Cette dernière partie sera en 5 chapitres :

 

1-Introduction

2-La démocratie participative

3-La démocratie directe

4-Le tirage au sort

5-Autres alternatives et conclusion

 

Introduction

 

On a vu pourquoi il est impossible d'obtenir un fonctionnement réellement démocratique au sein de notre système qui tient désormais uniquement d'un système de cooptation ploutocratique manœuvré par les oligarques à leur profit. On a vu comment ces personnes aux tendances psychopathiques se concentrent dans les sphères de pouvoir pour maintenir leur pouvoir et organiser leur impunité.

 

Les médias dominants sont possédés par ces ultra-riches et les journalistes y sont sélectionnés pour suivre la ligne de doxa qui leur est inculquée. Les autres journaux sont au mieux vus comme de mauvais plaisantins, au pire comme des pirates dont la profession de foi serait de répandre les fausses informations, quand bien même le système institutionnel regorge de ce type de produit.

 

https://francais.rt.com/opinions/37739-denis-jeambar-il-a-volonte-de-tenir-a-distance-ceux-qu-on-redoute

 

On les tient donc à l'écart en les discréditant, sans pouvoir empêcher la désaffection bien méritée des organes de presse institutionnels, devenus organes vocaux de leurs maîtres et possesseurs, par procuration.

 

À force de matraquage, d'inculcation de l'impuissance et de lavage de cerveau en bande organisée, et malgré la progression des médias alternatifs, les générations montantes ne croient plus du tout (ou disons, de moins en moins) en la démocratie :

 

https://francais.rt.com/international/37901-pour-48-jeunes-europeens-democratie-pas-meilleure-forme-gouvrenement-etude

 

On a réussi le même tour de force qu'avec le communisme. Le communisme a été éradiqué, bientôt la démocratie aussi, alors que c'est pourtant le libéralisme qui faillit. En habituant les populations à leur impuissance, en faisant passer les lois à coup de boutoir, on se dit qu'on perd drôlement du temps en luttes sociales (qui ont de moins en moins lieu), et qu'il vaudrait mieux passer directement à une forme despotique, et enfin ne plus avoir à s'intéresser du tout à la politique, à subir la charge électorale si pesante et si inutile qu'on nous impose. Dans la foulée, on videra de leur substance les derniers contre-pouvoirs institués par la révolution française, et vogue la galère vers un univers planétaire d'unité absolue, où tout le monde ressemblera à tout le monde, où une culture ne pourra plus enrichir une autre, puisque ni l'une ni l'autre ne seront plus là.

 

Mais une résistance existe encore, et il s'en trouve bien sûr, au sein des médias sus-cités, pour la déplorer absolument.

 

https://francais.rt.com/france/38208-affichage-paris-denoncer-professionnalisation-politique

 

Ainsi de ces méchants jeunes, mal éduqués, mal domestiqués, qui soit votent FN, soit vote FI, soit ne vote pas, soit refuse les deux patrons qu'on leur avait prop... imposés. Ces jeunes, qu'on prétend dépolitisés, ont de surcroît le culot de protester contre la professionnalisation de la politique, le bastion suprême de la corruption du système, qui serait prétendument nécessaire, car la politique serait une affaire de spécialistes. Des spécialistes qui ne connaissent souvent rien à leurs domaines, qui sont dirigés par les gens de leur bureau, et servent surtout de porte-plume ou d'homme-sandwich quand il s'agit de présenter une loi qui avait été conçue par d'autres (pensons au cas extrêmement ridicule et scandaleux de la loi El Khomry, devenue la loi travail, devenue la loi Macron... qui avait été pensée à Bruxelles).

 

Bref nous savons que nous sommes dans l'impasse. Il faut examiner sérieusement les options à notre disposition pour en sortir quand le moment sera venu.

 

Cet article ne prétend pas à l'exhaustivité ni même à une présentation sans faille des différentes possibilités alternatives. Je le vois seulement comme une liste d'exemples de ce qui serait possible, et que certains se chargent d'approfondir. Mon but n'est pas de me faire le porte-parole ou la caution d'un de ces systèmes qui seraient nécessairement imparfaits, mais seulement de démontrer que, lorsqu'on fait usage d'imagination, d'un certain courage créatif, ce ne sont pas les idées qui manquent. Mais on a bien appris à penser uniquement « dans la boîte », et cela est bien commode aux détenteurs du pouvoir.

 

Ainsi, et contrairement à ce que pensent plusieurs de mes proches mal informés, démocratie n'équivaut pas à suffrage, et suffrage équivaut plutôt à un déni de démocratie, à une technique pour ravir à la majorité des décisions qu'on lui a simplement imposées.

 

 

 

La démocratie participative

 

C'est un degré de démocratie supérieur à ce que nous connaissons. Au lieu de se lever une fois tous les x mois ou années pour aller poser un bulletin dans l'urne et s'en balancer tout le reste du temps, la démocratie participative exige l'implication du citoyen qui souhaite participer. Il doit se tenir au courant, savoir sur quels tenants et aboutissants reposent les décisions qu'il pourrait être amené à orienter ou à prendre. C'est donc un premier pas à faire pour faire revenir le citoyen, qui n'en a la plupart du temps que le nom, dans le champ de la politique, c'est à dire celui des décisions qui concernent sa vie, car c'est cela, la politique, et pas un cirque de personnalités ambitieuses et manipulatrices.

 

Par contre, il n'y a aucune garantie que la démocratie participative suffise à régler ce dernier problème, justement, or c'est bien le principal, puisque dans un tel système, le décideur serait néanmoins un élu, sauf dans les formes les plus radicales, où les décisions se font entièrement au niveau des populations concernées.

 

Plusieurs problèmes se posent toutefois avec ce système.

 

Le premier auquel je pense, je l'ai expérimenté quand j'ai voulu m'impliquer dans la politique de mon quartier. Ce serait trop long à raconter, mais il m'est immédiatement apparu que cette démocratie pseudo-participative n'est, au stade où elle a pour le moment été mise en place dans les quartiers, qu'un instrument pour entériner des politiques déjà décidées, à un public de dupes à qui on ne donne de toute façon même pas la parole. Les problèmes soulevés sont, qui plus est, totalement anecdotiques et inintéressants, à croire que là aussi, tout est fait de manière dissuasive.

 

Dans l'idéal, un tel système devrait impliquer que l'on fasse remonter, de l'échelle des quartiers jusqu'à l'échelle régionale, voire nationale, des questions qui ont été soumises à chacun. Cela implique une éducation à la politique, une circulation transparente et aussi objective que possible des informations. On en est loin.

 

Un autre aspect de la démocratie participative est dite démocratie délibérative. Il s'agit essentiellement de la politique par référendum, qui peut exister à différents degrés (seulement quelques questions sont proposées chaque année, ou chaque mandat, ou au contraire, les choses sont organisées de telles sortes que toute décision importante implique référendum). La Suisse est un exemple de ce type de régime, et elle fonctionne plutôt bien, même si j'ai entendu des critiques de ci de là. Il va de soi qu'aucun système n'est parfait, et que la critique doit toujours être ouverte, c'est d'ailleurs un des gages d'une véritable démocratie.

 

Par contre, à titre personnel, je me méfie beaucoup d'une politique délibérative à base de référendums, pour les raisons suivantes :

 

- Si le public n'est pas éduqué, ce sera exactement la même chose que ce que nous connaissons : un système de validation par le peuple de politiques qu'on lui aura inculqué par la force de la propagande, de la bien-pensance, etc.

 

- Dans un contexte comme le nôtre, ce sera au mieux un gadget visant à renforcer le sentiment d'appartenance à une république démocratique, tout en prenant au final les décisions qui ont été induites par la présentation de la problématique. Bien sûr, le référendum, lorsqu'il est d'initiative populaire, peut modérer ce problème, mais tout dépend des modalités qui se cachent derrière : par exemple, le référendum est-il consultatif (rappelons nous du traité de Lisbonne...) ? Ou a-t-il vocation d'être appliqué, et comment ? Car après sa validation, il y a toujours moyen, par des procédés juridiques et autres manipulations quelconques, de détourner le résultat ou d'en minorer l'application.

 

- Il faut que le public soit informé et éduqué, et j'insiste encore sur ce point, sinon il prendra des décisions à son encontre, et je ne parle pas de l'Europe, ou même de la peine de mort ou ce genre de choses. Ce n'est pas une allusion à une idée particulière, mais une remarque générale. Les objections sur l'ignorance du peuple, lorsqu'il s'agit de ne pas appliquer de démocratie véritable ne sont pas sans fondement, même si cela provient surtout d'un manque de volonté d'éduquer ce peuple, puisque sans cela, il pourrait prendre conscience de sa condition, et on connaît la suite. Bref, par exemple, un peuple non éclairé pourrait... voter en faveur d'une aristocratie en remplaçant une autre, si ça ne vous rappelle rien...

 

En d'autres termes, le référendum n'est bon que comme outil d'émancipation, pas comme outil d'entérinement d'un pouvoir ou comme simple outil de paix sociale, ce qui ne serait que manipulation aboutissant à un résultat pire que précédemment, puisque renforçant l'embrigadement du peuple et son sentiment d'appartenance, bref, sa soumission.

 

Une pétition pour le référendum d'initiative citoyenne récemment lancée, ici :

 

http://www.les-crises.fr/plus-de-cheques-en-blanc-aux-elus-mettez-en-place-le-referendum-dinitiative-citoyenne/

 

 

 

La démocratie directe

 

On est là face à une utopie. Mais la démocratie est en soi une utopie, alors ce n'est pas une raison de ne pas considérer la chose.

 

La démocratie directe consiste en ce que le peuple prenne lui-même les décisions qui le concernent. Il n'a alors plus besoin de représentants, tout au plus d'exécutants. On peut alors imaginer que le peuple est consulté localement et nationalement sur différentes questions, par un mécanisme proche du référendum, et ses décisions sont appliquées. Notons que le référendum ne se pose pas forcément juste en terme de oui/non. Il peut poser des questions plus complexes possédant des choix multiples voire des degrés. Tout n'est question que de la volonté que l'on a de préciser les problématiques et les réponses à y récolter, et de la volonté de mettre en place un tel système.

 

Là encore, son éducation sera primordiale, une condition sine qua non, mais on peut imaginer un système dans lequel les citoyens recevraient une formation spécifique les qualifiant pour devenir citoyens dignes de participer, sur le modèle du permis de conduire ou je ne sais quoi, ce qui permettrait de dispenser ceux qui ne le souhaitent pas, où ceux qui sont inaptes. Handicap mental, ou je ne sais quoi, ou encore certains crimes graves retireraient le droit de vote, bien sûr il faudrait de sérieux garde-fou constitutionnels et juridiques pour éviter les abus et les tricheries autour de ça. Mais cela n'est qu'un détail, de toute façon.

 

La démocratie directe est certainement l'un des modèles les plus difficilement applicables, puisque cela implique une véritable démocratie locale (et pas, comme je l'ai expérimenté, des assemblées où il y a d'un côté les sages qui monopolisent les paroles et les autres qui ont le droit de se taire voire d'être écoutés pour rien), mais difficile n'est pas impossible... Nous avons dans notre pays des dizaines de milliers d'élus, de conseillers, qui d'ailleurs touchent un salaire, et ça ne semble pas poser tant de problème. Bref il faut réfléchir aux modalités, simplement.

 

 

Un lien assez bref sur le sujet de la démocratie liquide, qui se situe quelque part entre la démocratie directe et la démocratie représentative, où l'on voit que la question de la compétence sur tel ou tel sujet est prise en compte pour équilibrer les votes :

 

https://www.cairn.info/revue-multitudes-2012-3-page-210.htm

 

« Il s’agit d’un modèle hybride entre la démocratie représentative telle que nous la connaissons et un idéal de démocratie directe qui demeure à ce jour utopique. En gros, il s’agit de recourir régulièrement à des consultations populaires (sous forme de référendums, par exemple) sur des enjeux majeurs. La particularité de la démocratie liquide est la possibilité de transférer son vote à quelqu’un d’autre, qui aurait une meilleure expertise ou une pensée plus développée que la nôtre sur ce sujet particulier. Par exemple, je pourrais céder mon vote à Normand Baillargeon [4][4] Voir http://voir.ca/normand-baillargeon sur les questions relatives à l’éducation si je considère que ses connaissances sont plus éclairées que les miennes en la matière. Tout comme je pourrais lui retirer ce droit si je le désire.



Ce modèle combine le désir pour une démocratie directe, par le recours fréquent à la consultation populaire – et donc par un investissement de la vie politique plus direct et constant qu’aux simples élections générales – avec les avantages de la démocratie représentative – qui permet de déléguer à quelqu’un d’autre l’exercice d’un pouvoir politique auquel il consacre du temps que le citoyen moyen n’a pas. (Note : il suffirait de prendre en compte juridiquement cette question pour libérer du temps à n'importe qui pour pouvoir exercer un mandat quelconque, je ne comprends pas pourquoi on s'arrête au constat que « on n'a pas le temps » : si on ne l'a pas, c'est parce que le système est organisé de cette façon, et que d'ailleurs ça arrange bien nos multiples mandataires, c'est tout, et c'est justement surtout pour cette raison)



Déjà, les partis Pirate allemand et français utilisent ce modèle pour animer les débats au sein de leurs instances. Il serait intéressant de réfléchir à des solutions de cette nature pour réanimer notre vie politique moribonde. J’en appelais il y a un certain temps à des « mini-États généraux » un peu partout au Québec – question de ne pas simplement descendre dans la rue armés de nos casseroles mais de se retrouver dans nos communautés pour réinventer notre vie en commun.(Note : mais c'est exactement ce qu'ils ne veulent pas, il ne manquerait plus qu'on se mette à faire de la politique sur une base régulière en sortant de nos enclos, ou alors, il faut que ce soit fait comme la « démocratie locale » actuelle : on donne l'illusion aux gens qu'on les écoute, mais on n'en fait rien)



L’application concrète de ces idées nécessite la création de nouvelles formes institutionnelles, de nouveaux canaux de participation populaire et le recours à des outils inédits de participation politique. Au stade de développement économique, technologique et culturel qu’est le nôtre, pourquoi en serions-nous incapables ? Ces idées participent toutes d’une démocratie liquide qui puisse raviver nos institutions sclérosées. Qui puisse mettre fin à une démocratie représentative maintenant bancale, sacrifiée à l’autel des intérêts privés, particulièrement économiques. »

 

En effet, nous en avons les moyens. Mais on ne s'en donne pas les occasions, et les gouvernants s'abstiennent bien de nous faire remarquer que nous pourrions essayer, et ils essaieront plutôt d'interdire les rassemblements que de les encourager, d'ailleurs, au moins en France, pour ce qu'on a pu observer ces dernières années.

 

 

 

Le tirage au sort

 

Un gros morceau, dont Étienne Chouard se fait le promoteur depuis quelques années, et dont l'audience augmente régulièrement. Il s'agit d'un modèle proche de la démocratie athénienne, où les mandataires sont désignés, non pas sur vote, mais sur tirage au sort, et non pas sur leur programme, mais pour faire exécuter une politique qui aura été préétablie par le peuple. C'est une des formes de la démocratie directe, mais sans recours au suffrage.

 

Mais je ne veux pas trop rentrer dans les détails, et le mieux, c'est de donner la parole à celui qui porte ce projet depuis un moment déjà :

 

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tirage_au_sort.php

 

https://www.youtube.com/watch?v=EV60aqBD6H4

 

 

C'est certainement l'un des systèmes les « moins imparfaits », de mon point de vue, et en tout cas beaucoup plus juste, puisqu'il permettrait bien plus d'équité.

 

 

 

Autres alternatives

 

Il existe d'autres modèles. L'autogestion chère aux anarchistes et communards. Toutes les variantes de démocraties à tendance libertaire, communistes, communautaires, écologiques, décroissantes, etc.

 

Je ne peux pas les présenter toutes. Je veux juste dire qu'elles existent, que certaines d'entre elles sont très certainement viables, à des échelles locales, régionales ou même nationales. Seules les idéologies alter-mondialistes prônent des systèmes qui seraient généralisables au monde, et je ne suis pas sûr que ce soit pertinent. Je crois qu'une diversité est nécessaire et que tout e monde ne sera jamais d'accord pour tel ou tel système, et il faut donc que chacun puisse expérimenter, dans son coin, dans sa région. Je suis plutôt convaincu, d'ailleurs, que les futurs systèmes de gouvernance seront plutôt régionaux que nationaux, comme semble l'indiquer la tendance à la fragmentation des états, qui devrait se renforcer avec l'affaiblissement et l'appauvrissement des grandes nations que sont les USA ou la France, et c'est même ce qui est le déclencheur de ces réflexions de plus en plus poussées en faveur des systèmes alternatifs. Ceux qui choisiront de rester dans des nations pour les décennies à venir risquent de faire un choix qui équivaut à celui de la soumission à une globalisation inhumaine, acculturée et sans âme. De nouvelles cultures pourront émerger, mais pas dans ce cadre là, et plutôt sur des terreaux régionaux.

 

Avant de fermer cette série d'articles, quelques liens pour prolonger la réflexion, ou pour donner des pistes d'idées ou de sites qui sont déjà engagés sur la voie des alternatives :

 

http://www.alternatives-democratiques.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=6&Itemid=101

 

https://www.youtube.com/watch?v=FjTTCTX546s

 

http://www.autogestion.asso.fr/?p=5523

 

 

Et puis c'est tout, je pense avoir bien déballé mon sac avec cette série, et même s'il y aurait tant à dire, il faut laisser le temps à la réflexion, et à la graine de faire son espace avant de pousser.

 

J'ajouterai simplement un tout dernier point. L'argument marteau type pour écraser les idées alternatives consiste à prétendre qu'elles ne peuvent justement fleurir que sur la Terre de pays déjà riches, dont elles profitent sur le mode du parasitisme. Cet argument repose en réalité sur l'observation biaisée de quelques communautés à travers le monde, et probablement sur le ressort d'une jalousie qui survient lorsqu'on voit des gens vivre librement alors qu'on se sait esclave. Dans les faits, ces systèmes sont comme ceux que nous expérimentons, et ils peuvent très bien être parfaitement autonomes, comme l'ont été toutes les sociétés humaines avant la nôtre, qui vivaient sur des moyens tout à fait modestes et proches de la terre (ce qui est à souhaiter, pour l'avenir), et rien de plus. Il n'y a aucune raison que ce qui était faisable autrefois dans le dénuement, ne le soit plus, dans un monde plus riche.

 

Si nous n'allons pas vers la démocratie, la vraie, alors nous allons vers la post-démocratie, pour suivre une mode lexicale du moment.

 

Bonne lecture et bon week-end à tous, donc.