Tandis que progresse une certaine idéologie extrémiste fortement imprégnée de puritanisme dans nos pays dits "ouverts et démocratiques", il m'a semblé opportun, suite à la lecture de certains articles et à certains échanges verbaux que j'ai pu avoir récemment, d'aborder de manière plutôt frontale la question d'une certaine mentalité victimaire qui va de paire avec cette tendance.

 

Alors qu'il est devenu un cliché absolu sur certains sites alternatifs de pointer la perversité du pouvoir, ceci est presque toujours fait d'une manière borgne qui occulte plusieurs aspects de la problématique, permettant de se défausser de toutes ses responsabilités sur les détenteurs du pouvoir, tout en évitant d'aller au fond des choses, ce qui permettrait pourtant de se donner une chance de briser la dynamique négative dans laquelle s'enferme la société occidentale, en proie à ses fantômes les plus obsédants, alors même qu'elle essaye de tenir à distance une sorte de retour à un état primordial par une sorte de mythologie moderne établie et défendue par un clergé qui n'est pas moins corrompu que le reste de la société.

 

Je m'engage dans cet article dans un exercice d'équilibriste qui sera bien difficile à tenir, car pour avoir eu certains échanges hors-blog sur certains des points que je vais aborder dans cet article, je suis de plus en plus convaincu que l'ensemble de la société est réellement et profondément intoxiquée par cette bien-pensance et cette mentalité de mouton apeuré et timoré, et que rien ne va s'arranger de sitôt dans ce domaine.

 

L'un des aspects de la problématique que je souhaite aborder est parfaitement illustré par les propos de cet article que je me dois de commenter pour introduire ce que j'ai à dire :

 

https://fr.sott.net/article/31721-La-perversite-comme-modele-de-pouvoir

 

 

Un portrait type, au demeurant assez lacunaire et quelque peu caricatural du pervers nous est d'abord fait.

 

Puis s'ensuit une liste des conséquences sur l'organisation de la sphère dans laquelle agit (agissent) le(s) pervers.

 

Dans le passage suivant, je mets en gras des extraits qui me semblent importants.

 

« Les aspects contractuels permettent au pervers de toujours contrôler, mais également d'assouvir son désir de créer de nouvelles règles, de nouvelles lois, qu'il prendra plaisir à enfreindre, et qu'il sera toujours susceptible de modifier au gré de ses pulsions, en dépit d'une certaine psychorigidité dans la régence, dans l'ordonnancement. (…)

 

La société perverse : Globalement, on y trouve notamment l'omniprésence des contrats dans le cadre de toute interaction sociale, la transcendance de sa justice, et un impérialisme guerrier à connotation culturelle et cultuelle. »

 

Notons donc la notion de contrat et la propension annoncée à enfreindre les règles créées.

 

Dans la conclusion qui énumère les conséquences de cette forme de perversité sur la société, je retiendrai celles-ci :

 

« - une criminalité sans frein à l'image de l'enfermement des puissants dans une jouissance crapuleuse.

- le contrôle des médias.

 

- la "vulnérabilisation" de la majorité de la population.

 

- un désinvestissement de la majorité pour la politique et le fonctionnement de la démocratie.

 

- la généralisation de pathologies telles que la dépression, ou l'hystérie

 

- la surveillance permanente de chaque citoyen

 

- la constitution pléthorique de lois, de règlements afin de contrer l'anomie.

- le renforcement du pouvoir de la police et de l'armée en réaction à l'accroissement de la détresse sociale et de la généralisation de la violence.

 

- une gabegie économique généralisée, voir une dépression.


- l'abolition de valeurs fondamentales telles que l'ordre des générations, les rites d'initiation et d'intégration. »

 

 

Certains points peuvent se discuter et j'ai supprimé les points avec lesquels je suis relativement ou totalement en désaccord, à vous de les retrouver dans l'article original.

 

On a donc une peinture au demeurant assez juste mais surtout assez simpliste et totalement à charge : dans un grand nombre d'articles de ce site et j'en ai déjà parlé, les gens de pouvoir sont décrits comme presque invariablement pervers, puisque le pouvoir concentre la perversion et donc les pervers, ce qui n'est peut-être pas totalement faux mais demeure une généralité qui n'aide pas à y voir clair, quand on remarque que, même dans les systèmes les plus sadiques et les plus pervers, les personnes les plus « normales » et les plus conformes sont mises à contribution pour le fonctionnement du système (voir l'expérience de Milgram sur ce point, notamment). Avec une description aussi monolithique, à laquelle vient s'ajouter cet article (on en trouvera d'autres exemples sur leur site et dans les analyses de mon blog) on aboutit à une vision nécessairement simpliste et déformée qui occulte tout un pan du problème.

 

Il me faut maintenant passer par une digression, avant d'en venir au cœur de mon propos.

 

 

 

 

Mes lecteurs savent que je ne prône pas l'activisme, qui est pour moi l'assurance d'errements sur le plan spirituel et le plus sûr chemin pour renforcer les tares de la société actuelle, mais en revanche une simple attitude lucide et responsable, synonyme de discernement et d'autant de sérénité que possible face aux événements qui secouent la société occidentale actuelle.

 

En suivant ce principe, il est bien entendu que mon propos n'est pas ici d'accuser qui que ce soit, et encore moins de donner des leçons de morale, dans un contexte où, précisément, la morale est détournée et perverti. Je suis en revanche une ligne qui consiste à essayer de dire en toute situation une vérité toute crue là où j'ai largement constaté chez beaucoup de mes contemporains une réponse tout à fait à mon sens inadaptée et néfaste à l'idéologie totalitaire rampante qui est en train de se renforcer. Cette réponse consiste largement à se conformer à l'injonction implicitement faite aux gens à ne pas enfreindre certaines limites, notamment avec des propos qui pourraient flirter avec le « conspirationnisme ». Ainsi, pour avoir constaté cela in vivo, je suis désormais moins surpris que 80% des français se disent favorables à la politique annoncée par Macron à propos des « fake news », qui consiste ni plus ni moins en un retour de la censure.

 

Une version étonnamment efficace de « 1984 » se met en place, avec l'assentiment de beaucoup qui, d'un côté critiquent la montée d'un féminisme extrême et d'une pression mise sur l'humour, et qui, d'un autre côté et d'un même mouvement, pratiquent l'autocensure dès qu'il est question de pousser au bout une certaine pensée qui amène nécessairement des conclusions dérangeantes, nourrie par certaines illusions tenaces à propos du pouvoir et de la justice. Ceci est d'autant plus pervers que cela va de pair avec la critique de la perversion du pouvoir telle qu'on l'a lue dans l'article précédemment cité et commenté.

 

Il faut que je dise certaines choses : la prudence n'est pas synonyme de timidité, et le doute ne doit pas se muer en prétexte pour interrompre une réflexion avant son terme, sous prétexte qu'on manquerait d'éléments. Ce n'est pas qu'on manque d'éléments, c'est qu'on se refuse à les regarder en face, à les considérer franchement dans une réflexion ordonnée et à conduire cette réflexion jusqu'à un terme, probablement parce qu'on préjuge inconsciemment ce terme trop dérangeant. A cette histoire de « bénéfice du doute » que l'on veut bien accorder en toute circonstance et qui à mes yeux s'apparente plus à une forme de paresse intellectuelle dans ce cas, moi je réponds par « l'intime conviction » face à des sujets que j'ai étudiés et sur lesquels, sans aller jusqu'à affirmer des certitudes que j'ai pas, je ne vois pas l'intérêt de pratiquer la demi-mesure. Je ne suis pas un professionnel du droit et des médias, et au delà d'un certain devoir, certes, de prudence et de mesurer mes mots, je ne m'estime pas de devoir de réserve.

 

Ainsi il est intéressant que d'un côté certains mènent une critique de la perversité quasiment inhérente au pouvoir, et plus particulièrement le pouvoir moderne, tandis qu'ils se refusent à mener leur réflexion jusqu'à sa conclusion la plus probable.

 

Ainsi, moi qui ai toujours réticence à aborder des sujets aussi difficiles et chargés comme la mal nommée « pédophilie » (quand on parle en fait dans ces cas presque toujours de pédocriminalité c'est à dire de sadisme, de trafic et de viol, voire de meurtre), j'ai récemment eu un échange sur l'affaire Dutroux où, après qu'on m'ait concédé qu'en effet, la justice et le pouvoir étaient certainement très corrompus d'une manière général, un étrange recul lorsque j'ai affirmé que pour moi, Dutroux, tout coupable qu'il était, avait servi de bouc-émissaire. Et d'argutie en argutie pour tordre mon propos en prétendant que la stratégie du bouc-émissaire ne peut rien à voir avec cette affaire.

 

Je ne veux pas m'engager dans un discours sur cette affaire en particulier, mais juste saisir cette occasion pour justement illustrer mon thème sur la perversion du pouvoir et une certaine forme de complicité plus ou moins passive d'une majorité du peuple dans ce statu quo, précisément préservé dans cette affaire par la condamnation du bouc-émissaire Dutroux qui, et c'est tout ce que je voulais dire, n'était qu'une tête à couper pour permettre à toutes les autres de rester bien en place sur leurs cous.

 

Alors puisqu'il est entendu que les personnes avec qui j'ai eu cet échange sont honnêtes et intéressées par la vérité, du moins je le présume, et que ce n'est ni par paresse ni par lâcheté qu'elles n'ont pas voulu me suivre dans mon propos, malgré les arguments avancés, elles auront alors sans doute beaucoup d'intérêt à lire l'article qui suit et que je ne commente pas. L'essentiel y est dit, et pointe bel et bien vers d'étranges bien qu'à mon sens pas du tout étonnantes complicités dans les hautes sphères du pouvoir, étouffées de bien des manières possibles.

 

https://reseauxpedocriminels.wordpress.com/2015/10/24/laffaire-dutroux-et-le-reseau-de-notables-qui-nexistait-pas/

 

 

 

Où est-ce que je veux en venir ?

 

Venons-en aux faits.

 

Constatons un simple fait : la critique du pouvoir est menée par ceux qui n'ont pas le pouvoir.

 

De là, et si l'on voulait tomber dans le même simplisme que beaucoup trop de ces critiques du pouvoir qui tombent dans une psychologisation assez schématique, on pourrait se borner à en conclure que ce sont des jaloux, point final.

 

Et ce n'est peut-être pas totalement faux, quand je vois comment une majorité, finalement, dénonce le pouvoir tout en se conformant à ses moindres injonctions, ce qui indique un respect assez paradoxal du pouvoir, et un rapport assez ambivalent qui pointe bien vers une certaine forme de jalousie.

 

Mais c'est bien pire que cela. Pour avoir déjà pas mal exploré ce sujet sous son angle principalement psychosociologique (ma vocation ratée, j'imagine), je serais plutôt tenté de chercher une explication à la fois plus complexe et plus profonde, donc efficace et tenace car solidement ancrée, dans des intrications psychologiques, instinctives et émotionnelles qui se tissent à partir des deux bouts de l'ensemble social : d'un côté les dominants, de l'autre les dominés, chacun participant à cette perversité d'ensemble.

 

Cela déborde bien sûr le cadre d'un article de blog pour tenir plutôt du sujet de thèse voire d'ouvrage spécialisé en psychosociologie, mais je voudrais au moins esquisser une peinture de ces deux versants.

 

 

Le versant des dominants

 

Ici, on l'a déjà dit, les analyses ne manquent pas. J'ai souvent dénoncé leur simplisme et leur subjectivisme sur ce blog, et je ne reviendrai pas sur des liens déjà partagés, préférant aller de l'avant et examiner toujours des propos si possible nouveaux, car c'est de la pensée toujours en mouvement, se servant si possible du savoir acquis pour l'améliorer, que devrait surgir un savoir plus pointu, et en la matière je fais avec ce que je trouve (non, ne comptez-pas sur moi pour éplucher de tristes ouvrages universitaires sur ces sujets).

 

Or justement, une idée a refait surface récemment, qui rejoint pas mal certains développements de mon blog, et je l'ai retrouvée dans différents articles. Vous allez voir où je veux en venir. Voici :

 

http://www.dedefensa.org/article/the-shining-city-upon-a-hill

 

« Certes, on constate “ce genre de psychologie” aussi complètement folle, absurde, et l’on s’interroge sur son moteur, sur sa cause profonde. Je crois qu’en donner une explication disons pathologique ne suffit pas, même si l’on trouve là la description mécanique, organique de la chose. Il y a bien plus, il y a une cause fondamentale qui est d’origine symbolique et pleine d’un mysticisme mercantile, qui renvoie aux racines mêmes de la croyance religieuse qui sous-tend toute l’organisation de la vision du monde que l’Amérique porte en elle-même, – et “vision du monde” signifiant “vision d’elle-même”. Les références ne manquent pas, la principale et celle qui résume tout étant la fameuse citation reprise régulièrement par l’un ou l’autre à la moindre occasion, et notamment par Reagan aussi bien lors du discours de son élection en 1980 que dans son discours d’adieu de 1989, sur “The Shining City Upon A Hill”, la citation du sermon de 1630 du Puritain John Winthrop, lui-même reprenant la parabole de Jésus dans “le Sermon sur la Montagne” (Matthieu, 5-14). Ainsi tout est-il dit et l’Amérique, ses corrompus, ses milliardaires, ses gangsters, ses terroristes, ses nettoyeurs ethniques, ses massacreurs universels, ses destructeurs du monde, ses escrocs et ses grigous, ses pirates et ses menteurs, ses bonimenteurs et ses usuriers, ainsi l’Amérique est-elle définitivement fixée dans sa psychologie comme étant une création de Dieu, sans autre instruction et autre incitation que ce lien divin. »

 

Ici, le propos porte plus particulièrement sur « l'Amérique », mais je crois précisément que cette Amérique est un excellent sujet à étudier pour y retrouver les origines de ce mal dont il est question, et qui est défini ici comme ayant une nature religieuse, bien plus que simplement pathologique, que simplement le produit d'un rassemble extraordinaire de cerveaux malades. C'est que pour en arriver au résultat qu'on observe aujourd'hui, il ne suffit pas, en effet, d'une organisation psychique défectueuse : il y faut aussi un genre de corpus de croyances.

 

Ce qu'on voit dans « l'Amérique », Amérique comme phare des « valeurs modernes », on l'observera naturellement dans toutes les autres régions conditionnées à suivre les « valeurs américanistes ».

 

« Peut-on encore s’étonner, dans ce contexte, qu’ils aient le comportement qu’on leur voit ? L’Amérique est cette “cité brillante sur la colline”, c’est la maison de Dieu sur terre. Partout sur terre, les américanistes sont chez eux sans en faire partie le moins du monde, puisque l’Amérique est chose divine et que le monde ne peut que s’américaniser, c’est-à-dire devenir Amérique et ne plus être de ce monde. Ils ne souffrent aucune entrave dans leur action, ce qui justifie pleinement leur indifférence méprisante pour la légalité internationale et le rangement ordonné des relations internationales. »

 

Où l'on retrouve effectivement le mépris des « pervers » désignés plus haut pour les lois qu'ils érigent eux-mêmes, lorsqu'il est question qu'eux s'y conforment : le conformisme, c'est pour les autres, pour ceux qui se soumettent. De là, le passage le plus percutant du texte, sans doute :

 

« L’exceptionnalisme américaniste n’est pas une idéologie, c’est une théologie. Leur singulière demande de concessions aux Russes pour rétablir de bonnes relations, alors qu’ils sont partout sur la défensive et qu’ils vont de déroute en déroute, s’explique évidemment par ceci que la moindre entrave imposée aux États-Unis n’est rien de moins qu’un défi lancé à Dieu et une insulte sacrilège qui Lui est faite. Il en faudra pas mal, de concessions de la part des Russes, comme par exemple de ne plus exister, pour que Dieu leur pardonne leur attitude insensée et permette la reprise de telles relations. (Reprise pour reprise, voici celle du mot de l’ancien chef du renseignement soviétique Chebarchine : « L’Ouest [l’Amérique] veut seulement une chose de la Russie : que la Russie n’existe plus») »

 

 

Quelques jours après, sur le même site, autre auteur, le thème de la théologie refait surface :

 

http://www.dedefensa.org/article/davos-et-la-montee-sinistre-des-manipulateurs-de-symboles

 

« Le développement forcé et forcené de l’informatique depuis deux générations a abouti à la création d’un Etat postmoderne renforcé, plus totalitaire et espionnant que jamais ; et à l’émergence d’une surclasse de manipulateurs de symboles, un nouveau clergé planétaire dont les riches et les plus puissants se réunissent en Suisse pour voir comment contrôler et soumettre le troupeau de viande - pour parler comme William Gibson - qui inquiète par son nombre et sa consommation, l’élite écolo et friquée de la planète perdue. J’avais marqué la distinction dans mon livre sur internet entre les techno-serfs et les techno-lords que le monde virtuel, le monde de la richesse et de l’apparence recréait sur un fond de mysticisme techno et de féodalisme retrouvé. (…)

 

 On distinguera donc une élite cléricale moyenne, (les 20% dont parle Reich qui sont moins maintenant en Europe ou en Amérique, car eux aussi on les remplace par l’externalisation techno et l’automation) et une élite cléricale monstrueuse, celles des dominateurs des symboles, qui aujourd’hui, rappelait un commentateur antisystème, remplacent le Christ, non seulement en tant que classe qui fait le bien, mais qui est le bien en tant que tel. Disons-le nûment :on (c’est ce que font tous vos portails internet matin midi et soir) adorera leurs milliards parce que leurs milliards sont et font le bien, parce que leurs milliards sont Dieu. L’opium distribué sous forme de news russophobes en bandeaux, de jeux vidéo ou de couplets people suffit à calmer presque tout le monde. »

 

Et encore, sur un autre site, et dans un autre thème, ce qui montre que des auteurs différents prennent de plus en plus la mesure religieuse de cette montée de l'hystérie, de la censure, de la pensée toujours plus unique comme l'est « Dieu » :

 

https://www.les-crises.fr/pascal-boniface-et-la-destruction-intellectuelle-massive-par-richard-werly/

 

« «Je suis accusé de ce que je considère comme détestable au plus haut point», prévient-il dès les premières lignes. Avant d’ouvrir le débat: «Comment en est-on arrivé là? Comment un universitaire français peut-il être accusé, en dehors de toute réalité, d’un des plus graves crimes intellectuels

(...)

«Oui, le débat dérape constamment en France dès qu’il est question de l’islam, des musulmans et des juifs», explique l’éminent sociologue dont les grands-parents furent déportés à Auschwitz et y trouvèrent la mort. «Oui, poursuit-il, une violence verbale, particulièrement menaçante, peut s’exercer en France sur quiconque s’autorise à critiquer la politique de l’Etat hébreu. Oui, des acteurs engagés, intellectuels, militants, responsables institutionnels juifs, préfèrent la disqualification de l’adversaire politique au débat argumenté.»

(...)

après la publication de son livre Est-il permis de critiquer Israël?, qui mit le feu aux poudres: «La colère semblait empêcher toute réflexion, raconte-t-il dans Antisémite. (...)

(...)

Cette mécanique du discrédit est fascinante. L’on voit bien comment, aujourd’hui, elle s’est refermée en France sur le débat autour du harcèlement sexuel et des prises de position sur le sujet de certaines femmes célèbres.

(...)

L’anathème l’emporte. Certaines tribunes médiatiques ne sont plus faites pour exprimer un point de vue, mais pour clouer au pilori. »

 

La chose n'est pas clairement dite mais elle transpire à travers le choix du vocabulaire. Crime intellectuel, anathème, pilori... Il s'agit bien de crime contre la pensée, de blasphème, et comment s'étonner que cela surgisse plus particulièrement quand on aborde des thématiques religieuses autour du judaïsme ou de l'islam, puisque le substrat de cette mentalité n'est autre que religieux ?

 

Il y a bien une « élite » qui s'est érigée en néo-clergé de la pensée unique, de la bien-pensance, et qui édicte des lois, des préceptes moraux, tente de gouverner les comportements, y compris dans le domaine des relations, de la sexualité, de la pensée, et qui mène ses croisades physiques comme morales. Cela va beaucoup plus loin que la simple association de malfaiteurs ou que la simple tendance psychopathique : il y a une velléité de contrôler jusqu'aux comportements et jusqu'aux idées.

 

 

Le versant des dominés

 

Ici, nous sommes quasiment en terra incognita. Puisque nous serions dirigés par des fous et des pervers, le compte est soldé, nous n'y sommes pour rien, nous ne sommes que pures victimes.

 

Vraiment ?

 

C'est que pour que les dominants règnent sur des dominés, encore faut-il que ceux-ci se soumettent, ce qui concrètement signifie se conformer aux diktats imposés, aux comportements préconisés, accepter la censure, la manipulation, le désordre, la gabegie, éviter les comportements interdits, éviter les sujets interdits, éviter les accusations qui relèvent de l'anathème : crime contre la pensée, « conspirationnisme ». En somme, à l'heure actuelle, on marche sur des œufs puisqu'on ne sait plus trop si on aura encore le droit d'aborder une femme ou de plaisanter sur les belges ou les « ritals », vue la progression fulgurante de la mentalité censoriale qui s'installe.

 

La question est : pourquoi se soumet-on à une caste que l'on a observée et définie comme « pourrie », « perverse », « psychiquement malade » ?

 

La réponse est : parce qu'on y trouve des avantages.

 

Une réponse plus fine serait sans doute qu'en définitive, nous percevons comme parfaitement légitime une caste dominante qui se définit par la perversité, spécialement si elle se présente comme une autorité néo-cléricale.

 

Et comme nous acceptons le principe d'être dominés par des pervers qui instaurent des règles qu'ils ne respectent pas, nous sommes même prêts à les imiter – pour démontrer sans doute notre soumission dans l'espoir d'abaisser le niveau d'hostilité – en nous infligeant à nous-mêmes de nouvelles contraintes iniques qui ne viennent même pas du pouvoir.

 

Ici, Orlov nous remet un peu les idées en place à propos de la théorie du genre et de l'hystérie qui l'accompagne, hystérie qui, rappelons-le, provient du puritanisme à l'américaine qui, lui-même, est une émanation de principes religieux : nous y revoilà.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/01/lhysterie-du-gender-et-ses-failles.html

 

Ainsi, dénaturer les rapports entre humains, ce qui a toujours été une prérogative des religions, avec leurs exigences au mariage (souvent arrangés historiquement, comme on le sait), revient à la mode sous la pression de l'idéologie puritaine. Et ceci ne vient même pas du pouvoir, qui ne fait qu'accompagner le mouvement comme en Suède, où l'on est en train de mettre en place ce que j'avais récemment évoqué, sans trop croire que cela viendrait si vite, à savoir, des contrats de relation sexuelle (repenser à la notion de contrat soulignée plus haut) :

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/26/la-suede-veut-renforcer-la-legislation-contre-le-viol-par-negligence_5234524_3214.html

 

Une absurdité sans nom, totalement ahurissante mais hélas prévisible, que je ne me fatigue même pas à commenter. J'espère seulement que sa mise en place permettra de détecter les dégâts sociaux énormes que cela risque de causer avant que cela ne se répande trop.

 

Accroître les divisions est bien sûr un objectif de tout gouvernement « machiavélique » qui se respecte et là on peut les applaudir puisque cette hystérie n'a même pas eu besoin d'eux (Weinstein n'a servi que d'allumette dans un hangar déjà plein de fioul qui était prêt à exploser dans le cntexte actuel) pour tourner à une sorte de guerre des sexes parfaitement consternante, mais servant leurs intérêts.

 

 

Bref, les dominés créent eux-mêmes les conditions de leur propre domination, en s'enfermant dans une mentalité victimaire, et en se défaussant de leurs responsabilités sur une caste dominante dont c'est la fonction symbolique.

 

Le cercle vicieux est fermé, et chacun y a sa part de responsabilité, fut-celle de refiler la sienne à d'autres, pour pouvoir ensuite se plaindre impunément de sa condition de dominé, certes bien encouragée par ceux qui se proposent d'endosser ce « fardeau » qui n'est rien de plus que symbolique, et n'engendrera même pas de risques judiciaires, puisque ces gens organisent leur impunité, avec notre assentiment, notre passivité.

 

Tout ceci n'est qu'un constat, bien triste au demeurant, pas une accusation pour accabler les dominés dont je fais partie, mais dont le but est de secouer un peu cette conscience de victimes et de soumis qui m'exaspère, que je constate partout autour de moi avec cette timidité caractéristique à aller sur les terrains interdits par les « dominants », et dans laquelle je ne me reconnais pas.

 

Il y a que cette attitude favorise la domination, nourrit un dualisme et encourage des torts dont on n'accuse que les dominants. Pour sortir des dogmes et de l'idéologie néo-religieuse actuelle et de l'oppression qui pèse sur nous, il ne suffit pas là non plus de décrire le caractère psychopatholgique de ceux qui nous oppressent. Il y faut aussi un travail spirituel de distanciation, de compréhension profonde, qui permette d'arrêter d'alimenter un processus dans lequel nous jouons à part entière un rôle qui nous défavorise tous (car à terme, une société perverse et malade ne profite plus à personne).

 

Il faut dont sortir de ce bête constat victime versus bourreau, cesser de nous définir, de nous déterminer et de nous comporter systématiquement en soumis et en victimes, alors que c'est inapproprié la plupart du temps. Encore faut-il le voir. Être obéissant n'est pas une vertu en soi et en toutes circonstances, même si cela est incontestablement utile à un certain degré d'ordre social. Maintenir l'ordre social d'une société malade et démente, c'est participer à cette démence, non seulement lui donner son assentiment mais y participer, la nourrir, la renforcer.

 

Je ne dis pas qu'il faille provoquer le chaos. Je parle bien d'une attitude qui relève de la spiritualité et de la conscience, ce qui nécessite par exemple de comprendre certains des ressorts de la domination.

 

Par exemple, réfléchir à la notion de punition, notion très simple qui est souvent à la base de la domination, et que, dans nos sociétés, nous assimilons parfois un peu trop facilement à la justice (alors que ce n'est qu'une des options à la disposition de celle-ci et à l'instauration d'une société meilleure, et justement pas toujours la meilleure option).

 

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/punir-une-passion-contemporaine-200487

 

C'est sur cette réflexion en suspens, qui mériterait encore d'être développée (ai-je dit que la posture victimaire était bien sûr précisément celle dont on se sert pour justifier l'hystérie féministe du moment ou encore la condamnation de tout propos polémique portant sur Israël par exemple ? On voit les torts que cette posture peut causer, intellectuellement parlant...)  et qui doit faire son chemin que je vous laisse, non sans rappeler avant cela ce qu'est un « triangle de Karpman ». Un processus psychosociologique assez simple qu'il serait profitable qu'un maximum connaisse, pour déjà éviter certains pièges évidents et courants, certaines divisions dans lesquelles nous glissons trop facilement, et qui rentre parfaitement dans cette réflexion sur la mentalité victimaire, ou la victime a finalement le beau rôle, puisqu'elle peut s'y complaire sans honte ni courage...

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_dramatique

 

Et encore un dernier lien assez savoureux, pour la route, puisqu'on parlait de 1984 et donc de réécriture de l'histoire au nom de "valeurs" parfaitement arbitraires et temporaires :

 

https://www.les-crises.fr/le-totalitarisme-tranquille/