Revenons-en donc à la question de la division. Dans mes élucubrations de la première partie, je me suis demandé si l'homme pouvait échapper à la division, et si nous ne courrions pas à l'échec en voulant ignorer certains points.

 

J'ai déjà dit que nous étions confrontés à des défis inédits, et je constate que certains essayent de les résoudre avec des moyens éculés, à mon avis totalement inadaptés à la situation, et que se bercer d'illusions avec le plus parfait new age style demeure l'attitude la plus répandue, selon moi. La mode actuelle consiste par exemple, dans ces milieux, à dénigrer la science, puis à prétendre que la techno-science est sur le point de résoudre tous nos problèmes agricoles. Pour parvenir à ces conclusions aberrantes, toutes les contorsions mentales sont permises. Ainsi l'on peut affirmer que la science rationnelle actuelle est la source du problème, ce qui n'est peut-être pas entièrement faux, et sortir ensuite des vidéos youtube sur telle et elle chimère. On y trouve par exemple divers agronomes écolo-progressistes, dont un qui nous affirme que nous allons avoir besoin de deux fois plus de production de nourriture dans les années à venir, que ça va être compliqué mais que pas de problème, on y arrivera grâce aux dernières optimisations permises par une meilleure compréhension des sols et des biotopes agricoles, le tout avec plus de respect et sans doute plus de gentillesse. Ben voyons. Je vous fais grâce de ces vidéos aussi.

 

Il m'apparaît très clairement que notre problème a été engendré en large partie par des illusions technologiques que nous renforçons par de nouvelles illusions techno-centrées. Il est impossible de faire accepter l'idée que nous sommes déjà trop nombreux à cause justement de la révolution industrielle (qui concerne aussi largement l'agriculture) et que, quand bien même nous parviendrions temporairement à produire deux fois plus de nourriture et à éradiquer la faim dans le monde, ce monde n'étant pas extensible, il y aura fatalement une limite, un mur se dressant face à cette fuite en avant incroyablement niaise et dangereuse. D'autant plus dangereuse que beaucoup d'écolos croient à ceci ainsi qu'à la transition énergétique écologique, dont rien ne démontre qu'elle se fera, alors qu'au contraire, beaucoup d'indicateurs montrent que cette transition n'est ni écolo, ni économe en ressources épuisables. On peut sans doute prolonger cette société absurde, et avec elle l'agonie de nos psychismes déréalisés, mais jusqu'à un certain point.

 

 

Pour moi, la question est spirituelle. La division est le résultat de l'expression de la dualité dans le monde. Dualité inévitable dans le monde matériel et qui se manifeste dans l'esprit humain par le langage verbal.

 

La question ici est : la masse est-elle capable de s'affranchir de la dualité ? Sans doute pas. Pourtant, il est possible d'aiguiller les gens en leur désignant la division. Les réactions, dans les débats, sont alors prévisibles. La réponse sera de nature duale, la plupart du temps. On reste bloqué sur des émotions, sur le « je », le « moi », « les autres ». Les implications émotionnelles sont trop fortes. Le quidam veut vivre sa vie, point, et on ne saurait l'en blâmer. Cette compréhension n'est sans doute pas accessible à la plupart, dont ceux qui se disent spirituels choisissent souvent au mieux les voies confuses et commerciales du nébulisme new age où tout est permis, rien n'est interdit, les syncrétismes les plus dépourvus de sens, pourvu qu'ils soient plaisants pour les sens et pour la croyance. On reste totalement dans le domaine de la médiocrité, de l'ignorance, le refus de la lumière qui en prononce constamment le nom sans avoir l'idée de ce dont il peut s'agir. Les sagesses y sont diluées dans une soupe consumériste souriante, qui admet la souffrance pour mieux la rejeter à la phrase suivante, qui parle de l'ombre du bout des lèvres pour mieux ne pas la considérer avec son âme. Les bonnes volontés sont réelles, la sincérité aussi. Mais les conditionnements sont trop profonds, et avec eux la croyance que les connaissances ésotériques les plus profonds sont à la portée de n'importe quel lecteur.

 

Je sais que le chamanisme est en vogue, et qu'il est aussi usé dans ce new age où, je l'ai dit dans un vieil article, tout n'est pas à jeter non plus. Cela peut être un déclencheur, une porte vers autre chose. Mais il faut considérer le chamanisme dans ces aspects sombres aussi, justement pour sortir de cette ornière de la spiritualité bon marché, accessible à n'importe quelle ménagère comme le dernier numéro de gala.

 

J'ai trouvé cet article, que j'aurais pu citer parmi bien d'autres, mais qui m'a paru intéressant dans le contexte de mon sujet du jour :

 

http://druideamorgen.canalblog.com/archives/la_souffrance_du_shaman/index.html

 

Le propos m'a semblé suffisamment juste et à point pour justifier quelque commentaire.

 

Sans doute faut-il dépasser la forme relativement simpliste. Lorsque l'auteur dit qu'il y a de faux et de vrais chrétiens, je n'en crois rien. Je crois qu'il y a des chrétiens qui sont de simples bigots, qui comme dans toutes les religions, se contentent de la forme, c'est à dire de la religion se suffisant à elle-même. On croit, on respecte, point. Point de réflexion, point de place pour une évolution spirituelle, juste le conformisme. Pourquoi ne seraient-ils pas de vrais chrétiens ? Ils sont tout ce que l’Église a toujours voulu que soient les chrétiens. Et je ne suis sans doute personne pour juger de cette nullité sur le plan spirituel, mais je le fais en passant, parce que je n'ai absolument pas la prétention d'être un saint. Ni l'envie, d'ailleurs, quand on voit ce que certains ont servi à justifier.

 

On comprend bien que l'auteur nous conduit à envisager que ce n'est pas le choix de telle ou telle religion qui importe, mais la manière dont on va utiliser une religion, ou pourquoi pas l'athéisme, pour développer une attitude spirituelle, c'est à dire une sagesse visant à dépasser la condition basique du vivant : l'existence physique, la souffrance, la division.

 

Pour ma part, lorsque je critique une religion, c'est toujours à sa bigoterie que je m'en prends, au conformisme qui est à sa base, et qui est le but de l'institution. En soi, les idées qui fondent ces religions sont pourtant souvent belles et même admirables. Constatons simplement que cela a servi de prétexte à toutes sortes de crimes, dans le monde matériel où s'inscrivent ces institutions en revanche très peu respectables.

 

J'ai voulu faire le pélerinage de saint-Jacques de Compostelle, non parce que je suis chrétien (je suis athée à sensibilité animiste et païenne, à forte connotation agnostique) mais parce que je me sentais appelé à cela. Et de toute façon, point besoin d'être chrétien : le site de Compostelle fut d'abord un site druidique, puis un mausolée romain. Et sans doute existait-il encore bien avant cela...

 

Je n'ai pas pu le faire, pour cause de difficultés physiques, mon corps n'étant pas dans sa première forme. Mais ça n'a pas tant d'importance, car le véritable pèlerinage n'est qu'intérieur, même si je ne doute pas qu'une telle marche ait sa propre valeur et son propre intérêt, que c'est sans doute « plus puissant » que la seule méditation intérieure. Mais l'inverse est aussi vrai : pratiquer le pèlerinage sans attention n'a pas de valeur, rien que l'usure du corps et renforcer la bigoterie.

 

Je cite quelques passages de l'article :

 

« Cependant, dans la spiritualité, il n’y a pas de différences, si on avance de façon authentique, nous sommes des humains confrontés aux forces de l’univers.



Et il n’existe pas de monde idéal dans lequel on puisse se réfugier, évitant les souffrances de l’humanité, car le monde est une sorte d’unité spirituelle. » 

 

Dans le monde de l'esprit, la différence s'estompe et disparaît. Elle n'a tout simplement plus de sens, car le seul sens qu'on y découvre lorsqu'on y évolue avec une attention dépouillée des préoccupations matérielles est en effet celle d'une unité. Encore faut-il le vivre et le sentir pour s'en rendre compte, et comprendre alors que l'unité fait place à la division seulement dans le monde de l'incarnation, monde dans lequel sont aveuglément enfermés l'immense majorité des humains, croyants comme incroyants, toujours prisonniers de leur caverne de Platon, n'osant se retourner et en sortir, n'y songeant tout simplement pas. Il est alors certainement illusoire de croire que l'on peut vaincre absolument la division, dans les domaines politiques, sociaux et autres.

 

Pourtant, c'est l'entreprise la plus louable qui soit, et j'en suis convaincu. C'est pourquoi je m'oppose formellement aux illusions confortables, aux fleurs de Bach, à la simple exploitation de l'effet placebo. Il y a quelque chose à réaliser de très profond, un éveil, qui est accessible à tous. Et je cris que cela passe déjà, par exemple, par le fait de faire comprendre, par le moyen des idées, l'absurdité et les effets contre-productifs des divisions infinies que nous créons et que le monde actuel multiplie jusqu'à la folie. Il faut tenter d'inverser cette tendance, de faire comprendre dans notre entourage que, lorsque nous sommes en désaccord, ce n'est pas quelque chose de fondamental, mais que cela résulte seulement de façons différentes de voir le monde, d'y poser un regard et d'y apposer nos idées. Si nous le voulions bien, toutes nos idées, aussi différentes et opposées soient-elles, peuvent trouver un certain degré de réunion. Si nous le voulions bien...

 

 

« Le sens du véritable shamanisme est de partager le destin et les épreuves de tous les êtres individualisés, pour comprendre et connaître leur souffrance. 

Dépasser la mort pour redevenir un esprit immortel, tel est le sens du shamanisme authentique, et on peut constater facilement que c’est aussi le sens du christianisme, pas celui des colons, mais celui des vrais chrétiens. Le christ a donné l’archétype spirituel du shaman, par son agonie et sa résurrection, qui est une expérience de l’âme commune à tous les êtres. »

 

Je note ce passage surtout pour moi-même, parce que j'en reconnais la justesse. A chacun d'en faire le commentaire qu'il veut.

 

 

« Cependant pour ceux qui cherchent vraiment la spiritualité, ils doivent vraiment passer par la destruction, déchiquetés par les démons (les forces de destruction contre la vie) pour renaître si ils survivent, à l’état divin, ou, pour les shamans Inuits, le terme est trop pompeux, à la vie. 

 

Entre l’unité primordiale et le monde des apparences, règne le monde du diable, comme l’avaient compris les mystiques cathares. Il faut le traverser. » 

 

 

Voilà donc, les « vrais de vrais » ils doivent souffrir, un peu comme les bikers, les tatoués, les guerriers. Bon, ça sonne très prétentieux, mais je crains que ce soit très vrai. D'abord parce que c'est une expérience que j'ai vécu dans mon parcours chamanique, ensuite parce que je constate le décalage entre moi et ceux qui, décidément, ne veulent pas voir les aspects sombres du monde, et sont assez satisfaits d'éteindre leur télé, pour le bénéfice finalement plus égoïste qu'altruiste de ne plus voir les « mauvaises nouvelles du JT ». Tout en se prétendant soucieux du monde. Non, il ne faut pas regarder la télé pour voir ces choses et voir l'accumulation des malheurs et des drames, bien sûr. Mais ce ne doit pas être pour fuir ces drames, mais pour les accepter comme inévitables dans l'ordre du monde matériel, le samsara bouddhiste. Monde des souffrances. Non pas banaliser la violence et la souffrance, mais admettre une fois pour toute qu'elle est partie intégrante du monde matériel, en quelque sorte, la souffrance est indivisible de la matière, car elle manifeste celle-ci, et à travers celle-ci, l'unité du monde, dont la matière n'est que l'expression, l'une des manifestations.

 

Tout cela est difficile à dire avec des mots, aussi j'espère ne pas être trop incompris. Ce sont des paroles somme toutes assez banales pour ceux qui sont familiers avec certains enseignements fournis par la nature, le monde, le monde des esprits, certains « gourous » bouddhistes ou autres.

 

Et puisque la familiarité avec cette souffrance est réservée à quelques uns, non pas comme un privilège (honnêtement, c'est plutôt un fardeau), je crois qu'il serait idiot de penser que leur expérience est purement égoïste et personnelle. Non, si cette expérience existe, c'est qu'elle est partageable, c'est qu'on peut y initier autrui, que l'on peut répandre le message, par exemple sur le sujet de la division, qui m'intéresse aujourd'hui.

 

 

Dans sa conclusion, que je ne cite pas, l'auteur retombe dans son histoire de « vrais et de faux » à laquelle je ne crois pas. Je ne crois pas, ou plus, qu'il y ait de vrais chrétiens, des faux, des druides évêques ou non évêques, respectables, pas respectables. Je crois qu'il y a peut-être autant de voies qu'il y a d'êtres, pour un sentier spirituel, et que ces voies sont souvent dictées par les circonstances de l'époque ou du lieu. Ce qui équivaut à dire que le new age peut en effet servir pour cela à certains. Comme l'alchimie, l'islam, le taoisme ou encore l'agnosticisme et la philosophie.

 

 

Et puisqu'on est sur ce sujet, jetons avant de finir un coup d’œil aux réflexions de Krishnamurti sur la division :

 

http://www.krishnamurti-france.org/Pourquoi-cette-division-entre-l

 

 

On en revient donc à ce que j'ai dit plus haut. Nous fonctionnons par identification, par conformisme, par mimétisme. Savons-nous seulement fonctionner autrement, à part certains d'entre nous ? Aujourd'hui il y a cette montée, en effet, de ce que je pourrais appeler un néo-patriotisme. Beaucoup de monde tombe dans le panneau de croire qu'on peut vaincre le tribalisme avec le patriotisme. Ce n'est qu'un renforcement d'une division. Comme croire qu'une « ré-immigration » serait possible en pratique, et admissible dans le monde réel par les populations, sans échauffer les esprits jusqu'au blanc. On répond à la division par la division. On se serre les coudes contre ceux qui se serrent les coudes et... c'est à ceux qui vont se serrer les coudes le plus fort ? S'il faut lutter contre les pratiques de nos dirigeants, et c'est une évidence, ce n'est certainement pas comme ça...

 

Mais je vais terminer ici, sur ce constat que nous n'avons encore rien trouvé pour dépasser ce phénomène de division. Ce n'est pas une raison pour ne pas essayer et ne pas vouloir, pas une raison pour se renforcer dans ces vaines oppositions. Nous pouvons lutter contre certains abus politiques mais pas contre le monde. Il est intéressant de constater que si à gauche on s'enfonce dans certaines illusions (concernant le genre, la race, etc.), à droite on s'enferme dans différentes formes d'identitarisme pour « faire rempart », mais que, ce faisant, on ne réalise pas l'absurdité de la chose. Personne n'a encore œuvré sainement à une entente, à une coopération. Il serait temps.

 

 

 

Annexes : Je fournis ici quelques liens qui complètent ma réflexion.

 

Une autre réflexion de Krishnamurti qui appelle à la circonspection, à la distance, et in fine à la tolérance :

 

http://www.krishnamurti-france.org/La-tolerance-est-acceptation-civilisee-de-la

 

Mais notons qu'en peu de mots il fait sentir que la tolérance n'est pas suffisante, puisqu'elle renforce l'hypocrisie et permet la perpétuation de la division, en évitant simplement les conflits. Il serait plus avantageux d'affronter les divisions avec respect, mais est-ce seulement possible ? Il y aura toujours des différences, et c'est très bien ainsi. Le problème étant lorsque ces divisions, comme actuellement, attisent les tensions.

 

 

Un sujet récurrent sur dedefensa.org, sur la possibilité d'une influence suprahumaine, qui pourrait agir sur l'agitation générale, et donc les tensions et divisions, et sur l'absurdité de certains raisonnements et agissements politiques :

 

http://www.dedefensa.org/article/conversation-avec-les-forces-suprahumaines

 

L'auteur ne tranche pas, bien qu'il soit assez engagé dans cette théorie. Pour ma part j'ai déjà développé ce sujet et je suis prêt à admettre qu'un tel type d'influence puisse tout à fait exister et même contrecarrer des tentatives d'apaisement. Cela correspondrait d'ailleurs assez bien à ce qu'on observe, ou croit observer.

 

 

A part ça, je voulais aussi mentionner que les divisions existent aussi au sein de la science et de ceux qui se réclament de la méthode scientifique, à laquelle on peut opposer, comme dans le lien précédent, le droit à préférer l'intuition à l'usage, ou abus sempiternel de la « raison ». Dans la vidéo suivante, une critique de la zététique comme je les aime. Vous trouverez d'autres vidéos sur la même chaîne, assez intéressante. J'apprécie la thèse de l'auteur d'une sorte d'hypnose de masse, même si je ne le rejoins pas dans ses détours et arguments dans ses différentes vidéos, mais cela me fait toujours plaisir d'entendre un esprit critique.

 

Vidéo youtube : 21) La tache aveugle de la Zététique

 

 

Sur la science encore, j'en profite pour mentionner ce cas qui contredit les deux théories dominantes actuelles en cosmologie :

 

https://fr.sott.net/article/32130-DF2-la-galaxie-qui-defie-la-theorie-de-la-matiere-noire

 

 

Enfin, je termine par la vidéo qui a le plus haut potentiel de polémique, sur la question de race, qui, il faut le reconnaître, agite à la fois les pires idéologies mais aussi les pires hypocrisies. On notera que l'auteur est faussement objectif, et en fait fortement orienté, on voudrait souvent lui réclamer les sources de ce qu'il affirme, mais j'ai trouvé que, dans l'ensemble, cela était tout à fait valable à entendre. Il n'y a rien de scandaleux à envisager que l'espèce humaine serait constituée de plusieurs races ayant des spécificités, que tout esprit honnête peut d'ailleurs constater assez facilement, avec un minimum de sens de l'observation. L'interviewé nous propose des arguments de nature scientifique, et il serait malhonnête de ne pas les entendre, quitte à les critiquer, mais ce n'est pas mon propos ici.

 

Vidéo youtube : Les races mythe ou réalité? avec Hassen Occident