Les alternatives démocratiques qu'il ne faut pas faire.

 

Dans la foulée de mes articles sur les dernières fausses élections – on a vu que tout était fait pour mettre l'électorat dans une impasse, et on a même vu que si Le Pen était passée – le candidat « alternatif » – il aurait pu y avoir un coup d'état pseudo-légal pour enlever le pouvoir au FN, par conséquent, ces élections étaient truquées de plusieurs façons pour ne permettre l'émergence que d'un candidat-système – dans cette foulée, donc, j'ai approfondi quelques propositions d'alternatives démocratiques, et si certaines sont intéressantes (j'en ai déjà parlé), je n'ai pu manquer de remarquer que deux d'entre elles, qui étaient particulièrement populaires et ont un écho assez important, sont des impasses absolues et de fausses bonnes idées.

 

Choqué que l'on puisse accorder tant de crédit à ces alternatives qui n'en sont pas, j'ai décidé d'expliquer pourquoi, à mon avis, ces alternatives ne peuvent nous mener nulle part, et en aucun cas nous sortir de l'ornière actuelle.

 

 

La Primaire.org

 

https://laprimaire.org/

 

En gros, et au risque de déformer quelque peu, le projet ici était de faire voter des internautes à propos d'autres internautes qui se proposaient d'aller présenter aux présidentielles une sorte de programme « commun ». Chaque internaute était libre de présenter son « programme » à sa façon, et d'en déterminer les priorités.

 

Sous la forme de deux tours, on sélectionnait d'abord 5 candidats parmi plus de 200, et enfin un seul parmi ces 5. Une femme a donc été désignée par ce site, sorte de « candidate du peuple ».

 

Alors je note plusieurs problèmes.

 

Tout d'abord, si l'on considère qu'il s'agit d'un projet sérieux, et ça semble être le cas puisque la candidate élue par le site était censée aller chercher 500 signatures pour présenter son « projet citoyen », il faut remarquer que ce projet n'a rien de très différent d'un concept de télé-réalité soft, où l'on ne garde qu'un candidat sur 200. Or on pourra remarquer premièrement que cette candidate n'a jamais obtenu ses 500 signatures, ce qui n'a rien d'étonnant, et il était naïf de croire que cela aurait pu être le cas. La France ne manque pas d'apprenti-candidats qui représente telle communauté ou telle association, et dont on n'entendra pas plus parler que celui de ce site. Déjà rien qu'à ce stade, ça ne mène nulle part, et n'est qu'un gâchis de faux espoirs.

 

Par ailleurs, et à cause de la manière dont chaque candidat est présenté en ligne sur la base d'une photo et de quelques principes très courts, il est bien sûr impossible de choisir sur la base d'un programme, mais ce n'est pas le plus grave puisqu'on le sait, les candidats officiels n'ont pas réellement de programme, ou ne les respectent pas quand ils accèdent au pouvoir, c'est pourquoi Macron peut déclarer sans trembler, et sans gêne « On s'en fout des programmes ! »

 

Bref, comme dans chaque élection, comme je l'avais expliqué dans plusieurs articles déjà, on va voter pour les gens sur la base de leur apparence. Cela est ici particulièrement criant. Qu'ont en commun les 5 candidats élus au premier tour ? Ils sont tous avenants, beaux, séduisants. Ce qu'on présente de leur programme est tout à fait générique et tiendrait presque sur un tweet... Vous pouvez cliquer sur un candidat pour avoir plus de détails, vous verrez qu'il ne faut pas beaucoup de timbres-postes pour couvrir le texte. Par ailleurs c'est souvent de la langue de bois, celle qu'on reproche aux candidats institutionnels. Et c'est normal, comment prendrait-on le temps de lire plus de 200 déclarations d'intention fleuve ? Alors on choisit sur photo, et restent les 5 qui ont le physique le plus consensuel... Bref, je l'ai dit, c'est une forme de télé-réalité soft.

 

Bref pour moi il n'y a rien à tirer de ce truc qui a pourtant mobilisé 150 000 internautes.

 

Les candidats proposés sont formatés comme le sont les candidats que l'on connaît, juste selon d'autres critères qui sont ceux de la communauté à tendance gauchiste et associative (car il faut le dire, cela ressort clairement du panel, lorsqu'on a fréquenté comme moi un peu ce milieu) qui s'est agglomérée autour de ce site. Ce truc n'ira jamais nulle part.

 

D'abord, il n'a aucune forme de représentativité citoyenne, ensuite il ne peut pas atteindre les 500 signatures, et surtout, il ne va en aucune façon dans le sens de la réforme voire reconstruction nécessaire du système politique français. Il ne fait qu'ajouter un candidat sans avenir et de faux espoirs à une communauté qui se berce d'illusions et ne veut pas vraiment faire ce qu'il faut pour changer les choses. Ce positivisme moral sans lendemain, je l'ai assez flingué sur mon blog.

 

Ce qui est plus triste et plus révélateur encore, c'est que cette communauté de « citoyens éclairés » au demeurant fort sympathique suivant les apparences qu'elle fournit, ne fait que singer ce qui existe déjà. Elle n'exprime ni courage, ni créativité, et ne fait que reproduire à son échelle le cirque électoral qui existe déjà en haut lieu, et pire encore si c'est possible, lui donner une teinte de télé-réalité à laquelle ce peuple sous éduqué en matière de culture politique est totalement abreuvé par les médias qu'elle croit conspuer, et qu'elle croit vouloir dépasser, tout en reproduisant ses tares les plus imbéciles et les plus navrantes.

 

Le simple fait que ce site ait mobilisé 150 000 personnes en dit long. Je me demande toujours combien de personnes prennent leur téléphone quand, lors d'un match de foot sur TF1, il y a la question à la con pour gagner comme par hasard un téléviseur ou un grille-pain. Je crois qu'on se rapproche de la réponse avec ce site qui ne fait que mettre en avant une crédulité et une bien-pensance toute familiale et de bon aloi, d'éternelles victimes du système, qui ne veulent surtout pas faire de vagues, qui veulent bien qu'on réfléchisse à comment changer le système, mais surtout pas ni à remettre en cause leur confort, ni à retrousser les manches pour se salir les mains dans le cambouis. Non, c'est toujours pareil, on veut du changement, mais il faut que ça reste poli, civilisé, demander l'autorisation d'abord. Certains auraient dit que ce sont des bobos. Je n'aime pas tomber dans ce genre de mépris et ces expressions faciles, mais je ne suis pourtant pas loin de penser ainsi.

 

Bon je ne vais pas m'étendre plus sur ce projet sans lendemain, j'espère juste que dans 5 ans il ne mobilisera pas 1 ou 2 millions de crédules qui vont perdre leur temps à fonder des espoirs sur ça. Le deuxième projet que j'ai remarqué me permettra de compléter mes remarques.

 

 

#MAVOIX

 

https://www.mavoix.info/decouvrir/

 

Bon là c'est un peu plus concret, et on n'est plus dans le registre de l'apparence et de la télé-réalité. Un bon point donc. Je cite :

 

« Notre objectif : hacker l’Assemblée Nationale en faisant élire des citoyens volontaires, formés et tirés au sort qui voteront pendant 5 ans sur toutes les lois comme leurs électeurs le décideront. » 

 

A priori, l'idée semble bonne. Qu'en est-il de la démarche ? Le mieux, c'est cette vidéo :

 

https://www.youtube.com/watch?v=XSVGWTPjL70

 

Bon alors tout ça, c'est très bien, c'est en tout cas beaucoup mieux que la primaire.org. Alors qu'est-ce que je critique là-dedans ?

 

1) Le débat sur les lois

 

Vous croyez vraiment que l'assemblée, en l'état actuel, va tenir compte d'un compte-rendu de débat fait sur un site obscur ? Alors c'est vrai, il ne tient qu'à nous d'aller en grand nombre apporter notre voix à ces débats. Vous verrez ce que ce sera quand 200 000 personnes donneront leur avis sur tout, et comment on fera pour établir un compte-rendu... Déjà que c'est le bordel avec 577 députés. Bref, j'ai envie de dire « pourquoi pas ? » mais à condition de garder ces écueils en tête. Ce n'est pas totalement idiot, mais soyons quand même lucides : en l'état actuel, aucun espoir que ça ait le moindre impact. Tout est coopté, fruit de luttes d'influence entre partis, et même si ce site parvenait à envoyer 4, 5, 10 députés à l'assemblée, ils seraient encore vus comme une bande de zigottos qu'on peut écouter 5 minutes, et passer aux choses sérieuses quand les organes de partis prennent la parole. Surtout, il faudrait que ces députés maîtrisent les fondamentaux des débats rhétoriques politiques pour se battre « avec les mêmes armes » que les partis qui siègent à l'assemblée et qui assèneront leurs « experts » sur tel ou tel sujet, et encore. Cela implique qu'ils devraient déjà employer cette maîtrise pour accéder à la députation, donc qu'ils rentrent dans le jeu de l'électoralisme.

 

Alors c'est sans doute mieux que rien, mais ça ne remet toujours pas en cause ni les racines du système basé sur l'électoralisme et les pseudo débats politiques, ni le lobbying d'arrière-cour qui a toujours le dernier mot. Je ne pense pas que d'éventuels députés #Mavoix lutteraient à armes égales, et surtout je pense que ce n'est pas ce qu'il faut faire pour faire réellement évoluer ce système. Ici, on parle d'aller entrer de plain pied dans le rapport de force à l'assemblée, avec d'emblée un rapport de force totalement défavorable.

 

Qui plus est, ces candidats seront confrontés à toutes sortes de magouilles électorales dont ils n'ont pas idée, et qui auront pour but de les évincer avant même qu'ils accèdent à une chance.

 

 

2) Vote et tirage au sort

 

Là, il y a une autre contradiction. Les candidats sont tirés au sort, d'accord. Mais alors on va tirer au sort des gens qui n'auront pas forcément les armes pour lutter contre les escrimeurs politiques, et encore affaiblir le projet, première chose.

 

L'idée du tirage au sort, elle est très bien, on en a déjà parlé et c'est le grand projet de démocratie athénienne porté par Etienne Chouard. Mais seulement voilà, ce système de tirage a sa logique propre et ne tient que parce qu'il est d'un seul bloc.

 

Le tirage au sort pour désigner un candidat qui devra être élu député ne fait qu'affaiblir potentiellement cette approche, et je dirais même qu'elle la vide de tout son sens et de sa substance. Si on tire quelqu'un au sort, c'est précisément pour éviter de choisir quelqu'un qui usera les cordes de l'électoralisme alors qu'ici, précisément, on en a besoin pour accéder à la députation et pour lutter à armes égales avec des adversaires politiques de carrière. Bref ça n'a aucun sens et je serais bien surpris que plus d'un ou deux candidats puissent émerger par cette voie. Je serais même assez étonné qu'un seul y arrive. Dans ce cas là, les gens débattront sur #Mavoix comme sur n'importe quel autre site politique ou associatif. Stérile.

 

Enfin le vote, et là c'est catastrophique.

 

Donc pour un projet donné, une proportion de députés #Mavoix devront s'adapter à la proportion de votes fournis sur le site. Il n'est pas nécessaire de réfléchir plus de 5 secondes pour comprendre toutes les implications que cela a pour à la fois réduire la portée du projet et ridiculiser ce système proportionnel, dans ce cas précis. J'explique.

 

C'est totalement irréaliste, mais admettons comme lui sur la vidéo que #Mavoix parvienne à placer 10 députés à l'assemblée. Sur un sujet donné de grande importance, 10 députés pourraient suffire à faire pencher la balance d'un côté ou d'un autre. Cela pourrait en effet être un outil de hacking de l'assemblée, en théorie, lors des votes les plus serrés. Mais puisque ce système implique non pas que les députés #Mavoix portent une seule et même parole sur un sujet, mais tout au contraire joue le rôle de porte parole des citoyens sur la base d'une proportionalité sur un sujet, cela ne fera en fait que recréer le même clivage déjà porté au sein de l'assemblée par les différents partis politiques par le jeu du conditionnement idéologique du plus grand nombre. A ce moment là, au lieu de porter avec lui la menace de faire basculer les votes serrés avec ses 10 députés, #Mavoix se fondra dans l'ensemble et, en pratique, ne devrait mathématiquement jamais infléchir un vote, sauf par un hasard de circonstance, puisque si sur 10 députés, 6 votent « pour » et 4 « contre », c'est en fait comme si deux députés seulement s'étaient déplacés pour voter « pour ». Et ça, c'est dans le meilleur des cas, où #Mavoix parvient à placer autant de députés, car dans la plupart des cas, la différence ne se jouera mathématiquement que d'une voix, voire aucune.

 

Mais pire que cela, sur le plan symbolique, #Mavoix sera alors une coalition citoyenne totalement parodique d'elle-même, insérée au sein même d'une assemblée qui est déjà censée représenter les citoyens (et qui ne le fait certes pas, en pratique) où, en jouant à ce jeu, elle s'affaiblira d'elle-même en reproduisant peu ou prou la même proportionnalité que le reste de l'assemblée, sans avoir le moindre impact, ni politique, ni idéologique, tout en se ridiculisant par son approche qui neutralise en soi toute la démarche pseudo-citoyenne à l'origine du projet.

 

À l'inverse, dans ce genre de circonstance, Dmitry Orlov propose une démarche qui assume complètement un côté parodique, mais qui, mathématiquement, saurait avoir un impact. Certes, il ne le présentait pas du tout dans ce cadre précis, mais dans celui de l'électoralisme en général, et il s'agissait de... voter au hasard.

 

https://www.leretourauxsources.com/blog/la-fureur-du-mouton-par-dmitry-orlov-n1796

 

L'idée sous-jacente est que cela serait beaucoup plus efficace pour contrecarrer, c'est à dire « hacker » les systèmes basés sur le vote, car cela induit une totale imprédictibilité. Certes cela est censé s'appliquer aux votes désignant des candidats, mais il n'est pas interdit de l'appliquer dans d'autres circonstances. On pourra rétorquer qu'ici cela pourrait être dangereux car pouvant favoriser des options à ne surtout pas choisir, et bien sûr que cela rend tout à fait caduque l'idée sous-jacente au système #Mavoix, et c'est vrai. Je ne prône pas forcément ce type de truc, mais étant plutôt dans l'optique « ce système est néfaste, changeons-le au lieu d'essayer d'y participer », j'estime que ce serait une approche qui aurait le mérite d'induire un chaos propice à bouleverser le système, si suffisamment de gens l'appliquaient. Or c'est pour moi ça, le vrai but : casser ce système pour le changer, et pas essayer de « hacker » et piloter un truc qui est totalement défaillant. Ce n'est pas avec 10 députés désignés au hasard qu'on bouscule une assemblée (et c'est d'autant plus vrai qu'avec les réformes que Macron veut induire, il y aura encore moins de place pour ce type de « hacking », mais c'est un autre point, celui du contrôle de plus en plus absolu que les politiques veulent avoir sur leur petit monde, qui empêchera de plus en plus ce type d'approche plutôt timides).

 

Enfin, un dernier tout petit point sur leur histoire de proportionnalité. Imaginons que vous avez 3 députés, et que les gens votent 50/50. On fait quoi ? Imaginons qu'on ait 2 députés, et que le site donne 75/25. On fait quoi ? Bref c'est totalement bancal et ridicule, ça ne marchera jamais. C'est un pansement sur un cadavre avec une jambe de bois.

 

 

3) L'expérimentation

 

Pour conclure sur cet autre projet sans lendemain car ne voulant pas aller au bout de sa logique, quelques autres arguments. Dans la vidéo, cette personne nous explique qu'il y aura toujours des critiques, mais qu'il y aura toujours des solutions, qu'il faut se « bouger dans la vraie vie, blablabla ».

 

D'accord, mais ces solutions peuvent elles être mises en œuvre dans le cadre de #Mavoix ? Tout dépend de quoi il est question, et pour moi c'est clairement non.

 

Je pourrais lister toute une enfilade de problèmes qui se posent avec leur démarche, comme par exemple, ils veulent éviter de se faire hacker leur site, mais ont-ils pensé que, si jamais leur groupe finissait par représenter un danger pour la pseudo-démocratie basée sur des principes bernaysiens et orwelliens, alors leur groupe finirait par être infiltré, et comment feraient-ils pour l'empêcher ou pour s'en apercevoir ?

 

Mais de toute façon, cela ne risque pas d'arriver. Les gens au pouvoir sont des cyniques, et si jamais le mouvement prenait de l'ampleur, ils l'empêcheraient simplement d'obtenir le moindre député. C'est probablement ce qui arrivera, d'ailleurs. Et de toute façon, même s'ils avaient des députés, on a déjà dit en quoi leur démarche est totalement stérile politiquement, tout au plus une manière de se rassurer, de se faire croire qu'on a un impact parce qu'on a un pied dans l'assemblée (ce que, soit dit en passant, il est déjà possible de faire, puisqu'il y a des séances publiques auxquelles tout un chacun peut assister, et les moyens pour faire entendre son opinion existent déjà, et qu'est-ce que ça change ? Vous vous rappelez du mouvement qui surveillait les députés-godillots ? Ça n'a servi à rien, sinon à décrédibiliser un peu plus cette institution dans laquelle, maintenant, ce groupe voudrait pouvoir s'immiscer et participer).

 

Alors le reste du propos est de bon aloi, raisonnable, poli.

 

« Il n'y aura jamais de solution parfaite. »

 

Est-ce une raison de proposer une solution totalement inefficiente sous prétexte que ce serait une expérimentation ?

 

On nous dit aussi que « ça marche assez bien ». Entendez par là le fait de lancer en vrac du blog et du vlog sur youtube ou ailleurs, ça marche assez bien. Ah bon.

 

Pour des groupes peu exigeants, qui basent leurs espoirs sur des chimères et dont le projet est destiné à n'avoir aucun impact, oui, peut-être, la démocratie sur youtube, ça marche assez bien. Nous dire qu'il faut bouger-dans-la-vraie-vie devient alors un gag peu amusant pour inviter à croire à l'efficacité d'un projet condamné à demeurer sans impact.

 

Ce que je dénonce ici, ce n'est pas la bonne volonté de ces gens, ni leurs qualités humaines ou la sympathie qu'elles pourraient m'inspirer individuellement, c'est encore une fois leur manque de lucidité par rapport au système. Il n'existe aucune alternative démocratique tant qu'on demeure au sein des institutions, du système électoral, et du système actuel tout court. Croire que l'on va pouvoir révolutionner le système avec une approche si faible qu'elle se neutralise par ses propres processus, c'est vraiment avoir une passion pour se bercer d'illusions, et ce n'est pas mon truc. Non, je n'irai pas dans des réunions #Mavoix, où je suis à peu près sûr que les « dominants » (dont je ne suis pas, et ne veux pas être), comme je l'ai vu ailleurs dans des réunions de pseudo-démocratie pseudo-participative, monopolisent la parole, ou oeuvrent en sous-main pour imposer leurs idées en faisant semblant d'écouter celles des autres, souvent avec les meilleures intentions du monde.

 

Ce n'est pas que je n'ai pas d'espoir en la capacité de l'humain à créer des alternatives démocratiques, c'est que je crois que celles-ci restent à inventer, et que la constitution de telles alternatives nécessite une véritable culture politique et socio-psychologique, sinon on se fait forcément avoir sans même s'en rendre compte par les travers humains, les manipulations volontaires et involontaires, etc.

 

Pour comprendre pourquoi il faut changer de système et pas y participer, il faut saisir un certain nombre de choses assez profondes qui sont totalement ignorées de ce grand public plein de bonne volonté qui nous ferait encore stagner quelques millénaires, si on ne critiquait pas ces initiatives bancales et sans impact.

 

Pour conclure cet article, je vous proposerai d'ailleurs un lien qui détaille les rapports qui se jouent entre les « dominants » et les « dominés », et qui donne des pistes pour réfléchir à ces relations malsaines et déséquilibrées qui conditionnent jusqu'à notre vision de la société et de l'humain et donc altèrent notre jugement lorsqu'il est question d'interagir avec le champ politique.

 

Certains, comme ce sympathique monsieur de la vidéo, diront certainement qu'en attendant d'apprendre ces choses, ce n'est pas une raison pour ne pas agir, car il faut « bouger », car « bouger ça fait du bien ». Et bien non, justement, ça ne sert à rien d'agir sans avoir compris ces choses, et non, justement, bouger pour bouger ne fait pas du bien. Tout au contraire, et exactement comme l'action de voter donne l'impression d'avoir « fait quelque chose », cela court-circuite notre raison, cela nourrit l'illusion que, puisqu'on a agi, on a fait quelque chose, puisqu'on a agi, on est plus respectable qu'on ne l'était avant de l'avoir fait (d'où les petites leçons de choses, pour ne pas dire de morale, très superficielles qu'il nous fait). Le fait d'agir, c'est à dire d'activer son corps, sa parole, donne la fausse impression que l'on a un impact. Toute la société, avec la publicité, la langue de bois politique, les exhortations hystériques, le manque d'exercice, nous déconnecte de nos corps et nous fait perdre le sens de l'action vraie et juste, de l'action qui a un impact sur celle qui n'est qu'activation d'un processus biologique totalement vain comme nous en connaissons tous, tout au long de la journée.

 

C'est vrai que participer à des groupes de parole à un aspect thérapeutique. C'est précisément pour cela entre autres que ces réunions nourrissent l'illusion d'une action impactante. Mais il en faudrait bien plus pour réaliser des actions qui influent sur le cours des choses à un niveau politique. C'est ce que font par exemple les ONG qui organisent des révolutions de couleur venues d'un pays extérieur. Vous aurez beau avoir une douzaine de députés à l'assemblée, le jour où il y a un putsch ou une révolution de couleur dans ce pays, l'impact déjà dérisoire que vous pensiez avoir s'évanouit totalement, car vous n'êtes pas du tout en mesure de détecter et prévenir ce type d'initiative qui a un million de fois plus d'impact que tout le militantisme politique de votre existence.

 

Ce qu'il faut n'est pas « hacker » l'assemblée avec des processus auto-contradictoires avec eux-mêmes. Ce qu'il faut, c'est renverser ce système, reprendre les rênes, avoir un véritable courage véritablement politique, et pas se faire embarquer dans les systèmes déjà totalement corrompus que nous ne pouvons pas assainir par cette voie.

 

Mais enfin, j'en finis là, et je vous fais passer ce lien qui a le mérite de présenter des causes beaucoup plus profondes de la corruption politique et de la soumission à ces systèmes de magouille organisée, qui vont beaucoup plus loin que ces propositions que j'ai présentées et critiquées, et qui ne sont à mon avis que l'un des visages, précisément, de la soumission à ce système.

 

https://perversionnarcissiqueetpsychopathie.wordpress.com/2014/09/24/pathologie-du-pouvoir-psychologie-des-leaders-psychopathes-sommes-nous-complices-33/

 

Il s'agit du troisième article de la série, parce que c'est mon préféré, mais il y a aussi les deux premiers, si vous voulez les lire également :

 

https://perversionnarcissiqueetpsychopathie.wordpress.com/2014/09/04/pathologie-du-pouvoir-psychologie-des-leaders-psychopathes-question-de-narcissisme-13/

 

https://perversionnarcissiqueetpsychopathie.wordpress.com/2014/09/12/pathologie-du-pourvoir-psychologie-des-leaders-psychopathes-narcissismes-sain-et-pathologiques-23/

 

Tant qu'on n'aura pas compris à quel point notre cerveau est conditionné et manipulé par des concepts pourris, nous ne comprendrons pas pourquoi il est totalement vain de vouloir modifier le système de l'intérieur. Il est donc essentiel de le comprendre, avant tout. Sinon, on est condamné à jeter son énergie et ses espoirs par la fenêtre, comme avec ces deux projets, et au final, il ne nous restera que le déni pour se dire qu'on aura « tout de même fait quelque chose ». Qui équivalait exactement à ne rien faire, ce qui est la gangrène des groupes de démocratie participative que j'ai pu apercevoir de l'intérieur.