Un excellent reportage de public sénat sur la posture de déni typiquement française face au nucléaire. Il s'agit bien sûr d'une réaction à des commentaires postés sur mon blog, qui relayent agressivement la propagande officielle du lobby des fournisseurs d'énergie, on se demande bien pourquoi cette virulence d'ailleurs.

 

Ce n'est que mon second article sur le nucléaire, ce qui prouve à quel point ce n'est pas un sujet qui m'obsède particulièrement. Ce n'est, dans ma perception qu'un élément dans le décor global de la civilisation "post-industrielle" occidentale, même si c'est un élément qui a un poids important. Par contre, il est absolument intolérable de dire (ou laisser dire) que le nucléaire est relativement anodin, par conséquent, je suis obligé de répondre, et je ne laisserai plus place sur ce site à cette propagande pro-nuke qui s'étale déjà dans toute la société (et qui a notamment sa cohorte de trolls sur Agoravox), même si heureusement, comme on va le voir dans cet article, une prise de conscience institutionnelle commence à percer le mur du déni.

 

Je précise encore une fois que je ne suis PAS un militant anti-nuke. Je suis juste un français qui s'inquiète de l'irresponsabilité dans laquelle nous baignons dans ce pays, autour de ce sujet, comme l'illustre très bien ce reportage.

 

Risque nucléaire, un tabou français - Attention risques majeurs (30/11/2015)

 

 

A ce reportage, que je ne commente pas tellement l'essentiel y est dit, j'ajoute quelques liens piochés dans des médias officiels et parfaitement accrédités par le système bien-comme-il-faut, pour dire que je ne me réfère pas à la sphère écolo anti-nuke (il y a aussi des écolos pro-nuke).

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/07/la-dangereuse-imposture-nucleaire_1757119_3232.html

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/quels-sont-les-dangers-du-nucleaire_972380.html

 

L'article de l'express fournit quelques données chiffrées, qui nous permettent de nous rendre compte au passage de l'absurdité de l'argument "ce n'est pas dangereux car il y a une radioactivité naturelle partout", puisque la radioactivité artificielle s'ajoute à la radioactivité naturelle. Par définition, tout épanchement radioactif est ajouté à celle-ci. C'est comme si vous disait qu'un feu n'est pas dangereux parce qu'il y a déjà un peu de chaleur partout. À vos ventilateurs, braves gens.

 

Citons quelques passages pour défricher un peu plus avant le problème.

 

Que se passe-t-il en cas d'accident nucléaire, selon l'express ?

 

"Cette exposition provoque des cancers, notamment du poumon, du colon, et des leucémies (cancer du sang). Elle fait également peser un risque sur les descendants des personnes exposées: les enfants à naître présentent plus de problèmes de croissance, de malformations, voire de troubles mentaux."

 

Ah mais pas de morts, hein ? Juste des malformations et des troubles mentaux ? Juste des vies gâchées par le cancer et le handicap. Il est vrai qu'il est impossible de discerner les cancers provoqués par le nucléaire ou par autre chose, l'un des arguments tarte à la crème tagada-tsoin-tsoin tellement rassurants des pro-nuke. Si on ne peut pas discerner, alors ma bonne dame, c'est pas si grave... Non vraiment le déni (souvent accompagné d'arguments d'autorité) est leur ultime refuge, d'ailleurs qu'ont-ils à dire sur les victimes de Fukushima et de Tchernobyl ? Qu'il y en a moins qu'on croit "statistiques scientifiques" à l'appui. On y reviendra plus tard.

 

Et qu'en dit-on sur le Monde ? "Le journal de référence" qui a inventé le decodex pour s'assurer qu'aucune fausse information ne reste impunie, on est donc assuré de leur sérieux le plus total, de leur allégeance à la vérité-système.

 

"Les ingénieurs du nucléaire ne savent pas quoi faire face à tous ces problèmes. Ils ont déclamé que la sécurité, dans le nucléaire, était, est et sera totale, que, lorsqu'une catastrophe majeure a lieu, personne n'a de solution à proposer. Telle est l'effroyable vérité que révèle Fukushima. Tchernobyl avait été mis au compte de l'incompétence technique des Soviétiques. Impossible de resservir la même fable politique.

Si l'on fait usage de sa raison, il ne reste qu'une seule conclusion : l'incompétence des ingénieurs du nucléaire. En cas de panne du circuit de refroidissement, si l'échauffement du réacteur atteint un seuil de non-retour, il échappe au contrôle et devient un magma en fusion de radionucléides, de métal fondu et de béton désagrégé, très toxique et incontrôlable (le corium).

La vérité, posée par Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima, est que, une fois ce seuil franchi, les ingénieurs sont impuissants : ils n'ont pas de solution. Ils ont conçu et fabriqué une machine nucléaire mais ils ignorent quoi faire en cas d'accident grave, c'est-à-dire "hors limite". "


Nos experts n'ont aucune idée de comment gérer les cas non prévus, ou qui dépassent les limites du prévu.

 

Mais ça n'est pas si grave puisque votre bébé aura juste une tête un peu plus grosse ou pas de bras. Grâce au transhumanisme, on lui en fabriquera bien deux.

 

Argument de la peur ?

 

Ah, la peur. Elle a bon dos.

 

Puisque vous ne pouvez pas alerter d'un danger, sous prétexte que si vous le faites, vous agitez l'argument de la peur, vous êtes presque anti-sémite (véridique, c'est l'argument servi sur un lien que j'ai censuré parce je n'aime pas qu'on m'injurie ou qu'on caricature à ce point mon propos ou ma posture, même par procuration), alors vous n'avez plus qu'à vous taire.

 

Savez-vous comment on appelle cela ?

 

Le terrorisme intellectuel.

 

 

 

Mais il faut aussi regarder du côté des sites anti-nuke car après tout pourquoi pas ? On m'a bien servi les arguments des institutions officiels et leurs partis pris. Je ne fais que contrebalancer. Peut-être un mensonge par un autre mensonge, ou un point de vue par un autre point de vue, je vous laisse juges.

 

Arguments contre le nucléaire :

 

http://www.nucleaire-nonmerci.net/pour-ou-contre-le-nucleaire.html

 

J'en commente un seul, sur l'OMS, puisque c'est l'argument d'autorité qui est régulièrement servi comme ile me l'a été :

 

"D'après l'Organisation Mondiale de la Santé, Tchernobyl n'a entraîné la mort que de quelques dizaines de personnes dans l'immédiat, et provoquerait environ 4000 cancers de la thyroïde au total. Pour une catastrophe industrielle aussi grave, ce n'est finalement pas un bilan très grave. Et en fonctionnement normal, le nucléaire ne rejette dans l'environnement que des doses de radioactivité très basses, qui ne présentent aucun risque pour la santé ! "

 

Note : il n'existe pas de consensus sur la prétendue inocuité des faibles doses. Tout au contraire, le débat est ouvert, et j'ai souvent entendu qu'il n'existe pas de seuil d'inocuité. D'ailleurs la citation plus bas va dans ce sens, selon le CIPR.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Faibles_doses_d%27irradiation#D.C3.A9bat_sur_l.27effet_des_faibles_doses

 

On remarquera le coût avancé des décontaminations, qui justifie à lui seul un lobbyisme de propagande pour noyer le poisson.

 

Mais reprenons, avec la réponse de "nucléaire non merci" à cette idée reçue qui n'est que propagande visant à rassurer les populations.

 

"L'Organisation Mondiale de la Santé est soumise depuis 1959 à un accord passé avec l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique, qui l'empêche de mener et de publier librement des recherches objectives sur les conséquences de la radioactivité sur la santé. À l'inverse, de nombreux chercheurs indépendants de l'industrie nucléaire ont amplement démontré que les conséquences de Tchernobyl sont bien plus terribles, et se chiffrent en millions de malades et en dizaines voire centaines de milliers de morts en l'espace de 2 décennies. Et la catastrophe continue, car la contamination radioactive des sols, de l'eau et de la nourriture est là pour des millénaires... Malheureusement, c'est la même chose au Japon après la catastrophe de Fukushima.

Même les doses très faibles de radioactivité présentent un risque pour la santé, c'est (enfin !) reconnu depuis 1990 par la très officielle Commission Internationale de Protection Radiologique, même si cela ne plaît pas à l'industrie nucléaire. Et les recherches scientifiques qui ont sérieusement étudié la santé de milliers de travailleurs du nucléaire ou celle des milliers de personnes vivant près des centrales nucléaires ont mis en évidence d'importants excès de cancers et de leucémies.

En France, lorsque la centrale de Tchernobyl a explosé en 1986, les autorités ont fait croire que le nuage radioactif s'était arrêté à la frontière ! Elles n'ont pris aucune mesure de précaution, alors que dans les pays voisins, les gouvernements interdisaient à la vente et à la consommation certains produits alimentaires. Mais il y a quelques années, une étude scientifique a démontré que la Corse, très touchée par le nuage radioactif, subissait un nombre anormalement élevés de cancers !"

 

Si vous avez regardé le reportage que je propose, là aussi on prend conscience de la minimisation dont font objet les chiffres et données liées à la radioactivité, lorsqu'on mesure une quantité de 4500 sur un sol où la valeur naturelle devrait être de 50. Le spécialiste qualifie ce sol de déchet radioactif. Et cela, c'est en France, pas à Tchernobyl. Dans ma région, notamment dans la Haute-Loire, certains lieux sont reconnus comme fortement irradiés encore aujourd'hui, et ce n'est même pas forcément à cause de Tchernobyl, puisqu'il y a en effet d'anciennes mines d'uranium, mais aussi la proximité des centales du Rhône.

 

http://www.zoomdici.fr/actualite/La-Haute-Loire-15e-departement-le-plus-radioactif-en-France-id106001.html

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/loire/loire-puy-dome-radioactivite-superieure-normale-sites-supposes-decontamines-1207139.html

 

Et la Loire également :

 

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/la-loire-est-un-des-departements-les-plus-radioactifs-1460476204

 

Mais je pourrais sans doute trouver le même genre d'info dans toutes les régions présentant une activité nucléaire civile ou autre.

 

 

Et les déchets ?

 

Autre problème systématiquement évacué ou minimisé par les lobbyistes pro-nuke et leurs convertis qui sillonnent la toile. S'il est vrai que sur les sites officiels, la question des déchets est considérée comme réglée et ne posant aucun problème particulier, il faut toutefois y réfléchir à deux fois et faire preuve d'un esprit critique qui n'est pas celui, à géométrie arrangeante, des défenseurs du nucléaire comme énergie bien gérée et bien maîtrisée, "propre" et inattaquable.

 

Reprenons certains arguments critiques systématiquement éludés, et bien sûr il faut pour cela aller chercher du côté des militants anti-nuke, car il faut bien trouver les infos et réflexions là où certains les mettent en avant.

 

http://www.nucleaire-nonmerci.net/dechetsradioactifs.html#accident

 

"Le stockage :

à ce jour, les éléments dits "à vie courte" (300 ans !) sont entreposés soit au Centre de Stockage de la Manche à La Hague, soit à Soulaines dans l’Aube. Ils devront faire l’objet d’une surveillance étroite pendant plusieurs siècles."

Notons ici qu'une vie "courte" (il s'agit en fait d'une référence à l'épuisement graduel de la radioactivité due à la demi-vie des radionucléides, pour le commentateur qui croit que je n'ai aucune idée de quoi je parle...) est estimée à 300 ans. Bien. Cela signifie que dans 300 ans, ces déchets seront considérés comme des déchets normaux ? Qu'est-ce que cela signifie également ? Dans 300 ans ils seront encore légèrement radioactifs. Pourra-t-on alors les faire brûler dans un incinérateur ou les enterrer dans un site d'enfouissement, pour faire de la place ? De toute façon, peu importe la réponse (et ne nous étonnons pas de ne pas la trouver) puisque ce seront à nos descendants, dans une dizaine de générations, de s'occuper de la patate chaude... s'ils savent encore où se trouvent ces déchets. Car il est fort probable qu'à l'occasion d'un accident civilisationnel (catastrophe quelconque, guerre avec ou sans déportation, destruction des archives ou des infrastructures, révolution avec dégats sur les structures ou les administrations, etc., on ne sait jamais ce que nous réserve l'histoire), la traçabilité de ces déchets soit irrémédiablement perdue.

 

Pas grave, puisque ce seront d'autres (les enfants des enfants de nos enfants) qui en payeront le prix.

 

C'est d'ailleurs l'argument que toute personne raisonnable (oui les anti nuke peuvent être raisonnables, cela semble en général moins vrai chez ceux qui camouflent la vérité ou dénient les problèmes à venir) devrait avoir en tête, et qui est mis en avant sur ce site.

 

"Enfouissement :

pour les éléments les plus radioactifs et à vie longue (plusieurs milliers, voire millions d’années), la solution la plus “commode” pour les pouvoirs publics consisterait tout bonnement à les enfouir de façon définitive, en grande profondeur.

Cette solution criminelle, si elle est appliquée, mettra en danger la santé et l’environnement des générations à venir. Rien ne peut garantir l’étanchéité des conteneurs et la stabilité des roches sur des durées aussi longues. La radioactivité remontera inévitablement à la surface en contaminant de façon incontrôlable les éléments vitaux (eau, sols, etc.) sur de très vastes territoires.

Pourtant, un premier centre d’enfouissement a été mis en chantier à Bure (Meuse/Haute-Marne), qui pourrait bien se transformer en site de stockage."

 

Oui, ici nous parlons bien de milliers ou millions d'années. Autant dire que la traçabilité est zéro au delà de quelques décennies ou siècles, impossible à garantir, et disons le tout net, impossible tout court. Il y aura forcément à un moment une rupture dans les données, au bout de 100, 1000 ou 100 000 ans, quand bien même une humanité aussi irresponsable aurait survécu jusque là, et il n'y a rien de moins sûr.

 

Encore une fois ce n'est pas l'argumentation de la peur, c'est juste un sentiment de responsabilité vis à vis de ceux qui me succèderont, dont les pro nuke se fichent comme de l'an 40, persuadés qu'ils sont que nous allons vers un progrès technologique ineffable et inarrêtable, dans leur religion et leur foi scientiste aveugle et démente. J'ai envie de dire débile, quand on en vient à un tel degré d'imprévoyance : "ils se débrouilleront comme ils pourront, nous on cache la poussière radioactive sous un gros tapis, tout va bien".

 

https://www.youtube.com/watch?v=AyKookhlYeA

 

Bref. J'avais déjà écrit tout ça plus ou moins sous une forme plus détaillée. Mais puisqu'on me réactive jusqu'ici de nouveau avec cette incantation fausse, scandaleuse, je dirais même inhumaine : "pas de mort à Fukushima", ce "lalalalala je n'entends rien !!!" il fallait que j'ouvre ma gueule.

 

Pour finir, un lien explicatif plus neutre, mais qui, lui, ne fait pas l'autruche avec le danger du nucléaire. Pour ceux qui veulent un peu mieux comprendre comment ça marche, en dehors de toute polémique. Un discours technique mais responsable, quoi, pour laisser le dernier mot à quelqu'un qui a certes un peu plus de bagage que moi, le "citoyen-blogueur-contestataire". Un texte qui explique d'ailleurs bien qu'on ne peut pas parler d'inocuité avec les doses faibles.

 

http://www.ccnr.org/quatre_questions_f.html

 

 

PS : j'ai laissé les commentaires de la personne qui a suscité cet article. Chacun peut les consulter, ils contiennent des arguments opposés aux miens, chacun peut juger en son âme et conscience. Je ne suis pas là pour tenir une doctrine ou un dogme, c'est à dire faire ce que je reproche à ces gens là. Par contre, cette personne ne sera plus acceptée à commenter sur ce site parce que je n'ai pas une seconde à perdre avec la mauvaise foi, la malhonnêteté intellectuelle, les insinuations ostracisantes, la pensée unique et tout ce bordel là. L'amalgame douteux et à peine contenu de son lien censuré entre les anti-nucléaires et l'antisémitisme relève du terrorisme intellectuel, et est surtout un argument parfaitement infâme que je ne laisserai pas passer. De plus, le contenu de l'article était d'une platitude et d'une connerie rare, affirmant que les militants anti-nucléaire sont dangereux car ils s'opposeraient au progrès et contiendraient les germes de l'intolérance et de la peur qui nourrit les extrémismes, et je ne sais plus quel salmigondis. La moindre des choses quand on veut exhorter à la "Raison" et lutter contre la peur est de commencer par ne pas agiter justement... la peur... pour remplacer la raison, et pour servir d'épouvantail contre une orientation idéologique qui est parfaitement légitime, surtout après avoir prétendu "ces gens là ont le droit après tout, en démocratie"... on croirait entendre ces insinuations puantes sur l'électorat du FN (8 millions de français même si je n'en ferai jamais partie) et tous ces trucs de très bas étage. Pas sur ce blog. Jamais. Soit on discute avec des arguments factuels, chacun avec sa sensibilité, et j'y suis parfaitement ouvert, soit je ne discute plus.

La raison pour laquelle on ne peut pas sainement débattre du nucléaire en France est que le débat est pollué par les exagérations des uns et le déni des autres. En l'espèce ici, surtout le déni suspect et pro-nuke qui permet de ne pas se rapprocher d'une vérité et d'un débat dépassionné, à croire que ça les arrange... Moi je me situe dans les faits, certes avec une opinion plutôt tranchée d'un côté. Ce qui est mon droit, jusqu'à preuve du contraire et malgré les "j'ai raison car vous avez tort" qui sont vraiment le fond du panier de ceux qui n'ont rien à dire pour soutenir leur point de vue sans agresser l'interlocuteur.