Le séisme présidentiel

 

Il y a des matins où le monde se charge de me donner une motivation pour écrire. Ainsi en est-il de ce 12 novembre, 4 jours après l'élection de Donald Trump. On a évidemment beaucoup glosé dans la presse et sur internet à ce sujet, mais il me semble que les événements de ces derniers jours méritent plus qu'une simple revue de presse pour faire état de tout ce qui me passe par la tête à cette occasion.

 

Le terme le plus significatif, employé pour parler de l'élection elle-même est "séisme", et il me semble que la justesse du terme se vérifie déjà. Le terme a été employé par tout le monde, des partisans du système et sa presse, aux opposants.

 

On a aussi beaucoup fait de comparaisons, et à raison, avec le vote du Brexit. En effet, dans les deux cas, nous aurons eu un vote protestataire, que l'on se sera ingénié, côté presse-système, à faire passer pour un vote haineux et rétrograde pour le discréditer. Encore une fois, mais de manière moins ostensible, on aura mis en avant le jeunisme de ceux qui s'opposent à cette élection, mais surtout, leurs origines "étrangères", leurs orientations sexuelles... Voilà à quelles bassesses on essaye de réduire, de nos jours, un processus démocratique qui, de toute façon, n'en a que le nom, qu'il s'agisse de Trump ou de Clinton au pouvoir.

 

Mais si Clinton avait été élue, une chose est sûre, c'est que nous n'aurions pas eu droit à ce grand cirque de manifestations anti-Clinton, tel que celui auquel nous assistons actuellement, concernant Trump.

 

https://francais.rt.com/international/28837-protestations-anti-trump-president-elu-accuse-medias-inciter-gens-manifester

 

Dans certains cas, on peut même faire penser à une volonté délibérée de faire dégénérer les choses :

 

https://francais.rt.com/international/28863-portland-coups-feu-retentissent-lors-manifestation-anti-trump

 

https://francais.rt.com/international/28854-etats-unis-manifestation-anti-trump

 

Certains ont fait une peinture assez caustique de la chose, à laquelle je ne peux que souscrire :

 

https://fr.sott.net/article/29377-Schizophrenie-totale-le-vrai-visage-des-supporters-de-Clinton

 

Quant aux déclarations de trump sur les "manifestants professionnels", qu'en penser ? Nouvelle bouffonnerie du clown républicain ? En cherchant un peu, on s'aperçoit que ce n'est pas ai absurde, et que loin d'être aussi idiot qu'on veut bien le dépeindre, le candidat élu essentiellement sur la base d'un rejet du système, n'est pas un naïf, et dévoile une nouvelle manifestation du système :

 

https://fr.sott.net/article/28024-Manipulation-mediatique-quand-des-acteurs-peuvent-etre-recrutes-pour-des-manifestations-des-attentats-des-fusillades-des-catastrophes

 

http://quandcafaithouille.blogspot.fr/2014/07/aveu-dun-maidaniste-sur-les.html

 

Et qui trouve-t-on derrière ce genre de truc ? Je vous le mets en mille, George Soros l'affreux, principal soutien d'Hillary Clinton. Est-il besoin d'ajouter quelque chose ? Peut-être unt rait d'humour, puisque depuis quelques temps, on ne trouve plus que ça en effectuant cette recherche sur google :

 

https://youtu.be/xCUOg5oXH1k

 

 

Donc voilà, nous y sommes. Une sorte de révolution de couleur interne aux USA.

 

Le premier jour, on parlait de groupes de 300 manifestants, puis dans les 24h qui suivent, on parle d'intensification du mouvement, probablement par simple suivisme. Voilà comment on manipule un peuple maintenu inculte par un incessant matraquage de pseudo-valeurs qui se poursuit depuis des décennies. Et c'est là que je me rapproche du sujet que je voulais vraiment traiter.

 

Le système s'accroche à son propre récit, et comme avec le Brexit, se refuse à faire son auto-critique.

 

http://www.les-crises.fr/les-democrates-trump-et-le-refus-actuel-dangereux-de-tirer-les-lecons-du-brexit-par-glenn-greenwald/

 

Au contraire, il s'enferre dans son propre délire, au risque d'accentuer la catastrophe que constitue en soi son propre effondrement. Il est vrai qu'il n'est pas si facile de se confronter à une désillusion.

 

https://francais.rt.com/opinions/28812-donald-trump-fin-illusions

 

 

 

Trump, le nouvel Hitler ?

 

Maintenant que j'ai placé mes liens du moment, parlons un peu du fond du sujet. Ce qui me motive aujourd'hui à écrire est, une nouvelle fois, une sorte de réaction à la bêtise du monde. Cette bêtise m'agresse.

 

Oui, Donald Trump, provocateur réactionnaire et habile, a été élu, "démocratiquement", président des USA. Par démocratiquement, j'entends autant et aussi peu que tous les autres présidents avant lui. A t-on vu cette hystérie collective à l'époque de G.W. Bush et de ses trucages électoraux ? C'est sans doute que l'ingénierie sociale a fait des progrès depuis... avec les investissements d'un Soros.

 

Le fait est que ce peuple américain, comme tous les peuples appartenant aux "démocraties" occidentales, est manipulé depuis l'éternité, par tout un corpus de discours, de manoeuvres et de techniques de communication qui vise théoriquement à rendre impossible l'élection d'un représentant pouvant mettre à mal le système, c'est à dire le statu quo qui profite aux élites corrompues. Donald trump a eu l'habileté de créer un contexte, ou de profiter d'un contexte, qui rendait son élection possible, et les gens ont sauté sur l'occasion. Par "les gens", j'entends la frange certes "droitiste" dans sa majorité, mais pas que, qui refuse les manipulations sempiternelles des globalistes, et qu'on insiste à catégoriser comme étant les méchants.

 

Ainsi les choses sont plus simples. Si vous êtes un "progressiste" versé dans le peace and love, qui tolère toutes les couleurs de peau et toutes les orientations sexuelles, qui aime son prochain et qui est prêt à accueillir un migrant dans chaque pièce de sa maison écologique, vous êtes un gentil.

 

Si vous êtes un "conservateur", qui écoute les discours "populistes", verse dans un souverainisme diabolique qui prone le protectionisme et qui "assume" son hétérosexualité, vous êtes un bouffeur d'enfant, un haineux prêt à tuer les étrangers, vous ne fréquentez d'ailleurs que des blancs, êtes forcément un suprémaciste blanc machiste qui s'ignore, bref vous êtes un méchant.

 

Mais les choses sont-elles si simples ? Vu d'un mirador gauchiste, cela semble assez évident, sans doute un poil caricatural, mais pas tant que ça.

 

Si je me permets de dire ça, c'est que j'ai grandi dans un milieu tout à fait gauchisant, sûr de ses valeurs, avec un père syndicaliste assez engagé à la CFDT, dans une ancienne région minière et de sidérurgie assez typique (le forez). J'ai fréquenté toutes sortes de milieu, grandi dans la banlieue stéphanoise, eu surtout des amis apolitiques comme moi, et d'autres un peu plus engagés, ou sans doute plus lobotomisés par leurs parents que je ne l'ai été. Car mes parents m'ont toujours laissé toute latitude pour me déterminer. Jamais je n'ai entendu de discours politisé à la maison, et tout juste ai-je pu susciter la consternation en me faisant un ami, quand j'avais 11, 12 ou 13 ans, dont la famille était totalement acquise au FN, et qui ressassait leur discours tout haut comme un robot, au point de m'influencer dans ces bêtises purement racistes (car il s'agissait bien de cela, en l'occurrence). Je clamais alors, comme lui, par simple mimétisme imbécile, que j'étais raciste et fier de l'être. Je ne savais même pas ce que c'était. Construction de l'identité adolescente, recherche inconsciente d'attention et de provocation façon de se forger le caractère qui m'a vite passé après quelques déboires et prises de conscience.

 

Il n'empêche, cela m'a fait réaliser qu'il n'existe pas d'identité politique. C'est un non-sens total que je croise de nouveau aujourd'hui, en clamant que le clivage gauche-droite est décidément une blague de mauvais goût, parmi les manipulations de masse qui permettent de garder les peuples sous contrôle, bien évidemment.

 

Mon grand père côté maternel, lui, avait été résistant pendant la guerre, puis CRS pendant quelques années, bien après. Peut-on en déduire pour autant qu'il était de gauche ou de droite ? Anti-Pétain et pro-De Gaulle ? Je ne sais pas, je n'ai jamais su ses opinions à ce sujet. Je sais juste que dans la famille, en dépit de caractéristiques marquées à gauche, ce grand-père considérait les grèves et manifestations comme de la stupidité et de la futilité. Pour vivre on a besoin de travailler, point, et les grèves n'y changent rien. Du moins c'est ainsi que j'interprête son point de vue alors qu'il n'est plus là pour le défendre, et d'ailleurs en avait-il vraiment un qui soit construit ? Je crois plutôt qu'il s'agissait de simple pragmatisme, et d'un certain fatalisme à l'ancienne. Un refus de l'utopisme qui sature nos sociétés aujourd'hui. Mais peut-être aussi un certain manque de courage à reconnaître la beauté du monde, une crainte d'être déçu ou trompé, de souffrir, en somme.

 

Or ces deux tendances ne cohabitent-elles pas au sein de chacun d'entre nous ? Pour des raisons qu'on ignore, l'une ou l'autre finit par dominer en certaines personnes, créant d'un côté des nihilistes un peu réactionnaires, et de l'autre des idéalistes rêveurs qui s'opposent aux premiers. Mais les uns et les autres sont de la même graine, en vérité. On ne fait qu'instrumentaliser leurs tendances respectives pour les diviser, les opposer, canaliser leur énergie contre autre chose que ce qui les opprime. Nourrir un manque d'espoir d'un côté, et diriger l'espoir des autres dans de fausses directions.

 

Ainsi, la candidate de la guerre qu'est Clinton, largement responsable d'une quantité astronomique de morts en Libye ou en Syrie entre autres, mais aussi d'autres formes de crimes plus pernicieux et de plus petite ampleur – on ose dire désormais que la famille Clinton n'est pas loin de constituer un véritable cartel mafieux, et encore parce qu'on pèse ses mots – paraissait à beaucoup une candidate désirable, une première présidente des USA, ce qui aurait été un symbole factice de progressisme, puisque des présidentes, il y en a eu dans d'autres pays du monde deuis des décennies (GB, Inde, Brésil, Islande, Allemagne, etc.), on ne peut donc pas dire que les USA auraient porté le flambeau en la matière, au contraire...

 

Dans mon entourage, j'ai donc lu et entendu des commentaires affligés, outrés, choqués, à propos de l'élection du vulgaire machiste Trump, par opposition à la délicatesse guerrière et meurtrière d'une Clinton qui protège son mari lorsqu'il abuse des femmes, y compris mineures suivant la rumeur. Il faudrait savoir... Il faudrait surtout connaître. Savoir et connaître la vérité qui se cache derrière cette harpie qu'est Hitlery Clinton, avant de dire que Trump était le nouvel Hitler. Clinton n'est rien de plus qu'une marionnette-système bien vernie pour permettre la perpétuation des guerres de spoliation auxquelles on assiste depuis au moins le 11 septembre, mais en réalité bien plus. Clinton est l'incarnation de cette logique d'assassinats politiques menés par les USA, d'invasions, de politiques de migrations sponsorisées par son soutien Soros pour destabiliser l'Europe et renforcer son pouvoir américain par effet de balance, lui qui a toujours servi de financeur aux "causes progressistes" menées par les démocrates, qui se débrouillent toujours bien pour faire porter le chapeau aux républicains. Il est vrai que G.W. Bush avait tendu le bâton pour se faire battre, mais une bonne partie de sa politique n'était que la continuation de celle d'un certain Bill Clinton, adultère notoire n'ayant rien à envier à son confrère républicain Trump dans le domaine du mépris de la femme. La preuve étant qu'il s'en est choisie une qui n'en est pas vraiment une, et qui a tout d'une porteuse de pantalon qui mène ses affaires dans son coin pendant que son mari en fait autant.

 

Blanc bonnet, bonnet blanc entre républicains et démocrates, hommes et femmes.

 

Mais le progressisme exigeait une femme. Et après, quoi ? Un homosexuel ? Notez que je n'ai rien contre. Mais il me semble que, si l'on accrédite ce système, ce qui n'est pas mon cas, on est censé élire quelqu'un sur la base de ses compétences pour la fonction, et non pour son image, sa petite particularité "plaisante". Mais comme tout n'est, en effet, que communication et manipulation de masse, comment s'étonner de ce genre de caprice ?

 

La vérité est qu'au-delà de ça, le système est tout aussi ambivalent que nous le sommes tous. Personne n'est de gauche ni de droite, réellement. Personne n'est démocrate ou républicain, pas même leurs représentants. Ce qu'on a, à tous les niveaux, ce sont des acteurs politiques qui, à leur corps défendant bien souvent, joue le jeu parce que c'est celui qui est le plus propice à leur faire accéder aux pouvoirs. Les plus malins gagnent, les plus immoraux, ceux qui ont le moins de scrupule à tricher, mentir, et ce n'est pas pour rien si aussi bien Trump que Clinton sont désormais renommés pour leur propension à le faire. Nous atteignons à une apothéose de l'absurde du système avant sa chute. A qui attribuera-t-ons a chute relève de la petite histoire puisque c'est du pareil au même. Comme mon grand-père à la fois pragmatique et idéaliste, résistant et CRS, peu croient vraiment en quelque chose, sinon à ce qu'ils disent ou font à un instant T. Parce que l'identité est une illusion... Autant pour les identitaires "conservateurs" donc, et c'est pour cela que je n'ai jamais pu voter, me reconnaitre en quelque représentant que ce soit, accorder quelque crédit que ce soit à ce système. Et s'il est vrai que j'ai une sensibilité que l'on qualifierait volontiers "de gauche", en réalité je suis tout aussi sensible à certaines revendications "de droite", et de là il a bien fallu créer une catégorie pour diffamer ce genre de personnes puisque je ne suis pas le seul, loin de là. D'ici, les qualifications de "complotisme rouge-brun", les conneries sur "les extrêmes qui se rejoignent" pour rationaliser le fait.

 

La vérité est que ce point de vue n'est pas extrême. Il est certes "radical" en ce sens qu'il se réfère aux racines essentielles de la condition humaine qui fait que nous avons en nous toutes les potentialités, tandis que le système essaye de polariser pour mieux diviser nos tendances et créer artificiellement des camps, ce qui conduit à 95% de voies pour les deux partis principaux, aux USA... absurdité s'il en est, puisqu'il est bien entendu que les 5% restants représentent en réalité une bien plus importante frange des opinions. 1% pour les écologistes, mais vous plaisantez ? Bien plus que 1% des occidentaux ont des préoccupations écologiques...

 

Mais comme tout n'est que jeux de pouvoir dans ce genre, cela finit par se voir, et alors on saisit la première occasion de protester, d'essayer de casser la machine. Brexit, Trump, peut-être demain Marine Le Pen, qui sait ? Maintenant qu'on a eu, de droite et de gauche, les deux présidents les plus impopulaires de la cinquième république, et peut-être de l'histoire, que penser de la candidate "de l'extrême" ? Evidemment rien en ce qui me concerne, sinon que ce n'en est qu'une autre qui instrumentalise les peurs et les rancunes du peuple, avec beaucoup moins de talent et de courage que Trump à mon avis, mais soit... On peut gagner lorsque tous les adversaires se sont décrédibilisés d'eux-mêmes, et que la tendance nous est favorable, suivant le courant du moment des peuples de se réapproprier leur histoire et leurs pays, et je ne saurais que leur donner raison.

 

 

 

Ambivalence du système

 

On a déjà dit beaucoup sur ce point, mais j'aimerais approfondir un peu.

 

Comme dans ma famille "de gauche" qui avait ce petit racisme latent non assumé, comme il en existe à mon avis au sein de chaque être humain, quoique bien refoulé dans le cas des plus conditionnés au progressisme, le système occidental est profondément raciste, bien qu'il ne saurait le reconnaître. On pourrait s'amuser avec ces considérations psychanalytiques, lorsqu'on constate cette résurgence auto-raciste parmi les gauchistes les plus extrêmes, qui parlent de la fin de la race blanche et sa suprémacie, des féministes extrêmes qui en réalité ne souhaitent que la fin des gênes masculins, comme si elles pouvaient survivre ou même exister sans.

 

Cette ambivalence qui se montre parfois dans l'inversion des valeurs, où la tolérance annoncée se transforme soudain en une violente haine destructrice de ce qui constitue l'autre dans sa plus grande profondeur (par exemple son genre, sa personnalité réelle et entière, qu'il faut castrer pour la maintenir dans le cadre civilisé domestiquable, etc.), est tout à fait symptômatique du gauchisme primaire, et on ne la rencontre ailleurs que dans l'extrémisme raciste de droite. Ce n'est pas que les extrêmes se rejoignent, c'est qu'il s'agit en fait de la même "extrémité", ou plutôt de la même caractéristique, qui s'exprime par des voies différentes. Assumée dans le cas du racisme suprémaciste dit de droite, et rationalisée et parfumée de valeurs d'amour et de tolérance, dans le cas du racisme inversé et du féminisme anti-hommes de gauche. Dans le fond, c'est rigoureusement la même chose, un neurologue assermenté dirait probablement que ça se rapporte à "la même zone du cerveau", un psycho-sociologue que cela relève d'une même et unique tendance psychique, qui se rapporte à l'auto-conservation : détruire le danger provenant de l'autre pour préserver sa propre intégrité. On est dans des pulsions animales de colère rationalisée, tout sauf de la spiritualité ou de l'authenticité morale et humaine, malgré ce qui est constamment mis en exergue par les identitaires comme par les progressistes.

 

Et dans tout cela, l'identarisme, que j'exècre, a tout de même un mérite. S'il se rationalise lui aussi, il ne se cache pas derrière des discours de pseudo-tolérance. Ce qui est particulièrement haïssable dans le gauchisme progressiste, et qui me fait rejoindre certains discours aux antipodes du blabla sur l'amour de son prochain (bien que je ne rejette pas cela, au contraire, seulement les discours en réalité haineux qui prennent cette apparence), c'est que les pseudo-valeurs qu'il promeut ne font au final que servir de caution au système.

 

Car on l'a vu, ce système est fait de tout bois. J'aimais bien l'expression "UMPS" pour parler de la collusion absolue entre le pouvoir "conservateur" de droite et le pouvoir "socialiste" de gauche. Le fait est que vous pouvez élire les socialistes et avoir une politique de droite, et inversement, élire un représentant de droite, et avoir un programme qui couvre tout, du terrain habituel du FN jusqu'au revenu universel pour tous... L'essentiel est que, toujours, il existe une composante sociale qui sert à justifier le système en lui-même, à prétendre qu'il n'est pas totalement inhumain, pas totalement déshumanisé, pas totalement déconnecté des malheurs du peuple, des pauvres, des immigrants que l'on fait venir chez nous pour servir de chair à canon au grand détournement d'attention et à mascarade globaliste de destruction de toutes les cultures et de toutes les traditions.

 

A ce propos, il est intéressant de remarquer que ces "progressistes de gauche" qui sont les premiers à pretendre défendre les valeurs des peuples premiers, à servir l'argument comme quoi l'immigration nous enrichit mutuellement sur le plan culturel, sont également les premiers à cracher sur la culture qui les a pourtant engendrés, précisément parce qu'ils ont été plus réceptifs aux éléments qui, dans cette culture, sont auto-destructifs, prônent le culpabilisme, comme si nos cultures et nos traditions valaient moins que les cultures tribales qu'en réalité, nous détruisons également en les intégrant dans nos sociétés occidentales globalistes. Lorsque certains disent qu'il n'y a rien de pire que le multi-culturalisme, que celui-ci ne marche pas, j'ai plutôt envie de dire qu'il n'existe pas. Notre société globaliste n'est pas multi-culturelle, mais anti-culturelle. Elle détruit aussi bien nos propres traditions que les traditions que nous prétendons accueillir et intégrer. Il n'y a qu'à voir le débat sur la burqa ou le burkini pour s'en convaincre, et même si, pour le coup, ce sont bizarrement les progressistes qui défendent ces trucs, il est intéressant de voir que, pour une fois, il s'agit en réalité non pas d'une réelle tradition ancienne, mais d'une mode relativement récente, datant du 20e siècle, qui s'est généralisée dernièrement. Il y a 50 ans, la plupart des musulmanes ne s'habillaient pas ainsi, à part en Arabie saoudite. C'est dire.

 

Mais l'important est que, justement, la logique qui se cache derrière le respect de telle ou telle tradition et la destruction de telle ou telle autre n'en est pas une. Un véritable principe moral voudrait que l'on respecte tout ou rien, mais puisque le système globaliste est ambivalent, un coup il autorise, un coup il sanctionne. Un coup il prétend défendre les droits (prétention des droits de l'homme pour mener n'importe quelle guerre néo-coloniale), un coup il les casse (loi travail).

 

Il m'aura fallu du temps, il est vrai, pour me détacher de ce progressisme, de ce moralisme à deux balles qui forge le néo-colonialisme occidental qui détruit jusqu'à l'occident de lui-même de l'intérieur. Du temps pour comprendre que cette morale n'en est pas une, mais n'est qu'une loi du Talion détournée pour profiter au plus fort contre le plus faible, et justifier l'abus du fort sur le faible, du puissant sur le miséreux. En vérité, l'idéalisme gauchiste tel qu'on nous l'a servi est le premier allié et serviteur de cette destruction, de cette souffrance de masse.

 

Il ne nous reste alors que la concurrence victimaire. Qui souffre le plus, de nous, occidentaux dépossédés, ou des migrants déracinés ? Je ne sais pas... Nous, occidentaux, avons largement perdu la capacité d'endurance à la souffrance. On l'a certes voulu, mais on l'a voulu pour nous, surtout, en nous construisant une véritable cage dorée en guise de démocratie, un meilleur des mondes dans lequel nous voulons ou ne voulons pas accueillir autrui, et ne parvenons pas à nous mettre d'accord là-dessus. C'est que certains ont déjà abandonné les fausses valeurs morales occidentales corrompues, tandis que d'autres sont encore conditionnées par celles-ci, en toute bonne foi. Et parviendrons-nous jamais à nous mettre d'accord avant que le système nous broie tous ensemble dans sa chute ?

 

 

Le début de l'effondrement

 

Lorsqu'on parle d'effondrement du système, on a l'air de parler de quelque chose d'assez abstrait, voire de symbolique. Pourtant, cet effondrement, dont l'élection de Trump est une des lézardes les plus visibles, est quelque chose qui se manifeste tout à fait concrètement. Dans ma région, comme dans la région américaine de la rust belt, dont on dit qu'elle a fait basculer cette élection, l'effondrement s'est rendu visible quelques decennies après la guerre avec la fermeture des mines et de l'industrie sidérurgique qui avaient été tant utiles en tant de guerre, et après pour la reconstruction.

 

Dans les années 70, tout était fini. Région désolée, chômage galopant, qui a désormais un peu remonté la pente, comme certaines villes de la rust belt, grâce aux "nouvelles technologies". C'est à dire que l'on se raccroche à une autre branche, comme l'humanité survit depuis toujours avec ce qu'elle peut. De nos jours c'est "le travail" et non plus la cueillette ou la chasse, ou encore l'agriculture, qui sont synonymes de survie. Le travail, l'emploi, autant de termes qu'on utilise à contresens pour justifier un système inique et aberrant qui broie ceux qu'il inclut, et tue ceux qu'il exclut. Le travail, c'est la peine, la souffrance, la torture, comme chacun sait en se référant à son étymologie. L'emploi, c'est l'utilisation, c'est à dire l'exploitation. L'humain comme ressource, outil, comme objet et sujet d'une souffrance qu'on lui impose, uniquement pour nourrir le mal nommé "1%" qui est plutôt "0,01%" à mon sens. Car il n'y a pas 1% de milliardaires (j'avais lu qu'on appliquait cette expression à Trump), même s'il y a certes des subalternes qui se nourrissent aussi sur ce système entièrement parasitaire de lui-même.

 

Enfin... Tout a été dit sur ce sujet. Je finirai sur une remarque anecdotique. Une amie à moi demandait "les américains se sont-ils trumpés ?"

 

Je répondrai simplement qu'ils n'ont pas eu le choix. A ce stade, cela relève de la légitime défense, quand on a été acculé par des décennies et des siècles de manipulations politico-médiatiques, il ne restait plus qu'un mauvais messie comme Trump pour leur donner l'illusion de les sauver. Au moins a-t-on évité la Grande Maîtresse de Guerre Clinton, Harpie parmi les Harpies. Bon à la place, on aurait Hitler à ce qu'il parait.

 

Blanc bonnet, bonnet blanc. Dans un cas comme dans l'autre, le système en a pris un coup sur le pif, et ça, ça me réjouit. Même si je sais que cet effondrement ne fait que commencer, et qu'on en paiera, aussi, le prix.

 

Note Post-Scriptum : notre médecine moderne est un parfait produit de la déshumanisation et de la "déculturation" générale.