Depuis quelques mois, je ne cesse de répertorier les signes patents de l'autoritarisme qui s'est installé comme la politique normale du pays des droits de l'homme. Si je devais exercer une sorte de surveillance de ce nouvel état de choses, ce serait un travail quasi quotidien, mais la tâche que je m'impose n'est que de dépeindre le paysage global dans lequel nous évoluons.

 

Chipoter sur les finesses pour qualifier l'état actuel, entre totalitarisme, tyrannie, autoritarisme, néo-fascisme ou autres, ne m'intéresse guère, quoique cela ouvre la voie à de fascinantes perspectives sur ce que devient le monde actuel, au tournant de la globalisation. Appelons simplement cela le néo-totalitarisme, bien que le préfixe néo me semble superflu : nous nous situons dans un parfait exemple de ce que le totalitarisme moderne peut produire, à l'âge de l'internet et du « technologisme ».

 

Il n'est même plus très utile de maintenir constamment ma revue de presse et internet sur la propagande et les autres formes de manipulation du discours et d'ingénierie sociale, tant les choses sont passées de souterraines à clairement manifestes pour quiconque a les yeux ouverts et des oreilles pour entendre.

 

Mais passons directement au plat de résistance.

 

 

Répression et dissuasion

 

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/temoignage-d-un-gilet-jaune-de-214712

 

C'est surtout le récit de l'acte 24 à Bordeaux qui m'intéresse ici. Celui-ci constitue une parfaite introduction à mon propos, en ce qu'il présente la nouvelle réalité qui s'est installée dans ce pays, et dont les gilets jaunes n'ont été que les révélateurs. On pourrait les accuser d'en être les déclencheurs, mais cet état de fait était latent et ne demandait plus qu'un événement pour se manifester clairement. Il demandait aussi, certes, la bonne volonté d'une clique de privilégiés et d'oligarques pour se laisser exprimer selon leur bon vouloir.

 

Ici, la répression n'est pas seulement punitive, elle est aussi dissuasive. On voit bien que tout est fait pour que les manifestations ne puissent pas se dérouler normalement : les gens sont empêchés d'y accéder, et pour ceux qui y accèdent, c'est le traquenard. Il est clair que la violence est voulue et organisée, plus particulièrement pour dissuader et pour diminuer artificiellement l'importance du mouvement, tout en le travestissant en un infréquentable mouvement de séditieux haineux et agressifs. Des méthodes qui n'ont rien de nouveau, mais qui prennent une coloration toute nouvelle dans la France progressiste, inclusive et humaniste du 21e siècle... Et elles sont surtout illégales et parfaitement abusives.

 

Le totalitarisme implique que tout soit verrouillé, ce qui signifie que la presse, le « quatrième pouvoir » doit s'aligner sur le gouvernement et couvrir ses abus :

 

https://www.acrimed.org/Violences-policieres-l-ONU-dans-le-viseur-des

 

De quoi se mêle donc l'ONU ? Quand bien même ce qui serait reproché à la France serait vrai, la France reste la France, et donc est inattaquable par essence. Ceci s'aligne d'ailleurs très bien sur un état d'esprit assez répandu dans ce pays qui consiste à envoyer symboliquement les gens en Corée du Nord, Chine, Russie, Syrie, Iran, Soudan, Arabie saoudite, etc., tous ceux qui critiquent ce qui s'y passent, car ces épouvantails n'ont comme principal intérêt que de constituer des repoussoirs et ainsi de rendre acceptables tous les abus dans nos pays « civilisés », tant qu'on ne lapide pas les femmes adultères ou qu'on est capable de cacher que l'on fait des prisonniers politiques (ce qui arrive dans le cas des gilets jaunes qui passent au crible d'une justice expéditive, aux ordres et vraisemblablement corrompue et ayant perdu toute indépendance).

 

Par ailleurs, la surveillance en ligne s'ajoute de plus en plus à l'arsenal répressif désigné ici :

 

https://francais.rt.com/france/63331-france-obtient-facebook-transmission-adresses-ip-propos-haineux

 

Et la surveillance tout court s'ajoute à la surveillance en ligne, là aussi de manière totalement illégale avec pression mise sur des médecins :

 

Vidéo youtube : "On m'a demandé de repérer les gilets jaunes et de les rentrer dans ce fichier" - Dr Kerziek

 

 

 

Terreur et contrôle des médias

 

J'ai déjà parlé de la répression, parfois physique, exercée sur la personne des journalistes présents lors des manifestations, vraisemblablement là aussi pour décourager la couverture des événements et empêcher que l'on voit ce que fait la police, ce qui aboutit plutôt à l'effet inverse, mais atteint aussi partiellement cet objectif, en dissuadant les gens de se présenter aux manifestations.

 

Ici, je me concentrerai davantage sur le contrôle des médias par d'autres voies.

 

D'abord, les projets de loi se multiplient en ce sens :

 

https://francais.rt.com/france/63060-au-nom-lutte-contre-haine-belloubet-va-t-elle-toucher-liberte-de-la-presse

 

Ce qui participe à créer, comme l'explique par exemple Chomsky, un effet d'auto-censure, même si le cas de youtube est particulier à plus d'un titre, il en constitue néanmoins un exemple récent :

 

https://francais.rt.com/international/62818-youtube-sattaque-ses-createurs-nom-lutte-contre-harcelement

 

On commence d'ailleurs à observer une fuite de plus en plus massive vers d'autres plateformes à la politique beaucoup plus neutre, ce qui est, pour le moment, l'avantage d'internet. Youtube pousse en effet le bouchon un peu loin, concernant le traitement des créateurs apportant des contenus « alternatifs » dans le sens de non-politiquement corrects. Mais la même tendance est à l’œuvre dans tous les médias grands publics, et lorsque certains ne suivent pas cette tendance, on crée justement des lois et autres injonctions à revenir dans le rang. A ce titre, l'une des dernières velléités totalitaires est particulièrement parlante.

 

https://francais.rt.com/france/63350-quand-macron-trouvait-idee-ordre-journalistes-digne-fascisme

 

En effet, vous avez bien lu :

 

«Je vois le projet, qui a été ébruité, d'un ordre des journalistes, qui est une pratique intéressante, que je vous recommande, mais moi depuis l'Italie des années 1930, je n'avais pas vraiment croisé ça.»

 

L'art du « en même temps » dans toute sa splendeur, qui consiste ici, en définitive, à dire « oui, c'est fasciste mais ce serait bien de le faire ». Rien d'étonnant pour ceux qui ont suivi les derniers développements du macronisme, à vrai dire...

 

Pour tempérer et équilibrer un peu, Macron promet des punitions contre les méchants flics qui auraient brutalisé des journalistes :

 

https://francais.rt.com/france/61726-journalistes-macron-promet-sanctions-contre-policiers-perpetre-violences

 

Bien normal, quand on essaye de se mettre la presse dans poche et qu'on lui recommande des méthodes fascistes, de signaler à la police que désormais, il faudrait moins toucher à cette dernière, après tout.

 

Pour terminer cette rubrique, un autre article de fond d'Acrimed, très intéressant :

 

https://www.acrimed.org/La-liberte-d-informer-selon-LREM-chronique-d-un-5925?fbclid=IwAR1PJNQ08eK6-mU__1u9L9wvgpv1yo-JmqxbcYZFWGfrLFjc9zEJsNm0S6Q

 

Je trouve que ça se passe de commentaires.

 

 

Assange et l'avenir du journalisme

 

Le sort du journalisme est aussi lié à tout ce qui se passe autour de Julian Assange et qui est assez scandaleux, effarant et effrayant, mais là aussi, pas du tout surprenant tant on savait que tout cela lui pendait au nez.

 

Julian Assange est donc désormais emprisonné pour un an, et son procès d'extradition aura lieu en février 2020. On peut gager qu'il conduira, malheureusement, à une condamnation à la prison à vie dans des conditions peu enviables (il est déjà incarcéré comme un très dangereux criminel et dans des conditions déplorables dénoncées par son entourage et il y a peu de chances que cela s'arrange étant donné qu'aucun pouvoir ne s'élève contre ces abus).

 

Assange est présenté comme un martyr, et on peut reconnaître qu'il l'est : son procès aura des effets secondaires regrettables pour le pouvoir en place, car il participera immanquablement à mettre en scène son iniquité, à exposer encore une fois sa corruption et à dénoncer sa vilenie. Toutefois, le principal effet du cas Assange est pour le moment de restreindre encore les marges de manœuvre de la presse qui se veut libre et indépendante, et ne n'est déjà pratiquement plus du tout, au moins dans ce qui constitue sa sphère institutionnelle.

 

https://fr.sputniknews.com/international/201905071041025752-pamela-anderson-hrafnsson-assange-prison-conditions/

 

Par ailleurs, des faits illégaux ont été commis en grand nombre, autour de Julian Assange, ce qui dénonce l'acharnement qui est mis à ne lui laisser aucune chance... mais pourrait aussi se retourner contre ses bourreaux, car des preuves obtenues de manière illégales pourraient fournir des autant d'arguments aux avocats d'Assange.

 

https://www.mondialisation.ca/reportage-sur-place-le-gouvernement-de-lequateur-collabore-avec-washington-pour-semparer-des-affaires-personnelles-de-julian-assange/5633729

 

Mais ceci est un peu secondaire, car si Assange est le symbole du totalitarisme actuel et de la lutte contre celui-ci tout en même temps, il est en train d'être vaincu, fut-ce par des moyens illégaux et déloyaux. Ceci servira d'exemple à tous ceux qui voudraient procéder de même désormais, et dissuadera également la presse de continuer à se servir, comme elle l'avait fait jusque là, des éléments fournis par wikileaks.

 

Pour plus de réflexions de fond sur Assange :

 

https://www.les-crises.fr/mot-cle/julian-assange/

 

 

Par ailleurs, je souligne ce fait apparemment anecdotique dans mon sujet :

 

https://francais.rt.com/france/62617-seminaire-jean-bricmont-sur-physique-quantique-annule

 

Et je le souligne parce que Jean Bricmont est quelqu'un qui est lié d'assez près à l’Équateur et au cas Assange sur lequel il a enquêté, comme je l'ai déjà exposé dans mon blog, et que ce type de censure par le crime par la pensée est tout à fait typique de l'époque que nous vivons ainsi que parfaitement en phase avec l'état d'esprit malsain et délétère qui règne dans les sphères médiatiques autant qu'universitaires, aujourd'hui. Milieu universitaire tout à fait aligné sur les projets totalitaires des médias internet, qui constituent aujourd'hui l'essentiel de la silhouette de la pensée unique moderne, squelette nécessaire à la constitution d'un modèle totalitaire possiblement mondial. Car cette crise morale ne concerne bien évidemment pas que la France, on le voit avec le cas Assange, entre autres.

 

Toutefois, revenons chez nous, au nombril du monde.

 

 

Quelques tribulations françaises et européennes

 

De nombreux exemples montrent que tout est en train de se verrouiller de manière plutôt vicieuse en France.

 

Ainsi, concernant le référendum d'initiative partagée, déjà très restrictif, on a fait un demi pas en avant (une promesse), puis deux pas en arrière :

 

https://francais.rt.com/france/62349-panique-philippe-veut-tout-faire-restreindre-maximum-referendum-initiative-partagee

 

La polémique autour du référendum sur ADP ne fait qu'alimenter l'idée que l'on cherche activement à décourager toute forme de pratique démocratique.

 

https://www.huffingtonpost.fr/entry/m-castaner-votre-site-sur-le-referendum-adp-est-nul-la-democratie-nest-pas-une-erreur-404_fr_5d078ca5e4b0dc17ef0d2edd

 

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/referendum-adp-le-gouvernement-empeche-le-decompte-quotidien-des-signatures_2086349.html

 

Dans un théâtre différent, réduire le temps de parole des députés n'aidera certainement pas à avoir de meilleurs débats parlementaires, mais c'est pourtant ce qui se fait par chez nous :

 

https://www.europe1.fr/politique/la-limitation-du-temps-de-parole-des-deputes-adoptee-apres-le-depart-de-lopposition-3901503

 

Et de toute façon, nous vivons dans le pays de l'état d'urgence permanent, où l'on peut manier et remanier des lois d'exception pour un oui ou pour un non :

 

https://francais.rt.com/france/62542-reconstruction-notre-dame-senateurs-remanient-loi

 

J'en profite pour rappeler l'article 8, en vigueur depuis 3 ans, qui pourrait être invoqué à n'importe quel moment, notamment si un mouvement ultérieur prenait une vigueur incontrôlable, et sous n'importe quel prétexte, tant les termes en sont vagues et généraux :

 

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?idArticle=LEGIARTI000032925301&cidTexte=JORFTEXT000000695350&dateTexte=20160722

 

 

Sur une note un peu annexe, les représentations théâtrales qui constituent désormais l'ordinaire du politique, érigées ici en une sorte de répétition pathétique devant le Medef, un public de choix :

 

https://francais.rt.com/france/62250-grand-oral-medef-conquis-par-prestation-jadot-decu-celle-loiseau

 

Notons que Loiseau s'est depuis exclue d'elle-même du groupe, par effet de sélection naturelle et malgré la réussite de LREM aux européennes, sans commentaire.

 

Sur le paysage politique que cela fournit actuellement :

 

https://www.les-crises.fr/ambroise-de-rancourt-on-rigole-devant-les-resultats-des-europeennes-cest-bien-mais-apres/

 

Une absence d'alternatives réelles qui dépeint parfaitement ce qu'est en fait le totalitarisme moderne. Un paysage morne, contrôlé, « raisonnable », par opposition aux extrémismes, populismes et autres agitations qui témoigneraient de la dose de folie que contiendrait nécessairement notre société. Comme si ce totalitarisme n'était pas en lui-même l'expression d'une profonde pathologie du contrôle panoptique, se voulant amoral tout en se proclamant en lutte contre l'immoralité, parfaitement cynique.

 

Et dans tout cela, l'écologie politique, écologisme plutôt, est toujours en embuscade pour servir d'arme ultime et d'argument massue pour légitimer une prise de pouvoir totale du capitalo-libéralisme sur une planète qu'il ravage en prétendant vouloir la sauver. A cet égard :

 

Vidéo youtube : CE QUI CLOCHE AVEC GRETA THUNBERG

 

 

Et à propos de LREM, Sans commentaires de ma part :

 

https://francais.rt.com/france/62867-quelque-chose-totalitaire-socialistes-accusent-marlene-shiappa-parti-unique

 

Et enfin, sur le rôle joué par l'UE, l'un des nœuds du problème dans tout ce cirque totalitaire :

 

https://francais.rt.com/international/62879-recommandations-commission-europeenne-ue-surveille-politiques-nationales

 

 

 

Ouvrir des réflexions

 

Après ce panorama un peu décousu (j'essaye surtout de ne pas répéter des arguments déjà maintes fois exposés et développés sur ce blog, donc je me contente essentiellement d'exposer un peu en vrac les faits actuels qui les illustrent), je voudrais citer quelques liens qui me semblent ouvrir des réflexions sur la situation actuelle. Certains ouvrent des perspectives, d'autres en ferment, mais c'est par cet exercice critique lucide que nous avons une chance de sortir du carcan totalitaire qui tend à nous enserrer.

 

D'abord, prenons conscience une fois de plus qu'une part de la responsabilité est sur nous :

 

https://www.les-crises.fr/notre-probleme-cest-lobeissance-civile-par-howard-zinn/

 

Il est normal de vouloir avoir la paix et de ne pas passer toute son énergie à des choses peu agréables quand des activités plus agréables et plus immédiatement gratifiantes sont à notre portée, mais c'est en grande partie en exploitant ce travers que l'oligarchie mondiale est parvenue à l'extraordinaire résultat d'oppression larvée et de domination globale que nous connaissons. Il est bien sûr très difficile de sortir de cette situation, mais c'est un travail de déconditionnement progressif que chacun peut accomplir pour soi et autour de soi. C'est une sorte d'écologie morale et philosophique qui est à mon avis infiniment plus salutaire que l'écologisme superficiel qu'on nous oblige et qu'on s'oblige à pratiquer, et qui ne change pratiquement rien à l'état du monde, permettant plutôt à celui-ci de perdurer. Ne pas passer tout son temps à se laisser abrutir pourrait résumer cet état d'esprit... Télévision, appareils portatifs, médias mainstream, consumérisme, voilà les fléaux dont chacun peut choisir de se tenir à distance, simplement pour enfin cultiver un état d'esprit lucide qui constitue la meilleure auto-défense contre le système, ce qui est la base. En bref, sortir de la soumission, comme le dit l'auteur de l'article.

 

Autre texte de fond qui aide à mieux comprendre comment les rôles de chacun s'imbriquent dans un système totalitaire et consumériste tel que le nôtre :

 

https://insolentiae.com/pour-vous-en-sortir-vous-devez-comprendre-que-nous-sommes-dans-une-economie-administree/

 

 

Sur un point plus anecdotique, mais intéressant car il y en a toujours qui chercheront un héros pour nous sortir de là, par exemple dans le système électoral, alors que c'est notre responsabilité à tous de cesser de se soumettre à ce système, en le déconstruisant (détruisant) pour construire autre chose à la place (ce qui implique certes d'avoir une idée de ce qu'on veut faire, sinon...) :

 

Vidéo youtube : Ruffin : Une autre baudruche est possible ?

 

 

Autre truc anecdotique, mais qui prend sa place dans le paysage dystopique général :

 

https://fr.sott.net/article/33704-Vraiment-Solar-Foods-veut-nourrir-les-etres-humains-avec-de-la-poudre-de-bacteries

 

 

Et une vidéo très intéressante du Stagirite, sur un de ces fameux « éléments de langage » qui m'exaspèrent au plus haut point, particulièrement sous l'ère Macron :

 

Vidéo youtube : LDB #11 - "J'assume" - La politique en mode thug

 

 

En effet, ce « j'assume » qu'on entend tout le temps à contre-emploi et qui résonne comme une injure au public devient l'une des normes quasi syntaxiques de nos décideurs. Il ponctue toute affirmation et toute décision générant des préjudices parfois considérables dont, précisément, le décideur n'aura à assumer aucune des conséquences étant donné la configuration dans laquelle sont prises ces décisions. Ce « j'assume » est le symbole langagier de ce totalitarisme où tout est permis aux puissants, y compris de mutiler son peuple au mépris de l'ONU et du droit international. Si ces gens étaient d'un autre milieu, ce « j'assume » pourrait tout aussi bien se dire « va te faire foutre » ou « NTM ».

 

Je termine par une dernière vidéo assez connue je pense, mais courte et très bien foutue, qui décrit tellement bien les parodies que sont nos démocraties que j'ai toujours du mal à comprendre comment – là aussi – la masse ne cesse jamais de s'y soumettre.

 

Vidéo youtube : MOUSELAND SOUS TITRES FRANCAIS

 

 

En conclusion

 

Voilà donc exposée une nouvelle fois une ébauche de l'état pseudo-démocratique de nos sociétés occidentales pseudo-civilisées, pourvoyeuses de guerre, de violences et d'oppressions en tous genres.

 

Le totalitarisme se définit par un ensemble de mécanismes visant à subtiliser à la population – au peuple – tous les moyens de son autonomie. En cela, la société de consommation et ses produits standardisés sous vide ou sous blisters, où il est quasiment impossible et de plus en plus difficile de produire sa propre subsistance – nourriture comme argent – constitue le terrain idéal pour instaurer une dictature souriante incarnée par des commerçants ou des banquiers dont la finalité darwinienne est de maintenir une société de consommation, fut-ce sous perfusion et sous dialyse.

 

C'est exactement dans cette situation que nous vivons.

 

Mais pour que cette situation soit possible, il faut non seulement que les conditions d'une soumission « heureuse » soit possible, mais aussi que la population choisisse de s'y soumettre. Et puisque la vie suit le plus souvent le chemin du moindre effort et de la moindre résistance, ce choix n'a même pas besoin d'être fait : la direction de la soumission se suit par non-choix. L'humain s'écoule comme une huile dans les rouages du système de sa propre domination.

 

C'est pourquoi je recommande plus particulièrement l'article plus haut sur l'obéissance civile. L'obéissance n'est pas tellement un choix qu'un non-choix, tandis que la révolte nécessite un effort volontaire, une dépense d'énergie pour s'extirper de tout ce qui nous aspire, en tant qu'organismes attirés par le confort. Ce confort nous guide droit à la moutonnerie et à l'abattoir, et c'est là son effet secondaire le plus indésirable. A nous d'en prendre conscience, si nous ne voulons pas vivre qu'en tant qu'esclaves et victimes de ce système totalitaire qui dresse peu à peu les dernières barrières autour de nous (avant de peut-être s'effondrer par lui-même). Car il est facile de vilipender son bourreau quand on s'est juste allongé devant lui sans rien faire pour s'extraire de son œuvre. Nous ne sommes pas que des organismes inertes, avides et sans conscience, nous sommes bien plus que cela, et notre aspiration à la sagesse, à la bonté et la spiritualité peuvent nous sortir de cette ornière. Pensons-y.