Je voudrais saisir l'occasion de ce texte pour remettre à plat et remettre en question certains points parfois abordés sur ce blog, dont certains que j'aurais pu abusivement considérer comme acquis.

 

Ceci à l'occasion du mouvement des gilets jaunes qui, je trouve, est riche en enseignements.

 

Commençons par l'enseignement le plus superficiel de tous : les français, pas dans leur totalité, mais dans leur majorité, ont démontré qu'ils savaient être autrement que des veaux, et qu'ils étaient aptes à comprendre ce qui est contre leur intérêt. Ce constat peut être superficiel, mais il aura de très sérieuses implications sur la suite des événements : les gilets jaunes se présentent comme le tout début d'une lame de fond qui ne s'arrêtera pas avec ce mouvement. Ce mouvement, comme tous les autres, s'éteindra, mais ses caractéristiques exceptionnelles (rassemblement de droite à gauche, refus des récupérations, centre d'attraction qui mobilise de plus en plus de monde hors du noyau du mouvement lui-même) se perpétueront, quitte à être occasionnellement perverties, nous verrons comment.

 

Mais le fond du mouvement, lui, restera, et est promis à secouer la société au-delà de la France. Le mouvement s'est d'ailleurs déjà propagé en Belgique.

 

https://francais.rt.com/opinions/55878-gilets-jaunes-lame-fond-qui-vient-par-natacha-polony

 

https://francais.rt.com/international/56022-gilets-jaunes-incidents-lors-manifestation-bruxelles

 

 

Un autre enseignement est que le mouvement, au-delà de la simple défense de ses propres intérêts, n'est pas un mouvement d'inconscients irresponsables et débiles, de beaufs fumeurs qui roulent au diesel par pur plaisir comme en a voulu entre autres les caricaturer. Non, ce mouvement a largement exprimé son souci d'un respect de l'environnement et de la nécessité d'une transition dite « écologique », mais aussi de ne pas se faire entuber au nom d'une prétendue écologie. Ce qui m'amène au point principal de mon développement.

 

 

Climat et écologie comme prétextes à l'asservissement et à la manipulation des masses

 

Les lecteurs du blog connaissent mon scepticisme ô combien hérétique envers la question du réchauffement et de son origine anthropique. Ils connaissent aussi ma prédiction – qui reste à vérifier – d'un avenir livré à un totalitarisme écologiste, ou plutôt pseudo-écologiste, dont les modalités restent aussi à définir et à découvrir, le cas échéant.

 

Le mouvement des gilets jaunes semble aussi infléchir l'avenir sur ce point. Il semble qu'on ne se laissera pas tondre et dominer aussi facilement, au pays des gaulois revêches. Ce qui ne signifie pas que cela n'arrivera pas, et c'est un point que je tiens à développer.

 

On a vu que « le mouvement » a conscience qu'on se fout de lui à propos de la transition écologique. Il faut dire que ce n'était pas bien difficile. Les taxes qu'on lui fait payer vont compenser dans le budget général l'argent perdu sur les avantages donnés aux riches, et non pas dans la caisse de la transition dite écologique. Robin des bois à l'envers, la théorie du ruissellement vers le haut, que tous les pauvres peuvent aujourd'hui vérifier en se faisant racketter par certains propriétaires véreux, patrons sans scrupules et autres requins parfaitement intégrés et valorisés par le système.

 

https://francais.rt.com/france/55630-577-millions-deuros-recettes-taxe

 

On taxe donc les masses laborieuses et les chômeurs avec, on prend l'argent là où on peut encore en voler presque impunément – croit-on. Mais pas touche à l'industrie, pas touche aux transports, pas touche à tout ce qui fait que ce système est ce qu'il est, et qu'il conduit les peuples à la casse. Vade retro populum.

 

https://francais.rt.com/france/55447-environnement-pourquoi-france-refuse-t-elle-taxer-kerosene

 

Ce sont des règles internationales. Pas touche. Point final.

 

Il ne faudra pas s'étonner si dans quelques temps on fait remonter la graine du frexit aux gilets jaunes, ces populistes... Pourtant le ver est dans le fruit depuis longtemps et le seul mérite des gilets jaunes sur ce point aura été de faire remonter le sujet à la surface. Notons aussi qu'il est de l'ordre du pléonasme que d'affubler le peuple de l'adjectif « populiste ». Un peuple qui n'est pas « populiste » au moins en partie est un peuple qui a complètement perdu la notion de son intérêt propre. Pas seulement un pléonasme donc, mais une tentative de manipulation par l’infamie, mais nous en sommes coutumier. De nos jours, « peuple » est un terme presque plus insultant que « plèbe » bien qu'on ne se prive pas de l'utiliser à des tentatives électoralistes.

 

Et puisque les transports aériens et maritimes sont énormément plus polluants que les voitures, au total mais aussi en proportion de la pollution globale, il devient difficile de nier que la raison profonde est autre qu'écologique. Souvenez-vous de ce que j'ai pu écrire sur le « développement durable » moi qui ai côtoyé ce milieu. De la poudre aux yeux, un simple ressort rhétorique et sémantique pour faire avaler la pilule d'une continuation du système comme il avait toujours été.

 

Par ailleurs, le gouvernement, qui s'était interdit de créer de nouvelles taxes, a été particulièrement prolixe et créatif dans le domaine :

 

https://francais.rt.com/economie/55898-il-n-aura-pas-nouvel-impot-mais-quelques-nouvelles-taxes

 

Tous les deux mois une nouvelle taxe pour un gouvernement qui avait annoncé ne pas entrer dans cette logique. Qui dit mieux ? Les promesses n'engagent que ceux qui y croient, et leur trahison est permise par ceux qui avaient voté pour ce Jupiter. Soit, j'imagine qu'il y en a beaucoup même parmi ceux qui aujourd'hui soutiennent les gilets jaunes (84% de soutiens à l'heure où j'écris). Il n'est jamais trop tard pour apprendre, mais hélas aussi pour refaire plusieurs fois la même erreur.

 

Quant au climat, « consensus scientifique indépassable, indiscutable et indiscuté » et bien il l'est pourtant encore et toujours, des dizaines de milliers de scientifiques expriment leur désaccord avec le bien mal nommé consensus (souvenez-vous du chiffre de 97% de scientifiques acquis à cette « certitude »).

 

https://fr.sott.net/article/33098-La-sombre-histoire-derriere-le-rechauffement-climatique-du-GIEC

 

La question est politisée et comme je le disais dans mon dernier article, je pense qu'on voit enfin poindre avec clarté la vraie raison de tout ce tapage : il fallait convaincre les populations de se soumettre à une nouvelle taxe, dont la finalité n'est que de soutenir le système. Problème, il semblerait que ce ne soit pas très convaincant quand l'argent de la taxe est clairement non affiliée au budget de l'écologie ou de l'énergie... Comment n'ont-ils pas pensé à une malversation qui rendait la manœuvre moins visible ? Ça me fascine. Ils pensaient sans doute que le peuple était déjà assez déresponsabilisé et dépolitisé pour s'apercevoir de quoique ce soit. Grave erreur qui fera date.

 

Tant que j'y suis, lien vers un site ouvertement réchauffiste où tous les titres d'articles contiennent « plus chaud que », alors que toutes les courbes depuis deux ans sont à la baisse. Miracle de la Raison Moderne.

 

https://global-climat.com/

 

A consulter par vous-même. Les courbes sont certes globalement haussières (sur ce site acquis à la thèse dogmatiquement correcte) et les articles totalement à charge sur les dangers innommables du réchauffement, mais j'ai trouvé tout de même curieux que des courbes baissières sur deux années consécutives puissent tout de même permettre de proclamer chaque mois « plus chaud que ». Une preuve assez claire de la manipulation outrancière accomplie dans ce domaine. Discuter de la réalité du réchauffement est autre chose, mais constater la politisation du sujet orientée vers le catastrophisme reste simple à faire pour tout esprit neutre, s'il est encore permis de l'être.

 

 

Transition écologique ou énergétique ? Point de détail des chambres à gaz à effet de serre

 

Enfin, en bon négationniste du climat que je suis, il faut évoquer la question du mensonge autour du terme « transition écologique ». Il ne s'agit PAS de transition écologique. Rien que d'une transition énergétique greenwashée comme il se doit. Et d'ailleurs à ce sujet je dois absolument mentionner l'excellente conférence de Jean-Baptiste Fressoz sur Le Média.

 

https://www.youtube.com/watch?v=lO0r5O4-2wU

 

Vidéo youtube : TRANSITION, PIÈGE À CON ? – JEAN-BAPTISTE FRESSOZ

 

 

J.-B. Fressoz n'est pas un climato-sceptique. Son propos se limite à décrypter la situation sans précédent dans laquelle nous sommes, et qui ne relève d'ailleurs pas du tout du climat mais de la transition hors du paradigme énergétique actuel. L'idée directrice est qu'une telle transition est du jamais vu dans l'histoire étant donné que nous avons toujours ajouté une source énergétique à une autre. Aujourd'hui, puisque les hydrocarbures ne sont pas éternels, il est nécessaire d'envisager d'en sortir, et cela depuis déjà un bon bout de temps (les prédictions sur le peak oil remontent aux années 70 et sa crise pétrolière).

 

On a beau dire que sortir des hydrocarbures (et pourquoi pas du nucléaire) serait écologique, les choses sont bien plus compliquées que cela.

 

N'oublions pas que nous vivons à l'époque de la privatisation de l'énergie où les fournisseurs d'énergie se volent littéralement des clients entre eux par des techniques de manipulation au porte à porte éprouvée et qu'en 2019 interviendra notamment la privatisation totalement absurde du réseau hydroélectrique français. N'oublions pas que dans ce contexte où il faudra se priver des hydrocarbures, une promotion acharnée est faite en faveur des voitures électriques et hybrides. Il faut alors prendre en compte que, dans un contexte où l'énergie sera divisée en plusieurs secteurs eux-mêmes divisés en plusieurs fournisseurs, avec les difficultés de coordination que cela promet, l'avènement possible de la voiture électrique va entraîner une métamorphose de la consommation électrique occidentale : les gens vont recharger leurs voitures la nuit, pendant ce qui est encore actuellement les heures creuses en matière de consommation électrique. Il est mécanique que ces heures creuses vont disparaître pour être remplacées, on s'en doute, par des propositions promotionnelles autres pour attirer le chaland, qui seront autant de montages financiers qui seront sujets à spéculation, dons aux actionnaires, faillites, rachat de fournisseurs par de plus gros requins, et création au bout de ce processus de géants de l'énergie encore bien pires que ceux que nous avons actuellement, en lieu et place d'un service publique efficient, relativement facile à coordonner, etc.

 

En bref, nous allons vers d'évidentes hausses du prix de l'électricité, la promotion du nucléaire à laquelle nous assistons déjà, mais aussi, pire encore, vers des black out prévisibles de régions entières dont le réseau ne sera pas prêt à encaisser les nouvelles variations de consommation, et ai-je parlé de la nécessité de faire des lâchers de barrage en pleine nuit ? Non pas que l'on doive refuser le changement, mais encore faut-il que ce changement soit chargé de sens et de cohérence, soit l'inverse de ce à quoi on assiste.

 

Le plus navrant dans tout ça est que ceux qui nous parlent de la « gabegie » énergétique sont ceux qui vivent sur le concept de transition énergétiques, lobbyistes patentés avec tous les conflits d'intérêt qui vont avec. Jancovici a ainsi beaucoup fait parler de lui dernièrement, et pour ceux qui ne le connaissent pas, je ne vous propose pas ses conférences et ses interviews que j'ai trouvé nulles et insultantes, promoteur de l'IA, de la concurrence écervelée avec les USA et la Chine, mais dont le « franc-parler » (baragouin en roue libre avec un semblant de bon sens pour satisfaire les attentes des convaincus du développement durable et autres inepties du genre) plaît apparemment à beaucoup car il est dans l'air du temps.

 

Dans l'air du temps en effet puisqu'avec son attitude autoritaire (voir les liens ci-dessous), Jancovici se présente comme l'un des papes de la tyrannie pseudo-écologique qui s'en vient et qui n'est rien d'autre qu'une redistribution des cartes dans le domaine de l'énergie, redistribution dans laquelle certains savent, de toute évidence, se positionner pour être du bon côté à l'arrivée : celui des gagnants. Jancovici se déclare d'ailleurs pour une forme d'autoritarisme dans le domaine « écologique ». Voyez que je n'invente rien.

 

https://fabrice-nicolino.com/?p=1262

 

https://sniadecki.wordpress.com/2012/06/14/jancovici-nucleariste/

 

Comme on le voit, Jancovici n'est rien de plus qu'un technocrate polytechnicien, un expert proclamé de plus, hautain et désengagé de la vie réelle, dont le bilan écologique est certainement sans commune mesure avec le mien et celui de beaucoup de gilets jaunes, qui vient se mettre ici en poseur et en donneur de leçon. Il suffit de parler avec autorité et certains répondent à cette autorité comme si elle était forcément légitime... psychologie humaine basique liée à l'expérience familiale.

 

Ne pas s'étonner qu'il fut récemment nommé au « haut conseil pour la transition écologique », avec son cabinet de consulting en greenwashing. On en trouvera, cela va de soi, pour le défendre « au moins lui il fait quelque chose, et vous ? » Moi ? Je n'ai pas de voiture. Je ne voyage pas en jet non surtaxé. Merci quand même.

 

 

Donc voilà, je ne suis pas du tout sûr qu'on n'aille pas malgré tout vers une dictature qui utilisera l'écologie comme caution. Nous nous situons actuellement dans une période charnière où la maladresse et le mépris portés par Macron et le gouvernement ont fait déborder la piscine, et quelque part c'est tant mieux car cela a attiré l'attention sur le problème de cette manipulation fondamentale, mais ça ne suffit pas. Il faut prendre conscience que la transition actuelle se fait en fait à marche forcée parce qu'on n'a pas le choix. La nucléarisation répond uniquement à cette impasse énergétique, et n'est en rien un choix bienveillant, positif, écologique ou je ne sais quoi... On croît rêver quand on lit les « arguments » de Jancovici qui ne sont que rhétorique absolument cynique, inique et scandaleuse. Tout ça n'est aussi qu'argutie pour détourner la question, rendre la chose acceptable, et il le faut bien puisque pour beaucoup elle ne l'est pas. On ne peut pas prôner une transition écologique et opter pour l'une des énergies les plus dangereuses qui soient. Je n'ai encore jamais vu tous ces pro-nucléaires nantis aller se loger dans ces zones pourtant si enviables de tranquillité, de nature et de santé promise, loin des villes polluées et blablabla. Non mais vraiment...