Alors oui, j'annonce la couleur, il va y avoir une profusion de liens Russia Today (et de liens tout court, car j'ai eu beaucoup de mal à en éliminer, pour une fois, il me semble que tout se tient pour dessiner le paysage du présent) dans ce numéro. C'est simplement que c'est le seul journal qui, en dépit du fait que Macron s'en prenne, en apparence, à tous les journaux (histoire de se victimiser un peu pour la route, stratégie très petite), RT reste le seul à mener une critique suffisamment libre pour mériter d'être relayée à mes yeux. Puis c'est aussi bien sûr parce que je suis passé à l'ennemi, comme russolâtre abominable (comme Oliver Stone dont il sera question dans mon tout prochain article). Concrètement, les médias français servent la soupe, avec un soupçon de critique, histoire de faire illusion, tout en prêtant serment au décodex, et en crachant sur la charte de Munich, comme on y est bien habitués.

 

Il sera donc beaucoup question du gouvernement en France, mais aussi en Europe, et puis des médias censés analyser tout cela.

 

Il y aura un autre gros morceau sur les USA et la Syrie, puis je finirai par quelques liens divers, et puis surtout par un autre article de Dmitry Orlov qui me semble important.

 

 

 

Macron, la démocratie, et son gouvernement

 

Allons-y, puisqu'il faut encore en passer par là. Macron a encore énormément fait parler de lui, ces derniers temps, et on se demande si l'ego présidentiel va continuer longtemps à faire les premières pages.

 

Pour commencer, j'aime beaucoup l'expression employée par Benoît Hamon (qui démissionne du parti socialiste, soit dit en passant) : libéral-autoritaire.

 

https://francais.rt.com/france/40384-hamon-fustige-macron-liberal-autoritaire

 

Par cet oxymore, Hamon signale parfaitement le caractère que Macron aura exprimé dernièrement, qui pour Eric Verhaeghe, devient littéralement une caricature de lui-même, avec son rassemblement du gouvernement à Versailles, fortement critiqué.

 

https://francais.rt.com/opinions/40394-congres-versailles-emmanuel-macron-devient-une-caricature-lui-meme

 

Macron qui est lui-même responsable d'un problème budgétaire imputé à Hollande (dans la série « tirons sur l'ambulance ») :

 

https://francais.rt.com/economie/40396-derapage-budgetaire-surprise-moscovici-au-secours-macron

 

« Edouard Philippe, apparemment surpris de trouver une telle erreur, a fustigé l'action de François Hollande. «Nous héritons d’un dérapage de 8 milliards d’euros inacceptable», s'est-il indigné le 29 juin. Il aurait pu se renseigner auprès d'un membre du gouvernement de François Hollande : l'actuel président de la République, lequel, il y a un an encore, était ministre de l’Économie. »

 

Mais on le sait, Macron n'a pas de leçons à recevoir. D'ailleurs, il ne veut voir qu'une tête. Macron en roi de France, en grand monarque, presque Christ cosmique, a demandé à ses députés d'être de purs godillots :

 

https://fr.sott.net/article/30814-Ere-Macron-les-symptomes-d-une-dictature

 

Députés à qui l'on a aussi fortement conseillé d'applaudir le premier ministre à la moindre occasion, et tant pis si c'est hors-contexte. Un gouvernement sans « frondeurs », donc, qui va également soutenir tout et n'importe quoi par le suffrage, sans réfléchir, dans cette nouvelle forme de parodie démocratique :

 

https://francais.rt.com/france/40577-peu-timides-versailles-deputes-lrem-ont-ete-encourages-a-applaudir-le-premier-ministre

 

https://francais.rt.com/france/40561-large-confiance-assemblee-pour-gouvernement

 

Interdiction d'avoir une quelconque autonomie, une opinion personnelle à mettre en avant, on suit Macron, le Grand Guide, un point c'est tout.

 

De toute façon, on suit Macron, on a sa Rolex avant 50 ans et ses costards en bossant, ou on n'est rien :

 

https://francais.rt.com/france/40450-gens-qui-reussissent-ceux-qui-ne-sont-rien-phrase-macron-suscite-indignation

 

C'est qu'il faut se hisser au niveau de Macron, qui a juré de niveler la France par le haut :

 

https://francais.rt.com/france/40511-trop-complexe-trop-vide-trop-long-internautes-affrontent-discours-macron-humour

 

Et là, je reviens à la charge avec mes histoires de démarche intégrale, et tout ce qui s'ensuit, que les habitués connaissent : une personne qui maîtrise ces aspects là (qualité de meneur que certains de ses partisans auront choisi de voir en lui) sait comment être compris et comment s'adresser à un interlocuteur, fut-il le peuple, au lien de s'en démarquer vulgairement et prétentieusement par un discours abscons et vide de sens qui ne sert que d'enfumage. Car le baratin et la fanfaronnade sont des traits caractéristiques d'un mode de personnalité qui a déjà été décrypté sur ce blog. Rien de grandiose ni d'admirable, donc. Tout au plus une technique d'illusionniste de la part d'un élève médiocre voulant faire bonne impression, hypnotiser son assistance. Tout à fait minable en réalité.

 

Mais les gens de son parti peuvent être tout à fait à son niveau, en revanche, c'est à dire hautains, vulgaires, méprisables, menteurs et dissimulateurs, humainement laids :

 

https://francais.rt.com/france/40411-depute-lrem-traite-merde-journaliste

 

Ce qui n'empêche pas Valls, notre führer dépassé, de préférer s'attaquer aux représentants d'autres partis, enfin surtout quand il est directement en compétition avec :

 

https://francais.rt.com/france/40537-manuel-valls-candidats-insoumise-dangereux

 

Rappelons que l'élection de Valls est contestée en justice. Mais chacun sait que lui est un vrai démocrate (grand amateur de gouvernement par ordonnances, véritable jumeau politique de Macron) qui, lui non plus, n'a pas de leçon à recevoir. D'ailleurs, chacun reconnaît sa légitimité et son talent politique, comme en témoigne sa popularité.

 

L'essentiel étant que, conformément à l'injonction de Macron, la presse, jusqu'à l'AFP, se mette en rang d'oignons :

 

https://francais.rt.com/france/40131-afp-a-t-elle-tente-etouffer-affaire-ferrand

 

C'est un véritable scandale, mais n'est-ce pas simplement le quotidien de ce système, après tout ? C'est que la presse se met au niveau d'un gouvernement qui lui-même peine beaucoup à fonctionner :

 

http://www.les-crises.fr/reprise-recit-dun-deuxieme-jour-surrealiste-a-lassemblee-nationale/

 

On aura même vu Lassalle se proposer, pour ajouter au ridicule de cette situation. Notez qu'en terme de ridicule, le parlement européen n'est pas en reste :

 

https://francais.rt.com/international/40544-clash-parlement-strasbourg-juncker-ridicule

 

30 parlementaires présents sur 750, ce qui fait 4%. Pouvez-vous imaginer quelque chose faisant plus mauvais genre ? Faut-il rappeler combien ces gens sont payés ? Mais il est vrai qu'ils ne le sont jamais assez, car il n'y a jamais assez d'argent pour financer leur niveau d'indécence :

 

https://francais.rt.com/france/40391-plus-7000-euros-mois-depute-udi-pense-gagner-moins-salaire-moyen-francais

 

De tout cela, il ressort naturellement déjà une certaine lassitude de la part des français (ce qui ne les empêchera pas de revoter comme des veaux à la première occasion venue, qu'on ne s'y trompe pas) :

 

https://francais.rt.com/france/40447-elections-passees-confiance-francais-s-essouffle

 

Le fossé se creuserait entre le peuple et ses élites européennes, dont Macron est la première des groupies :

 

https://francais.rt.com/international/40169-etude-revele-fosse-elites-citoyens-europeens-ue-immigration-islam

 

De leur côté, les médias s'interrogent hypocritement sur leur déontologie, tout en faisant taire toutes les voix un peu dissonantes, et ne parlons pas des dissidentes :

 

http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/polony-godin-decodex-taddei-non-a-194395

 

Y compris sur internet :

 

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/06/16/sous-pression-facebook-detaille-ses-mesures-contre-l-apologie-du-terrorisme_5145341_4408996.html

 

Avec toujours le même degré d'hypocrisies allant à l'encontre de la liberté d'expression avec tous les dangers que ça comporte, mais je ne commente même pas. On sait ce qu'il en est. Intéressant d'ailleurs comme, dès que c'est Le Monde, il n'est pratiquement pas question de ces problèmes... Information biaisée, aux ordres.

 

Et tout cela n'empêche pas, par exemple, que des données utiles à la manipulation d'élections soit collectées... en fait, ça le favorise :

 

http://www.les-crises.fr/les-etats-unis-subissent-la-plus-grosse-fuite-de-donnees-delecteurs-de-lhistoire-par-alexis-orsini/

 

Mais ce n'est pas nous qui truquerions des élections, voyons, ce sont les russes, comme chacun sait. Pourtant, Poutine le tyran sans cœur ose prétendre le contraire, et reporte la faute sur ses adversaires, technique basse s'il en est :

 

https://francais.rt.com/international/40347-vladimir-poutine-assure-que-services-de-renseignement-etrangers-font-ingerence-en-russie

 

Ah mais... une seconde. Et si c'était nous qui pratiquions cela avec les russes ? Mais c'est bien sûr impossible... moment d'égarement de ma part... à moins que... James Howard Kunstler émet des doutes :

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/06/absent-sans-autorisation.html

 

Quel culot... Qui oserait croire que l'on se sert de cela pour détourner l'attention des problèmes en Syrie, et notamment des provocations américaines ? C'est tout bonnement impossible. Jamais l'Amérique, Empire du Bien, ne pourrait commettre la moindre exaction pouvant approcher un tel niveau d'ignominie. Ou alors... peut-être que si ?

 

http://reseauinternational.net/les-etats-unis-et-leur-bande-detats-voyous-auraient-ils-commandite-une-nouvelle-attaque-chimique-en-syrie/

 

https://fr.sott.net/article/30801-Des-formations-terroristes-preparent-une-attaque-chimique-a-Deraa

 

Rappelons un peu ce qu'en dit Seymour Hersh :

 

http://www.les-crises.fr/on-a-un-putain-de-probleme-par-seymour-m-hersh/

 

Et Robert Parry, sur le jeu malsain entre les USA et Al qaida :

 

http://www.les-crises.fr/al-qaida-a-t-il-une-fois-de-plus-dupe-la-maison-blanche-par-robert-parry/

 

 

 

 

Rubrique divers

 

Je passe sans transition à cette rubrique, pour prendre davantage le temps de développer dans la conclusion qui sera centrée sur un article de Orlov.

 

Dans ce contexte de pensée unique et de distorsions, on remarquera quelques faits habituels. D'abord le silence habituel autour du chômage qui, décidément n'en finit pas de battre des records dans notre pays riche et développé :

 

https://francais.rt.com/economie/40240-chomage-hausse-mois-mai-gouvernement-ne-commentera-pas-les-chiffres

 

Le gouvernement a bon espoir de résoudre le problème avec ses lois... dont la plupart des experts honnêtes estiment qu'elles l'aggraveront, sur le long terme, par un phénomène de cercle vicieux (j'avais relayé cela dans un précédent article).

 

Une nouvelle dérive qui s'annonce autour des vaccins :

 

https://francais.rt.com/france/40377-deux-cent-grands-medecins-pour-vaccination-obligatoire

 

Pourquoi c'est scandaleux ? Parce que, quoique l'on pense des vaccins, de nombreux pays considérés comme civilisés ne les rendent pas obligatoires. La France est un de ces pays qui se plient aux exigences des lobbies pharmaceutiques, en plus de gaspiller des sommes faramineuses inconsidérément en la matière (on se rappellera du grand délire avec des dizaines de millions de doses inutiles achetées par Roseline Bachelot, en son temps, pour une banale grippe).

 

http://www.eurosurveillance.org/images/dynamic/EE/V17N22/DAncona_tab1.jpg

 

Ce tableau peut être dur à lire, mais voici ce qu'il y a à comprendre :

 

MA signifie, en gros, vaccins obligatoires pour tous, R pour recommandé, A pour absence de recommandation.

 

En ce qui concerne les pays suivants, aucun vaccin n'est obligatoire : Royaume-Uni, Irlande, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Suède, Danemark, Norvège, Finlande, Islande, Lituanie, Lettonie, Estonie, Suisse, Luxembourg, Espagne, Portugal, Chypre, etc.

 

Ces pays sont-ils renommés pour héberger des épidémies particulièrement terribles, en matière de diphtérie, tétanos ou autres ? Leurs populations sont-elles laissées à l'abandon par leurs gouvernements ? Il n'y a bien que dans des pays comme le nôtre qu'on infantilise les gens à ce point... En tout cas, rendre 11 vaccins obligatoires au lieu de 3 serait une première, et encore une concession commerciale faite à une industrie qui ne veut pas spécialement notre bien. Il faut le comprendre : il n'y a aucune raison qui justifie cette obligation. D'ailleurs, il est contre le serment d’Hippocrate que de traiter des personnes contre leur gré... principe totalement dévoyé de nos jours, par chez nous, sous prétexte de contrôle d'épidémies qui n'existent pas. La vaccination de nourrissons contre l'hépatite B est par exemple une absurdité sans nom, et les personnes qui n’obtempéreront pas seront passibles de 3 750 € d'amende.

 

http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/scandale-du-vaccin-infanrix-178599

 

« Les risques liés à la partie vaccinante : le vaccin contre l'hépatite B est soupçonné d'un lien avec la sclérose en plaque. Le journal "le Monde" du 5 juin 2015 pointe du doigt la valence contre l'hépatite B, et souligne qu'il est étrange d'immuniser les nourrissons contre cette infection transmise par voie sexuelle. Or, ce vaccin est accusé à tort ou à raison de provoquer des maladies. »

 

Depuis, le lien avec la sclérose en plaque aurait été rejeté, il n'empêche qu'on ne voit pas pourquoi on vaccinerait obligatoirement des bébés contre une infection sexuelle, sinon pour satisfaire à des lobbies à l'échelle d'un pays... Et d'autres des vaccins annoncés sont tout aussi critiquables, je ne vais pas m'étendre là-dessus, mais vous êtes censément des citoyens libres, alors renseignez-vous.

 

Une pétition a été lancée :

 

https://petitions.santenatureinnovation.com/11-vaccins-bientot-obligatoires/#/

 

Il est vrai que l'homme assisté chimiquement a le vent en poupe, particulièrement en cette période de tour de France, quoique le dopage régresserait dans le cyclisme au profit d'une forme pernicieuse de cybernétique :

 

http://www.20minutes.fr/sport/cyclisme/2095771-20170629-change-tour-france-45-putains-capteurs-puissance-tue-course-faut-interdire

 

Tout cela annonce bien cette époque de puçage généralisé, où l'on commence par donner l'exemple par le spectacle, les sportifs, et les Mélenchon en hologramme, puis la surveillance des enfants et des grabataires, pour enfin faire passer la pilule à tout le monde, comme on rend un vaccin obligatoire, et la boucle est bouclée.

 

 

 

Conclusion

 

Un numéro chargé en liens, donc, mais je n'ai pas trouvé comment faire autrement, tant je pense qu'il fallait faire ce tour d'horizon assez dense.

 

On voit que rien ne s'améliore vraiment, et qu'au mieux tout stagne dans cette bonne vieille soupe totalitaire pseudo-démocratique où l'auto-censure règne dans les médias occidentaux, et où le culte de la personnalité présidentiel n'a plus vraiment grand chose à envier à ce que ça pouvait être sous Lénine. Le libéralisme autoritaire est en marche, avec le soutien d'une majorité parlementaire d'une médiocrité qui a de quoi abasourdir, même si elle est d'une banalité tout à fait soporifique, au fond. Il n'y a que ceux qui ont espoir dans ce système entièrement verrouillé qui peuvent en concevoir de la déception, pendant que le système occidental au service du capitalisme mondialisé continue de se servir (ou d'essayer) sur le moyen-orient, carrefour de guerre contemporain, sans même avoir de scrupules quand il s'agit de fomenter des manipulations à coup d'armes chimiques. Ce système n'est guère plus qu'un pompier-pyromane qui cause des torts et des dégâts, puis les impute à ses adversaires, qu'il s'agisse de ce genre d'attentats, ou des ingérences dans les affaires étrangères et électorales.

 

Le propos de Dmitry Orlov que je vais commenter pour conclure, illustre à la perfection les constats que je fais, la pertinence pragmatique typique de Orlov en plus.

 

http://versouvaton.blogspot.fr/2017/07/epoque-embarrassante.html

 

« Plus récemment, cette tristesse a été recouverte d’un sentiment de gêne, qui est vite devenu assez aigu. C’est une chose de faire face au mal, une attitude héroïque et jeune. C’est autre chose que se sentir inconsciemment gêné en présence d’une extrême stupidité. Ce sentiment est exacerbé par le fait que parmi les Américains – au moins ceux autour de moi qui entendent et lisent la presse et les blogs – pratiquement aucun ne semble être capable d’éprouver ou de manifester de l’embarras sur le triste état de leur pays. »

 

C'est un sentiment qui me prend souvent, ou plutôt, je constate cette inintelligence, et je suis alors pris malgré moi de dégoût et de mépris. Ce n'est pourtant pas de leur faute, si les gens de la masse sont maintenus dans l'ignorance, mais il me semble qu'assez souvent, ils y mettent du leur et que, finalement, s'ils sont ainsi instrumentalisés, manipulés, orientés là où l'on veut les diriger, c'est peut-être qu'au fond ils le valent bien... Parce qu'il faut quand même un certain niveau d'irresponsabilité pour choisir ainsi de se soumettre à ses maîtres. (Nicolas Bonnal, sur le saker et dedefensa, joue souvent la carte de la provocation à ce sujet).

 

Dmitry Orlov explique ensuite sa vision du sentiment d'embarras :

 

« La capacité de se sentir embarrassé est la clé de tout possible renouveau, que ce soit pour une personne, un groupe ou une société dans son ensemble. Permettez-moi de m’expliquer…
Pour une société qui se précipite sur le chemin de l’autodestruction, des sentiments de maladresse, d’embarras, de honte, de remords, de regrets, d’humiliations, de contrition, etc. offrent un moyen de rétablir le contact humain avec le reste de l’humanité et peut-être même un chemin vers un nouveau départ, purgé du pire des maux accumulés. La Russie a traversé une telle expérience de recherche de son âme dans les années 1990. Cela a été aggravé par le sadisme politique occidental et par les traîtres qui ont énormément exagéré l’ampleur des excès qui se sont produits pendant la période soviétique. Mais dans l’ensemble, ce processus a été bénéfique, et la Fédération de Russie bénéficie maintenant d’une volonté et d’un respect beaucoup plus grand dans le monde que n’en a jamais connu l’URSS.


Les Russes n’étaient pas meilleurs ni pires que les autres, ils n’étaient pas tous capables d’émotions élevées et positives. Beaucoup d’entre eux empoisonnaient leur esprit de colère, d’amertume, de désespoir et d’anomie. Beaucoup de Russes plus âgés vivent toujours avec un profond sentiment de trahison – parmi ceux d’entre eux qui ont survécu. Bien que les statistiques à ce sujet soient difficiles à trouver, mon sentiment général est que les plus angoissés, les plus amers, les plus désespérés et ceux avec le plus de ressentiment se sont tués ou sont morts assez rapidement – quelques millions d’entre eux – alors que ceux qui pouvaient faire le deuil de leur passé soviétique sans perdre leur sentiment d’appartenance ou leur sens de soi ont continué à vivre et beaucoup d’entre eux sont maintenant prospères.


Aux États-Unis, aujourd’hui, il y a beaucoup de raisons d’être en colère, amer, d’avoir du ressentiment et d’être sans espoir, et beaucoup de gens empoisonnent leur cerveau et leur chimie corporelle avec ces émotions négatives. Peut-être est-ce trop demander, mais j’aimerais pousser doucement ceux qui lisent ces lignes, et sont bloqués dans ce piège émotionnel, dans la direction de l’évasion, pour embrasser des émotions beaucoup plus positives et rédemptrices comme la maladresse, l’embarras, la honte, le remords, le regret, l’humiliation et la contrition, car c’est ainsi que survit l’espoir et la possibilité de renaissance. Pour faire court, je ne parlerai que d’une seule. J’espère que vous pourrez voir le modèle de base dans cet exemple et l’étendre à d’autres. Peut-être que je discuterai d’autres dans le futur. »

 

Si cette société est en effet regrettable, et ce n'est pas nouveau, c'est néanmoins une vision assez originale de ce que peuvent être des émotions positives... Mais incontestablement intéressante, dans un monde pris d'assaut par les émotions primaires et les sentiments simplistes. Et il est évident en effet que ces assauts émotionnels sont des pièges pour les masses. J'ai assez dit comment l'on instrumentalisait ces choses (ce qu'un Philippe Grasset appellerait « affectivisme » et que j'ai tendance à reprendre à mon compte, car il ne s'agit en effet pas exactement de sentimentalisme mais de quelque chose de bien plus vaste), notamment dans les élections où le physique des candidats tient le plus grand rôle, aux yeux des masses. Or il est vrai que cela empoisonne la société tout aussi sûrement que des vaccins ou des additifs alimentaires.

 

 

« Je dois confesser que moi aussi, j’ai voté une fois aux élections américaines, et je suis tout à fait embarrassé de l’avoir fait. Je l’ai mis sur le compte de la jeunesse et de l’inexpérience. Depuis, j’ai étudié ce sujet et j’ai conclu que le système politique aux États-Unis n’est pas une démocratie : la volonté publique est proche de zéro si on parle d’avoir une certaine corrélation avec les politiques publiques. Toutefois, les politiques publiques sont en corrélation plutôt forte avec une volonté privée exprimée par des personnes extrêmement riches et les lobbyistes des corporations. C’est un système « tu payes pour jouer » conçu pour les nantis. Soyez assuré, je ne ferai plus jamais l’erreur de voter aux États-Unis. Jamais plus, je ne m’humilierai ni ne me dégraderai en participant à cette mascarade de démocratie simulée ! Mais j’ai honte d’avoir voté, et je m’en excuse. »

 

Ici Orlov s'amuse avec ce sentiment, mais il a parfaitement raison. L'état de nos sociétés est pour le moins embarrassant, parfois même stupéfiant quand l'on constate que tant se laissent piéger par ces mécanismes primaires et dualistes qu'on leur impose illusoirement. Encore faut-il être capable de reconnaître des émotions plus riches, pour ne pas se laisser entraîner dans ces pièges grossiers qui sont la caractéristique de nos systèmes médiatiques et électoraux, qui ne font même plus l'effort d'essayer de tromper des personnes plus subtiles. Tromper la masse, le nombre, la « majorité », suffit, puisqu'il s'agit juste de manipuler les mécanismes démocratiques à son avantage. Les autres, il suffit dans le même mouvement de les décrédibiliser aux yeux de la masse. Les interdire serait de trop : ce serait montrer le caractère tyrannique du système, mais on peut tout de même le faire, progressivement, petit à petit, en habituant la masse, telle la grenouille, à une température de plus en plus élevée, sans qu'elle réalise la tromperie.

 

« Tout d’abord, quelle différence cela fait-il de savoir comment Trump a gagné ? Voir ci-dessus : les États-Unis ne sont pas une démocratie, mais une collection d’intérêts commerciaux et financiers qui restent inchangés, peu importe qui occupe la Maison Blanche. Seule la rhétorique change, pour vous distraire de ce fait. Compte tenu de ce fait, le piratage des élections américaines ne constitue même pas un crime. C’est une farce inoffensive qui a même son utilité, révélant cette fausse démocratie pour le simulacre qu’elle est. »

 

Propos tout à fait adaptable à n'importe quel autre pays dit démocratique. Et si le président français est un peu moins impuissant que le président américain, sur le plan constitutionnel et juridique, cela revient malgré tout au même, puisqu'il se met au service d'intérêts plus grands que lui et que son pays.

 

Je ne veux pas commenter intégralement, chacun pouvant bien sûr lire l'article et le comprendre à sa façon, mais je cite encore quelques passages, ne serait-ce que pour souligner des points qui me semblent importants :

 

« Deuxièmement, les Russes sont bien conscients du fait que peu importe qui est le président. Dans l’une des entrevues récentes d’Oliver Stone avec Poutine, ce dernier l’a dit clairement : peu importe qui est président, rien ne change. Compte tenu de cette compréhension, pourquoi les Russes pourraient-ils même se soucier d’« ingérence » dans les élections américaines ? (...)


Troisièmement, il faut se demander s’il y avait effectivement une ingérence électorale. Oui, en effet, il y en avait ! Les deux exemples les plus flagrants d’ingérence ont été effectués par le Comité national démocratique, qui a utilisé de sales petites magouilles pour incliner le terrain de jeu en faveur d’Hillary Clinton et contre Bernie Sanders pendant les primaires (...). Le deuxième exemple d’ingérence le plus flagrant a été celui de l’ancien directeur du FBI, James Comey(...)


Quatrièmement, nous n’avons vu précisément aucune preuve de l’ingérence russe, et pourtant les chefs des différentes branches de l’appareil de renseignement américain ont exprimé un
« haut degré de confiance » selon lequel une telle « ingérence » a effectivement eu lieu. Mais il faut se demander : quel est notre degré de confiance dans ces agences de renseignement américaines et leurs évaluations ? (...)


Cinquièmement, étant donné que la politique publique aux États-Unis (y compris la politique étrangère) est indépendante de la personnalité présidentielle, mais est fortement en corrélation avec celle qui influence le système politique en utilisant des injections massives d’argent par des contributions aux campagnes politiques et par le lobbying, si les Russes voulaient influencer la politique américaine en leur faveur, ils ne le feraient pas en s’immisçant dans les élections, mais en dépensant de l’argent par des lobbyistes. (…) S’ils ont dépensé de l’argent avec eux, ils n’en ont clairement pas dépensé assez ou ils n’ont pas obtenu le retour sur investissement de leur argent, parce que les relations entre la Russie et les États-Unis sont maintenant pires que jamais (...) »

 

 

Puis Orlov en vient à sa conclusion :

 

« (...) Être en colère contre les oligarques et les entreprises qui gèrent le système politique pour leur profit privé, ou contre leurs porte-parole dans les médias, c’est comme être en colère contre les serpents qui attrapent et mangent des souris, si vous êtes l’une des souris. Qu’est-ce que vous allez faire pour protester ? Arrêter de faire vos courses ? Ensuite, qu’est-ce que vous allez manger ? Être en colère contre les politiciens est même plus que pénible, parce qu’ils ne sont responsables de rien et font simplement ce pourquoi ils sont payés. »

 

Il reprend ici un thème qui m'est cher, puisqu'il parle des instincts humains, pour compléter son propos sur les émotions humaines. Aux USA comme en France, il ne sert à rien de pester contre Trump ou contre Macron. Il faut se rendre compte de toute l'énergie gaspillée dans cette direction. Le système est pourri, verrouillé, prenons en acte et passons à autre chose, c'est ce que j'ai toujours dit et toujours pensé. Personnellement, je ressens nettement plus de dégoût que d'embarras, parce que je n'ai jamais en aucune façon cautionné ou cru en ce système, mais cela revient au même : cela permet de s'en désintéresser, car c'est tout à fait désagréable et relativement inutile, sauf à redire sans cesse en quoi passer son énergie mentale et instinctive à accréditer ce système n'est que gaspillage et perdition de l'âme.

 

« À ce stade, une grande partie de la colère, de l’amertume et du ressentiment se concentre à gauche, parmi les démocrates et d’autres types de gauche. Mais compte tenu des faits énumérés ci-dessus, ils ne devraient pas être en colère. Ils devraient être rouges d’embarras et positivement mortifiés par tous les mensonges qu’ils ont engloutis et régurgités ad nauseam depuis près d’une année entière maintenant.


Ceux de droite pourraient, bien sûr, se sentir embarrassés d’avoir élu quelqu’un qui semble être un bouffon incompétent et une grande gueule aussi vulgaire, mais comme cela ne compte pas de savoir qui est le président, pourquoi s’en faire particulièrement à son sujet ? Certains d’entre eux se sentent en colère car quelque soit celui qu’ils élisent, il semble clairement incapable de respecter ses promesses de campagne. Mais dans ce cas, ils semblent avoir oublié que le président ne compte pas. Juste au cas où vous n’auriez pas encore pris pleinement compte de ce fait important, permettez-moi de le répéter : on s’en fout de savoir qui est le président.


Qu’est-ce qui compte alors ? Eh bien, il y a le fait que les gens de gauche et de droite ont voté après tout et c’est le fait le plus embarrassant par dessus tout. J’aimerais que tous se sentent honteux et promettent de ne jamais le refaire. »


Excellente suggestion, si vous voulez mon avis.

 

PS : je découvre aujourd'hui et à l'instant un article de Philippe Grasset qui complète opportunément ce propos de Orlov :

http://www.dedefensa.org/article/cry-for-you-united-states

Plus particulièrement sa conclusion :

"Moi-même, qui n’ait jamais manqué une seule occasion de critiquer cette Amérique immensément critiquable puisqu’elle est la porteuse du poison de la modernité, qui n’ai jamais reculé devant les condamnations les plus sévères de ce qui fut le véhicule consentant de toutes les manigances du Diable, moi-même, ému par tant de sentiments si fortement venus du fond de l’âme, j’irais jusqu’à joindre ma voix à la leur et à exprimer toute ma peine devant ce qui est devenu une catastrophe de civilisation et la tromperie achevée, le simulacre satanique d’une entreprise à laquelle tant d’âmes avaient mis leur croyance : “Je pleure pour Toi, Amérique”..."