Suite à l’engouement par rapport au livre sorti récemment, « Ovnis et conscience », que je n’ai pas (encore) lu, je voulais faire part de mes réflexions personnelles sur le sujet. Tout d’abord il est bon de savoir que je m’intéresse à tous les sujets touchant de près ou de loin à la conscience et à ce que certains nommeront la « parapsychologie ». En tant qu’auteur de nouvelles et de romans de fiction, ce sont des thèmes que j’étudie dans mes textes depuis l’adolescence, me sentant une affinité naturelle avec la chose, sans pour autant avoir vécu moi-même d’expériences très marquantes, avant de me lancer dans le chamanisme.

 

Il est bon de savoir que je fais partie des sujets de l’expérience de Philippe Guillemant, sur la synchronicité, et que je m’intéresse, naturellement, à ses travaux, et que donc je suis intéressé par ses réflexions souvent originales sur ces sujets que les chercheurs traditionnels fuient comme la peste. Rappelons qu’il est l’un des co-auteurs de ce livre.

 

Et tout d’abord je voudrais dire pourquoi je ne me suis pas avidement précipité sur ce nouveau livre. Je lis et entends tout le temps, ici et là, « il faut lire ce livre », « il faut lire tel auteur », sous-entendu, si vous ne le faites pas, vous n’êtes pas tout à fait en droit de donner votre avis, et vous n’êtes pas tout à fait en capacité à fournir une réflexion adéquate sur le sujet dont parlent ces livres et ces auteurs. Je m’inscris totalement en faux par rapport à cet argument. Cela ne vaut que pour les personnes qui ne sont pas conscientes que le savoir est déjà en elle, ne savent donc pas comment y accéder, et pensent que pour maîtriser un sujet, il faut avoir lu toute la bibliothèque disponible et existante sur le sujet. Cela vaut sans doute pour des domaines extrêmement techniques et pointus, mais cela ne vaut pas pour la connaissance en général. Et pour dire cela, je m’appuie sur mon expérience personnelle, des constatations faites et maintes fois vérifiées.

 

Vous devez vous demander pourquoi me justifier de cette façon sur ce sujet. Et bien, il ne s’agit pas d’une justification, mais d’un point de départ de ma réflexion sur ce sujet de la conscience et de ses effets. J’en viens donc enfin au chamanisme pour étayer mon point et pour démontrer que le chamanisme est une technique universelle qui dépasse absolument le folklore que l’on peut trop facilement y associer.

 

Car c’est, pour ma part, par le biais du chamanisme, que j’ai pris conscience à quel point il est vrai que la connaissance nous est donnée à tous, par essence. Encore faut-il l’expérimenter pour s’en rendre compte, sinon ce ne sont que des mots creux dans un ouvrage quelconque de popularisation de la chose… Or ces ouvrages ne m’ont jamais, mais alors jamais rien apporté dans ma pratique du chamanisme, que j’ai appris tout autrement et en grande partie par moi-même, justement en utilisant ce principe que la connaissance est inscrite en nous et qu’il « suffit » d’aller la chercher.

 

Ce qui est intéressant dans tout essai, ou dans tout ouvrage réflexif, théorique ou analytique portant sur un sujet du domaine de l’esprit, que l’on parle de la psychologie, de la philosophie, des états modifiés de conscience, et j’en passe, c’est en général uniquement la manière dont l’auteur biaise son savoir en formulant une théorie qui lui est propre d’une manière qui lui est originale. Car au-delà de ça, vous pouvez être sûr que le simple fait de verbaliser un savoir pour le transmettre lui ôte une partie de sa substance. C’est l’effet inévitable de la conceptualisation, maintes fois démontré par des praticiens spirituels, qui démontrent par la pratique que le verbe assèche partiellement le savoir. C’est le prix à payer pour la transmission, et c’est pour cela que les praticiens spirituels authentiques n’écrivent qu’avec réticence, préférant transmettre leur connaissance par l’expérimentation. C’est aussi pour cette raison que, pour ma part, je n’écris que des fictions, et occasionnellement des articles de réflexion, mais jamais d’essai visant à faire partager ma connaissance ou ma vision des choses, en particulier sur de tels domaines.

 

Pour mieux illustrer mon propos, je voudrais utiliser dès à présent le tout début de l’article de Nicolas Dumont que chacun trouvera à cette adresse :

 

http://ovnis-direct.com/article-du-psychotherapeute-nicolas-dumont-abductions-et-synchronicites-2548.html

 

 

 

 

" C'est la lecture de l'excellent article de P. Solal, publié sur ce site sous le titre de « Grammaire de l'Inconscient », et qui fait suite à la parution de l'ouvrage collectif "Ovni et Conscience", qui m'a donné l'impulsion d'écrire le présent article. Ces écrits épousent en effet mes hypothèses de travail, c'est pourquoi je me propose, selon mes propres axes réflexifs, de les partager avec la réflexion commune."

 

 

Et c’est pourquoi, à mon tour, je me propose d’utiliser ce début de réflexion pour apporter ma pierre. En effet, ce qui est important ici de remarquer dans le choix des mots de l’auteur, c’est qu’il nous confie que le livre qu’il a lu accompagne sa réflexion – qui sans doute, se développait depuis un certain temps dans son esprit – et la rejoint. Je ne doute pas que le livre aura nourri cette même réflexion, car il est toujours intéressant d’accéder aux modèles théoriques que d’autres personnes proposent sur un domaine de la connaissance qui est le même. C’est que chacun explore différentes parties de l’éléphant de l’allégorie indienne sur la connaissance abordée par des aveugles.

 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anekantavada

 

Car en effet, nous sommes tous des aveugles par rapport au monde, par rapport au réel. Nous n’en retenons que la partie que nos sens actifs veulent bien percevoir, divisée par la fraction que le cerveau daigne analyser. C’est que nous sommes des êtres limités par notre incarnation, sans quoi nous ne pourrions nous manifester dans le monde réel. Nous ne pourrions exercer des capacités qui ne seraient ancrées dans le matériel par l’intermédiaire de notre corps. En cela, nous sommes tous aveugles, car nos sens sont inaptes à nous fournir un rendu du monde tel qu’il existe. D’où notre perplexité face aux ovnis, face aux phénomènes que nous qualifions abusivement de « paranormaux », bref face à tout ce que nos sens, incluant notre sens de la réflexion, ne peuvent encadrer.

 

Et cela est inévitable, car nous ne pouvons nous extraire de nos incarnations.

 

Ou peut-être le pouvons-nous… ? Momentanément, lors d’éclairs de conscience, d’expériences subreptices et inattendues que nombre d’entre nous rencontrent, ou par le biais de certaines techniques, telles que la méditation, l’hypnose, bref par la modification volontaire de l’état de conscience.

 

J’en devine qui s’effarouchent… Dans quel délire sectaire cette réflexion s’embourbe-t-elle ? Et bien à moins de considérer comme sectaire toute réflexion sortant du paradigme admis, aucune.

 

 

"Il est formidable et édifiant de constater que quand une idée flotte dans un champ de conscience, plusieurs psychés la captent et la ramènent pour lui donner corps dans le monde via leur propre perspective."

 

C’est en effet exactement ce que je disais au-dessus. Tout chercheur dans le domaine de la synchronicité n’a pu s’empêcher de remarquer cela, à moins de s’être crevé les yeux pour retourner à son état d’aveuglement initial.

 

Le mystère de la synchronicité n’a certes pas été percé, ou en tout cas entièrement percé. Il n’en demeure pas moins que pour toute personne sensée et suffisamment ouverte d’esprit, et aussi suffisamment douée d’esprit critique pour bien saisir que le hasard n’explique en rien la vie, et que donc il suffit encore moins à expliquer l’ensemble du réel, il y a « quelque chose » d’ineffable qui nous échappe par rapport à l’interaction que la conscience produit avec le monde, et en particulier avec le monde matériel.

 

Ce constat a été fait maintes fois, et si je n’ai plus d’exemple en tête, je sais que les cas d’inventions simultanées ou quasi-simultanées à différents endroits du monde sont très fréquents. Des gens qui ont eu les mêmes idées techniques, philosophiques, spirituelles, sans s’être consultées, s’être mises en contact ou même ignorant jusqu’à leur existence mutuelle, cela arrive tout le temps. On m’objectera que les probabilités peuvent expliquer cela, or rien n’est plus faux puisque ces inventions se déroulent dans des contextes culturels différents, ne permettant pas de comparer les probabilités que cela advienne. C’est donc un argument spéculatif, un coup dans l’eau qui ne permet pas d’écarter cela d’un revers de la main.

 

Comment l’expliquer ? Je n’ai pas la prétention de le faire, je constate seulement que cela existe, comme Nicolas Dumont le fait remarquer avant moi. C’est d’ailleurs un réel truisme depuis fort longtemps (bien avant Carl Gustav Jung qui n’a fait que le formaliser, alors que, justement, l’idée flottait dans l’air) dans le milieu psy.

 

 

"Je crois en effet que tout cela nous permet de construire un cadre conceptuel plus propice pour aborder l'ufologie, mais au-delà, pour appréhender la réalité dans laquelle nous vivons et ainsi renouer un dialogue réenchanté avec la Vie : Il y a en effet urgence à proposer de nouvelles pistes dans un monde mental qui s'assèche de toute vie,"

 

 

En effet, l’ufologie ne peut pas être exclue de cette réflexion, n’en déplaise aux tenants de l’HET tôles et boulons pure et dure, ce qui n’exclut d’ailleurs pas non plus que les deux possibilités explicatives coexistent, entre elles, et avec d’autres.

 

Par ailleurs, il est vrai que notre monde mental s’assèche et qu’il y a nécessité à réenchanter notre monde. Cependant, les esprits créatifs font cela automatiquement. S’il est nécessaire de proposer des idées innovantes dans le domaine de la psyché et de la science - qui signifie connaissance, est-il besoin de le rappeler lorsque certains milieux, que j’oserai qualifier de lobby, se sont accaparés ce terme dans une optique purement matérialiste et techno-scientiste ? -, il n’est pas inintéressant de remarquer qu’il n’a jamais autant fleuri d’histoires sombres et pessimistes quant à l’avenir de l’humain. On l’observe dans la littérature, dans le cinéma, dans le jeu vidéo et ailleurs. Combien de fin du monde nous promet-on, combien d’histoires de zombie nous présente-t-on, combien de façons d’en finir avec l’humanité nous montre-t-on ? Des astéroïdes, des virus (j’ai moi-même écrit sur ce thème), des dystopies et contre-utopies (un autre de mes genres de prédilection), des vampires, parasites et zombies sanguinaires aux apocalypses nucléaires, sans parler du catastrophisme climatique ambiant, voilà bien une idée qui est dans l’air… Se passe-t-il une année sans qu’on nous parle d’un nouveau virus porcin, aviaire ou espagnol potentiellement ultra-mortel ou sans qu’on ajoute 20 rochers célestes à la liste des solutions finales imaginées par le cosmos pour nous éteindre ? Le prion, l’ébola, les super-volcans, les âges glaciaires, les inversions des pôles, la famine mondiale, le déluge, j’en passe et des meilleures, on n’aurait jamais fini d’en faire la liste.

 

Et bien ne s’agit-il pas d’une manière de se réapproprier cette morosité qui plane dans le « champ de conscience » comme dirait Dumont, pour la sublimer en des œuvres créatrices réenchantant nos malheurs pour en faire du beau et de l’agréable ? C’est le recyclage d’un esprit de crise par la totalité. Actuellement, la vogue dans le jeu vidéo, ce sont les jeux d’invasions de zombie, les jeux de survivalisme, et les jeux de survie face à des vagues de zombies… Dans le cinéma, observe-t-on autre chose ? Quant à la littérature, certains éditeurs ont tout bonnement créé des collections dédiées à ces genres…

 

Donc est-il réellement besoin de réenchanter les choses quand cela se fait automatiquement ? Force est de constater que dès qu’un besoin se manifeste, l’humain y répond naturellement autant qu’il le peut, et cette vague de réflexions sur le rapport entre la conscience et le réel en fait partie.

 

Attention, je ne dis pas que c’est une lubie illusoire, passagère et futile, au contraire. C’est tout à fait nécessaire, car inévitable et parce que l’état actuel de la culture humaine, le délabrement de notre civilisation, ne fournit aucune réponse à cela en revanche, sinon quelques palliatifs qui dureront ce qu’ils dureront.

 

 

"tant dans notre environnement externe (extinctions de masse, appauvrissement écologique, etc.) qu'à l'intérieur même de notre humanité... si tant est que cette distinction dedans/dehors soit réelle [1]."

 

 

Je terminerai sur ce point. Par ma pratique du chamanisme, j’ai en effet remarqué que la modification de la conscience produit un effet étrange, que l’on peut penser comme illusoire, mais je pense que c’est aller vite en besogne. Il s’agit d’une sorte de « confusion » ou de fusion qui se crée entre le monde intérieur et le monde extérieur, si bien que, à moins de décider arbitrairement d’attribuer telle chose ou tel caractère à tel monde, ce qui est la définition de la création d’une mythologie (narration fondatrice d’une cosmogonie qui sépare le monde des mortels d’un autre monde) on ne sait pas avec certitude si ce que l’on a expérimenté relevait strictement de l’un ou de l’autre. De là on sera tenté de conclure que les deux sont interdépendants et que donc, ils ne peuvent pas être séparés. Pas plus que ne le sont les deux hémisphères de notre cerveau, pas plus que notre corps n’est séparé de l’air qui l’enveloppe et qui, en vérité, le pénètre et l’habite, tout comme nous sommes les hôtes d’un incroyable microcosme…

 

C’est pourquoi le paradigme scientifique dominant actuel assèche en effet, littéralement, la pensée, c'est-à-dire notre monde psychique, et par contagion, notre monde tout entier. En fournissant une séparation drastique entre le monde intérieur et extérieur, entre le monde matériel et entre le monde spirituel, qui sont en fait 4 mondes totalement imbriqués, interdépendants et ne pouvant fournir la vie que par leurs interactions constantes, ce modèle aride stérilise l’univers, ne produisant essentiellement que de la techno-science totalement inepte face à certaines questions et inapte face à certains problèmes. Non que je crois que l’homme puisse avoir réponse à tout, non que je crois que ce soit souhaitable, ou même une voix à poursuivre, mais c’est pourtant la prétention de cette science là, victime d’un sentiment illusoire de toute-puissance, qui va tête baissée dans le même mur depuis déjà pas mal de décennies, en produisant et reproduisant à l’envi les mêmes problèmes. Cette science-là est largement responsable des écueils écologiques, sociaux et humains que nous rencontrons, mais elle refuse, dans l’ensemble, de se remettre en question.

 

Il faut dire que c’est un long travail puisqu’il y faudrait au moins deux éléments qui sont encore manquants.

 

Le premier serait que les peuples tout entiers qui sont totalement et absolument conditionnés à cette vision des choses, à cette idéologie factice du progrès, qui ne pourrait être que technique, pour solutionner des problèmes qu’elle a en fait engendrés, que ces peuples donc, réalisent leur conditionnement (thème récurrent de mon blog), et cessent de se faire les soldats de ces soi-disant bien-être et bon-sens apportés par la technologie.

 

Le second serait - et la première condition serait préférable pour que cela arrive, simplement parce que les masses ne suivent des idées que lorsqu’elles ont été défendues et appuyées par des précurseurs dotés de courage et d’intelligence – que le milieu scientifique réalise l’impasse dans laquelle le paradigme actuel nous place. C'est-à-dire que l’on commence à regarder en face les dégâts que l’idéologie progressiste a, aussi, causé, en plus des bienfaits indéniables qu’elle a aussi su apporter.

 

Pour conclure, je dirais qu’il y a encore du pain sur la planche. Nous sommes tous imprégnés de cette mentalité, de ce rationalisme dont on croit à tort qu’il ne peut se réduire qu’à une attitude matérialiste, ce qui est pourtant tout à fait autre chose. Le cartésianisme, qui sert très souvent d’excuse à cette étroitesse d’esprit, n’est, comme je l’ai dit par ailleurs pour le chamanisme, qu’un outil de la pensée, que l’on peut appliquer à tout. Il s’agit de scepticisme raisonnable et non pas de déni déraisonnable ni d’enfermement dans un ou un autre paradigme culturel, scientifique, idéologique ou scientifique.

 

Pourtant, comme la connaissance est accessible en nous, puisqu’elle est à l’extérieur de nous (voir ce que je disais au-dessus), il est tout aussi inévitable que ce changement d’état d’esprit se produise.

 

Le problème c’est que ces prises de conscience se font souvent trop tard et au prix de graves bouleversements, parfois, il est vrai, après une « catastrophe » quelconque, celle que l’humanité entière redoute actuellement, et essaye de se représenter à travers son art.

 

Je n’ai certes pas épuisé le sujet, il y aurait beaucoup encore à dire, mais ce que je voulais démontrer, c’est que rien qu’à partir d’un petit bout d’introduction réflexive, on peut constituer toute une réflexion et ainsi participer au mouvement qui est dans l’air et l’alimenter. Ainsi il n’y a ni urgence ni nécessité à se tenir au courant de tout ce qui se fait ou de tout ce qui se passe. La vie suit son cours et tout vient à nous, à condition qu’on s’y intéresse et qu’on fasse les efforts qui s’imposent. On peut lire, ou ne pas lire, ce n’est pas important. Ce qui est important, c’est de « capter » ce qui, perpétuellement, se déroule.

 

L’humain est sur la voie de renouer avec une part de sa nature. Pour cela, il lui faudra cependant rompre avec ce qui l’en coupe, et cesser de croire que critiquer, par exemple, le chamanisme comme étant une mode, est une posture progressiste. Ce qui est progressiste aujourd’hui, c’est de commencer à sérieusement tourner le dos aux diktats de la science proclamée pour aller défricher, comme le dit par ailleurs Guillemant sur le lien que je mets en dessous, les nouveaux territoires de la réflexion, sans quoi l’on se laisserait circonscrire dans le parc de la pensée.

 

http://www.doublecause.net/index.php?page=Croyance_Present.htm

 

 

http://www.amazon.fr/Ovnis-Conscience-LInexpliqu%C3%A9-paradigme-physique/dp/2351851986