Il y a de la friture sur la ligne. Comment l'histoire en est-elle arrivée là ? L'idée de cet article m'est venu en songeant au cas Macron, et en le mettant en parallèle avec d'autres de mes sujets d'intérêt, qui ont connu récemment leurs propres rebondissements. Déjà, à force de lire le site dedefensa (je songe à faire une version adaptée de cette réflexion à publier sur leur site), à force de lire sur le surnaturel, à force de subir ce matraquage sur l'insignifiante mais encombrante baudruche Macron, je me suis rappelé certaines notions et elles se sont naturellement mises ensemble.

 

Dans un premier temps, et pour ne pas entrecouper ma réflexion ensuite, je vais vous proposer plusieurs liens que j'ai parcouru ce matin même, hier ou dans la période récente, et je vais vous indiquer les points qui m'ont amené à ce que je vais écrire ensuite.

 

D'abord sur Macron, la suite de la vidéo présentée dans mon article précédent, que je liste ici, car elle est non moins excellente :

 

https://www.youtube.com/watch?v=OwTVDojrgyU

 

Ensuite deux trucs postés aujourd'hui même sur RT :

 

https://francais.rt.com/france/36167-challenges-roule-t-il-pour-macron-sdj

 

https://francais.rt.com/france/36201-celebrites-francaises-lancent-appel-contrer-fn-dans-liberation

 

Quelle coïncidence, n'est-ce pas ? Une nouvelle constatation de la collusion absolue des médias-système pour Macron, suivie de la constatation que ces mêmes médias-système font bloc à Marine Le Pen, étant rappelé que Macron a été présenté par ces médias comme le concurrent numéro 1 à la prochaine présidence, et Le Pen sa principale challenger. Macron dans le rôle de l'ange, et Le Pen dans celui du diable. La messe est dite parce qu'elle a été dite par ces médias ? Peut-être pas, mais cela nous amène à mon autre point, en mettant tout cela de côté pour le moment. Gardons aussi l'idée que Macron est par essence même le Visage de la "philosophie" libérale incarnée par des revues au titre si évocateur et caricatural en ce sens que "challenges".

 

Le point suivant concerne le "diabolisme". Ceux qui parcourent assidûment dedefensa, ou encore mon blog, savent que l'idée du rôle du diable même a été posé, pour interroger les développements actuels de l'histoire. Ceux qui me suivent savent ce que j'en pense, mais l'occasion va ici m'être donnée de développer. Je propose un lien qui hier m'a remis sur la piste, et un autre beaucoup plus long, qui développe beaucoup plus le cœur du sujet. Je trancherai à travers cet article à la machette pour aller droit au but dans mon propos ensuite.

 

http://www.geepi.fr/les-ovni-et-limaginaire-onirique-du-soi-par-philippe-solal/

 

http://www.topsecret.fr/lemprise-des-dragons-noirs/

 

La troisième partie de l'article de Solal traite directement de la question du diable, mais on voit qu'il est un peu perdu et circonspect à ce sujet. Quant à l'autre lien, il aborde avec un angle original (et certains diront "bidon", mais ils auront à mon avis tort sur le fond) la question du courant gnostique, par rapport à ce sujet. C'est là que je vais me proposer, dans le cœur de l'article, de combler les lacunes que Solal n'ose combler.

 

Enfin, un tout dernier lien, qui résume à mon avis si parfaitement l'ambiance actuelle, eu égard aux thèmes de la nation, du terrorisme et du diabolisme qu'en dépit de son caractère totalement anecdotique en apparence, il me servira de fil d'Ariane tout au long de mon développement :

 

https://francais.rt.com/international/36197-hommage-saint-petersbourg-tel-aviv-illuminee-couleurs-russie-berlin-paris

 

On se rappellera ici que Paris avait fait écho à la plupart des événements terroristes par les couleurs de sa tour Eiffel, au point que cela avait fait polémique de nombreuses fois, quant à l'instrumentalisation politique du monument utilisé comme un simple flambeau des "valeurs" occidentales, et l'on en voit ici l'illustration la plus flagrante.

 

 

 

Préambule

 

Beaucoup de termes dont aucune définition précise n'existe vont s'entrechoquer dans cette réflexion, ce qui risque de rendre difficile sinon impossible une compréhension univoque de la chose, mais ce n'est de toute façon pas le but recherché, c'est pourquoi je ne perdrai pas mon temps à définir les termes : nation, métahistoire, immanence, gnosticisme et quelques autres.

 

J'en dirai en quelques mots en revanche, en revanche, ma propre perception, ce qui me permettra de présenter au lecteur la représentation que je me fais des pièces du puzzle que je vais tenter d'assembler.

 

La nation est un concept qui trouble même ceux qui se disent nationalistes, et qui se perdent en éternelles discussions entre la manière de définir le nationalisme, le patriotisme, le chauvinisme, et j'en passe. Ma position est que ces distinctions ont assez peu d'importance. Les concepts de patrie et de nation sont – comme le diable, on le verra – des inventions récentes qui ne correspondent à rien dans l'âme humaine profonde. Une personne a beau se référer à l'amour de sa patrie, ou à la fidélité à la nation, dans les faits elle ne sait pas ce que sont ces choses dont elle se crée des représentations idéalisées qui ne peuvent pas recouvrir autre chose que des agrégats de références historiques et culturelles partiels, car couvrant la plupart du temps des zones territoriales, des périodes temporelles et des populations trop étendues pour qu'elles ne soient pas purement fantasmatiques, et distinctes de la représentation que la plupart des autres s'en font. La meilleure preuve de ceci est que les références de ce genre se focalisent sur des représentations simplificatrices telles que le drapeau, l'hymne, et quelques personnages de référence (disons par exemple Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, Louis XIV, Napoléon et De Gaulle, en ce qui nous concerne, on pourrait bien sûr en ajouter à l'infini, de Jeanne d'Arc à Descartes ou Victor Hugo). C'est pourquoi les références identitaires sont toujours sujettes à caution. La référence identitaire d'un fils de mineur picard avec un nom polonais ne peut pas être celle que se fait un pêcheur gascon ayant du sang basque et espagnol, ou un chômeur descendant de fromager savoyard dont la mère était berbère, et il est même fort probable que ces gens ont peu en commun, sinon leur habitude de regarder la même chaîne de télévision qui fixe certes des références dites culturelles communes, mais que valent en réalité les assertions sur le football black-blanc-beur ou la présence d'un journaliste ou d'un humoriste d'origine maghrébine ? Que vaut la référence à la nation quant un roi ou un président français à du sang austro-hongrois, que l'empereur est corse et le prochain président n'a de patrie que la banque ?

 

La métahistoire, est-il besoin de le préciser, est l'histoire de l'histoire, l'Histoire au dessus de l'histoire, c'est à dire le fleuve qui noie le courant du ruisseau historique, l'ouragan venu de loin qui broie l'élan d'une brise européiste ou d'un courant d'air atlantiste, claque la porte d'un globalisme aux poumons trop petits pour retenir tout l'air qui nous vient des tréfonds des temps, là où ni les méga-nations aux milliards d'habitants, ni le diable n'avaient encore été inventés.

 

Cette métahistoire est immanente, et elle est la transcendance de l'histoire avec un petit h, celle à laquelle nous assistons actuellement, c'est à dire l'ère des nains, des poires et des banquiers.

 

Quant au gnosticisme, sa définition pose un problème d'autant plus grand que la définition que l'on y oppose est celle d'agnosticisme. L'agnostique étant celui qui se refuse à se décider en faveur de "la croyance", ce qui indiquerait que le gnostique est celui qui fait le choix de croire. Pourtant, la question du gnosticisme amène immanquablement celle du dualisme et du monisme, qui sont tout aussi impossibles à définir, puisque pouvant se référer à différents cadres de la représentation qu'on se fait des choses. Ainsi Platon pourra-t-il être jugé moniste ou dualiste, suivant comment on considère la chose, ainsi le christianisme pourra-t-il être jugé fruit voire incarnation essentielle du gnosticisme, ou comme s'opposant au gnosticisme, ce qui est un comble, mais se réfère pourtant à des faits historiques. Le christianisme est une doctrine gnostique, tout en ayant déclaré le gnosticisme comme hérétique. Nous verrons plus loin ce que cela implique quant à ma réflexion.

 

Cette définition pourra aider à s'y retrouver :

 

http://www.cnrtl.fr/definition/gnosticisme

 

D'une manière générale, et à cause de ces difficultés, je préfère éviter de traiter de la gnose en général, ceci imposant trop de précautions oratoires et sémantiques. Je me contenterai donc de citer ma position personnelle, pour éclaircir mon propos à venir :

 

Premièrement il est absurde de décréter un dualisme ou ou monisme par principe, tout étant question de ce qu'on met derrière ces termes. Personnellement je rejette absolument le dualisme manichéen, et je considère que tout prend sa source dans un Tout unique, ce qui ne signifie pas que ce Tout ne se subdivise pas en "catégories" pour manifester son existence dans la matière. Ce qui signifie qu'une conception moniste peut être compatible avec une perception dualiste.

 

Deuxièmement, si la gnose revient à la doctrine qui prône l'acquisition de la connaissance en général et de soi en particulier, alors je suis gnostique, et nous voyons que deux définitions presque opposées se retrouvent sous le même terme, puisque cette gnose là n'est pas duelle, sauf si l'on considère que le soi se bat contre quelque chose pour accéder à la sagesse ou à la connaissance. Encore une fois, question de termes, mais nous verrons que cela a son importance. L'article wikipédia est assez éclairant, ici :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gnose

 

On a vu dans un de mes liens dans l'introduction que ces gnostiques pouvaient alors être considérés comme des chamanes philosophes, ce que je serais alors sans aucun doute. Certains d'entre eux, sans nécessairement se situer dans la gnose dualiste, auraient perçu l'existence d'une entité néfaste, au sein même de l'âme humaine. Le Diable ? Venons-en au cœur de ma réflexion.

 

 

 

Le diable et la nation dans la métahistoire

 

Le concept de nation est né de facto par le cours de l'histoire, qui lui a donné un corps. Nous avons vu cependant en quoi l'idée de nation ne peut concerner de manière identique de même deux personnes existant au sein d'une même nation. Au contraire de la tribu, la nation, si elle recouvre un territoire qui a bien une existence factuelle, se dilue dans l'inconscient de chaque personne dite appartenir à cette nation. La ville moderne est déjà en elle-même un agrégat qui dépasse de loin la capacité d'identification d'un être humain, bien que l'on y retrouve, par le championnat de football notamment, ces histoires de conflits de clocher à l'ancienne (je suis de Saint-Etienne, ne me parlez pas des derby), et ce n'est sans doute pas pour rien si l'expression est restée. Le clocher, le village, est le reliquat le plus proche de ce qui recouvre notre nature profondément tribale, et c'est Brandon Smith qui avait écrit un texte intéressant sur la question du tribalisme à l'époque moderne, déjà cité sur ce blog.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/03/pourquoi-les-gauchistes-et-les.html

 

La nation est donc une sorte d'invention de la nature qui, comme l'homme, transcende son état premier, pour sortir du bois, et établir la civilisation.

 

De même, le diable est une autre création conjointe de la nature et de la civilisation. Et quand j'écris nature, j'entends implicitement aussi bien la nature au sens large que la nature humaine. Surtout la nature humaine.

 

J'entends que le Diable est une création, car à mon sens, et étant donné l'état de mon appréhension des choses, je tiens pour certain le fait que l'homme, que l'être conscient, crée sa réalité. En inventant le concept de Diable, les religions monothéistes, que l'on dit fondatrices de la civilisation lui ont également donné naissance. Le Diable est donc une entité totalement consubstantielle à la civilisation post-christique. Et je m'enhardirai en affirmant qu'il en va nécessairement de même pour le Dieu qui en est le pendant. Par conséquent, nous avons à faire à une civilisation qui est basée sur un principe dualiste, et sur un bithéisme inconscient.

 

Le problème est que les choses, qu'elles soient conscientes ou non, agissent, et elles agissent selon la nature qui leur a été accordée. Est-il donc si étonnant, dès lors, que nous rencontrions, à l'apothéose, que dis-je, à l'apocalypse de cette civilisation, le choc des civilisations, le choc des entités opposées, le choc du bien et du mal, l'angélisme macronesque versus le diabolique terrorisme islamiste ?

 

Nos civilisations ont donné tellement de force à ces concepts qu'elles ont forgé qu'elles leur ont donné une autonomie. Est-il besoin de rentrer dans les détails ? De dire en quoi le diabolisme s'incarne dans la finance, dans le nouvel ordre mondial, dans le djihadisme ? C'est souvent là où la ferveur divine est la plus forte que le diabolisme l'est aussi, et faut-il que j'explique pourquoi ?

 

Il n'y a pas besoin, pour cela, de s'en rapporter au complotisme de bas étage sur les illuminatis, ou d'accréditer l'image d'une déité cornue à la queue fourchue. Seulement de s'en référer aux faits, et d'accepter ou non de les voir pour ce qu'ils sont, soit une manifestation de notre croyance duelle, construite au cours des millénaires et désormais renforcée par la foi de milliards d'adeptes se confrontant à l'athéisme convaincu de milliard d'autres.

 

Dans un article de mon introduction, il était même question d'un parasitisme de l'esprit humain par des entités venues d'ailleurs. Je serais tenté de dire que ce parasitisme est réel, et si je n'en connais pas l'origine, je peux dire avec certitude qu'il a été renforcé (voire créé de toute pièce) par la conception manichéenne Dieu versus Diable, angélisme versus diabolisme. Aujourd'hui, nous ne faisons plus que lui donner de la force, et cette force prend toute sa mesure dans ce moment de métahistoire bien particulier qui est en effet le contexte d'un effondrement.

 

Jusqu'où cela ira, je ne peux le dire, et chacun issu n'est tenu qu'à ma parole pour croire ou ne pas croire, faire usage ou non de son esprit critique, pour envisager ce problème. Je peux juste dire que cela risque de prendre des tournures qui ne viendront que confirmer cette possible lecture des choses. Que cette lecture ait ou non un intérêt est bien sûr laissé à l'appréciation de chacun, mais si j'en suis venu à penser cela, c'est aussi parce qu'au fil de l'écriture de mes différents romans et nouvelles, j'ai fini par acquérir cette sensation probante que quelque chose de très important se joue en effet au fond de l'âme humaine, et là je parle aussi bien de l'âme personnelle que de l'âme collective (ou inconscient collectif).

 

En tout cas, et je m'en arrêterai là, il est sûr que cette réflexion va en engendrer d'autres chez moi, quant à la nature de l'humain, de sa conscience, et de ce que cela implique sur sa société et son histoire.