Bien que je n'aime pas aborder ce genre de sujets d'actualité politique, il me semble utile de faire un point sur les législatives. Je rappelle que le propos de mon blog n'a jamais été de faire de l'analyse politique dans le présent, mais d'expliquer en quoi le système dit démocratique dans lequel nous nous trouverions n'a en réalité rien de démocratique. Cette nouvelle phase d'élection en constitue simplement un nouvel exemple frappant que je ne pouvais tout de même pas laisser passer.

 

Inutile de s'attarder sur des résultats que tout le monde connaît, ni sur le record d'abstention qui vient d'être battu deux fois de suite et qui marque dors et déjà le gouvernement Macron du signe de la non-démocratie.

 

Il me semble par contre intéressant d'observer avec distance certains aspects de la scène qui est jouée dans ce pays, qui ne feront que confirmer tout ce que j'ai déjà laissé entendre, à la fois sur le caractère non-démocratique de nos institutions, et sur le profil bien particulier que prennent Macron, sa politique et son gouvernement, à l'intérieur de ce cadre qu'ils incarnent et illustrent à la perfection, ainsi qu'avec une parfaite médiocrité.

 

 

 

Sur l'abstention d'abord, voici la profonde analyse de Macron :

 

https://francais.rt.com/france/39995-quand-macron-attribue-abstention-legislatives

 

« C'est de leur faute, pas de la mienne ». Même registre que le désormais habituel « je n'ai pas de leçon à recevoir ». Se remettre en cause n'a jamais été dans le tempérament du gars. Par ailleurs, ceci est la preuve définitive et factuelle de ce que j'avais affirmé dans cet article :

 

http://seilenos.canalblog.com/archives/2017/05/31/35339198.html

 

Si Macron maîtrisait la méthode intégrale, jamais il ne pourrait tenir un propos à la fois aussi imbécile, aussi méprisant et aussi auto-satisfait. Les raisons, je les ai déjà données, je n'y reviens pas. En résumé : la maîtrise d'une telle approche exige à la fois le respect des opinions contraires, et la compréhension de leur raison d'être. Point de cela ici, seulement un nouveau tour d'illusionniste qui consiste à reporter une faute vers l'extérieur, qui témoigne en fait d'une anxiété réelle de l'échec.

 

RT, dont on sait qu'ils sont exclus de l'environnement de Macron, ne se fait aucune illusion sur le caractère non démocratique de ces élections :

 

https://francais.rt.com/international/39893-pluripartisme-renouvellement-enthousiasme-democratique-douche-froide-legislatives

 

 

Mais au-delà de ça, il est intéressant de se pencher sur le casting LREM, et sur le véritable caractère de la « révolution politique » que le parti incarne.

 

Alors d'abord on nous annonce que ce sera l'assemblée la plus féminine de l'histoire.

 

https://francais.rt.com/france/39950-avec-3865-femmes-nouvelle-assemblee-nationale-plus-feminine-que-jamais

 

Super pour la parité, on devrait d'ailleurs une présidente de l'assemblée pour la première fois. Révolution ? Oui enfin bon... ça fait longtemps que d'autres pays ont eu des présidentes au plus haut niveau de l'état. On continue donc de feindre un progrès social, sans grand intérêt d'ailleurs, puisque les femmes politiques ne sont jamais que des représentantes d'un féminisme masculinisé, exerçant le même type d'autoritarisme que les hommes depuis toujours. Bref. Mais ce n'est pas l'important ici, car quitte à élire des femmes, et je suis parfaitement pour, encore faudrait-il qu'elles soient tout simplement compétentes. Or on peut avoir quelque doute, et je vous laisse juges :

 

https://fr.sott.net/article/30728-En-marche-vers-l-incompetence-Des-candidats-En-Marche-n-ont-meme-pas-le-niveau-d-un-delegue-de-classe

 

https://fr.sott.net/article/30740-Tous-a-la-gamelle-de-2-a-40-de-loser-a-depute-l-effet-magique-du-label-Macron

 

On constate donc que des candidats jusque là laissés pour compte se sont soudain transformés en super-héros façon superman enfin débarrassé de sa kryptonite. Comme quoi il aura suffi du nouveau maquillage « en marche » pour les transformer aux yeux de cette étrange caste d'êtres humains que peuvent être les électeurs. La preuve qu'un parti politique n'est vraiment qu'une machine à recycler éternellement l'électoralisme. D'ailleurs à ce propos, les-crises.fr ont publié un extrait du texte de Simone Weil dont j'avais parlé récemment. Long mais intéressant à lire pour ceux qui veulent s'y plonger.

 

http://www.les-crises.fr/note-sur-la-suppression-generale-des-partis-politiques-par-simone-weil/

 

Et dans le même registre, encore plus ancien, autre preuve que certains avaient compris depuis bien longtemps (1888), tandis que beaucoup ne comprendront décidément jamais :

 

http://www.les-crises.fr/la-greve-des-electeurs-par-octave-mirbeau/

 

 

Mais revenons à nos moutons et donc à nos élections. On se gargarise d'un record d'élection de femmes, tout en oubliant qu'elles en ont en définitive remplacé pas mal d'autres :

 

https://francais.rt.com/france/39936-el-khomri-vallaud-belkacem-touraine-eliminees

 

Le PS, on le présente perdant, mais c'est oublier qu'en marche n'est jamais que la version assumée de centre-droit de cet ancien PS qui n'avait jamais appliqué autre chose que le même genre de politique. Une caste politique est donc remplacée par ses clones pour accomplir une continuité, et c'est tout.

 

On terminera cet article par ces deux derniers liens qui résument le véritable caractère du gouvernement désormais en place, à savoir un gouvernement qui s'exercera de manière autoritaire, sans tenir compte ni du peuple ni des médias, qui commencent, après avoir porté au pouvoir le roi des super-héros, à réaliser qui il est vraiment, ou bien ils font semblant, car tout est possible avec cette sorte de gens là.

 

https://francais.rt.com/france/39895-assemblee-nationale-bombe-retardement-mandat

 

https://fr.sott.net/article/30732-En-Marche-vers-la-censure-une-vingtaine-de-redactions-alarmees-par-des-signaux-preoccupants-du-gouvernement

 

 

Ma conclusion sera sans surprise pour les habitués du blog : nous avons à faire à un nouvel épisode de la grande pièce de théâtre de la politique spectacle contemporaine. Plus de femmes pour ne rien améliorer du tout, plus de libéralisme pour tout empirer, plus d'abstention pour plus de résignation mais toujours autant de gens pour élire leurs pires bourreaux, et un lider maximo de droite thatchérienne sans réelle imagination ni intelligence particulière, dans le plus pur esprit du globalisme marchand ainsi que dans la logique moderne de l'absolue inversion des valeurs. Le tout bien ripoliné, mais néanmoins constitué d'une part certaine d'incompétence politique qui promet, et qui est la cerise sur la tartine de merde qui nous est servie. On dit que la démocratie est la dictature de la majorité. Ici, on voit bien qu'elle est plutôt la tyrannie d'une petite minorité d'ignorants, dont l'inculture et la bêtise sont instrumentalisées pour servir des intérêts qui ne sont même pas les leurs. Il est temps de réellement se désintéresser de tout cela, et de faire passer l'abstention de 50-57% à 70% et plus, même si ce n'est pas demain la veille.

 

Contrairement à ce que disent ceux qui pensent que l'abstention ne fait que les arranger, cela n'est vrai qu'un temps. Parce que l'abstention n'est pas qu'un chiffre, c'est avant tout un fait qui s'incarne dans une population, et cela il ne faut pas l'oublier. Cela signifie que lorsque la proportion d'abstention devient écrasante, on ne peut plus l'ignorer car elle fait courir toutes sortes de risques au pouvoir. Le politique est obligé de faire alors de nouvelles propositions dont on a vu les timides prémices avec Mélenchon (réforme de la constitution), ou d'assumer un état de tyrannie qui est la dernière chose qu'ils souhaitent, car ils ont absolument besoin de l'illusion de démocratie pour légitimer leur pouvoir mal acquis, et pour tenir la population sous contrôle, comme cela a toujours été le cas pendant ces siècles depuis la révolution. Il n'est pas impossible que cette transition vers une nouvelle forme de tyrannie se fasse (Macron pourrait en être un artisan, ce qui serait une douce ironie), puisque l'on habitue les populations à cela. Mais alors il deviendra impossible de justifier, par exemple, les guerres pour « exporter la démocratie », ou encore le discours lénifiant sur la « liberté d'expression », et autre « esprit Charlie ».

 

En somme, il y a une ligne rouge qu'ils ne peuvent pas franchir sans de très lourdes conséquences, et c'est une chose que les « participationnistes » n'aperçoivent pas. Et cette ligne rouge, avec son autoritarisme plus ou moins souriant annoncé, Macron nous en rapproche dors et déjà.

 

Addendum : une émission de radio sur le même sujet :

https://www.youtube.com/watch?v=NM_dF_OustA