Aujourd’hui, un vaste sujet, avant de partir en stage. Je serai occupé un mois, donc n’espérez pas d’articles avant la fin de l’été.

 

J’ai déjà parlé souvent dans ces pages de la mode de l’écologie, de l’hystérie du réchauffement climatique, voire d’une sorte de dictature écologiste discrète, déjà en train de s’installer.

 

J’ai lu des centaines de discussions passionnées entre les tenants du réchauffement climatique anthropique et ceux qui n’y croient pas, et au moins autant de débats entre, par exemple, les pro-nucléaires, et les défenseurs des « énergies nouvelles ». Il y a aussi les débats sur le niveau de vie actuel, et la nécessité d’une « décroissance ». Je me suis demandé, au bout du compte, qui a raison ? Et, en fait, quelqu’un a-t-il raison, sur ces sujets ?

 

Je ne prétends pas fournir la réponse, et encore moins en un article de faire un tour exhaustif de toutes ces questions, ce qui serait bien entendu impossible. Ce que je me propose de faire, c’est de faire un tour d’horizon, et d’essayer d’apporter des éléments de réflexion un peu plus originaux que les sempiternels « pour ou contre ». Et comme j’ai déjà abordé la question du réchauffement, je n’y reviendrai pas ici, vous savez déjà que je ne crois pas à cet épouvantail climatique organisé par des gens qui ont des intérêts à le faire.

 

Et pour introduire le sujet, je voudrais rappeler la différence fondamentale qui existe entre écologie, et écologisme, car la confusion qui règne entre les deux est à l’origine de bien des idées fausses sur la perception de ce qui est, et de ce qu’il faudrait faire pour résoudre différents problèmes.

 

La propagande climatique, par exemple, comme je l’ai déjà expliqué dans d’autres articles, ne relève pas de l’écologie, mais de l’écologisme. Car l’écologie est une science qui étudie les fonctionnements des systèmes environnementaux, là où l’écologisme est la face politique de la chose, qui bien souvent prend des décisions, non en fonction des intérêts environnementaux, mais en fonction d’intérêts qui sont politiques, géopolitiques, et gouvernementaux. Il faut être bien naïf pour ne pas s’en rendre compte.

 

Le problème est que, bien souvent, la science écologique - l’écologie - met du temps à déterminer réellement et précisément quels sont les mécanismes en cause, et leurs conséquences. Nous pourrions attendre un siècle que les mystères du climat planétaire, de part son extrême complexité, pourrait encore être loin d’être totalement élucidé. Or la politique veut que l’on agisse tout de suite, car les intérêts et les risques n’attendent pas demain. La notion de « principe de précaution » est une notion complètement galvaudée et sans intérêt qui peut aussi bien être utilisée pour justifier l’emprisonnement d’un innocent « au cas où il serait coupable », que pour ne pas emprisonner un coupable, « au cas où il serait innocent ». En clair, vous pouvez agir ou ne pas agir « pour le climat », selon comme vous manipulez la notion de principe de précaution.

 

Ce n’est pas un hasard si l’on a choisi d’agir dors et déjà contre un réchauffement qui, du point de vue de la science écologique (et non écologiste), n’est ni démontré, ni compris, contrairement à ce qu’on prétend. C’est parce qu’il y a des intérêts géopolitiques de masse, concernant notamment l’accès à l’énergie, qui peut en bénéficier, et qui l’on en prive, sous couvert de justification pseudo-scientifique, et de consensus n’existant pas.

 

Cela est valable pour tous les autres domaines touchant à l’écologie : du moment que l’on a des intérêts, on peut alimenter des confusions, grâce aux organes médiatiques n’ayant aucune compétence scientifique, que l’on peut enfumer autant que l’on veut, dans le but de parvenir à ses fins, qui sont tout autres que la protection de l’environnement. Ici, il s’agit vraisemblablement de contrôler les ressources, et notamment les combustibles fossiles que l’on veut pouvoir se partager entre pays riches, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Car dans plusieurs décennies, ce sera fini, et plus on les partage, plus cette fin interviendra vite, et plus le mode de vie occidental sera mis en danger rapidement.

 

Or c’est surtout de cela que je veux parler aujourd’hui. La volonté dite écologiste actuelle, n’est en rien une préoccupation environnementale. L’énergie n’est pas particulièrement déployée à assainir l’air, ou l’eau - rappelons que le CO2 n’est pas un polluant atmosphérique, puisqu’il est au contraire nécessaire à la vie - en revanche elle l’est à convaincre les gens d’économiser. Economiser l’énergie, la matière… Et tout ça pour quoi ? Pour préserver notre mode de vie actuel, auquel nous n’avons aucune alternative.

 

C’est ce qu’on appelle le développement durable.

 

Notre société est largement basée sur l’idéologie de la croissance économique comme base au « développement ». Le capitalisme, le libéralisme, sont basés uniquement sur le principe du développement. Nous avons fini par reconnaître l’évidence : notre mode de vie n’est pas soutenable car il use les ressources à une vitesse incroyable. Le développement durable est censé fournir la solution à cela : le développement durable prétend rendre le développement soutenable, soudainement, et ce sans pourtant rien changer fondamentalement à notre mode de vie. Et comment ? Essentiellement en se proposant de gérer les ressources plus efficacement.

 

Seulement, la notion de développement durable est un oxymore, c'est-à-dire qu’elle est une contradiction en elle-même. Il ne peut pas exister de développement qui soit durable, dès lors qu’il est basé sur l’usure de ressources qui n’existent qu’en quantité limitée, et qui se régénèrent infiniment moins vite que le rythme auquel on les consomme. Ralentir l’usure ne fait que retarder l’échéance, et c’est sur cette confusion que repose l’illusion du développement durable.

 

Vous allez me dire, « oui mais quand même, si on retarde l’usure, alors on obtient un développement qui est plus durable qu’il ne l’était ». Peut-être, mais à quoi bon ? Combien va-t-on gagner en retardant l’usure des ressources ? Un an ? Dix ans ? Et après ? On n’aura pas résolu le problème, parce que le temps gagné ne sert qu’à fuir en avant, et pas à mettre en place des solutions qui seront efficaces ensuite. Et si les mesures sont inefficaces, et il est fort possible qu’elles le soient, il se peut même que l’on perde du temps.

 

J’ai fait un calcul que n’importe qui peut faire en quelques minutes avec une calculatrice et un bloc-note. Notre société est accro à la croissance. On est contents avec une croissance à 3%. Cette  valeur signifie qu’une économie double sa capacité de production, et donc de nuisance et d’usure des ressources, tous les 23,5 ans. Récemment, les grands pays occidentaux ont du se contenter de croissance à 1% environ. Cela ramène le doublement de la capacité à 70 ans. Mais même avec une croissance à seulement 1%, une économie se multiplie par 20 en seulement 300 ans… et par 30 en seulement 340 ans. C’est le principe d’une courbe exponentielle, qui s’accélère sans cesse. Elle en vient inévitablement à un stade où, à elle seule, elle pourrait épuiser, un jour ou l’autre, toutes les ressources disponibles, en une seule année, voire en un seul jour, si on la laisse augmenter encore. Il est donc clair qu’un développement, même durable, ne correspond en rien à un souci de préservation de l’environnement, ni à aucune attente écologique que l’on pourrait avoir. Il s’agit juste de préserver le système civilisationnel humain le plus longtemps possible, de tirer sur la corde autant qu’on le peut… La nature n’est qu’une donnée, là-dedans, et encore, on ne prend en compte que sa capacité à fournir des ressources, pas la nature dans sa globalité, en tant que cadre de vie, ou de lieu d’interactions biologiques et biochimiques.

 

Les méthodes préconisées pour parvenir à cette fin du développement durable, c'est-à-dire en fait à l’exploitation prolongée des ressources, sont essentiellement les économies d’énergie, le tri et le recyclage. Ce sont toujours des mesures d’économie des ressources : le tri et le recyclage ont pour but de réutiliser des ressources déjà dans le circuit, comme chacun sait, dans le but de moins puiser dans la nature. Mais cela ne marche pas, et en plus, cela pose des problèmes… écologiques supplémentaires. Comme je vais le montrer maintenant.

 

L’économie d’électricité.

 

Que nous propose-t-on pour faire de l’économie d’électricité ? D’éteindre les appareils allumés ou en veille inutilement ? Soit. Eteint-on la nuit les enseignes et les vitrines des magasins ? Je n’ai jamais vu ça appliqué entièrement… De toute façon, saviez-vous que cela ne constitue qu’une part dérisoire de l’électricité utilisée ? En effet, l’industrie est de très loin la plus grande consommatrice d’électricité… Et à elle, on n’exige aucune économie. Cela montre clairement que les économies faites ailleurs le sont au bénéfice de l’industrie, et donc, que le but est de préserver la capacité de production et donc d’usure de l’environnement, au contraire de ce qui est prétendu. Car tout repose sur ça. Le développement, toujours…

 

Quant aux ampoules à basse consommation, c’est vraiment l’arnaque du siècle. Ces ampoules ont une durée de vie moindre, et contiennent des composés toxiques pour l’environnement, en particulier le mercure… Elles sont donc jetées à une fréquence plus élevée, ce qui augmente la charge qui pèse déjà sur la biosphère. Mais elles consomment moins, et c’est la seule et unique chose dont on se préoccupe. On préfère réduire de 0,1% la consommation globale et augmenter de 1% la pollution globale, que l’inverse…

 

Certaines personnes ne sont pas dupes, allez-donc voir cette page :

 

http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/04/03/je-ne-crois-pas-au-developpement-durable_1679774_3238.html

 

 

Et le tri ? C’est bien de trier ses déchets, non ? Ça réduit la charge sur l’environnement, ça, quand même, hein ?

 

Et bien, je ne crois pas. Je crois que ça réduit uniquement la charge sur les travailleurs des déchetteries, ce qui permet d’en embaucher moins. Une autre forme d’économie, quoi…

 

Concrètement, le tri me semble surtout être un truc moral qu’on fait peser sur les têtes des bons citoyens. Un exemple ici, avec des sacs rouges attribués aux mauvais trieurs :

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/311757-tri-selectif-des-dechets-menagers-le-sac-rouge-de-la-honte-fausse-bonne-idee.html

 

Trier les déchets est censé aider à leur recyclage. C’est donc aider à économiser les ressources mises en œuvre pour fabriquer des emballages, notamment. On ne se pose pas des questions plus fondamentales comme « a-t-on vraiment besoin d’une telle quantité d’emballages ? » Au lieu de ça, on fait tout pour que le système continue de fonctionner, et le pire, c’est que les gens croient faire ainsi œuvre de charité envers la nature, et contribuer à réduire la pollution. Mais c’est le contraire qui est vrai… Et oui, le recyclage pollue davantage que pas de recyclage, et pire encore… la plupart des méthodes de recyclage conduisent en fait à user davantage de ressources.

 

Exemple avec le recyclage du verre :

 

http://cudjoe.org/dotclear/post/2010/08/18/Le-recyclage-du-verre-est-absurde

 

 

Comme l’explique cette page, le recyclage du verre en France impose 4 étapes supplémentaires par rapport à la logique de la consigne. Elle impose surtout de fondre les bouteilles pour… faire des bouteilles. Ce qui implique deux choses par rapport à la consigne : premièrement il y a nécessairement des pertes de matériaux, car on ne récupère pas tout le verre (et l’article ne dit pas que certains verres, comme le pyrex, endommage les fours, ce qui rajoute des coûts de maintenance),  et deuxièmement, puis qu’on fond le verre à 1500°, il y a une étape qui consomme du combustible fossile (CO2) qui n’existe pas dans le fonctionnement par consigne. On est donc perdants sur toute la ligne avec ce système :déperdition de ressource matérielle, et déperdition de ressource combustible… Et c’est cela qui porte le nom de recyclage, et que les gens prétendument responsables réclament à corps et à cri, et en montrant du doigt ceux qui ne le pratiquent pas…

 

Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, mais je montre clairement qu’il y a une régression entre cette méthode prétendument écologique, et la bonne vieille méthode de la consigne, qui a disparu, parait-il, à cause du plan vigipirate… On voit que les priorités ne sont décidément pas du côté des préoccupations environnementales, dans les faits, une fois de plus.

 

Autre exemple. Aujourd’hui je vais faire des courses et on me donne des tickets de caisse. Curieux de savoir si ce sont des tickets sans bisphénol, je vérifie, et je découvre cette curieuse inscription « papier issu de sources responsables ». Mais qu’est-ce que ça veut dire ? On a dépensé de l’encre en plus sur tous les rouleaux pour dévoiler cette non-information ? C’est idiot… Qu’est-ce qu’une source responsable ? Une usine de recyclage ? Ou autre chose ? On n’en sait rien…

 

Oui, je dis « usine de recyclage », et non pas « centre de recyclage », car je n’aime pas ces petite cachotteries hypocrites, ces camouflages, ces enjolivements de la réalité. Le recyclage crée des usines, comme l’incinération des déchets, d’ailleurs. La pollution n’est donc que déplacée. On y achemine les déchets par camions (CO2), et on fait tourner ces usines avec de l’énergie, qui ne peut être que nucléaire ou d’origine fossile… Radiations dans un cas, CO2 dans l’autre. Personnellement, je précise que je choisis le CO2, qui ne fait aucun tort à la nature. Et je rajoute que le problème n’est ni le CO2 ni la combustion d’énergie fossile, dont on arrivera à bout rapidement, de toute façon, mais les autres produits dérivés de cette combustion, qui ne réchauffent pas la planète, mais qui eux, contrairement aux CO2, sont polluants, cancérigènes, allergisants, bref, toxiques de bien des manières. Renseignez-vous donc sur les dioxines, par exemple, et arrêtez de ressasser ce carbone qui ne nous a rien fait.

 

On a déjà vu que les usines de traitement et retraitement polluent l’environnement, donc de ce côté-là, c’est raté. Bon, mais peut-être y a-t-il quand même un avantage au recyclage, sur le plan de la santé, par exemple ?

 

Et bien… Figurez-vous que les emballages en carton recyclé (je suppose que c’est ce qu’on appelle une « source responsable » ?) contiennent obligatoirement des résidus d’encre. L’encre… un composé toxique dans la plupart des cas, contenant entre autres des métaux lourds, et qui obligerait, en théorie, à appliquer des couches plastiques à l’intérieur de ces emballages, pour séparer le carton de la nourriture qu’autrement il contamine. Dans la pratique, c’est trop cher, de plus cela consommerait d’autres ressources (n’oublions pas que le plastique, c’est du pétrole dans la quasi-totalité des cas, à ce jour), et donc, c’est inapplicable.

 

Conclusion, les emballages recyclés nous empoisonnent de la même manière que les perturbateurs endocriniens contenus dans un certain nombre d’emballages plastiques courants… Aucun bénéfice.

 

Mais est-ce que cela épargne des forêts, au moins ? Franchement, j’en doute. De nos jours les forêts des pays occidentaux ne sont pas en danger, sont gérées précisément, ce qui n’évite pas certains abus, et si le recyclage a peut-être le mérite de réduire la pression sur la ressource végétale, il ne résout aucunement le problème de la déforestation, puisque celle-ci résulte d’une toute autre logique, et se déroule généralement dans des pays « en voie de développement », de manière sauvage et dérégulée, et non pas pour produire du papier ou du carton (le bois est souvent utilisé pour la construction, ou le chauffage, mais aussi très souvent laissé à pourrir quelque part), mais pour faire place à de nouvelles surfaces agricoles : d’où le problème de la disparition des orang-outan, en Océanie, par exemple, avec les cultures d’huile de palme.

 

Je ne vais pas entrer dans les détails davantage, tout un chacun peut le faire en faisant des recherches sur internet, pour approfondir sur ces points là, à condition d’éviter les sites qui font la promotion de leur propre activité, et de se méfier de tous ceux qui parlent de ces sujets avec beaucoup d’angélisme et de naïveté.

 

Ma conclusion sur le tri et le recyclage est que ça ne résout rien, que ça pose autant de problèmes que ça prétend en résoudre, et que ça sert surtout en définitive à s’acheter une bonne conscience : valable pour les nations qui l’organisent, et vendent cette bonne conscience, et pour ceux qui utilisent ces services, se payant pour eux-mêmes cette bonne conscience qui leur permet de mépriser à bon compte ceux qui s’en fichent, ou ceux qui ont compris que ça revient à faire un pas en avant, un pas en arrière. Le tri et le recyclage ont pour prétention d’améliorer les conditions environnementales et d’allonger la durée de notre mode de vie, mais dans la pratique, rien ne démontre qu’aucun des deux objectifs ne soit atteint. Surtout, pourquoi vouloir prolonger ce mode de vie qui, quoiqu’il arrive, nous conduit à l’épuisement des ressources, et à souiller la nature chaque jour où il fonctionne ? On parvient exactement à l’effet inverse : plus on permet à ce mode de vie de continuer, plus la marque sur l’environnement s’alourdit…

 

Exactement les mêmes remarques valent pour ce qu’on appelle les « énergies nouvelles », aussi je ne vais pas refaire mon argumentaire en reprenant des exemples sur ce thème là. Je dirais simplement que, éoliennes, panneaux solaires, hydro-électricité, etc., aucune des énergies dites renouvelables n’est sans poser de problèmes. Il existe déjà des centaines de millions de barrages sur Terre, et il n’est guère possible d’augmenter fortement notre production d’électricité de cette façon, mais le saviez-vous ? Ces barrages posent des problèmes environnementaux que j’estime ne pas avoir besoin de lister…

 

Quant aux éoliennes, elles représentent à ce jour, et malgré leur multiplication, un total de un millième de toute l’énergie renouvelable produite sur la planète, soit 0,02% de la production énergétique planétaire. Quand on me dit qu’on peut remplacer la production actuelle par des éoliennes, je ressens vraiment de la tristesse face à la naïveté de cette affirmation. Cela relève de la croyance, et absolument pas d’une quelconque faisabilité. Même si on multipliait par 100 le nombre d’éoliennes actuelles partout dans le monde (représentez vous les champs d’éoliennes que vous avez déjà aperçu, et représentez-vous ce que c’est que d’en augmenter la superficie 100 fois…), elles ne produiraient encore que 2% de l’énergie mondiale, à peine… Il faudrait donc encore multiplier ces 100 fois par 50, ce qui fait 5000 fois… et encore, la production ne serait jamais constante, puisqu’elle dépend du vent. Soyons sérieux… l’éolien est responsable d’une pollution paysagère sans précédent, et l’on ignore qu’il n’est pas sans incidence sur les oiseaux, c'est-à-dire la nature, vous savez… Celle qu’on prétend vouloir protéger. Relier des sites éoliens éloignés des villes (ce qui est la plupart du temps le cas) implique également du câblage en pleine nature, et j’en passe.

 

Ces liens vous en disent plus sur les problèmes qui se posent avec les éoliennes en terme de production d’électricité (je précise que je ne partage pas le point de vue « le nucléaire, c’est super » du second lien, la naïveté se retrouve décidément dans tous les « camps ») :

 

http://www.contribuables.org/2007/09/28/eoliennes-cheres-inutiles-et%E2%80%A6-polluantes/

 

http://www.energethique.com/energie/energies_renouvelables/verites_energie_eolienne.htm

 

 

Que dire de l’énergie solaire, en bref ? Le sujet est controversé. L’énergie solaire représente sans doute une alternative intéressante, mais en aucun cas universelle. Les panneaux contiennent des métaux rares, et doivent donc être recyclés à la fin de leur utilisation, qui est d’approximativement 30 ans. Oui, ici, le recyclage a un sens… pour une fois, puisqu’il n’est pas question de matériaux renouvelables comme le papier, ou réutilisables tels quels, comme le verre.

 

Une discussion intéressante sur ce sujet :

 

http://www.hoaxbuster.com/forum/les-panneaux-solaires-polluant-arnaque

 

 

Mais je n’ai pas pour vocation dans cet article de détailler ce point des énergies renouvelables. Je vais donc résumer en disant que, selon les informations que j’ai (je referai probablement un article plus détaillé un jour sur ce sujet), aucune source d’énergie actuelle n’est une bonne solution. Parmi ces mauvaises solutions, certaines sont évidemment moins mauvaises que d’autres, mais cela dépend beaucoup de la manière dont chacun l’appréhende… Certains disent que l’énergie nucléaire est idéale, mais c’est négliger bien des problèmes qui se posent, et vont se poser, avec cette énergie qu’on ne paye pas le vrai prix qu’elle va coûter au final… Ne serait-ce déjà que ce problème. Certains estiment que les énergies renouvelables sont LA panacée, la solution facile et évidente à tous les problèmes qui se posent, et je ne suis pas en accord avec cela.

 

Quoiqu’il arrive, pour produire panneaux solaires et des éoliennes, ainsi que pour les installer, et les entretenir, il faut dépenser de l’énergie, ainsi que des ressources, et ce, à chaque étape. Aucune de ces ressources n’est illimitée : il faut des métaux, des conducteurs, du combustible pour acheminer les choses en site de fabrication, pour assembler et fabriquer les composants, et pour les apporter sur le site d’installation, etc. Il en va de même pour tout ce que fait et pour tout ce que l’homme achemine quelque part (problème décuplé par la mondialisation, saviez-vous que beaucoup de panneaux solaires sont fabriqués en Chine ?).

 

 

 

J’en viens à ma conclusion finale. Pour moi, la vérité est que nous n’osons pas regarder les choses en face. Il y a une mode du retour superficiel à la nature, au bio, une croyance dans le fait que l’écologisme (politique) peut sauver notre civilisation, alors qu’il est bien évident que ce n’est pas le cas. Et c’est un naturopathe/chaman qui le dit. Notre civilisation a pris une ampleur qui participe en soi-même à la déconnexion fondamentale d’avec la nature. L’échelle à laquelle notre civilisation évolue, et se développant chaque jour un peu plus, puisque c’est le maitre-mot, est devenue hors de contrôle.

 

La capacité de production et de consommation mondiale augmentent de concert, sans arrêt. Aujourd’hui on parle de construire 12 000 éoliennes en France, mais la Chine étouffe sous le smog des centrales à charbon. Ils sont vingt fois plus nombreux que nous, devront ils construire 250 000 éoliennes ?

 

Non, la solution idéale serait la décroissance, cesser de vouloir grandir à tout prix, de vouloir avoir sans arrêt le dernier truc à la mode et de le renouveler constamment parce qu’on en est devenu dépendant. Cesser la malbouffe, cesser la surconsommation, couper les centrales nucléaires et renoncer à mettre une éolienne à côté de chaque arbre pour ne jamais mettre de limite à notre développement, à notre avidité insatiable. Mais il me semble que là aussi, c’est une cause perdue. Rien n’arrêtera cette avidité, parce que rien n’éclairera les consciences des décideurs et des citoyens qui préfèrent penser, parce que c’est plus confortable, qu’ils peuvent continuer à mener le même train de vie parce qu’ils mettent les papiers dans la poubelle jaune, et le verre dans la poubelle verte, ou qu’ils sont vertueux quand même, puisque eux pensent à la planète. Et pas les autres ?

 

On ouvrira les yeux quand il sera trop tard, quand le ciel nous sera déjà tombé sur la tête, comme disent les gaulois, et il sera trop tard. Les décroissants auront un peu d’avance : ils sauront comment on s’y prend, dans ce cas, à peu près… Mais ils se seront aussi privés avant les autres, sans que ça n’ait empêché la fin, qui est inévitable, pour les décennies à venir.

 

La manière dont ça se passera, je n’en sais rien. Je n’ai pas écrit cet article pour imaginer cela, pour étaler un état dépressif qui n’est pas le mien, ni pour me donner bonne conscience, ni pour m’en prendre à ceux qui ne pensent pas comme moi. Je l’ai écrit pour tenir un discours moins lénifiant que celui que je trouve trop souvent un peu partout autour de moi et sur internet. Je l’ai écrit pour dire que je pense que notre mode de vie ne nous laisse aucun espoir, et que vouloir le faire perdurer à travers un comportement pseudo-écologique est la marque d’un aveuglement très fort et très tentant, qu’il est difficile d’abandonner.

 

Je crois que tout être humain véritablement responsable doit être capable, pourtant, de regarder cela en face, d’affronter cette réalité, ou cette éventualité qui semble se présenter, et l’accepter. Parce que c’est ainsi, et pas comme nous le voudrions, que sont les choses, et que ce n’est pas en entretenant des illusions et autres chimères qu’on y change quoique ce soit.

 

Il se peut que la situation ne se présente pas avec une extrême gravité et une grande brusquerie, et que nous puissions, en dernier recours, nous adapter quand même. Mais ce n’est pas certain, et cela requerra des sacrifices, de gré ou de force. Y sommes-nous prêts ? A en juger par ce que j’observe de mes contemporains, je crois que certains s’y préparent, concrètement, ou intellectuellement, mais que dans l’ensemble, ce n’est pas le cas. Que la fin interviendra comme une surprise, et une incompréhension, et que les mouvements sociaux seront nombreux et de plus en plus violents. On commence seulement à s’en apercevoir en Europe, et l’on croit que c’est la « crise économique ». Je crois plutôt qu’il s’agit de quelque chose de bien plus profond : une crise civilisationnelle qui présente d’abord son versant économique et sociale, et qui est encore relativement maitrisable par les artifices financiers actuels, mais pas pour très longtemps. Sans vouloir jouer les prophètes, je pense que nous allons assister, d’ici 10 à 15 ans, 20 ans maximum, à une métamorphose très profonde et relativement brutale de notre société, alors que les équilibres se modifient, en termes de géopolitique, d’accès aux ressources, de conscience sociale, et de bien d’autres facteurs encore. La croyance angélique dans une perpétuation de notre mode de vie sera mise à mal par la réalité elle-même. Enfin, rappelons-nous avec beaucoup de méfiance, que les perturbations de ce genre ont déjà conduit à des guerres, et n’oublions pas qu’au moment où j’écris, plusieurs guerres se déroulent… Et je terminerai par une pensée aux peuples de ces pays pauvres, instrumentalisés et maltraités par les grandes puissances qui essayent de conserver le contrôle sur le monde, et bien entendu sur ces ressources. Une pensée aux libyens, aux syriens, aux irakiens, aux afghans, et une pensée spéciale aux palestiniens, qui essuient en premier les pots cassés de l’état du monde actuel. Et une pensée un peu amère à tous ces occidentaux bercés d’illusions, jusque-là gâtés, qui ne peuvent pas admettre que leur mode de vie puisse en aucun cas être une impasse, et dont l’offrande à ce mode de vie se résume à un pieux triage de déchets, dont ils font tout un plat. Puissent-ils avoir raison, et moi tort. Mais j’en doute.

 

Quelques liens et un petit peu d’humour pour finir :

http://translogistique.com/supply-chain/qhsse/341-la-vaste-blague-du-developpement-durable

 

http://christophelhomme.wordpress.com/2009/02/25/recyclage/