Je travaille toujours sur un article concernant l'environnement et le problème énergétique qui se profile, mais une actualité un peu chargée me pousse à publier d'abord ce numéro spécial sur le Qatar et le terrorisme. Il y a en effet beaucoup d'articles assez intéressants sur ce sujet précis, qui permettent de bien décrypter cette situation. Il s'agit d'une situation particulière, mais qui s'inscrit en même temps totalement dans l'air du temps. Il peut donc être intéressant de bien comprendre les tenants et aboutissants de l'affaire.

 

D'abord les faits :

 

https://francais.rt.com/international/39244-arabie-saoudite-egypte-emirats-bahrein-rompent-liens-diplomataiques-qatar

 

 

Mais rappelons un peu le timing :

 

https://queteverite.blogspot.fr/2017/06/le-moyen-orient-au-bord-de-limplosion.html

 

Avec également le lien sott.net vers le même article, au cas où :

 

https://fr.sott.net/article/30690-Qatar-et-autres-petite-chronologie-des-evenements-le-Moyen-Orient-au-bord-de-l-implosion

 

On a un lien de cause à effet qui saute aux yeux entre la visite de Trump en Arabie saoudite et ce revirement soudain de cette dernière contre sa sœur jumelle qu'est le Qatar, en matière de salafisme et d'extrémisme religieux, qui laisse à penser, comme je l'avais dit, que l'on cherche à pointer du doigt un bouc-émissaire.

 

Il est nécessaire de creuser un peu plus loin pour comprendre les raisons précises.

 

Il se trouve en fait que l'Arabie saoudite et le Qatar sont quelque peu frères ennemis et qu'une sorte de rivalité remonte au 19e siècle, mais cela serait sans importance si cette rivalité n'était pas ravivée par la concurrence de l'Iran qui attire à soi le Qatar. Les raisons en sont données ici :

 

https://fr.sott.net/article/30711-Le-Qatar-l-Arabie-Saoudite-le-terrorisme-islamiste-et-l-Establishment-anglo-americain

 

Encore une histoire de pétrole et de gaz, donc...

 

Une première analyse :

 

https://francais.rt.com/opinions/39277-arabie-saoudite-plaire-americains-regler-comptes-qatar

 

 

Ici, d'autres détails sur cette guéguerre et surenchère d'extrémisme religieux entre les deux pays :

 

http://www.les-crises.fr/arabie-saoudite-qatar-la-guerre-des-freres-ennemis-du-wahhabisme-une-guerre-de-defausse-par-rene-naba/

 

 

Mais on a ici une autre hypothèse, totalement différente, qui peut compléter les premières :

 

https://francais.rt.com/international/39342-colossale-rancon-doha-djihadistes-origine-de-la-rupture-des-liens-avec-qatar

 

 

Quelles que soient les raisons précises de cet épisode chaotique toujours en cours, on ne peut qu'y remarquer les constantes habituelles du drame mondial en train de se vivre : pétrole et pétrodollars, le camp de la Russie et de l'Iran toujours accusé des pires maux, et le terrorisme toujours en embuscade.

 

Le terrorisme qui sert en effet d'instrument à une évolution liberticide probablement calculée dans la politique internationale occidentale :

 

https://francais.rt.com/international/39241-apres-attentat-londres-theresa-may-regulation-internet

 

On accuse internet d'être à la racine du mal, quand bien même il n'est qu'un outil au service de la population, comme le serait le téléphone ou le réseau électrique, mais cela permet bien évidemment de justifier une censure, un contrôle, une surveillance. Mais veut-on vraiment la vérité, le bien, et le succès contre le terrorisme ? On peut en douter :

 

https://fr.sott.net/article/30687-Le-rapport-sur-le-financement-du-terrorisme-au-Royaume-Uni-enterre

 

Le contenu du rapport est « sensible »... Comprenez qu'il pointe probablement du doigt des financements saoudiens, des collusions et complicités dérangeantes qu'il vaut mieux ne pas faire connaître. Il est plus commode de pointer des « fake news » qui ne manqueront certainement pas de citer ces points.

 

Au lieu de l'Arabie saoudite, au lieu du financement et de l'armement des terroristes djihadistes par des officines et services secrets occidentaux, comme cela se fait, comme cela s'est reconnu (par Trump, Hillary Clinton, et bien d'autres, pas n'importe quel complotiste venu), on préférera pointer du doigt un autre coupable, n'importe lequel, disons par exemple le « communautarisme ». En effet, l'Angleterre serait minée par ce fléau de notre temps qui fait que l'on laisse des communautés ethnico-religieuses se constituer, puis se « radicaliser », suivant le terme désormais consacré.

 

On argue de cela, sans tenir compte de faits pourtant tout à fait évidents. Par exemple, pourquoi ce terrorisme, alors, est apparu seulement au cours des dernières années ? Ce « modèle anglais », que l'on oppose absurdement au « modèle français » a pourtant toujours été en vigueur, depuis les débuts du colonialisme britannique. Les terroristes ne le seront devenus, et ne seront devenus efficaces, que quand on aura commencé à les financer et à les armer, point. Cela n'a aucun rapport avec le « communautarisme ». Il est d'ailleurs savoureux de voir que l'on compare sur ce point deux modèles, en oubliant totalement qu'au cours des deux dernières années, ce qui serait le « non-communautarisme français » (dont certains trouvent pourtant à se plaindre en tant que communautarisme, justement) a également connu ses attentats. Point de différence, donc, entre les deux pays, en terme de résultats, malgré des modèles effectivement différents, mais pas forcément autant qu'on veut bien le dire : ce sont avant tout des pays occidentaux et post-coloniaux, qui perpétuent une politique d'agression et de contrôle, qui elle est la vraie cause du terrorisme, bien évidemment.

 

Il faut le dire et le répéter, la « radicalisation » n'est en aucun cas le fait d'internet, tout comme les incendies ne sont pas la conséquence des poteaux électriques qui importent l'électricité dans les villes. Il y a moins d'incendies urbains depuis qu'il y a l'électricité (car le gaz et le charbon sont moins utilisés, et parce que les sociétés et les constructions ont été modernisées et sécurisées) et il y a en fait moins d'extrémisme idéologique dans nos pays de nos jours, parce que l'accès à l'éducation et à l'information, dont internet est devenu un des principaux vecteurs, ont introduit une pensée plus riche et plus nuancée. Il y a, par contre, il est vrai, du même coup, plus de contestation de l'ordre établi, une circulation plus difficile à contrôler des idées dissidentes et des idéologies violentes, et c'est cela, surtout, qui embarrasse le pouvoir. Et concernant les dernières, les idéologies violentes, si internet peut faciliter leur expansion, il suffirait d'éteindre l'incendie à la source, c'est à dire là où on l'a allumé, et cette idéologie cesserait d'être un problème sur internet. En fait, cela n'aurait même jamais commencé. Maintenant il est à craindre qu'il soit un peu tard, car le ver est dans le fruit, et on utilisera d'autres excuses pour censurer le net, comme la pédophilie, la cybercriminalité (comme par hasard essentiellement d'origine russe, selon les sources « officielles »), le complotisme, etc.

 

Il est en effet nécessaire de préserver l'innocence d'un public qu'on avait voué à la société de consommation et uniquement à celle-là. Il n'a pas à sortir de cette virginité, à s'autonomiser, non, surtout pas. On lui demande juste de voter et de consommer, ce qui résume à peu près la définition d'un « bon citoyen ».

 

Mais il y a un dernier article qui à mon avis clôture parfaitement mon sujet du jour :

 

http://television.telerama.fr/television/londres-victime-du-communautarisme-les-francais-reclament-une-dictature,159209.php

 

Et j'y ajoute le lien des crises.fr, là aussi, au cas où, et éventuellement pour les commentaires :

 

http://www.les-crises.fr/londres-victime-du-communautarisme-les-francais-reclament-une-dictature-par-samuel-gontier/

 

 

 

Alors, ma conclusion à tout cela est qu'on assiste à un énième soubresaut d'un système qui se refuse à regarder en face les conséquences de son propre mode de fonctionnement. Je parle bien sûr du système que l'on pourrait appeler mondialo-occidental, qui estime que sa vocation est de régner sur le monde. Hélas, un bloc adverse dont la Russie est quelque part le leader idéologique et militaire s'y oppose, et est donc diabolisé, avec ses alliés que sont la Chine, l'Iran, la Syrie, etc. Ce qui est ici reproché au Qatar n'est pas de financer le terrorisme, non, ça on s'en moque. On cherche seulement une bonne excuse pour blanchir l'Arabie saoudite, pour pouvoir continuer de faire des affaires avec celle-ci, tandis que le Qatar a commis quelques impairs diplomatiques qui signent sa faute.

 

Le pétrole, le gaz et les autres ressources qui permettent de faire tourner ce système mondialo-occidental tel une pompe shadokienne, sont bien entendu le nerf de la guerre et de la diplomatie agitée que l'on observe.

 

Et le terrorisme, une sorte d'opium du peuple version « sous crack », pour épuiser et occuper les nerfs de ce dernier. Quand la ligue 1 et la télé-réalité ne suffisent plus, il faut se débrouiller pour qu'adviennent des 11 septembre un peu partout, et là, le peuple réclame sa dictature (parait-il).

 

Mais y a t-il besoin d'en dire plus ? Pour ceux qui veulent prolonger encore la réflexion, peut-être ce lien vers l'article du jour de Philippe Grasset :

 

http://www.dedefensa.org/article/la-trumpisation-est-totale

 

 Addendum : L'article de Pepe Escobar sur ce sujet :

 

http://www.mondialisation.ca/la-danse-du-sabre-de-trump-declenche-la-guerre-des-wahhabites/5594316