Ce sera le gros morceau de mon exposé. J'y citerai notamment deux longues interviews, mais qui ont le mérite de bien circonscrire mon sujet, et qui concernent deux co-auteurs du livre OVNIS et conscience dont j'avais parlé il y a un certain temps.

 

Dans la partie précédente, j'ai commencé à poser les bases de ce que je vais proposer ici. Je vais attaquer directement par cette vidéo avec Fabrice Bonvin, qui nous parle de son cheminement ufologique pour en arriver à considérer la piste qui mène vers une étude de la conscience à la sauce ufologique, après avoir fait un long passage par l'HET. C'est un parcours qui ressemble fortement au mien, et qu'il étaye d'arguments parfois frappants, à mon sens

 

https://www.youtube.com/watch?v=lxgw0UiKiQg

 

Si l'on en croit Fabrice Bonvin, il y a eu dès les années 50, une volonté d'orienter le public vers une croyance envers l'HET. Cette volonté s'est traduite par une forme de désinformation à double détente, jouant à la fois sur la négation du phénomène OVNI, et sur le fait d'admettre du bout des lèvres que nous serions visités par des ET. A cet égard, on pourra songer que le cas de Roswell a pu être instrumentalisé pour servir cette cause, mais l'on pourra aussi réécouter ces paroles de Ronald Reagan à l'ONU en 19 :

 

https://www.youtube.com/watch?v=p0nBeX7g8UI

 

http://ovnis-direct.com/confidences-recentes-sur-reagan-et-gorbatchev-au-sujet-des-aliens-5454.html

 

Ronald Reagan, dans un discours à l’ONU, le 21 septembre 1987 a déclaré : « Je songe quelquefois à la vitesse à laquelle nos différences s’effaceraient si nous devions affronter une menace extraterrestre venue d’un autre monde.» Il ajouta : « Et, je vous le demande, cette force extraterrestre n’est-elle pas déjà parmi nous ? »



On entrevoit ici nettement la volonté politique d'orienter le problème. La dernière phrase est clairement formulée sur le mode d'une suggestion. Une question qui contient sa propre réponse. L'existence d'extra-terrestres (à condition qu'ils soient menaçants) pourrait servir à souder les peuples de la planète... c'est à dire un outil de plus pour fabriquer le consentement, et les lecteurs réguliers du blog apprécieront.

 

Donc, si l'on admet la thèse de Fabrice Bonvin, l'élaboration de la thèse extra-terrestre et sa cristallisation dans l'inconscient collectif (car qui aujourd'hui ignore jusqu'à l'existence du phénomène OVNI et sa théorie principale qui se trouve être l'HET ?) est essentiellement un produit d'une propagande astucieuse, qui visait à récupérer le phénomène, à faire semblant qu'on le comprenait, pour en faire une menace et donc un moyen parmi bien d'autres de maintenir les populations sous contrôle. Ne procède-t-on pas exactement ainsi avec les terroristes ? D'abord on les finance, on profite de leur existence, puis on gonfle artificiellement leur puissance et leur menace, et à coup d'un massacre par ci, une explosion par là, on a un peuple docile qui réclame plus de sécurité. Cela est tout à fait congruent avec la logique du pouvoir telle qu'on l'observe, avec ici en plus un autre élément renforçant : en faisant savoir qu'on sait ce qu'est le phénomène OVNI (et en l'entourant d'un mystère propice) on se donne une image de celui-qui-sait. Et celui-qui-sait renforce son autorité.

 

Il me paraît difficile d'écarter cette possibilité, après ce que nous explique M. Bonvin. Ce qui ne signifie certes pas que cela suffise à écarter une HET. Cette menace pourrait être réelle après tout.

 

Cependant, si l'on s'en réfère à d'autres caractéristiques du phénomène, à son extrême variabilité et à son évolution à travers le temps, on commence à avoir un tableau un peu différent de celui d'une civilisation ET qui viendrait nous attaquer. D'ailleurs, a-t-on jamais assisté à des attaques ? Ce n'est que ce que Reagan a tenté d'insinuer, mais sans aucun élément de preuve, et d'ailleurs fort prudemment. Comme font les hypnotiseurs et les simples démagogues. Or il était ancien acteur, et habile orateur. Un messager du système, en somme, comme bien d'autres dirigeants.

 

 

On pourra d'ailleurs constaté que le public s'est tellement bien emparé de cette hypothèse qu'il en a, comme à son habitude, formé une sorte de religion non-officielle. Que ce soit dans les sphères new age ou dans l'ufologie plus « sérieuse » qui toutefois rejette les explications psycho-sociologiques pour mieux les refouler dans son inconscient et ne pas analyser certains aspects du problème (il faut dire que les sceptiques en font une présentation assez risible, comme à leur habitude), vous pouvez observer ces formes quasi-religieuses qui prennent une forme extrême dans le new age, et plus nuancée ailleurs.

 

Ainsi, le new age vous promet la rédemption par l'avènement de nos cousins de l'espace, tandis que dans l'ufologie plus raisonnée apparaît la fixation autour de la « divulgation », qu'on appelle à corps et à cri, et qui ne vient jamais. Un peu comme le jugement dernier.

 

Pour que divulgation il y ait, encore faudrait-il que les gouvernements aient intérêt à révéler ce qu'ils savent, c'est à dire à mon avis presque rien. Probablement pas plus que nous, car pourquoi seraient-ils tellement mieux placés que nous pour comprendre ? Même en admettant que des ET de technologie avancée existent, il faudrait qu'ils aient survécu jusqu'à un certain point de leur développement, pour découvrir notre civilisation irresponsable, guerrière et destructrice. Pas sûr que même s'ils sont là, ils aient envie de s'ingérer ou se compromettre dans ce nid de guêpes...

 

Les autres considérations de Fabrice Bonvin sur le nucléaire ou les formes des « visiteurs » sont intéressantes et à mon avis à connaître pour toute personne s'intéressant sincèrement et sans œillères à l'ufologie, mais je ne peux que vous recommander d'écouter, il serait trop long de détailler. Mentionnons tout de même que ce n'est pas entièrement nouveau, puisque d'anciens auteurs comme Jacques Vallée ou Aimé Michel avaient déjà mis les pieds dans ce plat là, et inspirent les nouveaux. Certains leur reprochent et inventent n'importe quoi pour leur faire de l'ombre et ils ont tort, point.

 

Ils ont tort parce que la politique de l'autruche ne tue pas la vérité, et il ne suffit pas d'ignorer ce qui ne semble pas aller dans son sens pour que cela cesse d'exister. Si la communauté ufologique s'obstine à ignorer cette nouvelle génération de chercheurs, une autre viendra après, inlassablement, et un jour ou l'autre, il faudra examiner leurs propositions, même si elles paraissent insensées, même si elles sont gênantes, et même si on ne sait pas quoi en faire, comment les tester, etc. Avancer est à ce prix : celui d'abandonner ses préjugés, pour au moins les examiner périodiquement.

 

 

Maintenant, je vous propose l'autre interview, qui est celle d'un philosophie, Philippe Solal :

 

https://www.youtube.com/watch?v=aejY-lZ5zCI

 

Philippe Solal, en philosophe, va davantage dans le monde des idées, comme on peut s'y attendre. Il nous rappelle la distinction entre matérialisme et idéalisme, et remet à leur juste place certains éléments qui sont beaucoup trop mis de côté dans notre société, comme le rôle de la spiritualité, qu'elle soit religieuse ou à l'opposé, personnelle. L'humain a besoin de spiritualité. Et je ne parle pas forcément de ces formes dogmatiques et embrigadantes que sont les clergés, mais bien d'une ouverture vers la transcendance. Lorsqu'il ne l'a pas, il va la chercher où il peut, n'importe où. On pourra répliquer que la chercher dans le phénomène OVNI, c'est précisément aller la chercher n'importe où.

 

Pourtant, Solal fournit bien des arguments de nature philosophique ou psychanalytique (ou psychologique, peu importe le terme) qui montrent que cela n'a rien d'absurde. Puisque selon lui, le phénomène se manifeste suivant une modalité qui inclut des phénomènes de conscience, pourquoi les séparer du reste ? C'est à dire des phénomènes « paranormaux », des apparitions, des expériences de mort imminente, du petit peuple, etc. (Fabrice Bonvin aborde aussi ces points).

 

La seule raison de le faire, en vérité, est purement arbitraire. Du genre « cachez ce sein que je ne saurais voir ». Du genre « je suis trop sérieux pour ces bêtises ». Bon, tout le monde ne veut pas s'y intéresser et c'est très bien comme ça. Mais alors il ne faut pas prétendre à une approche d'une quelconque nature scientifique. Il est intéressant de voir que, face à l'incompris, l'ufologue fait comme le mauvais scientifique : il renonce à comprendre, et ne cherche que là où il y a de la lumière.

 

https://www.jp-petit.org/CHRONIQUES/illustrations/la_il_y_a_de_la_lumiere.gif

 

 

Donc voilà. J'en ai assez fait sur ce point, et je voudrais terminer par un dernier chapitre.

 

J'ai assez dit qu'il était selon moi stupide de n'envisager la vie intelligente que comme ne pouvant déboucher que sur une civilisation d'ordre technologique et industrielle. Cette vision bornée, ce manque d'imagination, conduit à se fermer la possibilité de reconnaître d'autres formes d'intelligence.

 

Après des années de réflexion et de recherche, d'expérimentations à ma manière, j'en suis venu à supposer fortement que ce phénomène OVNI avait tellement de corrélations avec les histoires de petit peuple, de NDE, de phénomènes hallucinatoires, d'expériences chamaniques, d'apparitions et encore d'autres phénomènes dits paranormaux, qu'au fond il était fortement probable que tous ces phénomènes forment un seul et même ensemble phénoménologique. Attention, je ne dis pas qu'ils sont tous identiques, qu'ils ressortent tous des mêmes procédés et mécanismes, mais seulement qu'ils ont quelque chose d'essentiel en commun, et qui se rapporte en effet, comme le dit Philippe Solal, à une certaine dimension onirique. C'est à dire à un compartiment secret de notre conscience (Solal n'hésite pas à parler du retour de refoulé, pour commencement d'explication à ces phénomènes), qui co-crée le monde, peut-être en coopération avec ce phénomène lui-même.

 

Cela pourrait vouloir dire que ce phénomène, bien qu'il nous influence et que nous l'influencerions, n'en aurait pas moins sa propre autonomie. Autrement dit, son existence propre, son libre arbitre, au même sens qu'une civilisation ET ou... une forme de vie toute autre, qui pourrait être incarnée, désincarnée, seulement incarnée dans d'autres dimensions, ou ne prenant pour nous une réalité que lorsqu'un lien s'établit (par quelque manière que ce soit) entre notre conscience et la sienne, si tant est que, dans l'absolu, il existe réellement des consciences distinctes (mais c'est un autre et vaste sujet).

 

Et il se trouve que j'ai rencontré un lien sur un forum qui m'a interpellé (et qui, sans surprise, n'a suscité aucune réaction digne de ce nom, mais fut précédé et entouré de nombreuses moqueries à l'égard de celui qui l'a posté). Ce lien, je vous le transmet :

 

http://liberterre.fr/entheogenes/psychonautes/mckenna/parolechampi1.html

 

J'ai déjà lu des bouquins de Terence McKenna, mais je n'avais jamais rencontré ce type de passage. Il faut avouer que c'est assez intéressant, d'autant plus lorsque l'on a conscience de l'omniprésence des champignons sur notre planète, et la diversité de leurs formes adaptatives.

 

Tout le monde connaît bien sûr leur forme classique à chapeau, mais ils sont en bien plus grand nombre encore dans la « flore » interne et externe de la plupart des espèces vivantes, et existent aussi sous des formes symbiotiques telles que le lichen.

 

Or, que peut-on lire, au sujet des lichens ?

 

http://www.sciencesetavenir.fr/espace/les-lichens-futurs-touristes-de-l-espace_32794

 

http://www.nouvelordremondial.cc/2012/07/02/le-lichen-arrive-a-survivre-a-un-voyage-dans-lespace/

 

Vouai.

 

Les lichens peuvent voyager dans l'espace. Donc, les champignons. Et ont-ils besoin de développer une technologie pour ça ? Non, les champignons sont les champions de la symbiose, du parasitage, et autre. Ils peuvent simplement profiter des roches errantes (astéroïdes) ou des technologies, ou des événements cosmiques, pour se retrouver dans l'espace. Il suffit qu'un y arrive, patiente en stase pendant des millions d'années, et voilà... il se développe sur une autre planète. Je ne serais pas étonné qu'on en trouve sur Mars, et même sur Vénus, ou la Lune... et plus loin.

 

Or le champignon n'est ni animal, ni végétal. C'est un autre règne qui ne correspond pas aux règnes principaux sur notre planète, qui semble complètement à part. Et le champignon est l'interface bien connue de beaucoup de travaux chamaniques (notons que certaines transes chamaniques envoient dans des voyages dans l'espace, selon les récits). Alors, le champignon serait-il notre visiteur extra-terrestre ? Mieux, serait-il celui qui génère un certain nombre des phénomènes paranormaux ou ufologiques que nous observons, par un procédé quelconque ? Ou bien le fait-il en coopération avec d'autres espèces, elles aussi pas forcément terrestres ?

 

Ou bien ce texte n'est qu'un délire. Peut-être. Mais je ne crois pas... par expérience chamanique, sans doute...

 

En tout cas, si c'est vrai, voilà un exemple de cas d'ET que notre manque d'imagination nous rend totalement incapables de détecter. Une créature dotée d'une intelligence différente (car passive et contemplative), mais apte à influencer ses voisins (comme le font la plupart des parasites, comme on s'en rend de plus en plus compte), à susciter des états de conscience modifiée lorsqu'ingérée (et peut-être autrement ?), qui n'a formé ni une civilisation, ni une flotte aérospatiale, ni de moyens pour « franchir les trous de ver » et autres trucs du genre. Une espèce discrète, qui se contente de communiquer passivement, de pousser là il peut, et de modifier son environnement... comme nous le faisons. Car oui, les champignons peuvent se déplacer de génération en génération, en étirant leur réseau mycélial et en poussant plus loin, et ainsi modifier le paysage, rongeant certains reliefs, poussant ailleurs, etc. Lorsqu'on y pense, c'est loin d'être bête.

 

On peut encore envisager que des populations d'autres espèces soient des êtres désincarnés n'interagissant que temporairement avec le monde matériel, et donc n'ayant aucun besoin de développer des technologies, mais seulement de développer des capacités « psychiques ». Si une telle espèce existait, elle pourrait facilement expliquer beaucoup des phénomènes incompréhensibles que nous observons.

 

Mais allons encore plus loin. Et s'il n'y avait pas d'espèce du tout ? Mais seulement une sorte de conscience imbibant les choses, les objets ? Peut-être la planète ? Peut-être tout le cosmos ? Et voilà qu'on retombe sur des théories quasi-religieuses, mais et puis pourquoi pas ?

 

Cette conscience, qu'elle soit planétaire, cosmique, ou pas du tout attachée à aucun objet, pourrait alors peut-être influencer très directement et très concrètement notre monde, au point d'y faire apparaître des objets, d'y matérialiser nos fantasmes, notre inconscient, et aussi de les manipuler (pensons aux abductions).

 

Bref... Je n'irai pas plus loin, et dirai seulement que je pense avoir démontré que l'on peut aller bien plus loin que l'hypothèse humano-centriste à base de techno-industrie, d'aérospatiale et de religion du progrès scientiste constituant une civilisation. Il y a peut-être bien des formes de vie, dont certaines peuvent être « immatérielles » ou « trans-dimensionnelles », qu'on s'empêche d'imaginer, juste pour « être sérieux ».