Ce matin, je me sens comme un marin qui serait resté sous la pluie trop longtemps. Une pluie qui dure depuis des mois. L'imperméable la retenait, jusque là, mais l'impossibilité de se mettre à l'abri fait qu'elle s'insinue peu à peu, un peu partout. Elle a perturbé mon sommeil de rêves autoritaires, moi qui laisse bien peu prise à tout cela, depuis le début, mais nous sommes tous écrasés depuis des mois par cette situation.

 

Je fais sans doute trop peu d'exercice, le froid hivernal me tenant enfermé chez moi, en ville, avec si peu à faire dehors, de toute façon. Rien que des courses... transporter son corps jusqu'aux temples de consommation est si motivant, et depuis que tout cela a commencé, les données épidémiques me semblent être une météo, voire un horoscope des décisions gouvernementales. On y décrypte l'ampleur des restrictions, on y prévoit la dureté de la cravache.

 

La semaine prochaine, giboulées de couvre-feu avec possibilité de reconfinement au cours de l'hiver.

 

J'ai prévu des choses pour les fêtes, mais cela sera-t-il accordé ? Faudra-t-il sortir sous la neige clandestinement, avec ou sans attestation, afin de résister à l'oppression ? Fêter Noël, voir ses proches sera-t-il en cette fin d'année un acte séditieux ? Aimer deviendra-t-il subversif ?

 

Je dois aujourd'hui refaire mes stocks, aller faire mes courses. L'envie m'en assaille comme celle de creuser une tombe dans un camp de concentration.

 

La question du deuil est apparue, elle m'avait spontanément effleuré comme celle d'une étape nécessaire pour avancer, passer à autre chose. Oui mais le deuil est-il en fait possible, lorsqu'on ne sait pas de quoi l'on fait le deuil ?

 

L'on sait de quoi était fait le monde d'avant. Mais on ne sait pas de quoi sera fait et ne sera pas fait celui d'après. Y aura-t-il encore des salles de cinéma ? Y aura-t-il encore des Jeux Olympiques ? Portera-t-on le masque chaque hiver ? Voire 365/365 ? Sera-t-il un monde de Déraison qui supplantera la prétendue Raison dans laquelle nous vivions jusqu'ici ?

 

Tiens, un article a retenu mon attention, hier, qui datait de fin 2019, mais aurait pu être écrit avant-hier :

 

https://www.contrepoints.org/2019/10/04/354929-la-fin-de-la-democratie-de-jean-claude-kaufmann

 

Et un autre, encore, qui s'assemble avec, écrit en janvier 2020, peu avant que tout cela ne commence :

 

https://www.contrepoints.org/2020/01/23/362814-pourquoi-le-liberalisme-nest-pas-bien-vu-dune-grande-partie-des-francais

 

Sa dernière phrase intrigue, en décembre :

 

« Et si ce à quoi ils aspiraient n’était pas tout simplement… plus de liberté ? »

 

Les français demandent-ils donc plus de libertés ? Les demandent-ils en levant le doigt, en chuchotant et en terminant par « s'il vous plaît, si ça ne vous dérange pas trop... fêter Noël, on aimerait bien ça, quand même » ?

 

Ou bien sont-ils encore sidérés, déjà résignés ?

 

Dis papa gouvernement, demain est-ce que tu me donneras l'autorisation de faire de nouveau des rencontres ? Dis papa gouvernement, quand je serai grand, est-ce que j'aurai le droit de tomber amoureux ? Dis papa gouvernement, quand est-ce que je pourrai aller voir mes parents ? Dis papa gouvernement, est-ce que j'ai le droit de rentrer après 20h ce soir ? Car on fait une promenade dans les rues sans animation, avec des copains... Dis papa gouvernement, est-ce que je pourrai mettre des guirlandes sur mon sapin de Noël que personne ne verra, cette année ? Est-ce que je vais porter des masques à l'école de la maternelle jusqu'à BAC +12 ? Est-ce que le vaccin, ça fait mal ?

 

Va te faire foutre, père fouettard...

 

https://francais.rt.com/france/81503-plus-plus-francais-victimes-solitude-compris-jeunes-etude

 

https://fr.sott.net/article/36372-Consequences-des-mesures-prises-face-au-Covid-19-270-millions-de-personnes-au-bord-de-la-famine

 

 

Nos vies nous appartiennent. Il faut prendre les libertés, car elles sont nôtres. Et il faut remettre ces dictateurs à leur juste place... Je ne sais pas, utiliser la justice tant qu'elle est encore disponible, ou alors, utiliser tous les autres moyens à notre disposition.

 

Imiter l'Inde plutôt qu'imiter la passivité ambiante :

 

https://fr.sott.net/article/36363-La-plus-grande-greve-au-monde-200-millions-de-travailleurs-paralysent-l-Inde

 

 

J'en reviens au deuil. De quoi faisons nous le deuil ? D'un monde consumériste, déjà inhumain, aux velléités de contrôle sur tous les aspects de notre existence, qui montre en fait son vrai visage à l'occasion de cette crise. L'humain ne l'intéresse pas, et d'ailleurs l'économie non plus. Même le divertissement, les loisirs, ne l'intéressent pas, dès lors qu'ils ne sont pas indispensables au contrôle humain.

 

Ce monde montre enfin son visage grimaçant et menaçant de prédateurs installés tout en haut de l'état et du reste de la société, ne connaissant pas intimement ce qui fait qu'un humain est humain, car ayant grandi dans un autre monde, entièrement voué au profit et à la gestion – pour ne pas dire la dominance – de la ressource humaine, et voulant profiter jusqu'à la moelle de ce que la populace a à fournir : du sang et des larmes.

 

Oh oui... Je caricature. Mais cette caricature n'a-t-elle pas sa part de vérité ? Manipuler nos émotions jusqu'à ce que la souffrance nous écrase n'est-il pas une part de leur stratégie évidente ? Nous soumettre par l'épuisement moral, le sentiment d'impuissance, le harcèlement jusqu'à ce que nous ayons deux genoux à terre, et que nous ne soyons plus qu'une masse humaine docile car totalement désespérée.

 

Malheureusement, cela a fonctionné en union soviétique. Cherchez, écoutez les témoignages de ce qu'était vraiment cette période, et vous verrez les similitudes de plus en plus criante. Quand les étals des supermarchés seront vides, nierons-nous encore cela ? Car aujourd'hui qu'on empêche de travailler, cela ne menace plus seulement le tiers-monde, et d'ailleurs la France, si mal gérée, ne se rapproche-t-elle pas de ce tiers-monde ?

 

Oui, mon texte est lourd, aujourd'hui. Comme la moitié des français, je n'ai pas bien dormi. C'est comme ça. Nous devons tous affronter cette période, regarder la bête droit dans les yeux, afin de réagir avant qu'elle ne nous dévore tous.

 

J'avais une autre réflexion à fournir, que je retarde depuis des semaines... Bon, je vais faire mes courses, et je vais m'y atteler.

 

Bon courage à nous tous. Il y a plus à plaindre que le français, mais ce n'est pas une raison pour demeurer passifs dans l'indignité. N'oublions pas, d'une part, que cette crise enfonce les plus pauvres et les plus démunis d'entre nous, et que si cela continue, nous finirons par tous rejoindre leurs rangs, car tant qu'il n'y a pas davantage de place pour l'autonomie – à nous de forger cette place – nous sommes tous vulnérables aux décisions de nos gouvernements, et cette crise devrait nous ouvrir les yeux à ce sujet.

 

L'hiver est déjà là, pesant.

 

Le printemps arrivera.

 

Et la vie, c'est maintenant.

 

 

 

 

 

Quelques liens supplémentaires en annexes :

 

Vidéo youtube : Louis Fouché : L’immunité en question, des réponses multiples [6/6]

 

 

Encore un debunkage magistral et savoureux, qui montre que dans le match des fake news, c'est toujours 1-1 et la balle au centre :

 

http://www.francesoir.fr/politique-france/hold-up-afp-debunk-debunk

 

 

Un texte de Frédéric Lordon sur les-crises.fr, portant sur la dérive anti-complotiste ;

 

https://www.les-crises.fr/paniques-anticomplotistes-par-frederic-lordon/

 

Avec, là aussi, la savoureuse censure puis fermeture des commentaires, toujours révélatrice de l’ambiguïté de ce site, qui essaye de se positionner comme un site alternatif, mais en ayant depuis longtemps rejoint les rangs du politiquement correct. On les remercie quand même de faire circuler encore ce genre de texte, même si leur politique me fait toujours prendre ça avec ironie.

 

Enfin, un texte d'autant plus troublant qu'il provient de gens qui connaissent l'intérieur, les viscères de la bête pharmaco-industrielle :

 

https://fr.sott.net/article/36362-Depeuplement-Les-docteurs-Wodarg-et-Yeadon-demandent-l-ARRET-immediat-de-toutes-les-etudes-vaccinales-anti-Covid-19-qu-ils-considerent-dangereuses

 

Horoscope épidémio-météorologique, l'épidémie de folie covidienne repart à la hausse, façon cours de bourse hors de contrôle :

https://www.capital.fr/economie-politique/covid-19-voici-les-departements-ou-lepidemie-repart-1388196

 

La FEMA et le covid, ou la distanciation sociale dans les abris anti-atomiques :

https://fr.sott.net/article/36376-FEMA-et-l-absurde-ou-comment-echapper-au-COVID-19-sous-les-bombes-nucleaires