Revue de presse et internet sur le totalitarisme rampant et la propagande élitiste N°43

 

Il y a énormément à dire, ce mois-ci, sur et autour des gilets jaunes. Il me sera impossible d'être exhaustif dans le choix des liens que je propose, ni de mes commentaires. Il faut savoir que les-crises.fr relaient des témoignages directs de gilets jaunes, par exemple, et j'ai choisi de ne pas les relayer à mon tour, car ceci, et cela ailleurs, toutes les sortes d'avis, d'opinions et de commentaires que l'on peut lire dans tous les médias, officiels comme alternatifs, pro-système et anti-système, cela ferait bien trop de liens à ingurgiter, et je dois encore faire une sélection de tout ce qu'il reste que j'ai pu lire sur le sujet. Puis il y a quelques autres liens, pas directement liés à la question, que je partagerai également, car ils me semblent utiles ou importants pour éclairer la situation du monde, situation qui, après tout, est celle qui a vu naître ce mouvement. Je vais donc tâcher de sortir la substantifique moelle de ce que j'ai pu croiser, autant par un choix de liens que par mes propres commentaires, même si j'y glisserait, bien évidemment, ma propre vision des choses, n'ayant aucune prétention à une pure objectivité scientifique à laquelle je ne crois pas, par ailleurs, et qui n'est pas mon but en la matière, qui plus est. Je me propose juste, à travers ce numéro à un embryon de synthèse teinté d'idées personnelles que je développerai notamment en fin d'article.

 

Ces précautions oratoires étant introduites, essayons un peu de détourer le mouvement lui-même. Je ne reviendrai pas sur les évidences qui le caractérisent, mouvement populaire apparemment spontané et apolitique, etc. On trouvera les grandes lignes dans ce texte de Douguine commenté sur dedefensa :

 

http://www.dedefensa.org/article/douguine-le-populisme-la-tradition-et-les-gj-1

 

Je m'intéresse surtout au fait que le mouvement s'étend en Europe, et même au-delà de l'Europe :

 

https://francais.rt.com/international/56280-serbie-belgique-mouvement-gilets-jaunes-prend-dimension-europeenne

 

Ainsi, j'ai pu lire qu'un mouvement de gilets rouges apparaissait en Tunisie pour protester contre la baisse du niveau de vie et du pouvoir d'achat, même revendication centrale qu'en France, donc. Mais aussi jusqu’en Egypte, où le gouvernement limite la vente de gilets jaunes dans l'espoir de limiter la contestation qui monte dans ce pays. A part cela, le mouvement a touché également, avec des intensités diverses la Serbie, les Pays-Bas, l'Italie, l'Allemagne et la Belgique, et j'en oublie peut-être. En Belgique, les gilets jaunes ont tenté d'investir le parlement européen, tout comme certains français espéraient pénétrer dans l’Élisée.

 

http://www.alterinfo.ch/2018/12/08/et-pendant-ce-temps-en-belgique-des-gilets-jaunes-tentent-de-sattaquer-au-parlement-europeen-a-bruxelles/

 

Par ailleurs, le mouvement ne cesse de démontrer son culot et sa créativité en matière de protestations, ainsi de nombreuses plaintes en justice ont été déposées contre Macron alias Jupiter :

 

https://actu.orange.fr/france/nord-une-plainte-pour-racket-deposee-contre-emmanuel-macron-magic-CNT000001aFLQZ.html

 

Enfin, quand le peuple essaye de détrôner un Dieu, il crée parfois un mouvement de boule de neige en plein décembre. De nombreux corps de métiers et catégories de populations se sont greffées sur le mouvement, ou ont simplement embrayé avec lui, ainsi des étudiants et lycéens, des ambulanciers, des agriculteurs, et même les métiers de la fonction juridique, et j'en oublie sûrement :

 

https://francais.rt.com/france/56701-journee-justice-morte-apres-gilets-jaunes-colere-noire-avocats-magistrats

 

Pour terminer sur ce chapitre, notons que différents manifestes se disant plus ou moins « officiels » comme celui-ci font surface sur les réseaux sociaux :

 

https://fr.sott.net/article/33211-Que-veulent-les-Francais-Le-manifeste-des-Gilets-Jaunes

 

Tout cela permet déjà d'y voir plus clair, et même si, sur ce dernier point on pourra ergoter que rien d'officiel ne pourra surgir des gilets jaunes, il n'empêche que leur mouvement est très concret, a certaines revendications très claires et très précises, et que celui-ci penche à mon avis de manière incontournable vers un frexit, même si l'exigence de démission de Macron monopolise pour le moment l'attention : Macron n'est qu'un des pions de l'européisme « triomphant » et de moins en moins triomphant partout en Europe, ne l'oublions pas.

 

 

Ces gilets jaunes en seront bientôt à un mois de manifestations partout en France. Là aussi, que dire ? On a glosé tant qu'on a pu sur la supposée violence du mouvement, puis on a tout autant répondu que les casseurs n'étaient pas des gilets jaunes, puis on a nuancé en disant que, sûrement, au moins une partie des gilets jaunes devaient bien se retrouver parmi les casseurs. D'accord, mais... on n'a pas beaucoup parlé des raisons de cette violence et d'à quelle violence institutionnelle elle répondait pourtant fort légitimement. On a un peu moins parlé des violences policières, qui pourtant ont mutilé et éborgné un certain nombre de manifestants, ont eu recours aux blindés, ce qui a été fort remarqué hors de nos démocratiques frontières...

 

Ai-je vraiment besoin de développer tout ça ? J'ai tendance à croire chaque lecteur de ce blog assez mature et lucide pour comprendre les tenants et aboutissants autour de cette violence qui a une importance surtout médiatique, et dont l'enjeu, chez les médias du système vendus aux intérêts du pouvoir, est naturellement de discréditer le mouvement, ce qui marche forcément dans une certaine mesure, mais pas aussi bien qu'escompté. Par conséquent, le mouvement attaquera son 5e samedi de protestations dans deux jours. Au sujet des manifestations, il me semble surtout primordial de faire apparaître ceci :

 

https://fr.sott.net/article/33223-Une-voyageuse-temoigne-de-la-methode-de-la-police-pour-qu-il-y-ait-moins-de-manifestants-a-Paris

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/un-gilet-jaune-place-en-garde-a-vue-temoigne-c-est-digne-de-la-coree-du-nord-09-12-2018-7964280.php

 

Ainsi donc, il apparaît clairement que la police a recours à des pratiques illégales pour empêcher le droit de manifestation dans notre pays pourtant très distinct géographiquement au moins de la Corée du nord ou de la Chine, qu'on ne cesse de blâmer pour leurs pratiques anti-démocratiques. Plus que cela, ces pratiques permettent de réduire le nombre de manifestants autant que de gonfler artificiellement le nombre des arrestations, alors que le principe d'arrestations préventives n'existe pas dans le droit français... Tout ce dont il est fait état ici est donc de l'ordre de l'illégalité, et le fait que certains trouvent cela normal, bien qu'ils le déplorent, montre bien qu'au moins une partie du peuple s'est habitué à ce que les forces de l'ordre et le gouvernement se livrent « légitimement » à des pratiques pourtant totalement illégales. Et l'on continue, dans les débats de ce pays, à user du mot de « démocratie », encore et encore.

 

 

Macron et les gilets jaunes

 

Il est temps d'en venir au discours de Macron, et à l'attitude de ce même Macron qui, en tout état de cause, n'aura fait preuve d'aucune précipitation pour s'adresser à son peuple en colère et en détresse. Pour aller directement à la substance de son discours, où il aura évoqué en vrac tout un tas de sujets, espérant sûrement capter l'attention des gilets jaunes : SMIC, retraite, primes, vote blanc, représentativité, et même l'immigration. Il en aura profité pour lâcher quelques miettes du haut de son palais, espérant sans doute affaiblir le mouvement, donner quelques arguments à ceux qui s'opposent à celui-ci, et diviser le peuple : lorsque l'on rend un peu aux retraités et aux smicards ce qu'on leur a pris ou jamais donné, on peut légitimement susciter la jalousie de tous les autres, et quand on ne mentionne même pas dans son discours la question du référendum ou la question de la profonde défiance politique d'une grande partie du peuple (tous les abstentionnistes plus tous ceux qui votent par défaut ou parce qu'ils se sentent pris au piège d'un système et obligés d'y participer) alors que ce sont les revendications principales des gilets jaunes, on prépare nécessairement le terrain pour la suivante journée de mobilisation.

 

Mais Macron a aussi glissé ses habituelles bêtises hors discours, comme les histoires de « manque d'amour » des français. Il a aussi dit qu'il continuerait sa politique « plus vite, plus fort ». De quoi réjouir tout le monde, cela va de soi. Aucune véritable remise en cause de sa ligne politique pourtant désormais salement amochée par les gilets jaunes, mais qui s'y attendait ?

 

Jacques Sapir, que je ne cite pas souvent, a présenté un texte éloquent, juste avant le discours de Macron, présumant déjà que ce discours n'aurait pas beaucoup d'effet concret, et expliquant certaines des causes profondes du malaise que suscitent les politiques à la Macron depuis longtemps déjà :

 

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-parole-presidentielle-a-t-elle-encore-un-effet-sur-la-realite-par-jacques-sapir/

 

Par ailleurs, ce discours contient au moins plusieurs éléments très clairement mensongers. Dans un premier temps, on avait pensé qu'ils contredisait son gouvernement, et il faut rappeler qu'il est en effet allé plusieurs fois à contre-courant de celui-ci, avant son intervention :

 

https://francais.rt.com/france/56586-smic-csg-quand-macron-contredit-ministres-penicaud-bruno-le-maire

 

Puis l'on a vite compris que le SMIC ne bougerait pas d'un iota, contrairement à la phrase très claire « le salaire augmentera de 100€ par mois dès 2019 pour ceux qui sont au SMIC ». Il s'agit bien, dans la bouche de Macron, du salaire, le SMIC lui-même, et non pas des primes qui viendront en fait s'y ajouter en lieu et place d'une augmentation, ce qui n'est pas du tout pareil : ces primes ne sont ni imposables, ni cotisables. Elles ne constituent pas une augmentation, n'impacteront ni la retraite, ni certes les impôts, mais surtout, elles peuvent disparaître n'importe quand. Bref on ne touche pas au sacro-saint SMIC, même quand le peuple se soulève pendant des semaines et des semaines.

 

Des propositions concrètes de Macron, il ne reste donc pas grand chose : une prime déjà prévue, une prime de Noël que pas grande monde ne verra, et juste un peu d'argent rendu aux retraités les plus pauvres. Mais tout cela ne change pas grand chose. On nous surtout bien rappelé que tout cela allait creuser le déficit et que Bruxelles veillait déjà avec attention sur ces débordements budgétaires mal venus. Autrement dit, c'est déjà bien beau qu'on vous fasse ces cadeaux là, fussent-ils des miettes de miettes. Alors certes, on nous gèle les prix du gaz et de l'électricité pendant l'hiver, et quelques broutilles encore... on verra combien de temps ça tiendra, et l'on peut déjà dire qu'ils se rattraperont puisque tout ce cirque est permis par la bienfaisante privatisation encouragée par l'UE... Rien n'a donc changé concrètement, on calme juste le jeu pour un temps, dans le but de calmer un peu la jacquerie... qui a bien compris qu'on lui jouait un tour.

 

https://fr.sott.net/article/33190-Artifice-politicien-humiliation-la-reponse-du-gouvernement-aux-Gilets-jaunes-ne-convainc-pas#comment13433

 

Quant à l'aspect pseudo-écologique du moment, un petit rappel, fort instructif au demeurant, qui montre bien que la volonté écologique de nos dirigeants se limite à du marketing et autres faux-semblants, quand bien même certains sont conscients du gouffre qui se présente :

 

https://fr.sott.net/article/33225-Une-video-qui-demontre-a-quel-point-le-gouvernement-prend-le-peuple-pour-des-demeures

 

Il faudra revenir sur ce point, en fin d'article. Mais pour terminer sur Macron, après avoir parlé du fond, j'ai trouvé intéressant cette analyse sur la forme, qui montre au moins une chose : à quel point Macron est un parfait simulacre, un parfait professionnel de communication qui n'est là que pour enfumer, bien avant toute chose :

 

https://fr.sott.net/article/33235-La-gestuelle-d-Emmanuel-Macron-decryptee-lors-de-son-allocution-televisee

 

 

 

Complotisme 2.0 et ingénierie sociale

 

Nous voilà au cœur de mes revues de presse sur la propagande élitiste... Les gilets jaunes, forcément, présentent une nouvelle occasion d'expérimentation pour les « élites » et leurs médias. C'est un mouvement beaucoup plus puissant et bien plus difficile à contrôler que tout ce qui a pu surgir depuis au moins 50 ans, alors imaginez le challenge pour les faiseurs d'opinion et autres propagandistes chevronnés.

 

Comment affaiblir le mouvement, le diviser, le désamorcer ? Nous avons déjà assisté à tout ça : il y aura toujours des idiots et autres influençables pour penser que le mouvement est une simple révolte fachiste, qu'il est noyauté par les extrêmes, qu'il est violent par essence, le contraire de la civilisation et de la fameuse démocratie dont on nous rebat tant les oreilles, j'en passe et des meilleures, mais ils auront attendu plusieurs semaines avant d'en venir aux faits : les gilets jaunes sont de vilains complotistes !

 

Et n'est-ce pas le pire, après tout ? Qu'ils soient « contre la démocratie pacifique », on y est habitué avec les fachistes, la violence aussi, le fait que ce soit des beaufs fumeurs et accro au diesel, bon, ce n'est qu'une faiblesse bien pardonnable à cette caste d'alcoolo irrécupérables et déplorables, mais qu'ils soient ouverts aux théories du complot alors là, c'est le pompon...

 

https://francais.rt.com/france/56716-strasbourg-pourquoi-medias-s-interessent-ils-tant-complotisme-gilets-jaunes

 

Ainsi donc, l'attentat de Strasbourg aura momentanément, et opportunément, détourné l'attention des gilets jaunes, et suscité un nouveau prétexte de renforcement sécuritaire en pleine période d'agitation populaire. Je n'irai pas jusqu'à dire, quant à moi, que c'est calculé, car il n'y aucun moyen de le savoir. Mais il est légitime de se poser la question, bien que, par les temps qui courent, cela fasse automatiquement de vous un complotiste. On a déjà vu que, sans forcément déclencher ce style d'événement, les autorités pouvaient les instrumentaliser utilement selon leurs intérêts. Cela, dans les cas les plus extrêmes, sert par exemple dans la théorie du choc de Naomi Klein.

 

Mais l'important ici n'est pas de déterminer si complot il y a, mais plutôt de saisir quel est le rapport aux complots de tous les partis en présence, et là je ne peux que recommander très fortement ce texte dedefensa qui nous rappelle combien les « élites » sont friandes de complot, et notamment des complots les plus ridicules et les moins étayés, qu'elles peuvent relayer pendant des mois et même des années, tout en reprochant aux réseaux sociaux d'être un poison qui répand partout le « complotisme » dont ils sont pourtant les principaux épandeurs de rumeurs :

 

http://www.dedefensa.org/article/gouverner-par-lanarrativedu-complot

 

J'extrais notamment ce bout de phrase bien savoureux, qui évoque encore Simulacres de P.K. Dick : « Macron est un complot de la communication, c’est-à-dire qu’il se rapproche le plus qu’il soit possible du croisement d’un être humain et d’une machine douée de l’intelligence artificielle (...) »

 

Car Macron demeure le principal complot actuel du système, mieux encore que Trump : un parfait simulacre, un être entièrement adonné à la technique de la communication, pour ne pas dire de la manipulation, pour plaire et convaincre. On en constate l'échec avec une certaine jubilation... Et il a toute sa place dans ce monde de complots et de complotisme, lui-même installé au pouvoir par la manipulation de l'électoralisme et par le bon vouloir de l'oligarchie et de la finance en général. Les grands patrons ont d'ailleurs applaudi ses mesures, et l'on sait bien ce que ça veut dire lorsque les puissants s'applaudissent entre eux, pour fustiger dans le même mouvement le peuple mécontent pour ses vices et son complotisme invétéré.

 

Sur ce sujet de l'ingénierie sociale, autre excellent texte sur Gustave Le Bon, pour dessiner encore mieux les contours de l'origine de la propagande moderne, après tout ce qui a été dit dans le blog ici présent sur Bernays et consorts :

 

https://fr.sott.net/article/33232-A-lire-Psychologie-des-foules-Gustave-Le-Bon

 

Mais un autre sujet important n'est actuellement pas très discuté, et il s'agit du projet de règlement européen dont la France – c'est à dire Macron – est porteuse à l'UE. Un projet très dangereux qui pourrait causer des dégâts sur le net, bien plus que tout ce qui a été fait auparavant. Un projet comme toujours se cachant derrière l'antiterrorisme pour promouvoir « démocratiquement » des techniques inspirées des chinois pour... pratiquer l'anti-démocratisme.

 

https://fr.sott.net/article/33191-Au-nom-de-la-lutte-anti-terroriste-un-projet-de-reglement-europeen-pourrait-tuer-l-internet-independant

 

Plus grave encore, avec un tel programme en place, le mouvement des gilets jaunes aurait peut-être pu ne pas voir le jour, comme le théorise cette approche de la quadrature du net :

 

https://www.les-crises.fr/une-loi-europeenne-pour-censurer-les-mouvements-sociaux-sur-internet-par-la-quadrature-du-net/

 

Puis les réseaux sociaux sont ce poison qui propage la haine, les complots et la division, ainsi que le rejet de la démocratie, il semble logique de penser qu'ils seront les premiers surveillés, comme l'indique d'ailleurs la coopération entre la France et certains GAFAM qui sont dors et déjà subventionnés pour ce type de surveillance. Tout ceci n'est donc clairement pas à prendre à la légère : on nous prépare une douce contre utopie à la Huxley où il sera interdit d'être mécontent, et où tout mécontent exprimant sa colère pourra facilement être assimilé à un terroriste à réformer.

 

Il est vrai que quand on voit Kassovitz prendre sur Twitter et dans des débats (voir le « interdit d'interdire de mardi ou mercredi, je ne sais plus) prendre la défense de Macron et position contre les gilets jaunes, un mouvement malsain et anti-démocratique, on mesure mieux l'état du monde actuel en terme de dégâts cérébraux et psychiques. Une telle inversion donne le vertige, quand nous vivons dans un pays où l'anti-démocratisme est porté avec brio par notre gouvernement, les pratiques illégales de sa politique, et sa situation qui tourne de plus en plus non seulement à l'oppression, à la violence mais aussi aux pratiques de censure et de contrôle de l'opinion plus extrêmes, mais aussi plus hypocrites que les chinois eux-mêmes. On déploie des trésors d'invention pour faire croire aux gens les plus atteints intellectuellement, et les plus imbriqués dans le système, que tout cela correspond encore parfaitement à quelque chose qu'on peut nommer démocratie. Il faut dire aussi que les Kassovitz sont nombreux dans le show-biz, où ils ont perdu le sens des réalités, se nommant encore « citoyens » alors qu'ils sont dans une bulle où ils bénéficient de tous les avantages éphémères et illusoires du parisianisme et du boboisme puissance 4. Une grande partie de ces artistes (j'ai failli mettre entre guillemets, puis je me suis rappelé que j'aime beaucoup « La haine », le film de Kassovitz, seul moment de sa vie où il ne résumait pas la haine à un amalgame de fachisme s'insinuant partout dans la société ou plutôt... son cerveau malade d'un gauchisme extrême et pathologique qui l'oblige à projeter son propre extrémisme partout où cela l'arrange de le voir), une grande partie de ces artistes et autres personnalités ayant leurs fauteuils dans le système, donc, profitent de ce système, de ses vices et de ses excès, et ils confondent cette vie parisienne aisée et déconnectée du reste du pays avec les conséquences d'un mondialisme heureux, bienséant et souriant qui promet à chacun, aux minorités aux caractéristiques les plus délirantes et ultra-particulières un avenir radieux. Les gilets jaunes, convenons-en, auront tendance à être vus comme des trouble-fêtes pour ces privilégiés là. On a vu des célébrités prendre position alternativement pour ou contre, selon qu'ils comprenaient ou ne comprenaient plus ce qu'il se passait, et maintenant beaucoup demandent aux gilets jaunes de se calmer. C'est une constante rarement présentée du mouvement : celui-ci est largement provincial, très éloigné de l'ultra-particularisme parisien qui concerne une partie des stars qui occupent pourtant la quasi totalité du temps d'antenne, dans notre pays, d'où un sentiment encore plus grand de décalage et de fracture, d'autant que la plupart de médias du système sont aussi ancrés à Paris, donc dans ce mode de vie, cette mentalité bien particulière qu'ils croient propres à la France toute entière. D'où aussi, pour eux, le choc et le déni.

 

 

Mais cessons là sur ce point, j'amène un autre lien de dedefensa qui a de quoi faire réfléchir :

 

http://www.dedefensa.org/article/celine-et-gramsci-face-a-la-france-et-a-macron

 

Je note particulièrement l'idée que le système actuellement n'est absolument pas libéral puisqu'il n'y a jamais eu autant de prélèvements qu'aujourd'hui, ce qui est exactement l'inverse du projet libéral :

 

« On nous casse tout le temps les pieds avec le néo-libéralisme. En réalité ce sont les libertariens qui ont raison et on est plutôt victimes de l’ultra-socialisme et de l’ultra-parasitisme, en ces temps de fin médiocre, digne de la Rome de Juvénal. Nos dettes et nos prélèvements de 48% montrent que l’on est tout sauf libéraux. On est dans le sozial et le tartufe prolétaire qui gavait Céline, et dans rien d’autre. Sauf que certains, les Macron, les défiscalisés et les hauts fonctionnaires, en profitent mieux que d’autres. Mais ce n’est pas nouveau. »

 

« Gramsci voyait donc le problème de la désindustrialisation apparaître, le règne de la finance arriver avec les coups en bourse. Un siècle plus tard, il n’y a plus d’usines en Amérique mais Wall Street n’a jamais été si élevé, avec un Dow Jones à 24.000 en attendant 30 ou 40. C’est pourtant simple à comprendre : on a siphonné via les taux abaissés la richesse américaine comme la richesse européenne, sauf peut-être l’allemande plus maligne et plus industrielle. A Londres et Bruxelles, la politique et la finance se disputent comme à New York le cadavre de l’industrie. Et on demande aux banques centrales de continuer de faire « bonne impression » pour continuer de soutenir les marchés.

Gramsci vit comme Tocqueville l’intrusion de l’État produire une dégénérescence anthropologique (découvrez le libertarien allemand Hoppe qui parle lui de dé-civilisation). La part de prélèvement est passée de 8 à 20% en France entre 1914 et 1920. Aujourd’hui on est à 48. »

 

Alors quel est le rapport avec notre sujet ? Et bien c'est toujours intéressant de se rappeler du passé pour mieux analyser le présent, les problèmes étant souvent cycliques avec évolutions. Ici l'on comprend qu'on ne devrait pas exactement parler de libéralisme ou de néo-libéralisme. Qu'à cela ne tienne, j'ai pour ma part surtout parlé d'ultra-libéralisme, ce qui est pour moi une façon de caricaturer le système en cours par son extrémisme, ou de capitalo-libéralisme, puisqu'on peut au minimum convenir que ce système permet mieux qu'aucun autre l'accumulation de capital. On pourrait donc aussi parler de pseudo-libéralisme, ou, je ne sais pas, disons de capitalisme globaliste. Si la foison de normes, d'impôts, de règlements, de standards et de prélèvements en tous genres n'est pas la marque du libéralisme, c'est au moins la marque d'un système malade, plutôt inefficace à mon sens, qui essaye de le devenir à une échelle globale où cela est quasiment impossible et où cela engendre des gaspillages, des détournements et des magouilles impossibles à contrôler. C'est dans ce contexte que le mouvement des gilets jaunes prend tout son sens, puisqu'en effet l'inefficacité économique de ce système est ce qui engendre une paupérisation dans un contexte de génération de richesses pourtant sans précédent. Mais ces richesses étant captées par le capital, un très petit nombre de très grandes organisations plus puissantes que les états, s'enrichissant sur ces derniers, les états eux, s'appauvrissent en voulant servir ces vampires, et avec eux leurs populations. Dans c cadre, le problème des ressources me paraît encore secondaire, même s'il se posera forcément, en ce sens qu'avant de poser le problème des ressources, il paraîtrait sage d'en finir avec cette gabegie générale et de revenir à des échelles où les richesses sont contrôlables et partageables. A certains égards, ce que l'on nomme néo-libéralisme est plutôt une forme de capitalisme complètement dégénéré et hors de contrôle, et c'est lui qui cause l'essentiel des difficultés des peuples en ce moment.

 

Il n'empêche, la question des ressources va se poser, et elle se pose déjà.

 

http://versouvaton.blogspot.com/2018/12/qui-va-se-manger-le-pic-petrolier.html

 

Ugo Bardi nous explique à travers le texte d'Antonio Turiel que nous payons en fait déjà les conséquences du pic pétrolier. Et si Ugo Bardi verse parfois un peu facilement dans le catastrophisme, je pense néanmoins que c'est un problème qui va s'amplifier et s'ajouter à d'autres problèmes de ressources. On a beaucoup parlé de la possibilité d'un coup d'état qui profiterait du mouvement des gilets jaunes pour se faire. Le problème des ressources accentue en réalité ce risque de coup d'état à moyen et long terme, car si les richesses ne sont pas redistribuées avant qu'un certain cap soit franchi concernant les ressources, alors certains voudront venir les capter là où elles sont encore, pour pouvoir avoir le contrôle des ressources au moment où elles flambent. C'est une logique mafieuse tout à fait commune que l'on a d'ailleurs déjà vu à l’œuvre pendant la période de hausse du carburant, à petite échelle. A certains égards, un coup d'état a déjà eu lieu, avec Macron puisque c'est l'oligarchie financière, dont celle du pétrole, qui l'a mis en place. Mais comme il y a toujours une possibilité du « en même temps », il y a aussi une possibilité du « encore pire ». A garder dans un coin de l'esprit...

 

L'autre problème évidemment posé par les ressources est que, si le problème du prix du carburant devient structurellement élevé, il sera strictement impossible de maintenir le mode de vie actuel dépendant de la voiture, qui est à l'origine du mouvement des gilets jaunes. Dans ce cas, nous allons à courte échéance vers un effondrement de ce système, dont le mouvement des gilets jaunes sera alors interprété comme un simple signe avant-coureur pré-sismique. Je crois qu'il faut aussi garder cela en tête, même si à mon sens le mouvement des gilets jaunes va bien au-delà : s'il a été déclenché par les prix du carburant, qu'il est donc l'un des signes que cela ne va pas dans ce domaine, il y a tout de même un colossal problème de répartition à soulever et à résoudre prioritairement. S'il n'est pas réglé avant l'éventuel et prévisible effondrement dont une partie de nos « élites » est avertie, alors il sera impératif de reposer la question après. D'autant que s'il n'est pas réglé avant, notre société sera encore moins prête à affronter cet effondrement : en effet, l'effondrement aura forcément pour cause un seuil franchi par rapport au cisaillement qui se produit entre l'offre et la demande de pétrole, dans un monde où la voiture et les transports sont primordiaux pour assurer un système globalisé décentralisé et basé sur le transport aussi bien des ressources primaires que des marchandises. Par conséquent, si le mouvement des gilets jaunes n'a pas été compris comme un appel au secours des populations face humaines devant l'absence de viabilité de ce système, et que des solutions très concrètes n'ont pas été apportées (abolitions des transports de marchandises à très longue distance, relocalisation du travail et réajustements en terme de répartition et de justice sociale) alors on va très clairement vers des troubles incomparables avec ce qui se déroule actuellement... Or, certains prédisent un effondrement pour le début des années des 2020, cela montre le peu de temps dont on disposerait le cas échéant. Autant le dire franchement, étant donné la direction que cela prend avec les mesurettes à Macron alors que la demande – la nécessité – est beaucoup plus importante, ça n'en prend pas le chemin. Préparons nous donc à des joyeusetés toutes autres que des blocages de rond point, approche bien amicale par rapport à ce qui pourrait arriver, malgré les piteuses tentatives du gouvernement de diaboliser le mouvement, pourtant l'un des mouvements les plus justes qu'on ait jamais vu, d'une population qui sent bien, elle que ça coince et que ça empirera si les choses ne sont pas fondamentalement et profondément changées.

 

 

 

Je vais conclure cet article ici, non sans proposer encore deux liens. L'un pose la question du travail dans nos sociétés, qui est un sujet que l'on pourrait développer aussi, dans le contexte actuel des gilets jaunes, mais ce serait élargir exagérément un débat déjà vaste, que le mouvement se doit de conduire dans le temps.

 

https://www.les-crises.fr/pour-qui-pour-quoi-travaillons-nous-jacques-ellul/

 

Je ne développe pas, je commente simplement en disant que le travail tel qu'on le connaît n'est rien de plus qu'une perversion dans les temps modernes du besoin de subsistance naturel à l'humanité et à toute vie. Ce besoin de subsistance a été dénaturé, détourné et instrumentalisé pour servir des fins toutes autres : désormais l'on travaille pour « gagner sa vie » et surtout enrichir les grands patrons. Simple mais important à comprendre et à avoir en tête... l'humain étant fort pour se raconter toutes sortes d'histoires et se manipuler voire s'auto-manipuler sur l'utilité et le sens de son travail, la « valeur travail », etc. Nul doute que le mouvement des gilets jaunes donnera lieu à quelques réflexions plus poussées sur cette question, à l'heure où l'on se pose des questions sur les « boulots à la con » et où se pose le problème de la distance entre lieu de travail et lieu d'habitation. N'est-il pas complètement fou et scandaleux, en terme de gaspillage de temps, d'énergie et de ressources de travailler à 100 ou 200km de chez soi ? C'est pourtant aujourd'hui si commun qu'il aura fallu attendre le mouvement des gilets jaunes pour que cette absurdité resurgisse comme un problème sérieux et littéralement intenable.

 

 

Dernier lien enfin, une émission de France Culture sur « les étudiants qui ne supportent plus la contradiction ».

 

https://www.les-crises.fr/safe-spaces-des-etudiants-qui-ne-supportent-plus-la-contradiction-par-france-culture/

 

Le lien avec les gilets jaunes, me direz-vous ? Et bien, même si l'on parle plutôt ici des étudiants américains vivant dans ces campus totalement inondés d'idéologie pseudo-progressiste débridée, j'y vois le même problème profond de déconnexion entre des microcosmes et le « monde réel » fréquenté uniquement par les « déplorables ». En France, les gilets jaunes sont clairement notre version des déplorables selon H.Clinton. Et il n'y a qu'à entendre avec sidération les idioties ultra-gauchistes d'un Kassovitz (qui n'a plus rien à envier aux Quatremer et compagnie, qui vivent en totale autarcie dans le vase clos parisien), proférées avec l'extrême véhémence (pour ne pas dire hurlées avec une agressivité stupéfiante) de l'enfant gâté et convaincu, pour être édifié quant à la déconnexion entre le milieu parisianiste bercé d'idées progressistes qui n'ont plus aucune connexion avec les préoccupations réelles de l'immense majorité des français. Ce qui se dit sur ces étudiants américains peut donc aussi bien s'appliquer à la ploutocratie française et à tous ceux qui la défendent ou s'en font les idiots utiles (j'ose l'expression pour le coup).

 

En vous souhaitant une bonne lecture, et en espérant que j'ai pu apporter quelques compléments de réflexion sur le sujet, à l'heure où tout est simplifié, occulté ou manipulé par les médias de masse.