J'ai décidé de mettre en pause, temporaire ou définitive, ma série sur la propagande élitiste, tant il me semble que, dans le sillage du mouvement des gilets jaunes et d'autres événements (crise en Algérie par exemple), le système a montré très clairement son vrai visage qui est celui d'un totalitarisme méprisant envers les masses populaires, avec manipulation des discours et instrumentalisation des processus électoraux au service des puissances financières qui, depuis de nombreuses décennies, ont supplanté le pouvoir des états, et donc vidé de toute leur substance les processus démocratiques. A partir de là, il ne sert plus à grand chose de vouloir continuer à étaler au grand jour les détails de ces procédés, tant seuls les aveugles voudront continuer à croire que « nous sommes en démocratie ».

 

Au lieu de continuer à faire sempiternellement le portrait du monde politique (et donc médiatique) actuel et de ses turpitudes, manipulations, mensonges, hystéries, récupérations, détournements, manœuvres, etc., je voudrais humblement tenter d'aller plus loin. Non pas de faire des propositions que je n'ai pas et ne suis pas en mesure de proposer (le système est encore trop puissant pour espérer le briser et le remplacer, tant qu'il ne se brise pas de lui-même, même si j'ai proposé quelques ébauches d'orientation de ce à quoi pourrait ou devrait ressembler le futur dans pareil cas, dans la lignée d'autres nombreux analystes des problèmes liés à la globalisation), mais plutôt observer certains aspects de la situation actuelle pour voir en quoi la plupart sont encore prisonniers des discours et des présentations du système.

 

Il s'agit d'une sorte de prise de température, fort opportune au cours de cet été qui nous rend encore une fois otage des éternelles discussions, notamment concernant le « climat » et les fausses prétentions écologistes du système.

 

Mon objet n'est pas de polémiquer à l'infini sur les tenants et aboutissants de ces débats dont nous ne sommes ici pas spécialiste. Pour introduire cette réflexion qui ne se limite pas à la question du climat, j'introduirai en citant ce texte de Philippe Grasset datant de 2011, toujours parfaitement d'actualité, et où toutes les bases de la réflexion sont posées.

 

http://www.dedefensa.org/article/inconnaissance-et-climat-derrida-deleuze-cie-1

 

On pourrait presque dire que tout y est dit, mais je voudrais ajouter mon grain de sel.

 

Tout d'abord, je rejoins totalement la position de l'auteur dans ce long billet. Je constate que l'hystérie autour du climat ne faiblit pas et même qu'elle a tendance à s'intensifier. Sur plusieurs des sites que je fréquente, le nombre, l'intensité et même la violence des commentaires ne fait que suivre une courbe ascendante. Or j'ai dit récemment qu'au fond, ce qui me dérange le plus autour de la question climatique (et d'autres sujets) est l'agitation mentale qu'elle suscite. Cette agitation est palpable. Or, n'est-ce pas là le fond de ce que craint et dénonce Philippe Grasset dans son texte ? A savoir que la participation à ce débat nous emprisonne dans le système, dont l'objectif, pour ne pas dire la finalité voir l'ontologie, est essentiellement de nous diviser ?

 

C'est gagné. Les grands sujets sociaux et sociétaux – colonies, climat, écologie, droits humains, inégalités, racisme, sexisme, etc. – sont tous hystérisés et clivés jusqu'à l'extrême, interdisant toute réflexion posée (qui est souvent traitée comme un crime), obligeant à choisir un camp pour entrer dans l'arène et ne plus en sortir, et ainsi de suite.

 

Dans ce contexte, il me semble plus raisonnable de ne même plus participer à ces débats qui ne sont guère autre chose que des foires d'empoigne. C'est triste, mais c'est comme ça, la vérité recule. Je vois, sur les sites que j'ai l'habitude de fréquenter, la psychologie se fissurer, voire se fracturer, et voilà que les positions se radicalisent. Ainsi, la théorie du non-alunissage se répand un peu partout malgré les preuves du contraire, malgré le fait que les arguments en ce sens ont été rendus caducs depuis fort longtemps par des démonstrations probantes de la réalité des faits, et je vois depuis quelques mois plusieurs de mes auteurs préférés – Dmitry Orlov, Nicolas Bonnal et d'autres – céder non pas à l'inconnaissance mais à l'ignorance en défendant des positions qu'ils ne maîtrisent pas,n en défendant des thèses qu'ils n'ont pas sérieusement étudiées, en argumentant des positions dont ils n'ont même pas pris la peine d'analyser les contradictions. C'est pour moi la preuve que nous pouvons tous céder à une forme de paresse ou de lassitude, dans ce stupide combat pour la vérité dont les exigences connaissent moins de variation que les humeurs de ses protagonistes.

 

Or la vérité est-elle tout de même importante, ou bien doit-on s'asseoir dans la posture d'inconnaissance telle que la prône Philippe Grasset ?

 

Il y a pour moi, dans ce choix, le risque de tomber dans une autre paresse qui serait de se cacher derrière l'inconnaissance en toute circonstance, quand bien même la connaissance serait à notre portée. C'est pourquoi je citerai cette vidéo, à tendance humoristique comme toujours, de Defakator, sur la question de l'alunissage. Une source parmi bien d'autres, accessible à qui veut bien les trouver, pour comprendre que les objections sur l'alunissage n'ont pas la moindre once de sérieux :

 

Vidéo youtube : Foire aux questions foireuses sur l’espace et Apollo - DEFAKATOR

 

 

De là, une question s'impose : sommes-nous vraiment réduits à l'inconnaissance sur la question du climat, et donc à suspendre notre jugement et nous extraire du débat ? Je crains que, en l'état actuel de la question, ce soit en effet le plus sage, car en ce domaine, la science est encore en cours, et pour ceux qui croient aux billevesées sur le « consensus à 97% » parmi les spécialistes du climat, et qui assènent que « la question ne fait plus débat » (quand bien même on n'a pas encore fait disparaître sous le tapis les 3% de climatologues au minimum, refusant encore d'abandonner leurs réserves et leur esprit critique), le fait est que les recherches sont encore en cours, et nonobstant le fait que ces recherches font l'objet de sérieux biais et d'importantes manipulations d'origine financière et politique, avec les pressions en tout genre que l'on peut comprendre, il se pourrait qu'on découvre des faits qui infirment formellement le pseudo-consensus, même si cela est rendu improbable par la pression actuellement exercée en tout point sur ce domaine de recherche, pression qui aggrave encore le problème du conformisme humain, déjà problématique en temps normal, en cela qu'il engendre un suivisme massif qui marginalise les esprits critiques en les retranchant dans une posture de contestataires à remettre dans le droit chemin.

 

Ma conclusion temporaire est que, comme le démontrent les études sur le pseudo-consensus, les « spécialistes » sont les plus soumis à ce consensus, mais ces études ne permettent pas d'en expliquer les mécanismes possibles. Ainsi, ces études sous-entendent clairement que plus l'on s'y connaît dans le sujet, moins on peut s'y tromper, mettant totalement de côté les mécanismes dont je viens de parler et qui seraient prétendument négligeables, alors qu'au contraire ils indiquent qu'ils sont d'autant moins négligeables que lorsqu'on est le nez dans le guidon, n est d'autant plus soumis aux biais de pression, de conformisation à l'opinion du groupe, etc., d'où probablement le fait qu'il n'existe plus de consensus dès qu'on étudie des individus qui sont hors de ces pressions. Bien sûr, on aura beau jeu de les traiter d'ignorants, de dire qu'en tant qu'experts ils n'ont de toute façon pas voix au chapitre et que leur opinion sur la question compte pour du beurre, pour reporter sur eux la pression et leur enjoindre à leur tour de se conformer au point de vue dominant, qui ressortirait de spécialistes tous d'accord entre eux.

 

Il faut convenir qu'il est difficile de ne pas succomber à cette pression qui provient de toute part, et à ce moment là, l'inconnaissance se présente presque comme un prétexte pour s'enfermer dans un refuge, à l'abri de cette hystérie et de cette pression de conformisation constante.

 

Dès lors, argumenter sur le fond est relativement inutile puisque, même si la vérité était de notre côté, le combat pour la vérité est supplanté par une sorte d'effort pour se préserver de la souillure du conformisme, qui consisterait simplement à accepter un point de vue parce que « tous le soutiennent ». Quand vous êtes entouré de zombies, devez-vous accepter d'en devenir un aussi ?

 

Attention, je ne pense pas que ceux qui soutiennent la posture réchauffiste sont tous de bêtes zombies irréfléchis n'ayant aucun argument pour soutenir leur thèse. Je pense par contre que, pas plus que moi ils ne maîtrisent le fond du sujet, et que ce qui nous différencie n'est rien d'autre que le choix de se conformer ou non.

 

De fait, étant donné qu'après avoir analysé les points de vue opposés sur le climat, je me considère toujours en incapacité de déterminer quelle serait la vérité, cela pourrait indiquer qu'en effet, je ne suis pas assez expert sur la question, et que seuls des experts peuvent avoir un point de vue éclairés, si l'on mettait de côté toutes les objections que j'ai formulé. Ne connaissant pas ou n'adhérant pas à ces objections, beaucoup choisissent légitimement de se conformer, et aussi parce que pèse l'argument écologique qui consiste à estimer que, de toute façon, tout bien considéré, la préoccupation écologique doit dominer sur les autres considérations.

 

C'est ainsi que l'on obtient l'assentiment, c'est ainsi que l'on fabrique le consentement.

 

Et c'est pourquoi je choisis en toute conscience de ne pas me conformer. N'étant pas tout à fait ignorant sur la question puisque je l'ai étudiée à la hauteur de mes capacités, mais n'étant pas en position de trancher, je prône l'inconnaissance comme ultime refuge, et pour ne pas me conformer à ce qui pourrait être une dangereuse manipulation de masse... dont la résultante sera peut-être totalement anti-écologique, tant il me semble vrai que tout le domaine est instrumentalisé par des puissances dont la préoccupation écologique n'est qu'un prétexte et une surface.

 

En quoi ma posture n'est-elle pas respectable et responsable ?

 

Et de toute façon, en quoi la posture conformiste contribue-t-elle à régler le prétendu réchauffement climatique ? Qu'est-ce qui, dans l'acceptation de cette idée, fait progresser d'un iota la résolution du dit problème ? Ce n'est rien d'autre qu'une soumission à une doxa, dont tout montre que les finalités n'ont pas grand chose à voir avec l'écologie, et tout indique que les seules résolutions prises ne sont rien de moins que des droits à la pollution que l'on peut acheter ou revendre. Au delà de ce constat, le débat n'est que vent de division, et c'est ce qui m'inquiète. J'ai déjà dit que le principal problème politique qui se profile est celui d'une dictature pseudo-écologiste à laquelle les gens adhéreront en masse parce qu'on les aura bien préparés avec tout le matraquage médiatique, matraquage qui ne débouche sur aucune solution viable au problème énoncé... ce qui est extrêmement suspect, et ce que beaucoup semblent refuser de voir (grâce à l'utile et efficace pression exercée sur la bonne conscience des masses).

 

 

Digressions utiles

 

Mais pour mieux voir notre sujet, il est utile de tourner un peu autour. Bien que j'ai décidé de laisser tomber ma série sur la propagande élitiste, j'avais mis de côté quelques articles qui me semblent ici éclairer notre sujet, même si parfois d'une lumière un peu subtile ou lointaine.

 

Ainsi, rappelons que le prix de l'électricité a été récemment augmenté artificiellement :

 

https://francais.rt.com/france/62578-gouvernement-officialise-hausse-prix-electricite

 

Tout ça défendu par un ministre dont chacun a pu juger entre-temps de l'impeccable moralité, ainsi que de l'indubitable capacité à se remettre en cause :

 

https://www.paristribune.info/Francois-de-Rugy-Je-suis-blanchi_a10367.html

 

Dans ce contexte de coûts artificiels, on essaye de nous manipuler avec le « coût des gilets jaunes », qui eux répliquent à propos du coût des politiques libérales vendant la France à la découpe, au détriment des français :

 

https://francais.rt.com/france/63982-cout-gilets-jaunes-internautes-apportent-critiques-et-nuance-au-rapport-parlementaire

 

 

Et ces objections sont essentiellement relayés par un média peu aligné sur la doxa dominante qu'il est toujours important d'essayer de bâillonner, là aussi par des artifices d'exception :

 

https://francais.rt.com/france/62164-deux-poids-deux-mesures-youtube-instaure-nouvelles-fonctionnalites-discriminant-rt

 

C'est que tout cela se déroule dans un contexte où la question de l'énergie et donc entre autres du nucléaire – qui profite totalement de la propagande climatique – est primordiale puisqu'elle conditionne la survie de ce système de prédation :

 

https://francais.rt.com/france/62541-agence-internationale-energie-alerte-sur-declin-nucleaire

 

Rappelons les bienfaits du nucléaire en passant, pour ceux qui ont vu la série sur Tchernobyl, comme pour ceux qui ne l'ont pas vue, et devraient la voir, tant elle est frappante et excellente :

 

http://www.journaldujour.re/?Fukushima-noye-sous-les-dechets-nucleaires

 

J'ai regardé pas mal de documentaire sur le nucléaire dans le sillage de mon visionnage de la dite série, malheureusement j'ai eu un problème sur youtube et j'ai perdu l'historique. J'aurais aimé partager le documentaire qui parle du problème de la sous-traitance en chaîne dans les centrales françaises. Des centrales si irréprochables et sans danger, suivant la propagande dominante, qu'on s'y autorise toutes sortes de négligences graves et préoccupantes qui ne présagent pas du meilleur. Que diront les « réchauffistes » qui ont prône le nucléaire sans réserve s'il arrive un très gros pépin ? Comment s'en sortiront-ils avec leur conscience ? Les verra-t-on encore lyncher des sceptiques qui ne chercheraient, eux, qu'à nier le réel pour pouvoir « jouir sans fin des bienfaits du système », comme on les en accuse parfois ? Ou bien doit-on voir cette perversion parmi ceux qui croient que l'on doit tout faire pour corriger le climat pour que tout continue comme avant ?

 

Je ne crois pas du tout, quant à moi, et bien que sceptique sur la question du climat, que poursuivre les choses comme on le fait soit souhaitable. En ce sens, la question du climat pourrait être vue comme une opportunité pour sortir de l'impasse en s'adaptant à des conditions supposées qui menacent nos modes de vie de toute façon insoutenables, mais on préfère massivement la gérer comme une peur collective utile... Voilà ce que je déplore, au fond.

 

Mais bon. Puisque tout dans notre système n'est que communication, on en arrive à ce que de grands esprits expriment de grandes vérités bonnes à savoir :

 

https://francais.rt.com/france/63636-enseignants-grevistes-nont-pas-ete-elus-suffrage-universel-proclame-sibeth-ndiaye

 

Toujours l'argument d'autorité. Les gens du peuple, les salariés, ne sont pas des « élus », pas plus qu'ils ne sont des experts et ils n'ont donc qu'à se taire et à se soumettre. Il est parfaitement compréhensible dans ce contexte que certains refusent en bloc l'autorité des experts et celle des élus qui ont obtenu leurs voix par des stratégies manipulatoires dont le but final n'est que d'exercer sur l'électorat une pression et une domination. Et ce au service des puissants qui détiennent les médias en exerçant activement la censure :

 

http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2019/08/la-mise-au-pas-des-medias-par-patrick-drahi-et-vincent-bollore-acrimed.html

 

 

Une communication toujours plus ridicule et dépourvue d'honneur qui se déroule souvent sur les réseaux sociaux, et les pires comme Twitter :

 

https://www.dedefensa.org/article/reglement-de-compte-atwitterland

 

Un système toujours plus risible et méritant toujours plus la moquerie :

 

https://www.dedefensa.org/article/eloge-de-la-derision-contre-le-systeme

 

 

 

Bref... J'ai dit ce que j'avais à dire pour cette fois. Pour terminer et conclure, je citerais un lien d'un climatologue climato-sceptique, pour prouver qu'il y a définitivement toujours un débat sur le climat, même si beaucoup ont choisi de se boucher les oreilles pour se soumettre à la doxa et prêter leurs corps en sacrifice et au service d'une industrie qui les manipule sciemment en ne faisant qu'utiliser la science du climat comme caution.

 

https://vdrpatrice.pagesperso-orange.fr/leroux0.pdf

 

L'inconnaissance me semble être un refuge incontournable pour se protéger de l'hystérie qui actuellement ravage les débats et participe à la division de la société. Mais un refuge n'est pas une fin en soi : il est lieu où retrouver et rassembler ses forces pour mener des combats plus utiles.

 

Par ailleurs, j'annonce aux lecteurs que j'ai, comme toujours, plus articles en projet. Les prochains devraient porter sur la démarche de curiosité, où j'ai pas mal de choses à partager, mais j'ai aussi depuis des mois le projet d'écrire une réflexion philosophique autour des notions d'hédonisme et de sacrifice dans notre société. Nous verrons quand ça sortira, car ce n'est pas encore très avancé, mais dans tous les cas, si le blog est très légèrement ralenti en ce moment, son activité ne s'arrête pas, sachez-le.