Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°37

 

Au moment de me lancer dans l'écriture de ce numéro, je me suis rendu compte que la grande majorité de mes liens pouvaient être regroupés dans la thématique de la « division ». Aussi, je pense que ce serait un exercice de style intéressant à tenter que de développer ce point, d'autant qu'il me semble totalement central et à l'image de notre époque.

 

Je commencerai donc par cette nouvelle vidéo de Greg Tabibian, dont j'apprécie particulièrement le nouveau format du « off » qui le conduit à développer des thématiques très similaires aux miennes, avec une approche également très semblable.

 

https://www.youtube.com/watch?v=qqjtLkRc4NM

 

Vidéo youtube : Réunion en non-mixité "ethnique" : un racisme qui ne dit pas son nom ? [Le OFF #05]

 

 

Beaucoup des points qu'il aborde ici ont déjà été développés sur mon blog, mais je trouve qu'il le fait d'une manière très pertinente, et j'apprécie notamment qu'il cite René Girard et son approche du bouc-émissaire. Vers 26 minutes dans la vidéo, mais le reste mérite aussi l'écoute.

 

https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/02/le-bouc-emissaire.pdf

 

NB : à mon sens, la notion d'innocence n'a rien à voir avec la notion de bouc-émissaire. Celui-ci n'a pas besoin d'être innocent ou d'être coupable, il a seulement besoin d'être désigné coupable pour catalyser une dynamique sociale. Le bouc-émissaire idéal n'est d'ailleurs pas, le plus souvent, un innocent mais bien plutôt un coupable. Encore une fois, « à mon humble avis ».

 

J'avais abordé récemment ce point autour de l'affaire Dutroux à cause de proches qui n'avaient pas compris mon propos, mais de toute façon, le principe du bouc-émissaire est partout dans la société, et à quoi sert-il ? Précisément à souder la société autour d'une cause commune, contre un « méchant », un responsable des maux, autrement dit, la fonction du bouc-émissaire est d'éviter la division.

 

Comme l'explique Greg Tabibian dans sa vidéo, ce mécanisme est transitoire et voué à se répéter en quelque sorte éternellement, en tout cas tant que l'humanité n'aura pas atteint un état de conscience nouveau et d'ailleurs totalement hypothétique qui est le fond de commerce du new age, en particulier. Par conséquent, une société, comme il dit « post-oppressive » ne pourrait advenir, pour le paraphraser à ma manière, qu'à condition que l'humain devienne post-humain... Autrement dit, selon lui, jamais. Je ne serai pas aussi catégorique car je reste par principe dans l'incertitude sur ce genre de sujet, mais ce dont je suis relativement certain, c'est que ça n'est pas demain la veille, et ce dont je suis absolument certain, c'est que ce n'est pas avec le genre d'approche qu'ont le genre de groupements anti-racistes et anti-sexistes dont il est question ici en filigrane – qui sont voués à échouer justement dans une division – qu'on y arrivera ou même qu'on s'en rapprochera, puisque ces groupes ne font qu'agiter... une nouvelle forme d'oppression.

 

 

Bref ce que je veux dire, c'est que l'humanité en est encore à ce stade du « bûcher ». Comme nous ne savons pas catalyser notre violence autrement, nous avons besoin d'un bouc-émissaire. Nous en trouvons très facilement, quitte à les inventer, mais cela ne nous empêche pas de générer de la division à tous les stades de la société. Pourquoi ? Probablement parce que cette société est si complexe et si manipulée par le langage et les médias qu'elle engendre mécaniquement des divisions, donc des bouc-émissaires, puisque c'est la division en elle-même qui rend ces derniers nécessaires.

 

En écrivant ce texte, j'avais le projet certainement bien ambitieux de dénicher une piste pour en finir avec cette dynamique de division, qui engendre victimisation et désignation de bouc-émissaires. Soyons honnêtes, je n'ai aucune idée de si je vais y arriver ou non, mais c'est un processus de réflexion que je voudrais dérouler ici, comme une façon de penser à haute-voix. La manière la plus simple de procéder me semble de commencer par énumérer les liens où j'avais repéré quelque part la notion de division.

 

https://francais.rt.com/economie/48953-sanctions-contre-chomeurs-gouvernement-annonce-durcissement

 

Ici par exemple, on a l'habituel bouc-émissaire de la société où rien ne va... Quand ce n'est pas l' « arabe », c'est bien entendu le chômeur, ce parasite à éradiquer, bouc-émissaire parfait qui « ne fout rien », gaspille son argent au loto, au pmu ou en alcool comme chacun sait, incapable d'effort, de créativité ou même d'utilité, il est bon de lui prendre ce qu'il n'a pas : son argent, dont il n'a que faire de toute façon, et qui ne sert qu'à sa survie. Ce qu'on veut à ce salaud de pauvre (la plupart du temps) c'est sa disparition c'est à dire sa mort. Se référer à ce que dit René Girard de la violence. On peut citer par exemple ce passage :

 

« Cette violence serait soutenable socialement (maintien de la paix civile), si elle demeurait le propre de quelques individus isolés. Or, ce qui la rend éminemment dangereuse, nous dit Girard, c’est qu’elle est contagieuse. Le désir mimétique se propage à la société tout entière, par effet « boule de neige » : si deux individus désirent la même chose il y en aura bientôt un troisième, un quatrième, et ainsi de suite. Rapidement – à la vitesse d’une traînée de poudre – , le conflit mimétique se transforme en antagonisme généralisé. »

 

 

On constate en effet que les bouc-émissaires les plus « efficaces » sont ceux qui aboutissent à mobiliser les plus grandes parties de la société. Le paradoxe étant que, cette violence étant insoluble – on ne peut pas exterminer tous les chômeurs, tous les « arabes » ou encore tous les juifs ou que sais-je encore – elle aboutit à l'inverse de l'effet escompté : la division.

 

La conscience humaine, demeurée à un stade très primitif à l'échelle des masses, comme on le constate lorsqu'on décide d'appliquer une certaine lucidité, en est encore aux lynchages, aux basses jalousies et j'en passe, et je n'aurai pas besoin de citer de nouveau des textes à propos des grèves commençantes sur la SNCF, avec le lexique habituel autour de la « prise d'otage » et des privilèges pour le démontrer.

 

 

Un autre domaine où se manifestent ces basses jalousies porteuses de division et d'inquisition morale contre des méchants et des responsables imaginaires d'un quelconque désastre social, est bien entendu celui de l'idéologie de genre, qui se décline aujourd'hui beaucoup dans ces groupuscules fortement idéologisés contre de vastes catégories de la population, je veux bien entendu parler des activistes de l'anti-racisme ou de l'anti-sexisme qui, dans les faits, agitent une forte dose de haine voire d'agression verbale pure et simple (là aussi se référer à la première vidéo, qui pour moi, dit l'essentiel sur ce point). Les exemples ne manquent pas.

 

Par exemple, au Canada a été instauré un nouveau principe dans le service publique, qui bannit les formules de politesse traditionnelles, considérées comme discriminatoires car « genrées ». Le résultat paradoxal est que beaucoup de gens se sentent moins respectés qu'avant par les nouvelles tournures. Ce qui est bien normal puisqu'elles les réduisent à leur seule identité, sans prendre en compte leur place dans la société, généralement résumée par les termes de politesse habituelle, qui sont une marque de déférence, qu'on le veuille ou non, et non pas de discrimination.

 

https://francais.rt.com/international/49065-canada-bannit-formule-politesse-madame-monsieur-dans-l-administration-publique

 

Voilà le problème quand on veut mettre les victimes proclamées au centre d'une société : cela se fait au détriment de tout le reste de la société, pas nécessairement composé de gens qui se vivent comme victimes ou comme bourreaux. Autrement dit, ce système institutionnalise un état mental psychologiquement chargé, au risque de survaloriser un certain nombrilisme « de genre », aboutissant de fait à un accroissement de la division. En effet, si le « genre » devient un paramètre de distinction fondamental, alors qu'en même temps on sur-multiplie le nombre de ces genres, on aboutit à une séparation de la population en de multiples catégories totalement superflues, ne suffisant pas de toute façon à définir donc à reconnaître les individus, et on pousse, tout au contraire de l'effet recherché, vers une sur-individualisation, alors même qu'on avait dénoncé l'individualisme comme un fléau. Pour ceux qui ne me croient pas, allez voir un peu sur les sites américains le nombre de sous-sous-sous-sous-catégories de genre qui peuvent exister parmi ceux qui se revendiquent de cette mouvance. C'en est totalement absurde au point d'en devenir carrément hilarant.

 

Pour explorer le sujet, il y a déjà ces portails, qui montrent à quel point ces milieux sont désormais divisés et même sub-divisés :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Transidentit%C3%A9

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:LGBT

 

 

Et n'allez surtout pas dire quoi que ce soit qui aille contre l'idéologie de l'un ou l'autre de ces sous-groupes, sans quoi voilà où cela peut conduire :

 

https://francais.rt.com/france/48654-ec%C5%93uree-par-deversoir-haine-karine-le-marchand-quitte-twitter

 

Cette atmosphère pesante fera que les plus revendicatifs et les plus agressifs (il ne s'agit pas d'autre chose, nous sommes toujours dans le contexte de la violence sociale quasi primale décrite par René Girard) seront ceux qui continueront d'occuper le terrain et de monopoliser le discours, faisant peser leur oppression sur le reste de la société, tout en se définissant fondamentalement comme victimes (donc comme ayant le droit de retourner la violence subie). Comme le disait Taddéi dans une vidéo récemment postée sur le blog, ce sont les plus extrêmes qui monopolisent l'attention et, éventuellement, influent effectivement sur la société, en tout cas jusqu'à ce que leur extrême égocentrisme aboutisse à la division naturelle de leur mouvement : on a vu comment les conflits intra-féministes pouvaient aboutir à des échauffourées dans des manifestations, et ce n'est sans doute que le début. Là aussi voir la vidéo de G.T. À propos du « narcissisme des petites différences » de Freud. Quelques extraits, réflexions et commentaires ici :

 

https://www.cairn.info/revue-topique-2012-4-page-59.htm

 

https://www.cairn.info/revue-topique-2012-4-page-37.htm

 

 

L'énorme hypocrisie trouvée dans les mouvements prônant le genre et, au passage, s'inspirant d'idéologues américains qui au départ ne commentaient que la situation sociale particulière de leur pays, peut aboutir au genre d'extrêmes décrits dans ce documentaire aussi sidérant qu'édifiant, qui nous montre comment sont désormais traitées les prostituées en Suède :

 

https://www.youtube.com/watch?v=B4HtF2o8Pdg

 

Vidéo youtube : Là où les putains n'existent pas - ARTE

 

 

La Suède, ce pays au sommet du « progressisme », pays qui est sur le point d'instituer les contrats sexuels entre amants – c'est à dire l'illégalité formelle du sexe hors du contexte d'un contrat en bonne et due forme – est en train de devenir l'incarnation de ce que j'annonce et estime avoir compris depuis un moment déjà : l'avènement d'un « totalitarisme progressiste » où les notions de féminisme, d'anti-racisme, d'écologisme, et tutti quanti deviendront le prétexte à un contrôle social fortement oppressif et régulateur, au nom d'une morale supérieure qui serait celle de « l'univers », de la planète ou de je ne sais quoi, c'est à dire un quelconque prétexte supra-humain pour une dictature écolo-féministo-globaliste pouvant prendre toutes sortes de formes selon les lieux et pays où il émergera. En ce sens, la Suède devient le très intéressant et très consternant laboratoire du totalitarisme du futur, qu'il faut savoir regarder et comprendre pour éviter que le pire de cette idéologie ne se propage partout. On en voit aussi les prémices très avancées au Canada et dans d'autres pays, à travers des exemples déjà cités. Le problème étant que tout cela n'aboutit absolument pas à rassembler la société, mais correspond tout au contraire à une capitalisation sur une extrême division de la société, où l'individualisme devient non plus l'incitation à une réussite simplement égoïste, mais l'incitation à céder simultanément à tous les caprices d'une prétendue notion d'identité complexe, là où l'on parle en fait plutôt d'une extrême division de l'individu perdant la capacité à déterminer des choix quant à ce qu'il veut ou doit être, eu égard aux exigences sociales, biologiques, naturelles, etc. Il vient un moment où, pour ne pas céder à une division interne de la psyché (que l'on appelle aussi dissociation, et qui est à la base de la schizophrénie par exemple) qui elle-même correspond à une division externe (celle de la société), il faut avoir, non pas la faiblesse de se croire un peu tout à la fois, mais tout au contraire la force de se définir suivant ce qui est sain pour soi, pour son entourage, pour le monde. Encore faut-il pour cela avoir des bases psychologiques saines, ce qui est de plus en plus compromis dans le contexte social actuel qui progresse dans la dissolution.

 

Pour remettre un peu d'ordre dans le chaos actuel, je recommande d'ailleurs ce texte qui rappelle que, loin d'être des sortes de parias dans la société actuelle, les femmes ont en fait un certain nombre d'avantages non négligeables que beaucoup d'hommes ne peuvent même pas prétendre briguer.

 

https://fr.sott.net/article/32011-Le-visage-changeant-de-l-homme

 

De même, l'homosexualité est de mieux en mieux reconnue, et si les luttes contre ce type de discrimination apparaissent de plus en plus ridicules à beaucoup, c'est un jugement qui me paraît très bien fondé, tant les exigences et récriminations actuelles virent à l'absurde et au frivole.

 

On pourra d'ailleurs lire cet entretien avec Emmanuel Todd, qui décrit assez bien la crétinisation actuelle, notamment dans les milieux dits « éduqués » qui sont souvent – mais pas uniquement – les plus porteurs de ces discours déconnectés de la réalité sociale et biologique :

 

https://fr.sott.net/article/32050-Emmanuel-Todd-La-cretinisation-des-mieux-eduques-est-extraordinaire

 

Et si le propos de Todd se concentre sur des aspects politiques plus généraux, ils peuvent très facilement être extrapolés à ma thématique. D'ailleurs, ces populations subissent actuellement un matraquage tout à fait extraordinaire sur la Syrie ou la Russie, comme on l'a déjà vu, ce qui là encore, favorise naturellement une division à l'intérieur de la société.

 

On pourra citer ces articles, qui montrent les biais qui existent sur la manière dont on présente la Russie dans les médias, ou encore sur la mauvaise foi dans ces mêmes médias à propos des « rebelles modérés » en Syrie :

 

https://fr.sott.net/article/32066-La-paille-et-la-poutre-quand-les-medias-francais-critiquent-la-couverture-presidentielle-de-RT

 

https://www.les-crises.fr/enquete-djihadisme-en-syrie-retour-sur-le-bon-boulot-d-al-nosra-3/

 

Et je n'aurai pas parlé dans ce numéro de l'épisode de l'agent russe, car il est tellement évident que ce nouveau rebondissement loufoque est une escroquerie de plus que je ne veux même pas perdre mon temps à le dire. Je citerai tout de même l'article d'Orlov sur ce cas, comme toujours très pertinent, mais pour une fois un peu moins fanfaron, comme s'il sentait la gravité potentielle de la chose, malgré l'énormité du truc :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2018/03/faux-drapeaux-pour-les-debutants.html

 

 

Voilà donc où nous en sommes. Êtes-vous donc pro ou anti raciste, sexiste, russiste, bachardiste... ? Vous êtes aussi sommés, si possible, d'avoir un point de vue tranché sur les vaccins. Pro si vous faites confiance au système, anti si vous êtes résolument convaincu de sa malveillance. Ici une vidéo assez étayée d'un médecin reconnu, qui a un discours intelligent et tempéré, un peu entre les deux, et qui permet de se faire une opinion plus solide, que je recommande :

 

https://fr.sott.net/article/32064-11-vaccins-obligatoires-L-objectif-de-95-de-couverture-vaccinale-n-a-aucune-base-scientifique-affirme-le-Professeur-Didier-Raoult

 

A propos de ce qui est dit sur la vaccination et la sclérose en plaque, un autre lien :

 

https://fr.sott.net/article/32057-Un-lien-entre-vaccination-et-sclerose-en-plaques

 

 

On trouvera foison de sujets sur lesquels se diviser, se taper dessus, gâcher les repas familiaux et j'en passe, et le climat en est bien sûr un. Un article qui rappelle qu'il n'y a pas des manipulations que du côté des méchants climato-sceptiques, autres bouc-émissaires à abattre pour que tout aille mieux, mais aussi jusque dans l'épicentre de la « bienveillante science du climat » :

 

https://fr.sott.net/article/32067-Les-conflits-d-interets-au-GIEC

 

Nicolas Bonnal propose un commentaire très intéressant sur cette attention excessive, obsessionnelle que nous avons sur le climat où il fait le lien avec une efféminisation de l'état d'esprit général :

 

http://www.dedefensa.org/article/flaubert-et-notre-abrutissement-climatique

 

« Il y a aujourd’hui, presque partout en Europe, une sensibilité et une irritabilité maladives pour la douleur et aussi une intempérance fâcheuse à se plaindre, une efféminisation qui voudrait se parer de religion et de fatras philosophique, pour se donner plus d’éclat — il y a un véritable culte de la douleur. »

Cette irritabilité se reflète-t-elle dans notre obsession pour les conditions météo ?

Sur le changement climatique je me demandais depuis combien de temps on s’abrutit ainsi ; car aucun classique ne nous emmerdait avec. Tout apparaît semble-t-il au milieu du dix-neuvième siècle : la guerre de Crimée crée la science météorologique, et Baudelaire se plaint de son ciel bas et lourd qui baisse comme un couvercle…

On connaît mon goût pour la cuisinière (une femme géniale, qui ne connaît ni Louis-Philippe, ni république, ni Badinguet) et la correspondance de Flaubert. Je recommande le début des années 1850, qui est prodigieux (voyez ses lettres à Victor Hugo). Sur une petite tempête météo voici ce qu’il écrit notre analyse littéraire de la femme moderne :

12 juillet 1853 – Tu auras appris par les journaux, sans doute, la soignée grêle qui est tombée sur Rouen et alentours samedi dernier.

Désastre général, récoltes manquées, tous les carreaux des bourgeois cassés ; il y en a ici pour une centaine de francs au moins, et les vitriers de Rouen ont de suite profité de l’occasion (on se les arrache, les vitriers) pour hausser leur marchandise de 30 p 100. Ô humanité ! C’était très drôle comme ça tombait, et ce qu’il y a eu de lamentations et de gueulades était fort aussi. Ç’a été une symphonie de jérémiades, pendant deux jours, à rendre sec comme un caillou le cœur le plus sensible ! On a cru à Rouen à la fin du monde (textuel). Il y a eu des scènes d’un grotesque démesuré, et l’autorité mêlée là-dedans !

M le préfet, etc. »

 

 

Une autre façon, moins dramatique et plus détachée de voir les choses donc, et sans doute très folle, très irresponsable et très mauvaise et dangereuse, selon les critères de l'agitation mentale actuelle qui ne tolère plus aucune variation, comme si, un jour, le climat avait été stable. Ne se souvient-on donc pas des plaintes des agriculteurs de l'ancien temps, perdant parfois des années de suite leurs récoltes suite à des événements météorologiques ? Blâmait-on alors l'homme, à l'époque, ou manquait-on de prétextes pour le désigner comme bouc-émissaire ? N'oublions pas que le mouvement anti-spéciste, dans sa branche la plus extrême, préconise l'éradication de l'homme comme source de tous les maux. Encore une émanation du culpabilisme religieux dont certains ne veulent d'ailleurs pas entendre parler. Le bouc-émissaire étant quand même le pendant nécessaire de tout inquisiteur qui se respecte.

 

Et à propos de la division :

 

« Flaubert est un génie et prévoit donc les effets du taylorisme soixante-dix avant Charlot (un autre génie) :

« Qu’attendre d’une population comme celle de Manchester, qui passe sa vie à faire des épingles ? Et la confection d’une épingle exige cinq à six spécialités différentes ! Le travail se subdivisant, il se fait donc, à côté des machines, quantité d’hommes−machines. Quelle fonction que celle de placeur à un chemin de fer ! de metteur en bande dans une imprimerie ! etc., etc. Oui, l’humanité tourne au bête. Leconte a raison ; il nous a formulé cela d’une façon que je n’oublierai jamais. Les rêveurs du moyen âge étaient d’autres hommes que les actifs des temps modernes. » »

 

En effet, la spécialisation est un autre des avatars de la division dans notre société, et sans doute faut-il l'inclure dans une réflexion qui se respecte à ce sujet. Est-il possible de résoudre le problème de la division dans un monde et une époque qui place les hommes chacun à des places très spécifiques au point d'en devenir quasiment individuelles ? Phénomène identique à celui des subdivisions dans des genres qu'on invente spécialement, la subdivision du travail et des domaines de compétence ou de connaissance nous a fait engendrer une société incontrôlable, dans laquelle on divise également les spécialités qui appartenaient auparavant aux monopoles de différents services publics (je pense aux trains, aux routes, aux énergies, à l'eau, à la téléphonie, etc.) à des « concurrents » qui n'en sont pas toujours puisqu'ils s'entendent souvent entre eux. Le paradoxe étant qu'ensuite, par phénomènes d'agrégations, fusions, rachats, on finit en échange par créer des gargantuas au-delà de tout contrôle dans certaines domaines, je pense en particulier aux « GAFA », qui d'ailleurs s'immiscent jusque dans la politique des états les plus influents.

 

https://fr.sott.net/article/32058-Google-admet-collaborer-au-programme-americain-illegal-d-assassinats-par-drones

 

 

De même des villes dans une direction ambivalente, qui ont aggloméré et avalé des villages, des quartiers, d'entières populations rurales, pour ensuite se diviser de nouveau en cités, en banlieues, communautés périurbaines, etc. et à présent en communautés ethniques, voire religieuses, reconduisant la société urbaine dans le sens d'une division où les plus bruyants ou les plus agressifs – là aussi – ont « raison » à la fin.

 

http://www.dedefensa.org/article/utopie-2-fuir-la-cite-concentrationnaire

 

 

Alors que penser de tout cela ? Il serait hasardeux et prétentieux de proposer une conclusion trop tranchée. Par ailleurs, je n'ai aucune solution à proposer, même si je sais que c'est la tarte à la crème habituelle de ceux qui veulent faire taire les Cassandre et les critique.

 

Je crois en tout cas que l'on peut dire que la division est un fléau social majeur, qui ne profite qu'aux dictateurs qui s'assument ou qui s'ignorent, qu'ils soient politiques ou affairistes. Tous les vrais parasites de ce système (n'hésitons pas à dénoncer des bouc-émissaires, tout en ayant conscience de la limite de la chose, et du fait que cela ne suffira aucunement à résoudre le problème) font exactement ce qu'il faut pour se maintenir au sommet de la civilisation-société actuelle : ils divisent les populations pour que celles-ci ne soient pas en mesure de défendre leurs intérêts.

 

Dans une société globalisée telle que celle que nous connaissons, les détenteurs du pouvoir ont d'autant plus du pouvoir que les populations sur lesquelles ils règnent en ont le moins. Par conséquent, organiser l'impuissance de celles-ci peut devenir un impératif. Mais que cette impuissance soit ou non organisée ne change rien au fait que notre objectif à tous devrait être de sortir des particularismes et des sectarismes divers, que favorisent les prétendues luttes contre le racisme, le sexisme et autres trucs du genre, qui sont en pratique au service de la division des populations et donc du pouvoir.

 

Si nous voulons nous sortir de l'ornière dans laquelle nous sommes, il nous faudra réapprendre à tolérer des opinions différentes, cesser de vouloir policer les points de vue qui dérangent pour enfin les écouter et les prendre en compte. Et si je n'ai pas vraiment l'espoir que cela advienne, j'en ai au moins l'envie et le vouloir, aussi cela sera très certainement un sujet d'exploration récurrent sur le blog, prochainement. Pour lancer quelques pistes sous formes de très grosses lignes, je dirais que la direction à suivre tourne autour de la destruction ou de l'affaiblissement des pouvoirs globalisants qui prétendent tout régir (UE, OTAN, GAFA, lobbies divers), en même temps que le renforcement de logiques citoyennes s'affranchissant de la pseudo-démocratie actuelle à base de 49-3 et de référendums étouffés. Par exemple régionalisation des organisations, pour sortir à la fois des ensembles qui me semblent trop gros pour être humainement gérables (continents et nations), et dépasser le stade de la petitesse où l'on a aucune influence (villes et agglomérations n'auront jamais les moyens de s'interposer contre une logique d'internationalisation). Tout cela est sans doute très utopique, pourtant je pense qu'il y a une possibilité que cela fonctionne, puisque ce système est vraisemblablement en train de s'auto-détruire. On rejoint donc l'idée déjà avancée de s'organiser pour l'après-chute avec un fonctionnement viable. Le gros problème étant alors de prévoir dès aujourd'hui comment empêcher qu'après un éventuel effondrement, le même ordre planétaire anti-social et anti-humain puisse réapparaître et se réorganiser.

 

Bref... je vous laisse sur ces quelques réflexions lancées en l'air, qui ne sont peut-être que des lubies idéalistes personnelles, mais en tout cas, j'essaye de rassembler quelques idées pour être constructif. Voilà.