Suite à mes réflexions personnelles sur ma propre évolution à travers l'écriture sur mon blog, m'est venue une autre réflexion qui sera l'occasion de nouvelles digressions un peu nombrilistes, mais que je me sens obligé de mener, pour être plus complet. Encore une fois, nous verrons bien où ça nous mènera, et puis on pourra reprendre sur le contenu plus habituel du blog.

 

C'est que je ressens le besoin de soulager mon esprit du poids d'une nouvelle réflexion tournée vers moi-même.

 

Un lecteur m'a fait passer un lien sur la géobiologie que j'en profite pour partager. Le site avec toutes les précautions oratoires de l'auteur ne voulant pas que son livre soit commercialement exploité par des opportunistes, ce que l'on peut très bien comprendre :

 

https://www.georgesprat.com/

 

Le lien du livre lui-même :

 

http://www.georgesprat.com/telechargements/larchitectureinvisible.pdf

 

 

 

J'ai rapidement parcouru le livre et y ai surtout trouvé des choses déjà très familières, puisqu'étant formé en géobiologie, et ayant qui plus est un parcours dans le domaine de l'étude des mégalithes, j'ai déjà un rapport assez avancé avec ce sujet, bien que j'en parle assez rarement. C'est l'occasion de le faire, car cela va me permettre d'expliquer mieux ma gêne, non seulement vis à vis des disciplines scientifiques, mais aussi vis à vis des disciplines ésotériques.

 

J'ai très souvent critiqué sur ce blog les abus et effets pervers de la science, comme je viens de le faire une fois de plus dans ma série récente, et j'ai aussi régulièrement, mais moins souvent, attaqué les dérives des disciplines ésotériques. Un ancien article sur Castaneda m'a ainsi valu une volée de réactions désobligeantes, par exemple, ou encore, mes articles critiques sur les fleurs de Bach ou l'homéopathie ont déplu à beaucoup, bien qu'ils étaient, je le crois, intellectuellement honnêtes.

 

Quelque part, j'ai du mal à « choisir un camp ». Non seulement j'ai du mal, mais je m'y refuse absolument. J'ai beau pratiquer moi-même des disciplines ésotériques, sans rejeter du tout pour autant la pratique de l'esprit critique ou la méthode scientifique (encore une fois, je n'en critique que les abus), je ne peux pas leur prêter entièrement une foi absolue. Là aussi, trop d'abus ont été commis. Même si je ne rejette pas davantage l'homéopathie – que j'ai utilisé pour moi-même – que la méthode scientifique, qui elle rejette absolument l'homéopathie pour son caractère non-scientifique, je ne peux pas accepter de proposer aucune de ces approches sans les critiquer d'abord.

 

C'est sans doute une sorte de « travers psychologique » qui m'est propre, mais je pense que je peux l'expliquer, après tout.

 

Même si je progresse régulièrement dans ma compréhension de moi-même, je n'ai jamais pu « choisir un camp ». Je crois qu'il y a du bon dans les deux approches (scientifique et ésotérique), mais aussi de dangereux travers à chaque fois, et je crois que je voudrais unifier les deux approches en une seule, en dépouillant chacune de ses effets pervers. Probablement une quête à la fois sans fin et bien orgueilleuse, que je ne vois pas, à ce jour, comment je pourrais faire déboucher. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour totalement abandonner cette ambition secrète.

 

L'une des approches qui m'a le plus éclairé dans mon auto-compréhension a été celle de C.G Jung (ainsi que l'ennéagramme, au moins dans les débuts, pour défricher un peu le terrain).

 

On trouve ici par exemple un test de personnalité inspiré MBTI basé sur les travaux de Jung :

 

https://www.idrlabs.com/fr/test.php

 

Ces tests peuvent paraître puérils à beaucoup, notamment lorsqu'ils sont plutôt versés dans le côté scientifique de « la force », mais ils sont pourtant riches en instruction sur soi-même, lorsqu'on accepte de s'y verser. Ces tests m'ont permis de découvrir que j'étais partagé entre deux ou trois typologies du MBTI, qui se rapportent aux personnalités dites « concepteur/penseur » (INTP), « thérapeute/protecteur » (INFJ), ou encore « médiateur » (INFP).

 

Je sais que ce truc ressemble surtout à du coaching d'entreprise, mais ce n'est pas parce que le système de Jung a été détourné à ce type de fin utilitariste qu'il ne vaut pas beaucoup mieux que cela... Ce système m'a permis de comprendre que j'étais plutôt orienté introversion et intuition, et que le reste varie suivant les situations. Cela, je pouvais certes le déduire de ma propre auto-observation, mais un système bien établi est souvent plus pertinent que toutes les observations désorganisées que l'on peut faire sur soi, surtout, justement, lorsqu'on est plus intuitif qu'autre chose, et que la pensée rationnelle ne prédomine pas non plus. D'où, sans doute, mes articles à rallonge qui démontrent mon besoin d'explorer bien plus que d'organiser.

 

Ce mélange particulier qui est le mien explique très bien que je ne puisse faire un choix entre pensée scientifique et mode de pensée ésotérique, puisque je me trouve à la frontière entre les deux. Je suis autant penseur qu'aidant, autant médiateur que concepteur, et cela me situe sur une frontière étroite où les besoins de soutien et de décision sont perpétuellement en balance. Trancher et considérer tous les points de vue, tout à la fois.

 

Par conséquent, la méthode scientifique a un attrait pour moi, car elle aide à trancher. Mais simultanément, elle oblige à séparer des choses que mon esprit intuitif perçoit comme liées, et que ma tendance à l'introversion me pousse à examiner soigneusement avant de prendre une décision, ou de trancher une matière.

 

Je suis donc dans une situation inconfortable, mais qui a un avantage : je suis obligé de considérer les deux approches d'une manière aussi équilibrée que possible, et de voir aussi bien les limites de l'une comme de l'autre, simultanément, ce qui, probablement, m'empêche de tomber dans un quelconque caractère sectaire. C'est probablement ce qui m'a conduit, sur ce blog, à combattre toute forme de sectarisme, de militantisme et d'extrémisme pouvant conduire des personnes à des extrémités dommageables, qu'il s'agisse de violence, de dogmatisme, ou d'autoritarisme, par exemple. C'est donc aussi une force, mais une force inconfortable, qui impose en permanence un équilibre, un refus de choisir définitivement.

 

Ainsi, mes choix ne peuvent être que temporaires, si possible adaptés en fonction des situations.

 

Par ailleurs, ma spécificité me pousse à être à la fois souple et rigoureux, ce qui peut être difficile à comprendre pour soi, et encore plus pour autrui. C'est ainsi que j'ai vécu des situations à la fois cocasses et inconfortables, par exemple dans mon apprentissage en naturopathie.

 

Ainsi, lorsque je suis surtout avec des personnes scientifiques et rationnelles, je suis la personne qui a déjà vécu des situations plutôt irrationnelles, qui est incapable de les leur expliquer, et je passe pour le lunatique de service. Et lorsque je suis surtout avec des personnes orientées vers le sentiment, l'aide, la thérapie, je passe pour l'empêcheur de tourner en rond, qui a toujours une objection rationalisante à formuler... Mais, et c'est amusant, je suis aussi, parfois, même avec ces personnes, le seul qui a de véritables et puissants ressentis dans certaines situations car, étant très intuitif, je ressens par exemple avec une grande acuité la puissance de certains lieux, tout en demeurant incapable d'expliquer et rationaliser mes ressentis. Et dans certains autres cas, je suis complètement éteint alors que d'autres ressentent des choses très précises. En bref, je n'ai jamais vraiment l'impression d'être à ma place... je n'ai jamais su où, précisément, exercer ma structure de personnalité, si ce n'est dans l'écriture elle-même, qui permet toutes les explorations, autorise aussi bien la raison que le sentiment ou l'intuition, et le mélange de toutes les sensibilités existantes.

 

Ceci étant exposé, il devient plus facile de comprendre mon orientation particulière, et de saisir pourquoi je perçois mieux que personne les failles et les limites de la plupart des approches liées à la connaissance.

 

Ainsi, sans que le chamanisme m'ait vraiment déçu, il m'a un jour laissé sur ma faim. J'ai, grâce à lui, soigné ou tout du moins soulagé des gens, mais je ne savais pas comment je faisais, et cela était perturbant. J'ai fini par perdre mon assurance avec cette technique, car toutes mes rationalisations finissaient par tomber à l'eau et me mettre face à face avec le danger d'une certaine radicalisation de l'esprit face à une technique puissante mais inexplicable. Je crois que c'est ce qui m'a toujours dérangé chez les figures faisant autorité dans ce domaine, comme Castaneda : on se range derrière ces personnes à cause de leur charisme, et on ne sait pas où cela peut s'arrêter, nous conduire ou nous échouer. On boit leurs paroles puisqu'on ne peut rien faire d'autre, puisque leur propos est au-delà de l'explicatif. Et c'est ainsi que l'on fait des « sectes ». Des lieux de religion où le gourou n'est pas là pour être compris ou critiqué, mais pour être obéi et écouté. Comment tolérer cela ? Je ne sais pas. A l'inverse, j'adore Krishnamurti, parce que même si son langage est intuitif et ouvert, on peut toujours analyser et comprendre ses propos, qui ne sont pour autant pas que pure raison : c'est aussi de l'amour. On peut confronter son discours au réel, tandis qu'avec les Castaneda, on ne peut que sauter dans le vide et espérer qu'il en surgira un sens avant qu'on s'écrase au fond... On me répliquera sans doute que c'est comme ça, ok mais cette approche cause énormément de dégâts : des tas de gens s'écrasent effectivement au fond, j'en ai connu, et à la fin on les ramasse à la petite cuillère, ce qui est particulièrement difficile à accepter pour quelqu'un comme moi qui a aussi une inclination à la thérapie.

 

La géobiologie est un autre cas particulier. J'ai une forte affinité avec ce domaine, notamment avec tout ce qui se rapporte aux sensations liées aux vieilles pierres. J'ai eu des expériences très fortes et indéniables dans ce domaine, où je me retrouvais même en position de guide pour faire sentir à d'autres des sensations qui étaient pour moi évidentes, et pour eux un peu moins. Je n'ai jamais eu besoin d'outil pour cela, mes mains suffisaient, parfois aussi un peu mes oreilles ou mes yeux. Lors de certains cours de géobiologie sur le terrain, j'ai eu des sensations ou des intuitions très fortes d'être sur un lieu chargé et signifiant, avec parfois des visions très précises. J'ai eu par exemple une fois la vision d'être sur un site de justice druidique, point qui m'a été confirmé par le prof, sauf que ma vision allait bien plus loin que ce qu'il avait à en dire et demeurait incommunicable. Tout ce que je pouvais faire était de dire aux autres ce que je voyais, sans pouvoir avoir aucune certitude (à part au niveau du ressenti) que ce que je voyais n'était pas le fruit de mon imagination (comme avec beaucoup de mes visions chamaniques, par exemple). On pouvait aussi bien me prendre comme un prophète que comme un illuminé. J'ai nettement plus eu le sentiment d'être pris pour un illuminé, ce qui, ma foi, était parfaitement légitime. Pourquoi les gens m'auraient-ils cru ? Pourquoi m'auraient-ils questionné pour approfondir ce que je disais, alors que cela impliquait qu'ils auraient pu se mettre à boire mes paroles et tomber dans la bête profession de foi ?

 

C'est une expérience que j'avais d'ailleurs déjà vécu à l'époque du lycée, quand mon esprit s'éveillait à ces choses. J'ai souvent senti que les gens m'écoutaient comme un prophète, et je détestais profondément cela, tout en en tirant une sorte de jouissance. Mais j'étais surtout conscient du danger que cela impliquait, ainsi que de la responsabilité qui venait avec, et dont je ne voulais pas. Si je m'exprimais sur certains sujets, cela soulevait invariablement un mélange de réactions : du rejet chez beaucoup, et un attrait chez une minorité. Cette minorité avait tendance à me répugner par son attitude, et je me demande combien se sont trouvé par la suite un gourou, ou encore un conjoint qui userait de leur fragilité pour les manipuler. Toujours ce sentiment lié au rejet de l'abus...

 

Dans mon parcours, j'ai aussi été diplômé en ayurveda et en kinésiologie, disciplines que je n'ai par la suite jamais pratiquées. J'aurais aussi pu être diplômé en réflexologie, mais je n'aimais pas masser les gens, et j'ai donc passé mon tour.

 

Toutes ces disciplines sont formidables et très intéressantes, mais d'une part, et même si j'y étais à l'aise, avec des notes supérieures à la moyenne, je n'y étais pas en confiance, et d'autre part, j'avais le sentiment qu'on pouvait aller beaucoup plus loin que ce que j'avais appris, que ce n'était jamais suffisant.

 

Je n'y étais pas à l'aise, parce que ce ne sont pas des disciplines qu'on comprend. Ce sont des disciplines qu'on apprend, et qu'on régurgite, parce qu'elles sont tellement hors de la rationalité traditionnelle, que vous pouvez seulement vous fier à la pertinence de vos ressentis pour y tracer votre chemin ou, du moins, c'est comme ça que j'y ai été confronté et que je les ai apprises.

 

Lorsque, comme moi, vous avez un besoin de compréhension et de rationalité tout en étant très intuitif, ces disciplines sont très perturbantes, parce qu'elles vous mettent en face de vos hésitations, tout en vous semblant extraordinairement pertinentes. Vous sentez que vous êtes en face de quelque chose de très juste et de très profond, que votre esprit ne peut pas saisir, qu'il ne peut pas analyser, et que la science telle que nous la connaissons ne peut pas appréhender. Pourtant, les résultats sont là lorsque vous les pratiquez, tout comme ils l'étaient pour moi, dans le chamanisme ou la géobiologie, sans que je puisse en appréhender les fonctionnements, ou les tenants et les aboutissants.

 

Dire que par rapport à ces choses là, il suffirait de lâcher-prise, n'est pas quelque chose qui me rassure ou qui me convainque. Cela fonctionnerait certainement avec quelqu'un qui a précisément la bonne configuration d'esprit et qui, imprégné de culture occidentale ultra-rationnelle, hésitait seulement à le faire. Mais avec quelqu'un comme moi, qui a une structure en balance entre la rationalité et l'intuition, à mi-chemin entre le besoin de compréhension et la tendance à la rêverie, je ne suis vraiment pas sûr que cela peut vraiment fonctionner. Ma véritable voie n'est peut être vraiment que dans l'écriture et l'approche artistique et nuancée des choses... bien que ce ne soit pas exactement ce que pointe la connaissance que j'ai acquis de moi, et qui semble encore au-delà de cette forme d'utilitarisme là. Je ne suis peut-être qu'un explorateur des différentes possibilités, qui utilise l'écriture à cette fin... Dans ce cas, si j'avais un rôle, ce ne serait peut-être que celui de défricher pour de plus spécialisés que moi, pourquoi pas ? Je suis toujours, je le confesse, en recherche de ma propre voie en ce monde...

 

 

Bref, je pense qu'après mon récent discours sur la science, il n'était pas inutile d'équilibrer en critiquant aussi le versant ésotérique des choses... afin d'expliquer aussi bien au lecteur qu'à moi-même pourquoi je me méfie tout aussi bien des deux approches.

 

Sans doute ma sensibilité artistique me rapproche autant qu'elle ne m'éloigne des domaines de la connaissance. Je crains au fond de moi les pontifications qui égareront les esprits fragiles et influençables, sans doute car je me sens moi-même influençable... Mais pas seulement. Aussi parce que je sens qu'il y a en moi une inclination à ne pas forcément vouloir savoir. Est-ce que, finalement, la volonté de savoir n'est pas autre chose qu'un très grand orgueil de l'être humain ? Est-ce qu'elle n'est pas, aussi, un écueil face à l'immensité de l'univers ? Est-ce qu'une créature peut vraiment connaître le monde qui l'a créé ? Est-ce que, finalement, la poésie et la tragédie de l'être ne suffisent pas à l'existence ?

 

Il suffit de faire très légèrement varier les réponses aux tests MBTI, et je tombe sur une quatrième orientation, fréquemment nommée « artiste », même si je tombe souvent sur le résultat « médiateur », qui est encore une orientation de personnalité plus étrange et moins déterminée, plutôt rare au demeurant d'après les statistiques, que l'on trouve ici :

 

http://www.16-types.fr/16types.html

 

Seulement 4% de médiateurs (INFP), et 1 à 2 % de thérapeutes (INFJ) chez les hommes, d'après ce que j'ai lu. Il est vrai que je suis presque constamment le seul homme, partout où je m'installe temporairement. Les psy que j'ai croisés me trouvent une personnalité « originale », au sens où elle n'est pas commune. Peut-être mon dilemme n'est-il réellement rien d'autre que celui lié à une personnalité peu commune, et donc forcément mal adaptée à un fonctionnement social optimal, ce qui m'oblige à me retrancher dans des recoins mystérieux et discrets du monde dans lequel je suis contraint de vivre.

 

Je suis parfaitement conscient, encore une fois, que les propos que j'avance peuvent être vus comme parfaitement candides voire bêtement puérils (les tests sont juste des trucs de bonnes femmes, quoi !) par mes lecteurs, mais peu importe. Je prends le risque de les étaler publiquement, comme une bouteille à la mer. Vivre cette situation a quelque chose de génial, si l'on veut, mais c'est surtout, surtout, très inconfortable, incertain, impose plein de questionnements sans fin, et il y a bien un moment où il faut les poser pour mieux les réfléchir, peut-être pour mieux les dépasser, justement, et enfin aller au-delà de ce caractère candide, quasi mièvre pour beaucoup (je me sens largement incompris dans ma vie en général, ne le cachons pas). Moi je trouve leur rejet stupide, quasi mesquin, bête et méchant, banal, mais chacun son point de vue, après tout...

 

Bref je m'en arrête là pour cette fois, car je ne sais pas trop où me conduit cette réflexion, mais je voulais la partager... Et la prochaine fois, je reviendrai un peu aux affaires courantes du blog. J'aimerais notamment m'arrêter sur le texte de Charles Fort dont je parlais, car je crois que le moment est venu, même si je n'arrive pas à le terminer.