Beaucoup de remue-ménage autour de Saint-Petersbourg et de la Syrie en ce moment, aussi je fais un petit complément de la revue de presse d'hier.

 

 

Trump et l'état profond

 

Trump semble s'être totalement fait berner par ses services secrets et l'état profond américain. Ou peut-être s'est-il juste servi des événements pour effectuer ce virage presque à 180°. Sans me permettre de commenter outre mesure, je livre ici plusieurs articles et analyses sur ce point qui concerne aussi bien sa politique vis-à-vis de la Syrie et de la Russie, ce qui constitue un revirement assez étonnant et surtout assez grave, que l'on pourrait bien interpréter suivant la lecture de "la stratégie du choc".

 

https://fr.sott.net/article/30343-Attentat-du-metro-de-Saint-Petersbourg-attaque-chimique-en-Syrie-Trumps-est-il-couche-devant-l-Etat-profond

 

https://francais.rt.com/opinions/36510-frappes-americaines-syrie-trump-lecon-histoire

 

https://francais.rt.com/opinions/36473-attaque-chimique-presumee-syrie-renseignement-trump-echec

 

https://fr.sott.net/article/30345-Voici-la-realite-sur-l-attaque-aux-armes-chimiques-a-Idlib-la-Syrie-a-bombarde-un-entrepot-de-munitions-chimiques

 

Où l'on voit, comme l'on pouvait fortement s'y attendre, qu'il ne s'agit pas du tout d'une attaque à l'arme chimique, une fois de plus, et comme en 2013, on utilise un fait pour le détourner façon "fake news" : le dépot chimique appartenait aux terroristes, comme il y a 4 ans lorsqu'une attaque chimique a été perpétrée par un de leur groupe et a été attribuée au méchant Assad.

 

Personnellement, le revirement de Trump me conforte totalement dans l'idée que, contrairement à ce que continuent de prétendre les béats et les cynico-suffrageurs du vote "utile" et du vote "contre", on ne peut se fier en aucune façon à un élu, prétendre qu'on peut atteindre un "mieux" avec un "moins pire", alors qu'il n'y a pas à tortiller : il faut réformer de fond en comble ce système qui livre totalement les élus à la corruption et au mensonge. Il n'y a rien à attendre d'une personne qui recherche le trône du pouvoir, où son pouvoir lui sera dénié, et son discours manipulé façon pantin. Et même s'il est vrai que le président français a plus de marges qu'un président américain presque entièrement contrôlé par ses instances "républicaines", il n'y a qu'à constater l'impuissance d'un Mitterrand (et dans une moindre mesure d'un Hollande, dont certains ont prétendu, et peut-être avec justesse, qu'il s'était trouvé dans le même cas, dans l'incapacité lui aussi de s'opposer à quoique ce soit, genre par exemple "la finance, son ennemi").

 

C'est pourquoi je me gausse quand je lis les âmes raisonnables écrire un peu partout sur internet qu'un Mélenchon, Asselineau, voire une Le Pen pourraient nous sortir de l'ornière, et qu'il faut absolument se ranger dans la ligne "TSM", tout-sauf-Macron, soit perpétuer ce désastre de désigner un adversaire unique du peuple, en ne désignant que le pire, et en laissant les coudées franches aux "moins mauvais". Non mais sérieusement, y en a marre de ce système, c'est pas un installent un "anti-système à 5% contrôlé par huissier" qu'on va en finir avec ça.

 

Alors on continuera de voter et de faire la leçon aux "abstentionnistes-pêcheurs-à-la-ligne" qui laissent les oligarques se gaver, comme si les votants ne les installaient pas au pouvoir. Voter ou ne pas voter ne change que le niveau anecdotique des choses. Qu'un ange-Macron ou une diale-Le Pen arrive au pouvoir ne modifie que les dérisoires péripéties de ce grand cirque médiatico-politique. Dès qu'on prend un peu de hauteur, on voit que cela ne fait que changer les acteurs et quelques vagues détours d'évènements menant à une fin irrémédiable et méta-historique sur laquelle votants et abstentionnistes n'ont aucune prise : la fin de ce système d'une manière ou d'une autre.

 

Car tant que les élus ne serant que les pantins des lobbies et les simulacres de médias, comment croire qu'un changement par l'intérieur pourrait avoir lieu, sauf par inadvertance ? Il est évident que je me range plutôt encore une fois du côté de la ligne dedefensa.org, mais qui n'est au fond que la lecture assez évidente que tout un chacun peut faire, et fait sur différents sites : ce système est en train de se casser la gueule, et prétendre vouloir y changer quoique ce soit équivaut à se foutre en-dessous de la tour-prend-garde et de tendre les bras bien haut en croyant amortir sa chute. Alors qu'on ne sait même pas si c'est de notre côté qu'elle va tomber.

 

Tout cela n'est en aucun cas du fatalisme. C'est une lecture d'événements qui échappent totalement à notre contrôle, et où, au contraire, c'est vouloir empêcher ou changer quelque chose au tsunami qui va tout balayer n'est que vaine agitation et panique pre-mortem.

 

Il faut voir les contestataires se déchirer entre Mélenchon et Asselineau ou spéculer sur un seond tour Mélenchon versus Le pen, pour comprendre que la calamité est inévitable. Pendant qu'on s'écharpe sur un bout de gras qui aura fondu au soleil en peu de temps, le système jubile, et prépare un Fillon Macron ou un Macron Le Pen, mais même si on avait un Mélenchon président que fera-t-il vraiment, sinon provoquer des soubresauts sensiblement comparables à ce qu'on observe avec Trump ? En définitive, le résultat sera le même, mais surtout, le vote contestataire est désormais divisé entre plusieurs candidats jugés crédibles par la masse qui s'estime contestataire alors qu'elle voit juste un petit peu plus loin que le bout de son nez, mais pas au-delà. Par ce simple fait, la prédiction d'un second tour Macron contre Fillon, Le Pen ou même Hamon est rendue plus crédible encore, alors même que la masse contestataire borgne se prend à espérer une présidence Mélenchon. On croit rêver, en rappelant que les autres cendidats mineurs vont aussi raboter quelques pourcentages ici et là, ches les anti-capitalistes, les écologistes, les catholiques, les souverainistes, les provinciaux, et j'en passe. On n'en voit plus la fin, mais elle approche néanmoins, m'exaspérant de son éternel discours moralisateur et calculateur, son cynisme pseudo-pragmatique qui est en réalité d'une confondante naïveté et d'une courte vue stupéfiante.

 

Il y a aussi ceux qui votent pour foutre le bordel. Ma foi, pourquoi pas. En définitive, chacun sa conviction, mais cela n'y changera rien de toute façon. Ce qui doit arriver arrivera avec n'importe quel président, avec n'importe quelle situation de second tour, avec ou sans une sortie de l'Europe.

 

Cela prendra juste des détours différents, façon feuilleton pour beaufs.

 

Et pourquoi ? Parce que personne, ni votants ni abstentionnistes, n'est plus en mesure de se battre contre le système, c'est à dire d'exercer un véritable rapport de force. La force du peuple a été laminée par le confort occidental (vous avez des douches chaudes tous les jours, rien que cela, pensez-y), par les beaux discours médiatiques qui dénient toute légitimité à la violence et à la force qui, pourtant, s'exerce d'une manière constante et pas seulement symbolique, mais bien concrète, sur le bas peuple, à travers la soumission à un revenu conditionné par une autorité (l'état, le patron), lénifié par les discours sur la violence intolérable que constitue le fait d'abimer la chemise d'un patron qui peut licencier des milliers d'un personne d'un seul coup de stylographe.

 

Le rapport de force fait peur à toute cette populace réduite à l'état de moutons enfermés dans leur bergerie, et qu'on ne me dise pas que je fais appel à une image facile, car c'est simplement un fait, et nous sommes tous dans ce même panier. Ce n'est donc pas une manière de me distinguer.

 

C'est pourquoi le seul changement possible ne proviendra que d'un coup d'éclat de l'histoire elle-même (guerre, cataclysme économique ou lent effondrement du même ordre, etc.).

 

On ne sait pas ce qu'il adviendra de cela et après cela, et personne ne peut prétendre le dire, mais croire qu'on influe sur l'Histoire avec un bulletin ou même quelques millions de bulletins est d'une telle vanité, d'un tel aveuglement que cela en est époustouflant. On n'influe que sur les rebondissements, comme je l'ai dit, et quelle importance ont-ils vraiment ? J'ai parfois l'impression que les électeurs ont comme une volonté non-assumée de passer à la postérité par leur action qui n'est même pas une action, mais une soumission, dans cette abominable ère d'anonymat absolu de l'immense majorité des citadins.

 

 

Pour ne pas me relancer après ça dans un nouvel article sur l'abstentionnisme, je lance directement quelques liens qui amèneront ma conclusion.

 

Voter, c'est abdiquer, texte qui d'ailleurs est parfaitement d'actualité avec Trump, et sur la passivité des masses acquises à l'électoralisme débarrassé de toute combativité, voire de toute possibilité de combativité, au point où nous en sommes rendus, par des décennies et des siècles de soumission à l'électoralisme raisonnable :

 

http://www.homme-moderne.org/textes/classics/ereclus/jgrave.html

 

 

Une excellente vidéo qui nous rappelle à nos instincts et à la manière dont nous composons avec, de manière positive ou négative, suivant les situations qui se proposent à nous.

 

Où l'on voit justement que la société nous apprend en quelque sorte que l'on ne peut ni fuir ni combattre, par tous les conditionnements qu'elle nous impose. L'électoralisme est de ces situations où l'on force les gens à l'action, comme dans la situation 3 de l'expérience. Puisqu'on ne peut ni fuir ni combattre, mais que l'action, ou l'apparence d'action (utilisation de notre système nerveux) est la seule option qui se propose à nous, alors nous agissons, et puisque le vote a été, par le fait des conditionnements, la seule action que l'on nous laisse comme "choix" (un non-choix, donc), la plupart choisissent de l'accomplir, car elle présente des avantages apparents en terme de santé mentale, notamment.

 

Pourtant, les véritables solutions censées se présenter à nous en terme de solutions praticables pour un système biologique, nous ayant toutes été fermées, qu'il s'agisse de la fuite ou du combat, alors nous nous retrouvons enfermés dans une illusion dans laquelle la dissonnance cognitive n'est pas assez forte pour nous permettre la prise de conscience, car le système biologique étant sollicité, il a l'impression d'accomplir une action, une action étant quelque chose censé modifier notre environnement ou notre situation.

 

Comme je l'ai expliqué, voter ou ne pas voter, dans le contexte actuel, équivaut à être enfermé, comme le rat, dans cette boîte : voter ne change rien, on change juste le visage du maître, ne pas voter ne change rien, on laisse les autres choisir le visage du maître ; mais sans se compromettre dans ce faux choix, et c'est cela qui change tout à mes yeux, car voter, même de manière désabusée, calculatrice, cynique, sans espoir, "contre", "utilement", ou pour "foutre le bordel" nous engage déjà dans un choix qui est par essence compromis par le système.

 

C'est pourquoi pour moi, ne pas voter est le seul choix qui relève d'une certaine lucité de la nature humaine, et de sa propre nature, et donc qui évite la trahison, ce qui est très important, car ce choix est très néfaste et malsain, d'un point de vue social comme l'explique le propos de la vidéo, avec cette situation qui découle sur les maladies civilisationnelles. On aurait même ici une sérieuse piste pour comprendre pourquoi le cancer est un tel fléau dans nos sociétés, surtout lorsque l'on sait qu'il découle notamment d'un déficit du système immunitaire.

 

Pourquoi ? Parce que le système immunitaire, à notre image, à l'image de la populace moderne, a été vidé de sa combativité. Tout simplement. Et l'on est là dans une leçon chamanique par excellence : les mauvais choix que nous faisons amènent la maladie, bien plus que la maladie ne serait une conséquence malencontreuse d'un germe (même si les deux explications doivent bien sûr cohabiter dans une synergie complexe).

 

Et quand ce n'est pas le cancer, c'est toute la cohorte des pathologies mentales, incluant la dépression, la bipolarité, etc. Le suicide n'étant que le dernier recours, l'extrémité à laquelle bien peu se rendent, car il leur est plus aisé de passer par le déni, pour préserver un ordre social dont ils sont pourtant les victimes.

 

Cela induit que, lorsqu'on est placé face à un faux choix, il est important d'être en capacité de le reconnaître, pour éviter de s'y compromettre. Car cette injonction à participer à ce système est en réalité une injonction à participer à y instituer la corruption et même la morbidité.

 

Et à, propos de l'ordre social et de l'usage de l'autorité :

 

https://fr.sott.net/article/30346-Documentaire-Mon-chef-ce-psychopathe

 

 

Enfin, pour finir, un peu d'humour, car il ne sert à rien de prendre tout cela sur le ton de la gravité, juste de la lucidité :

 

https://www.youtube.com/watch?v=Qab09a7Hglw&feature=youtu.be