Est-ce parce que j'en ai assez de ressentir toute la folie autour de moi que j'y réagis ? Est-ce que je ne ferais pas mieux de fermer les yeux et m'en remettre à une totale humilité et un total agnosticisme par rapport à ce que j'observe et ne peux prétendre comprendre pleinement ?

 

Toujours est-il que je ressens le besoin de faire un peu le point sur ce que j'observe. Cet article emploiera donc largement la première personne, car je ne voudrais pas manifester une quelconque prétention à autre chose qu'une certaine forme de subjectivité, que j'estime tout de même être une subjectivité éclairée, sachant faire preuve de distance et de pondération, au moins un tant soit peu, précisément pour ne pas verser dans ce que je dénonce et qui me dérange profondément : une agitation mentale et morale qui me dépasse, dont je suis le témoin à peu près impuissant, ne voulant pas se laisser emporter par ce mouvement.

 

 

L'occident est certainement à un tournant de son histoire, et partant de là, l'humanité toute entière, puisqu'il est entendu que l'histoire de l'occident est liée au reste de la planète et ne peut pas être entièrement distincte ou distinguée de ce qui arrive au reste du monde. Physiquement et spirituellement parlant.

 

Au stade de mondialisation dans lequel nous sommes arrivés, la porosité est devenue telle entre les différentes sociétés qu'elles sont toutes intimement intriquées dans leurs dynamiques respectives. Ai-je besoin d'expliquer à quel point l'Asie, l'Amérique et l'Europe sont commercialement interdépendantes ? Et bien sûr le reste du monde aussi. Partant de là, les idées et les idéologies se répandent, et ce qui n'était ici qu'une manie devient ailleurs une folie. Les peuples se mélangent comme les obsessions, et les cultures se fondent comme du sang caillé, souvent dans les heurts et l'incompréhension, et ceci à un rythme toujours plus élevé : celui de la mondialisation galopante répandue par l'occident avant sa chute...

 

Il est alors naturel que fasse surface l'agitation mentale, à travers les médias, internet et jusque dans la rue, se traduisant par des paroles et des actes irréfléchis, apparemment irrationnels et parfois même – trop souvent – dans la violence et la brutalité.

 

La plupart se font simplement happer par ce mouvement qui emporte tout, mais d'autres vont plus loin, s'en font les porte-paroles ou s'en improvisent les idéologues, sans réaliser leur degré de conditionnement rendu inévitable par la puissance du cataclysme.

 

Cela se ressent d'autant plus fort en occident que nous avions été relativement épargnés depuis l'après seconde guerre mondiale, et nous en avons d'autant moins de force mentale pour y résister. Nous voulons conserver notre confort physique et intellectuel, nos acquis, notre tranquillité. Certains croient cela immuable, et investissent leur énergie dans la conservation du mouvement. D'autres ne voient que le changement et croient qu'il ne saurait être que destructeur. Ils déploient alors toute leur force à empêcher ce changement, à se dresser contre les vagues. Bien peu considèrent le problème à sa source et dans sa globalité, à savoir que, selon moi, la mondialisation n'est qu'un moment d'un cycle infiniment plus grand que nous ne pouvons arrêter. Nous pouvons certes avoir une relative influence sur le cours des choses, mais l'homme, ayant une haute opinion de lui-même en même temps qu'une perception tout à fait parcellaire de ce qu'est le monde, se surdimensionne par rapport à celui-ci, et surestime son rôle et sa puissance. Pensez au golem, à Frankenstein, et vous entreverrez la suite de mon propos.

 

 

Mais ce que je veux surtout dire, c'est que nous expérimentons actuellement comment l'esprit humain réagit dans ces phases de l'univers où il perd le contrôle. Beaucoup résistent certes, ont la stabilité mentale pour se préserver des agitations inutiles, mais beaucoup aussi cèdent et sombrent dans diverses formes de folies. La dissociation est celle qui me marque le plus à l'heure actuelle, et je vais m'en expliquer.

 

De mon point de vue, je vois les manifestations de ces pathologies collectives dans tous les domaines liés à ce qu'on nomme le « sociétal ». Un chercheur a sûrement déjà théorisé sur les pathologies collectives, mais quant à moi, mes références ne vont pas beaucoup plus loin que Jung et son inconscient collectif. Cela me semble suffire pour comprendre, en extrapolant un peu, comment se répandent les idées, les fixations, les modes, les peurs, etc.

 

Ainsi, l'immigration focalise largement ce phénomène, avec naturellement deux pôles extrémistes qui monopolisent l'attention. Obertone estime par exemple que nous allons au bain de sang généralisé et prône un référendum d'urgence pour légiférer sur cette immigration :

 

https://francais.rt.com/france/54620-petition-ligne-soutenue-par-obertone-reclame-referendum-immigration-france

 

D'autres, dans une attitude diamétralement opposée, refusent encore d'admettre tout danger et, s'enfermant dans le déni, demandent encore plus de « migrants » en France, quand bien même ceux-ci sont surtout des victimes d'une propagande occidentale et d'un trafic d'être humains odieux. On détruit en fait leurs vies, en perturbant les nôtres, et si le pire n'est jamais sûr, le meilleur est pour le moins douteux. Il y a tout à parier que la réalité se situera quelque part entre le scénario catastrophiste échafaudé par un Obertone, et une situation paisible telle que fantasmée par les pro-migrants béats. Je ne crois pas, pour ma part, que nous allons vers des bains de sang, ni que l'immigration incontrôlée à un rythme insoutenable pour l'intégration – on croise de plus en plus de gens ne parlant pas le français dans nos rues, si vous n'avez pas encore remarqué – pourra très bien se passer... Il y aura forcément des remous assez conséquents, qu'aucun prophète ne peut décrire, mais il y a certes lieu de s'inquiéter et de faire preuve d'un peu plus de conséquence que les insouciants réclamant des aides sociales pour ceux qui accueillent des migrants... ou comment achever l'état de droit et les aides sociales.

 

Par ailleurs, ce moment du mouvement est certes encouragé par une élite qui maintient les pays occidentaux sous perfusion avec l'immigration qui permet une main d’œuvre à bon marché, mais en détruisant le tissu social, en faisant grimper le chômage mécaniquement, et surtout sans régler le problème de fond. Mais contrairement à ce que pensent ceux qui sont radicalement opposés à toute forme d'immigration, et qui prétendent que l'immigration est anti-naturelle, c'est hélas faux, puisque depuis toujours l'être humain a montré qu'il était fondamentalement un semi-nomade qui a dans ses gènes l'impulsion du mouvement, du changement d'endroit et de région, et si nous avons perdu ce sens, c'est parce que le confort sédentaire occidental nous a fait perdre de vue notre nature fondamentale, en sorte que nous prenons comme agression le comportement « normal » - certes instrumentalisé – des masses qui nous viennent d'autres continents. Ces gens ne font qui suivre leurs instincts les poussant à aller chercher ailleurs des ressources et des modes de vie qu'ils ne trouvent pas chez eux. Il est vrai aussi que certains assument mieux que d'autres ce fait, parmi les anti-immigrationnistes, et considèrent tout simplement que l'immigration serait une invasion, un « grand remplacement » intentionnel, etc. On est là dans le versant paranoïaque de la chose, et s'il est vrai qu'être paranoïaque ne prouve pas que l'on ait tort de se méfier, cela ne prouve pas non plus que l'on ait raison. Le paranoïaque alimente sa folie de tout ce qui va dans le sens de celle-ci, en ignorant le reste. C'est par essence une vision biaisée du monde, que le paranoïaque, qui est souvent proactif, tente de répandre dans le monde pour se donner raison, convaincre autrui, et ainsi se protéger en prenant les devants. En agissant suivant ce que lui dicte sa paranoïa, il récolte sans cesse des preuves que celle-ci est fondée, bien qu'il ne puisse pas comparer avec une autre version du monde où sa paranoïa n'aurait pas agi, ce qui fonde la nature quasi-rationnelle de la paranoïa (et rend si intéressants les bouquins d'un P.K. Dick qui était un authentique paranoïaque génial).

 

 

Mais poursuivons le raisonnement avec d'autres illustrations. Le thème de l'immigration nous mène naturellement à celui du racisme... déjà souvent abordé ici. J'ai déjà largement développé l'idée que, selon moi, l'anti-racisme, comme tout mouvement idéologique « anti » est juste une autre manifestation du racisme, ou de l'idéologie contre laquelle se dresse « l'anti ». En étant « anti », on alimente une folie en lui opposant une force équivalente (en terme d'idées) qui la renforce. On peut être contre le racisme sans être « anti-raciste » et c'est de loin préférable. L'anti-raciste, l'anti-sexiste ou l'anti-spéciste vont avoir une attitude mentale qui gonfle en eux l'importance du problème, en faisant une cause vitale qui perturbe leur équilibre et modifie leur perception du monde à l'aune de ce qu'ils acceptent de considérer comme important. Aucun anti-nucléaire n'a jamais empêché le nucléaire, aucun anti-raciste n'a éradiqué le racisme, mais ils se donnent de l'importance en se donnant l'illusion de « faire avancer la cause », alors que bien souvent, ils la font reculer. Les exemples ne manquent pas...

 

https://francais.rt.com/france/54548-racisme-anti-blancs-existe-pas-eric-fassin-france-info-desinformation-marine-le-pen

 

Ainsi, un sociologue proclamé peut affirmer sans ciller que le racisme anti-blanc n'existe pas, en se cachant derrière le scientificisme de sa thèse, et du manque de caractère scientifique du concept de « racisme anti-blanc ». Il n'y a même pas besoin de démonter cette thèse que ce type de racisme n'existerait pas, tant c'est une pure ineptie et lubie d'expert heureux d'être inclus dans le système. Bien des gens ont ressenti dans leur chair ce racisme, et le simple fait de prétendre qu'il n'existe pas revient, en poussant un peu à l'absurde, à dire qu'aucun racisme n'existe. En effet, pour que le racisme anti-blanc n'existe pas, il suffirait que ceux qui ne sont pas blancs soient incapables de racisme. Cela implique qu'un noir (par exemple) est d'une espèce différente du blanc, puisque dans sa vision du monde, le racisme n'existe pas. Il est de fait d'une culture, d'une ethnie et d'une origine différente, et cela suffit à légitimer le racisme, puisque la théorie raciste affirme précisément et avant tout l'idée qu'il y a des différences entre les êtres humains. La notion de hiérarchie entre les races, peuples, cultures ou ethnies n'est que subsidiaire, et employée par les plus extrémistes des racistes, les autres se contentant de pointer des différences, c'est à dire une hétérogénéité de l'espèce humaine, et je ne vois pas bien ce qu'il y a de scandaleux à cela, puisque la génétique le démontre... et pour le coup c'est scientifique.

 

En somme, en proclamant que le racisme anti-blanc n'existe pas, et en sous-entendant implicitement que seul le blanc serait donc capable de racisme, il démontre une certaine forme de légitimité à la théorie raciste. Et renforce donc le racisme.

 

Il serait plus pertinent d'admettre cette hétérogénéité de l'espèce humaine, plutôt que de cultiver un déni insensé, et voir comment nous pourrions coopérer avec nos différences, plutôt que de croire bêtement qu'il n'y a aucun problème, et que tout se résoudra quand « l'homme blanc » aura cessé avec son racisme. A supposer qu'il en soit capable ?

 

Car ce n'est pas sûr en effet, et certains préfèrent prendre les devants en réclamant la mort des blancs, spécialement si ce sont des « mâles ». Comme le rappeur jusqu'à présent anonyme ayant bien réussi son buzz, mais aussi comme bien d'autres, qui ont davantage pignon sur rue et/ou des insignes d'autorité intellectuelle par nos contrées.

 

https://reinformation.tv/universitaire-feministe-us-tuer-castrer-males-blancs-diplomes-mille-88822-2/

 

Ainsi un blanc ou un noir peuvent dire impunément qu'il faut massacrer des mâles et des blancs, mais essayez donc de dire la même chose à propos des représentants d'une autre origine ou ethnie, et vous serez instamment classés au KKK. Même et surtout si vous êtes, par exemple, noir, puisque vous serez alors classifié comme « traître ». Or pour être « traître », il faut préalablement appartenir une caste... Comment les anti-racistes justifient-ils l'appartenance à une caste ? Par la couleur de peau, la langue parlée ? N'est-ce pas précisément ça, le racisme ?

 

Pour moi, ce n'est rien d'autre. Ou comment pratiquer très exactement ce qu'on reproche à d'autres, mais en s'accordant le bénéfice de la morale. Légitimation de la vengeance, par la même occasion, ou la dénégation de toute société civilisée, dont le fondement est justement de ne pas permettre l'expression des plus bas instincts, et de tenter de les remplacer par la justice, voire par une certaine forme de vertu collective, fondatrice du bien commun. Il ne peut, dans une telle société, y avoir ni de place pour le racisme, bi pour l'anti-racisme qui n'est que son frère jumeau investi d'un sentiment de morale supérieure, et donc, d'une certaine façon, encore pire que son jumeau simplement raciste. Pas plus pour le sexisme et autres trucs du genre.

 

Mais l'espèce humaine en est encore à l'âge de la violence. Ici une violence morale qui est particulièrement insidieuse car pas aussi visible et spectaculaire que la violence physique, comme celle dont font preuve des terroristes ou de simples criminels et agresseurs. Et à ce stade de son évolution, il faut sans doute s'attendre à ceci :

 

https://francais.rt.com/france/54423-antispecistes-revendiquent-incendie-criminel-abattoir-ain

 

Certes ici la violence n'est pas directe comme elle l'a été dans d'autres exactions de ces fondamentalistes d'un nouveau genre qui eux aussi discréditent leur cause en agressant des gens qui font simplement leur métier pour nourrir leurs congénères, et en pervertissant une cause qui prône fondamentalement la non-violence et l'abolition de la souffrance, avec des actes violents dont les conséquences sont lourdes pour ceux qui sont humiliés voire privés de travail. Les souffrances animales, d'accord, mais il y a de bien meilleures manières de faire progresser cette cause...

 

Les causes de la lutte contre le racisme, le sexisme, la discrimination ou la souffrance animale sont bien sûr louables, mais ce que je remarque surtout dans les manifestations plus que maladroites de leurs militants est qu'elles s'expriment avec incohérence. Que penser de l'idéologie affirmée par ceux qui ont détruit cet abattoir lorsqu'ils disent qu'ils sont contre toute forme d'élevage, mais aussi de cueillette ? Pardonnez-moi, mais si je ne peux me nourrir ni d'élevage ni de cueillette (et je suppose que cela inclut la culture de végétaux que l'on cueille après les avoir faits pousser) que reste-t-il ? La disparition de l'être humain par absence totale de nutrition ? Il est vrai que c'est l'aboutissement de la pensée jusqu'au-boutiste de l'anti-spéciste, qui devient alors ni plus ni moins une négation de lui-même. Car, si l'être humain est si fondamentalement mauvais qu'il n'aurait pas le droit de se nourrir, car toute façon de se nourrir serait une nuisance, que penser des autres animaux ? Des champignons et des végétaux, qui se dévorent parfois entre eux, les champignons, mousses, gui et autres parasites poussant souvent les uns sur les autres ? Que penser de la vie, qui n'est que nutrition d'une manière ou d'une autre ?

 

Ainsi, bien plus que le « carnivorisme », c'est la vie tout court qui serait mauvaise et néfaste. Suivant cette logique encore un peu plus loin et, bien plus que l'éradication de la nourriture carnée ou de l'être humain dans sa totalité, je ne vois plus aucune objection à l'extermination de la vie toute entière... et donc, une bonne façon de commencer l'éradication de la vie est... de se nourrir d'animaux.

 

Et voilà comment avec la logique anti-spéciste, on justifie la souffrance animale comme un mal nécessaire. On a totalement perdu de vue l'objectif initial, mais c'est parce qu'il était déjà insensé. On ne peut tout simplement pas vivre sans « nuire », c'est à dire sans prélever dans son environnement. Et quand bien même l'homme pourrait se nourrir de l'air respiré, que n'irait-on pas trouver un idéologue dément pour prétendre que cet air est volé à la nature, sans parler du fait que, si l'homme cessait de se nourrir, le monde reviendrait à son état sauvage, mais dans une situation où nous avons éradiqué la plupart des grands prédateurs. S'ensuivraient donc des famines dans les populations de gentils herbivores qui ne mangent que de l'herbe ou des feuilles jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus, causant au passage d'énormes dégâts environnementaux qui justifieraient le recours à la chasse et au contrôle des populations par les humains éclairés et « respirianistes », contraints de contempler toute la souffrance du monde autour d'eux. Espérons au moins qu'ils en déduiraient, cette fois, des conclusions profondes et instructives, car là on en est loin...

 

 

Mais revenons un peu sur le sexisme, car l'actualité est abondante dans le domaine de cette hystérie précise.

 

Pour répondre aux propos extrêmes ou plutôt extrémistes qui se répandent de plus en plus, on en trouve qui ressentent le besoin de rétablir certaines vérités :

 

https://francais.rt.com/opinions/54469-me-too-too-much-nadia-le-brun

 

Un discours pas très profond, mais méritoire dans le climat actuel, où les idées américaines, facilitées par la mondialisation et la porosité du monde, se sont déversées à flot dans nos pays, au point que la parole décomplexée a saisi les rappeurs et les pseudo-idéologues de l'anti-racisme et de l'anti-sexisme (car ce sont souvent les mêmes, et ils organisent des rassemblements excluant tous les blancs mais aussi tous les noirs de sexe mâle, pour mieux tenir ensuite un discours « inclusif » qu'ils, ou plutôt elles, auront construit seules dans leur coin).

 

La moindre vidéo bon enfant est passée au moulin de cette idéologie puritaine, austère et très exclusive, voire exclusionniste, et on fait des scandales avec rien, y compris avec des vidéos vieilles de presque une décennie, qui n'avaient alors choqué personne, à part sans doute les prudes du moment, dépourvus de sens de l'humour, et à l'esprit critique très sélectif :

 

https://francais.rt.com/france/54421-vainqueur-prix-nobel-physique-critique-clip-juge-sexiste-video

 

Et encore une fois, on aboutit à un résultat final où la violence est légitimée moralement, et donc bien sûr pas remise en question.

 

https://francais.rt.com/international/54212-jeune-russe-jette-eau-javel-hommes-lutter-contre-manspreading

 

Ainsi vous pouvez brûler les vêtements de gens qui dorment, comme vous pouvez détruire le lieu de travail de prolétaires, comme vous pouvez réclamer la mort des blancs ou des mâles sans soulever de scandale. C'est ça, le progrès, c'est ça l'idéologie bienpensante décomplexée.

 

Largement de quoi écœurer des êtres humains normalement constitués et les détourner de votre cause, qui ne fait en fait plus recette que dans un quelconque microcosme métropolitain aux relents mondains. Vous pouvez sans doute faire ça dans le métro de Londres, Paris, Berlin ou Saint-Pétersbourg. Essayez-donc à La Paz ou à Mexico. On les « machos » qu'on mérite... et on s'acharne sur eux parce qu'ils ont été déjà largement féminisés, et aussi parce que certains d'entre eux acceptent encore la galanterie et notamment l'idée qu'on ne colle pas son poing dans la figure d'une dame, même quand elle vous brûle publiquement l'entrejambe...

 

Qui osera encore soutenir que cette démarche est saine et productive ? C'est juste la démonstration probante que la folie est socialement encouragée, en occident (on pourra débattre du fait que la Russie en fasse partie, mais ce qui compte ici est que cette russe est clairement sevrée aux délires occidentaux).

 

Pour aller un peu plus loin sur le sujet, l'émission de Taddéi qui portait sur ce sujet, autour du scandale Weinstein. Ce qui m'a personnellement frappé est la légèreté, l'inconséquence et l'incohérence du discours de la féministe progressiste de service, qui s'élève contre les violences envers les femmes, mais relativise soudainement toutes les autres quand elles se mettent au service de sa lubie... « c'est comme ça, c'est comme ça... »

 

Et le sexisme, c'est pas comme ça ?

 

On en est arrivé à un tel niveau d'aberration dans ce domaine que les études de genre – la question du genre étant largement connexe avec celle du féminisme et du respect des minorités – justifient n'importe quoi et n'importe comment, en témoignent des canulars fantaisistes qui ont réussi à se frayer un chemin dans les publications scientifiques que produit ce microcosme qui, comme un certain sociologue sus-cité, prétend pourtant à la rigueur scientifique :

 

https://francais.rt.com/international/54385-culture-viol-chez-chiens-gratin-sociologie-americaine-piege-trois-chercheurs

 

Citation : « Certains ont malgré tout été publiés et les compères ont dû cesser leur démonstration car ces travaux bidonnés commençaient à trouver un écho dans la presse généraliste... »

 

Édifiant.

 

Il est vrai que la science peut tout justifier de nos jours avec l'estampille « c'est prouvé », d'où la politisation de la science (climat, théorie du genre, etc.) pour promouvoir des thèses qui arrangent des politiciens, des lobbyistes ou des industriels, et que ça a vraiment de moins en moins de sens. D'ailleurs la science n'échappe pas à l'hystérisation ambiante, ni à la paranoïa.

 

http://versouvaton.blogspot.com/2018/10/alors-vous-pensez-que-la-science.html

 

Ugo Bardi nous rappelle ici que le progrès n'est pas, à la base, une religion, mais un simple concept que nous avons idéalisé et qui nous aveugle, aussi bien positivement que négativement.

 

Ainsi, dans la longue liste des folies, il faut ajouter le scientisme à l'inventaire, la peur des IA étant probablement le grand frisson du moment, comme il y en a tant eu au cours du 20e siècle notamment.

 

https://fr.sott.net/article/33049-La-fin-est-proche

 

Je cite celui-ci parce que j'y ai mis ma patte dans les commentaires, pour apporter un bémol à cette phobie des IA, et bien entendu je dénote dans le flonflon des « ça va mal finir » et des « c'est effrayant ». On voit depuis des décennies des robots capables de tenir en équilibre et de sauter des obstacles, les robots ont déjà pris notre place dans les usines depuis bien plus d'un demi-siècle, mais voilà-t-y-pas qu'on donne au public de quoi frissonner avec un robot (même pas intelligent) qui peut sauter des rondins, et le public accepte de frissonner sans réfléchir. Bien sûr qu'il faut garder un œil sur ces évolutions technologiques, mais il n'y a pas besoin d'IA pour tuer et répandre l'effroi. Il suffit par exemple de chiens dressés pour le combat ou encore de drones qui survolent encore à l'heure actuelle des pays du moyen-orient et qui tuent des civils et des innocents pour se donner plus de chances de tuer des coupables.

 

Mais l'occidental a besoin de peurs à sa mesure qui lui ont été instillées par Hollywood par exemple. Des films comme Minority report, I robot ou encore les Terminator, très bien foutus mais ineptes dans leur propos ont préparé le public à une menace mécanique intelligente qui reste à ce jour un pur fantasme cinématographique dont on ne se rapproche qu'à pas de fourmis, dont on est encore très loin. La réussite de ce projet est encore très hypothétique, et je conseille à ce sujet le livre de Nick Bostrom, « Superintelligence », même si je le trouve encore un petit poil optimiste sur les chances de réussite, puisqu'il ne mentionne jamais le facteur des ressources, qui est par essence un facteur limitant. Par contre il est très exhaustif sur le reste, et à l'en croire, ainsi que d'autres spécialistes dans le domaine, on est encore très loin d'un quelconque aboutissement, tellement loin qu'on ne peut pas encore prévoir par quel chemin préférentiel on pourrait se rapprocher d'une réussite, même si on a repéré un certain nombre. Par ailleurs, même dans le cas d'une réussite, le pire n'étant jamais certain, il n'est pas sûr que les IA parviennent à dominer l'humanité. Il est sûr, par contre, qu'il s'agirait alors d'une mutation de la vie humaine, et comme toute mutation, elle suscite des peurs légitimes qui sont montées en épingles et font naître des hystéries, des peurs et de chocs psychologiques aux conséquences incertaines. Des générations de livres de SF et d'anticipation à prévoir, pour les prochains Asimov, Dick, Bradbury et consorts.

 

En passant, un long article assez passionnants sur, justement, la manière dont Hollywood modèle nos peurs et nos esprits.

 

https://www.les-crises.fr/hollywood-propaganda-la-fabrication-du-consentement-au-cinema-par-laurent-daure/

 

Et même s'il y est davantage question de films de guerre que d'anticipation, il n'en est pas moins vrai qu'Hollywood nous prépare à des idées faussement progressistes, qui sont dans l'air du temps, mais dont la finalité est surtout de nous faire admettre un monde futur entièrement globalisé.

 

A ce titre, et sans mentionner encore 1984, je proposerais plutôt un film comme « Bienvenue à Gattaca », à tout hasard, pour mieux représenter dans quelle réalité nous nous trouvons déjà, et qui celle-là n'est pas qu'un pur fantasme. Bien sûr, tout film d'anticipation ne propose qu'une version exagérée et caricaturée d'un possible, mais il faut être conscient qu'au moins en occident, et sans qu'il soit besoin de super-machines ou de super-intelligences, nous sommes déjà relativement proches de cette situation de traçabilité presque absolue des êtres humains, et qu'il est déjà très acrobatique de vouloir y échapper, comme dans le film.

 

 

Ma conclusion est que nous sommes facilement impressionnables, et donc influençables. À travers l'IA, c'est l'humain lui-même qui se contemple dans un miroir, et qui est effrayé par son propre reflet, car l'IA demeure bien avant tout une conception humaine, qui jusqu'à présent n'a presque strictement rien d'autonome (ce sont des machines qui tournent, point final), et qui fait montre de toute l'imperfection et des importantes limites des conceptions humaines. Nous ne sommes jamais allés plus loin que la lune, nous ne parvenons pas à y retourner, mais nous parvenons à croire à notre génie quand il s'agit de dépasser la nature et ses créations aux milliards d'années d'évolution, dont l'efficacité énergétique est colossale en comparaison de ce que nous avons été capables jusqu'à ce jour. Nous nous gonflons de notre propre importance, parce que nous n'avons rien d'autre à quoi nous comparer que des animaux et des êtres avec lesquels nous parvenons à peine à communiquer. Les mystères de l'existence et du cosmos nous sont largement fermés, mais nous avons une confiance très élevée dans notre capacité à re-créer la vie avec nos mimines... D'où le fait que j'ai tendance à tempérer les enthousiasmes comme les craintes, qui me semblent toutes déraisonnables et mal placées en l'état actuel des choses. Nos inventions les plus géniales et les plus impressionnantes restent à remettre à l'échelle à laquelle nous trouvons : un animal conscient qui ne comprend pas le climat de sa planète, n'en connaît ni le cœur ni le fond de ses océans, n'a jamais mis les pieds sur la plus proche planète environnante, etc. Nous pouvons faire de grandes choses, mais elles demeurent toutes relativement insignifiantes. À notre échelle, elles peuvent certes avoir une grande influence, modifier nos modes de vie, mais c'est surtout parce que nous y croyons, comme nous croyons à l'argent, à l'avenir, etc. Chaque chose que nous faisons se rapporte à notre condition, et même celle-ci nous est largement étrangère.

 

 

Quant aux autres folies dont j'ai parlé, je crois qu'il faut les prendre avec la même distance. Il est vrai que l'homme étant propice au bellicisme et à la violence, puisque c'est un animal super-prédateur, partiellement carnivore et avide de contrôle, ces folies peuvent prendre de l'ampleur et parvenir effectivement à un seuil catastrophique, et pourvu qu'assez de monde se convainque que la violence devient nécessaire, même pour des causes prétendument non-violentes, inclusives et pacifiques. C'est notre grand paradoxe, aussi il ne faut jamais négliger que le terrorisme devienne quotidien, que de nouvelles formes de djihadismes apparaissent, qu'ils soient verts, roses, féministes, pro-blancs ou anti-blancs, pro ou anti-spécistes, homo, bi, trans, enfants, vieux, rhinocéros, que sais-je...

 

C'est pour cela que je place personnellement ma méfiance dans les comportements irrationnels de l'homme, plutôt que dans des évolutions « prévisibles ». Peu de choses sont réellement prévisibles, on anticipe le vraisemblable sans savoir s'il arrivera. On parle d'effondrement, l'homme répond par le survivalisme, on parle de grand remplacement, il répond par l'anti-immigrationnisme, on lui parle de discrimination contre les noirs ou les maghrébins et il répond par d'autres formes de discriminations, quant à la souffrance animale, elle lui fournit le prétexte à agresser des gens et à les priver de leur emploi... La souffrance humaine n'est qu'une souffrance animale plus intériorisée et souvent décuplée par la raison. Un anti-spéciste peut-il en avoir pitié où est-il déjà trop déshumanisé par son dégoût de l'être humain ? Dans ce cas il n'est objectivement pas très différent du fondamentaliste islamiste, écœuré par le mode de vie occidental considéré comme décadent, pour faire souffrir des créatures de Allah : c'est un djihadiste vert qui fait souffrir des créations de la nature.

 

C'est un principe de physique connu depuis l'antiquité. Toute force suscite une force équivalente qui s'oppose à elle. On ne fait rien avancer dans l'opposition, comme on la voit en politique et ailleurs. Ce n'est qu'un absurde jeu de tireurs à la corde où personne ne gagne avant très longtemps. Il nous faudrait plutôt apprendre à accompagner le mouvement de la nature, lâcher-prise et redevenir des semi-nomades, mais bien sûr, nous crevons de la mondialisation, de la surpopulation, de notre déconnexion d'avec notre nature (et les anti-spécistes et anti-sexistes en premier lieu, puisqu'ils nient tout un pan de la nature humaine et même du vivant).

 

Dans cette ambiance, le catastrophisme devient un des ultimes refuges de l'esprit, où l'on imagine pire que ce qu'il n'y aura probablement jamais. Il est certain que du sang va couler, puisqu'il en a toujours coulé. Il est certain que nous vivons une époque de troubles et d'agitations, puisque nous sommes en fin d'un cycle, d'où les inquiétudes légitimes. Mais j'estime que la crainte des IA, le survivalisme et toutes les hystéries sociétales ne sont que les manifestations d'une dissociation mentale qui nous habite parce que l'être humain s'est fragmenté et morcelé en divorçant d'avec la nature et en la traitant comme une esclave productive et servile. La nature ne se rebelle pas, elle dépérit. Et nous périssons lentement avec elle, couple dysfonctionnel et inséparable. Peut-être la vie est-elle foncièrement biaisée, imparfaite et injuste, source de souffrance, comme l'est l'homme. Mais doit-on la détester pour cela ? Car c'est elle que nous détestons à travers nos anti-racismes, spécismes, sexismes, etc. Plutôt que d'accepter et dompter notre propre nature, certains choisissent de la fouetter, de la contraindre, comme nous avons contraint notre environnement en général, et ce faisant, ils ne s'élèvent pas du tout au dessus de l'humain : ils reproduisent ses travers et les alimentent, les renforcent, en leur donnant de l'impulsion.

 

Bref... je n'ai pas de solution. J'observe seulement cela, et j'en fais part. Je suppose que c'est ainsi que l'on nourrit une réflexion profonde, en se tenant à l'écart des manichéismes, des agitations et des violences, et peut-être que le partager enrichira d'autres personnes que moi-même.