C'est un sujet important, et un autre coup de gueule, que j'ai failli intituler "Cessez de me dire quoi penser !" à l'instar du titre de mon précédent article sur ce blog.

 

Il est une chose qui m'agace tout particulièrement dans les débats sur le climat en particulier, et sur toutes sortes de sujets en général, c'est l'accusation de conflit d'intérêt absolument systématique dont sont la cible les personnes – probablement indépendantes comme je le suis – qui doutent. Dans le domaine du climat, l'intoxication des esprits est telle que des personnes – certainement elles aussi indépendantes – se font les agents volontaires de la pensée unique.

 

Dans cet article, je vais tenter de procéder par étape et de montrer comment, à mon avis, on en arrive là, et ce que cela a de particulièrement délétère sur l'ambiance générale dans nos pays. Je ne suis pas le premier à dénoncer la pensée unique, et je ne me fais aucune illusion sur le fait que ce que je vais dire a déjà été développé en long en large et en travers, mais il me semble que, de nos jours, faire montre d'une pensée indépendante sur le sujet est en soi presque révolutionnaire, et je vais également tenter d'expliquer pourquoi.

 

 

Intoxiquer et uniformiser la pensée

 

C'est la première étape de ce processus. Pour induire une pensée unique, car elle est, selon moi, nécessairement induite, il faut implanter dans les esprits de la masse l'idée qu'en chaque chose, il existe une opinion qui est supérieure aux autres, et que toutes les autres sont potentiellement illégitimes, voire dangereuses.

 

Le caractère affirmé de danger des opinions non-conformes est particulièrement essentiel, car l'autre dénominateur de la pensée unique est qu'elle est forcément dans l'intérêt de celui qui cherche à la répandre. Il est donc capital de criminaliser quiconque pense différemment. On le voit très bien dans le domaine du débat climatique, où quiconque ne saute pas à pieds joints dans la doxa imposée (https://fr.wikipedia.org/wiki/Doxa) est constamment ostracisé voire directement qualifié de criminel dangereux. On l'a vu dans mon précédent article avec les affiches "wanted" répandus à Paris pendant la COP21, concernant des personnes classées comme "climato-sceptiques". On notera au passage la commodité de cette étiquette, sorte d'étoile jaune du penseur non-conformiste.

 

Le sujet récurrent et central de ce blog étant le conditionnement mental, on renverra le lecteur vers mes autres articles concernant l'endoctrinement au sens large, pour illustrer ce chapitre sur l'intoxication de la pensée. Je dirai simplement, avant de le refermer, que l'endoctrinement est l'essence même de la "démocratie", c'est à dire que la démocratie fonctionne, contrairement à l'autoritarisme, par la fabrication du consentement plutôt que par la force et la violence intérieure. Cf Chomski, cf Bernays, des sujets suffisamment développés dans la majorité de mes articles pour que je n'y revienne.

 

 

Le terrorisme intellectuel

 

Une fois la pensée intoxiquée (par les médias relayant volontairement la doxa politique, ou parce qu'ils sont eux-mêmes intoxiqués les premiers par celle-ci) et la pensée unique intériorisée par la masse comme étant la seule opinion défendable et moralement recevable, des individus particulièrement zélés parmi cette masse peuvent désormais se transformer en agents de cette pensée unique, et pour cela ils auront principalement recours au terrorisme intellectuel déjà dénoncé plus haut.

 

Pour ces gens, recourir à l'insulte, à la diffamation, ne sont pas des choses qui les arrêtent, puisqu'ils n'ont pas conscience de le faire. Ils pratiquent en toute bonne foi le terrorisme intellectuel envers leurs interlocuteurs, ce qui leur permet de sauvegarder en même temps leur bonne conscience. Le confort de "penser" comme on vous a dit et appris à "penser", c'est à dire en fait à régurgiter une opinion non approfondie.

 

Je vais m'arrêter ici pour parler de mon expérience personnelle, en terme d'évolution de ma pensée, et de pourquoi je pense que le débat sur le climat ne peut être que pourri de l'intérieur, et donc que ceux qui en relaient la propagande ont tort de le faire.

 

Il fut un temps, disons quand j'avais entre 20 et 30 ans, au sortir de l'adolescence mais pas encore tout à fait adulte, cette période que certains psychologues et sociologues appellent "l'adulescence", où ma pensée était largement relativiste, dans le prolongement de ce qu'elle avait été dans toute ma jeunesse. J'étais déjà doué d'esprit critique, mais j'en usais principalement pour défendre un jour le blanc et un jour le noir. En passant, c'est une attitude assez répandue de nos jours, et qui correspond à un certain état de la spirale dynamique (http://www.spiraledynamique.com/Theorie/ regardez la description du mème vert de la spirale). Je la rencontre très souvent sur internet, et en ayant finalement compris les limites, j'ai tendance à la rejeter. C'est une attitude qui peut conduire à défendre tout et n'importe quoi, à changer d'avis chaque jour et à s'en enorgueillir, et surtout cette attitude mène à s'enfermer dans le politique correct. Par ailleurs, pratiquer cette attitude entrave le développement du discernement. C'est une attitude immature extrêmement commune de nos jours qui encourage la médiocrité et la médiocratie dans la société, qui se rapporte en fait au "je veux tout tout de suite" mais dans une version plus pernicieuse du style "un peu plus tard fera l'affaire".

 

Cette attitude est celle du critique qui ne sait pas ce qu'il veut, ou plutôt qui n'ose pas dire ce qu'il veut. La critique moderne, très consensuelle et superficielle, de l'individualisme se centre généralement dans cette attitude, ce "mème" de la conscience, et tend à pousser à croire que tout le monde il serait beau et gentil si tout le monde était moins égoïste. Mais tout le monde est comme il est, et on ne peut rien y faire.

 

Bref, avec le temps et l'expérience, j'ai renoncé à cette attitude improductive et inefficace à mon goût si l'on veut devenir une personne. J'ai alors réalisé tout le temps perdu, comprenant que cette attitude politiquement et socialement correcte produit à la chaîne des gens "anti-individualistes" qui en réalité ne savent pas ce qu'ils veulent et sont la proie idéale et bêlante de l'industrie de la fabrication de l'opinion et du consentement. Ces gens, toujours prêts à être d'accord avec tout le monde, sont les premiers à se laisser dans les faits imposer un consensus qui, croient-ils, les soudera. Ils sont alors aussi les premiers à se transformer en terroristes intellectuels. Ce niveau de conscience étant particulièrement propice à la sensiblerie envers l'environnement, plutôt qu'à la conscience éclairée des enjeux écologiques, il est particulièrement aisé de manipuler ces gens avec des questions portant prétendument sur l'écologie alors qu'il s'agit de questions de politique politicienne instrumentalisant à la fois la science et les émotions humaines. Ce point a, également, été largement développé sur ce blog, où j'ai notamment montré que les conflits d'intérêt, en matière de climat, étaient des deux côtés, mais que la masse manipulée se refuse à percevoir le revers de la médaille, ce qui lui permet d'éviter une dissonance cognitive qui lui mettrait la puce à l'oreille quant aux limites de sa propre attitude, et qui le mettrait dans l'obligation de modifier cette attitude, c'est à dire de dépenser son énergie à changer plutôt qu'à demeurer dans un confort social et intellectuel.

 

L'un de mes amis est exactement ainsi, et lorsque j'émets une opinion critique approfondi sur quelque chose, il est toujours embarrassé. Il me répond alors « tu as raison » (attitude relativiste type d'abandon de sa propre opinion pour une autre, car l'opinion n'est par essence pas fondée, n'étant qu'un « pourquoi pas » et donc mise à mal par une opinion plus construite et argumentée), suivi parfois de « mais toi tu n'es jamais content » et un jour il a ajouté, dans ce qui se voulait un trait ironique, ce qui était très éclairant « moi j'ai envie d'être content ». On peut voir dans cette formule humoristique toute la gêne de quelqu'un qui est mal à l'aise par rapport à un conflit intérieur. D'un côté il veut me donner raison car il m'aime bien, d'un autre me donner raison lui donne tort et bouscule à la fois sa sensibilité, son amour-propre, son besoin d'être reconnu (par la société et pas que par moi), et ses fragiles certitudes sur le monde (fragiles car relatives, relatives car nées d'une attitude relativiste, c'est à dire d'un conditionnement qui s'oppose à l'affirmation de soi).

 

Disons les choses clairement. L'attitude relativiste procède d'une paresse intellectuelle. Mes proches me reprochent parfois à demi-mot, parfois plus clairement, de passer un temps fou à rechercher des informations, à les accumuler. En gros, ils me reprochent de me cultiver. Et pourquoi ? Parce que mes arguments les bousculent, c'est à dire qu'en somme, je les emmerde avec ça. Il est vrai qu'à leurs yeux j'ai « changé » même s'ils ne le disent pas, et ils ne le comprennent pas. C'est simplement que j'en ai eu le temps, l'occasion, et que je l'ai saisie. Certaines personnes ont naturellement un esprit individualiste qui les aide à posséder un fort esprit critique, ce qui n'a pas toujours été mon cas, comme je l'ai expliqué. Dès que l'on change, c'est vécu comme péjoratif par les autres qui nous aimaient tel qu'on était et qui ont du mal à se faire à la personne qu'on est devenu. Pourtant cela était nécessaire, et en fait inévitable pour soi-même. Sans cela je serais toujours cet éternel adolescent qui aime être d'accord avec toutes les opinions sauf celles qu'on m'a appris à haïr. Et je serais toujours en conflit avec moi-même, et en fait largement inconscient de qui je suis, ou plutôt de qui je peux être. Car on a en fait le choix de qui on veut être à partir du moment où l'on a compris ces implications. Dans une certaine mesure, bien sûr.

 

Fermons cette parenthèse pour l'instant et ouvrons en une autre en passant. Je reviendrai sur ce point ensuite.

 

 

Corrompre la science

 

C'est un autre fil rouge de ce blog que de dénoncer les travers du milieu scientifiques. J'ai abondamment parlé, déjà, de la manière dont le terme « science » est vérolé pour signifier tout autre chose que ce qu'il est censé signifier, et surtout pour restreindre le champ de ce qui est ou plutôt serait la « science ». Nous parlons bien sûr du techno-scientisme et de l'idéologie qui va avec.

 

Ce techno-scientisme, summum de ce que l'humain a su produire en terme d'idéologie démente et dévoyée au service, en réalité, d'une politique de croissance et de contrôle mégalomane de chaque aspect du monde, voire de l'existence, jusqu'à en croire l'homme responsable de tous les maux de l'univers, fait l'objet de l'envie de tout un chacun.

 

Il en est du techno-scientisme comme des raisins de la fable de Jean de la Fontaine. Ceux qui sont bien établis dedans vous dirons que ce domaine disciplinaire incarne le plus grand et le formidable de tout ce qu'a pu produire l'esprit humain, tout en admettant du bout des lèvres sa faillibilité qui est, elle aussi et comme il se doit, toute relative. Et ceux qui, par paresse, médiocrité, ou simplement un manque d'intérêt ou de compétence dans le domaine, le dénigrent à tout bout de champ, tout en recherchant, bien souvent, sa caution. Mon entourage ne manque pas de personnes qui dénigrent « la science » tout en ne ratant jamais une occasion de dire pour la moindre de leurs lubies qu'elle est « prouvée », et que si elle l'est, c'est forcément par « la science », puisque c'est elle qui fait autorité, au bout du compte, et même pour la plupart de ceux qui passent leur temps à la dénigrer.

 

La science est tout au plus un repère, et il est vrai qu'elle est parfois impressionnante, mais puisqu'il est question de relativiser, regardons-y de plus près :

 

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2015/12/27/comment-des-chercheurs-ont-truande-des-revues-scientifiques/

 

Il faut noter que le phénomène relaté dans cet article ne se limite aucunement à la Chine et qu'il est général. Ce n'est pas un fait nouveau que la science, comme toute autre discipline humaine, est en proie aux problèmes de conflits d'intérêt. Mais il y a aussi un fait tout simple qui est que les scientifiques ont comme tout le monde besoin de bouffer et d'assurer la pérennité de leur moyen de subsistance qui est leur travail, et que puisqu'ils sont pour la plupart dépendants de subventions, ils doivent parfois se « prostituer » pour en obtenir. Et comme dans la prostitution, il faut satisfaire la demande, et lorsque la demande consiste presque exclusivement en articles allant dans le sens de l'alarmisme climatique comme on le remarque dès qu'on se penche réellement sur le sujet, et bien il faut se mettre en porte-jarretelles et s'y plier. La bourse ou la vie. Pas de place pour le relativisme bienséant ici. Pas de « ptet ben que oui, ptet ben que non », si tu veux que ta subvention soit renouvelée, tu es intéressé dans le résultat de ton travail, c'est à dire que celui-ci doit répondre aux attentes plus ou moins implicites de la commande.

 

Le consensus politique autour de l'alarmisme climatique initié à l'époque de Margaret Thatcher étant ce qu'il est, après des décennies d'études « confirmant » l'idéologie imposée dès le départ par ce courant, il n'y a plus de place pour la contestation. Ainsi il est particulièrement commode d'accuser de conflit d'intérêt ceux qui sont effectivement achetés par certains lobbies pour défendre un autre point de vue, lorsque tous les autres sont implicitement achetés et prostitués par un système qui promeut une pensée unique.

 

L'article cité plus haut montre bien qu'un scientifique est surtout un type dépendant des revenus de son activité. Si tu es artisan, tu fabriques ce qu'on t'achète, et si tu es scientifique dans une discipline politisée comme la climatologie, tu dis ce qu'on te paye pour démontrer. La marge pour l'honnêteté est relativement étroite, et se cantonne plutôt dans les domaines non-politisés, justement. De même que les médias sont achetés par les milliardaires, les chercheurs dans certains domaines le sont, il n'y a pas d'illusion à se faire là-dessus, encore faudrait-il que cette critique ne soit pas uniquement portée sur ceux qui défendent encore un point de vue différent de la pensée unique.

 

Voir à ce sujet ce site, plusieurs fois cité ici :

 

http://www.pensee-unique.fr/

 

On pourra aussi se référer au sites les-crises, pour ce qui est de la propagande médiatique, où l'on trouvera d'ailleurs un énorme dossier sur le climat :

 

http://www.les-crises.fr/

 

Vous noterez que le dossier sur le climat établi par Olivier Berruyer va totalement dans le sens de l'opinion dominante sur le climat, ce qui montre au passage que je ne suis pas sectaire lorsqu'une démarche est honnête, ce qui est son cas. Je suis cependant en désaccord avec lui sur beaucoup de points, et considère notamment qu'il ne maîtrise pas le sujet, et se contente d'ordonner ce qui est dit dans les médias sur ce sujet, médias qui se contentent eux-mêmes de relayer une doxa subventionnée sans avoir, non plus, la moindre connaissance sur le sujet. Le véritable point fort de ce site est plutôt dans la mise en lumière, justement, d'un discours médiatique dominant et de la pensée unique dans laquelle il peut tomber. En ce sens, il est surprenant qu'Olivier Berruyer n'ait pas saisi qu'il en va de même pour ce qui concerne le climat. Il admet cependant n'avoir aucune compétence dans le domaine, tout comme je n'en ai aucune non plus. Il ne prétend pas non plus que son opinion soit juste ou vraie, mais plutôt que le problème climatique semble largement étayé et confirmé par la presse en général. Simplement, je ne me suis pas contenté, en ce qui me concerne, de lire ce qu'en disaient les médias, qui sont en effet relativement unanimes sur le sujet, tout en étant unanimement détenus par des industriels liés au monde politique, ce qui pourrait ou devrait mettre la puce à l'oreille. Je me suis également renseigné sur toutes sortes de sites qui ne sont pas plus (ni moins, dans certains cas) suspects que ces médias de conflits d'intérêt, et qui dans beaucoup de cas avaient des fondements scientifiques plus importants que les copier-coller AFP qu'on trouve dans la presse officielle. De ces lectures, je suis ressorti convaincu qu'il ne pouvait y avoir que manipulation sur ce sujet. Je vous renvoie à mes autres articles sur ce sujet, où vous trouverez les liens que j'évoque ici (je ne peux pas tout remettre à chaque fois). Dans ces liens vous découvrirez que le climat a beaucoup varié naturellement dans l'histoire de la planète, avec des amplitudes beaucoup plus importantes qu'aujourd'hui. Vous découvrirez que la marge d'erreur des mesures actuelles est supérieure à certaines mesures effectuées, les rendant donc sans valeur. Vous découvrirez que nous sommes dans une période légèrement plus froide que la moyenne par rapport à l'histoire de la planète, et vous pourriez en conclure comme moi que toute cette agitation médiatique autour du climat est au minimum bizarre, et plus probablement suspecte.

 

Mais dans le fond, ce n'est pas tellement mon opinion sur le sujet qui est importante, que le fait que j'en possède une qui ne soit pas celle de la doxa. Cela nous amène au dernier grand point que je voulais aborder, pour boucler cette réflexion.

 

 

Le penseur libre vu comme un déviant

 

Nous en sommes arrivés à un point où, comme je l'ai déjà mentionné, défendre un point de vue non-conforme peut être criminalisé. Si j'ai choisi d'insister dans cet article sur le sujet du climat au point d'appuyer mon argumentaire dessus, c'est parce qu'il condense particulièrement bien le problème lié à la pensée unique, et ce n'est sans doute pas pour rien si un site intitulé à propos de la pensée unique se concentre, lui aussi, sur le problème du climat et son instrumentalisation politique. Car la pensée unique ne peut être que de nature politique, et cela il faut bien le comprendre. La notion de consensus en science n'a pas de sens, sauf comme celui d'un accord temporaire sur certaines données sur lesquelles il semble difficile de ne pas s'entendre.

 

Par exemple il est difficile de nier que la gravité existe (ce qui n'empêche que la science n'explique pas le fonctionnement de la gravité et ne sait que la mesurer), que le temps semble passer à une certaine vitesse (ce qui n'implique pas qu'on comprennent ce qu'est, fondamentalement, le temps, et il y a de véritables controverses méta-physiques sur ce sujet), etc. Mais toute connaissance scientifique est susceptible d'être remplacée par une autre, et donc la notion même de consensus dans la science ne peut porter que sur ce que l'on observe et qui est irréductible (les caractéristiques du monde et de ses composantes telles que la gravité, la masse, la vitesse, etc.), jamais sur une théorie.

 

Par conséquent, il est faux et abusif de dire qu'il y a consensus sur le réchauffement climatique d'origine anthropique parce que c'est invérifiable. Il y a consensus, en revanche, sur l'augmentation des températures, qui est mesurable, indubitable, factuelle. Sauf que cette évolution des températures est apparemment imprévisible, changeante, non-corrélée strictement au CO2, sans quoi les observations seraient différentes, non-corrélée strictement non plus au soleil, sans quoi elles seraient différentes également. Tout ce qu'on peut dire au sujet de l'augmentation des températures, lorsqu'on est intellectuellement honnête, c'est qu'elle existe, qu'on ne peut pas affirmer à quoi elle est due, qu'elle est probablement due à des causes multiples encore incomprises, et aussi que cette augmentation est peut-être temporaire, et en fait même très probablement temporaire, puisque, lorsqu'on regarde les courbes des siècles, millénaires, et millions d'années passés, on ne peut pas distinguer une tendance, ni même réellement des cycles très clairs, mais seulement des mouvements plus ou moins erratiques allant dans un sens comme dans un autre. On constate qu'il y a apparemment des cyclicités qui se contrarient, et qui sont aussi certainement contrariées par d'autres phénomènes non identifiés, ou seulement partiellement identifiés. On peut aussi dire qu'on ne peut pas rapporter le schéma de l'augmentation actuelle des températures à un schéma d'une autre période qui y ressemblerait ou qui permettrait de la mettre en perspective pour une raison ou pour une autre, ce qui ne signifie nullement qu'on ne puisse pas y reconnaître la marque d'une cyclicité. Avec si peu de certitudes, on ne peut pas dire non plus que le réchauffement actuel va se poursuivre, ni le contraire.

 

En somme il y a beaucoup de choses qu'on ne peut pas dire à propos du climat, que ne se gênent pas pour affirmer des « chercheurs », dont il faudrait boire la sainte parole parce qu'il faut se soumettre à leur autorité d'humains pourtant faillibles, corruptibles et contredits par d'autres. C'est gênant.

 

C'est d'autant plus gênant que cette forme de soumission à l'autorité a été construite par le terrorisme intellectuel, comme je l'ai mentionné plus avant, et qu'il n'y a pas plus zélote qu'un converti. De sorte que les individus convertis à une fausse certitude en réalité pseudo-scientifique (Benoît Rittaud, mathématicien, aime à parler de climatomancie pour parler de cette dérive) sont conduits à pratiquer l'ostracisme envers ceux qui ne pensent pas (encore ?) comme eux.

 

Cet autoritarisme idéologique, fruit parmi d'autres de la fabrique du consentement, ayant été établi grâce à un alarmisme ambiant incessant, un matraquage d'une part de la raison (la caution scientifique abusive) et d'autre part de la peur (la planète est en danger, on va tous crever !), elle est d'autant plus efficace car elle joue sur tous les tableaux de la psyché : intellect, affect, instincts de conservation. Il utilise aussi certaines manipulations particulièrement perverses et efficaces malgré leur stupidité : on envoie François Hollande voir un glacier en été, horreur, il fond, François Hollande revient en France définitivement convaincu du réchauffement (sans qu'on sache s'il y croit au fond de lui ou si c'est juste un réflexe électoraliste acquis), alors que tout ce qu'il a vu, c'est qu'il fait plus chaud en été qu'en hiver, même en Islande. Le ressort utilisé ici est celui de Saint Thomas qui ne croit que ce qu'il voit, mais encore faudrait-il réfléchir aux circonstances.

 

On le voit, il y a bien peu d'esprit critique dans tout cela, et dans le fond c'est peut-être pour exorciser une peur que j'écris moi-même ces articles. Sans vouloir spécialement me donner le beau rôle, j'ai tendance à me voir comme un Galilée de mon époque. Non pas que je me prenne pour un découvreur hors pair, un génie d'une quelconque sorte, mais au moins comme quelqu'un qui a la tête sur les épaules, du discernement, et qui a compris certaines choses en les observant, au point qu'elles en sont devenues évidentes et indéniables. Me forcera-t-on un jour à me dédire par la coercition, la menace voire la violence ? Il n'y a rien d'impossible à ça, nous vivons une époque où l'on peut impunément placarder le visage de quelqu'un qui pense différemment dans les rues pour le livrer à la vindicte populaire, ce qui s'apparente à un encouragement à la violence. Si on vous a appris à haïr quelqu'un, si vous le croisiez un jour dans la rue, vous seriez suffisamment civilisé pour le laisser en paix, mais ce ne serait pas forcément le cas de tout le monde.

 

Or ce climat social délétère se superpose comme par hasard à d'autres problèmes, comme celui de l'état d'urgence, qui ouvre la voie à toutes les dérives.

 

http://fr.sott.net/article/27188-Big-Brother-perquisitions-en-masse-oppression-en-masse

 

Hier, nous en étions à surveiller les criminels et les terroristes.

 

Aujourd'hui nous en sommes à menacer les personnes qui ont la même religion supposée que certains terroristes bien précis (il n'y a pas que les islamistes qui causent des attentats, mais aussi toutes sortes d'autres courants idéologiques laissés pour compte, comme les anarchistes, indépendantistes, etc.).

 

Où en viendra-t-on demain ? A pourchasser ceux qui ont été en relation avec l'homme qui a vu l'homme qui a vu le terroriste ? Créera-t-on un crime de négationnisme climatique ? Créera-t-on un crime de pensée non-conforme ? Créera-t-on, en définitive, un crime contre la pensée ?

 

Car voilà où nous en sommes rendus. La réalité commence juste à rattraper la fiction. La novlangue est à tous les coins de rue et quid des affiches de big brother ?

 

http://leraildechaine.org/post/135501692440/big-brother-%C3%A0-la-sncf

 

Comme je l'ai souvent dit, nous n'avons en réalité même pas besoin d'un big brother, car nous l'avons déjà, et il est en nous. Il y a cette petite voix qui nous force à penser, agir et croire comme nos semblables. Ceux qui pensent différemment sont en réalité déjà des déviants. Par conséquent, la société totalitaire pseudo-démocratique actuelle a déjà planté en nous les germes du crime par la pensée.

 

Il a implanté en nous la novlangue, le politiquement correct en général, la pensée unique, la crainte des puissants, instrumentalisant notre besoin de reconnaissance et de survie. La double-pensée est là aussi, sous la forme de cette attitude relativiste qui encourage ces travers eux-mêmes favorisés par les dominants. La forme de la société humaine prend de plus en plus celle d'un totalitarisme où l'individu n'aura plus besoin d'être contrôlé puisqu'il ce censurera lui-même, pensant qu'il a une caméra ou un micro chez lui (pensons aux mouchards que l'on veut installer sur nos ordinateurs), intériorisant l'idée qu'il est mauvais pour lui et pour tous de penser différemment.

 

Il n'y a pas pire cauchemar pour un esprit indépendant comme le mien. Heureusement je ne crois pas trop à ce que je viens de dire, par contre je suis convaincu tout de même d'une part que les graines sont là, et qu'elles ont même commencé à pousser dans une certaine mesure. Je ne pense pas qu'on ira jusqu'à un totalitarisme policier et panoptique jusqu'au degré de 1984. Je pense par contre, comme je l'ai dit dans un autre article que 1984 c'est maintenant déjà, et qu'il ne tient qu'à nous d'amplifier ou de mitiger cette tendance qui devient de plus en plus inquiétante, l'état d'urgence étant clairement un prétexte pour la renforcer, en même temps qu'un sursaut d'un pouvoir qui se sait aux abois car responsable de cette crise (par l'initiative de la guerre, ou plutôt des guerres dans les pays que sous prétexte de libérer nous violentons et opprimons) et pas totalement sûr de contrôler l'opinion, malgré les médias, et à cause d'internet, entre autres.

 

 

Conclusion

 

Implanter la pensée unique au sein des populations, au moyen de l'instrumentalisation des systèmes qui font autorité (la science, les médias, l'idéologie politique) est le moyen rêvé par les dominants d'instaurer un auto-contrôle de la classé des dominés. Il s'agit d'instaurer une peur, qui sera vécue ou perçue comme ayant une origine extérieure, contre laquelle l'état peut nous prémunir. Le terroriste est une menace extérieure, injuste et foncièrement mauvaise, indépendante de notre volonté, qu'il nous faut combattre dans la solidarité. Le changement climatique, loin d'être un fait naturel pourtant constaté de tous les temps, est en fait une menace, conséquence certes de nos actions mal maîtrisées, contre laquelle il faut être unanimes, quitte à pratiquer collectivement le quart d'heure de la haine contre ces Goldstein de notre temps.

 

Tout individu qui pense différemment est un dangereux déviant qui menace l'unité nationale, l'ordre sociale, ou pourquoi pas toutes les « valeurs » de nos bienveillantes et bienheureuses sociétés où il fait bon vivre. Il faut le mettre à l'amende, à l'écart, à la potence s'il faut. L'avenir sera un avenir d'uniformité où tout le monde pensera et agira enfin comme il faut car la déviance aura été éradiquée, le terrorisme vaincu, le climat régulé. Mais en attendant, il faut vivre-ensemble, se tenir par les coudes, et dans la perspective de cet avenir radieux, oublier toute forme d'individualisme et se soumettre à un consumérisme de masse qui permet de perpétuer ce merveilleux système que seul un esprit malade ou dément aurait l'idée de seulement critiquer.

 

Vous voulez être contents ! Alors laissez de côté ces petites impulsions qui vous poussent, de temps en temps, et c'est humain, à remettre en cause les choses telles qu'elles sont. La démocratie pourvoit à tous vos besoins, et même plus ! Elles vous donne la parole, écoute vos mécontentements, ne parvient certes pas toujours à les résoudre, mais elle y met tout son cœur. Soyez sûr en tout cas qu'aucun de vos problèmes ne saurait être le fruit d'une tricherie, d'une corruption, ou même que votre bien-être pourrait être affecté par des petites malversations somme toutes bien humaines elles aussi. Vos dirigeants pensent à vous, à chaque instant, et pour s'assurer de votre bonheur et de votre sécurité, ils ont pensé qu'il serait agréable et pratique que vous laissiez installer des caméras dans chaque pièce de votre logement, des puces sous votre peau, des mouchards dans vos appareils (portable, ordinateur, compteur électrique, et pourquoi pas frigo pour mieux vous aider dans votre consommation, de toute façon nous savons déjà quelles chaînes vous regardez).

 

Le jour où vous prendrez conscience de la farce, rassurez-vous, il sera trop tard, et tous les instruments du contrôle seront en notre possession. Vous n'aurez alors plus besoin de recourir à l'inconfort de réfléchir par vous-même, et de toute façon, cela sera interdit. Nous produirons, comme nous le faisons déjà, les opinions auxquelles vous devez adhérer, et celles que vous devrez conspuer sans faillir.

 

 

Foin de ce cauchemar. Comme je l'ai dit, je n'y crois pas vraiment. Et surtout, je crois que les choses sont plus complexes. Que personne ne dirige réellement l'opinion, mais plutôt qu'un mécanisme social y concourt. C'est pourquoi les médias ou Olivier Berruyer sont parfaitement honnêtes lorsqu'ils défendent la pensée unique sur le climat. De même, à moins que je me trompe, personne ne planifie réellement le contrôle social, car il y a trop de critères différents et contradictoires, d'opinions qui se contredisent. Par contre il existe des idéologues du contrôle social, qui l'ont théorisé, expliqué, permis et encouragé, notamment Edward Bernays, mais nous pourrions aussi parler de certaines tendances du mouvement néo-conservateur, et encore d'autres tendances qui forgent le monde tel qu'il est (le positivisme, le libéralisme, etc.) et qui permettent qu'un certain consensus se crée et s'organise à l'échelle planétaire.

 

Cette mécanique est suffisamment forte pour qu'un mouvement plus ou moins uniforme se crée, comme un fleuve à tendance à tout charrier dans la même direction. L'humanité mondialisée serait ainsi comme un grand fleuve, fait de petits ruisseaux et de rivières, d'opinions multiples et diverses, mais qui tendent tous vers une même direction, par la force des instincts, mais aussi parce que le fleuve a été canalisé par des digues, des barrages, que sont les idéologies et plus généralement les volontés humaines. Chacun est emporté par le mouvement qu'il le veuille ou non, quel qu'ait été son ruisseau d'origine. Ça n'empêche pas certains de nager à contre-courant, ou encore les politiciens d'ériger des barrages suffisamment massifs pour qu'ils fassent obstruction au mouvement général de l'espèce pour le dévier vers d'autres vallées qui conviennent davantage aux dominants.

 

Il advient aussi que le fleuve rencontre des barrages naturels qui font obstruction à son avancée ou qu'un océan absorbe entièrement, à l'arrivée, ce mouvement dérisoire, mais cessons là cette métaphore.

 

En résumé, le mouton suit la pensée unique qui bâti le château dans lequel il enferme toute l'humanité, et le penseur libre ne la suit pas, essayant de rester hors de cette incarcération. Les intérêts des deux s'opposant, ils se combattent, l'un étant l'instrument de l'idéologie qu'on lui a inculqué, l'autre se désespérant de ce manque d'indépendance qui tend à le repousser dans la marginalité, puisqu'il est plus ou moins « seul contre tous », suivant le degré d'originalité de sa pensée. Le rapport de force étant en faveur du mouton, la société tend à se rapprocher, à mesure qu'elle grandit avec sa volonté de contrôle, d'un totalitarisme. C'est presque tout un sujet en soi, et je crois que c'est contre cette tendance que je cherche à alerter mes contemporains. Les prétendues libertés qui leur sont si chères n'auront pas place dans cette nouvelle société, et ce sont les penseurs libres qui en sont, je crois, les premiers garants. Aussi, les combattre et les ostraciser sans écouter leurs arguments est se tromper de bataille, et lourdement, à moins d'aimer le totalitarisme, ça va de soi...

 

Addendum : autre article sur le problème de la crédibilité des études scientifiques, cette fois dans le domaine biomédical.

http://www.lapresse.ca/sciences/medecine/201601/04/01-4936408-la-credibilite-des-etudes-biomedicales-ecornee.php