Beaucoup de liens à partager, alors je ne vais pas faire trop de commentaires. Dans ce numéro, il sera beaucoup question de Trump et de la position dans laquelle il se trouve, mais aussi du tollé causé par le décodex du monde, et de ses répercussions, notamment sur le blog les-crises, de Berruyer.

 

 

Trump, Soros et le « silent coup »

 

Commençons donc par le commencement. Comme on pouvait s'y attendre, Trump est fortement contesté dans son pays. C'est que Trump n'y va pas toujours avec le dos de la cuiller pour s'en prendre aux mesures et actions prises par le gouvernement Obama :

 

https://fr.sott.net/article/29938-D-Trump-renvoit-les-diplomates-etasuniens-ayant-participe-au-coup-d-Etat-en-Ukraine

 

http://www.huffingtonpost.fr/robert-kuttner/donald-trump-sera-destitue-mais-quand/

 

 

Mais par qui est-il donc contesté ?

 

https://fr.sott.net/article/29892-Soros-veut-creer-l-Armageddon-financier-et-de-dechainer-l-enfer-pour-faire-tomber-Trump

 

C'est que Soros est le principal ennemi de Trump, et le principal financeur d'une presse et d'ONG qui font un travail souterrain de manipulation des masses. Il est notamment le financeur, ici, de l'huffington post, dont on aura vu le contenu à charge de l'article ci-dessus, mais aussi de « democracy now », dont il est largement question dans ce documentaire d'Arte qui fait semblant de prendre le parti du peuple (arte comme democracy now), mais sans expliquer ce qu'est vraiment la machine à ONG de Soros l'éternel manipulateur. Et bien sûr, dans les commentaires, on voit les gens tomber dans le panneau qui est gros comme une maison :

 

https://www.youtube.com/watch?v=ffYAgMatatQ

 

Soros est partout pour nuire, détourner la démocratie, la bonne foi, la bonne volonté et les bonnes intentions des bonnes gens qui ne s'en doutent pas, alors que Soros est avant tout un super-requin de la politique et de la finance, un hyper-prédateur de la manipulation de l'opinion et de la fabrication du consentement :

 

http://www.dedefensa.org/article/soros-et-ses-coyotes

 

 

Et faut-il d'ailleurs rappeler pourquoi les USA sont-ils dans cette situation qui a forcé le peuple à élire Trump (car c'est bien de cela qu'il s'agit...) :

 

https://fr.sott.net/article/29939-La-dette-d-Obama-et-le-crash-quis-en-vient

 

http://www.les-crises.fr/le-grand-mensonge-des-democrates-americains-par-stephane-trano/

 

Comme l'ont dit certains, on attend Trump au tournant, pour lui faire porter la faute de la catastrophe économique qui pend au nez du système mondial, et qui est en fait le fruit de décennies de grands délires économiques, finalisés par une administration Obama outrageusement dépensière. Mais je ne suis pas là pour défendre ni Trump ni personne, simplement pour rappeler quelques vérités. Comme par exemple à propos de la Syrie, grande victime du prix Nobel de la paix qu'est Obama :

 

http://www.dedefensa.org/article/la-syrie-selon-tulsi

 

 

France, mode de vie moderne

 

Et maintenant qu'on a un peu fait le tour du cas américain, parlons brièvement de la France :

 

https://francais.rt.com/opinions/33450-emmanuel-macron-candidat-neuf-escroquerie-absolue

 

Je suis parfaitement d'accord avec cet article, mais même s'il s'avère que RT n'a pas particulièrement produit un grand nombre d'articles sur Macron, ils ont quand même été accusés par les partisans de ce dernier de s'acharner sur lui, alors qu'ils produisent des articles sur la plupart des candidats à la présidentielle française, qui s'annonce comme l'une des plus grandes clowneries en la matière. D'ailleurs Lordon en soulignait récemment le caractère relativement exceptionnel, avec des propos que je peux que saluer :

 

https://www.youtube.com/watch?v=zQiLa3nS6jc&t=908s

 

Rappelons que tout cela s'inscrit dans un mode de vie moderne extrêmement réjouissant, où la marche forcée vers l'automatisation et le contrôle des populations réduites au chômage se poursuit :

 

https://fr.sott.net/article/29991-Une-entreprise-chinoise-remplace-90-des-employes-de-l-atelier-par-des-robots

 

http://lesmoutonsenrages.fr/2017/02/02/grece-totalitarisme-a-loeuvre-obligation-de-payer-par-carte-bleue-20-de-ses-revenus/

 

C'est qu'il ne faudrait quand même pas que les gens se mettent à travailler au noir, hein ? Mais vaut-il mieux vraiment les garder dans l'impossibilité de travailler, dans un monde où le chômage est structurel ?

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_ch%C3%B4mage_n'acc%C3%A9l%C3%A9rant_pas_l'inflation

 

En tout cas, il m'est apparu évident, au fil de la longue période de chômage que je traverse, qu'il est important de se détacher du travail comme valeur centrale de la vie :

 

https://fr.sott.net/article/29923-Remise-en-question-et-si-on-travaillait-moins-pour-mieux-profiter-de-la-vie

 

Mais notre mode de vie peut aussi s'apprécier à la lumière des bienfaits qu'il engendre :

 

https://francais.rt.com/opinions/33906-catastrophe-fukushima-pas-resorbee-fuites-tous-jours

 

http://www.dedefensa.org/article/amazon-dostoievski-et-le-fascisme-cool

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/02/le-but-de-la-decadence-et-les-plaisirs.html

 

 

Ou encore du décalage produit avec de plus anciennes conceptions des choses :

 

http://www.dedefensa.org/article/nayez-pas-peur-du-train

 

On pourra aussi apprécier la précision d'une science climatomancienne qui prédisait l'éradication totale de l'arctique à l'horizon 2012 :

 

https://fr.sott.net/article/29917-Incroyable-mais-vrai-en-2017-il-y-a-toujours-de-la-glace-en-Arctique

 

Révélant ainsi plus les fantasmes millénaristes de notre époque que l'expression d'une « Raison rationnelle » supposée être sa caractéristique même...

 

Idem avec des « révélations » sur le Sahara qui ne font en fait que confirmer ce que beaucoup de chercheurs plus indépendants avaient déduits depuis longtemps :

 

https://fr.sott.net/article/29978-Un-Sahara-vert-qui-rectifie-l-Histoire

 

Et je terminerai cette rubrique par un article que j'ai trouvé exceptionnel, et qui mériterait sans doute bien plus de commentaire que je ne peux en faire dans cette série, mais que je garderai sous le coude pour plus tard :

 

https://fr.sott.net/article/29986-Pourquoi-la-theorie-des-germes-est-la-seule-chose-que-la-grippe-peut-tuer

 

Ce qui me permet d'en venir au dernier point important à développer pour cette fois.

 

 

Décodex, Berruyer, néo-maccarthysme et explosion imminente des grands médias

 

Attaquons directement par le plat principal :

 

https://francais.rt.com/entretiens/33763-fin-blog-decodex-operation-calomnie-monde-fake-news-olivier-berruyer-confie

 

Tout est dit ici, mais donnons encore la parole à Berruyer, première victime de ce nouveau délire qu'est le décodex :

 

http://www.les-crises.fr/wtf-le-monde-sengage-dans-leducation-a-linformation-maintenant/

 

 

Et là je suis obligé de développer, car il y a beaucoup de choses à dire.

 

J'ai sélectionné le minimum de liens, car le décodex a fait pisser beaucoup d'encre virtuelle et des avalanches d'articles, notamment sur le blog de Berruyer. Je m'abstiens d'expliquer ce qu'est le décodex, ce truc ne mérite même pas un lien direct sur mon blog, mais il est facile de le trouver, ou de le déduire.

 

D'abord, mon avis sur le décodex ne fait que rejoindre ce qui a été dit : il s'agit d'un nouveau système maccarthyste, dont l'objectif de censure est de combattre tout forme d'opposition politique à une doxa qui s'étale à longueur d'années dans les pages de nos quotidiens détenus par les industriels et les publicitaires en tous genres, dont on ne sait plus exactement s'ils sont à la solde des gouvernements, ou si ce sont ces gouvernements qui sont à leur solde.

 

Agacés et impuissants devant la montée inéluctable d'une contestation qui gagne chaque jour du terrain en particulier grâce à internet, auquel on reproche ses effets secondaires « complotistes » et autres détours de la novlangue visant à construire une double-pensée, ces médias sont désormais en bataille rangée contre ce mouvement qui a en réalité engendré le Brexit et Trump, c'est à dire des brèches de plus en plus béantes dans le système.

 

Cela se traduit par des initiatives qui se multiplient, comme l'observatoire du conspirationnisme, des sites gouvernementaux, des programmes d'éducation en milieu scolaire, et j'en passe, le tout bien sûr pour maintenir la populace dans le droit chemin.

 

Criminaliser la contestation et tout ce qui va à l'encontre de la pensée unique est la prochaine étape naturelle de ce mouvement (à noter qu'on trouve cela dans le programme de Benoît Hamon, mais je ne serai pas étonné d'apprendre que tous les autres candidats, Mélenchon compris, ont de tels projets dans leurs cartons présidentiels, car il y va de la préservation de leur pré carré).

 

Il est donc important de rester très vigilant sur ce type d'initiative qui vise à maintenir sous conditionnement les jeunes générations, qui seraient « victimes du complotisme sur internet » et autres balivernes plus ou moins vraies. Car si les jeunes sont en effet des proies des vendeurs de délire, c'est surtout finalement parce qu'ils lisent moins la presse que les autres. Heureusement, il y a l'école pour les embrigader. On avait tout prévu, dans notre meilleur des mondes, sauf qu'un outil de masse plus puissant que les médias ne vienne semer une graine de liberté dans un monde qui a besoin de cohésion pour maintenir l'illusion et l'embrigadement du plus grand nombre à travers ses nouvelles églises que sont les partis politiques, les médias et j'en passe.

 

 

Maintenant, concernant les-crises.fr, le problème est que la position de Berruyer était intenable dès le départ, et je l'avais déjà dit bien avant le décodex.

 

Berruyer a démonté un lien qui critique son blog, et que j'avais repris ici lorsque j'avais fait quelques recherches sur ses méthodes. Il s'avère que ce lien pourrait être mensonger, et qu'il a été utilisé par le décodex pour mettre son blog à l'index. Mieux, ce lien provenait des blogs du Monde, c'est à dire... bon ben, des potes du décodex, puisque c'est du Monde que vient le décodex. Inutile d'expliquer en quoi cela pose un problème déontologique, il y aurait de toute façon bien trop à dire sur ce sujet alors que l'essentiel consiste à bien comprendre qu'il s'agit juste d'un projet pour discréditer des adversaires idéologiques et la contestation sur internet dans son ensemble. C'est un projet politique.

 

Mais cela ne change rien sur le fond. Pourquoi dis-je que la position de Berruyer était intenable ? Argumentons un peu...

 

Le blog de Berruyer est un site qui s'insurge contre la censure tout en la pratiquant (dans les commentaires).

 

Le blog de Berruyer est un site qui veut combattre la pensée unique tout en tombant parfois dedans (par exemple les dossiers à charge sur le climat ou le 11 septembre, alors que Berruyer n'est un expert dans aucune de ces questions), et qui veut tout en même temps combattre le conspirationnisme pour ne pas tomber dans cette catégorie.

 

Cette position est intenable parce qu'en procédant ainsi, Berruyer se met tout le monde à dos, alors qu'il cherche à donner à son blog une image de sérieux, censée servir sa respectabilité personnelle.

 

Cette position est intenable parce que, dès que l'on critique le discours unique des médias, on tombe de fait dans la case conspirationnisme. Il a toujours refusé de le comprendre, comme il a refusé de comprendre que le terme « conspirationnisme » n'est qu'un épouvantail rhétorique visant à réduire la dissidence au discrédit. Berruyer se réclame de Chomsky (et est même engagé dans je ne sais plus quel groupement autour de la pensée de Chomsky), sans comprendre que celui-ci explique que les médias de masse ne peuvent en aucun cas être un instrument de vérité qui serait « pur » et pouvant glisser occasionnellement dans la corruption, mais au contraire tomberait de facto dans certains biais induisant notamment le story-telling, l'auto-censure plus ou moins consciente, et j'en passe.

 

Autrement dit, la quête de respectabilité de Berruyer est sa perte. On ne peut pas s'attaquer au discours médiatique tout en accordant parallèlement au système une vertu qui serait à rechercher par opposition au vice du conspirationnisme.

 

Le conspirationnisme est le nom du fantôme qui hante la conscience des journalistes et des reporters acquis à une dynamique qu'ils ne maîtrisent pas et les conduit à mentir pour pouvoir continuer à exercer leur métier. Le conspirationnisme n'est pas seulement un vice de la pensée dont il faut se garder, c'est le nom du mal qui ronge aussi bien l'esprit de ceux qui, sans esprit critique, s'opposent aux médias de masse, que l'esprit de ces mêmes médias de masse quand ils ont la faiblesse et la paresse de caractériser leurs ennemis par cette étiquette.

 

En d'autres termes, le terme même de conspirationnisme est un piège terrible. Berruyer est tombé dans ce piège, mais à sa décharge, Chomsky aussi, comme on a pu le constater plusieurs fois dans sa frilosité à aller sur certains terrains.

 

En fait, la position de Chomsky – même si sa pensée est juste et rigoureuse – est intenable, et c'est sans doute pour cela que Berruyer l'a suivi dans ce piège. Il ne suffit pas d'avoir un maître, encore faut-il en être à la hauteur. Encore faut-il... le dépasser ? Piètre disciple qui ne dépasse pas son maître, disait De Vinci.

 

Bref, je ne vais pas m'éterniser sur ce point, je ne suis pas là pour charger Berruyer, mais j'ai été un peu étonné qu'il cède si facilement sous la pression, même si cela est cohérent avec ce que j'avais déjà senti et observé.

 

J'aime beaucoup le blog de Berruyer, mais comme en toute chose je garde mon esprit critique, j'avais déjà présenté sur le présent blog ce qui posait, à mon sens, problème avec celui-ci. Les événements récents me donnent malheureusement raison. Sans vouloir entrer dans les procès d'intention, Berruyer a été victime de sa personnalité avant tout. Pour s'attaquer aux médias de masse, il faut savoir faire un choix. On ne peut pas chercher la respectabilité dans le système : être intervenant sur BFM TV et vouloir conduire une carrière couronnée de succès ; et en même temps vouloir conserver son intégrité morale et intellectuelle (point sur lequel je ne peux néanmoins qu'applaudir Berruyer et son travail). Il vient fatalement un moment où on est rattrapé par ses contradictions.

 

Berruyer était assis entre deux chaises, et n'avait pas vu venir le piège pourtant évident. Il pensait que repousser les accusations de conspirationnisme en montrant des signes en ce sens suffirait à être adoubé par le système alors qu'il l'attaquait. Il faut être un virtuose pour gagner à ce jeu, et je ne connais aucun virtuose de ce genre, sans doute parce que, s'il y en a, ils ont l'air parfaitement intégrés dans le système et ne se montrent pas, ou, plus probablement, parce que c'est impossible. Soit on est intégré à un certain degré par le système, soit on est dissident à un certain degré, mais pas les deux à la fois. Emmanuel Todd pourrait se situer dans le premier cas, Lordon dans le deuxième, par exemple. Et à l'extrême vous avez les Attali, les Séguéla, et de l'autre les Dieudonné, les Rémi Fraisse, etc. Soit on est pleinement dans le système et on a sa rolex avant 50 ans, soit on se bat contre le système et on meurt socialement ou littéralement.

 

Berruyer me fait l'effet d'un contestataire bourgeois un peu capricieux, qui ne veut ni renoncer à son confort, ni à sa liberté. Il a voulu sa rolex symbolique, mais pas la mort sociale. Il aura difficilement les deux, mais aura beaucoup de mal à avoir la première en tout cas. On est de nos jours impitoyable avec ceux qui font remonter la vérité.

 

Malgré tout, je suis assez déçu de la fin annoncée de son blog. En agissant ainsi, il se discrédite davantage (à mes yeux) en donnant raison à son adversaire, en même temps qu'à ceux qui, comme moi, disaient qu'il n'allait pas au bout de sa démarche. Nous savons désormais pourquoi : Berruyer aspire plus à faire partie du système qu'à le critiquer avec en rigueur, qu'à acquérir la pleine lucidité sur celui-ci. S'il avait continué, il aurait pourtant pu ouvrir quelques nouvelles rubriques, comme par exemple « crise personnelle ». Car on ne peut s'épargner des phases critiques, pour remporter des prises de conscience salutaires. Salutaires car elles nous élèvent, et elles nous élèvent bien plus que la captivité dans un quelconque système qui induit confort et dépendance.

 

Souhaitons-lui quand même de ne pas trop en souffrir, et n'oublions pas que nous sommes tous susceptibles de passer des moments difficiles dès lors qu'on commence à s'affirmer.

 

« Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur » - Beaumarchais