de bélier aussi bien au langage qu'à la justice, qu'aux valeurs jusqu'à présent partagées par tous. Nous créons une sorte d'entité qui se nourrit de nos divisions, et nous voyons déjà comme chaque camp en pâtit, comme chaque camp manie des idées qui finissent par les manier, car ils ne les contrôlent plus. Ils les élaborent, les financent, puis elles leur échappent et mènent leur propre vie pour bâtir cette entité supra-humaine qui ne mourra qu'avec notre société occidentale globaliste et les idéaux invertis qui l'agissent. Il est important de garder un œil sur ce phénomène pour ne pas être happé par lui. En l'instant où j'écris, la neutralité, l'objectivité et la distance me semblent être les meilleurs moyens à notre disposition pour ce faire. L'agitation actuel est un siphon qui attire tout en son centre, et dont l'énergie chaotique et destructrice croît à mesure qu'on s'en rapproche. Ceux qui nourrissent des idées extrémistes croient sans doute que leur prétendu purisme moral leur épargnera ce sort. Ils ont tort. Ils sont au cœur de la mêlée, et en cela sont les plus proches du cœur de ce chaos destructeur, car ils en sont à la fois les acteurs et la viande.

 

Les jeunes générations sont aussi tout particulièrement concernées par cette tendance majeure, sorte de tsunami en cours, qui va renverser des acquis moraux et en réactiver d'autres. Il s'agit d'une lutte de notre société pour survivre et aller de l'avant malgré les forces contraires. Il ne faut pas se tromper sur la résurgence des velléités traditionalistes : elle est aussi malsaine que la poussée progressiste, et n'est que sa contre-poussée, en vertu du principe que toute force suscite une force contraire équivalente. Les jeunes générations sont un enjeu pour les deux tendances principales, et seront également les premières à être frappées par le tsunami en question, alors même que l'on a sapé les bases morales de la société pour mieux installer de nouvelles tendances. Nul doute qu'elles vivront assez difficilement les décennies à venir, dans une société où tout est bouleversé n'importe comment et où des lignes idéologico-sismiques se dessinent dans un chaos qui n'esquisse encore rien de discernable. Mais ne tombons pas dans la crainte ni dans l'hystérie à notre tour : l'inconnu a du bon, et la destruction a du bon car ils préparent un renouveau, fut-il néfaste pour ceux qui bénéficiaient de l'ordre ancien. Il faut simplement veiller à ce que le pouvoir ne reste pas ou ne transite pas vers de mauvaises mains (il est permis de rêver un peu quand même), et espérer qu'un monde multipolaire viendra remplacer ce monde occidental qui, qu'on le veuille ou non, s'est en effet largement bâti sur l'oppression et la prédation. Un ordre multipolaire aurait la vertu de permettre éventuellement un équilibrage naturel, dans lequel un seul pays cesserait de dicter ses idées, ses méthodes et son « art » au reste de la planète. C'est donc une opportunité pour un mieux. En attendant il faudra supporter les débordements des fous qui aiment agiter les questions qui les taraudent eux, et souiller les autres avec. Oui, tout ce qui concerne le sexe, finalement. Car celui-ci est au cœur de nos sociétés, de leurs dénis, de leurs non-dits, de leurs tyrannies, de leurs obsessions, de leurs perversions...

 

 

Posté par Seilenos à 12:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 novembre 2017

Réflexions sur l'urbanisme et la santé mentale (3/3) Le cas de Saint-Etienne et conclusion

Tout commence avec cet article dramatico-lyrique du monde :

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/12/08/a-saint-etienne-le-centre-ville-mine-par-la-pauvrete_4536458_3224.html

 

Ou plutôt, tout commence avec une région minière qui, avec Napoléon et même avant, sert de centre métallurgique pour un pays. Armeville, alias Saint-Étienne, ville autrefois dévolue aux mines, à la sidérurgie, qui connut son heure de gloire à travers ce type d'industrie, y compris Manufrance, ou encore les chaînes de supermarché Casino, jusqu'à ce que la désindustrialisation qui frappe tout l'occident dans les décennies qui suivent la seconde guerre mondiale, marque la ville de son sceau.

 

Detroit sera le véritable emblème de ce phénomène, du côté américain :

 

https://streetblabber.wordpress.com/2012/03/01/the-ruins-of-detroit-by-romain-meffre-yves-marchand-exhibition-wilmotte-gallery-portfolio/

 

Detroit ou Pittsburgh, villes industrielles comme tant d'autres villes anglaises, du nord ou du nord-est de la France, ou comme Saint-Étienne, qui rattrapent souvent la dureté de la vie qu'on y mène pendant longtemps (Zola s'était entre autres inspiré de Saint-Étienne pour écrire Germinal) par une certaine simplicité, une fierté quelque peu forcée, pour compenser, et trouver malgré tout de l'entrain à une vie un peu rude. C'est ainsi que ces villes ont toutes investies dans une vitrine sportive (notamment le football, ou le foot US, en pensant pas seulement à Saint-Étienne, mais aussi à Lens et à d'autres villes déjà citées) et/ou technologique. Un tableau que dépeint très bien cet article :

 

http://www.metropolitiques.eu/Des-villes-en-decroissance.html

 

Il est vrai que « Saint-É » s'est depuis reconverti dans les nouvelles technologies et dans le « design », sans pour autant parvenir à enrayer vraiment un phénomène qui la dépasse puisqu'il est lié à la mondialisation, à des mouvements globaux de bien plus grande ampleur. Par ailleurs, on pourra contester la pertinence de la reconversion de Saint-Étienne dans ce truc en vogue nommé « design », et qui me semble plutôt être le recyclage moderne de l'esprit de la médiocrité et de la laideur qui se sont imposés dans nos sociétés, et qui ont pour seul mérite d'occuper un grand nombre de nos congénères. Je vous laisse juger par exemple de l'esthétique, ou de l'originalité indispensable de ces quelques « monuments » qu'on trouve à quelques pas de chez moi, et qui s'imposent depuis quelques temps au gré des rues, manie de mettre en avant la « modernité » de la ville :

 

http://www.leprogres.fr/loire/2016/07/05/saint-etienne-l-artiste-aux-chevaux-bleus-pourrait-installer-son-atelier-au-clapier

 

http://www.leprogres.fr/editions-deleguees/2012/10/01/jacquard-la-modernisation-en-route

 

En ce qui concerne cette seconde (que je trouve personnellement absolument immonde et nulle), je constate que de manière assez révélatrice, je n'arrive presque plus à la retrouver sur Google images, contrairement à cet autre monument qui est juste à côté (même les simples bancs rouges de ce coin de la place se trouvent plus facilement) :

 

https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/monument-a-jacquard-saint-etienne/

 

Sur cette même place, vous trouvez aussi cela :

 

https://pre00.deviantart.net/2952/th/pre/i/2017/311/d/b/divertissement_carceral_by_cyclocosmia-dbt0stl.jpg

 

Qui, je trouve, représente assez bien la médiocrité des constructions modernes et leur aspect carcéral (pour ne pas dire leur fonction), surtout lorsque l'on sait que cette cour est destinée à des enfants de « centre aéré », a fortiori quand vous réalisez que les adultes qui s'en occupent le font à cet endroit plutôt que de les emmener en ville, au cinéma, à la piscine, que sais-je, et que les enfants y passent parfois des demi journées entières à s'occuper comme ils peuvent (pas toujours animés par l'encadrement, du gardiennage, donc). Par ailleurs, cette construction date de 2014, et vous pouvez voir que le béton est fissuré. Rappelons que Saint-Étienne s'enorgueillit, en plus de sa cité du design, de son école d'architecture qui se situe à une rue de là... et que la ville fait travailler force architectes pour ainsi moderniser son image. On pourra donc émettre en effet quelques doutes polis sur le bien-fondé et surtout l'efficacité de cette démarche. Certes, la ville n'est pas à l'image caricaturale proposée par l'article du Monde, mais parfois elle s'en rapproche, et j'oserais presque dire qu'elle le vaut bien, mais c'est mon esprit chagrin qui veut ça.

 

Alors d'accord, vous trouvez heureusement des trucs meilleurs que ça en tapant « saint etienne design » sur google, je vous laisse chercher si vous êtes amateurs. Personnellement, je trouve ce style moderne et ultra-personnalisé très discutable, voire absolument laid et totalement déplacé sur la place publique. Une pratique qui revient à imposer à tous la manie pseudo-esthétique d'un seul, démarche à l'opposé de la recherche esthétique commune qui avait prévalu au moins jusqu'au début du 20e siècle.

 

Mais Saint-Étienne n'était certes pas le seul exemple que l'on peut caricaturer à partir d'une image choisie et du point de vue partisan et vendeur d'un journaliste isolé. J'en pioche un au pif sur google :

 

https://94.citoyens.com/2015/les-habitants-de-la-lutece-exposent-en-photos-le-delabrement-de-leur-cite,29-05-2015.html

 

Voilà, j'espère que votre image est faite au sujet de « La Lutèce ».

 

Mais l'image n'est pas le plus important, et si l'on avait voulu choisir un autre angle, on aurait pu parler des travaux de Le Corbusier à Saint-Étienne et à Firminy (ville de l'agglomération), de certaines constructions récentes, de sa région qui est splendide, et des domaines où la ville réussit (j'avoue très franchement que je ne sais pas lesquels... le manque d'espaces verts, sans doute, un comble dans un tel écrin de verdure, tant pis pour ceux qui n'ont pas de voiture).

 

Bref, je le dis tout net, je ne déteste pas les villes. Je ne déteste même pas Saint-Étienne, je trouve juste qu'elle s'est enlaidie en prétendant s'embellir, ce que beaucoup ici n'admettront pas : non seulement la ville est marquée par le design et l'architecture, au moins en terme d'écoles existantes, mais elle a aussi son école des beaux-arts, sa fac d'arts plastiques et son musée d'art moderne. Elle a donc totalement investi cette sphère et c'est sans surprise de ma part que je constate que cela se traduit par cet enlaidissement, cette perte du plus élémentaire sens du beau, qui sont devenus la marque de ce qu'on appelle encore « art » d'aujourd'hui. Un art « moderne », tout à fait à l'image des villes actuelles, ce qui replace pour le coup Saint-Étienne au cœur de cette mutation détestable, certes pas pour les mêmes raisons que celles avancées par le journal Le Monde. Des raisons plus pernicieuses, plus difficiles à analyser que de se fier à l'allure superficielle de quelques rares façades pas rénovées depuis un siècle (ce que possèdent la plupart des villes dans le monde...).

 

Enfin, pour terminer cette partie sur une note un peu facétieuse, mais dans la ligne de ce qui a été dit, je voudrais partager ce lien, sur les stations de ski fantôme, que j'ai jugé assez intéressant :

 

https://stationsfantomes.wordpress.com/

 

On me dira peut-être que cela n'a rien à voir avec les villes, mais c'est faux. Vous trouverez sur ce site des villes qui ont littéralement « disparu », et leurs stations avec, à la même période où les villes industrielles s'affaiblissaient. Par ailleurs il se trouve que la région du Pilat (le massif montagneux au sud de Saint-Étienne, qui culmine dans les 1100/1200 mètres), a ses stations plus ou moins du genre, qui ne fonctionnent en tout cas que très peu de temps dans l'année, quand toutefois elles ouvrent.

 

Ce type de phénomène ressort bien sûr des mêmes mécanismes et des mêmes dynamiques. Puis c'est sujet à voir de curieuses et belles images.

 

 

Conclusion

 

Cette conclusion sera brève. Mon propos avait essentiellement pour but de faire un tour d'horizon du mal de vivre dans les villes, du paysage dans lequel s'insère ce mal de vivre, et ses raisons. Une réflexion anthropologique assez sommaire en somme, mais qui me trottait dans la tête depuis un moment.

 

J'aurai essentiellement un lien à partager si vous êtes intéressé par ce sujet :

 

http://www.metropolitiques.eu/

 

Le site métropolitiques a le grand mérite d'explorer les questions des difficultés posées par l'urbanisme, et l'écueil pénible de céder un peu trop facilement, déjà, à l'écriture pseudo-inclusive et à une pensée progressiste qui sied certes bien à ceux qui ont encore l'espoir de faire des villes un lieu parfaitement accueillant pour l'humain de toute origine. Je voudrais moi aussi améliorer ce que sont les villes, mais mes illusions sont limitées sur ce sujet. Je crois que les choses vont plutôt dans la mauvaise direction, mais je ne crois pas en revanche que nous devions, justement et j'en ai déjà avancé la raison, céder à l'impuissance.

 

Nous avons un rôle à jouer, le premier étant de prendre conscience de nos modes de vie, comment nous nous incluons dedans, sans céder aux utopies progressistes à visée totalitaire, prétendant remplacer – en réalité étendre – le totalitarisme sournois déjà en vigueur. Il va de soi que les villes sont le terrain d'expérimentation privilégié de ce type de volonté (pensons encore aux « smart city ») et que si nous ne voulons pas voir l'avènement d'une société totalement orwellienne qui castre mentalement et même sexuellement (voir le mouvement hystérico-féministe #metoo) des gens déjà en mal de besoins primaires (qu'ils expriment certes souvent maladroitement). Il y a de meilleures solutions à trouver, y compris et surtout en dehors de la bien-pensance et de l'hypocrisie déjà bien trop envahissantes. Enfin, et justement pour apporter un autre son de cloche par rapport à ce genre d'hystéries qui, décidément, encombrent aujourd'hui bien trop l'espace, j'avais gardé pour la fin cet excellent documentaire sur la vie d'adolescentes de banlieue, et leurs difficultés face aux garçons et aux mentalités en général. On est là à un tout autre stade que les caprices débiles du féminisme inverti actuel, qui transforme absolument tout en scandale, sans aucun sens de la mesure.

 

Vidéo youtube : Les roses noires (Adolescentes, langage et banlieue) - documentaire

 

En espérant avoir apporté quelque chose au lecteur avec ce petit dossier un peu à part, mais toujours dans la même direction que j'explore : mieux comprendre le monde actuel, ses tendances réelles, sa sociologie, son anthropologie bien particulière.

 

 

Posté par Seilenos à 00:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,