Le ver de terre, alias lombric, est le socle de tout l'écosystème mondial. On a vu qu'on estime sa biomasse à 80% de la biomasse animale planétaire. Depuis quelques temps, mon attention a été attirée sur des rumeurs de sa disparition, ce qui paraît impossible à première vue, étant donné la quantité de destruction que cela représenterait. Mais on a vu que plus une espèce prolifère, plus elle se rend potentiellement vulnérable à certaines agressions, maladies, etc. alors qu'en est-il réellement ? Je n'ai pas de prétention à répondre à la question, mais au moins à examiner les faits qui nous sont présentés à ce sujet.

 

Commençons par Hubert Reeves qui a récemment mené campagne sur ce sujet :

 

http://la1ere.francetvinfo.fr/hubert-reeves-la-mort-des-vers-de-terre-ne-fait-pas-la-une-des-journaux-et-pourtant-volet-1-381667.html

 

Les vers de terre disparaîtraient donc à cause de l'agriculture et des pesticides, mais où sont les données qui l'indiquent ? Cette disparition « un peu partout dans le monde » s'effectue-elle partout, ou sur les terres concernées par l'agriculture ?

 

Notons que, même si cela ne concerne que les terres agricoles, c'est déjà énorme, car le pourcentage de terres agricoles dans un pays comme la France avoisine aujourd'hui les 52%.

 

http://agriculture.gouv.fr/agriculture-et-foret/quelle-part-du-territoire-francais-est-occupee-par-lagriculture

 

On peut voir ici des données pour le reste du monde, avec l'évolution entre 1961 et 2014 :

 

http://donnees.banquemondiale.org/indicator/AG.LND.AGRI.ZS

 

Notons que le pourcentage bouge en général assez peu, bien qu'il ait été réduit d'environ 10% en France, probablement par le fait de la concentration de l'agriculture intensive de type industrielle.

 

Une population aussi massive que celle des lombrics n'a pu s'établir qu'au fil des millénaires, donc leur raréfaction en quelques siècles ou décennies du fait de l'activité humaine serait en effet assez alarmante.

 

Dans le volet 2, le propos devient un peu plus concret :

 

http://la1ere.francetvinfo.fr/hubert-reeves-l-existence-de-l-espece-humaine-est-menacee-volet-2-381673.html

 

Ce qui ne nous épargne pas des affirmations gratuites :

 

« Aucune espèce n’a jamais éliminé une autre espèce. » Ce qui reste à prouver, et est probablement faux, mais passons. Ça n'empêche pas que l'homme est responsable de la réduction de biodiversité en cours.

 

http://la1ere.francetvinfo.fr/hubert-reeves-il-faut-reduire-au-maximum-les-pesticides-volet-3-381703.html

 

Le volet trois aborde la question du lobby des pesticides, sans nommer Monsanto (désormais Monsanto-Bayer, ou quelque soit le nouveau nom qu'ils risquent d'inventer) et les autres multinationales titanesques du genre.

 

https://francais.rt.com/economie/42349-inquiete-manque-concurrence-ue-lance-enquete-rchat-monsanto-bayer

 

Le volet 4 et final :

 

http://la1ere.francetvinfo.fr/hubert-reeves-le-soleil-nous-envoie-10-000-fois-plus-d-energie-que-ce-que-nous-utilisons-volet-4-381723.html

 

Bien d'accord sur l'idée que migrer vers une autre planète sans avoir résolu nos problèmes est non seulement irréaliste mais aussi irresponsable. Bon mais tout ça est un discours d'ensemble de bon sens, avec la bonne dose de pensée positive et même de positivisme de bon aloi et une lucidité douteuse sur la COP21, les énergies « renouvelables » et le climat, saupoudré de grand n'importe quoi pour un physicien sur le CO2, mais bref. On n'est pas plus avancés sur nos lombrics.

 

Reprenons donc. Le lombric serait en danger, au moins dans les zones agricoles qui semblent couvrir presque 50% de la surface de la planète.

 

http://www.leparisien.fr/societe/il-faut-sauver-le-ver-de-terre-22-09-2016-6139831.php

 

Quatre fois moins de lombrics qu'il y a 40 ans, selon cet article. Ce qui constitue à la fois une preuve du problème, et un facteur aggravant de la qualité des sols, comme on le comprend bien quand on connaît le rôle fondamental des vers de terre, d'oxygéner et nettoyer celle-ci. Ils contribuent aussi à sa richesse minérale indispensable à la qualité de la végétation et des cultures, en termes nutritifs, dont on sait qu'elles sont déjà sévèrement en baisse sur ce point. Comme l'article l'explique, cela augmente aussi le risque de glissement de terrain par défaut d'absorption de l'eau.

 

D'accord. Mais pourquoi ? Juste les pesticides ou, comme on s'en doute, une multitude de causes s'ajoutant les unes aux autres ?

 

http://verdeterre.fr/eco-geste

 

Tiens... on comprend donc que les labours à base de machines tranchantes ne doit pas leur faire spécialement du bien. Probablement une cause de morts bien plus importante que les pesticides, pour les vers de surface et de faible profondeur.

 

On comprend aussi que la composition des sols compte, or les sols d'agriculture industrielle sont bien sûr totalement aseptisés et uniformisés, dépourvus de toutes pousses considérées comme « superflues » et prélevant leur taxe de manière nutritive. Toujours cette mentalité productiviste bien mal adaptée à la Terre, donc.

 

On sait aussi que les prédateurs sont des oiseaux, des rongeurs et fouisseurs voraces comme les taupes, mais on n'a pas connaissance que ces bestioles soient devenues plus destructrices qu'avant sur l'ensemble de la planète.

 

http://verdeterre.fr/predateur

 

Où l'on apprend qu'un ver prédateur venu des antipodes est assez agressif pour raser le lombric de la carte dans certaines régions où il n'existait pas, ce qui nous rappellera le cas de la pyrale du buis précédemment évoqué. N'ayant pas de prédateur, il agit librement, et enlève à d'autres prédateurs une de leurs ressources fondamentales qu'est le lombric, augmentant encore le déséquilibre déjà constaté et donc sa gravité.

 

http://www.jackylamainverte.com/ce-ver-menace-notre-ecosysteme/

 

Ici, je retiens entre autre ce passage :

 

« Existe-t-il une parade? Non. Ces vers n’ont ni prédateurs, ni parasites en France et rien ne semble pouvoir freiner leur expansion. Il s’agit bien d’une espèce invasive… Pire, l’une des espèces détectées est d’origine tropicale et ne devrait donc pas survivre pendant nos hivers. Or, elle semble s’être adaptée à notre climat. »

 

Tiens donc, voilà que les espèces s'adaptent rapidement au climat, maintenant ? Bon, j'ironise, cela est plus courant chez les espèces « simples » comme les vers, mais tout de même... une preuve de plus qu'on en fait des tonnes avec notre « changement climatique » : une forte période d'intempéries a sans doute plus de potentiel de nuisance qu'un changement s'étalant sur un ou deux siècles, mais bon, je sais, ça devient obsessionnel chez moi de démonter cette imposture et cette hystérie.

 

À part ça, on voit quel calamité potentielle représente cette invasion commencée de manière discrète il y a quelques années, même s'il est difficile de se fier aux impressions et inquiétudes qui se dégagent dans la panique dégagée par cette découverte. On peut légitimement se dire qu'il faut étudier sérieusement la question et agir rapidement, mais que voulez vous, on est trop occupés à légiférer sur des COP21, 22, 23, pour la fin du siècle, qui ne changeront pratiquement rien même après des décennies d'esquives et manœuvres politiques diverses.

 

 

 

CONCLUSION

 

On peine à bien faire la part des choses, mais on devine qu'une bombe à retardement est bien lancée avec la déstabilisation généralisée des écosystèmes planétaires, encore accélérée par les bourdes humaines. Autant avec les insectes qu'avec les lombrics, la situation est clairement inquiétante.

 

En se frayant un chemin hors du sensationnalisme et de l'alarmisme, on réalise vraiment que des causes multiples peuvent s'additionner pour créer des effets bien plus dévastateurs que leur fameux « dérèglement ». Car si dérèglement il y a, il est bien plus global que climatique. Pas encore hors de contrôle, mais déjà bien avancé, et plus difficile à vendre qu'un slogan mémorisable par tous sur le climat. Pourtant ne nous leurrons pas, ils trouveront bien un moyen de le monétiser, de le détourner ou de le politiser si l'occasion se présente. Les trois à la fois de préférence.

 

Ce qui est sûr, c'est que l'homme devrait revoir son attitude vis à vis de lui-même, de la planète, et du monde. Autant dire qu'on n'est pas couchés et qu'il ne faut pas rêver debout. Mais gardons l'espoir et, plus important, voyons ce qu'on peut faire, individuellement et collectivement, pour améliorer les choses, bien au delà des impostures de tri sélectif et d'énergies « naturelles/renouvelables » qui ne font que prolonger ce système qui, justement, est celui qui cause toutes ces dévastations. Finissons-en avec ces fausses excuses pour ne rien changer, cet opium pseudo-écolo du peuple, et prévenons du des dérives pseudo-écologistes qui s'annoncent pour récupérer tout cela et fliquer la population au nom de la planète, et au profit des lobbies, comme d'habitude. Et n'oublions pas, justement, que ces lobbies sont les vrais ennemis de l'écosystème mondial et donc de l'humain. Tout en nous rappelant de ne pas nous accorder plus d'importance qu'on ne le devrait. Ça fait beaucoup de choses, pour garder la tête sur les épaules, mais je suis convaincu que c'est réalisable... Car il faut bien un minimum de foi, sinon à quoi servirait de continuer à vivre dans une époque désespérée et désespérante ?