Cet article risque d'être un peu un fourre-tout, et plutôt très long, mais je trouvais utile de faire un peu le point sur différents sujets, et sur la manière dont j'utilise ce blog, suite à quelques discussions à l'extérieur. Tout avis complémentaire sera bienvenu.

 

La première des choses de comparer entre l'état du blog, dans les faits, et ce que je voudrais qu'il soit. Je ressens toujours un décalage, dans mes romans comme dans mes articles, entre ce que je voulais en faire au début, et ce qu'ils sont au final. Souvent dans le sens « j'aurais pu faire mieux, quand même ».

 

Je n'avais pas une idée très précise de ce que je voulais faire, il y a presque 10 ans, quand je me suis lancé dans le blogging. Ce que je savais, c'est que, à l'époque, j'avais pris conscience moi-même de certaines réalités qui m'avaient été cachées par les médias, par la société dans laquelle je vivais. Cela a été un choc, favorisé par internet, et cela a suscité chez moi de nouvelles réflexions. Je me suis alors dit que, malgré la profusion de blogs qu'il y avait déjà à l'époque, ce serait fatalement une bouteille à la mer, mais que ce serait mieux de le faire quand même, en espérant ajouter ma touche personnelle, un angle de lumière particulier, sur les choses du monde.

 

Parfois, je suis déprimé moi-même par mon choix de sujet, mais est-ce que pour autant, j'aurais du faire un énième blog sur le craft, le jardinage ou encore la cuisine ou les jeux vidéo ? Certes, il y a aussi beaucoup de blogs sur les médias, la politique, mais la plupart se contentent de commenter les faits. Cela n'a jamais été mon but. Mon but a toujours été de me servir des faits pour nourrir un propos qui serait plus de l'ordre philosophique. À l'époque, je voulais aussi beaucoup parler de chamanisme, alors que j'étais en pleine initiation et découverte dans le domaine. Aujourd'hui, je ne sais plus trop comment en parler. C'est devenu trop intime, trop profond, ce n'est plus comme faire partager des recettes de craft ou de cuisine, pour faire de belles choses. C'est donc quelque chose qui est, en fait, intégré à ma réflexion la plus profonde, que je fais parfois émerger dans mes articles.

 

C'est que le chamanisme n'est pas qu'une pratique magique folklorique en rapport avec la nature, une simple invocation d'esprits ou quête de visions. C'est cela mais surtout beaucoup plus. C'est un chemin spirituel qui s'intègre dans un chemin de vie global, fut-il urbain, fut-il celui d'un autiste, d'un écrivain, d'un simple individu membre d'une société qu'il conteste. Le chamanisme, c'est surtout la connaissance de l'âme humaine, de sa propre âme, c'est à dire de sa propre personnalité mais aussi de son lien avec l'homme, la planète, l'univers. Ainsi, écrire des articles pour contester un ordre social inique, je le vis comme pleinement chamanique. Du reste, il est vrai que le chaman a toujours été, dans bien des sociétés avant la nôtre, un être « à part », mais aussi un vecteur de la cohésion sociale. Aussi, il est parfaitement légitime dans un rôle de dénonciation de ce qui dysfonctionne dans une société. Peut-être même est-ce appelé à être l'un des rôles majeurs des « néo-chamans », puisque la discipline connaît un essor et un renouveau certain, dans l'avenir, que de tenir un front contre l'iniquité de la société, la manipulation mentale de masse. Apprendre aux gens à mieux se connaître, à mieux connaître les fonctionnements humains, c'est une façon de les émanciper, de les aider à se réaliser pour qu'à leur tour ils puissent soutenir la paix et une certaine forme d'harmonie autour d'eux : c'est pleinement chamanique. Et c'est ce que j'essaye de faire.

 

Aussi, j'estime ne pas être totalement à côté de la plaque, par rapport à ma démarche initiale, et il est bien normal et heureux que j'ai évolué depuis.

 

Maintenant, sur un plan plus spécifique, il y a la question de ma manière de traiter mes sujets. Pensant spontanément avec une sorte d'arborescence, j'ai du mal à structurer mon propos et à éviter de rentrer dans les détails. Mais il me semble que beaucoup de sites sont déjà plutôt dans la synthèse. Il est bon que certains pratiquent l'analyse, rentrent dans leurs sujets. N'étant expert de rien, diplômé en rien, ou presque, mais connaisseur éclairé dans divers sujets tout de même, je m'estime libre d'explorer toutes sortes de sujets, en faisant usage de mon intelligence, sans fausse modestie ni prétention particulière, puisqu'elle est bien sûr limitée.

 

J'ai, au cours de ces dernières années, beaucoup tourné autour des thèmes de la fausse démocratie, cette société publicitaire et propagandiste par excellence qui nettoie le cerveau de ses membres, j'ai critiqué à peu près tout et son contraire, et j'ai souvent mis les pieds dans le plat. Il faut bien comprendre que, pour moi, dans la société actuelle, rien n'est sacré. Le sacré disparaît dans une société qui ne respecte plus l'humain, une société qui met l'humain à son service alors que le groupe, la communauté, la société, étaient censés servir l'humain, son accomplissement (je parle ici essentiellement sur le plan spirituel, et non pas l'accomplissement du compte en banque par exemple), son bien-être sur Terre. C'est ici l'inversion suprême, non dit par excellence, qui fonde la société dite postmoderne. Comme si un gigantesque égrégore (ou une autre entité, ou une classe d'entités ou de créatures, ou une énergie extérieure et supra-humaine quelconque) agissait cette société, au-delà même de notre capacité de contrôle, comme un P.K. Dick aurait pu le raconter. Et ce n'est pas tant de la SF qu'on pourrait avoir tendance à le croire... Mais chacun en pense ce qu'il veut.

 

Aussi, je voudrais saisir l'occasion de cette prise de recul pour faire le point sur différents sujets fréquemment abordés sur le blog, ou parfois moins fréquemment, mais qui me semblent rentrer dans le cadre de cette réflexion un peu « freestyle ».

 

Avant de me lancer, je voudrais faire une parenthèse à propos de mes sources habituelles. Parmi les sites que je « linke » le plus souvent, il y en a notamment deux qui me semblent nécessiter quelques mots.

 

D'abord, à propos de sott.net. J'ai déjà publié ici un article pour critiquer assez sévèrement leur philosophie et leur ligne éditoriale. Pourtant, il reste le site que je propose le plus souvent, pourquoi ? D'abord, qui aime bien châtie bien. Ensuite, il faut quand même rappeler que, sur ce site, il y a à boire et à manger. Des articles qui se contredisent entre eux, même, et dans le fond, c'est plutôt une qualité. C'est qu'il n'y a pas de vérité absolue sur aucun sujet. Il y a aussi que l'on peut prendre des angles complètement opposés pour critiquer un fait ou une idée. Là où le bat blesse, c'est quand on tombe dans la politisation, du moins à mes yeux. Sur ce blog, j'essaye au mieux de proposer des sources qui, lorsqu'elles sont politisées, se complètent les unes les autres. Ainsi, je vais piocher chez des penseurs de gauche comme chez des sites plus conservateurs, voire plus à l'extrême. On me l'a reproché et c'est bien compréhensible, mais c'est mal comprendre ma démarche. Même les sites les plus douteux peuvent occasionnellement produire un argument digne de ce nom, et il n'existe pas de vérité mauvaise à entendre. Mon propos n'a jamais été de m'enfermer dans quoique ce soit, dans une idéologie ou un positionnement politique, et on a vu ce que je pensais du militantisme de quelque forme qu'il soit (même si nous pouvons tous « lutter » pour une idée à un moment donné, et c'est sans doute ce que je fais, mais hors de toute politique au sens qu'on lui donne aujourd'hui, c'est à dire le partisanisme ferme et souvent malsain, enfermé dans une idée fixe). Bref, si je cite encore sott.net, c'est parce que, malgré leurs commentaires parfois douteux, malgré leurs choix de sources parfois douteux, ils ont tout de même, encore à présent, une certaine liberté de ton qui fait du bien, dans le milieu médiatique.

 

L'autre source sur laquelle j'aurais un mot à dire, et qui me permettra d'enchaîner sur mon premier point, c'est Russia Today. Selon certains, ce site, un journal russe, donc, serait un média partisan, créé par les potes de Poutine, tout ça tout ça. Je ne comprends ni ne cautionne ce tabou. Il m'est arrivé sur ce blog de citer Le monde, l'Express, Libé, etc. Pourquoi ne citerais-je pas RT ? Aucun média n'est entièrement libre ni indépendant, c'est entendu. C'est même l'essence des médias que d'avoir une certaine ligne éditoriale, conditionnée par des financeurs, des intérêts, etc. Cela, j'en suis parfaitement conscient. Mais il y a un point à retenir : RT (et Sputnik, mais je trouve ce site de nettement moins bonne qualité, à l'usage) apporte un contrepoint à tous nos médias occidentaux, qui eux ne font que réciter la position dominante occidentale, alors même qu'elle est devenue absolument mensongère au point d'en devenir délirante. Il devient alors utile de citer un média russe – fut-il pro-Poutine – pour montrer que l'essentiel de ce qui en provient, par comparaison, n'est que du bon sens... Il est vrai qu'ils produisent aussi une forme de propagande. Les articles trop propagandistes, soit je les ignore, soit je les critique. Le reste est digne d'être proposé, au même titre que les quelques bons articles qui paraissent dans nos médias occidentaux. C'est tout, et cela me mène au premier point que je voulais soulever.

 

 

 

La Russie, c'est Le Mal

 

Quelques personnes sont encore enfermées dans ce paradigme au point de ne pas voir que l'URSS, c'est terminé depuis bientôt 30 ans. Nous sommes entrés dans une nouvelle guerre froide, par la faute des USA et du bloc occidental, qui ont fomenté ce coup d'état infâme en Ukraine, avec le soutien des néo-nazis locaux. Cela, on l'a vu et revu sur ce blog, et je ne rappellerais pas les sources de ces affirmations. De même, le discours sur la prétendue annexion de la Crimée est d'une ignorance crasse, le pire étant qu'il est repris par des gens qui prétendent ne pas faire confiance à nos médias occidentaux. Ces gens mettent tout sur un pied d'égalité : l'agresseur, et celui qui se défend.

 

Et ici, celui qui se défend l'a fait sans bombes, se contentant d'un soutien politique aux forces pro-russes du sud-est de l'Ukraine, et en allant défendre la Crimée contre une éventuelle invasion ukrainienne, à la suite du référendum durant lequel le peuple de Crimée s'est auto-déterminé pour rejoindre la Russie. Il n'y a vraiment qu'en occident, décidément, qu'on entend encore des gens, pour le coup idiots utiles parfaits du système, contester la légitimité de cette région et de son auto-détermination. Il est vrai que l'on sait comment l'on traite, en Europe, les référendums et l'opinion du peuple.

 

Mais puisque nous sommes les démocrates, et eux les cocos en puissance, c'est forcément que nous sommes dans le camp du bien, et eux sont le mal. Le discours médiatique en occident est si simpliste que je ne sais pas comment certains peuvent être encore assez stupides pour ne pas le déjouer.

 

Prenons un simple exemple :

 

https://francais.rt.com/international/40192-obama-autorise-developpement-equivalent-digital-bombe-contre-russie

 

Oui, le lien provient de Russia Today. Propagande russe ? Oups, non... Regardons la source, c'est le Washington post :

 

https://www.washingtonpost.com/graphics/2017/world/national-security/obama-putin-election-hacking/?utm_term=.4ce803ffa407

 

Donc, finalement, ce sont les américains qui affirment avoir voulu punir les russes. C'est bien normal, n'est-ce pas ? Lorsque on est l'incarnation du bien, on punit celui qui est l'incarnation du mal. Ce qui est intéressant est que chaque organe de presse présente les mêmes faits suivant ses intérêts, c'est tout. Pour les américains, on punit les méchants russes, pour les russes, on est attaqué par des américains menteurs et manipulateurs. Maintenant, comment faire la part des choses ? Ce n'est pas si compliqué, dans ce cas précis. Cela a été dit depuis le début par bien des observateurs et experts en tout genre : on ne peut avancer aucune preuve solide d'une quelconque attaque russe. On pourrait même plutôt conclure qu'il n'y a pas eu d'attaque du tout, en ce qui concerne les élections. Par ailleurs, sur ces histoires d'ingérence, que dire du fait que tous les politiciens français sont issus d'officines américaines, et du fait que les américains ont toujours tenté d'influencer la politique de bien des pays ? Que dire du soutien d'Obama envers Macron ? Bref... On voit que les torts sont, au minimum, bien partagés, mais qu'on en trouve plus facilement des preuves factuelles du côté des américains. Les russes sont ils innocents, ou sont-ils juste de meilleurs dissimulateurs ? Personne ne saurait dire avec certitude.

 

À ce stade, il est important de mentionner au moins un article à propos des révélations de Seymour Hersh, qui ont fait grand bruit :

 

http://www.dedefensa.org/article/censure-et-vertu-systeme-contre-seymour-hersh

 

Étrangement, ce sont ici les américains qui passent pour des menteurs et des dissimulateurs, finalement. Concluez-en ce que vous voulez... Personnellement, je conclus de toutes ces affaires que nous vivons dans un monde où les USA essayent de conserver leur hégémonie par tous les moyens, sans scrupule, et où les russes ont beau jeu d'être plus francs et plus sincères, pour mieux mettre en lumière cette absence de scrupule. Ils ne sont pas angéliques pour autant. Mais pour le moment, ils restent les victimes de toutes sortes de sanctions, embargos, campagnes calomnieuses, encerclement militaire, isolement géopolitique, etc. Il est bien normal qu'ils se défendent, et on commence à observer que leur stratégie porte ses fruits et que ses adversaires commencent à perdre du terrain. Et quand on y réfléchit, on se dit que c'est une bonne chose.

 

Par ailleurs, cette information montre que la Russie peut parfois animée de « bonnes intentions », et que lorsqu'elle le fait, les USA n'en tiennent aucun compte. On comprend à la lumière de la révélation plus haut, que les USA n'avaient tout simplement pas intérêt à cet accord qui aurait empêché leur double-jeu :

 

https://www.developpez.com/actu/144698/La-Russie-a-propose-aux-Etats-Unis-un-traite-de-cyberguerre-en-2015-mais-l-administration-Obama-l-a-ignore-d-apres-Vladimir-Poutine/

 

Puis ce lien, aussi :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/06/jouons-la-balle.html

 

 

 

 

Trump, c'est Le Mal

 

Bon, en vérité, je n'ai pas grand chose à dire aujourd'hui même sur Trump, mais il fallait quand même bien le citer dans tout cela. Trump et le Brexit sont fréquemment cités comme les conséquences d'un « populisme » galopant, sous entendu, là aussi, « le populisme, c'est Le Mal », quand bien même il s'agit d'une manifestation des intérêts du peuple. Ce qui montre bien comment, encore une fois, dans nos « démocraties » donneuses de leçon et fauteuses de guerres, on considère le peuple : une marmaille dangereuse, bruyante et profondément stupide, à qui on a donné le droit de s'exprimer que par pure magnanimité, ce qui n'oblige quand même pas à l'écouter. Il vaut mieux l'abrutir, le diviser et l'occuper.

 

Trump est sans doute un individu assez grossier et relativement paumé dans la géopolitique moderne, et aussi un pion d'une certaine oligarchie (car il ne faut pas se leurrer à son sujet), mais il avait été élu par un peuple, et on l'empêche de concrétiser sa politique. Voilà qui en dit long sur la réalité de nos démocraties, s'il était besoin.

 

 

Macron, c'est le Mal

 

Récemment, je me suis souvent dit qu'au fond, Macron était en réalité, d'une certaine façon invertie, le Trump français, si on tient compte d'une certaine logique politique : Macron est un produit de la finance, comme Trump. Il est un autre produit de l'électoralisme de masse lessivé et manipulé, comme Trump. Comme Trump, il a effectué un rapprochement avec la Russie, et exprimé quelques doutes sur la Syrie. Comme Trump, il est opposé à une politique purement néo-conservatrice, tout en étant issu d'une tradition politique typiquement américaine, et comme Trump, il marque une illusoire rupture avec la politique traditionnelle. Et comme Trump, il échouera et fera n'importe quoi. C'est déjà en cours, dans les deux cas.

 

Et s'il est comme Trump, d'une certaine façon, c'est qu'il n'est pas non plus le mal incarné. Il est seulement une partie non négligeable de ce mal qui corrompt le monde avec la finance, avec l'idéologie de la réussite personnelle, etc. J'ai assez parlé de Macron par ailleurs, aussi je ne m'éternise pas. Je propose simplement un lien qui synthétise ses 40 premiers jours d'exercice du pouvoir, suivi d'un lien humoristique qui montre à quel point il est facile de désigner le mal des autres, pour mieux dénier sa propre responsabilité dans celui-ci, ainsi que pour mieux manipuler l'opinion :

 

https://www.youtube.com/watch?v=USg1VK9_XWo

 

https://www.youtube.com/watch?v=fIANsML0f2w

 

 

 

Le complotisme, c'est Le Mal

 

Autre vaste sujet déjà largement discuté sur ce blog. On tente de nous faire croire que contester tout aspect du système ne débouche que sur le complotisme, et il est bien entendu que le complotisme est une faute morale. Assez grave, qui plus est.

 

Ainsi il est interdit de contester le bien-fondé des médias possédés par des industriels, de la science universitaire qui tourne en boucle sur ses propres certitudes (et qui saurait prétendument se remettre en cause systématiquement et en toute circonstance, alors que tout démontre le contraire), de la médecine officielle (car il y en a bien une, elle est subventionnée, financée, etc., et si elle est exceptionnelle sur certains aspects, elle l'est beaucoup moins sur d'autres, en plus du fait que bien qu'on la défende d'un côté, on l'ampute de l'autre en supprimant du personnel hospitalier, autre intéressant paradoxe de notre époque qui ne s'assume pas elle-même), et j'en passe.

 

Pourtant, la liberté de contester le pouvoir et la domination est et doit être la première des libertés, en démocratie. S'il fallait choisir, il n'en existerait pas d'autre, car celle-ci est fondamentale. Certes, on l'a dit maintes fois, il y a un complotisme imbécile et de bas étage. C'est que les gens se défendent avec les armes qu'ils ont. Autrefois avec des fourches, maintenant avec le peu d'esprit critique et de liberté de pensée qu'on leur accorde et qu'on consent à lui inculquer, au sein des écoles, industrie du formatage intellectuel occidental.

 

Le complotisme n'est pas le mal, parce qu'il est l'impulsion vers la liberté. Si on ne pouvait critiquer les excès et les détours immoraux du pouvoir, on serait réduits à cet état de Charlie-zombies, à embrasser un flic comme l'autre, mon ancienne idole des banlieues, et tant qu'on y est, pourquoi pas à s'enfourner avec concupiscence la matraque qui nous remet dans le droit chemin de l'acceptation de la doxa et de l'état qui nous « protège » contre le terrorisme. Je suis Charlie, je ne suis plus moi, je suis l'ombre qu'on a voulu que je sois, et je marche là où l'on m'a dit de marcher. Et tant pis si la désobéissance civile est un devoir constitutionnel. Je m'appelle quand même citoyen, si je veux !

 

 

 

La foi, c'est Le Mal

 

Je voulais en fait ici parler de doute et de zététique, mais je ne me voyais pas écrire que le doute c'est le mal. Je voulais parler des excès des doutes, des excès de la foi. Le zèle zététicien demeure tout de même une des formes les plus stériles de la psyché, qui engendre immanquablement une sorte de nihilisme, je dirais même, un mysticisme épistémologique.

 

Il faut douter, oui, c'est important. Il faut avoir conscience des apports de la science. Mais cela fait maintenant des siècles que l'on conteste celle-ci, sa posture de toute puissance, et certains en sont encore à l'ériger en Église. C'est qu'il faut décidément du temps à l'humain pour comprendre, pour progresser réellement, évoluer, saisir que l'intellectualisme ne peut pas être la voie.

 

Lorsque je mets en avant des découvertes scientifiques, lorsque je critique le zététisme, je ne perds jamais de vue ces choses là. La science est utile, et la pensée scientifique peut même entrer dans une discipline et une sorte d'hygiène mentale. Elle peut être un très bon complément, par exemple, aux pratiques intuitives, pour les équilibrer, éviter de tomber dans des illusions confortables. Mais doit-elle pour autant être au centre de tout ? Un soleil autour duquel la planète de notre esprit devrait tourner ? Elle est un outil, sans plus. L'outil par excellence, pour ceux qui travaillent au sein de la science, bien sûr. Mais elle n'a pas vocation à devenir religion pour tous. Certains s'en passent très bien.

 

Dans cette vidéo (que j'ai trouvé vraiment très mauvaise, et que je déconseille), ce que j'ai préféré est le premier commentaire, le mieux noté :

 

https://www.youtube.com/watch?v=UjQ2Jk-yT9U&t=2282s

 

En effet, à trop vouloir « faire le bien », on peut tomber dans toutes sortes d'écueils moraux. L'un des problèmes des zététiciens est de vouloir mettre leur nez partout dans les affaires des autres, une sorte de prosélytisme intellectuel, qui vise à convertir ceux qui pensent autrement à la bonne pensée. Il peut m'être arrivé, à moi et sûrement à bien d'autres, de vouloir convaincre autrui que j'avais raison. D'alerter, aussi, sur un danger, comme je l'ai fait sur certaines démarches sectaires, mais surtout sur le pillage des traditions qui est effectué dans le new age, par exemple. C'est légitime, mais encore faut-il ne pas en faire une profession de foi, sinon, l'on propage nos erreurs à la place d'autres erreurs. Il faut de l'humilité. Humilité rarement rencontrée dans le milieu zététique, où l'attitude dominante consiste tout de même à ramener les gens dans le giron de leur église de pensée, comme s'il ne pouvait, comme s'il ne devait pas y en avoir d'autres.

 

Malgré mon attachement à la vérité, malgré mon mépris pour le relativisme, j'ai appris à respecter l'idée qu'il pouvait exister d'autres formes de sciences que celle, officielle, régie par la méthode cartésienne. Cela n'est pas un mal, et tout au contraire, cela ouvre des portes. Je l'ai souvent dit à propos du chamanisme et d'autres formes de quêtes de la connaissance ésotérique. Et si ces formes ont souvent été dévoyées par des mouvances sectaires, cela ne doit pas interdire de les utiliser. Même la science officielle a ses détours honteux et même scandaleux, et ô combien ! Aucune démarche n'est irréprochable, et peu me semble foncièrement mauvaises, du moment qu'il y de l'honnêteté. Que chacun choisisse donc celle qui fonctionne pour lui, sans rejeter les autres avant de les avoir honnêtement critiquées. C'est ce que je prône.

 

Et qu'on en finisse avec cette espèce de religiosité dogmatique de la « Vérité Scientifique ». Cette volonté de trop bien faire nous perdra.

 

 

 

Le terrorisme, c'est Le Mal

 

On en revient aux sujets politiques évoqués plus haut. Je citerais seulement un article, pour remettre les choses en perspective :

 

http://reseauinternational.net/la-veritable-definition-du-terrorisme-cest-ce-que-font-les-usa-la-gb-israel-et-larabie-saoudite-au-moyen-orient/

 

Ne l'oublions jamais. Si exterminer arbitrairement des êtres humains est évidemment mal par principe, ce mal a été engendré par un autre. On a donné toutes les raisons au terrorisme d'exister, on l'a même financé, entraîné, en plus d'encourager la violence par la guerre et l'humiliation de régions entières. Et maintenant on vient nous dire que ces gens, ces terroristes, à qui on a en réalité inculqué leur nouvelle vocation, sont foncièrement mauvais. Peut-être qu'on les a un peu poussés dans ces retranchements ?

 

Le terrorisme est indubitablement l'un des maux de notre époque. Mais il n'est pas sorti de nulle part, d'une simple impulsion du mal pour le mal, né dans une région qui avait toujours été vouée à cela. Il a des causes, et ces causes, on les a encouragées. Voilà tout. Les gens qui pratiquent le terrorisme croient, eux, le faire pour le bien. À cela il faut méditer. Ces gens veulent le bien des leurs, de leurs semblables, et ils veulent le bien pour eux, selon leurs critères (c'est à dire ceux qu'on leur a mis dans la tête), selon leur religion.

 

Je ne vais pas défendre cette interprétation religieuse débile, ni même la religion. Je suis profondément athée au sens occidental du terme (je crois tout de même en une forme de transcendance, qui n'a rien à voir avec les formes puériles prétendues par les grandes religions). Mais je peux comprendre pourquoi et comment des gens qu'on a poussés à bout peuvent entreprendre ce chemin, comme d'autres ont voté Trump.

 

Mais il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Le simplisme de la « pensée » officielle ou dominante revient toujours, au fond, à la même chose : désigner un mal, le combattre. Jamais on ne cherche vraiment à en comprendre les causes. On l'a vu avec l'histoire de « la culture de l'excuse ». Comprendre serait vouloir excuser... Quel amalgame scandaleux et débile, en vérité ! Plus loin, je vais parler de pédophilie. On m'accuserait alors de vouloir excuser un crime ? Vous voyez, c'est facile avec la pensée simpliste. Il y a des gens qu'il ne faut pas défendre. Ils ne devraient pas avoir droit à un avocat. Les terroristes, les pauvres en général. Les riches, on peut tout leur passer. Ils démissionnent, et on peut oublier. Le pauvre ne démissionne pas, lui, il n'a pas ce luxe. Chômeur, clochard, juif, musulman ou pédophile, il sera ridiculisé, ostracisé, persécuté. Il ne lui reste plus que le suicide et les actes désespérés, auxquels appartiennent les techniques kamikazes. On pousse à la violence et au désespoir. De toute façon, les terroristes n'ont vraiment pas besoin d'avocat. On les tue ou ils s'exterminent eux-mêmes. Espèce en voie de disparition, normalement. Sauf qu'on les forme, et c'est pour ça qu'il y en aura encore et encore... Alors si Mal il y a, encore faut-il remonter à son origine.

 

 

 

Le totalitarisme, c'est Le Mal

 

Là il faut vraiment se faire l'avocat du diable. C'est le point que j'ai le plus souvent dénoncé sur mon blog : la course irrémédiable vers une certaine forme de totalitarisme. La désaffection organisée pour la politique pour mieux orienter les gens vers le loisir, la jouissance immédiate, la perdition.

 

Dans le meilleur des mondes, Huxley nous décrit la forme probable que pourrait prendre cette société, à l'extrême. Ravissement des bébés à leurs familles, uniformisation de tous, institutionnalisation de la drogue pour que tout le monde puisse se sentir assez bien dans une société où son destin est réglé et imposé.

 

Est-ce Mal ?

 

Cela convient à la masse. La masse des gens est dans la norme, c'est à dire dans la partie épaisse de la courbe de Gauss, en terme d'opinions, de perception de la réalité, d'orientation sexuelle, de choix religieux, de vie familiale, etc. La masse est adaptable, malléable. Son degré d'indépendance et d'autodétermination est faible, proche de la nullité absolue. On peut la conformer à peu près à toute idée, avec le minimum de matraquage, lui faire acheter à peu près ce qu'on veut, avec une certaine dose de publicité. On peut lui faire accepter aussi bien la liberté sexuelle que la répression sexuelle, avec les bons arguments.

 

La masse ne connaît pas la misère sexuelle, si on régule sa sexualité. Il suffirait de forcer le mariage (pour tous, idéalement), voire de légiférer pragmatiquement sur la prostitution. Du moment que les supermarchés sont pleins, elle n'a pas faim non plus, ni soif, et elle peut dépenser le surplus en DVD et autres loisirs. Du moment que ses besoins primaires sont étanchés et que son attention est occupée par les loisirs, le spectacle, le divertissement, il semble qu'une telle société puisse durer indéfiniment. Ce serait alors la société idéale... en apparence.

 

Une société où il n'y a pas de place pour la liberté personnelle en dehors de ce que permet le gouvernement, est mortifère au possible.

 

Tous ceux qui sont dans une certaine marge de la courbe de Gauss ne peuvent y exister, tout simplement. Selon la rigidité du système, qui reste le curseur principal de réglage, cela peut constituer 5%, ou jusqu'à 20 ou 40% des membres de la société, qui ne peuvent s'y épanouir. Cela peut constituer une proportion et une masse colossale d'êtres humains condamnés à la souffrance de la non-existence, soit qu'on les parque dans des prisons et autres équivalents futuristes du genre, soit qu'on les réforme dans de grands centres psychiatriques, pour comprendre « ce qui ne va pas chez eux », et les réinsérer, c'est à dire leur reformater le cerveau.

 

Ayez alors un style de vie un peu particulier, une personnalité très atypique, sans pour autant avoir des pulsions de meurtre, ou encore une orientation sexuelle vraiment trop difficile à prendre en compte par le système, ou bien des idées très à vous sur la spiritualité, et les ennuis commencent, et c'est pour la vie. Peut-être êtes vous asexuel, réfractaire au mariage ? Peut-être ne supportez-vous pas ce qu'est devenu l'art, totalement aseptisé et sans âme dans cette société ? Peut-être le fait d'avoir été enlevé à vos parents au plus jeune âge a-t-il constitué un super-traumatisme, partagé par l'ensemble de la population. Cela favorise aussi bien la soumission au système qu'un dérèglement de la psyché et donc de l'équilibre hormonal de votre corps. Peut-être tout le monde y serait-il dépressif ? Mais alors, il suffirait de droguer tout le monde, comme dans le roman d'Huxley.

 

Et alors, ce paraîtrait vraiment le meilleur des mondes. Un monde où le besoin de faire des choix difficiles ne nous serait même pas permis, ce qui nous ôterait un sacré problème (pour le remplacer par un autre bien pire), etc.

 

Le totalitarisme n'est pas seulement un délire futuriste. Il a toujours existé, et il est toujours passé par différentes formes de régulations sexuelles, du mariage ou de la famille, des tabous. L'excision en constitue un phénomène exemplaire, par exemple. Or je me rappelle avoir lu d'intéressants textes, que j'avais peut-être posté sur ce blog, il y a de nombreuses années, sur des parallèles établis par des anthropologues et la tendance à la guerre, chez les peuples soumis à l'excision et à la circoncision. On me rétorquera que ce genre de théorie sent mauvais, mais moi je reste ouvert, et lorsque je lis qu'il y aurait corrélation entre mutilation génitale et attitude belliciste, je m'intéresse. Je m'intrigue, je m'inquiète.

 

Car tout totalitarisme fonctionne sur la base d'une mutilation, fut-elle physique, psychique, symbolique, sociale, familiale, ou un mélange de ces choses. Peut-être que toute mutilation ne conduit pas à la guerre. Par contre, je sais que toute mutilation conduit à un traumatisme et que, chez l'homme, tout trauma a des conséquences, surtout quand il est appliqué à une population entière. On peut s'interroger, par exemple, sur la tendance, aux USA, à ces fusillades à répétition, qui semble être la réponse à quelque chose qui ne va pas dans leur société. Un non-dit en rapport avec la jeunesse, le système éducatif, peut-être la société en général, le rapport entre cette population et le port d'armes, et la manière dont il s'articule avec le reste de la société. Je n'ai pas les réponses, seulement quelques suppositions, et mon propos n'est pas ici de développer particulièrement ce sujet, aussi je m'interroge.

 

Mais pour conclure cette partie, je dirais simplement : pour moi, le totalitarisme c'est Le Mal. Parce que je tiens à ma liberté de pensée, parce que j'ai conscience de ses conséquences extrêmement graves et dommageables, notamment sur le plan psychique et spirituel. Mais pour la plupart des gens, le totalitarisme est souhaitable, car il constitue, pour des personnes « normales », sans pensée autonome ni capacité à exister par eux-mêmes, une sorte de garantie de conforts minimums. Et cela au prix d'individus différents qu'ils jugent menaçants, et dont la disparition, le reformatage psychique, l'incarcération voire l'extermination peut leur paraître souhaitable. Ceci est excessivement dangereux, inhumain par excellence. Et je crains qu'il faille savoir accepter un certain degré de déviance et de non-contrôle, pour préserver une société saine... Déjà que l'urbanisme nous a sévèrement porté atteinte, sans même que l'on s'en rende compte.

 

 

 

Les vaccins, la médecine classique, la nourriture industrielle, c'est Le Mal

 

Je ne m'attarde pas trop sur ce point, il a été évoqué à travers le totalitarisme et la zététique, d'une certaine manière. Je veux simplement rappeler que ces choses, si souvent sous le feu des critiques, actuellement, ne sont pas mauvaises en soi. Elles comportent certains avantages, tout de même.

 

Le seul vrai problème est que nous n'ayons pratiquement pas le choix entre ça et autre chose, surtout si nos moyens sont limités. Comment ferais-je, en pleine ville, sans travail, pour me nourrir vraiment mieux ? Je peux éviter de me faire faire mes rappels de vaccin, mais même avec mes connaissances naturopathiques, je dois bien faire appel à un médecin de temps en temps. Et ceux ci n'appliquent que les méthodes qu'ils ont apprises...

 

Bon. Il n'existe pas de monde idéal où nous serions parfaitement en sécurité, et ce monde qui ne saurait être que totalitaire n'est pas souhaitable. La paranoïa ambiante autour des médicaments et des produits industriels est, chez certains, la vraie pathologie. Si tout cela était si toxique (et ça l'est, j'ai un cas dans ma famille qui est parlant, sur les médicaments), nous serions tous chroniquement malades, or ce n'est pas tout à fait le cas. Certes, les maladies chroniques progressent. Il y a du souci à se faire. Mais ce n'est pas la faute, en propre, des médicaments ou des plats préparés. C'est plutôt un ensemble de choses : la sédentarité, l'urbanisme, la surpopulation, le consumérisme, l'idéologie de la croissance, la croyance scientiste dans le progrès (qui nous fait croire que l'on doit fuir en avant car tout problème sera résolu en temps et en heure, sorte de foi religieuse imbécile et aveugle dans le technicisme), etc. Tout cela induit pollutions diverses, nécessité d'une agriculture intensive et concentrée, quasiment hors-sol. Appauvrissement de nos ressources, donc affaiblissement de nos organismes face aux pollutions que nous créons : un véritable ensemble, un cercle vicieux abominable. Aucun des éléments n'est en faute en soi. Ce sont tous les éléments mis ensemble qui favorisent les maladies chroniques, et aussi nos modes de vie désenchantés, aseptisés et déshumanisés qui engendrent la dépression, et donc aussi la division, la violence, la haine du voisin, de l'étranger qui est omniprésent dans un monde où l'on vit de plus en plus entassés, etc. Reprocher aux vaccins ou à la nourriture industrielle un autisme galopant qui peut aussi bien s'expliquer d'autres manières, comme par exemple la coupure de plus en plus nette entre les individus occidentaux, est un peu court, mais comment pourrions-nous prendre conscience de cet ensemble ? Cela est beaucoup trop complexe pour la plupart. Alors on se focalise sur les médicaments, sur la voiture, les particules, les champs électro-magnétiques, sans comprendre que c'est l'ensemble qu(il faut remettre en cause. Il ne saurait y avoir d'amélioration réelle, si nous supprimions les médicaments, sans modifier le mode de vie qui en rend beaucoup nécessaires.

 

Mais même au-delà de tout ça, il ne saurait, je l'ai déjà dit, exister aucune société idéale, aucun monde idéale. La nature inclut la violence, la prédation, la tromperie, et l'homme est issu de cela. C'est peut-être pour cela qu'il peut être si violent, si prédateur, si menteur. Sans ces attributs, il ne serait peut-être pas sorti du chemin de l'évolution pour accomplir ce qu'il a accompli, et que certains s'ingénient à haïr. Si l'homme est si « mauvais », selon eux qui souvent vénèrent la nature, c'est peut-être alors au fond parce que la nature est si mauvaise... piège de la pensée dualiste, et piège des émotions primaires et simplistes.

 

Le seul reproche que j'adresse personnellement à l'homme est de sous-utiliser son intelligence, notamment pour dompter ses instincts. Partout ce n'est que calculs, mesquineries, méchancetés, petites ou grandes haines, jalousies, pulsions, colères, et surtout, des peurs. Partout, des peurs, en tous genres, et cette peur qui guide la médisance, la violence, la haine, le rejet, la honte, la trahison, etc. Nous n'agissons pas très différemment d'une communauté de chats (j'adore les chats). Si vous les regardez, ils se jalousent, se griffent, se crient après, protègent leur petit coin à eux, certains sont craintifs, d'autres agressifs. Il y en a de possessifs, des dédaigneux, des affectueux, des griffeurs, des voleurs, des attentionnés, des « normaux », des « originaux ». Même certains semblent avoir des capacités extra-sensorielles, et d'autres pas du tout. Mais les chats, eux, ne légifèrent pas contre leur prochain, ou pour préserver leurs petits privilèges. Et ils savent se réconcilier, aimer inconditionnellement. Bien sûr, c'est qu'ils n'ont pas la capacité à être différents, mais s'ils l'avaient ? S'ils étaient à notre place ? Vous croyez qu'il n'y aurait pas de conflits politiques ? De conflits d'intérêt ? Des lois ? De la prédation de ressources, des meilleurs gisements de souris ?

 

https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/chats/les-chats-responsables-d-un-desastre-ecologique_105142

 

Vous me direz, ce n'est pas la faute du chat, mais la faute de l'homme qui a implanté le chat partout, et c'est sûrement vrai. Mais rien ne nous dit qu'il n'existe pas ou n'a pas existé une autre espèce, par le passé, qui aurait causé des désastres, voire des extinctions. Il semble que l'homme soit responsable de l'extinction actuelle, mais toutes les extinctions détectées dans un passé lointaine ne sont pas expliquées avec certitude, et il a pu y avoir des extinctions de moins grande ampleur, locales ou continentales, causées par des espèces particulièrement efficaces dans la prédation, comme peut l'être le chat. Était-ce pour autant de leur faute, si cela est arrivé ? Ils suivaient simplement ce pour quoi la nature les avait conçus. C'est alors « la nature » qui serait « fautive » (conception humaine que la faute, s'il en est).

 

 

La pollution, c'est Le Mal

 

On peut prolonger brièvement cette réflexion autour de ce point. Il semble que la planète puisse engendre elle-même ses propres pollutions, par exemple avec la perforation de poches de méthanes.

 

http://www.slate.fr/story/48317/methane-climat

 

Ce serait même l'explication avancée pour le triangle des Bermudes, depuis bien longtemps déjà :

 

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/mers-et-oceans/le-mystere-du-triangle-des-bermudes-explique-par-les-bulles-de-methane_102477

 

On sait ce que je pense de l'hystérie climatique. Mais en vérité, la planète n'a pas besoin de l'homme pour crever ses poches de méthane. Il suffirait, selon la théorie, d'une variation naturelle de température comme elles se produisent tout le temps. Ce n'est pas comme si la planète s'était dit « tiens, je vais préparer ses poches de gaz pour faire chier les humains s'ils foutent la merde. Premier qui m'emmerde, je lui pète au nez ! »

 

La propension à cette conception anthropocentrique avec les dieux et les déités m'a toujours intrigué. Comme si le monde avait vraiment un besoin de nous punir de quoi que ce soit ? Au mieux, nous sommes des puces un peu agaçantes, sur la peau d'une Gaïa. Alors admettons, elle se gratte, elle pulvérise un peu d’hommicide sur sa peau, pourquoi pas ? Mais ce besoin de voir des punitions partout, cette pulsion de légifération, de moralisation, il n'y a bien que l'humain qui me semble exprimer ça dans l'univers. Et pourtant, il dit lui-même que son Dieu ne serait qu'amour et pardon, alors quoi ?

 

Le fait est que la pollution est un problème. Mais avant d'être un mal, c'est la conséquence de l'existence... tout être vivant produit des déchets, même les végétaux, sous forme de gaz, justement. Au lieu d'y mettre toujours cette connotation morale totalement aberrante, nous ferions mieux d'y trouver de vraies solutions pratiques. La politique sur le climat est d'une imbécillité absolue, à cet égard, puisqu'au lieu d'empêcher des pollutions, on vend des droits à polluer, c'est à dire que l'on rend légitime, morale, autorisée, la pollution. Il s'agit donc bien uniquement de légifération et de relents religieux à la façon des indulgences papales, et pas d'une attitude scientifique et raisonnable. L'homme en revient toujours à ses non-solutions, à remettre au lendemain, en prétendant qu'il sera pardonné. Pour moi il n'est pas question de pardon ou de pécher, ça n'existe pas. Il s'agit juste de savoir si on veut vivre dans notre merde, et l'imposer au reste de la planète. Nous avons construit les égouts, pour répondre à la première question, mais c'est tout. Nous n'avons jamais vraiment daigné pousser la réflexion ni la pratique au-delà de ce genre de fausse solution... puisque ce qui va dans les égouts se retrouve au final dans les océans.

 

L'homme ne saurait-il que s'auto-flageller ? Ni les écologistes, ni les scientifiques, ni personne, ne semble être apte à proposer une solution pratique, intelligente et applicable à la fois. Dans tout cela, la moralité, l'éthique et l'écologisme ne me paraissent que vaines agitations psychologiques sans issues.

 

 

 

La souffrance animale, c'est Le Mal

 

Idem avec cette question. La souffrance animale ne me semble être que l'un des innombrables dégâts collatéraux dus à notre mode d'existence autant qu'à notre incapacité à aborder raisonnablement ces questions. Ainsi on a récemment agité un peu l'opinion avec la question de la corrida, comme si elle était centrale par rapport à celle des animaux d'élevage. Les « défenseurs des animaux » que je connais sont hélas invariablement des individus en souffrance, qui projettent sur les animaux leur propre martyr, sans le solutionner, au contraire, ils l'intensifient, comme si leur propre souffrance changeait quoique ce soit à la condition animale dans le monde.

 

Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire. J'entends juste qu'il faut cesser de gaspiller son énergie et sa santé mentale en vaines agitations psychiques. Je ne sais pas quoi ni comment faire, cela dit, et en vérité, je crois là aussi qu'il n'y aura aucune solution à trouver au sein du cadre dans lequel nous vivons, parce que nos modes de vie empêchent que des solutions à plus petite échelle puissent être exercées. On peut bien sûr passer par le végétarisme, mais alors avec une totale ignorance pour la souffrance végétale, si elle existe.

 

Mon propos aura pu sembler jusqu'ici assez cynique et fataliste, mais en réalité, je veux juste faire comprendre qu'aucune solution partielle n'est souhaitable, rien de plus. C'est pourquoi je répugne au tri, au recyclage et à tous ces artifices hypocrites pour faire paraître le système acceptable. Le système n'est pas acceptable. Mais sait-on comment le remplacer ? Pas vraiment, soyons réaliste. Tout ce qu'on peut faire, c'est réfléchir à comment changer de paradigme.

 

 

La surpopulation, c'est Le Mal

 

J'ai gardé celui-ci pour la fin, ou presque. Il me semble que c'est l'un des trop souvent non-dit de la problématique mondiale que nous connaissons, difficile à aborder car il plane sur lui l'ombre du malthusianisme, et la crainte profonde de remettre en cause nos modes de vie, jusqu'à l'existence humaine elle-même.

 

C'est un paradoxe qu'une population extrême fasse peser la menace de la disparition d'une espèce. L'histoire zoologique prouve pourtant que cela peut être le cas. On peut débattre pour savoir si oui ou non nous sommes trop nombreux ou pas sur Terre, le fait demeure que nous n'avons jamais été si nombreux et que rien ne prouve que la planète puisse supporter longtemps une telle quantité. Qui plus est, la tendance va en s'accélérant, et si l'on en croit certaines données, nous franchissons désormais au mois d'août de chaque année le cap de nos ressources, ce qui signifie que nous vivons déjà largement sur nos réserves, plus d'un tiers de l'année, bientôt la moitié... Cela, si c'est juste, n'est évidemment pas viable.

 

D'autres arguments sont là pour prétendre que nous pouvons en fait fournir nourriture et ressources à l'ensemble de la planète « si nous voulions ». Peut-être, moi je veux bien, mais je constate que dans les faits, ce n'est pas le cas, et qu'il y a sûrement des raisons pratiques à cela. Les pays où les gens meurent de faim ne font pas sciemment un tel choix politique, à mon avis. Donc c'est qu'ils sont dans l'incapacité de produire ou d'importer la quantité de nourriture nécessaire, point. Je ne vois aucune raison pour que ça s'améliore à l'avenir, avec la population qui augmente en accélérant.

 

Je pense, après avoir un peu analysé la question, que nous pourrions atteindre 9 milliards d'êtres humains vers 2040-2050, puis entamer une lente descente aux enfers, sur tous les continents. Mais ce serait trop long à développer ici. L'important est que la croissance de la population va de pair avec l'idéologie de la croissance, ce qui empêche de prendre la mesure du problème, et encourage à considérer le malthusianisme comme un délire à la façon de l'eugénisme nazi. Je crois au contraire que ce serait, malheureusement, une solution assez pragmatique à ce problème, à condition que cela se passe dans un cadre moralement sain.

 

Il est évident dans mon esprit qu'il est hors de question d'interdire aux gens d'enfanter, et tout ce genre de truc. Il n'empêche, si on ne trouve pas des moyens intelligents de décourager les familles nombreuses (la méthode chinoise s'est avérée absolument désastreuse), rien ne s'améliorera. Quoiqu'on en dise, il me semble que la surpopulation, l'excès de population, est la première et véritable cause des problèmes de pollutions atmosphérique, aquatique, ainsi que de nos modes de vis industrialisés, consuméristes, des concentrations urbaines, bref de pratiquement tout ce qui ne va pas, à notre époque, et qui engendre même des guerres de ressources en plus grand nombre, et autres atrocités.

 

Se voiler la face sur la question de la surpopulation est bien dommage, je dirais même que c'est une terrible erreur qui, bien plus que toute mesure écologique non mise en place, porte atteinte aux générations futures. Là non plus je n'ai pas de solution, je prône simplement la prise de conscience. Prise de conscience qui pourra permettre davantage de réflexions collectives, au-delà de certains plans autoritaires de réduction de la population, dont on a entendu parler récemment, mais qui ne sont jamais présentés au public, ça va de soi. Pendant qu'on s'insurge sur un malthusianisme raisonné, on fait place à ce genre d'excès...

 

 

 

La pédophilie, c'est Le Mal

 

Terminons en mettant les pieds dans le plat du tabou des tabous. Domaine de l'hystérie par excellence, en vérité, dont je ne pouvais pas faire l'économie dans un article sur la perception du mal.

 

http://www.numerama.com/magazine/20260-faut-il-se-feliciter-que-des-anonymous-traquent-les-pedophiles.html

 

Il se trouve que, pour différentes raisons, c'est un sujet qui me touche d'assez près. J'ai été amené à travailler, comme travailleur social, en rapport avec ce sujet, et notamment dans l'organisation de la journée des droits de l'enfant. Dans ce cadre, j'avais été confronté aux statistiques de l'inceste et de la délinquance sexuelle envers mineurs. Je n'ai plus ces chiffres, sinon je les aurais partagés sur ce blog depuis longtemps, mais cela m'avait fortement étonné à l'époque.

 

Par ailleurs, comme pour confirmer que ce problème est bien plus fréquent que l'on ne croit, j'ai rencontré plusieurs victimes de ce type d'abus, et en particulier d'inceste. Je me suis alors demandé s'il n'y avait pas autant d'agresseurs que de victimes, ou presque, ce qui aurait été logique (souvent, un agresseur ne s'en prend qu'à une ou deux personnes en particulier, qui peuvent subir cela toute leur enfance, voire au delà). Statistiquement, j'aurais du rencontrer autant d'agresseur, mais ce n'est arrivé qu'une fois. C'est bien normal, qui va se vanter d'être « pédophile » ?

 

A bien y regarder, ce terme est fortement problématique. On confond ainsi toutes sortes de profils sans aucun rapports entre eux, sinon cette inclination envers les plus jeunes. Le terme pédocriminel convient tout de même mieux, mais lui aussi pose encore problème, puisqu'il amalgame encore le trafiquant d'être humain (qui n'en a rien à faire des mineurs, lui, il veut juste de l'argent), l'abuseur effectif, l'abuseur potentiel, le simple fantasmeur, l'authentique pédophile qui ne passera jamais à l'acte par peur de l'interdit ou du flic, alors qu'il ne ferait jamais de mal à une mouche. Pire encore, il confond le consommateur de pornographie, le meurtrier d'enfant, et le simple quidam qui est attiré par plus jeune que lui, sans pour autant être un pervers (quoique dans nos sociétés, on mette facilement toutes ces choses sur le même plan, selon un principe tautologique, et c'est bien là ce que je dénonce).

 

Agacé par ces hypocrisies et ces amalgames, il y a assez longtemps, j'ai quelque peu enquêté sur ce sujet, par curiosité, peut-être par attrait pour le côté sombre de la chose. On est écrivain ou on ne l'est pas. J'aurais alors pu être inquiété comme n'importe quel abuseur véritable.

 

https://www.slate.fr/story/99923/pedophilie-efficacite-penale-morale

 

Mais ce qui me dérange véritablement dans ce sujet, c'est l'hystérie excessive. On en oublie qu'il s'agit avant tout d'êtres humains, et que la majorité des « éphébophiles » et autres « pédérastes » sont en réalité passifs et inoffensifs. La plupart n'oseraient jamais franchir le tabou absolu de la société moderne, tabou pourtant récent, puisqu'autrefois le mariage concernait largement des jeunes, voire très jeunes mineurs, sans que ça ne choque personne. Loin de moi l'idée de cautionner l'abus, bien au contraire. Mais il faut quand même se remettre certaines choses en tête. Savez vous que Juliette, dans Roméo et Juliette, a 12 ans ? On parle bien d'une histoire d'amour, de faire la cour, bref, on parle de mariage. Tout le monde trouve cette histoire magnifique, non ? Malgré la pédophilie clairement annoncée de l'histoire... Et on peste sur Nabokov, et sa Dolores qui a strictement le même âge. Changement d'époque, changement de mœurs. Ne me parlez pas de tabou universel, s'il vous plaît !

 

Alors quand des magistrats expliquent qu'ils ont peur pour leurs enfants en remettant des « pédophiles » en liberté, mais qu'ils n'ont pas peur d'y remettre des tueurs en série, je me dis quand même que quelque chose ne tourne pas rond. La perception judéo-chrétienne du sexe nous fait ainsi interdire les jeux vidéo à connotation sexuelle, mais pour les jeux de guerre et de massacre là vous pouvez y aller joyeusement. C'est pas tabou, ça. Et c'est d'autant plus idiot comme attitude que le crime pédophile est un de ceux qui connaît un des taux de récidive les plus bas. Là aussi, donc, on punit des gens pour leur orientation, pour ce qu'ils ont dans la tête, pour leurs péchés, pas tant pour leurs actes. Et attention, je différencie bien l'abus, du viol, du meurtre... Sens commun qui ne me semble pas si courant, de nos jours.

 

On peut d'ailleurs se demander à qui profite cette folie ? Mais une page très connue, qui abordait cette question, est désormais censurée (ou n'existe plus), ce qui montre qu'on régresse sans cesse sur cette question. Dans les années 1979, aux Pays-Bas, vous pouviez encore écrire cela (qui peut être assez choquant, aujourd'hui, et pourtant il y a un certain bon sens dans ce texte) :

 

https://www.ipce.info/library_3/files/psvg_79_fr.htm

 

Tandis qu'aujourd'hui, si vous rappelez simplement qu'il faut avoir une approche pragmatique de la question, dans le but d'améliorer la société, d'éduquer les gens qui ne savent pas comment gérer leur problème, on vous dit que vous faites « l'apologie de la pédophilie » (voir en milieu de page, c'est en anglais, mais clairement, l'auteur de l'article ici pointé du doigt ne fait que rappeler un certain bon sens juridique et humain, et même de protéger les mineurs) :

 

https://fr.sott.net/article/30703-La-chute-de-la-civilisation-occidentale-la-gender-fluidity-signe-annonciateur-de-l-Enfer-postmoderne

 

Il est désormais quasiment impossible de raisonner sur ce sujet, et je pense que je prends des risques rien qu'à m'exprimer sans condamner ouvertement ces gens à la torture. Faut leur couper les couilles, et puis c'est tout. Nous vivrions alors dans une société barbare. Je ne veux pas de ça.

 

Il existe au Canada notamment, de très bonnes initiatives pour aider ces gens. Oui, les aider. Est-ce humain ? Vous croyez qu'ils ont choisi cette tendance, que ce sont tous des sadiques méchants, sales et ricanants ? Il y en a peut-être parmi vos proches. Ce n'est pas arrivé dans ma famille, mais c'est arrivé dans celle de certains de mes amis, c'est même arrivé à un de mes amis, par son cousin, mineur comme lui à l'époque, si je me souviens bien. Rien n'est jamais simple, mais si vous croyez qu'il faut juste haïr, se méfier, prôner l'intolérance, la violence, le rejet et la haine, et considérer cela comme pire même que le meurtre alors soit, mais n'oubliez pas pourtant que l'on détourne en réalité notre attention de véritables problèmes avec cette fixette sur ce problème.

 

Déjà des véritables abus pédophiles, qui sont sans aucun rapport avec des attouchements en catimini, dans l'ombre de la sphère familiale, comme c'est souvent le cas. Mais je n'ai vraiment pas envie de soulever toutes ces atrocités, bien réelles, ignobles, ces histoires de décapitations rituelles d'enfants. Des histoires que l'on étouffe partout, parce qu'elles touchent des gens « importants », qui abusent vraiment de leur pouvoir et de leur impunité. On met sur le même plan des meurtres sans nom et une sensualité coupable due à la faiblesse humaine.

 

Peut-être est-ce du à notre nature animale, encore une fois. Dans la nature, un individu est sexuellement actif dès sa puberté. Chez l'homme, ces derniers siècles, c'est devenu un scandale, un impensable, la faute ultime. Je crois sincèrement que c'est en culpabilisant cela à outrance qu'on encourage le crime. Non qu'il faille encourager, ou laisser faire, à vrai dire je ne sais pas, je suis ignorant, malgré tout ce que j'ai pu accumuler comme informations sur ce sujet. Il m'a semblé que les victimes sont toutes différentes, que les agresseurs n'en sont pas toujours au sens où on veut bien l'entendre, que rien n'est jamais si simple, si noir et blanc (sans vouloir sous entendre que des victimes l'auraient cherché, attention, encore une fois, c'est plus compliqué), et que les blocages moraux de la société ont, forcément, transformé des relations qui auraient pu être possibles à une autre époque, une relation aussi saine ou aussi malsaine qu'une autre, en un crime absolument abominable et intolérable. Ce qui fait que ça ne peut plus se vivre que dans la clandestinité et donc favorise le crime et la dissimulation, pour échapper à la sanction.

 

J'ai vraiment tendance à croire que c'est une machination. Une fixation de plus pour diviser les gens, les rendre fous et méfiants, leur interdire ce que la nature de certains encourage. Je ne dis pas qu'il faut tout laisser faire. Peut-être en effet est-ce vrai que, chez l'humain, ce comportement est à bannir. Peut-être est-ce vrai qu'en effet, les victimes ne peuvent pas vivre une vie normale après cela. Ou peut-être est-ce à cause de toute la faute morale que l'on fait peser sur les protagonistes, les 25 couches de drame qu'on rajoute systématiquement sur ces cas. Regardez le film « Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué ». Il y a aussi un livre.

 

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=60574.html

 

https://www.babelio.com/livres/Buten-Quand-javais-cinq-ans-je-mai-tue/12316

 

Histoire qui a le mérite de mettre en scène l'hystérie des adultes face à des manifestations d'affection spontanée de la part d'enfants. Cela remet en perspective nos notions sur la sensualité, l'affection, la sexualité, bien au delà des projections des adultes et des blocages sociaux qui verrouillent jusqu'à la possibilité même d'y réfléchir. Et c'est ça qui est peut-être le plus grave à mes yeux.

 

Non, je ne cautionne ni ne tolère aucune violence, aucun abus d'autorité, mais je ne cautionne pas non plus cette haine absolue, ce rejet imbécile. Dans mon voisinage, j'entends parfois une mère hurler pendant des heures après ses enfants. J'ai été tenté de signaler le cas mais ça s'est un peu calmé dernièrement. Peut-être juste car plus discrète... N'est-ce pas un abus ? N'est-ce pas grave ? Pourquoi considère-t-on des attouchements comme tellement plus graves qu'une maltraitance verbale quotidienne ? Est-ce que ça ne laisse pas, au fond, les mêmes séquelles ?

 

Je ne sais pas. Je remarque juste que certains, à l'avis très tranché, savent quoi faire aux « pédophiles ». Sur les autres cas, plus banals, on ne les entend jamais. Peut-être qu'ils cautionnent cette autre forme de violence, au fond. Deux poids, deux mesures. Point besoin de raison, l'émotion suffit, même si, en fait, cela ne règle pas le problème, et donc le perpétue. Là encore, on aboutit au même constat que pour les autres sujets. On s'agite beaucoup, on promet beaucoup, on vocifère beaucoup, mais on ne prend jamais le temps de réfléchir posément pour agir intelligemment. De mieux comprendre pour mieux solutionner, de chercher les réponses qui amèneraient à plus d'harmonie et à moins de chaos. Et tout cela sans parler du fait que le sujet a toujours servi de cheval de Troie pour la censure du net.

 

 

 

Conclusion

 

L'article est déjà long, et je vais encore en rajouter... En guise de conclusion, je voudrais juste commenter un article de Dmitry Orlov, assez régulièrement cité sur ce blog, et qui aura le mérite de faire le lien entre plusieurs des thèmes importants de l'article : la Russie, la surpopulation, la société de consommation, etc. Dmitry Orlov s'exprime, justement, assez souvent avec une approche pragmatique, rappelant dans un autre article que le terrorisme est une cause instrumentalisée, causant au final bien peu de morts par rapport à d'autres phénomènes sociétaux de notre quotidien (la voiture, par exemple). Ils nous propose ici une réflexion sous un angle anthropologique qui, vraiment, complète la réflexion que je viens de mener, sur la perception du mal comme sur l'état de notre société.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/06/est-ce-que-les-humains-sont-vraiment.html

 

Je cite quelques passages qui complètent mon propos :

 

« Maintenant, ces mêmes humains se trouvent à vivre dans des boîtes construites pour eux (appelées « logement »), s’habillent dans des vêtements fabriqués pour eux par des machines, mangent des produits industriels transformés et emballés dans du plastique et permettent à leurs enfants d’être élevés par des étrangers tandis que les adultes – les hommes et les femmes – travaillent dans des usines, produisant des choses pour que les autres puissent les consommer, en échange d’argent. Les hommes et les femmes n’ont plus de rôles distincts (en dehors de l’enfantement) et deviennent des unités de production abstraites non spécifiques à leur genre. Ils ne produisent plus de choses pour eux-mêmes parce que cela ne serait pas aussi efficace. Au lieu de cela, ils se spécialisent et sont payés pour produire des choses dont ils n’ont généralement pas besoin, afin qu’ils puissent consommer d’autres choses dont ils n’ont généralement pas besoin, générant des tas de déchets qui sont maintenant visibles à l’œil nu depuis l’orbite spatiale. »

 

 

 

« L’utilisation toujours croissante de sources d’énergie exosomatiques épuise les ressources naturelles d’une part et endommage l’environnement de l’autre. En temps voulu, ces deux effets vont commencer à influer sur la quantité de produits pouvant être générés et consommés. Quand cela va se produire, les machines ne vont pas s’arrêter, mais elles vont commencer à produire de plus en plus de chaleur perdue ou d’entropie. Par exemple, l’industrie des combustibles fossiles utilise de plus en plus d’énergie pour l’exploration et la production, l’agriculture industrielle utilise de plus en plus de produits chimiques et de plus en plus de richesse est consacrée au traitement des maladies causées par l’homme et liées à la pollution, comme le cancer.


Un effet secondaire est que, à mesure que les ressources naturelles s’épuisent, l’effort pour continuer à produire les mêmes résultats entraîne une plus grande dévastation environnementale : le pétrole provenant des sables bitumineux et de la fracturation hydraulique est beaucoup plus dommageable que les puits de pétrole conventionnels. L’extraction du charbon par arasement du sommet des montagnes est bien pire que son exploitation minière traditionnelle. Le résultat est un cercle vicieux. Il ne peut pas être inversé, mais il peut être étiré dans le temps, en ralentissant les machines et en les faisant répondre aux besoins de moins d’humains. »

 

En clair : plus notre société gaspille, plus cela augmente le taux de gaspillage futur. Et ainsi de suite. Et plus l'on gaspille, moins il y en a pour les pauvres. Pensez à ce que je disais sur la surpopulation.

 

 

« Il semblerait que les humains finissent par ne servir qu’une seule fonction : en consommant, ils donnent aux machines une raison de produire. »

 

Absurdité du monde moderne et du consumérisme. Et la morale déshumanisante qui l'accompagne. Plus on appauvrit la vie des gens, plus on leur impose des interdits divers et variés, en contradiction avec leur nature, mais favorisant néanmoins leurs vices.

 

 

« Tout cela indiquerait un grand élan pour influer sur une réduction massive de la population, de sorte que quelques personnes riches pourraient continuer à se la couler douce, tranquillement approvisionnées par des machines qui mâchent les ressources naturelles restantes tout en détruisant l’environnement à un rythme toujours accéléré. Ce n’est pas une spéculation sans fondement mais une tendance évidente. Nous pouvons constater que n’importe quelle perturbation à grande échelle est utilisée pour réduire la population. Dans une grande partie du monde, les crises financières et politiques sont utilisées comme occasions de dépouiller la sous-classe et pour enrichir davantage les classes supérieures. Le processus par lequel les riches deviennent plus riches alors que les pauvres continuent de devenir plus pauvres, souvent confrontés au problème de l’inégalité, qui doit être résolu, peut également être considéré comme une solution : à mesure que les pauvres sont plus pauvres, leur espérance de vie et leurs chances de succès en matière de reproduction diminuent, réduisant leur nombre, diminuant ainsi le fardeau des machines qui les maintiennent en vie. »

 

La solution facile, « non-violente », pour réduire la population au niveau des « besoins »...

 

 

« Par exemple, en Europe de l’Est, la destruction de l’héritage industriel soviétique et des relations commerciales a amené les populations de Lettonie et de Lituanie à baisser d’environ d’un quart depuis leur indépendance, et même ces chiffres sont dépassés par l’effondrement démographique qui se déroule en Ukraine. La Grèce a une forme aussi médiocre. Là, les taux de suicides sont en forte hausse, en particulier chez les personnes âgées maintenant démunies, tandis que certains jeunes choisissent de se prostituer pour le prix d’un sandwich ou de s’infecter par le VIH afin de bénéficier d’un soutien financier. »

 

Le résultat des pressions sur la Russie, entre autres. Dans un monde où l'on moralise certaines choses à l'excès, on finit par encourager l'immoralité et même la folie.

 

 

« Une autre façon de réduire la population consiste à promouvoir la toxicomanie. »

 

Comme dans le meilleur des mondes de Huxley, même si dans le roman, il s'agit plutôt de la contrôler que de la réduire. Ce qui, quelque part, revient au même.

 

 

Ensuite je ne le suis pas forcément sur l'agenda LGBTQ, mais soit. Et puis :

 

« Lorsque l’URSS s’est effondrée, environ 25 millions de Russes se sont soudainement retrouvés du mauvais côté de la frontière russe, préparant la scène à l’une des plus grandes catastrophes et calamités démographiques du XXe siècle. Mais elle a été ignorée et supprimée de l’Histoire en Occident, car ce n’était que des Russes. L’objectif a été de les décrire comme des « Untermenschen » – pas tout à fait humains, et donc inintéressants du point de vue des droits de l’homme – à moins qu’ils ne soient des LGBTQ, auquel cas ils pouvaient être utilisés pour accuser les Russes d’homophobie. Dans les pays baltes et en Ukraine, l’Occident considère qu’il est parfaitement légitime de considérer les résidents russes comme des citoyens de deuxième classe. Cela serait considéré comme une politique manifestement raciste si elle s’appliquait à tout autre groupe de personnes. Mais ce sont des Russes, et donc cela n’a pas d’importance. »

 

Bon, Orlov distille un peu de vision complotiste, mais ce qu'il dit n'est pas pour autant idiot. Et il dessine très bien les contours que pourrait prendre une société future, sur les bases de ce qu'on observe aujourd'hui, avec tous ces problèmes environnementaux, écologiques et économiques divers, la surpopulation, la propagande abêtissante et une morale caricaturale qui vise en fait surtout à brimer les plus démunis (les autres sont à l'abri, ce qui est absolument innommable pour les pauvres est parfaitement légitime, soudain, pour les plus riches).

 

 

Bref, pour conclure définitivement cet article excessivement long, mais qui me permet de faire le point sur différentes thématiques, je dirais simplement que l'homme moderne a une vision plus distordue que jamais des choses. Y compris de lui-même, de son propre mode de vie. Il ne sait plus ce qu'est la nature, et par conséquent, il ne maîtrise pas la sienne, et celle-ci l’écœure. Il en brime sévèrement les aspects qui lui paraissent les plus repoussants, surtout suivant une conception judéo-chrétienne bien mal assumée. Il s'obsède ainsi de certains sujets (notamment concernant l'animal et sa condition, justement) pour mieux ignorer les problèmes qui le concernent lui directement (la manière absolument désastreuse dont il gère sa sexualité, par exemple, entre interdits stricts et dérives fortement valorisées, selon les mentalités... tourisme sexuel, pornographie).

 

La question écologique ne l'intéresse que tant qu'elle peut lui permettre de garder bonne conscience et foi en l'avenir. Le respect de son environnement est tout à fait superficiel dans son esprit, en général, et, dans les faits, absolument pas appliqué, sauf par des mesurettes impuissantes à résoudre le problème de fond, qui est beaucoup plus ample.

 

La surpopulation, par exemple, est un sujet tabou qui ne l'intéresse pas beaucoup en général, tandis que pour d'autres tabous, il est nettement plus volubile et démesuré.

 

Sa paranoïa, alimentée par un monde en pleine agitation et en pleine déliquescence, s'exerce assez anarchiquement, et rarement sur les sujets qu'il faudrait, d'après moi. La passion, le moralisme, le dévorent, et occupent souvent l'essentiel de son attention, ce qui est bien pratique à utiliser pour orienter son attention, choisir ses indignations à sa place, et ainsi de suite. On verra d'ailleurs dans la prochaine revue de presse que les médias sont complices de nouvelles dissimulations assez troublantes.

 

La santé mentale de l'homme moderne est en péril. Mais ce n'est pas forcément à cause des vaccins ou autres. C'est à cause d'un chaos généralisé de désinformation, d'hystéries, de divisions vraisemblablement voulues, voire organisées, et sa tâche est de rassembler son esprit pour dépasser ce mur de haine et d'incompréhension, pour accéder à une nouvelle lumière, plus reposante, jetant sur le monde une vision certes plus nuancée, certes plus complexe, n'aidant peut-être pas forcément à prendre les bonnes décisions, mais empêchant certainement de prendre les mauvaises. C'est déjà ça.